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Le Désastre de Taly (Yunnan)

Le désastre de Taly (Yunnan) Tremblement de terre du 16 Mars 1925 La ville de Taly (altitude 2.100 mètres) est bâtie au pied du Tsang-chan, chaîne de montagnes allant du N.-N.-O au S.-S.-E. Les mouvements sismiques y sont fréquents chaque année.
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    Le désastre de Taly
    (Yunnan)
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    Tremblement de terre du 16 Mars 1925
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    La ville de Taly (altitude 2.100 mètres) est bâtie au pied du Tsang-chan, chaîne de montagnes allant du N.-N.-O au S.-S.-E. Les mouvements sismiques y sont fréquents chaque année.

    Dans la première quinzaine de mars des secousses s’étaient produites assez nombreuses ; mais la population, habituée à ces mouvements, n’y attachait pas d’importance, tout absorbée qu’elle était par les fêtes de la déesse Kouang-in, qui avaient attiré un concours extraordinaire de pèlerins.

    Le dimanche 15 mars, à 3 heures de l’après-midi, secousse assez forte. Trois autres, plus faibles, durant la nuit du 15 au 16 dans la matinée du 16, succession de secousses peu violentes ; le calme revient dans l’après-midi.

    A 9 h. ½ du soir, les cinq missionnaires réunis alors à la résidence — les PP. Etchart, Palou et Pirmez, Bétharramites, et nos confrères, les PP. Salvat et Durieu, — venaient de rentrer chacun dans sa chambre, lorsque se produisirent deux secousses, suivies presque immédiatement d’une troisième, terrible celle-là, qui dura 5 ou 6 secondes. La maison craque de toutes parts, les murs s’écroulent. A tâtons, à travers les décombres, les Pères gagnent la cour intérieure : ils se comptent et comptent leur personnel ; seul manque un enfant de 12 ans ; il est enseveli sous les décombres et appelle au secours ; on réussit à le dégager, et sans blessures.

    Tout le monde donc est sauf : instinctivement tous tombent à genoux et adressent à Dieu leurs actions de grâces.

    Puis, sans perdre de temps, car les secousses continuent très fortes, les craquements et éboulements ne cessent pas, les Pères et le personnel de la Mission se frayent un passage à travers les décombres et réussissent à gagner le jardin extérieur.

    De là le spectacle est terrifiant. Des incendies se sont déclarés en plusieurs endroits de la ville, surtout dans la rue principale. Une clameur déchirante monte vers le ciel ; de tous côtés on entend des appels désespérés, entrecoupés de pleurs et de sanglots. Les flammes s’étendent et montent par intervalles à de grandes hauteurs ; des maisons s’effondrent. On a l’impression d’être sur un volcan, au milieu d’un immense brasier. Comment porter secours aux malheureux qui, pris sous les décombres, vont être la proie des flammes?

    Le P. Salvat, à travers les rues encombrées par les éboulements, réussit à atteindre l’endroit où l’incendie est le plus fort. Le général Ly est là avec ses soldats, mais que faire devant un tel brasier ? La population affolée a fui pour échapper au danger.

    Cependant l’incendie gagne rapidement le quartier de la Mission ; déjà des maisons voisines sont en flammes. Les ruines laissées par le tremblement de terre vont-elles être dévorées par le feu ? Les Pères se hâtent de retirer des décombres les objets les plus précieux, le riz surtout, pendant que leurs domestiques cherchent à éteindre les flammèches venant du foyer de l’incendie. Enfin la Providence permit que le vent changeât de direction : nos pauvres ruines furent épargnées par le feu.

    Toute la nuit nos confrères demeurèrent sur le qui-vive ; la terre tremblait toujours. Dès les premières lueurs du jour, ils s’inquiétèrent de ce qu’étaient devenus leurs chrétiens dispersés dans la ville. Bientôt les nouvelles arrivent : telle famille a trois membres disparus, telle autre est restée tout entière ensevelie.

    Au lever du soleil on peut apprécier l’étendue du désastre : Taly est presque entièrement détruit. Le nombre des morts s’élève à 5.000 environ.

    La campagne autour de la ville a souffert autant. Dans le seul marché de Makyoi on compte 300 morts.

    Outre les bâtiments de la Mission, le tremblement de terre a détruit l’école franco-chinoise fondée il y a 4 ou 5 ans et qui avait acquis déjà les sympathies du monde officiel et de toute la population. A la rentrée de février dernier, on avait dû, faute de place, limiter à 150 le nombre des élèves et refuser de nombreuses demandes d’admission.

    A la suite de ce désastre, on redoute à la fois et la famine et une incursion des pirates qui occupent en maîtres le pays d’alentour.

    Que la bonne Providence vienne en aide à nos confrères pour leur permettre non seulement de relever leurs œuvres détruites, mais encore de secourir les malheureuses victimes du terrible cataclysme !

    1925/288-290
    288-290
    Anonyme
    Chine
    1925
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