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Le collège de lAssomption à Bangkok (Siam)

Le collège de lAssomption à Bangkok (Siam)
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    Le collège de lAssomption à Bangkok (Siam)


    Les Origines. En 1877, en charge de la paroisse de lAssomption et frappé de labandon des enfants de son église, le P. Colombet résolut douvrir un Collège qui fonctionnerait selon les meilleures méthodes. Mais il ne suffit pas de frapper la terre pour en faire surgir uvres créées de toutes pièces. Largent, dit-on, est le nerf de la guerre, cest aussi linstrument indispensable de toute entreprise. Dautres entreprises à gros bénéfices ne demandent quun capital premier, que lappât du gain a vite fait de couvrir ; mais une école nest pas une entreprise commerciale et nest pas faite pour enrichir ; aussi les amateurs de profit sont-ils peu disposés à placer leurs épargnes dans une aventure qui risque fort de ne rapporter que des dettes.

    Le P. Colombet se trouvait donc dès le début en face dun problème difficile, pour ne pas dire insoluble ; mais question dargent arrêta-t-elle jamais une grande âme que la soif du dévouement seule inspire ? Il fallait un Collège, nous aurons un Collège. Doù les fonds viendront-ils ? La Providence y pourvoira. Et en 1877 le R Colombet annonçait louverture dun Collège franco-siamois.

    Les débuts furent peu encourageants, et tout autre que lui eût peut-être renoncé du coup à une entreprise quil eût jugée tout au moins prématurée. Mais lui entrevoyait déjà, malgré les hésitations présentes, que le pays ne tarderait pas à se lancer résolument dans la voie de léducation. Il voyait juste, puisque quatre ans plus tard, S. A. R. le prince Damrong Rachanuphab inaugurait, par la création du Suan Andalaya, la série des collèges qui allaient bientôt se multiplier à Bangkok et en province.

    En attendant, le P. Colombet adjoignit à la section française une section anglaise en 1879. Ce fut un surcroît de travail, sans que les résultats fussent plus décisifs. Six années se passèrent durant lesquelles le P. Colombet employa ses heures de loisir à élaborer un plan détudes complet, preuve palpable que le découragement navait pas même effleuré son âme.

    Quand il jugea lheure propice il annonça louverture du Collège de lAssomption pour le 16 février 1885. Le jour de la rentrée, 33 élèves se présentèrent. Cétait peu, on avait espéré mieux que cela. Le P. Ganton, qui fut pendant de longues années le bras droit et le précieux auxiliaire du P. Colombet, en fut déconcerté, et M. Donovan, principal professeur danglais, que le fondateur avait fait venir tout exprès dAngleterre, fut sur le point dabandonner la partie. Le P. Colombet seul resta ferme dans sa conviction que lheure allait venir où le succès enfin couronnerait tant defforts.

    Les premiers développements. Il ne se trompait pas. Après quelques semaines dhésitation, lafflux commença. A la fin de cette année le Collège comptait 80 élèves, répartis en six classes anglaises et trois françaises.

    Lannée scolaire se termina par une distribution de prix solennelle, dont nous trouvons le compte-rendu suivant dans le Siam Weekly Advertiser du 25 décembre 1885 :

    Linstitution dirigée par les missionnaires catholiques a surpris très agréablement le public de Bangkok tout entier. Le hangar provisoire était magnifiquement décoré de drapeaux et la scène préparée avec goût. Laffluence était nombreuse. Parmi les notabilités siamoises on remarquait S. A. R. le Prince Dissawarakuman (Prince Damrong), S. E. Chao Phya Sipipat, S. E. Chao Phya Mahin.

    M. Donovan, professeur danglais, dirigeait la scène. Un hymne siamois, composé pour la circonstance, y fut chanté. Un chant français et un anglais suivirent. Puis on joua une pièce française et une pièce anglaise. Les élèves qui y prirent part sacquittèrent de leur rôle avec aplomb et entrain. Le jeu de scène et la prononciation sont tout à lhonneur des élèves et de linstitution qui les a formés.

    Le Collège rouvrit le 26 janvier 1886, et bientôt les locaux devenaient insuffisants : 130 élèves fréquentaient à la fin de lannée. Le Straits Times du 10 janvier 1887 écrivait :

    Le Collège nest ouvert que depuis deux ans et il est vraiment surprenant de constater le travail accompli dans as peu de temps. A la distribution des prix de décembre dernier, deux pièces furent jouées, une en anglais, lautre en français par les élèves, qui paraissent posséder très bien ces deux langues. Dans la salle un grand nombre de dessins exécutés par les élèves étaient exposés, qui montrent que le Collège ne tend à rien moins quà donner une éducation semblable à celle des écoles dEurope. Parmi les élèves je remarquai des enfants dEuropéens bien connus, officiers consulaires ou commerçants, de princes et mandarins siamois, et de commerçants chinois. De toutes les bouches je nai entendu que des louanges à ladresse de linstitution touchant les progrès des élèves.

    Un nouveau collège devient nécessaire. Mais cet accroissement rapide nallait pas sans quelque inconvénient. Il fut, en particulier pour le fondateur, une source danxiétés considérables. Il fallait songer à agrandir pour être en mesure de recevoir les élèves qui se présentaient de jour en jour plus nombreux. Mais où trouver des fonds pour une uvre pareille ? Mgr Vey, alors Vicaire Apostolique et chef de la Mission, prodiguait ses encouragements, mais sa puissance nallait pas plus loin. Le P. Colombet ira donc quêter, sil le faut, mais il aura un collège.

    Les plans furent préparés, et un architecte, M. Grassi, se chargea de lexécution. Une liste de souscription portant en tête les noms de Leurs Majestés le Roi et la Reine de Siam circula parmi les résidents étrangers, les princes et mandarins siamois.

    Un journal local, le Bangkok Times, dans ses colonnes, lança un vibrant appel en faveur de luvre naissante.

    Dieu sait, dautre part, toutes les courses fructueuses ou non, toutes les visites, toutes les démarches, toutes les lettres du P. Colombet pour mener à bonne fin laffaire à laquelle il avait joué, je ne dis pas le meilleur de son cur, mais tout son cur et toutes ses forces.

    Il fut compris par le plus grand nombre et, dès juillet de cette année 1887, le travail fut commencé.

    Pose de la première pierre. Les travaux de déblaiement étant achevés, on fixa la cérémonie de la pose de la première pierre au 15 août, fête patronale du Collège naissant. Encouragé par les marques de haute bienveillance dont le Collège avait déjà été lobjet de la part de Sa Majesté le roi Chulalongkorn, le P. Colombet songea à lui demander une nouvelle faveur. Le 1er août, il se rendit auprès de Son Altesse Royale le Prince Devawongse, Ministre des Affaires Étrangères dans le but dobtenir de Sa Majesté que Son Altesse Royale le Prince Héritier vînt poser la première pierre du nouveau Collège. Le 9, le Père reçut la réponse officielle du Palais, accordant la faveur demandée, et dès le 10 on commença activement les préparatifs pour la réception de Son Altesse.

    Le débarcadère sur le fleuve avait été magnifiquement décoré par les soins de Son Altesse Chao Sai Sanitvong. Le chemin conduisant au Collège avait été garni de nattes et artistiquement orné de verdure, de guirlandes et de drapeaux. Les portes de lenceinte avaient été transformées en arcs de triomphe, donnant entrée à une magnifique Salle du Trône. Sur lemplacement du corps principal de lédifice, un gracieux pavillon avait été érigé par larchitecte, M. Grassi, pour Son Altesse Royale, les Princes et le Corps diplomatique ; tandis que sur droite un autre pavillon, divisé en deux compartiments, était destiné à lusage des autres invités et des musiciens.

    Le 15, à trois heures de laprès-midi, les troupes descorte commencèrent à arriver pour la réception de Son Altesse Royale. A cinq heures le S. S. Alexandra, portant à son bord le Prince Héritier, accompagné de S. A. R. le Prince Bhanurangsi et des principaux Princes du sang, jetait lancre en face de la Mission. Les Pères DHondt et Colombet reçurent le Prince à son arrivée ; puis les élèves, défilant deux à deux, vinrent le saluer, et le cortège se dirigea vers le Collège. A larrivée, Khun Vong, le petit-fils de S, E. Chao Phya Suriwongse, alors Ministre de la Guerre, lut au Prince une adresse de bienvenue, à laquelle celui-ci répondit en exprimant la satisfaction quil éprouvait à venir présider la pose de la première pierre dune Institution qui, quoique encore à ses débuts, avait déjà tant fait pour la cause de léducation au Siam.

    Le jeune Prince fut ensuite conduit au pavillon de M. Grassi où, après la lecture du procès-verbal de la cérémonie, deux enfants vinrent lui présenter, dans des corbeilles de fleurs, la truelle et le mortier. Assisté des Pères DHondt et Colombet, Son Altesse scella dabord dans le mur de fondation la boîte renfermant la copie du procès-verbal, puis descendit pompeusement la pierre de granit sur langle de maçonnerie du pavillon central, et sur celle-ci, il déposa une brique dorée. A sa suite, tous les princes sapprochèrent et déposèrent chacun une brique dorée sur les fondations.

    La cérémonie terminée, le P. DHondt lut en français une adresse de remerciements au jeune Prince pour cette marque de haute faveur accordée par la Famille royale de Siam à cette Institution naissante, dont les efforts nauraient jamais dautre but que de former des hommes intègres, des citoyens sans peur et sans reproche, dont le mot dordre sera toujours : Dieu et mon Roi. Le Prince répondit et de nouveau, au nom du Roi, remercia la Mission catholique de luvre quelle avait si généreusement entreprise et qui ne pouvait quaider puissamment au développement intellectuel et moral du pays. Puis les élèves chantèrent un chur de circonstance ; après quoi le Prince se retira à bord de lAlexandra, nous laissant tous pénétrés de la plus vive reconnaissance pour lui, le Roi et toute la Famille royale, qui nous avaient comblés de tant de marques de bonté.

    LOrphelinat. Mais le but du P. Colombet, en établissant son collège, nétait pas seulement den faire un centre déducation. Le noyau, et pour ainsi dire la raison dêtre du collège, fut lorphelinat ouvert en faveur des malheureux que le sort avait privés de tout appui humain et de tout foyer. Il en avait déjà recueilli un certain nombre avant la fondation même du collège, et maintenant, à leur intention, il ouvrit un nouvel Orphelinat, quil bénit solennellement le 25 Août de la même année.

    Le 29 septembre 1881, le Bangkok Times, de nouveau, appelait lattention de ses lecteurs sur luvre ainsi organisée.

    Nous sommes heureux, disait-il en substance, de constater le travail accompli silencieusement mais énergiquement par le P. Colombet. Très peu de nos lecteurs peut-être savent que lorphelinat, ouvert il y a à peine un an, élève, nourrit et habille 29 pauvres enfants abandonnés. Ce fait, si simple en apparence et si humble, puisquil sest fait sans bruit de discours ni de concerts, marquera dans lhistoire du Collège peut-être plus encore que les événements enregistrés les deux années qui viennent de sécouler. Quoi quil en soit, cest un commencement plein de promesses et dont tous, Siamois ou étrangers, dans un demi-siècle auront lieu dêtre très fiers.

    Dans toute grande ville la misère a ses inconvénients et ses dangers ; le plus grand nombre des crimes commis peuvent lui être attribués, et ce nest pas une mince responsabilité incombant aux pouvoirs publics que de remédier à cet état de choses vraiment déplorable. Grâce à lénergie du R. P. Colombet, bien secondé par lopinion du public, cette responsabilité sera atténuée dautant par la création de ce nouvel orphelinat.

    Comme son but essentiel est de donner asile et éducation à de pauvres petits abandonnés, il mérite que le public sy intéresse. En même temps nous prions nos lecteurs de se rappeler que cette belle uvre na pour soutien que les contributions volontaires ; et donc, quand ils auront de largent à employer en uvres charitables, ils devront se souvenir de celle-ci, intéressante et recommandable au premier chef.

    Le nouveau Collège. Cependant la construction se continuait grâce à la générosité des amis du Collège. Un concert par Local Amateurs en 1890 fit bénéficier linstitution du fruit de sa collecte.

    Au début de 1890, le nouveau Collège ouvrait ses portes. Il parut démesurément vaste pour le nombre délèves, et daucuns commencèrent à crier à limprévoyance. On y pouvait accommoder aisément trois fois le nombre des élèves fréquentants. Mgr Vey lui-même, qui aurait tant encouragé luvre, en-voyant ce Collège élevé pendant son absence, sécria : Mais, mon Père, que voulez-vous faire de ce palais ? Pensez-vous jamais le voir rempli ? Javais lintention de faire plus grand, Monseigneur, répondit simplement le P. Colombet ; jy voulais un deuxième étage ; mais les fonds mont fait défaut. Quant à le voir rempli de mon vivant, il en sera ce que Dieu voudra. Mais je suis convaincu que beaucoup de collèges semblables seront requis pour abriter la populati6n scolaire de Bangkok, et mes successeurs regretteront que je naie pas exécuté mon plan original. Que Dieu vous bénisse, mon Père, ajouta lEvêque, et vous accorde de voir votre rêve réalisé !

    Dieu bénit, en effet, luvre nouvelle, et la prospérité continua avec les années, tant au point de vue du nombre que du travail accompli.

    Le Siam Free Press du 23 décembre 1895 disait à ses lecteurs :

    Les amis du Collège de lAssomption ont raison, pensons-nous, dêtre fiers de lappui quils lui ont donné. Ils ont été témoins de lemploi judicieux qua fait son énergique fondateur des secours qui lui ont été accordés, et ils se rendent compte de la nécessité dune institution comme celle-ci. Chaque année les résidents de Bangkok sont invités à constater par eux-mêmes avec quel succès les PP. de la Mission remplissent la tâche quils se sont imposée. Quand on considère le peu de ressources en main, les obstacles de toute nature quil a fallu surmonter, on ne peut sempêcher dadmirer leur zèle infatigable Le Collège de lAssomption demeure un éloquent témoignage rendu aux méthodes, à lesprit de tolérance et de charité qui distinguent les missionnaires. Quoique essentiellement un Collège catholique, il admet tous les enfants, sans distinction de croyance. Cest en ce sens quil a intéressé Bangkok tout entier à ses progrès et à son développement.

    Le nombre des élèves atteignait 300 au début de 1896 et 330 à louverture de 1897. Les résultats de ce beau travail néchappèrent point à lattention de S. M. le Roi Chulalongkhorn, qui, cette année-là, fit choix de six élèves de lAssomption pour laccompagner en Europe et y recevoir une éducation complète dans les diverses branches de la culture européenne. Ce furent Nai Nim, Nai Thongsuk, Nai Koom, Khun Manit, Ghun Prayoon et Khun Tum, actuellement au service du gouvernement avec des titres et dans des situations diverses.

    Les examens de scholarship de 1898 donnèrent une nouvelle preuve de lefficacité des méthodes denseignement du Collège. Toutes les écoles de Bangkok y furent représentées, y compris Samray, Kings College, Suen Kularb et le Normal College. Pour la première fois lAssomption présenta des élèves à cet examen. Ils étaient trois, et tous trois furent reçus, deuxième, troisième et quatrième.

    En 1900 on comptait 405 noms sur les registres. Le travail devenait écrasant pour les épaules du fondateur, cumulant en même temps les fonctions de curé de la paroisse de lAssomption. Dès lors il songea à se trouver des remplaçants.

    Les Frères de Saint-Gabriel à Bangkok. Après trente années de labeur, le P. Colombet allait succomber à la tâche. Il dut regagner la France pour y refaire une santé bien éprouvée. Cest durant ce séjour de deux années en Europe quil obtint des Frères de Saint-Gabriel pour venir prendre la direction du Collège et en assumer toutes les responsabilités.

    En conséquence de cet arrangement, cinq Frères arrivèrent à Bangkok le 23 octobre 1901. Le premier directeur fut le Frère Martin de Tours, qui vient de fonder le nouveau Collège Saint-Gabriel à Samsen, sur le même plan que celui de lAssomption. Trois autres suivirent quelques mois après, portant à huit le nouveau corps professoral. De ces huit quatre sont encore au Siam : les FF. Martin de Tours, Hilaire, Gabriel et Allyre.

    Le P. Colombet aurait voulu lui-même accompagner les nouvelles recrues : mais les docteurs furent dun autre avis, et il dut attendre encore, laissant au P. Ferlay, qui avait assumé la direction du Collège pendant son absence, le soin dinitier les nouveaux venus à leur lourde tâche.

    LAssociation des Anciens. Le retour du Père Colombet fut loccasion dune splendide manifestation de la part des anciens élèves, qui tinrent à lhonneur de lui faire fête et se cotisèrent pour le défrayer des dépenses de son voyage. Le Père fut très touché de cette marque de respectueuse gratitude : la semence quil avait jetée à larges mains, avait produit ses fruits. Il en profita pour mettre à jour un projet quil nourrissait depuis longtemps : réunir ses chers anciens pour les tenir le plus possible en contact avec leur Alma Mater, afin de conserver et développer en eux lesprit quil avait travaillé de si longues années à leur inculquer. Ce fut lorigine de lAssociation des Anciens. Le 1er juin 1904, les salles de lAssociation étaient inaugurées dans le local quelle occupe encore, tout près du Collège, pour bien montrer que les deux uvres sont surs, que lune nest que la prolongation de lautre.

    Mais largent est toujours le nerf de la guerre. Tennis, billards, tout fut mis sur pied, et de nouveau le P. Colombet, toujours généreux, y alla largement de sa bourse. Et cest grâce à cette générosité et à celle de deux autres membres dont les noms sont inscrits dans les annales de lAssociation comme bienfaiteurs insignes : S. E. Phya Boriboon Kosakorn et Luang Nava, mort en 1921, que cette Association a pu vivre et se développer. Sa devise : UNION ET SECOURS caractérise son but : former lesprit de corps parmi les anciens et aider les jeunes au début de leur existence sociale, jusquà ce quils puissent voler de propres ailes.

    Président à vie de lAssociation des anciens, le P. Colombet en maintient lesprit primitif. Il est létendard de ralliement vers lequel tous les regards se tournent au moment dhésitation. Ainsi luvre du Collège a sa répercussion dans la vie post-scolaire et assure aux jeunes, jetés tout dun coup dans le tourbillon du monde, des récréations honnêtes, un lieu de rencontre pour les vieilles amitiés et une aide sûre dans les difficultés imprévues.

    Les développements récents. Son uvre ainsi lancée et assurée, le P. Colombet se déchargea complètement sur dautres du soin de la guider et de la faire prospérer. Elle ne resta point stérile. De nouveaux maîtres arrivèrent chaque année dEurope pour répondre aux besoins sans cesse croissants.

    Il y avait eu, de 1900 à 1903, un moment de fléchissement, dû sans doute à louverture de nouvelles écoles ; mais la marche en avant fut vite reprise. Le nombre des élèves atteignait 400 en 1905, 1000 en 1915 et passait 1800 en 1920. Des agrandissements importants opérés de 1913 à 1920 permirent de recevoir les nouveaux élèves qui se présentaient en nombre de plus en plus considérable, jusquà atteindre le chiffre de 500 en 1919.

    Il devint indispensable en 1921 de limiter les entrées sous peine dêtre absolument débordé. Le nombre 1800 est, pour le moment, le maximum possible. Si lavenir permet des développements nouveaux, nous verrons peut-être les 2000.

    Pour satisfaire à des désirs bien légitimes contrariés par la distance et par cette limitation nécessaire, le Collège de lAssomption a cru devoir fonder à Samsen une filiale qui, bientôt, nous lespérons, rivalisera avec lui.

    Le Frère Martin de Tours, successeur du P. Colombet à lAssomption, sest dévoué depuis deux ans à cette uvre. Une école provisoire fut installée où les nouveaux affluèrent vite. Pendant ce temps un superbe Collège était élevé par les soins du nouveau Directeur. Les travaux viennent de sachever en ce qui concerne le bâtiment principal qui, déjà, menace dêtre trop étroit dici deux ou trois ans. Il compte à lheure actuelle près de 300 élèves.

    L. CHORIN,
    Miss. de Siam
    1923/483-491
    483-491
    Chorin
    Thaïlande
    1923
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