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Le bonheur daprès la conception chinoise 2 (Suite et Fin)

Le bonheur daprès la conception chinoise (Suite et Fin) II A. Du bonheur et de la vertu.
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    Le bonheur daprès la conception chinoise
    (Suite et Fin)
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    II
    A. Du bonheur et de la vertu.

    Le style, cest lhomme. Un peuple fait sa langue à son image. Elle reflète sa mentalité. Lanalyse des caractères nous dira plus à fond lidée que le Chinois se fait du bonheur et du malheur. (caractères chinois), bonheur, est simplement laccumulation en tas des grains de la terre. (caractères chinois), opulence, exprime la même idée : grains accumulés dans le grenier (caractères chinois). Dans le don (caractères chinois), cest la pièce de monnaie, qui brille à légal du soleil dardant ses rayons. Ce commentaire éclaire linscription : (caractères chinois), que le mandarin du ciel nous accorde le bonheur ! En Chine, comme en dautres pays dailleurs, cest encore la richesse qui confère la noblesse ; (caractères chinois) noble, précieux désigna dabord un panier de cauris, la monnaie ancienne. Rien nest vrai (caractères chinois), rien nest solide comme un rouleau de pièces dor au logis. Ce qui, entre toutes choses, a du prix (caractères chinois), ce sont les pierres précieuses, les porcelaines, la monnaie, accumulées dans la demeure. Lhabitude (caractères chinois)de la monnaie, du commerce est naturellement la première contractée.

    Et la richesse (caractères chinois) pourrait se définir encore la puissance dachat, la puissance germinative et féconde de la monnaie. Cest après la monnaie (caractères chinois) quon soupire, après elle que vient la salive, comme il arrive quand on court après une beauté (caractères chinois). Gagner au jeu (caractères chinois), comme réussir dans le commerce, nest-ce pas, au fond, parquer son partenaire ou son client pour lui prendre son argent, comme on parque un mouton pour lengraisser et lui prendre sa chair ? Malgré les épines (caractères chinois) et les difficultés, le souci principal doit être dentasser (caractères chinois) grains et sapèques, de les ramasser dans les coffres caractères chinois. Soupirer après le veau dor sera ladoration (caractères chinois) par excellence. La faucille, coupant la moisson, symbolisera le profit caractères chinois ; et le comput (caractères chinois) des computs sera celui de loger encore un peu de grain dans un grenier déjà plein. Ce nest rien moins que le riche insensé de lEvangile, soucieux délargir encore ses greniers, et dont Dieu va demander lâme. Mesurer son grain au boisseau exprime de même façon la sollicitude caractères chinois chinoise.

    De la richesse naît la morgue (caractères chinois) du riche debout ou couché sur ses trésors. Heureux est-il, car ses vases débordent (caractères chinois), car il a sur son aire des gerbes haut comme une montagne (caractères chinois) ; peut-on mieux signifier labondance ? (caractères chinois) prospérité associe la double idée de montagnes de gerbes et de vases remplis et couverts. (caractères chinois) dépeint bien la figure à laise du propriétaire satisfait de sa moisson. De rore cli et de pinguedine terr, labondance des bénédictions à la fois célestes et terrestres, le ciel donnant la pluie, la terre germant les moissons : cest exactement le sens du caractère (caractères chinois).

    Le souhait du Chinois païen est de respirer en paix (caractères chinois), la main sur sa femme (caractères chinois), soigneusement tenue au logis (caractères chinois). Il soupire après la tranquillité (caractères chinois), qui suivra le décortiquage du riz. Son cur naura de calme (caractères chinois) assuré, que sil est en possession de la gamelle et du toit, après lesquels il aspire. Son vu le plus cher est de posséder, au moins lhiver durant, une retraite (caractères chinois) paisible, le cur et les mains sur ce que son travail lui a acquis, et il nest de fortune plus sûre (caractères chinois), mieux équilibrée que le riz que lui-même aura moissonné (caractères chinois) et récolté.

    De ce riz il ne laissera pas perdre les épis ; un à un, sil le faut, il les recueillera (caractères chinois) et les engrangera (caractères chinois). Sa récolte ainsi scrupuleusement faite symbolisera lintégrité du magistrat, comme aussi la présence des céréales dans son grenier signifiera léconomie, autrement dit, la loi par excellence du bon gouvernement dune maison : (caractères chinois).

    Ces bases posées, alors seulement il pourra se livrer aux doux loisirs, aux agréables conversations, qui dissipent les nuages du cur, qui le dilatent, (caractères chinois). Il pourra tout entier sadonner à la joie (caractères chinois), que symbolise la musique à la fois vocale et instrumentale. Cette joie se manifeste, en Chine, plus spécialement à lépoque du nouvel an, tous les travaux une fois finis, toutes les affaires cessant. (caractères chinois), joie nouvelle, tel est le vu général. Cette joie peut être une bénédiction den-haut, (caractères chinois). Les femmes et la comédie à grand renfort de tambourin, de cymbales, de voix de fausset sont le summum de cette joie (caractères chinois). Elle devient pour lors le feu de la musique, lardeur, la gloire (caractères chinois), et finalement la fanfare, lallégresse, le repos du triomphe (caractères chinois).

    Rien de trop ne saurait augmenter lallégresse du Céleste, surtout à lépoque de la nouvelle année. Lharmonie des instruments, pour lui comme pour nous dailleurs, nest-elle pas le symbole de lharmonie des curs ? Le même nom (caractères chinois) signifiera donc musique ou encore la concorde, la joie, qui naît de lunion des curs.

    En fait, (caractères chinois) représente la batterie antique : un tambour et des timbres montés sur un pied en bois. Le Chinois moderne na pas dégénéré. Il raffole de tambour (caractères chinois), de cymbales. (caractères chinois) montre la stupeur du chien devant une belle musique. Ce nest pas quen Chine que le fidèle animal est mauvais juge en la matière. Le chien chinois aurait peut-être quelque excuse, car la musique quon lui sert est vraiment étourdissante. Son maître ne ladore que telle ; il en fait le condiment indispensable de toute comédie (caractères chinois), de ces interminables séances danimaux savants (caractères chinois), de boxe, descrime caractères chinois, de jonglerie, dhommes déguisés en femmes, dautres à longue barbe (caractères chinois), déclamant, gesticulant, ponctuant leurs phrases ou leurs gestes au bruit dun immense charivari, qui peut durer des jours et des nuits.

    La joie chez les hommes provoque le rire. Au rire (caractères chinois) le Chinois a donné comme symbole le long bambou, secoué par le vent. Il ne pouvait mieux choisir. Peu de peuples au monde aiment tant à rire. Jen appelle à ceux qui ont vu les foules grouillantes des parterres chinois. En beaucoup de circonstances le Céleste fait montre de peuple bon enfant ; il ne le fait jamais tant et si bruyamment que lorsquil parle ou quil rit.

    Les rôles de femmes sont parmi les préférés de la comédie chinoise. La décence réglementaire veut pourtant quils soient tenus par des hommes à voix de fausset. La femme nen demeure pas moins comme un des constitutifs essentiels de la joie chinoise. Tout est bien quand il ne sagit que du bonheur intime de la paix (caractères chinois) de la famille. La volupté mauvaise, elle aussi, a malheureusement trop souvent sa part. De la pivoine néclôt pas quune beauté légitime. A côté de lépouse en titre éclosent aussi la concubine ou létoile (caractères chinois), fille de joie.

    Le pharisaïsme national, qui laisse se brûler les malheureuses prostituées en cas dincendie, qui les laisse se noyer en cas de naufrage, ne diminue pas pour autant le nombre des voluptueux, qui, semblables au lièvre, courent la prétentaine (caractères chinois), qui sont roulés par les flots dune vie dissolue (caractères chinois), qui, portés par le courant comme la liane aquatique, sont tentés de saccrocher en tout lieu à lhameçon du plaisir (caractères chinois).

    En Chine, comme partout, la femme est ce quil y a de meilleur, comme ce quil y a de pire. La mère est dame par excellence (caractères chinois). Unie à son enfant, elle est le symbole de la beauté, de la bonté (caractères chinois). Sortie de lordre, errante et perdue (caractères chinois), elle se trouve être le gros obstacle (caractères chinois) à la vertu de lhomme et par elle la joie saine et permise devient trop souvent, hélas ! la malsaine et meurtrière volupté.

    Un mot de la santé (caractères chinois), qui devrait être toujours la compagne de la joie. Lhomme fort est comparable au madrier (caractères chinois) ; de ses mains il manie infatigablement le pilon à riz ; de son arc il lance la flèche par-delà deux arpents de terre : (caractères chinois) ; il tient la main ferme sur tous ses serviteurs : (caractères chinois). Sa puissance a quelque chose de celle de lours : (caractères chinois). Un cur dours, qui se manifeste sur tout lextérieur de la personne nest-il pas le symbole de la prestance : (caractères chinois) ? Celle-ci joue un grand rôle en Chine. Dun homme gras, gros, plantureux, on dit quentre tous il recèle le bonheur : (caractères chinois).

    La santé fait lhomme alerte, dispos, ayant toujours le libre exercice de ses membres : (caractères chinois), sa main ne cessant dagir que le but une fois atteint : caractères chinois. La santé permet leffort à lhomme qui sarc-boutte : (caractères chinois) ; leffort nest point passager, il dure le jour aux champs, il dure la nuit au logis : (caractères chinois). Succès et mérite sont le fruit du travail : (caractères chinois). Le mérite se définit encore la vapeur, la fumée, le parfum, qui sexhale des muscles de lhomme : (caractères chinois). Lunion des mains, comme celle des curs, demeure malgré tout la condition du succès : (caractères chinois). Le succès, à son apogée, sappelle la gloire : (caractères chinois). Son éclat rappelle celui dun arbre en flammes illuminant la forêt entière.

    Tout cela est très bien. Mais la réalité correspond-elle aux mots ?
    La vie est un fleuve quil faut remonter à courant contraire (caractères chinois). Trop aisément le Chinois souhaiterait se laisser aller au fil de leau (caractères chinois) ; trop souvent il manque de la constance (caractères chinois), qui lui ferait triomphalement mener son esquif dune rive à lautre de la vie. Rien de plus vrai en Chine que les deux dictons : Arriver à moitié route et lâcher ensuite (caractères chinois) ; présente est la tête, mais absente est la queue (caractères chinois). Le Chinois commence tout et ne finit rien.

    Autre défaut non moins capital. Pour réussir ne fait-il pas appel, comme nous lavons dit, à une foule de moyens grotesques, ou du moins puérils, qui tentent lau-delà, qui dispenseraient lhomme de décider et dagir ? Aide-toi dabord, et le ciel taidera : Fais jaillir de toi-même la lumière et leffet. Nannihile ni ton intelligence ni ta volonté par lappel à une puissance hétéroclite et vaine qui ne te remplacera point. Le Chinois cherche vraiment trop en dehors de lui-même pour aboutir personnellement à la théorie du moindre effort. La masse de ses superstitions, leurs mille petits trucs mesquins nen arrivent à rien moins quà annihiler lhomme. Ici encore il demeure vrai de dire : Veritas liberabit vos. Cuique suum. La vérité seule délivre. A chacun sa fonction. Le secours dEn-Haut nest pas à dédaigner, mais il doit seulement aider lhomme à donner à ses forces et à ses facultés leur pleine valeur.

    Cest encore cette disproportion excessive entre leffort et le but à obtenir qui explique la diabolique passion du Chinois pour le jeu et laléa. La richesse le fascine, et il veut lobtenir par leffet du seul hasard. Lespérance, que prêchent sans doute les distiques sur papier vert du tripot, devrait à elle seule amener la fortune. Ici encore on se pipe de mots : Shu (caractères chinois) vaincu au jeu, a le son du Shu (caractères chinois) de livre. Prononcer le mot Shu (caractères chinois) livre devant une maison de jeu suffirait donc à lui seul à faire perdre. Qui plus est, il serait de non moins mauvais augure de passer devant le tripot un livre découvert à la main ou sous le bras. Serait-ce pour ce motif que les étudiants chinois enveloppent si soigneusement leurs auteurs ? Quoi quil en soit, ces détails en disent long sur la mentalité chinoise et son horreur réelle de leffort.

    La longévité est, elle aussi, un des constitutifs du bonheur ; classiquement, elle en est même le premier, les biens ne durant que le temps de la vie. La vieillesse est caractérisée par les rides et la transformation des cheveux (caractères chinois). Elle lest également par la sagesse. Aussi les vieillards étaient-ils préposés aux examens (caractères chinois) et leurs aphorismes ou paroles mémorables caractères chinois sont-ils, même encore, le meilleur code moral de la nation.

    La vie est la tâche à nous imposée par lordre du ciel (caractères chinois). Ordre oral, ordre écrit, sur lequel le ciel a comme imposé son cachet. La conclusion serait quil faut exécuter le mandat, et diriger sa vie suivant la volonté dEn-Haut. Cest le Ciel qui fait naître, le Ciel aussi qui fait mourir, et parfois dune manière prématurée, dautres fois dune manière foudroyante. Quimporte, après tout, si lon a accompli son devoir ? Ce nest pas la longueur de la vie qui lui donne, au fond, sa vraie valeur : cest la vertu. Le Chinois a trop souvent le tort doublier la maxime du Sage : Le juste, lors même quil meure avant lâge, trouve le repos. La vieillesse honorable nest pas celle qui se mesure au nombre des années ; cest la sagesse qui tient lieu à lhomme de cheveux blancs, et lâge de la vieillesse est une vie sans tache. Pour avoir de pareilles pensées, le Chinois a lil malheureusement trop ouvert sur le présent, et pas assez sur lau-delà. Au jugement des simples, le Ciel, chaque année, enverrait ses délégués au foyer de chaque famille pour enquêter sur les péchés de ses membres. Ne pourrait-on pas là-dessus fonder une morale ? Sans doute ; mais nous sommes en Chine, et il ny faudrait pas pousser la logique à lextrême. Lâme païenne ignore nos scrupules, et sarrange trop souvent pour mettre le Ciel daccord avec ses intérêts.

    Et cependant, même en Chine, la vertu nest-elle pas un des éléments constitutifs du bonheur ? Est-il un peuple qui ait parlé de vertu plus que le peuple chinois ? Le vrai, le beau, le bien ne sont-ils pas ce à quoi se ramène le nom de la plupart de ses habitants ? En Chine, la vertu nest-elle par sur toutes les enseignes ? Sur ces enseignes, est-il question dautre chose que de probité, de justice ? Au nouvel an, est-il une porte qui ne pose la vertu comme condition du bonheur ? Ny-a-t-il pas jusquaux poteaux télégraphiques de Canton qui portent en beaux vers les exhortations les plus vertueuses ? Des siècles durant, les potaches chinois nont-ils pas ânonné, rabâché les maximes de leurs sages ? Les proverbes les plus justes et les mieux martelés ne sont-ils pas sans cesse sur les lèvres du Céleste ?

    Qui plus est, la vertu ne manque pas dêtre assez définie par le caractère (caractères chinois). Il signifie la rectitude du cur et de la conduite. Le Sage (caractères chinois), pour le Chinois, est celui qui prête une oreille docile à lhomme constitué en dignité pour lui parler. Disons : Prêter loreille à lHomme-Dieu et à ses porte-parole, et la définition chinoise du Saint sera des plus orthodoxes.

    Et cest toute la série des vertus quil faudrait dérouler et expliquer étymologiquement. La vertu dhumanité, de bienveillance (caractères chinois), qui lie lhomme à lhomme la piété filiale (caractères chinois), qui lie les fils vis-à-vis de leurs ascendants ; la déférence (caractères chinois), caractéristique de la démarche du petit-fils en présence de ses aïeux ; la loyauté (caractères chinois), qui fait que lhomme na quune parole ; la fidélité (caractères chinois), toujours droite, allant au cur du maître ou de lami, comme la flèche va droit au but ; la bienfaisance (caractères chinois), qui à sa suite attèle et entraîne les curs, qui les emprisonne dans la barrière de ses bienfaits (caractères chinois) ; lindulgence (caractères chinois), un cur et une bouche de mère qui pardonne ; la douceur (caractères chinois), lhomme agneau après une altercation ; la compassion (caractères chinois), qui tire le sang du cur et qui abreuve le captif en sa prison ; la miséricorde (caractères chinois), qui rend son arme à lennemi vaincu ; la patience, la longanimité (caractères chinois), qui laisse le glaive lui percer le cur, se caresse la barbe devant linsulte et renferme sa langue pour endurer en silence ; la concorde (caractères chinois), lunion des bouches et des curs, symbolisée par lharmonie des épis dun même champ ; la justice (caractères chinois), qui sait arrêter le pied à la limite du défendu ; (caractères chinois), qui fait à chaque individu la part exacte de ses droits et de ses devoirs ; lintégrité (caractères chinois), scrupuleuse dans lapplication du droit, comme le glaneur, un par un, recueillant les épis ; la constance de la volonté (caractères chinois), pareille à celle du rameur qui, malgré le flot et le vent, mène sa barque dune rive à lautre ; la bravoure (caractères chinois), éclosion des forces, exercice de la vigueur martiale, de tout cur maniant la hallebarde (caractères chinois), lançant la flèche par-dessus deux arpents (caractères chinois) ; lénergie (caractères chinois), peinant la nuit sous la lampe du logis, volant le jour à tire-daile comme loiseau qui parcourt limmense étendue ; labstinence (caractères chinois), qui sait harmoniser le cur, le rendre semblable à un champ dépis et digne de recevoir les communications dEn-Haut ; le respect (caractères chinois), qui fait quon plisse le front devant le supérieur comme on ferait devant un fauve, qui fait quon nose lever les yeux devant lui, ni disperser ses paroles ; tel lhomme en péril au haut dun précipice (caractères chinois) ; la modestie (caractères chinois), réglée comme la plante qui, fixant à la terre ses racines, porte sa tête droite au ciel ; la pureté (caractères chinois), ferme dans son bon propos, invariable comme la prophétie du devin, comme les honoraires dûs au prêtre.

    Nous avons déjà trop allongé cette liste, et cest un traité tout entier quil y aurait à faire sur la vertu daprès la conception chinoise. Le peu que nous avons dit montre assez que le Céleste ne manque pas didées justes sur la question. Que dillusions chez lui cependant ! A ne consulter due leur nom, tous les Chinois devraient être riches, nobles, justes, vertueux. Que de pauvres, au contraire, que dinjustes et qui nont rien de la vertu ! Video meliora proboque, deteriota sequor. La maxime ne serait-elle pas vraie surtout en terre païenne ! Qui plus est, en terre païenne, nest-ce pas le vernis surtout qui suffirait ? En Chine, on lappelle la mine, la face. Sans nier les qualités du Chinois, tout en exaltant sa patience, sa sobriété, sa bonne humeur, sa gaieté, sa sociabilité, sa politesse, sa réelle simplicité de murs, sa générosité marquée, son esprit dassociation et de secours mutuel, nous ne croyons pas exagéré de dire que la face aussi bien que lintérêt offusquent chez lui, en beaucoup de points, le cristal de la vertu. Ce nest quen quatrième ligne quil la placée dans lénumération classique des cinq félicités. Avant elle séchelonnent : la longévité, lopulence, la santé du corps et la paix du cur.

    B. Du malheur et des vices.

    Nous avons tenté danalyser lidée que le Chinois se fait du bonheur. Elle ressortira plus encore après étude de son contraire. Au fuk (caractères chinois) de félicité soppose le wo (caractères chinois) de malheur. Les deux caractères renferment une idée de transcendance (caractères chinois). Bonheur et malheur viennent den-Haut. Le sens initial de ce wo (caractères chinois) est celui de déformation de la face : bec-de-lièvre et fissure palatale. De toutes les calamités, les plus à craindre sont leffet de leau ou du feu : la sécheresse, lincendie, linondation. (caractères chinois) feu et fleuve barré résume cette idée. Nan (caractères chinois), son synonyme, peint la misère des oiseaux sur une terre brûlée par le soleil. Tan (caractères chinois), cest le soupir de lhomme face à son champ brûlé par les rayons solaires. Hón (caractères chinois), la sécheresse, montre le soleil agissant sur la récolte à la façon dun pilon destructeur. Fong (caractères chinois) nous dépeint la récolte perdue par linondation. De là le sens dérivé de famine. Hip (caractères chinois), cest encore la disette, le soupir face aux javelles quon ne peut recueillir. Fat (caractères chinois), mot à mot qui ne sarrête pas à la ligne, est encore la disette au sens général. Pai caractères chinois est la ruine de la fortune battue par un fléau. Kouai (caractères chinois) peint la déconfiture, la faillite, provoquée par le souffle pernicieux du tigre ou du rapace. Le pauvre, (caractères chinois) pan koung, enfin, se définit le malheureux obligé pour vivre de couper une sapèque en huit et de se casser le corps en deux pour entrer dans sa misérable hutte.

    Après les calamités, la ruine, la pauvreté, il y a les maladies (caractères chinois). Lidée première est celle du malheureux couché sur sa planche. Cette idée se précise suivant les cas. Cest tantôt la maladie courante (caractères chinois), le feu consumant le malade, comme lincendie ferait dune demeure ; cest le mal subit (caractères chinois) frappant à limproviste comme la flèche ; cest la dysenterie (caractères chinois), coupant les entrailles, comme la faucille tranchant les épis ; cest la fièvre (caractères chinois), terrassant le patient comme ferait la griffe dun tigre ; cest le choléra (caractères chinois), sabattant subitement comme fait la tempête sur les oiseaux éplorés ; cest lhydropisie (caractères chinois), que provoque lingestion des microbes dans lestomac, ou celle encore de leau malsaine et corrompue dans les récipients ; cest le fléau de la peste (caractères chinois), le fouet des épidémies, qui par troupes couche les humains ; cest enfin la mort (caractères chinois), leffritement de lhomme gisant dans le tombeau.

    Quels que soient les maux, ils sont tous redoutables. Les nommer seulement de leur nom est chose néfaste. Simplement à venir, ils inspirent la crainte ; ayant fondu sur nous, ils inspirent la tristesse. Devant eux, le regard de lhomme est anxieux (caractères chinois), comme lest celui de loiseau devant un rapace ; on les redoute (caractères chinois) comme on ferait dun fantôme ou de la griffe dun tigre ; à leur approche, le cur tremble (caractères chinois) et la face pâlit : telle blémit la mère devant la blessure ouverte par une arme homicide (caractères chinois).

    Sachant sa fortune ruinée, sa récolte anéantie, sa famille exterminée par les armes, le feu ou linondation, (caractères chinois) le malheureux promène ses soucis (caractères chinois), il sonde les eaux qui ont inondé son cur de tristesse (caractères chinois) ; ce cur en est lui-même comme une moisson perdue sous les eaux (caractères chinois) ; il en est saisi (caractères chinois), mordu (caractères chinois), transpercé (caractères chinois), langoisse lobnubile. En son trouble, le soleil de la joie est désormais couché pour lui (caractères chinois). Victime dun horrible cauchemar, lhomme patauge alors dans leau, sans pouvoir atteindre la rive du bonheur (caractères chinois) ; sa tête est en feu (caractères chinois) ; le chagrin monte en croupe et galope avec lui : tel le cheval en sa course caractères chinois que ne cesse de harceler le cuisant aiguillon de linsecte ou la morsure de léperon. Les rides de son cur rappellent la peau de loiseau racornie par le feu (caractères chinois) ; il est comme ce même oiseau dabord pris au piège et qui ne peut séchapper (caractères chinois). Pour parler à la chinoise, lhomme enfin hurle et pleure (caractères chinois), comme le chien mis à la porte et battu, parce que surpris en flagrant délit.

    Luttant pour lexistence, acculé aux extrêmes (caractères chinois), lhomme se démène ici-bas entre ciel et terre, met en action toutes ses facultés, sa bouche, ses mains, pour arriver à ses fins. Il a devant lui lobstacle (caractères chinois) du mal physique, il y a la pierre dachoppement, contre laquelle il se heurte ; il y a la flèche quil lance, autrement dit, son effort qui sarrête ou qui manque le but. Il fait la culbute et tombe dans labîme du malheur (caractères chinois), dans la souffrance, le chagrin, la pauvreté ; la faux de la mort (caractères chinois), parfois prématurément, tranche le fil de ses jours. Un autre obstacle existe, auquel est acculé lhomme : cest celui du mal moral, du mal par excès, du mal par défaut, la cinquième et la sixième des extrémités de la misère humaine.

    Pas plus que la notion de vertu, celle de vice ne manque étymologiquement de justesse. Le mal par excès (caractères chinois) est une monstruosité du cur ; le mal par défaut (caractères chinois) assimile la faiblesse humaine à celle de loiselet, les ailes encore simplement garnies dun léger duvet. Une force débile caractérise le petit homme (caractères chinois), lhomme sans vertu (caractères chinois). La simple faute est une difformité de conduite (caractères chinois). Le péché, le crime proprement dit sont symbolisés de diverses façons : cest le pilon qui sélève et sinsurge contre le supérieur (caractères chinois), cest la nasse du mal, qui enserre le coupable en opposition avec la loi (caractères chinois), cest le chien qui fonce insolemment (caractères chinois), se précipite hors de la porte du logis (caractères chinois). La passion amène la salive à la bouche de lhomme, le fait soupirer, fait haleter son cur (caractères chinois). Lorgueil (caractères chinois) fait de lui le cheval qui se cabre, le cèdre altier qui veut dominer la forêt des humains. Il rend lhomme obstiné, indocile, fait de son cur comme le boutoir contre lequel vient se briser la légitime autorité (caractères chinois). Le vantard insolemment étale ses paroles (caractères chinois).

    La cupidité (caractères chinois) sexcite à la pensée de largent. Le voleur (caractères chinois) flaire et soupire après les coffres dautrui. Semblable aux termites dévorant le grain des magasins, il dérobe (caractères chinois) parfois en cachette. Devenu brigand (caractères chinois), homme de rien (caractères chinois), il sarme de piques ou de bâtons, assaille la maison dautrui et au grand jour en pille les trésors (caractères chinois). Lavare se prive de nourriture et porte sur sa figure les rides de la parcimonie (caractères chinois).

    Lenvie pétrifie le cur de lhomme, celui surtout de la femme (caractères chinois) ; il est comme une flèche qui sans cesse adhère à leurs flancs.

    Le gourmand crie après les mets, comme le tigre rugit après la proie quil convoite (caractères chinois). Repu (caractères chinois) de viande de chien, il se retire à lécart pour éructer en paix. Livresse avilit sa victime : dun homme elle fait un démon répugnant (caractères chinois). Le couteau de la colère fait éclater le cur de lhomme et provoque parfois sa mort (caractères chinois). Le tyran oppresseur est assimilé au tigre qui déchire (caractères chinois), au chien furieux (caractères chinois), au scorpion terré sous la pierre (caractères chinois), au taureau enivré qui fonce de ses cornes (caractères chinois), au soleil brûlant (caractères chinois) qui dessèche le grain étendu sur laire. La colère met aux prises les mains et la bouche des hommes, provoque les rixes, les altercations (caractères chinois), (caractères chinois) Lhomme ennemi est un chien pour son semblable, un barbare promenant le fer et le feu (caractères chinois).

    La parole flatteuse entraîne la dupe en ses filets (caractères chinois). La cajolerie se fait femme (caractères chinois). Le menteur noie son interlocuteur de belles paroles, comme le flot noie la moisson (caractères chinois). Le faux, le flatteur ont double peau (caractères chinois) ; ils sont un singe à face dhomme (caractères chinois) ; ils rusent, coupent et recoupent sans cesse, comme fait le chien, pour donner le change (caractères chinois) ; comme pour le chien, la feinte est leur fort (caractères chinois).

    Oscillant comme les rayons du soleil par un jour dété, le cur de linconstant (caractères chinois) narrive pas à se fixer. La lumière du soleil ou celle de la lune, filtrant à travers les interstices de la porte (caractères chinois) rappellent au travail le paresseux endormi. La beauté défendue fait soupirer le cur de lhomme, provoque sa salive (caractères chinois). Le luxurieux met donc la main sur lépouse dautrui (caractères chinois). Le flot de son cur se livre à tout déportement (caractères chinois). A ladultère, il faut un harem peuplé de femmes (caractères chinois). Lapin sans pudeur, le voluptueux court la pretentaine (caractères chinois) ; symbolisé par un habit déchiré, élimé (caractères chinois), par une chair corrompue (caractères chinois), il porte sur le front le stigmate de la honte (caractères chinois).

    A ce tableau déjà si noir, devons-nous ajouter quelques ombres ? Le Chinois a-t-il pour le mal toute lhorreur que pourrait supposer la description faite ? Ne nous pressons pas trop de juger. Le Chinois naffectionne rien tant que la face (caractères chinois); il ne redoute rien tant que de se voir pendre en effigie au pilori de la renommée (caractères chinois). Rien ne lui est plus pénible que la confusion, autrement dit, davoir à loreille le sang du cur (caractères chinois), davoir à porter, non point la queue, mais loreille basse (caractères chinois). La honte est la hache qui lui fend lâme (caractères chinois) ; elle est le sentiment qui le pose en fantôme repoussant devant ses semblables (caractères chinois). A la honte il préfère parfois la mort. Mais est-ce réellement le sentiment doffense envers la morale qui le guide ? Se sent-il dabord et surtout redevable envers elle ? Nous ne le croyons pas, ce quil veut, cest se trouver blanchi comme neige aux yeux de la galerie (caractères chinois). Laveu lui est plus que pénible. A tout prix il faut quon passe sur ce qui est difformité morale le balai moins encore de lindulgence et du pardon que celui dune honorable interprétation. A sa façon, il rend néanmoins hommage à la morale : il lestime bonne ; mais lui-même, il ne veut sincriminer jamais.

    Après notre tentative dexploration de lâme chinoise, jetons un regard en arrière et mesurons le chemin parcouru. Comme tous les autres hommes, le Chinois est consumé par une inextinguible soif du bonheur. Le désir dêtre heureux le hante, le poursuit le jour et la nuit. Il veut le combler par tous les moyens, serait-ce les plus puérils. Il se pipe de mots, il se suggestionne et finit par se trouver un homme à moitié heureux. Est heureux qui croit lêtre. A force de rêver du bonheur, à force den parler, le Chinois nest pas sans se mettre en possession dune réelle bonne humeur, dune louable gaieté ; il nest pas sans en arriver à se satisfaire de peu, ou du moins à se résigner à son sort.

    Ne pouvant à lui seul combler ses désirs, il sadresse à toute créature, il sadresse à des êtres extérieurs à lui, plus puissants que lui, plus sages que lui, peut-être, hélas ! plus méchants encore que lui. A ces êtres il accorde un culte, mais un culte basé sur légoïsme, sur la crainte, nullement sur lamour. Capables de servir, les êtres transcendants sont encore plus capables de nuire. Il sagit dabord de les apaiser, de se les concilier. Un formalisme souvent puéril guide le Chinois dans ses relations avec linvisible. Du païen avec son idole, cest au plus fin, au plus habile, à celui qui dupera lautre à moins de frais.

    Le Chinois se trompe sur le véritable auteur du bonheur ; il se trompe dans son culte. Il se trompe aussi sur lexacte notion du bonheur. Ayant sans cesse à la bouche le mot de vertu, il se croit trop aisément un être vertueux. Qui plus est, un certain pharisaïsme fait quil estime surtout la face, lextérieur, lapparence plus que la réalité. Il ne laisse pas que de mettre trop souvent le profit avant la vertu, le plaisir avant le devoir, sa maxime favorite ne serait-elle pas : lintérêt avant tout ?

    Un écran épais lui barre le ciel. De ce ciel, il ne se soucie pas. Il demeure donc terre à terre, il est trop satisfait des biens matériels pour les subordonner à lacquisition dun hypothétique bien éternel quil ignore. La pensée ne lui vient pas que les biens terrestres ne sont que le tremplin qui doit nous élever jusquaux biens qui ne passent pas.

    La semelle de ses pieds demeure attachée, collée, rivée à la terre ; il est dépourvu des ailes qui lélèveraient aux célestes désirs. Des millénaires durant, le gouvernement central a usé envers lui dune méthode de dressage plutôt que dune véritable éducation ; le confucianisme la parqué dans un traditionalisme étriqué, dans lidéal terre à terre dune morale sans dogme. Lélite sociale responsable a tenu la vérité captive ; bien plus, elle a matérialisé lantique conception spiritualiste du ciel, Dieu unique, et de lâme humaine. Le Bouddhisme a tenté, lui, de conserver, de préciser la croyance aux peines et récompenses de lau-delà, de prêcher la confiance en la miséricorde de Bouddha. Ce sera là peut-être lorigine du salut de quelques âmes de bonne volonté.

    Au fond, le fatras confus des croyances et superstitions chinoises est généralement inopérant. Au Chinois il manque la lumière évangélique, qui lui montrerait la véritable voie ; le ferment seul efficace, qui fait germer la véritable vertu ; le levier de la grâce, qui le soulèverait jusquau but ; la seule flamme capable denflammer lhomme pour le véritable bien il lui manque le christianisme qui, seul, le rajeunira, le vivifiera, le virilisera, le tirera de ses puérilités, de sa molle torpeur, de son défaut dénergie native, qui seul comblera vraiment le vide insatiable de son cur. Ad te fecisti nos, Domine, et irrequietum est cor nostrum, donec requiescat in te. Hc est vita terna, ut cognoscant te solum verum Deum, et quem misisti Jesum Christum Filium tuum. Cest pour vous que vous nous avez fait, Seigneur, et notre cur est dans langoisse tant quil ne peut se reposer en vous. La vie éternelle, Seigneur, est que tous vous connaissent, vous, le seul vrai Dieu, et Celui que vous avez envoyé, votre Fils, Jésus-Christ.

    Chrétiens de vieille date, sachons largement accorder aux Chinois le bénéfice des circonstances atténuantes. Le plus sympathique des peuples païens, le moyen lui a manqué qui idéaliserait ses réelles et solides vertus. Combien parmi ceux qui devraient shonorer de leur titre de chrétien, qui par leur vie exemplaire devraient honorer ce titre, et qui sont, eux aussi, dun terre à terre lamentable, pour qui lattraction dici-bas neutralise celle den-Haut, qui adorent Vénus et Mammon, qui font de leur ventre une idole, dune bourse pleine, leur Dieu ; qui sacrifient lintérêt au devoir, qui font passer la vertu après le plaisir, qui sans cesse ont tendance à oublier leur dignité première, qui ne regardent jamais le ciel et les armées célestes, qui, devenus semblables à la brute sans raison, ont toujours les yeux rivés à la terre. Ils oublient, ceux-là, la parole du poète :

    Pronaque quum spectant animalia ctera terram,
    Os homini sublime dedit, clum que tueri
    Jussit, et erectos ad sidera tollere vultus.

    Ils font leur la parole des Saints Livres : Homo quum in honore esset, non intellexit, sed factus est similis jumentis insipientibus.

    Le néo-paganisme, qui nous envahit, ne le cède pas, croyons-nous, à lancien. Moins naïf, moins crédule, moins riche dillusions et de poésie, il est plus suffisant, plus raffiné, plus voluptueux, plus corrompu encore, plus égoïste ; il est donc aussi plus ennemi de la vie, moins porté à la propager. Là où il sintroduit, il tue lantique pudeur, lantique respect, lantique réserve qui faisaient lhonneur de la société chinoise. Là où il navait pas pénétré, demeuraient pour les nations païennes de sérieux espoirs de salut. Là où il sinfiltre, il rend le païen réfractaire au christianisme, le parque désormais tout entier sur terre, lui ferme toute issue vers lau-delà.

    Pour tous ses fidèles, plus ou moins éloignés de lidéal, lEglise de Dieu exhale ses prières. Sans doute le supplie-t-elle de leur accorder la santé, labondance et la conservation des fruits de la terre, de les délivrer de tous les fléaux temporels dici-bas ; plus encore le prie-t-elle de les délivrer du mal moral et délever leur cur vers les célestes désirs. Pour eux elle a ciselé ces admirables prières :

    O Dieu, qui par lhumilité de votre Fils avez relevé le monde gisant, accordez à vos fidèles une joie perpétuelle, et que ceux que vous avez arrachés à la mort éternelle jouissent dune félicité sans fin.

    O Dieu, qui unissez tous les fidèles dans une même volonté, accordez à votre peuple la grâce daimer ce que vous commandez, celle de désirer ce que vous promettez, afin que, parmi linstabilité des choses du monde, nos curs demeurent fixés là seulement où sont les véritables joies.

    O Dieu, le protecteur de ceux qui espèrent en vous, sans lequel il ny a dans lhomme ni force ni sainteté, multipliez sur nous votre miséricorde, afin que, vous ayant pour pasteur et pour guide, nous traversions les biens temporels sans avoir à perdre les biens éternels.

    De ces prières étendons encore la portée. Appliquons-les non seulement aux baptisés, quils soient ou non fidèles à leur foi ; appliquons-les encore aux non-baptisés, à ceux de Chine spécialement, pour que le Père de tous les hommes, les élève, eux aussi, de la nature à la grâce, de lerreur à la vérité, du terre à terre à lidéal, de lamour du plaisir au culte du devoir, de la piperie des mots à la réalité de la vertu, de la possession des biens temporels à celle des biens éternels.

    A. FABRE,
    Miss. apost. de Canton.

    Fin

    1928/217-232
    217-232
    Fabre
    Chine
    1928
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