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Lanlong : Une Cinquantenaire

Lanlong : Une Cinquantenaire
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    Lanlong : Une Cinquantenaire
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    Depuis le martyre du Père Chapdelaine, notre Bienheureux, le Kouang-Si restait fermé aux missionnaires. Il y a un peu plus dun demi-siècle, les confrères, destinés à cette Mission, se tenaient aux aguets, épiant toutes les occasions dentrer et de travailler efficacement dans ce pays. Le P. Bazin avait pu cependant sinstaller à Lu-kia-to ; de là, il recueillait patiemment les documents nécessaires au procès de notre Bienheureux, et les chrétiens de race chinoise, éparpillés dans la région, venaient se grouper autour de lui. Le Père Foucard, qui devait être bientôt le premier évêque de la Mission, se tenait dans le sud. Le P. Chouzy soignait les chrétiens de Mgr Albrand et du P. Lyons à Ta-Chan, au Koui-Tcheou. Le P. Chanticlair allait bientôt lui succéder dans ce poste. Le P. Renault visitait le district de Hin-Y-Fou (Lanlong) et avait mission de sinstaller en ville, où la persécution navait laissé que de tristes ruines. Lon ny pouvait même plus reconnaître lemplacement où Mgr Albrand avait dressé son petit oratoire, à un ly des murs de la ville. Le massacre du P. Muller, quinze ans auparavant, avait laissé une si profonde terreur, que les quelques adorateurs chinois, restés fidèles, osaient à peine se montrer. Le P. Renault décida de bâtir quand même. Le jour, il tenait la truelle avec les ouvriers ; la nuit, il couchait sur le chantier, pour empêcher que lon ne démolît le travail accompli.

    Le Bienheureux Chapdelaine, du haut du ciel, protégeait ses confrères : Dieu bénit leurs sacrifices. Ces audacieux pionniers du Kouang-Si ne pensaient pas aux Dioy. Ce fut cependant parmi cette race des Dioy que le souffle de la grâce fit lever ce magnifique mouvement de conversions. Cétait au cours de lété, en 1877 ; quatre villages du Tse-Hen envoyèrent des délégations à Hin-Y-Fou (Lanlong) saluer le P. Renault et le prier de se rendre chez eux. Les représentants de ces villages étaient conduits par Li-Chao-Hong, de Yangtsin, et un autre personnage, originaire de Pantchen, dont le nom na pas été conservé. Le P. Renault nhésita pas ; il se rendit à Tse-Hen. On lui fit fête. Il prit des noms. La chrétienté Dioy était fondée, il y a cette année, 1927, exactement cinquante ans, par nos anciens de la Mission du Kouang-Si. A leur vaillance, gardons-nous de loublier, en revient le mérite et lhonneur !

    Deux ans après, en 1879, le P. Aubry, de la Mission du Koui-Tcheou, qui avait succédé au P. Renault, rappelé dans lintérieur du Kouang-Si, écrivait à une religieuse, supérieure dune petite communauté dans le diocèse de Beauvais : Ah ! si, au lieu dêtre seul pour un immense district, javais sept ou huit bons lurons de camarades, non seulement robustes de santé, mais, ce qui est infiniment plus important, fortement trempés intérieurement ! Si javais, pour aborder les femmes, seulement trois ou quatre de vos petites mères, bien énergiques, un peu intelligentes et fortement trempées aussi spirituellement ! Nous ferions des miracles ! Et cest déjà un miracle dobtenir ce que nous obtenons avec si peu de ressources ! Mais tout ceci est un rêve, dont je ne verrai jamais la réalisation. Il faut se contenter de semer dans les larmes, heureux si plus tard, dans cinquante ou cent ans, nos successeurs trouvent quelque chose à moissonner dans lallégresse !

    Ces jours dallégresse sont arrivés, car, à ces souvenirs des anciens , qui remplissent nos curs de joie, sajoute la consécration officielle de tous leurs travaux et de toutes leurs souffrances par une bénédiction toute spéciale qui nous vient de Rome : La jeune Préfecture de Lanlong est érigée en Vicariat Apostolique !. Ad multos annos !
    1927/745-747
    745-747
    Anonyme
    Chine
    1927
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