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Lactivité Bouddhiste au Japon

Lactivité Bouddhiste au Japon Congrès international. Les 1er, 2 et 3 novembre dernier, un Congrès bouddhiste international, ou plutôt pan-asiatique, sest tenu à Tôkyô, au temple Zōjōji (caractères chinois) de Shiba. Un millier de bonzes, parmi les plus renommés de Chine, de Corée et du Japon, y ont pris part et discuté les intérêts généraux du bouddhisme.
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    Lactivité Bouddhiste au Japon

    Congrès international. Les 1er, 2 et 3 novembre dernier, un Congrès bouddhiste international, ou plutôt pan-asiatique, sest tenu à Tôkyô, au temple Zōjōji (caractères chinois) de Shiba. Un millier de bonzes, parmi les plus renommés de Chine, de Corée et du Japon, y ont pris part et discuté les intérêts généraux du bouddhisme.

    A la première séance fut donnée lecture dun message de félicitations du Premier Ministre Katô, après quoi le Ministre de lInstruction Publique, M. Okada, adressa aux congressistes un discours de bienvenue, leur souhaitant heureux succès dans leurs travaux. Sir Charles Eliot, ambassadeur dAngleterre, le professeur Gunter de lUniversité Impériale, le professeur Petzold du Lycée supérieur, M. Shimomura, Directeur du Bureau des Religions au Ministère de lIntérieur, et de nombreuses notabilités universitaires assistaient à cette séance douverture.

    Dans laprès-midi du même jour eut lieu une réunion de lAssociation de la Jeunesse bouddhiste : 1.600 enfants des deux sexes, élèves des écoles du dimanche, y prirent part. Après un discours du bonze Suzuki et le chant de lhymne national, le jeune Sakaguchi, au nom des garçons, lut une adresse de bienvenue au bonze Tai, délégué de Chine, à qui, au nom des filles, Mlle Iida présenta un bouquet.

    Le lendemain, 2 novembre, les délibérations portèrent dabord sur la propagation de la doctrine bouddhique, sujet inscrit au programme comme dune importance capitale. Malgré quelques divergences de vues entre les délégués chinois et japonais, on établit une fédération de lAsie Orientale, avec le Japon comme centre ; puis on vota à lunanimité les articles suivants relatifs aux moyens à employer pour une propagande mondiale du bouddhisme :

    1º Les bouddhistes de lAsie Orientale se prêteront mutuelle assistance pour propager le bouddhisme dans le monde. Ils espèrent ainsi répandre sur le genre humain tout entier les clartés de la lumière bienfaisante du Bouddha. Pour atteindre ce but, ils emploieront les moyens suivants :

    a) Impression en anglais de livres bouddhiques.
    b) Impression de revues bouddhiques anglaises.
    c) Envoi de prédicateurs dans tous les pays du monde.

    2º Tous les bouddhistes solenniseront le jour anniversaire de la naissance de Sakya-muni.

    Comme les cérémonies du bouddhisme ne sont plus adaptées à lesprit moderne, on nomme une commission chargée de les réformer.

    Dans laprès-midi, on traite des questions concernant léducation bouddhique. Comme résultat de la discussion, on convient dabandonner une propagande utilitaire de la science et de semployer à la diffusion de léducation bouddhique dans le peuple, sur la base dune égalité absolue pour tous.

    Le passage sur la propagande utilitaire de la science vise discrètement les bonzes turpe lucrum sectantes. Il y en a donc ?...

    Propagande bouddhiste. La résolution denvoyer des prédicateurs bouddhistes dans le monde entier vient précisément au moment où les journaux nous apprennent la campagne entreprise pour convertir lAmérique. Le vénérable Anagarika Dharmapala, Directeur général de la Buddhist Mission of India, au cours dune tournée en Amérique, vient de déclarer la faillite du christianisme. La religion chrétienne a failli, dit-il, à cause de ses dogmes. Or le bouddhisme, nayant pas de dogme, est tout désigné pour la remplacer. Il faut donc créer des centres de propagande bouddhique à New-York, Chicago, San-Francisco, Los Angeles, etc. Seul le bouddhisme, par son message de paix, peut sauver lAmérique, avec son argent et sa folie de la vitesse, de la destruction morale et matérielle. Le zélé bonze na-t-il pas quelque peu en vue le sauvetage, cest-à-dire le drainage du dollar ?...

    Au Japon, nous assistons à un renouveau de prosélytisme qui se traduit par de violentes attaques contre le christianisme. A Nagasaki on donnait, à la fin de novembre, des conférences intitulées : Déclaration de guerre au christianisme, Notre but : Destruction totale des traîtres (caractères chinois), des chrétiens, etc. Lattaque paraît plutôt dirigée contre les protestants anglais et américains.

    Traduction de livres bouddhiques. Plus intéressante est la nouvelle de la traduction et de limpression récente de toute la Somme des sutras bouddhiques.

    Avec laide de nombreux bonzes et savants ès-écritures bouddhiques, M. Kitsu Muen (caractères chinois), de Nagoya, a entrepris et mené à bonne fin la traduction de la collection entière des sutras (Issaikyô, caractères chinois). Son travail a duré 6 ans ; un de ses principaux collaborateurs a été M. Yamabe (caractères chinois), professeur à lUniversité bouddhique Otani, versé dans les langues sanscrit et pâli.

    Cette volumineuse somme bouddhique est imprimée en un seul volume de format bible, denviron 1.800 pages, divisé en huit livres. Outre les sutras, traduits et commentés, on y trouve une vie détaillée du Bouddha, des tables des noms propres cités dans tout louvrage ; un index des passages importants ou plus particulièrement difficiles avec leur explication, des cartes montrant la diffusion du bouddhisme, etc.

    Louvrage nest pas dans le commerce et est imprimé en vue dune distribution gratuite. Les fais dimpression se montent à environ 6 yen le volume. Le tirage sera de 250.000 exemplaires, destinés à tous les établissements publics du Japon : écoles, bibliothèques, monastères bouddhistes, temples shintoïstes, voire même postes de police (au nombre de 60 mille, paraît-il), etc.

    Les savants trouveront peut-être des perles parmi toutes ces antiquailles. Pour nous, retenons les dernières lignes de larticle du journal doù sont tirés ces détails, qui nous montrent combien nos Japonais sont généreux quand il sagit dune bonne uvre et de ce quils croient être la vérité : Cest une bonne uvre : par conséquent, largent nécessaire est fourni par les contributions des zélés bouddhistes. Déjà de tous côtés les offrandes affluent. Suit une liste imposante de bienfaiteurs.

    Grammaire thibétaine. Un savant bonze japonais, Kawaguchi Ekai, est allé passer 17 ans au Thibet pour y étudier la langue du pays. Comme résultat de ses études et de ses voyages, il a rapporté une grammaire thibétaine complète, la première, nous dit-on, qui ait jamais été composée (?), et, quand elle paraîtra, on sera à même de corriger les erreurs et contresens qui se sont glissés dans la traduction chinoise des livres bouddhiques. On ne voit pas très bien pourquoi, puisque les traductions chinoises ont été faites directement sur les textes sanscrits.

    On nous apprend encore (tous ces détails sont tirés de lOsaka Mainichi Shimbun,) que les étudiants en thibétain nont à leur disposition quune grammaire en anglais (1838), une en russe (1839) et une autre en français publiée à Paris en 1858. Cest maigre comme bibliographie. Nos confrères du Thibet doivent avoir quelque chose de plus récent à leur disposition. En tous cas, ils peuvent attendre encore quelque temps la grammaire de M. Kawaguchi, car, étant donné le caractère peu rémunérateur de louvrage, aucun éditeur na voulu se charger de sa publication.

    On nous cite, comme unique ouvrage faisant autorité dans la matière, un dictionnaire anglo-thibétain, paru il y a 23 ans sous le patronage du gouvernement anglais, ouvrage qui a demandé 12 ans de travaux, et qui contient encore des erreurs.... Et cependant nous voyons, dans le catalogue de Nazareth, un volumineux Dictionnaire thibétain-latin-français publié en 1899 par les Missionnaires catholiques, ouvrage couronné par lAcadémie française ; un Dictionarium latino-thibetanum (1916), une Grammatica latino-thibetana (1909), un Essai de Grammaire thibétaine pour le langage parlé (1899) : tout cela, le journaliste japonais a oublié de le mentionner : il en ignore lexistence. Mais peut-être lImprimerie de Nazareth a-t-elle le tort de ne pas faire assez de réclame.

    Conversions. LOsservatore romano énumère quelques-unes des plus intéressantes conversions à la religion catholique qui se sont produites en ces derniers temps.

    En Angleterre, est entrée dans lEglise catholique Mme Raymond Asquith, belle-fille de lancien président du ministère.

    En Suède, ce fut la conversion de Mlle Lovenskiold, qui appartient à une des plus nobles familles suédoises ; son père a été maître de chambre du roi Oscar II ; elle a abjuré le protestantisme à Rome, devant le cardinal-vicaire Pompili.

    En Norvège, Sigrid Undset, un des grands écrivains du Nord, a embrassé la foi catholique.

    En Amérique, lévêque russe-schismatique Dzubaij sest également converti, de même que le pasteur protestant Catlin aux Philippines.

    Dans les Indes a reçu le baptême catholique la veuve dAnanth Chaslu, de famille royale.

    A Rome, vient dembrasser la religion catholique Arthur Muvroij Dale, pasteur protestant de Ladbrok. Le nouveau converti avait été aumônier du couvent anglican des bénédictines de Molling, qui, en 1918, a passé tout entier à la religion catholique, en même temps que le couvent de Caldey.

    En Angleterre encore sest converti le pasteur anglican Rouse, connu par ses travaux sur le spiritisme. Trois de ses fils lavaient déjà précédé dans lEglise catholique.

    La Maison de Saint-Charles, fondée il y a cinq ans à Hatfield pour les pasteurs anglicans convertis qui se préparent au sacerdoce catholique, compte déjà 57 conversions parmi le clergé anglican.

    1926/29-33
    29-33
    Anonyme
    Japon
    1926
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