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La Voie douloureuse de Jérusalem, image de la Vie spirituelle

La Voie douloureuse de Jérusalem, image de la Vie spirituelle
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    La Voie douloureuse de Jérusalem, image de la Vie spirituelle


    En étudiant la Théologie mystique, on est frappé de lappui demandé aux révélations privées. Que ces révélations apportent de la lumière à létude de la Mystique, on ne saurait le nier ; mais ny aurait-il donc rien dans lEcriture qui puisse lui donner une base inébranlable ? Si, après avoir médité, par exemple, les Degrés de la Vie spirituelle du Chanoine Saudreau, on ouvre lEvangile de saint Matthieu et lon y cherche lenseignement mystique, on constatera sans peine que le Discours sur la Montagne commence par énoncer, dans les Béatitudes, les étapes de la Vie spirituelle, continue par des développements sur la Vie purificative, la Vie illuminative et la Vie unitive ; puis viennent aussitôt des exemples pour illustrer la leçon : la transformation du lépreux, exemple de Vie purificative ; la belle contenance du Centurion, exemple de Vie illuminative ; le repas de Jésus chez la belle-mère de Pierre, exemple de Vie unitive.

    Combien de passages de lEvangile paraîtront lumineux à celui qui y cherchera ainsi le trésor caché ! Beaucoup, en lisant le Nouveau-Testament, se contentent de noter lenseignement moral et ascétique. Quils se préoccupent aussi de la Mystique : ils ly trouveront, et ils seront ravis. La morale et lascèse leur paraîtront elles-mêmes sous un jour plus vif, et ils se reprocheront de navoir pas jusque là pleinement compris IEvangile.

    Mais la Vie spirituelle nest pas seulement dans lenseignement évangélique ; elle est exprimée aussi dans les faits qui se rapportent à la Rédemption. A ce point de vue, rien nest plus frappant que le Chemin de la Croix, et cest ce que nous avons essayé de résumer dans les pages qui suivent.

    TABLEAU SYNOPTIQUE

    1º Vie Purgative en descendant 1 de la 2e à la 5e Station (Théologie
    Morale). 1º Voie des Ames croyantes : 2e à 5e Station
    2º Voie des bonnes Ames : 3e à 5e Station

    2º Vie Illuminative en montant 1 de la 5e à la 9e Station (Théologie Ascétique). 3º Voie des Ames pieuses : 2e à 5e Station
    4º Voie des Ames ferventes : 2e à 5e Station

    3º Vie Unitive sur le Calvaire, 10e, 11e, 12e Stations (Théologie Mystique). 5º Etat des Ames parfaites : 10e Station
    6º Etat des Ames héroïques : 11e Station
    7º Etat des Ames très saintes : 12e Station


    1. La Voie douloureuse est, en effet, en pente très rapide entre la 2e et la 3e station, puis en pente douce de la 3e à la 5e station, après quoi cest la montée jusquau Calvaire.


    ETAPES DE LA VIE SPIRITUELLE

    Si quis vult post me venire, abneget semetipsum, tollat crucem suam, et sequatur me (MATTH. XVI, 24).

    Beati pauperes spiritu

    1e Station. Souvenir du Baptême. Je renonce à Satan, à ses pompes, et à ses uvres, et je mattache à vous, ô mon Sauveur Jésus. Nous tous, qui avons été baptisés en Jésus-Christ, cest en sa mort que nous avons été baptisés ; car nous avons été ensevelis avec lui par le baptême pour mourir, afin que, comme le Christ est ressuscité dentre les morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions dans une vie nouvelle. (Rom. VI, 3-4).

    2e Station. Souvenir de la Confirmation. Par le sacrement de Confirmation nous devenons les soldats de Jésus-Christ, et nous recevons lEsprit de force, qui nous aidera à porter notre croix jusquau Calvaire. Veni, Sancte Spiritus.

    I. Voie des Ames croyantes
    de la 2e à la 3e Station.
    Beati mites

    Cest la voie des débutants et des inexpérimentés, cest-à-dire des enfants et des nouveaux convertis. Voie facile, descente rapide, qui serait dangereuse si la croix nétait là pour empêcher une marche précipitée. La croix est aisée à porter ; elle est plutôt une aide quun fardeau. Cest une consolation. On est heureux, et il semble quon ne désire pas autre chose. Aucun incident sur cette voie.

    3e Station. Tournant de la vie. Chute de surprise, cest-à-dire épreuve, affliction, perte, maladie, peut-être faute grave. Une fois revenu à soi, se relever avec courage, changer de voie avec la ferme résolution de prendre la direction du Calvaire En tournant dans la direction de la Samarie et de Damas, on prendrait le chemin du schisme et de linfidélité ; et Dieu na pas promis de faire pour tout le monde ce quil fit pour saint Paul.

    II. Voie des bonnes Ames
    de la 3e à la 5e Station.
    Beati qui lugent

    La pente est plus douce et sans danger. On ne pense guère au Calvaire : il semble même quon va à lopposé. Toutefois le fardeau de la croix commence à peser sur les épaules. Mais voici consolation et compagnie : les parents, les maîtres, donnent de bons avis, entourent de soins, font partie du voyage.

    4e Station. Rencontre dune bonne mère, de saints parents, de maîtres chrétiens, qui narrêtent pas, mais encouragent dans la bonne voie. Remercier Dieu pour une grâce si précieuse. Prier pour nos parents et nos maîtres, tant spirituels que temporels.

    5e Station. Nouveau tournant de la vie. Pas de chute ; mais rencontre dun Directeur qui prend lâme à ce moment et laide à porter sa croix. Prendre la bonne direction, de peur daller à la Géhenne. Avant darriver à la Géhenne, il y a la piscine de Siloé, image des eaux de la pénitence (guérison de laveugle né).

    III. Voie des Ames pieuses
    de la 5e à la 7e Station.
    Beati qui esuriunt et sitiunt justitiam

    Appuyée sur un bon Directeur ou Confesseur, lâme pieuse commence à monter. Elle est sourde aux mépris et aux railleries du monde, des mauvais riches. Elle va toujours son chemin, sans sarrêter. Si elle trouve consolation et rafraîchissement auprès dâmes pieuses comme elle, elle ny cherche point son repos ; mais, profitant de la charité dautrui et se sentant plus édifiée, plus forte, elle monte avec un nouveau courage.

    6e Station. Rencontre de Véronique ; rencontre dhommes duvres. On fait connaissance : échange de douceurs, de souvenirs, de bons procédés. Remercier Dieu de la consolation, qui est dans lordre de la Providence, mais ne pas sy attarder. Monter, progresser toujours.

    7e Station. Nouveau tournant. Chute. Epreuve. La situation ici est dramatique. Jusquà présent on a pu penser au Calvaire ; mais on ne la pas vu. Le souvenir du Calvaire était plutôt théorique. Ici, on la devant soi. On se trouve tout à coup devant la terrible réalité. Avec cela, nouvelle lecture de la condamnation : nouvel appel à limmolation et au sacrifice. Répondre à cet appel sans hésiter.

    IV. Voie des Ames ferventes
    de la 7e à la 9e Station.
    Beati misericordes

    Hors de la ville, hors du monde, bien quau milieu du monde, lâme fervente voit sélargir lhorizon devant elle. La clarté céleste est plus vive ; la foi est plus forte. Vivifié par un air plus frais, le cur est plus aimant ; la charité se dilate. Lâme ne cesse de contempler le Calvaire, qui se dresse devant ses yeux. Sa consolation est de consoler les autres et de sadonner aux uvres de miséricorde, uvres de zèle, apostolat.

    8e Station. On ne reçoit plus de consolation des autres, mais on les console. On prêche de parole et dexemple, car on est exposé à la vue de la multitude. On sintéresse aux misères du prochain et on singénie à les soulager.

    9e Station. Au pied du Calvaire. Chute, Epreuve plus dure que tout ce quon a supporté jusquici. Appel spécial, définitif, décisif, à la perfection. Ici il faut sélever et sabandonner entièrement à la volonté de Dieu. Lui seul !

    Le Calvaire est la sainte Montagne de la Perfection.

    Les Voies sont terminées : il ny a plus que des Etats. Il ny a plus à avancer, à agir soi-même. Il ny a quà se laisser faire, à soffrir à limmolation.

    V. Etat des Âmes parfaites
    10e Station.
    Beati mundo corde

    Cet état est caractérisé par le dépouillement des vêtements, cest-à-dire de toute attache aux créatures. On renonce à ce qui paraît même le plus nécessaire à la vie. La peau est arrachée : on supporte cette douleur. Dans cet état, il faut faire attention à ne pas aller soi-même de lavant. Laisser faire les ministres de la Justice divine. Se tenir dans une humble expectative.

    Sabandonner entièrement, de tout son cur. Au reste, lâme parfaite a des lumières spéciales, qui lui font connaître les desseins de Dieu sur elle.

    VI. Etat des Ames héroïques
    11e Station.
    Beati pacifici

    Dépouillement plus accentué. On en arrive à renoncer jusquà la liberté de ses mouvements. On est réduit à limpuissance. Maladie, abjection, prison, nuit de lesprit. Les mains et les pieds sont attachés à la croix. Seuls les yeux peuvent se mouvoir et se tourner vers le ciel ; et le cur aussi, toujours, quoique avec difficulté, car le ciel est de plomb. Martyre sanglant. Martyre damour.

    VII. Etat des Ames très saintes
    12e Station.
    Beati qui persecutionem patiuntur

    Cest la crucifixion. Précédemment on pouvait encore reposer sur la croix, pendant quon y était étendu. Lit sanglant, sans doute, mais enfin lit de repos. Ici, rien de pareil. Pas le moindre soulagement. Tiraillement continuel. Mort à petit feu. Ennemis de tous les côtés. Quelques rares amis, quon laisse en les recommandant les uns aux autres. Elévation entre la terre et le ciel. Union parfaite à Dieu, qui glorifie cette âme, parce quelle le glorifie. Miracles dans lordre temporel et dans lordre spirituel. In manus tuas, Domine, commendo spiritum meum.

    Gaudete

    13e Station. Mort des Ames ferventes. Mort pleine despérance pour les parents et les amis. On se promet de se revoir au-delà du tombeau. Parfum des vertus dans un petit cercle. Prier pour les Ames du Purgatoire.

    Exultate

    14e Station. Mort des Saints. Leur sépulcre est glorieux. Miracles. Rage de lenfer. Triomphe de lEglise. Canonisation. Gloria in excelsis Deo ! Te Deum laudamus !

    REMARQUES GÉNÉRALES

    1º Comme on le voit, il y a sept degrés ou étapes de la vie spirituelle, que nous désignons en employant les expressions de M. Saudreau. Ce chiffre est celui de Ste Thérèse. Le B. Henri Suzo compte neuf degrés ; mais cela revient au même, car il met deux degrés là où nous nen comptons quun, au cinquième et au sixième, cest-à-dire quil compte deux degrés pour les Ames parfaites, et deux degrés pour les Ames héroïques.

    2º Deux grandes divisions: Voies et Etats ; voies, où il faut avancer, progresser; états, où il faut se laisser faire. Activité dans les voies, passivité dans les états. Vie active, vie passive. Rappelons quil ny a pas de pure passivité, au sens des quiétistes.

    3º Les Voies se subdivisent à leur tour en voies à lintérieur de la ville, et voie (unique) à lextérieur. Trois voies à lintérieur, qui sont : la Voie des Ames croyantes, la Voie des bonnes Ames et la Voie des Ames pieuses. Une seule voie à lextérieur, celle des Ames ferventes.

    4º Jésus a maudit la ville de Jérusalem, image du monde. Tout durant quon avance dans les voies à lintérieur, à la suite de Jésus, le salut est assuré. Mais ce serait sexposer à la perdition que de sy arrêter, de transformer ces voies en états. La transformation des voies en états est la perversion. Il faut donc sans cesse progresser, sans cesse se hâter de sortir de là.

    5º La voie à lextérieur, que nous pouvons appeler la Voie de ferveur, est toujours sûre. Elle est voie si lon avance vers la perfection. Elle peut devenir un état au cas où lon ne sengagerait pas plus avant. Et létat est sûr aussi. Lessentiel est de ne pas retourner en arrière.

    6º Pour mieux comprendre linsécurité des trois états inférieurs (états à lintérieur de la ville) et la sécurité de létat de ferveur, rappelons-nous la parabole de la semence. Le sentier, où tombe une partie de la semence, désigne létat, non la voie, des Ames croyantes ; parce que ces Ames ne font aucun progrès, leur peu de foi est enlevé par les oiseaux du ciel et foulé aux pieds par les passants. De même le terrain pierreux désigne létat des bonnes Ames, et le terrain épineux létat des Ames pieuses. Dans ces trois états, pas de fruit : tout au plus un peu de mauvaise paille. La bonne terre sapplique à létat des Ames ferventes ; elle produit cent pour un.

    7º Dautre part, pour mieux comprendre la sécurité des voies à lintérieur de la ville, rappelons-nous ce qui a lieu pour le baptême. Il y a deux sortes de baptême : le baptême deau et le baptême de désir, qui comprend le baptême de sang et supplée le sacrement, quand celui-ci ne peut être reçu. De même, il y a la ferveur de fait et la ferveur de désir, celle-ci suppléant la première, quand cette première ne peut être atteinte. Or la ferveur de fait se trouve seulement dans la voie ou létat des Ames ferventes. Quant à la ferveur de désir, cest le progrès réalisé dans les trois voies à lintérieur de la ville : ce progrès supplée donc la ferveur de fait, qui ne se trouve pas dans ces voies.

    8º Quand on est dans un état inférieur, il faut se hâter den sortir et prendre la voie correspondante. Ce passage dun état inférieur à la voie correspondante sappelle conversion. Pour que la conversion soit sûre, il faut quelle soit régulière. Une âme qui, prise dune ardeur inconsidérée, voudrait passer, par exemple, de létat dAme croyante à la voie des Ames croyantes, puis par celles des bonnes Ames et des Ames pieuses, sexposerait à faire fausse route et à tomber dans le piège du démon.

    9º Tout le long de la Vie spirituelle, il faut suivre la filière, et procéder dun degré à lautre régulièrement. Ainsi ne pas prendre le tournant de la 3e Station pour celui de la 7e, et surtout pour celui de la 9e. Ne pas vouloir, dès le 2e degré, pratiquer des pénitences qui ne conviennent quau degré des Ames héroïques. Cela pourrait avoir les plus graves inconvénients. Doù nécessité dun guide sage et éclairé. Se rappeler que Notre-Seigneur na pas franchi dun seul bond la distance de la Tour Antonia au Calvaire. Suivons-le doucement, pas à pas, patiemment, régulièrement.

    10º Comme il faut lappel à la foi pour avoir la foi, de même il faut lappel à la perfection pour monter au Calvaire et embrasser létat des Ames parfaites. Cet appel est gratuit, sans aucun mérite de notre part. Dieu veut le faire à tous, mais à son heure. Ne pas devancer cette heure, mais la préparer par la prière et les bonnes uvres, par une vie de plus en plus fervente. Ne pas craindre de devenir parfait, mas désirer et demander cette grâce, sans toutefois désirer les grâces supérieures dhéroïcité et de grande sainteté. Pour ces dernières, sen remettre à la volonté de Dieu et se tenir prêt à entrer dans ses desseins..

    11º Létat des Ames parfaites est un état de sainteté. Létat des Ames héroïques est un état de plus grande sainteté. Létat des Ames très saintes est un état de très grande sainteté. On est donc un Saint dès quon est parvenu à létat des Ames parfaites. Il y a beaucoup de Saints comme cela : remercions-en le bon Dieu, et tâchons dêtre du nombre. Seulement ces Saints ne sont pas canonisés. La Sainte Eglise ne béatifie et ne canonise que les Saints arrivés au degré des Ames héroïques et, à plus forte raison, ceux du degré supérieur.

    12º Nous disons : Etat des Ames parfaites, et non pas : Etat de Perfection, pour éviter une confusion. Ainsi on dit que les Religieux sont dans létat de Perfection. Cela ne veut pas dire quils soient arrivés au degré des Ames parfaites : cela veut dire quils sont, par état, dans le chemin qui y conduit. En réalité cet Etat de Perfection nest autre chose que la voie, non pas létat, des Ames ferventes.

    ORAISON

    I. Loraison est la lumière et la respiration de la vie spirituelle. Il y a trois sortes doraison : loraison discursive, loraison affective et loraison mystique. Chacune se subdivise à son tour. Ainsi loraison discursive est tantôt sans méthode, et tantôt méthodique. Loraison affective se fait parfois avec onction, et parfois elle est accompagnée de sécheresse (oraison onctueuse et oraison douloureuse). Enfin loraison mystique est le plus souvent ordinaire, cest-à-dire sans signe extérieur qui la distingue dune autre ; et quelquefois elle est extraordinaire, cest-à-dire accompagnée de phénomènes extérieurs, qui révèlent la présence et laction de Dieu.

    II. Sur la Voie Douloureuse, nous trouvons trois sortes de lumière et dair respirable, avec une multitude de nuances intermédiaires : 1º Lumière réflexe et air anémié dans les rues de la ville : image de loraison discursive ; 2º Lumière plus vive, mais toujours à lombre, air frais mais encore chargé. de miasmes, sous les remparts, en dehors de la cité : image de loraison affective ; 3º Lumière de plein soleil, air pur, sur le Calvaire : image de loraison mystique.

    III. On peut donc établir trois grandes lignes en ce qui concerne les degrés de la vie spirituelle et dire que, en général, loraison discursive convient aux trois premiers degrés (Ames croyantes, Ames bonnes et Ames pieuses). Loraison affective est la spécialité des Ames ferventes, et loraison mystique celle des Saints des trois degrés supérieurs.

    IV. En ce qui concerne spécialement les trois degrés inférieurs, il semble que, dans la voie des Ames croyantes, les fidèles font au moins loraison discursive sans méthode. Dans la voie des bonnes Ames, on se met à la méditation méthodique. Dans la voie des Ames pieuses, loraison serait moitié discursive méthodique, et moitié affective. Tout cela sans règle précise, avec beaucoup de plus ou de moins selon les personnes et selon les circonstances.

    V. Dieu peut donner et donne parfois des lumières mystiques ordinaires ou extraordinaires à tous les degrés. Il le fait même avant le baptême, même en faveur dindignes notoires, comme Caïphe qui prophétisa que Jésus devait mourir pour le salut du peuple, et comme Saul sur le chemin de Damas. Mais ce sont des exceptions, au sujet desquelles il faut se tenir averti. Noter que ces exceptions peuvent se multiplier à mesure quon approche des degrés de la Vie unitive.

    Jesu, spes pnitentibus,
    Quam pius es petentibus :
    Quam bonus te qurentibus ;
    Sed quid invenientibus !





    1922/77a-86a
    77a-86a
    Anonyme
    France
    1922
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