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La question d'une Ambassade japonaise auprès du Vatican

La question dune Ambassade japonaise auprès du Vatican
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    La question dune Ambassade japonaise auprès du Vatican

    Dans la chronique de Tôkyô du mois de mars, le Bulletin a parlé, à propos du projet dun échange dambassadeurs entre le Japon et le Vatican, de la campagne bouddhiste et de lattitude de divers groupes de la Diète japonaise. On pouvait déjà conjecturer ce qui arriverait, et ce qui est de fait advenu, à savoir le rejet par la Chambre des Députés (10 février) de larticle du budget concernant la nouvelle ambassade. Depuis lors, la Chambre des Pairs, en majorité favorable au projet, a cru devoir, pour éviter un conflit avec lautre Chambre, céder devant la situation et a déclaré que, tout en regardant lambassade projetée comme souverainement désirable, il y avait lieu dattendre lépoque, plus ou moins prochaine, où le calme se sera fait dans les esprits et où lopinion mieux éclairée permettra de faire aboutir avec plus de facilité le projet. Elle a donc, dans une réunion de sa Commission du budget, décidé de voter lensemble du budget à la réserve des 116.000 yen affectés à lambassade projetée.

    Lagitation produite autour de la tentative gouvernementale, que lon juge maintenant avoir été prématurée, a eu, du moins, un côté instructif. Elle a révélé laveuglement systématique et les dispositions haineuses des sectes bouddhiques, létroitesse desprit et le chauvinisme qui règnent toujours dans certains milieux japonais, même intellectuels, lignorance et les préjugés du public et la facilité avec laquelle il se laisse influencer par des aphorismes traditionnels et vides de sens, comme aussi les réserves de bon sens qui heureusement existent dans le pays et sur lesquelles on peut faire fond pour ne pas désespérer de lavenir.

    Les limites dun simple article ne nous permettent pas de fournir sur tous ces points une documentation abondante ; il nous paraîtrait pourtant regrettable de laisser passer loccasion de mettre un peu en lumière, par un choix restreint de citations, certains côtés de la mentalité japonaise à lheure actuelle.

    Voici dabord les six articles du manifeste signé par les chefs des douze principales sectes, sur lesquels la Ligue bouddhique a basé son opposition au projet du gouvernement :

    1. Le Pape est le chef dune religion, et non le souverain dun Etat.
    2. Les dogmes de la religion catholique sont foncièrement incompatibles avec notre constitution nationale.
    3. Les relations sur pied dégalité entre lEmpire japonais et la Cour pontificale seraient de nature à jeter la perturbation dans les idées et les croyances nationales.
    4. Il est intolérable que des privilèges spéciaux soient accordés à un corps religieux, en dehors dun statut des religions à établir par le pouvoir législatif.
    5. Le rang dEtat attribué à la Cour pontificale nest pas reconnu par de nombreuses autorités compétentes en matière de droit international,
    6. Léchange dambassadeurs avec le Vatican est contraire aux tendances de la civilisation moderne et constitue une erreur politique, en égard à lesprit du temps.

    Dautre part, la puissante secte du Hongwanji faisait connaître aux 25.000 temples de ses 32 districts les chefs darguments à développer dans les réunions et les conférences qui devaient être partout organisées. Outre les articles du manifeste cité, on était à bien mettre en lumière les points suivants : Au regard de la religion catholique, les Etats nexistent pas, le Pape est considéré comme lautorité suprême et unique, le guide souverain de lunivers, dont lambition est de soumettre à son sceptre toutes les nations pour en former un vase Empire chrétien. Il ny a que quatre pays (catholiques) qui ont avec le Vatican des relations diplomatiques. Les Etats-Unis et lAngleterre nen ont pas ; lAngleterre garde, dailleurs, le souvenir amer des exactions tyranniques et des humiliations que lui a fait subir la Papauté. Létablissement dune nonciature dans la capitale de lEmpire équivaudrait à la création dune petite Cour pontificale au sein même du pays, entraînerait la violation de larticle XXVIII de la Constitution touchant la liberté de toutes les religions, amènerait des perturbations dans lesprit public, le monde des idées et de léducation.

    Les meetings bouddhiques, tenus dans les principaux centres du pays, ont tous voté par acclamation le rejet du projet gouvernemental, en sappuyant sur des motifs analogues, tantôt résumés, tantôt agrémentés de nouveaux développements. Ainsi, dans une réunion tenue à Kyôto le 1er février, les considérants des résolutions prises portaient que : La vieille Eglise Romaine émet arbitrairement et soutient avec opiniâtreté des dogmes erronés. Les témoignages ne se comptent plus qui prouvent quelle use de son autorité pour réprimer et persécuter la liberté de pensée et quelle est hostile aux progrès de la civilisation. Létablissement des relations diplomatiques avec le Vatican donnerait à lEglise Romaine une situation privilégiée : le bouddhisme, le shintoïsme et le protestantisme se verraient écrasés. Le traitement du Vatican sur un pied dégalité avec lEtat ferait que les catholiques japonais deviendraient sujets du Pape aussi bien que de lEmpereur, que le Pape aurait le droit de lever des impôts sur ses fidèles et de rendre léducation religieuse obligatoire dans ses écoles. La Ligue patriotique des bouddhistes, dans sa réunion dOsaka du 15 février, résumait ainsi ses griefs : La doctrine catholique de la suprématie de son Eglise et de linfaillibilité papale soppose au caractère sacré de la Maison Impériale et à la constitution de lEmpire.

    Quant aux discours tenus dans ces meetings, ils ont développé des thèmes analogues, en même temps quils attaquaient lineptie ou limpudence du gouvernement. Pour ces conférences, les bonzes, partout où ils lont pu, se sont assuré le concours de professeurs ou de députés. Cest ainsi quon vit, à la réunion de la Ligue patriotique bouddhique à Tôkyô, le 9 février, le professeur-adjoint de lUniversité Impériale, M. Ono Seiichi, qui sétait distingué par la virulence de ses attaques contre la Papauté dans le journal Asahi caractères chinois, venir déclarer à la tribune que le catholicisme est lennemi de la civilisation mondiale, que le papisme est opposé au nationalisme des Etats, et que de lagitation de lIrlande a été fomentée par les intrigues catholiques. Le Dr. Takakusu, qui sest fait un nom par ses études bouddhiques, navait pas craint davancer, au conseil du Kenkyûkwai (groupe politique), que le système des doctrines catholiques doit être assimilé, par certains côtés, aux idées dangereuses du communisme. Le député Tanaka, au dit meeting de la Ligue patriotique, affirmait que la question des 21 articles, de nouveau remise sur le tapis entre la Chine et le Japon, lavait été par suite des manuvres des chrétiens. M. Andô Masazumi, député, élu grâce aux bonzes dAsakusa (Tôkyô) et auteur dun pamphlet sur les agissements politiques de la Papauté distribué par centaines de mille, affirmait sans vergogne : En arrière des soulèvements de lIrlande et de la Corée, que trouve-t-on encore, sinon la main des catholiques ?. Un autre député, M. Matsuoka, soutenait de son côté ce paradoxe : Si, par suite du rejet de lambassade du Vatican, il arrivait que le Japon fût mis en quarantaine par lEtranger a cause de son bouddhisme, la responsabilité en retomberait sur le gouvernement, qui a proposé lambassade. Cette idée a été, dailleurs, émise maintes fois par les bonzes. Le même député, à Utsunomiya, donnait à ses électeurs bouddhiques la mesure de son zèle en ces termes : Dès le principe jétais prêt à donner ma démission du parti (Seiyûkwai), sil eût favorisé le projet du gouvernement. Il ny a que les vieilles têtes du Parlement à ne pas comprendre que la lumière dAmida 1 doit rayonner sur tout lunivers. Nest-ce pas le bouddhisme qui depuis 1.300 ans a affermi les bases nationales du pays ? Un autre député, M. Yokota, a soutenu la même idée en plein Parlement.


    1. Amida caractères chinois (sanser. Amitâbha) : le Bouddha du Paradis de la Terre Pure de lOuest (Saihô no gokurakujôdo, caractères chinois).


    Quant aux journaux, ils ont gardé surtout le rôle dappareils enregistreurs, dont nous avons déjà parlé. Il serait trop long et sans grand intérêt, dailleurs, de résumer les idées quils ont développées pour ou contre le projet ; lanalyse faite à ce sujet dans le numéro de mars suffit à notre point de vue. Notons seulement deux articles écrits pour soutenir la campagne bouddhique par deux professeurs. Lun est dû la plume du docteur Senga, de lUniversité Impériale de Kyôto, que lon donne comme une autorité de premier ordre en matière de droit international, et qui, avec le professeur Ono, déjà cité, partagea lhonneur de faire partie du grand Etat-Major de la campagne bouddhique, en compagnie des principaux représentants de la secte Jôdo-Shinshû, caractères chinois des deux Hongwanji caractères chinois. Voici, résumées dans leurs traits généraux, ses déclarations (Shimotsuke Shimbun, 10.2) : Au point de vue international, le Vatican na aucun titre à une représentation diplomatique auprès des Etats. Léchange dambassadeurs avec la Cour pontificale nest reconnu que par une loi nationale particulière à lItalie. Libre aux Etats den profiter suivant leurs intérêts. Le japon ny aurait aucun avantage sérieux. Par contre, au point de vue de son administration intérieure, létablissement dune nonciature au sein de lEmpire ne peut entraîner pour lui que des inconvénients. En effet, daprès le droit canonique qui régit lEglise Romaine, toutes les nations, sujets et souverains, doivent obéissance au Pape. Boniface VIII a clairement affirmé ce droit dans ses Bulles, et lEglise sest toujours efforcée de le faire admettre en pratique. Bien entendu, cela na pas été sans susciter de grandes difficultés, qui se sont aggravées à mesure que sest répandue dans les pays dEurope la Réforme de Luther. Il en est résulté de nombreuses guerres, en particulier la guerre de Trente-Ans. Le Pape, qui était du côté de lAutriche, a partagé sa défaite, et les idées protestantes ont triomphé. Le traité de Wesphalie a eu pour résultat que les principes prônés par Boniface VIII sont devenus impossibles à appliquer. Mais si le Pontife romain ne peut plus réaliser lidéal de Boniface VIII, il na pas perdu lespoir dy arriver un jour, grâce à sa propagande religieuse, en travaillant à inculquer en particulier à ses adeptes le dogme de sa suprématie, grâce aussi à lexercice de son Droit canonique, qui soumet à sa juridiction non seulement les prêtres, mais aussi les laïques, dans tous les litiges qui touchent tant soit peu à la religion. Ces trois points : la souveraineté pontificale, le pouvoir judiciaire et coercitif que le Pape exerce sur tous ses prêtres, le droit quil sadjuge de régler à sa volonté les relations de ces derniers avec les simples fidèles, ne peuvent, au point de vue de ladministration intérieure des Etats, quengendrer des conflits et des troubles.

    M. Yamabe Shugaku, professeur à lUniversité bouddhique Otani, écrit de son côté (Osaka Asahi, 15. 2 et ss.) : Le catholicisme, qui ne fait appel quà un mysticisme étrange et méphistophélique, comme celui dont je me suis senti oppressé en visitant Notre-Dame de Paris, est dangereux, en ce quil soppose à la raison, en ce quil se répand et se maintient tenace, à la façon des épidémies, dont ceux qui en sont atteints ne peuvent facilement se défaire, et en ce quil est réfractaire à lassimilation de nos idées nationales. Ce danger serait on ne peut plus grave du jour où ses adeptes deviendraient très nombreux. Le christianisme a, dailleurs, un caractère foncier de cruauté sanguinaire qui imprègne les esprits dès lenfance ; les regards des chrétiens, à cet âge encore tendre, sont tout dabord arrêtés sur limage dun crucifié ; pour moi, javoue que dans mes visites aux églises dEurope, la vue dun crucifix me remplissait dhorreur et me faisait fuir. La civilisation moderne na affranchi la raison et brisé les chaînes de lEglise quau prix de sacrifices sanglants. Or cest avec une pareille Eglise que notre gouvernement voudrait nouer des relations ! Ne serait-il pas mieux inspiré de consacrer une partie de son budget à faire connaître au monde la religion du Japon, sa littérature et ses arts ?

    Plusieurs docteurs de lUniversité Impériale de Tokyo, le Dr Anezaki, bien que bouddhiste, le Dr Yoshino, qui ne cache pas son aversion pour le catholicisme, les DD. Suehiro et Takayagi, dans plusieurs parus en divers journaux de la capitale et la province, ont protesté contre la campagne bouddhique, la jalousie et légoïsme utilitaire dont les bonzes ont fait preuve en loccurrence, leur incompréhension totale de la question en jeu, lerreur de certains de leurs collègues qui ne voient pas que, si le Pape nest plus souverain dEtat, sa position et son influence dans le monde lui créent de fait une situation internationale qui lassimile aux souverains, situation reconnue par le droit international dOppenheim, et pratiquement par la grande majorité des Etats civilisés. Quant à la suprématie pontificale, il est absolument chimérique, à leur point de vue, den redouter de lantagonisme vis à vis de la Maison Impériale : outre que le catholicisme enseigne la soumission de ses fidèles à lautorité légitime de lEtat, les relations diplomatiques avec le Saint-Siège, loin dêtre compromettantes pour la sécurité nationale, entraînent de si grands avantages nationaux que même des républiques, des gouvernements protestants, neutres ou même hostiles au catholicisme, les recherchent avec empressement. Les mêmes idées ont été développées par nombre darticles de journaux et par les communiqués à la presse du Ministère des Affaires-Étrangères.

    Ces réfutations nont pas réussi à faire revenir les députés sur leur opposition au projet dambassade, et moins encore à désarmer les bonzes, qui ont continué leur campagne avec acharnement. Un indice, entre autres, de cet acharnement est le nombre de télégrammes qui assiégeaient les députés jour et nuit, dès 2 et 3 heures du matin, de toutes les circonscriptions électorales agitées par les bonzes. Un député influent du Seiyûkwai, ancien ministre, M. Tokonami, pendant une certaine période, en a reçu journellement jusquà 600. On ne les lisait plus ; on les jetait au feu par pelletées. En les recevant, plusieurs députés se disaient : Encore les bonzes ! Quils sont agaçants !.., Si cela continue, je vote pour lambassade. Le parti Seiyûkwai, qui soutient dordinaire le gouvernement et qui, par sa majorité parlementaire, pouvait entraîner le vote du projet, finit par déclarer officiellement quil navait point obéi à des préjugés de religion ou cédé à la pression des sectes bouddhiques, mais quil avait dû tenir compte de lopinion du pays, qui nétait pas suffisamment éclairée, et de lopposition de plusieurs de ses membres. Ce qui na point empêché un des membres du parti de protester, dans une séance de la Chambre, contre la légèreté avec laquelle on sacrifiait lintérêt national à des préjugés ineptes, répandus par une secte religieuse qui ne sait pas ce que cest que la religion, tandis quun autre déclarait dans les couloirs de la Chambre que lon se croirait revenu aux temps où lordre du jour était : Dehors les Barbares aux cheveux rouges et aux yeux verts !

    Le gouvernement songerait, au dire de certains journaux, à envoyer un représentant auprès du Vatican et à se servir de ses agents diplomatiques à létranger, pour expliquer la situation et atténuer mauvaise impression que pourrait produire léchec du projet dambassade. Dans les milieux bouddhistes eux-mêmes, on a déploré les excès de la campagne et la tournure fâcheuse quont prise les événements. Le président de la Ligue de propagande du Shinshû, M. Nôi Hidekazu, qui avait déjà blâmé certaines exagérations de ses confrères bouddhistes, a voulu, par manière dexcuse, sans doute, faire savoir au Pape que lopposition bouddhique venait uniquement de ce que le gouvernement pontifical mêlait la politique à la religion. En conséquence, il a adressé au Vatican la dépêche suivante : Très Saint-Père, nous Vous prions de vouloir bien considérer que la religion a uniquement pour but de procurer la paix des âmes et lélévation morale des individus, et, par suite, de renoncer à toute immixtion de Votre autorité spirituelle dans le domaine politique et dabolir les échanges diplomatiques entre Votre Cour et les Etats. Lancien chef démissionnaire forcé du Nishi-Hongwanji, Otani Kôzui, venu exprès de Shanghai, sa résidence, pour mettre en branle la campagne bouddhique, voyant quelle naboutissait quà léchec du projet gouvernemental, sest hâté de regagner la Chine. Ainsi que lont déclaré à mots plus ou moins couverts divers organes de la presse, les sectes du Hongwanji espéraient, par leur agitation, amener le gouvernement à leur octroyer, en compensation de la nonciature accordée à lEglise de Rome, les titres et les privilèges dont ils jouissaient avant la Restauration Impériale de 1868. Elles eussent voulu, en particulier, se faire concéder le droit de nommer directement elles-mêmes les chefs des temples de district, imposer à leurs filiales des contributions qui eussent aidé les temples métropolitains de Kyôto à restaurer leurs finances dilapidées, il y a quelques années, par des moyens scandaleux. Comment voudrait-on que les questions de la suprématie pontificale et de la nonciature apostolique soient comprises sous leur vrai jour par des gens de cette mentalité ?

    Linsuccès du projet dambassade auprès du Vatican peut être envisagé comme on envisage les échecs que rencontrent dautres mesures prématurées. Mais, dautre part, les catholiques ne peuvent se désintéresser des calomnies et des erreurs répandues dans tout le pays par la campagne bouddhique, qui ne peut que renforcer la barrière de méfiance opposée aux progrès de leur évangélisation. Si cette campagne contribue, ainsi que le font observer les optimistes, à faire une réclame à lEglise catholique, cest à la condition toutefois que lon profite de loccasion pour mettre en lumière ses véritables doctrines et ses véritables aspirations. La Jeunesse Catholique de Tôkyô sy emploie actuellement, en donnant la plus grande publicité possible à des tracts qui répondent aux manifestes et aux pamphlets publiés par les sectes bouddhiques, expliquent le sens et la portée de la suprématie pontificale et les principes qui régissent les rapports de lEglise avec lEtat. 1 Sil est, dailleurs, une uvre dont les événements récents ont prouvé une fois de plus limportance primordiale, nest-ce pas luvre de la presse, aussi nécessaire que le défrichement préalable à la culture, que les préparations dartillerie à toute progression sérieuse de linfanterie ?

    CL. LEMOINE
    Miss. de Tôkyô


    1. LAssociation de la Jeunesse Catholique a déjà publié 3 tracts denviron 60 pages chacun : le 1er, les Discussions sur lAmbassade du Vatican ; le 2e, la Question de la Suprématie de lEglise ; le 3e, la Papauté sous son vrai jour.



    1923/291-298
    291-298
    Lemoine
    Japon
    1923
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