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La politique missionnaire de sa Sainteté le pape Pie XI 2 (Suite)

La politique missionnaire de sa Sainteté le pape Pie XI le Pape des Missions (Suite) V La recherche d'une apologétique plus élevée pour le bien de l'Eglise et la défense générale de la Foi. Quand on veut attaquer ou se défendre, si on en a le choix, on se sert de l'arme la plus efficace. L'arme, elle-même, sera différente selon son emploi : soit pour la préparation à l'apostolat, soit pour l'apostolat lui-même, comme nous l'avons développé dans la quatrième directive.
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    La politique missionnaire de sa Sainteté le pape Pie XI
    le Pape des Missions (Suite)

    V

    La recherche d'une apologétique plus élevée pour le bien de l'Eglise et la défense générale de la Foi.
    Quand on veut attaquer ou se défendre, si on en a le choix, on se sert de l'arme la plus efficace. L'arme, elle-même, sera différente selon son emploi : soit pour la préparation à l'apostolat, soit pour l'apostolat lui-même, comme nous l'avons développé dans la quatrième directive.
    Ici, la formule la meilleure sera celle de la parole (Conférences, catéchismes, T. S. F.) par l'exposition de la religion en public ou dans les maisons. \ Vous savez comment, dès le premier jour que j'ai mis le pied en Asie, je me suis toujours comporté avec vous.... ne manquant pas de prêcher et de vous instruire en public et dans les maisons particulières ", écrivait St Paul aux Ephésiens (Act., XX, 20).
    Là, la formule la meilleure sera celle des écrits (tracts, journaux, livres, oeuvres de presse etc....). Autre part, la formule la meilleure sera celle de l'exemple (uvres de bienfaisance, dispensaires, oeuvres de placement, aide aux prisonniers, visite sérieuse et assidue des hôpitaux....)
    Vers 1586, le Pape Grégoire XIII envoyait sur le Bosphore, en plein pays ottoman, de nouveaux missionnaires où d'autres avaient échoué. Ces nouveaux missionnaires firent un plan et adoptèrent la forme la plus appropriée d'apostolat pour les temps et lieux présents ; "Ils firent l'école et visitèrent prisons et hôpitaux ". L'histoire dit leur succès : " Le nombre des catholiques s'accroissait ". (Cité par M. G. Goyau, de l'Académie Française). (1)
    Ailleurs, ces formules pourront être employées ensemble.
    Mais il reste qu'il faudra travailler et préparer la forme d'apologétique avant de l'employer.

    (1) " En terre d'Islam", 9ème année, nouvelle série. n° 1. 1934.

    C'est la sixième directive qui nous montrera les éléments de préparation à utiliser pour mettre au point l'arme spirituelle d'apologétique.

    VI

    " Une merveilleuse stratégie de lumière et d'amour envers les centaines de millions d'âmes égarées par les fausses religions : les schismes, l'Islamisme, le Bouddhisme, etc.... basée sur un triple élément : a) une étude approfondie de leur histoire passée : b) une compréhension complète de leur condition présente, et c) une préparation étendue et précise (pratique, positive) pour l'avenir ".
    Répandre la lumière et l'amour, voilà la stratégie renouvelée de celle de Notre Seigneur.
    Mais il y a manière et manière de répandre la lumière et l'amour : affaire de stratégie.
    Notre Seigneur a répandu la lumière, mais peu à peu, par degrés, afin de ne pas aveugler, effrayer les âmes.
    Quand on voyage dans la nuit, l'apparition soudaine d'une vive lumière aveugle la rétine et effraye la personne. Ainsi en est-il pour les âmes.
    Plus les peuples sont cultivés, plus leur culture est ancienne, plus il faut dévoiler peu à peu la divine lumière. Ce lent développement stratégique de lumière et d'amour enveloppe l'âme d'un peuple sans qu'il y prenne garde, et un jour vient où il se rend.
    Cette lumière et cet amour sont donc à répandre en se basant sur un triple élément : a) historique, b) psychologique, c) de prudence prévoyante.
    a) Elément historique. L'étude de l'histoire ancienne des peuples montre les qualités et les défauts de leur race. Par cette étude, on possède les éléments permettant d'éviter les fausses manoeuvres et de mener à bien un programme d'apostolat.
    Il ne faut pas se fier aux apparences d'un peuple, surtout en Extrême-Orient.
    Celui qui voit un chat pour la première fois pense que le chat est tout fait de la douceur d'un poil velouté. Mais le chat ne se laissera pas caresser indéfiniment. En un instant, sortant ses griffes, il déchire la main qui le flatte.
    L'étude de l'histoire ancienne permet de travailler les peuples d'après leurs qualités en se tenant en garde de leurs passions (orgueil, colère, etc...., griffes terribles qui ont déchiré bien des oeuvres).
    Où trouver l'histoire ancienne d'un peuple ?
    D'abord, s'il y en a, dans les livres d'histoire profane. Puis, dans l'histoire ecclésiastique, l'historique des Missions, les vies des missionnaires décédés, le compte rendu annuel de notre Société, les coutumiers des postes, si les anciens missionnaires les ont tenus à jour. (1)
    Dans chaque Mission, on trouve assez facilement un confrère aimant les recherches historiques. Ne pourrait-on pas lui demander de faire un travail sérieux, que ses successeurs continueront, concernant l'histoire des peuples de la Mission, l'histoire de la Mission elle-même et la vie des grands missionnaires qui l'ont illustrée par l'emploi des méthodes appréciées. Cette histoire pourrait être mise entre les mains du nouveau confrère venant de France, ce qui serait d'un grand poids dans sa formation missionnaire.
    b) Compréhension complète de leur condition présente. Elément psychologique.
    Si l'on est en possession de l'histoire ancienne d'un peuple, on tient tous les renseignements au sujet de son âme et de sa formation à travers les temps.
    Mais qui ignore que la vie des individus n'est faite que de réactions ?
    A chaque instant, consciemment ou instinctivement, l'homme réagit contre un mal : mal spirituel ou mal matériel. Il réagit dans le temps, dans le présent : et chaque réaction, sans détruire les qualités et les défauts de race, n'est pas sans modifier le caractère des individus.
    Les inventions modernes, les commodités ou les incommodités de la vie moderne, les théories, les journaux, etc...., ne sont pas sans donner une nouvelle teinte au caractère d'un peuple. Mais ce nest qu'une teinte, rappelons-le, le fond racial reste le même.
    C'est cette compréhension complète, et non superficielle, de la condition présente du peuple qu'il travaille que le missionnaire devra avoir.


    (1) Quand on arrive dans certains postes, on est presque surpris de n'y voir que quelques rares livres traînant de ci de là. Il est vrai que le climat de nos Missions ne permet pas de conserver les livres et de plus, les insectes se chargent souvent d'en hâter la destruction. Ou bien on y trouve des livres de spiritualité, de théologie, voire même de sciences, mais pas une seule vie de missionnaire, de grand convertisseur. Ne pourrait-il pas y avoir au centre de la Mission une bibliothèque missionnaire (Géographie, histoire de la Mission, vie des grands missionnaires comme Mgr Retord, les Bahnars etc....) dont les livres seraient prêtés aux missionnaires et aux prêtres indigènes selon un mode déterminé? Cette bibliothèque, tenue à jour, ferait le plus grand bien.
    Comment arriver à cette compréhension ? " Pour transformer le milieu, il faut en être, saccrocher au milieu et y vivre ", a-t-on écrit. Que le missionnaire ne se tienne pas à l'écart de la vie du peuple au milieu duquel il habite. Qu'il ne craigne pas de sortir de chez lui pour visiter le pauvre Indien dans sa hutte de bambous et, une heure après, converser dans le palais avec le fils du Sultan.
    Quand le peuple se sent compris, il se donne : alors seulement, la lumière avec l'amour descendent sur lui et le font chrétien.
    c) Elément de prudence prévoyante. Préparation étendue et précise (pratique et positive) pour l'avenir.
    Le général Haig disait : " Celui qui prévoit un jour à l'avance, je le nomme caporal, celui qui prévoit trois jours à l'avance, je le nomme sergent, et celui qui prévoit dix jours à l'avance, je le nomme officier ". Notre Saint Père le Pape nous demande de préparer l'avenir.
    Préparer, pourquoi? Parce que souvent le temps présent n'est pas propice à telle ou telle oeuvre demandée par les Supérieurs.
    Cependant, il faut à tout prix instituer cette oeuvre. Préparons l'avenir de cette oeuvre, puisque nous ne pouvons pas lui donner l'actualité. Il faudra d'abord étudier à fond l'oeuvre elle-même, puis les conditions de son existence.
    D'après cela, on fera un programme, un plan de préparation : programme étendu et précis, pratique et positif, établissant en détail les étapes de la préparation avec les actes à faire, les fautes à éviter, etc....
    Dans le " Pastoral Guide " (1) de la Mission de Trichinopoly, nous trouvons des "Méthodes d'approche " qu'il serait trop long de rapporter ici.
    Avant la Grande Guerre, on enseignait dans les Ecoles Militaires qu'en tout, l'officier doit prévoir, pourvoir et rendre compte.
    C'est bien ce que le missionnaire a à faire dans la période de préparation.
    Prévoir l'avenir en examinant les possibilités d'établir telle ou telle oeuvre nécessaire.
    Pourvoir en assemblant tout ce qui peut être utile à l'établissement de cette oeuvre.

    (1) PASTORAL GUIDE. St Joseph's Orphanage Mission Press. Cantonment. Trichinopoly, South India.
    Rendre compte aux Supérieurs de ce qui est fait, de ce qui se fait et de ce qui se fera.
    Pendant la Guerre, avant une bataille, le Général demandait aux officiers commandant les unités divisionnaires :
    a) Un plan en cas d'avance ;
    b) Un plan en cas de recul où tout devait être prévu, non d'une manière vague et restreinte, mais d'une manière étendue, précise et pratique.
    Le missionnaire doit tout prévoir :
    a) En cas de succès : comment étendre l'oeuvre en fonction de ce succès ;
    b) En cas d'insuccès : comment limiter les pertes.

    Conclusion.

    En résumé, notre Saint Père le Pape demande à ses missionnaires un travail méthodique.
    Il veut qu'on pousse le travail au lieu d'être poussé par lui.
    Les missionnaires de la Société des Missions Etrangères ont toujours réalisé les désirs du Saint-Père. Ils ont toujours tendu à l'occupation effective et complète de leur Mission.
    Ils ont toujours été en liaison, d'abord avec le centre de l'Eglise, Rome, et puis avec les autres Sociétés missionnaires.
    L'histoire prouve que leur confiance optimiste dans la conversion des races, même les plus méprisées, a été couronnée de succès. (Exemple : Sauvages Bahnars).
    L'esprit scientifique d'organisation n'a pas manqué à notre Société et dans l'apostolat et dans sa préparation : les comptes rendus annuels de chaque Mission fourmillent d'exemples.
    Les livres édités dans nos imprimeries (Hongkong, Pondichéry, etc.) montrent que nous cherchons à perfectionner notre apologétique.
    L'histoire ancienne de nos Missions et de beaucoup de races de nos Missions n'est pas à faire, elle est faite (ouvrages du P. Launay, etc....).
    Notre Bulletin mensuel montre que dans chaque Mission on se préoccupe de noter la condition présente des races qui les peuplent. (1)

    (1) Le Bulletin mensuel des Missions Etrangères est une source très sûre et très scientifique de renseignements missionnaires. Le lire attentivement et noter les renseignements utiles à éclairer et diriger notre apostolat.

    Enfin le travail de préparation se fait. Témoins sont les avis et circulaires que les chefs de Missions envoient à leurs missionnaires.
    Mais avant tout, lisons, relisons et méditons, en vue de l'apostolat, la lettre annuelle que nous envoie notre vénéré Supérieur Mgr de Guébriant, car il y met, en nous l'écrivant, toute sa science et tout son coeur de Grand Missionnaire.
    LOUIS RIBOUD,
    Miss. apost.


    "
    1935/77-82
    77-82
    Louis Riboud
    France
    1935
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