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La Mission du Kouangsi 1

La Mission du Kouangsi
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    La Mission du Kouangsi


    Il y aura 50 ans en 1925 que la mission du Kouangsi a été érigée en mission autonome. Sans doute on peut dire quelle est une des moins importantes de celles confiées à notre Société, puisque, après un demi-siècle, son développement nest encore guère appréciable en comparaison dautres nées dhier seulement. La présente étude essaiera de donner un rapide aperçu des années écoulées, puis elle dira les causes qui jusquici ont entravé lévangélisation et, en terminant, elle exprimera les espérances qui sont au cur des missionnaires.

    I. APERÇU HISTORIQUE

    Avant 1875. Quand, en 1848, la Propagande confia à la Société des Missions-Étrangères lévangélisation des deux provinces du Kouangtong et du Kouangsi, soumises jusqualors au diocèse de Macao, il ne restait plus de chrétiens parmi les descendants des baptisés des XVIIe et XVIIIe siècles, aucun missionnaire nayant été envoyé au Kouangsi depuis la persécution de 1724.

    Le Procureur Général de Hongkong, le P. Libois, nommé premier supérieur de la nouvelle mission, prit aussitôt les mesures nécessaires pour tenter des travaux dapproche dans cette dernière province. Le P. Renou, du Thibet, qui venait de sortir des prisons de Canton, où il avait été ramené par les autorités chinoises, fut donc prié par le P. Libois et accepta de se rendre au Kouangsi pour rechercher sil sy trouverait encore des catholiques. Il revint au bout de quelques mois, après avoir acquis la certitude que quelques marchands chrétiens cantonnais sont disséminés sur divers points de la province, où aucun deux nest fixé, et que chez les indigènes il ny a pas un seul néophyte.

    Ce premier point acquis, le P. Libois songea à lenvoi douvriers apostoliques qui évangéliseraient les païens du Kouangsi, mais toutes les tentatives de pénétration furent infructueuses : cet honneur allait être réservé à celui qui devait devenir le Bienheureux Chapdelaine. Arrivé à Hongkong en 1852, le P. Chapdelaine fut de suite remarqué par son nouveau supérieur, qui jugea quil y avait en lui létoffe dun vrai pionnier de lEvangile ; le P. Libois lui fit donc prendre la route du Kouytcheou, doù, daprès les indications du P. Lions, missionnaire de cette province, il pourrait se rendre au Kouangsi, dans la préfecture de Setchen, où se trouvaient, disait-on, quelques chrétiens. (Ceux-ci existaient effectivement, mais ils ne devaient être découverts quen 1881 par le P. Creuse).

    Sur ces entrefaites (1853), la démission du P. Libois de la charge de préfet apostolique, sollicitée par lui à maintes reprises, était acceptée par la Propagande et le P. Guillemin désigné pour lui succéder. Ce dernier ne changea rien au plan primitif et, en juin 1854, le P. Chapdelaine partait de Kouiyang pour le Kouangsi, où plusieurs familles du Kouytcheou venaient dembrasser la foi catholique. Nos lecteurs savent le reste : larrestation du missionnaire à peine arrivé à Silin, sa libération, les conversions qui suivirent ; puis la persécution, et enfin une nouvelle arrestation, les calomnies, le supplice de la cage, la mort du Père et sa décapitation le 28 ou 29 février 1856. En 1860 et 1861, le P. Thaddée Yang, prêtre indigène du Kouytcheou, put faire, sur les indications de son évêque, Mgr Faurie, deux rapides visites aux anciens chrétiens du P. Chapdelaine ; en 1867, le P. Gennevoise, missionnaire du Kouangtong, fit à son tour un séjour de deux mois parmi eux, et enfin, en 1868, le P. Bazin les tira de leur isolement en sétablissant chez eux, comme lavait fait notre bienheureux Martyr.

    Mais nanticipons pas sur les événements. Le Kouangsi étant toujours sous la juridiction immédiate de Mgr Guillemin, préfet apostolique des deux provinces, celui-ci jugeait avec raison quil ne pouvait soccuper comme il convenait dune mission à fonder de toutes pièces. Il proposa donc, en 1867, aux directeurs du Séminaire de Paris la nomination dun supérieur qui aurait pleins pouvoirs, quoique dépendant encore provisoirement de lui ; cette combinaison fut approuvée et, après entente entre lui et Mgr Faurie, le provicaire de ce dernier, le P. Mihières, fut nommé par Mgr Guillemin pro-préfet et supérieur du Kouangsi. Malheureusement le nouveau supérieur ne devait jamais mettre les pieds dans sa Mission : tout le temps de son court supériorat (1868-1871) fut occupé par les tentatives quil fit pour essayer de sétablir à Kouylin, la capitale ; envoi de chrétiens pour préparer les voies, voyage à Pékin, puis à Canton dans le même but, et enfin retour au Kouytcheou pour y mourir au moment où il se préparait à pénétrer coûte que coûte au Kouangsi.

    Pendant ce temps, nous lavons vu, le P. Bazin sétait établi dans la région de Silin, au village de Changtsin, où un bon nombre des anciens chrétiens du P. Chapdelaine sétaient réfugiés ; le bon Dieu avait béni ses travaux : le poste prenait de lextension et, grâce à ses excellentes relations avec les autorités de la sous-préfecture, le missionnaire avait pu sans difficulté faire en 1870 lacquisition dune maison en ville. Dun autre côté, le P. Foucard, missionnaire du Kouangtong, affecté lannée précédente au Kouangsi, avait aussi, sur lavis de son supérieur le P. Mihières, acheté une maison à lautre extrémité de la province, à Outchéou. Cétait donc, au milieu de tant dobstacles, un commencement. De plus, deux jeunes missionnaires, les PP. Souchières et Renault, venaient, en cette même année 1870, de recevoir leur destination directement pour le Kouangsi et allaient essayer dy pénétrer, le premier par voie fluviale pour aller rejoindre le P. Bazin dans le N.-O., et le second par le Kouytcheou. Enfin un sixième missionnaire, déjà plein dexpérience puisquil était au Kouangtong depuis 1863, le P. Chouzy, avait été admis comme missionnaire du Kouangsi peu de temps avant la mort du P. Mihières et allait, lui aussi, tenter la voie du Kouytcheou pour pénétrer dans sa nouvelle mission.

    Malheureusement, de 1871 à 1874, les missionnaires du Kouangsi se trouvèrent sans supérieur immédiat. Mgr Guillemin, parti au Concile du Vatican, devait rester en effet plusieurs années en France en quête daumônes pour lachèvement de la cathédrale de Canton, et le supérieur intérimaire, le P. Jolly, était trop absorbé par ladministration du Kouangtong. La mission du Kouangsi continua cependant de vivre en attendant lorganisation nécessaire, et même son pusillus grex put saugmenter quelque peu. Les PP. Bazin et Souchières dans le N.-O. virent leur maison de Silin attaquée et détruite sans pouvoir obtenir de compensation, mais leurs chrétientés développèrent et le bien se fit sans bruit. Le P. Foucard, empêché de sétablir à Outchéou, où le préfet avait mis sa maison sous scellés, alla fonder la chrétienté des Cent-Mille-Monts, sur la frontière du Tonkin, pays habité par des Pan-yao, et acheta une maison dans la ville de Changse, située à peu de distance de la province du Kouangtong ; il eut à y subir bien des avanies, parmi lesquelles un vrai martyre en 1873, mais, avec la protection et le secours den-haut, il résista aux orages de la persécution, et aujourdhui la chrétienté des Cent-Mille-Monts contient un véritable noyau de bons chrétiens. Quant aux PP. Chouzy et Renault, que nous avons vus prendre la route du Kouytcheou, ils devaient travailler dans cette mission jusquen 1878, sur les confins du Kouangsi., soupirant sans cesse, selon lexpression du P. Chouzy lui-même, après le jour où les portes du Kouangsi leur seraient ouvertes.

    Le successeur du P. Mihières fut nommé en 1874, après accord entre Mgr Guillemin et les membres du Conseil de Paris. Lélu était le P. Jolly, pro-préfet et supérieur intérimaire du Kouangtong-Kouangsi en labsence du préfet apostolique. Il prenait des mesures pour se rendre le plus tôt possible dans sa nouvelle mission, quand, atteint de la lèpre, il dut sans tarder revenir en France. Il passa auparavant par Rome où son intervention fit presser la séparation effective des deux missions, qui fut décidée par bref du 6 août 1875 : le P. Jolly, nommé préfet apostolique, désigna aussitôt pour son pro-préfet le P. Foucard, qui devint ainsi de suite véritable supérieur du Kouangsi ; quant à lui-même, il devait, après 3 années de souffrances, séteindre à Paris le i1 mars 1878.

    Vingt-cinq années dépreuves (1875-1899). La mission du Kouangsi était donc fondée ; il sagissait maintenant de la développer et de lui faire obtenir reconnaissance officielle de la part des autorités provinciales, tâche de longue haleine, comme nous allons le voir. Nombreuses furent les démarches du P. Foucard pour obtenir au Kouangsi, comme catholique, mais elles naboutirent, par suite du mauvais vouloir du gouverneur et des mandarins dune part, du manque dénergie de notre Ministre de France de lautre, quà un demi-succès : la convention Berthemy (art. VI du traité de Pékin), qui depuis 1865 permet aux missionnaires de construire et dacheter ou louer dans toute la Chine, resta encore longtemps lettre morte au Kouangsi.

    Malgré tout, luvre de lévangélisation se développa peu à peu. Tout en maintenant sa station de Changse, le P. Foucard ouvrit à la foi la sous-préfecture de Kouyhien et, pour tenter quelque chose à Nanning, il acheta une maison dans cette ville. Les autres missionnaires ne restaient pas non plus inactifs : le P. Bazin voyait son troupeau saccroître à Changtsin et dans les environs, le P. Souchières prenait en mains le poste des Cent-Mille-Monts, et les PP. Chouzy et Renault sortaient enfin du Kouytcheou pour venir sétablir, le premier à Kouyhien et le second à Changse. Les embûches ne leur étaient pas ménagées et, sans la protection divine, plusieurs auraient payé leur zèle de leur sang : cest ainsi quen 1877, le P. Bazin faillit être victime dun empoisonnement machiné par le mandarin de Silin, et, en 1878, le P. Chanticlair, nouvellement arrivé de France, fut, non loin de cette même ville, attaqué par des brigands et blessé au ventre et au genou.

    Peu après la mort du P. Jolly, le P. Foucard était nommé préfet apostolique et élevé à la dignité épiscopale. Il alla se faire sacrer à Kouiyang par Mgr Lions. Le Kouangsi comptait alors 508 chrétiens et 7 missionnaires, y compris lévêque.

    Dès lors Mgr Foucard commença des démarches pour aller sétablir à Kouylin, la capitale de la province. Mais ce fut en vain : voyages à Pékin, Shanghai et Canton, lettres au gouverneur, tout fut inutile, et son successeur, Mgr Chouzy, ne devait pas être plus heureux.

    Au début de son administration, plusieurs écoles et orphelinats furent ouverts et un bon nombre de postes créés dans les sous-préfectures de Konyhien, Siangtcheou et Lieoutchen. Mais que de difficultés suscitées par les autorités provinciales et locales dabord, puis à loccasion de la guerre du Tonkin ! En 1880, le P. Souchières était attaqué aux Cent-Mille-Monts, et le P. Chanticlair chassé de Silong, où il avait voulu sétablir ; le P. Renault était aussi expulsé de Nanning, sa barque lapidée par la populace et la maison de la mission complètement détruite. En novembre 1881, le P. Creuse disparaissait sur le fleuve aux environs de Pese, probablement assassiné, soit par des pirates, soit plutôt par le patron de la barque, qui se suicida quand il fut cité à la barre du mandarin. En 1883, la mission de Sanpankiao, dans le Kouyhien., était pillée, et le P. Pernet enchaîné et maltraité par les bandits ; le P. Lavest était aussi arrêté et pillé dans le Yolin à Pantang ; puis cétait le tour des stations de Mokkan (Kouyhien) et de Feichangpin (près du gros marché de Nanhiang), pillages, massacres et enlèvement de jeunes chrétiennes. En 1884, deuxième pillage de Sanpankiao, ainsi que de Chatang et Taoutang ; attaque du P. Barrier à Koumou, dans le Lieoutchen, dont la résidence fut complètement mise à sac ; la chrétienté de Sanli (sous-préfecture de Ousiuen) subit lé même sort. Enfin en 1885, dans les premiers jours de janvier, la résidence épiscopale et loratoire de Changse étaient rasés en labsence de Mgr Foucard, malade à Hongkong, où, peu après, les PP. Renault, Chouzy, Lavest, Guimbretière, Pernet et Poulat, chassés de la province, devaient aller rejoindre leur évêque en attendant la paix entre la France et la Chine.

    Tant de troubles nétaient pas faits pour activer la ferveur des chrétiens, hier encore païens, et augmenter le nombre des catéchumènes ; aussi, quand, à la fin de 1885, les missionnaires purent rentrer à leurs postes, beaucoup de travail était à recommencer. De plus les revenus de la Mission, déjà bien minimes, étaient diminués encore par le vol de 7.000 piastres dérobées par les pirates au préfet apostolique pendant son voyage de retour. Les missionnaires reconstruisirent comme ils purent une partie des immeubles détruits et reprirent leur apostolat interrompu.

    Le P. Chanticlair fonda les postes de Kohao, Loli et Pinkouang, dans la préfecture de Setchen. Le P. Chouzy put prêcher dans plusieurs villages de la sous-préfecture de Kouypin, et dans dautres villages au nord de Sanli, dans le Siangtchéou ; cest de cette époque que date la fondation des chrétientés de Longnin (1886) et de Tchongpin (1889). A Kouyhien, le même missionnaire organisa un orphelinat et des écoles pour les enfants des deux sexes, il restaura aussi la chapelle, de sorte que ce poste put dès lors être considéré comme le principal de la mission. Cependant les orages accumulés les années précédentes étaient encore loin dêtre complètement dissipés. En 1886, le P. Lavest voyait sa résidence de Langlin (dans le Kouypin) mise à sac, un enfant et son domestique tués, et lui-même, après de vrais supplices, était relâché seul, loin des routes, dans la campagne ; quelques jours plus tard, sa chrétienté de Yunhoua était pillée également. En 1887, le P. Barrier était blessé dans sa résidence de Longgan (s.-préf. de Lotchen) et assistait au vol de tout ce qui lui appartenait ; retiré dabord à Pentsin (dans le Lieoutchen), où il faillit encore être attaqué, il se réfugia ensuite à Chapon, où on lui enleva les quelques habits qui lui restaient, puis sen alla mourir à Sanli entre les bras du P. Frayssinet. La même année, la pharmacie de Silin était détruite sur lordre du sous-préfet.

    La mission du Kouangsi sétait augmentée de plusieurs nouveaux missionnaires, mais malheureusement quelques-uns dentre eux moururent après peu dannées de mission. En 1883, le P. Souchières, rentrant de France où il était allé recouvrer la vue et des forces nouvelles, était mort à Singapore à 37 ans. Nous venons de voir en 1887 mourir le P. Barrier (30 ans) à Sanli, où le P. Pernet (28 ans) lavait précédé dun mois dans léternité. En 1888, cétait le tour des PP. Guimbretière (39 ans), qui était allé chercher la guérison au pays natal, et Malevialle (26 ans), qui venait darriver de France à Changtsin. Enfin en 1889, le P. Lacaille (30 ans) était arrêté par la mort en plein travail apostolique. Mgr Foucard allait les suivre dans la tombe : gravement malade et incapable depuis près de 2 ans, sauf quelques semaines avant sa mort, de célébrer la sainte Messe, il acheva sa laborieuse carrière apostolique dans sa résidence de Changse le 31 mars 1889, assisté par un tout jeune missionnaire, le P. Rase, qui devait lui-même mourir lannée suivante dans cette même résidence à lâge de 29 ans.

    Ce fut le P. Chouzy qui fut désigné pour successeur de Mgr Foucard ; il fut sacré à Hongkong en 1891 par Mgr Chausse du Kouangtong. Après avoir, par acte public souscrit par tous ses missionnaires, consacré le Kouangsi au Sacré-Cur de Jésus, Mgr Chouzy fut heureux de pouvoir faire la visite pastorale de tous les principaux postes de sa mission. Des progrès se manifestaient un peu partout, mais spécialement dans le N.-O. et dans le Siangtcheou. Le P. Lavest, à Kohao (s.- préf. de Silong), voyait venir à lui un grand nombre dindigènes, et les conversions allaient continuer les années suivantes malgré beaucoup de tracasseries de la part des autorités et, en 1893, lattaque de sa résidence à coups de fusil. Non loin de Changse, la chrétienté de Namong était fondée par le P. Renault. Dans les sous-préfectures de Ousiuen et de Pingnan, le P. Héraud travaillait à sétablir dans les montagnes Yâo, mais sans succès, à cause de la mauvaise volonté des indigènes ; alors il tourna son activité du côté des Hakka et créa de toutes pièces la petite station de Lomei, près de Sanli. Dans le Siangtcheou, le P. Bertholet réussissait auprès des Yâo ; de Longniu, sa résidence habituelle, il fut assez heureux pour pouvoir implanter la foi dans un de leurs villages, mais les néophytes furent obligés de sexiler : dabord établis dans la sous-préfecture de Lipou, ils émigrèrent peu après dans les montagnes de Yunfou, à Touyangtsao, où ils forment aujourdhui une très intéressante chrétienté. A Longniu même, le P. Bertholet vit augmenter, le nombre de ses chrétiens ; aussi, en actions de grâces, commença-t-il aussitôt les fondations dune église qui serait dédiée à Notre-Dame de Fourvières.

    Pendant que ses prêtres remportaient quelques succès dans leur ministère, Mgr Chouzy avait la consolation de voir arriver à une heureuse issue le règlement des affaires de pillages et attaques de missionnaires. Les mandarins allaient ainsi être plus accommodants et les chrétiens moins molestés. Aussi bien, il était temps que les relations des autorités chinoises avec la mission fussent plus cordiales, car deux missionnaires étaient sur le point dêtre massacrés.

    En effet le P. Mazel, à peine arrivé au Kouangsi, était tué le 1er avril 1897 à Loli (s.-préf. de Setchen) en se rendant au poste qui lui avait été assigné, et le P. Bertholet subissait le même sort le 11 avril 1898 près de Tchentsuen, à proximité de la ville de Yungan, alors quil revenait de visiter des chrétiens. Ces deux meurtres et, à la même époque, le pillage de loratoire et de lécole de Pingnan, dont était chargé le P. Héraud, puis le sac de la résidence de celui-ci à Ousiuen, tout cela prouvait que les missionnaires nétaient encore guère tolérés au Kouangsi. Heureusement la prompte punition de quelques-uns des coupables fit voir sans tarder que la que la mission catholique, appuyée par la France, pouvait faire entendre sa voix et quil faudrait désormais la respecter ainsi que ses représentants.

    La cession dune propriété à Longtcheou, sur la frontière du Tonkin, en compensation des dommages causés antérieurement dans quelques stations, puis lacquisition dune maison à Outcheou, et par suite laménagement ou la construction dune résidence dans ces deux villes, linstallation du P. Renault à Nanning, furent, avec lappel de deux séminaristes aux ordres mineurs et dun troisième à la tonsure, les dernières consolations de Mgr Chouzy avant dêtre rappelé à Dieu. Plusieurs jeunes confrères, lavaient depuis 1891 précédé dans la tombe ; cétaient, outre les deux missionnaires massacrés : en 1893, les Pères Collonge, mort de la fièvre à 30 ans à Changtsin, et Klingler ( 26 ans), qui se noya en passant un torrent près de Tongtchong ; en 1895, le Père Streicher (31 ans) et en 1896, le Père Jacquemin (27 ans), décédés le premier à Changtsin et le second à Kohao ; enfin en 1899, le P. Doublet (24 ans), mort à Béthanie après navoir fait que passer au Kouangsi. Quant à leur Supérieur, Mgr Chouzy, il séteignit le 22 septembre 1899 à Outcheou, où il était arrivé quelques jours auparavant avec lintention daller refaire ses forces à Hongkong. Il laissait la Mission relativement organisée et en pleine voie dun développement qui devait cependant être lent.

    (A suivre) J. CUENOT,
    Miss. du Kouangsi


    1923/475-483
    475-483
    Cuenot
    Chine
    1923
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