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La Mission de Lanlong : III LApostolat du Père Aubry (1875-1882)

La Mission de Lanlong : III. LApostolat du Père Aubry (1875-1882)
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    La Mission de Lanlong : III. LApostolat du Père Aubry (1875-1882)

    On parle beaucoup à notre époque de science missionnaire. Education du futur apôtre ; il sera parfait travailleur, zélé missionnaire et observateur profond, avisé. Il saura se rendre compte des obstacles, des faits de toute nature Psychologue connaissant les âmes, les individus, les foules, les races, il saura réaliser sa pensée, cest- à-dire mener à pied duvre le pays dont il aura la charge. Idées justes, que personne assurément ne rejette ; mais dans le métier, comme dans celui dartilleur, il faut du flair basé sur une vraie science, pétrie de piété et dexpérience. Sans doute plus dun dentre nous pourrait citer le nom de quelques pointeurs qui, durant la grande guerre, ne connaissant que peu ou prou les rapports de hausse et de la dérive avec la trajectoire, tapaient pourtant infailliblement dans le mille. Eh bien ! nos pionniers de la brousse païenne nont eu le flair ni le tir plus mauvais. A preuve, cette bonne phrase de notre Bulletin, qui est le meilleur résumé de leur travail : Ce qui doit se faire se fait et ce qui devra se faire se prépare.

    La science missionnaire pratique nest pas récente ; nos anciens avaient seulement oublié dinventer le terme de missionologie dont la rude facture étymologique a dû sortir de quelque bonne usine wallonne, non loin des rives de lEscaut. Evidemment il ne suffit plus je dirais volontiers il na jamais suffi, de mettre dans nos bagages quelques médailles ou verroteries et de navoir au cur que la sublime ambition de verser son sang pour Jésus-Christ.

    Il y a bien longtemps que les Monita ad missionarios ont résumé dans un opuscule resté bien à jour la bonne méthode : Le missionnaire doit connaître son terrain et ses gens pour trouver le chemin des intelligences, émouvoir les volontés (gratia adjuvante) pour les porter à Dieu . Toutes modalités dapplication ont été prévues dans ce petit livre. On ne relit jamais sans profit nouveau ce Vade mecum des missionnaires tant anciens que modernes. Peut-être pourrait-on y ajouter le chapitre des connaissances acquises sur les mentalités des divers groupements ethniques, nationaux, etc. fréquentés plus intimement par les missionnaires durant ce siècle. Restons assurés que nos anciens connaissaient leurs Monita.

    Peut-être encore pourra-t-on envisager une appropriation plus adéquate et moderne des moyens humains aux uvres qui nous attirent la sympathie des individus et des foules, qui favorisent la persévérance des néophytes. Les âmes sont vite gagnées par la sympathie, qui fond les curs dans une même manière de voir.

    LExposition des Missions a permis de dégager des expériences vécues une série dindications, qui certainement nous seront communiqués en temps voulu. Dautre part les ethnologues catholiques nous annoncé leurs espérances touchant la science missionnaire. Attendons. Mais que ces considérations ne nous empêchent pas de redire les exemples donnés par nos aînés dans lapostolat.

    Parmi les travailleurs des temps passés il y eut des as. Leurs vertus, leurs talents amenèrent les foules au bercail du divin Maître. Certains dentre eux semblent avoir eu un sens spécial pour la conduite des races moins douées ou pour le lancement des missions plus difficiles. Chaque vicariat ou préfecture pourrait nous présenter de ces ouvriers privilégiés, de ces bonos inter optimos. Cest au souvenir de trois dentre eux, fondateurs de la mission dioy de Lanlong que vont ces lignes. Aubry, Alphonse et Aloys Schotter : ces noms sonnent le ralliement quand il est question des populations aborigènes de la Mission de Lanlong. Aubry avais pris à Hingi-fou la succession du P. Renault, qui sen était allé à sa destinée vers les terres ingrates et inclémentes du Kouangsi. Le district de Hingi-fou, où le Père allait batailler pour le bon Dieu, comprenait déjà des baptisés de races chinoise et miaotse. Lélément ikia ou dioy navait guère été entamé, et cest à cette partie de la vigne quAubry va sattacher avec le plus de volonté. Il approfondira la situation, prendra ses dispositions de combat, ouvrira les lignes ennemies, mais Dieu larrêtera. Arrivé en peu de temps à la perfection, il avait fourni une longue carrière, car son âme était agréable à Dieu . Il mourra prématurément aux avant-postes, après avoir contracté, dans une dernière course de reconnaissance, le germe de la maladie qui le terrassa.

    A peine arrivé à Hingi-fou, le P. Aubry va jeter le filet dans limmense lac des populations dioy, où aucun travail navait encore être sérieusement tenté. Voici ses premières impressions devant ce millier de villages à conduire vers la sainte Eglise.

    Quelle position de se trouver là, debout, tout seul, comme une colonne au milieu de tout un peuple ! Combien dâmes qui nont que moi pour leur procurer lévangélisation ! Et puis, songez quil faut nécessairement me dire : Je reçois des grâces pour tous gens-là ; ils nont que moi pour espérance de salut. Jaime, du reste, à trouver de la besogne et à voir devant moi de grands espaces. Pour être missionnaire, il faut, entre autres choses, de la stratégie et ce travail détudier un pays, de placer son monde, de chercher les ressources et les espérances offertes par chaque village, ce travail me plaît beaucoup. Ces parages sont peuplés exclusivement une race indigène distincte de la race chinoise, inférieure à elle en intelligence et en fermeté de caractère. Cette race est un reste des peuplades qui occupaient le pays il y a des siècles, avant la conquête chinoise. Ladministration est chinoise, mais la population des campagnes reste indigène, ne se mêle pas aux Chinois, les déteste cordialement, enfin ne prend ni leurs usages, ni leurs costumes, ni leur langage, du moins en dehors des rapports officiels et forcés.

    Le P. Aubry a donc voulu dabord se documenter. En bon stratège il a regardé et noté. Trois années il a vécu de ce travail de psychologie et dobservation, comme le prouvent les nombreuses notes quil a laissées. Nous ne le suivrons pas au jour le jour ; ces lignes nont pour but que de montrer sa méthode et ses projets, en même temps que sa grande piété.

    Le 18 août 1882, il formulait dans une lettre le résumé de son enquête apostolique : Que de mal il faut avoir dans ce pays pour en retirer quelque chose ! Et encore quen retirera-t-on ?

    Il faudrait un Père placé au milieu deux, ne soccupant que deux ; leur faire apprendre doctrine et prières en leur langue ; enfin fonder une chrétienté autonome. Tant quon naura pas fait cela, on obtiendra rien de satisfaisant.

    Ou alors il faut les tirer un à un de la vie ikia (thai-dioy) et en faire des kekia (chinois), sachant bien la langue et ayant les murs chinoises.

    Et après avoir comparé le caractère affable, mais inconstant, du Dioy avec celui du Chinois plus têtu, il ajoute : Nulle part je nai remarqué comme ici le phénomène suivant : on prépare un chrétien, on le pousse, on le chauffe ; il a la foi ; il prend lesprit et lil chrétiens ; le voilà donc en bonne voie. Vous partez et ne revenez après : il a oublié, non pas tout lessentiel, mais bien des choses importantes. Le milieu païen où il vit a repris sur lui en partie et son il, sa tenue, ses paroles, tout lensemble est redevenu un peu sauvage. Jai remarqué le contraire chez le Chinois. Il est plus solide. Il est vrai que lindigène dioy, remis en contact avec le père, est bientôt revenu à son premier état. Il a cependant besoin dêtre tenu de plus près, dêtre sans cesse poussé. La remarque suivante serait-elle vraie ? Lindigène ikia, cest lAnnamite venu en Chine depuis très longtemps, aussi longtemps que lindigène dAnnam est en Annam ; même source, même nature. En Annam, au Tonkin, on a dexcellentes chrétientés, parce que les missionnaires ont moins large espace à parcourir, sont plus près de leurs chrétiens et les soignent par eux-mêmes et par les prêtres indigènes. Cette organisation réussit et doit être le type pour lExtrême-Orient. Ici, à Tsehen, je crois quelle réussirait.

    Le P. Aubry ne vécut que trois ans à Hingi-fou. A sa mort des conversions sétaient déclarées dans plusieurs dizaines de villages ; il avait travaillé, mais ses chrétiens étaient éparpillés en petits groupes. Faute de mieux et ne connaissant pas la langue dioy, il avait dû se résigner à une méthode de pis-aller, la deuxième proposée ci-dessus : Les tirer de la vie ikia (thai) pour en faire de vrais kekia (Chinois) prenant les murs chinoises , etc.

    Ne pouvant accepter le nombre, il modère délibérément le mouvement des conversions ; il sattache provisoirement à la qualité, que, par politique, il doit vouloir chinoisée dabord, pour y greffer ensuite une culture chrétienne. Cette méthode, pratique pour celui qui, nayant pas reçu le don des langues, a dû se contenter du premier acquit de langage chinois réalisé à son arrivée en mission, est encore sympathique aux Dioy plus ou moins lettrés, comme létaient ceux qui composèrent létat-major du P. Aubry ; son personnel était, dailleurs, en partie chinois. Etre chinoisé pose dans le pays. De nos jours encore lindigène dioy qui sassimile le genre kekia devient aussitôt le coq de la basse-cour dioy. Malheureusement reste seul ou à peu près de son espèce, le vulgum pecus, la foule ne le suit pas. Atavisme ? Amour du terroir ? Lindigène dioy naime pas le Chinois. Ses chefs se chinoisent dans la mesure nécessaire à leurs relations avec lautorité ou avec les commerçants. Lui reste dioy. Il se résigne à être conquête chinoise, mais conserve jalousement sa langue, ses murs. Le même état desprit existe, du reste, dans certaines provinces françaises. Allez donc dire aux flamingants du nord ou aux bretonnants de louest de quitter leur patois, leurs bonnes vieilles habitudes ancestrales pour devenir Français dabord, chrétiens ensuite... ! Ils vous riront au nez et ils auront raison.

    Le P. Aubry sera le premier à constater les mauvais côtés de sa méthode provisoire. Il sétait mis à luvre sans attendre le résultat de ses enquêtes. Le temps et lexpérience lui dévoilèrent le défaut le plus grave de toutes ces races et lui indiquèrent la route à suivre. Linconstance du Dioy le frappa, dès quil eut pris contact plus intime avec cette race. Ce ne sont que moutons qui marchent, mais réunis et encadrés. Dès lors il songera à les conduire se serrant les coudes, en masses. Le P. Schotter arrivera, qui mettra cette méthode au point. Le P. Aubry naura pas le temps de sy consacrer ; mais il a pris la résolution détudier la langue, qui conduira dans lintimité de ces natures primitives... Il touchera les âmes, mais par leurs expressions de terroir, dans leur propre dialecte, car on ne comprend bien que le langage de sa mère. Donc doctrine, prières en langue dioy : mouvements densemble pour parer à linconstance de cette race. Telle était la pensée du P. Aubry à la fin de sa journée. Missionnaire se documentant avec méthode, il avait observé individus, familles, races, pour donner à son action apostolique une impulsion vigoureuse. Apôtre, il noublie pas ses études. Ses ouvrages lui ont créé un renom dans les sciences ecclésiastiques. Certaines thèses plus pratiques et de nécessité journalière se pressent sous sa plume : radicalisme du sacrifice, nécessite de la vie intérieure, travail méthodique acharné, etc.

    Je ne résiste pas au plaisir de citer deux passages très brefs qui résument sa pensée sur la vie intérieure et sacerdotale.

    La question de savoir sil est nécessaire au missionnaire dêtre plus pieux que savant ? Je nai jamais entendu sans douleur discuter cette question, qui suppose une fausse idée de la science et de la piété sacerdotales. Létude sacerdotale, cest le plus excellent de tous les actes de piété ; car cest lâme fidèle et consacrée communiquant avec le Verbe par ce quil y a de plus intime en Lui et en elle : en lui sa sagesse, en elle son intelligence. La prière sacerdotale, cest le plus excellent et le plus scientifique des actes de lintelligence ; car cest ladoration intelligente dune âme qui croit, qui se sert de sa croyance pour comprendre et de sa compréhension pour aimer. Pour cela inutile davoir plus desprit que dordinaire : chacun se contente, comme don naturel, de ce que Dieu lui a confié ; mais chacun peut et doit en user pour puiser dans la contemplation du dogme révélé ce que lEglise appelle si bien spiritus pinguedinem.

    Ailleurs il écrit : Si jétais un prêtre bien fidèle, ayant perdu tout ce qui console et soutient humainement, il me resterait encore le principal, ou plutôt il me resterait tout, puisquil me reste Notre-Seigneur et toutes ses grâces. Cest en ceci que je vous prie de maider de vos prières. Lhomme est fragile, son âme est faible ; tant quil est sur la terre, il lui reste la misère humaine et sa persévérance nest jamais assurée ! Nous ne sommes guère entourés de séductions comme en France, mais nous sommes plongés dans un milieu païen et occupé par le démon. Il faudrait au missionnaire une trempe exceptionnelle ; il lui faudrait une piété sans défaillance, une habitude profonde de lunion à Dieu, une vertu dairain, un cur cuirassé, non contre les entraînements du monde, qui nexistent pas ici pour nous, mais contre les défaillances et les découragements intérieurs. La vocation apostolique nest pas seulement belle par les sacrifices quelle exige et par les fruits quelle produit dans les âmes, elle est encore plus féconde en grâces pour celui qui la reçue. Mais il est dexpérience que lextrême agitation et loccupation matérielle où elle nous tient est un danger pour la vie intérieure et nous éloigne de ce quon peut appeler le pôle dattraction de la vie sacerdotale : je veux dire la contemplation. Je le sens souvent, je reprends mes résolutions plus souvent et jy manque plus souvent encore. Obtenez du bon Dieu quil ne men punisse pas plus tard en me laissant tomber de mon poids sur cette terre de lhumanité, doù javais commencé avec vous à menvoler un brin du côté den haut. La vie intérieure est la condition du succès pour luvre sacerdotale. Plus il aura réalisé le spiritus pinguedinem, plus le prêtre pourra donner ce qui déborde de tout son être, de son intelligence, de son cur. Des flots de grâce rejaillissent sur les âmes qui nous sont confiées, âmes chrétiennes, âmes païennes.

    Le P. Aubry se voit le distributeur des grâces, et il prend plaisir à observer jusque dans le détail les dispositions naturelles de lhomme à recevoir la doctrine catholique et la grâce. A ce sujet, une bonne partie de ses lettres seraient à citer. Elles ont été publiées par son frère. Le théologien averti se montre chez lui, quand dun trait de plume il marque les modalités que se plaît à prend la grâce pour attaquer les plaies morales les plus diverses et les plus invétérées.

    Ici nos chrétiens sont tous de la grosse espèce et il ne faut pas chercher chez eux une fine spiritualité, car le Chinois est dune nature inférieure, qui ne comporte pas et ne comporte pas et ne comportera jamais cette élévation didées, cette délicatesse de sentiments, privilège de lhomme dEurope, préparé par Dieu pour être le réservoir de lesprit chrétien et lapôtre du monde entier. Cependant cest mon émotion et ma joie de tous les jours de voir comment, dans certaines natures inférieures, notre foi chrétienne produit toujours son divin effet : purification du cur, redressement de lesprit, rectification de la conscience, honnêteté de la vie, paix et joie des familles, respect réciproque, humilité et simplicité.... Il faut avoir vécu en Chine pour voir ce qui produit tout cela dans le cur humain : ce nest pas la nature, cest la foi en Notre-Seigneur.... Pourquoi ceux qui viennent à moi, une fois chrétiens, sentent-ils le besoin de corriger leurs vices et de devenir vertueux pour de bon ? Il y a, même en Chine, dautres religions qui prêchent certaines vertus et labstention du vice ; pourquoi la mienne est-elle la seule qui convertisse vraiment les curs ? Voilà ce que jappelle le miracle de la grâce de Dieu. Un missionnaire assiste tous les jours à ce miracle et le contraste même des païens quil voit et des chrétiens quil fait est pour lui une révélation quotidienne de la présence réelle et de laction de Notre-Seigneur en lui, en même temps que sa meilleure consolation.

    Les observations du P. Aubry durant les premières années ne portèrent que sur les les individus, sur leur aptitude à recevoir lidée catholique un par un : reste de vieille habitude prise en France dans le ministère de paroisse et derrière le voile du confessionnal. Au moment de sa mort, il avait déjà dirigé ses regards vers la grâce qui aide les groupements. Il avait envisagé le fait social plus directement, car il avait remarqué limportance et la nécessité de prendre les Dioy en masses compactes. Pour lui les émotions, les sentiments, les pensées des foules remédieront à linconstance des individus. Des ethnologues païens diraient quil avait dès lors décidé de capter le mana, force, énergie, potentiel, tous ressorts intrinsèques des actions et mouvements des sociétés et des foules... Certes il aurait essayé de réaliser sa pensée à laide de sa grande vertu, de son expérience, et surtout confiant dans le merveilleux mana chrétien quest la grâce de Dieu. Il en était à ce point de sa pensée et de sa méthode quand la mort le terrassa, exactement comme il lavait prévu.

    Jai, depuis ma première enfance, une vocation que jexprimerais par un mot trop fort, mais seul capable de rendre ma pensée : voué au malheur, à la souffrance, aux tourments, aux inquiétudes, et je mattends à mourir tout seul, dans la misère et la vermine, entouré de pauvres Chinois qui ne savent pas soigner les malades, incapables de compatir à aucune souffrance et de comprendre ce que nous avons quitté pour eux. Je les entendrai derrière la cloison spéculer sur ma défroque ; ils mapporteront le riz ou la tisane, leurs doigts gris plongés dans la tasse ; le confrère voisin arrivera pour me soigner une demi-heure après ma mort.

    Ce fut la réalité. Persécuté à Pougan, où il fut battu et lapidé, il rentrait à Hingi-fou et assistait impuissant au pillage de sa chrétienté de Tsehen. Parti en reconnaissance au Kouangsi, il voulait établir la liaison des districts chrétiens situés de chaque côté du fleuve Hongchoui-kiang ; à Kieoutcheou il prit par mégarde une tasse de thé froid alors quil était en pleine transpiration. Le soir, arrivé à Ouenpang, il se sentit indisposé. Quelques jours après, le Père le premier apôtre des Dioy, mourait à Hingi-fou, sans que la moindre consolation humaine pût lui être donnée ; tristis usque and mortem. Quand ses confrères voisins arrivèrent, il était déjà dans le cercueil.

    Dieu a récompensé tant dabnégation. Treize prêtres se partagent maintenant le vaste pays pour lequel ce grand missionnaire avait offert sa vie.

    D. DOUTRELIGNE,
    Missionnaire de Lanlong.




    1927/94-102
    94-102
    anonyme
    Chine
    1927
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