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La Fête du Bx Théophane Vénard à Saint-Loup-sur-Thouet

La Fête du Bx Théophane Vénard à Saint-Loup-sur-Thouet
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    La Fête du Bx Théophane Vénard
    à Saint-Loup-sur-Thouet


    Le 13 septembre, Mgr de Guébriant arrivait en gare de Thouars où lattendait son cher et vénéré cousin, lévêque de Poitiers, Mgr de Durfort, accompagné de son Vicaire général et de son Secrétaire particulier. Après une courte visite à M. lArchiprêtre de Thouars et à sa magnifique église, départ en automobile pour St-Loup, distant de 30 à 35 kilomètres. Le trajet est coupé par un petit arrêt à laccueillant presbytère et à la charmante église dAirvault. Puis lauto repart en vitesse pour ne ralentir quà 2 kilomètres de St-Loup. Cest là que sorganise le cortège, formé dun peloton de cavaliers et dun escadron de cyclistes, dont montures et machines sont enguirlandées de fleurs et de banderoles. Mais ce bel ordre est bientôt rompu ; la foule devient de plus en plus dense ; lauto ne peut plus avancer ; on met donc pied à terre et NN. SS. les Evêques se prêtent souriants aux pieuses ovations de la foule qui réclame leur bénédiction et leur présente le front des tout-petits.

    A 1 kil. environ de léglise, nouvel arrêt à une croix de mission, décorée pour la circonstance, au pied de laquelle une chorale de jeunes filles entonne un hymne au Bx Théophane, dont le refrain est repris en chur par la foule, ce pendant quen tête de la procession la fanfare de St-Loup exécute les plus beaux morceaux de son répertoire.

    A lentrée du village, le cortège se range dans la cour dhonneur du vieux château XVIIe siècle, que domine une massive tour carrée du Xe ; cavaliers et cyclistes montent la garde devant la porte dentrée. Au milieu de hi cour, un sapin centenaire, entouré de bottes de paille et de fagots de bois, sapprête et se prêtera, la nuit venue, à un immense feu de joie.

    La marquis de Montsabré et le Président du Conseil paroissial remercient tour à tour Mgr de Guébriant et Mgr lEvêque de Poitiers davoir su aimablement répondu à linvitation du village natal du Bx Théophane Vénard ; Mgr le Supérieur répond en félicitant St-Loup davoir au ciel, comme protecteur, un de ses enfants, dont lâme poétique, le cur affectueux et lhéroïsme souriant nous émeuvent encore, comme au jour déjà lointain où lon apprit son glorieux martyre. Un seul de ses compagnons denfance lui survit à St-Loup : cest un vieillard de 96 ans, tout rajeuni par cette évocation du passé. Mgr de Durfort clôture la série des discours par un vibrant salut au vénéré Supérieur de la Société des Missions-Étrangères et par de chaleureux remerciements à toute lassistance.

    Du château le cortège se rendit à léglise : les rues du petit village étaient pavoisées, avec goût, des guirlandes de fleurs et de verdure couraient le long des murs, des drapeaux et des oriflammes flottaient aux fenêtres, deux rangées de sapins bordaient les trottoirs ; çà et là des écussons portaient, comme inscription : Gloire au Martyr ! Gloire à Théophane ! Et une bénédiction solennelle du St-Sacrement termina cette belle soirée.

    Le lendemain, dimanche 14 septembre, fête du Bienheureux, Mgr de Guébriant célébra en plein air, dans le parc du château, une messe solennelle : concours de la fanfare, chants des Kyrie, Gloria, Credo, Agnus Dei, où les soprani de la chorale alternaient avec les barytons du lutrin. A lélévation, les clairons sonnent aux champs. Mgr le Supérieur commenta lévangile du jour : Nemo potest duobus dominis servire, précepte divin que Théophane a si parfaitement mis en lumière et dont ses heureux compatriotes doivent sinspirer dans la pratique dune vie pleinement chrétienne.

    A midi, déjeuner au château, dans la vaste salle de la tour dixième siècle : une cinquantaine de prêtres y assistaient. Au dessert, discours du marquis de Montsabré, puis du baron de Visocq, qui évoqua le glorieux souvenir des maréchaux de Guébriant et de Durfort (1). Le comte Ferrant était présent. Puis remerciements de M. le doyen de St-Loup, qui noublia personne et sut le dire excellemment NN. SS. prirent ensuite la parole pour exprimer à tous leur gratitude. Comme bouquet, lecture dune belle poésie dun séminariste de Poitiers, retraçant en vers bien frappés la vie du Bienheureux et concluant par un vibrant appel aux vocations sacerdotales et apostoliques.


    (1). Jean-Baptiste BUDES, comte de GUÉBRIANT (1602-1643), se distingua pendant la Guerre de Trente Ans ; maréchal de France en 1642 ; mort dune blessure reçue au siège de Rothweil (Souabe).
    Jacques-Henri de DURFORT, duc de DURAS (1625-1704), gouverneur de Franche-Comte, maréchal de France en 1675.
    Jean-Baptiste de DURFORT, duc de DURAS (1684-1770), maréchal de France en 1775.
    Emmanuel-Félicité de DURFORT, duc de DURAS (1715-1789), maréchal de France en 1775.

    A 3 heures, vêpres solennelles, suivies du panégyrique du Bienheureux par un curé-doyen des environs, orateur de talent, qui remua la foule par le charme de sa parole émouvante. Puis procession jusquà la croix et à la chapelle (dont le chur est commencé) dédiées au Bienheureux, dans ce pré où le petit Théophane menait paître sa chèvre et quun jour, avec une naïveté charmante, il demanda à son père de lui céder en toute propriété, pour le vendre et on retirer le prix de sa pension au Petit-Séminaire.

    De 4 à 5.000 personnes prirent part à cette procession. Devant la croix du Bienheureux, dernière allocution de lEvêque de Poitiers et retour à léglise pour la bénédiction du St-Sacrement. Le soir, illumination générale. La demeure familiale de Théophane Vénard (style XIIIe siècle) était décorée, on haut, dun écusson portant la date de son départ pour les Missions (19 sept. 1852) ; en bas, dun cartouche à linscription : Hommage au Bienheureux ; au centre, un grand médaillon représentant le Martyr avec palme, cangue, sabre et chaîne ; de chaque côté, sur des banderoles rouges, les inscriptions suivantes : Un léger coup de sabre séparera ma tête, comme une fleur printanière que le maître du jardin cueille pour son plaisir.

    Théophane,
    Avec ta palme dor, ta pourpre triomphale,
    Deviens le protecteur de ta terre natale,
    Si fière de ton souvenir.

    Saint-Loup-sur-Thouet a dignement honoré le plus illustre de ses enfants, qui est aussi une des plus pures gloires de la Société des Missions-Étrangères.

    1924/721-724
    721-724
    Anonyme
    France
    1924
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