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L'école industrielle de Coïmbatore

L'école industrielle de Coïmbatore A 100 mètres de la Cathédrale St Michel, le long de la \ grande rue des Bazars ", on peut voir un large portail avec cette inscription : Ecole industrielle St joseph. Si on pénètre, on est un peu abasourdi par le ronflement des machines, on peut voir quelques centaines d'ouvriers travaillant activement à leurs établis ; l'impression générale qu'on ressent est celle d'une activité intense, en même temps qu'une impression de discipline et de travail ordonné."
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    L'école industrielle de Coïmbatore

    A 100 mètres de la Cathédrale St Michel, le long de la \ grande rue des Bazars ", on peut voir un large portail avec cette inscription : Ecole industrielle St joseph. Si on pénètre, on est un peu abasourdi par le ronflement des machines, on peut voir quelques centaines d'ouvriers travaillant activement à leurs établis ; l'impression générale qu'on ressent est celle d'une activité intense, en même temps qu'une impression de discipline et de travail ordonné.
    A droite, les bureaux. D'abord celui des secrétaires. Trois indiens sont penchés sur de grands livres, et la caisse est minutieusement tenue par un Frère du Sacré-Coeur. Puis, le bureau du Père Directeur, spacieux, propre. Le Père travaille dur, examine les papiers, discute les commandes, écrit des lettres, reçoit des visites et, au milieu de toutes ses occupations, ne cesse de jeter un oeil vigilant sur les différentes sections d'ouvriers, occupés à la mécanique, la menuiserie, la charpente, le sciage du bois, le vernissage ou la forge et les travaux du fer. Suspendu au mur, le portrait du fondateur de l'Ecole, le R. P. Petite, maintenant un beau vieillard de 75 ans, attire le regard du visiteur.
    C'était en 1900 qu'il débutait ici avec un personnel très restreint, dans des bâtiments étroits. Il s'était rendu compte de la nécessité se de donner aux orphelins, dont il avait alors la charge, des occupations utiles et pratiques, et il leur acheta quelques métiers de tissage, quelques machines à coudre. Ainsi, pensait-il, ils apprendront un métier et, quand ils quitteront l'orphelinat, ils seront en mesure de gagner leur vie. L'école industrielle devenait ainsi partie intégrante de l'éducation des orphelins.
    Une telle oeuvre, de par l'idée même qui l'avait fait surgir, était appelée à prospérer. Elle devint un auxiliaire de plus en plus précieux de la mission. En raison du nombre croissant des chrétiens dans la ville et le diocèse, les Pères furent amenés peu à peu à agrandir cette école et à admettre des ouvriers de l'extérieur, païens et chrétiens. On ne doit pas oublier que la plupart de nos convertis sont en général pauvres, vivant dans des conditions parfois misérables, et qu'ils attendent du catholicisme, en plus du bienfait de la foi et des privilèges spirituels, certains secours temporels qui les aideront à vivre, tant il est vrai, comme le dit St Thomas, qu'un minimum de bien-être est nécessaire à la pratique de la vertu. Il s'agissait donc de procurer du travail à de nombreux chrétiens, ou même à certains catéchumènes, en quête d'emploi. L'Ecole devint ainsi le gagne-pain de beaucoup. Le nombre des ouvriers alla croissant, et atteint maintenant 300.
    Si je parle de l'aide matérielle apportée aux Indiens, mon intention n'est pas de négliger les bienfaits spirituels que rend cette oeuvre de charité. La question ouvrière est à l'ordre du jour, et je crois que pas mal de nos grands industriels pourraient venir ici s'inspirer de notre exemple, dans nos relations avec les ouvriers. Ils verraient qu'on tient à donner à ceux-ci, par la discipline qui les régit, par le dévouement qu'on leur montre, par les prières qu'on leur fait réciter avant le travail, comme par le contrôle qu'on exerce sur eux, une formation qui ne les rive pas au simple profit ni au machinisme qui est à leur disposition.
    De plus, cette Ecole rayonne à l'extérieur par la sympathie qu'elle attire et la confiance qu'elle inspire. Son bon renom est répandu dans les hautes castes païennes et parmi les Européens. Les grandes industries, la Municipalité et toutes sortes d'activités gouvernementales s'adressent à elle. N'est-ce rien, cela, en fait de pénétration de milieux païens ou protestants, pour lesquels il nous faut des moyens d'apostolat adaptés et variés ? Et quand la Fanfare, composée d'une trentaine d'ouvriers, est appelée pour des fêtes officielles, n'est-ce pas un gain de pouvoir se dire : " Ici, on compte avec les catholiques " ?

    Les missionnaires n'auront jamais assez d'oeuvres, qui leur permettent d'avancer vite dans la conquête des âmes, et quand on songe à l'utilité de cette Ecole industrielle, on ne peut que remercier nos ancêtres d'avoir mis à exécution de si nobles idées.

    FR. AUDIAU


    "
    1934/24-26
    24-26
    Audiau
    Inde
    1934
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