Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

L’Evangélisation des païens par la Presse

L’Evangélisation des païens par la Presse. Il s’agit ici d’une question dont l’importance est assurément capitale pour la propagation de la foi, mais il s’agit également d’une question assez délicate à aborder, car elle n’est pas appréciée comme elle devrait l’être par tous les missionnaires. C’est même une chose assez étonnante qu’après les Encycliques de Leurs Saintetés Léon XIII et Pie XI, on ne comprenne pas encore la nécessité de la Presse au XXme siècle.
Add this
    L’Evangélisation des païens par la Presse.
    _____

    Il s’agit ici d’une question dont l’importance est assurément capitale pour la propagation de la foi, mais il s’agit également d’une question assez délicate à aborder, car elle n’est pas appréciée comme elle devrait l’être par tous les missionnaires. C’est même une chose assez étonnante qu’après les Encycliques de Leurs Saintetés Léon XIII et Pie XI, on ne comprenne pas encore la nécessité de la Presse au XXme siècle.

    Parmi les moyens, hélas ! trop peu nombreux, capables d’impressionner d’abord, de convertir ensuite les païens, il en est un qui n’est que transitoire et qui ne peut servir que dans les commencements d’une nouvelle Mission. C’est l’œuvre des conférences publiques données partout, soit dans des salles louées, soit chez des païens de bonne volonté. Il m’est arrivé de parler deux fois même dans un temple bouddhiste, dont le bonze aux idées larges m’avait lui-même invité. C’était toujours salle comble. Travail fatigant, mais intéressant. Et quelles espérances à la vue de cette affluence de païens ! C’était assurément la curiosité qui les amenait. Leur présence n’en faisait pas moins naître l’espoir d’une bonne récolte.

    Mais cette œuvre ne peut se continuer longtemps ; la curiosité des païens se lasse et ils cessent de venir. Je connais une Mission dans laquelle cette vogue a duré de 25 à 30 ans.

    Cette œuvre tombée, que reste-t-il comme moyens d’évangélisation ? On peut en compter quatre.

    1º — Créer des Petits et des Grands Séminaires afin d’y former peu à peu un clergé indigène. Là se trouve l’œuvre principale assurément. Mais elle nécessite de longues années d’un effort incessant. Fonder un sérieux clergé indigène dans le cours d’un siècle serait un succès merveilleux.

    2º — Etablir des écoles de garçons et de filles que dirigeront des Congrégations enseignantes. Ces Congrégations ne manquent pas dans l’Eglise Catholique. C’est un excellent moyen d’évangélisation ; partout il a donné de merveilleux résultats.

    Des hôpitaux avec des Sœurs comme infirmières peuvent exercer une heureuse influence, mais il s’agit là d’un moyen dont l’action forcément limitée ne sera jamais d’une grande envergure.

    3º — Le zèle des chrétiens n’est certes pas à négliger comme moyen d’apostolat. Mais il a l’inconvénient de ne s’adresser qu’à des particuliers. Il ne faut donc pas compter sur ce zèle pour obtenir des conversions en masse.

    4º — La Presse, lancée principalement pour les païens sous forme de journaux, revues, livres et tracts. Je ne parle donc pas des revues écrites pour les chrétiens, tels les Bulletins Paroissiaux.

    En tant que moyen direct, comme aussi pour la rapidité des résultats, c’est la Presse qui domine tous les autres moyens ; à ce point de vue elle leur est supérieure à tous.

    Un livre ou un tract bien fait peut, avec la grâce de Dieu, devenir une lumière qui éclaire les âmes, une source de hautes et salutaires pensées, une force pour les cœurs hésitants.

    D’ailleurs comment atteindre la classe intellectuelle ? Ce sont les idées qui mènent le monde et les idées évidemment viennent de la tête, tombant de haut sur le peuple.

    Comment atteindre ces intellectuels : professeurs, étudiants, fonctionnaires, gros industriels, tous pleins d’eux-mêmes, convaincus de leur importance, matérialistes dans l’âme et d’une insouciance souverainement méprisante pour toute idée religieuse ?

    Par quel moyen les atteindre sinon par la Presse ? N’est-ce pas-elle, hélas ! qui gouverne le monde en ce XXme siècle ? Notre Saint-Père Pie XI n’a-t-il pas dit : “Si St Paul revenait en ce monde, assurément il se ferait journaliste” ?

    Toutes les questions, qu’elles soient religieuses, morales ou sociales, doivent être traitées au point de vue scientifique, car ce point de vue est le seul qui puisse intéresser les intellectuels païens. Ils sont curieux de toute science ; ils le sont surtout des sciences expérimentales. Une question purement religieuse ne pourra se faire lire par eux qu’autant qu’elle sera revêtue d’une forme, d’une tournure scientifique.

    C’est qu’en effet, presque partout la classe intellectuelle est devenue sinon antireligieuse au moins “a-religieuse”. C’est le résultat lamentable obtenu en quelques années par l’éducation donnée dans les Universités, dans les lycées, même dans les écoles primaires, par des professeurs sortis des Ecoles Normales et qui sont tous sans religion.

    Assurément, la presse scientifique religieuse doit s’adapter à la mentalité, à la tournure d’esprit, à l’état social du peuple qu’on évangélise. Ce qu’on pourra faire dans telle Mission, il ne sera pas possible de le faire partout, car la presse exige une certaine culture déjà acquise, culture qui n’existe pas chez les peuples encore dans l’enfance.

    X.
    M. A.

    1929/607-609
    607-609
    Anonyme
    France
    1929
    Aucune image