Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Inauguration du monument de Saint François-Xavier à Yamaguchi (Japon)

Inauguration du monument de Saint François-Xavier à Yamaguchi (Japon) Lérection dun monument à la mémoire de saint François-Xavier à Yamaguchi a une histoire assez compliquée, dont les détails révéleraient lacharnement de lenfer pour lentraver. Les lecteurs du Bulletin en ont eu le résumé dans le numéro du mois de septembre de cette année : je ny reviendrai pas.
Add this
    Inauguration du monument de Saint François-Xavier à Yamaguchi (Japon)
    ____

    Lérection dun monument à la mémoire de saint François-Xavier à Yamaguchi a une histoire assez compliquée, dont les détails révéleraient lacharnement de lenfer pour lentraver. Les lecteurs du Bulletin en ont eu le résumé dans le numéro du mois de septembre de cette année : je ny reviendrai pas.

    Dès le milieu de septembre des invitations officielles étaient envoyées aux souscripteurs et notabilités : linauguration du monument était fixée au samedi 16 octobre à 11 heures du matin.

    Les Ministres du Gouvernement, retenus à Tôkyô par des affaires urgentes, ne purent, à leur grand regret, venir eux-mêmes, mais ils envoyèrent chacun une adresse élogieuse. Les Ambassadeurs européens se virent, au dernier moment, empêchés par une cérémonie officielle de la Cour, le mariage du Prince Kuni, célébré le même jour ; mais chacun deux envoya son conseiller en représentant officiel.

    Son Excellence le Délégué Apostolique Mgr Giardini, Mgr Rey, Mgr Dring, S. J., Vicaire Apostolique de Hiroshima, cest-à-dire lévêque même de Yamaguchi, représentaient lEglise.

    Lenceinte du monument est ornée gracieusement ; cinq ou six vastes tentes pavoisées ont été dressées, dont une, plus élevée, réservée aux orateurs, tout auprès du monument. Les invités arrivent peu à peu, habitants de la ville, chrétiens des postes de la province, fidèles venus dOkayama, de Moji, de Nagasaki même,

    A 11 heures S. E. le Gouverneur, M. Omori, arrive en automobile. On le conduit à la tente dhonneur, au devant. Les Evêques font ensuite leur entrée : Son Excellence le Délégué Apostolique en grand manteau écarlate, plaque et large cordon du Soleil Levant, NN. SS. de Tôkyô et de Hiroshima en grand manteau violet ; puis les conseillers de Préfecture, maires, officiers de la province, remplissent les tentes.

    Une fusée retentissante donne le signal : tout le monde est debout. Le Maire, M. Kawakita, annonce à haute voix :

    Inauguration du Monument de saint François-Xavier. Au même instant le grand voile tombe, sous la légère traction dune charmante enfant de 12 ans, fille du gouverneur, Mlle Omori Yoshiko. La musique militaire, venue de larsenal maritime de Kure, joue lhymne national, le Kimi ga yo : tout le monde sincline. Mes yeux se voilent, se mouillent malgré moi en voyant le grand Apôtre salué, vénéré, par des païens même, dans lenceinte de ce temple Daidôji, où il a vécu ! Mais voici que les discours commencent.

    Le Gouverneur de la province se lève. Un chrétien fervent neût pas mieux parlé. Il exalte la noblesse, la conversion, la sublime résolution de lApôtre ; il dit son amour du Japon, vibrant dans ses lettres, qui sont pour notre pays, le plus beau titre de noblesse ; lisez ces lignes écrites de Goa le 15 avril 1552 : De tous les peuples que jai connus en Orient, nul nest comparable aux Japonais, si intelligents, qui seront sûrement à leur tête un jour. Qui de nous, Japonais, lisant ces mots, qui sont comme une prophétie de notre Restauratiom (Go Isshin) trois cents ans davance, ne sentirait son cur vibrer de reconnaissance envers le grand François Xavier ?. Un tonnerre dapplaudissements couvrit la phrase Ce discours fut vraiment un triomphe.

    Lecture fut donnée ensuite des adresses des personnages officiels : poésie du Président du Conseil ; brefs éloges, en littérature chinoise, des Ministres de lIntérieur, de lInstruction Publique, de la Justice.

    Le Conseiller Arnao, de lAmbassade dEspagne, sécria : A 5.000 lieues de ma patrie, entendre louer ainsi un Espagnol, la gloire de notre nation, mon cur déborde de joie. Au nom de mon Souverain, le Roi Alphonse, au nom de lEspagne entière, à M. le Gouverneur, et à vous, habitants de Yamaguchi, merci, mille fois merci !

    Le Consul Général Portugais : Cest de Lisbonne, sur la flotte du Portugal que nous vous avons envoyé le Saint. Vous lhonorez glorieusement en vous honorant vous-mêmes devant le monde entier, où la fête daujourdhui aura un grand retentissement.

    Le Conseiller dAmbassade de France : .Le premier des Missionnaires, il vous a apporté ces notions de vérité dont vous avez profité avec tant de succès. Glorifions-le donc ensemble.

    S. Exc. le Délégué Apostolique se lève à son tour. Après avoir rappelé lamour de Xavier pour le Japon : Mr le Gouverneur, sécria-t-il avec force, je nai quun mot pour rendre ma pensée : Au nom de lEglise Catholique, du Souverain Pontife, mon Maître, au nom de lEglise répandue dans le monde entier, je vous remercie.... Vous avez procuré en ce jour un vrai triomphe à lEglise !...

    Et voici quaprès toutes ces sommités on voulut mobliger à parler. Je ne trouvai rien de mieux que de lire la lettre si touchante du saint, écrite de Yamaguchi même, dans laquelle il narrait la donation à lui faite du temple Daidôji.... et finissant ainsi : Japon, Japon, dont je ne pourrais cesser décrire et ne pourrais jamais en dire assez ! Japon, les délices de mon âme ! Le Gouverneur fut touché : Père, donnez-moi votre feuille. Et je la lui remis.

    Mgr Dring, comme évêque de Yamaguchi, remercia aussi : Saint François-Xavier protège votre ville de là-haut, soyez en sûrs !

    Dautres, lancien Gouverneur Nakagawa, le Sénateur Inabata, eurent aussi de belles paroles ; après quoi les noms seulement furent lus de nombre de cartes, télégrammes, lettres dexcuses, provenant de notabilités de lextérieur.

    A deux heures et demie, une fanfare retentissante donnait congé à lassistance.

    Des autos conduisirent alors les invités à la Maison commune, où un lunch était préparé.

    Le Gouverneur fit encore un gracieux discours, auquel le Conseiller dEspagne fit une réponse où son cur débordait.

    Le soir, un banquet, qui réunit les principaux invités et les membres du Comité du Monument, termina une journée où le Catholicisme avait été à lhonneur.

    A. VILLION,
    Missionnaire dOsaka.


    1926/745-758
    745-758
    Villion
    Japon
    1926
    Aucune image