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Historique du séminaire de la mission de Siam

Historique du séminaire de la mission de Siam. I. LE SÉMINAIRE GÉNÉRAL DES MISSIONS DEXTRÊME-ORIENT A SIAM (1662-1765)
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    Historique du séminaire de la mission de Siam.

    I. LE SÉMINAIRE GÉNÉRAL DES MISSIONS DEXTRÊME-ORIENT
    A SIAM (1662-1765)

    1662-1673. Le 22 août 1662, la ville dAyuthia, alors capitale du royaume de Siam, voyait arriver dans ses murs les trois premiers missionnaires de la Société des Missions-Étrangères, récemment fondée à Paris. La petite expédition apostolique avait pour chef Mgr Lambert de la Motte, évêque de Bérythe, Vicaire Apostolique de Cochinchine et Administrateur spirituel de plusieurs provinces de Chine. Ayant appris quune violente persécution sévissait en Cochinchine et au Tonkin, et comprenant quil leur était momentanément impossible de pénétrer dans les pays confiés à leur zèle, les ouvriers évangéliques résolurent, suivant la teneur de leurs pouvoirs, dexercer dabord leur ministère à Siam, en attendant des jours meilleurs. Ajuthia, comptait à cette époque environ 2000 catholiques, la plupart occidentaux ou métis. En janvier 1664, ils eurent la joie de voir arriver un premier renfort de trois prêtres de leur Société, sous la conduite de Mgr Pallu, évêque dHéliopolis, Vicaire Apostolique du Tonkin et Administrateur dune partie des Missions de Chine.

    Les deux Vicaires Apostoliques, réunis à Ajuthia, résolurent dès lors de mettre à exécution les instructions quils avaient reçues de la Propagande en 1659 et de réaliser le premier but assigné à la Société naissante des Missions-Étrangères de Paris : la création dun clergé indigène. Phra Narai, roi de Siam, leur ayant donné un terrain à Banplahet, ils y construisirent, en 1666, un Séminaire quils placèrent pour le vocable de saint Joseph. Cette maison, destinée à recevoir des sujets des différentes races établies à Siam ou venant dailleurs (Chinois, Tonkinois, Cochinchinois, Siamois et Pégouans), se présente, à vrai dire, sous laspect dun Séminaire général pour les Missions dExtrême-Orient. Toutefois, fondé sur le territoire de Siam, qui fut érigé en Vicariat Apostolique en 1669, ce Séminaire est dirigé ordinairement par des prêtres de cette Mission et dépend en fait du Vicaire Apostolique de Siam, qui naturellement lui confie ses propres sujets, Cest ainsi que lhistoire du Séminaire de Siam se confond avec celle du Séminaire général jusquen 1765.

    Le Séminaire Saint-Joseph débuta avec M. Laneau comme supérieur et 10 élèves qui avaient déjà commencé leurs études soit à Macao, soit à Goa. On y faisait deux méditations par jour, lexamen particulier, la lecture pendant les repas et une conférence spirituelle le soir. Les séminaristes étaient vêtus, le dimanche, de petites soutanes violettes à la mode portugaise. Le 1er novembre 1666, Mgr Lambert de la Motte donna la tonsure à 3 dentre eux. M. Langlois, collaborateur de M. Laneau depuis deux ans, le remplaça à la tête de la maison en 1672. Homme actif et pratique, M. Langlois composa un dictionnaire latin-annamite et une grammaire, traduisit la Vie des Saints et la Nouvelle Méthode pour apprendre facilement les principes du latin (Claude Thibout, imprimeur à Paris). En moins de 3 ans, il fit admettre 12 de ses élèves en philosophie. La Propagande fit don au Séminaire Saint-Joseph de 1100 écus romains et pendant assez longtemps lui alloua annuellement 1000 écus. Vers 1670 on pensa à établir à Phitsanulok un séminaire spécial pour les Siamois, les Pégouans et les Laotiens ; mais ce projet neut pas de suite.

    1674-1679. Quand M. Laneau fut nommé Vicaire Apostolique de Siam (1674), le Séminaire général comptait 60 élèves. Les Siamois, plus nombreux que les autres, formaient une section spéciale avec un laïque comme maître de langue. Un an plus tard, Mgr Laneau put conférer les saints Ordres à 1 prêtre et 12 minorés ou tonsurés. En décembre 1675, un incendie détruisit le corps de logement réservé aux séminaristes siamois. A la suite de ce sinistre et pour divers autres motifs, Mgr Laneau transféra une partie du Séminaire Saint-Joseph de Banplahet à Mahaphram, à 2 lieues au dessus dAjuthia, sur un terrain offert par le roi (1679).

    1680-1687. Mahaphram ne reçut dabord que le Petit-Séminaire, qui fut installe dans une cabane en bambou et placé sous le vocable des Saints-Anges. M. Pascot en eut la conduite entière, excepté pour le spirituel (il nétait pas encore prêtre), dont M. Féret prit soin. Peu après, les grands séminaristes vinrent rejoindre leurs cadets à Mahaphram. Le règlement imposé à la maison par Mgr Laneau se trouve dans les archives des Missions-Étrangères de Paris (vol. 129, p. 349). Les lettres de lépoque saccordent à louer lardeur à létude et la bonne conduite des séminaristes. Parmi les professeurs de létablissement, on relève les noms de MM. Le Clergues, Le Roux, Duchesne, qui, nommé supérieur en 1682, puis évêque de Bérythe la même année, mourut en 1684, avant davoir été sacré ; Pascot, ordonné prêtre à Siam (1682), qui enseigna la philosophie, établit des soutenances de thèses, composa pour ses élèves un Compendium de philosophie et fut soupçonné de cartésianisme ; Pin, qui devint Vicaire Apostolique du Tchekiang en 1687 ; Le Court de Mondory qui, en 1684, professait les humanités à 35 élèves ; Joret, qui doué dune netteté desprit et dune facilité délocution remarquables, prépara ses élèves à soutenir des thèses devant lambassadeur de France et forma, entre autres, le fameux élève Antoine Pinto, qui accompagna lambassade siamoise en France et soutint avec succès une thèse à la Sorbonne et plus tard, à Rome, devant le Saint-Père. Ayant été envoyé au Pégou, M. Joret est le premier missionnaire des Missions-Étrangères qui mourut de mort violente (1693). En 1686, le collège de Mahaphram comptait 58 élèves répartis en 6 classes. Constance Phaulcon, aventurier dorigine grecque devenu favori du roi Phra Narai, étant venu visiter la maison en 1686, résolut de transporter le séminaire dans la capitale. Pour cela, il fit exhausser par 4 ou 5000 ouvriers un terrain que lui avait donné le roi, y construisit des bâtiments en planches et en bambous, promettant den faire élever plus tard en brique. Cette maison sappela Collège Constantinien du nom de son fondateur. Mgr Laneau sappliqua avec un soin extraordinaire à le bien établir, mais il garda auprès de lui dans le Séminaire Saint-Joseph les séminaristes qui avaient achevé leur théologie. Un rapport de cette époque à la Propagande accuse un total de 80 élèves.

    1688-1691. Ici se place la révolution politique causée par la conspiration de Phra Phet Raxa contre le roi Phra Narai et son favori Constance Phaulcon, révolution qui amena la mort de ces derniers, une lutte entre les Français et les Siamois, et finalement lemprisonnement de Mgr Laneau, des missionnaires et des séminaristes (10 novembre 1688), après le pillage des Collèges Saint-Joseph et de Mahaphram. Les séminaristes se montrèrent dune constance admirable, sauf deux, lun Pégouan et lautre Siamois, qui prévariquèrent dès les premier jours de la persécution. Après les rudes travaux auxquels ils étaient soumis, ils singéniaient, au prix de mille difficultés, pour aborder chaque jour leur professeur M. Pocquet et lui demander des leçons. Dans une lettre adressée aux Cardinaux de la Propagande, ils racontent leur captivité et la poursuite de leurs études dans un Bréviaire et dans une édition de Térence que Mgr Laneau avait expurgée pour eux. Enfin, le 15 août 1690, après 11 mois de captivité, ils furent tirés de la prison publique et parqués dans une espèce dîle, où ils bâtirent une chapelle et reprirent leurs exercices de dévotion et leurs études. On ne les autorisa à rentrer définitivement au Séminaire quen avril 1691.

    1692-1700. Cette persécution donna lidée, qui ne fut pas réalisée, de transporter le Séminaire à Pondichéry. On abandonna le Collège Constantinien, pour faire reprendre aux élèves le chemin de Mahaphram. M. Pocquet continua de diriger létablissement. Voici le jugement quil portait sur la mentalité des séminaristes orientaux : Généralement les élèves ne peuvent entrer dans les choses abstraites, dans les formules et les précisions. Tous les êtres de raison sont pour eux pires que lalgèbre. Il ne faut guère faire dexception que pour Antoine Pinto et un ou deux autres. On leur apprenait dabord à parler le latin et ensuite on leur enseignait la grammaire. Au bout dun mois, un enfant parlait un peu en jouant ; au bout dun an, il se trouvait savoir assez de latin pour se faire entendre sur toutes choses, et il parlait aussi couramment en latin que dans sa langue maternelle, mais non pas aussi correctement que Cicéron. Alors on leur apprenait les déclinaisons, les conjugaisons avec les principales règles, quils retenaient en 15 jours et quils comprenaient peu à peu. Les principaux auteurs profanes étaient César, Quinte-Curce, Horace, Virgile, Térence, qui a toutes les préférences de M. Pocquet et quil a tâché de purifier. On ajoutait à cet enseignement un peu dhistoire et de géographie. Pour la formation ecclésiastique, on étudiait le Nouveau Testament, lImitation de Jésus-Christ, les Lettres choisies de saint Jérôme, les Méditations de saint Augustin, de saint Anselme, de saint Bernard. La liturgie et le chant avaient place dans lenseignement ; on exerçait les séminaristes à bien faire les cérémonies ; mais on reconnaît quen général ils navaient pas de belles voix. il est regrettable que les documents de lépoque ne permettent pas détablir la statistique du nombre de prêtres sortis du Séminaire de Siam. Mgr Laneau mourut à Ajuthia le 16 mars 1696, laissant ladministration de la Mission à M. Ferreux, provicaire. M. Pocquet, aidé par ses élèves plus ou moins avancés dans leurs études, continua de diriger le Séminaire jusquà son retour en France (1698). Le Petit-Séminaire végétait, surtout faute de recrues et de personnel enseignant.

    1701-1727. M. de Cicé, nommé évêque de Sabule et Vicaire Apostolique de Siam en 1700, fut sacré en France et narriva à Ajuthia quen 1702. Il trouva au Séminaire une quarantaine délève, tous orientaux. Malgré ce petit nombre de sujets, on renonça à cette époque à y recevoir des métis. M. Jarossier et M. Godefroy, aidés par des séminaristes âgés, dirigèrent successivement la maison. Un rapport de Mgr de Cicé, daté de 1706, accuse 11 théologiens, 19 humanistes et 18 latinistes. Mais, en 1707, la pauvreté de la maison était si grande quon dut renvoyer à leurs missions les élèves de Cochinchine et du Tonkin. Cinq ans plus tard, il ny avait plus au Séminaire quun seul professeur, le P. Vincent Len, et Mgr de Cicé dut se charger du cours de philosophie. Le Collège général allait ainsi sétiolant petit à petit, lorsque, en 1713, Mgr de Bourges, chassé du Tonkin, y arriva avec 22 séminaristes et des secours en argent. Il poussa aussitôt Mgr de Cicé à réinstaller les élèves à Mahaphram. Lannée suivante, le Séminaire de Paris envoya à Mgr de Cicé un précieux secours en la personne de M. Roost, ancien régent du Collège des Trésoriers à Paris et admirablement doué pour diriger une maison déducation. Il commença par étudier la langue siamoise à fond, puis réorganisa si bien le Séminaire que Mgr de Cicé écrivait : Notre Collège est sur le pied des collèges de lUniversité de Paris les plus exacts et les mieux réglés, soit pour la piété, soit pour la science... Je regarde le rétablissement du Collège dans létat où il est présentement comme quelque chose de plus précieux que lor et la topaze. M. Roost eut pour collaborateurs pendant une année à peine M. de Lolière-Puycontat et M. Lemaire ; en 1720, il se trouva seul, ce qui inspira à Mgr de Cicé, alors âgé de 72 ans, lidée de lui offrir ses services pour une classe de latin. Lintention était bonne, mais le supérieur jugea avec raison que la place du Vicaire Apostolique était à lévêché, et non au séminaire. Lun des élèves de M. Roost, André Ly, a laissé, dans les Mission du Setchoan, le souvenir dun prêtre zélé et vertueux. On a de lui un ouvrage latin : Journal dAndré Ly, prêtre chinois, missionnaire et notaire apostolique (Paris, Téqui, et Hongkong, Nazareth). Dans une lettre du 5 novembre 1718, M. Roost exposa aux directeurs du Séminaire des Missions-Étrangères de Paris, qui lapprouvèrent, son plan détudes, de discipline, de conduite spirituelle pour le Collège quil dirigeait. Les élèves, au nombre de 50, soit 14 Siamois, 24 Tonkinois, 5 Cochinchinois et 7 Chinois, étaient répartis en 6 classes. Comme règlement : lever à 5 h. et prière ; récitation de Prime à 5 h. 30 ; étude à 6 h. ; messe à 7 h. ; déjeuner à 8 h., suivi dune demi-heure de récréation ; étude à 9 h. ; classe à 10 h. jusquà 11 h. 30 ; plain-chant à 11 h. 30 ; à midi, dîner suivi dune récréation jusquà 2 h. ; étude ; classe à 3 h. 30 jusquà 5 h. ; travail manuel dans le jardin jusquà 6 h. 30 ; récitation du chapelet, souper, récréation ; à 8 h. récitation des Complies ; lecture spirituelle, prière, étude, coucher à 9 h. 30. Le dimanche était réservé exclusivement à la piété : messe chantée, homélie, étude de lEcriture Sainte, lecture spirituelle. Les vacances duraient 3 mois, du 1er septembre au 30 novembre. M. Roost avait pour principe de ne pas confesser les élèves ; il laissait ce soin au missionnaire dAjuthia, mais il acceptait de les diriger. Ce sont, a-t-il écrit, de bons enfants, ayant véritablement la crainte de Dieu, mais plusieurs sont bien faibles sur la matière de la pureté ; daucuns, bien tentés, résistent avec courage. En 1719, les bâtiments du séminaire, élevés provisoirement en bambou et en feuilles, étaient complètement délabrés et inhabitables. Il fallait nécessairement construire. Bien que Mgr de Cicé ne pût mettre à la disposition du supérieur que la modique somme de 1500 francs, M. Roost se mit à luvre, fit travailler les élèves et, ayant reçu des subsides de Paris, eut la joie de voir la maison achevée en 1723. Il avait cette fois un séminaire en bonne forme, qui faisait ladmiration de tout le monde. Mais, hélas ! la santé du dévoué missionnaire était ruinée ; tout travail lui était devenu impossible. Il demeura néanmoins au milieu de ses élèves ; sa seule présence contribua à maintenir la maison sur un bon pied. M. Lemaire lassistait.

    1727-1736. Mgr de Cicé, mort le 1er avril 1727, fut remplacé par son Coadjuteur, Mgr Tessier de Quéralay, évêque de Rosalie. Le premier acte administratif du nouveau Vicaire Apostolique fut le transfert du séminaire de Mahaphram à Ajuthia. Cette mesure, motivée par le désir quavait lévêque de soccuper directement et par lui-même de la formation des séminaristes, allait contre le jugement de M. Lemaire, et surtout de M. Roost, qui en pleura jusquà sa mort arrivée en juillet 1729. Lannée suivante, la mission catholique eut à subir les tracasseries du grand ministre et de lun des frères du roi. La première victime fut un séminariste chinois nommé Teng. Sur les réclamations de sa famille, appuyée par le frère du roi, Teng quitta le séminaire et se présenta devant le prince, qui le fit apostasier. Mgr de Quéralay, M. Lemaire, deux diacres et un sous-diacre furent cités devant un tribunal présidé par le grand ministre. On prescrivit au Vicaire Apostolique de la part du roi : 1º de ne plus écrire douvrages catholiques en siamois et en bali ; 2º de ne point prêcher le catholicisme aux Siamois, Pégouans et Laotiens ; 3º de ne jamais les engager à se faire catholiques ; 4º de ne pas désapprouver la religion siamoise. Ayant reçu de lévêque et de ses missionnaires la réponse que comportait pareille sommation, les ennemis de la religion firent des perquisitions au séminaire, saisirent des livres, emprisonnèrent plusieurs chrétiens, menacèrent de confisquer le Collège Saint-Joseph, et finalement firent graver les 4 prescriptions royales sur une pierre quils placèrent dans le vestibule de lévêché. Cette pierre fut nommée plus tard pierre de scandale. Les affaires commençaient à sapaiser lorsque Mgr de Quéralay mourut à Ajuthia (1736).

    1736-1740. Ladministration de la Mission passa à M. Lemaire, dont toute la carrière sétait écoulée au séminaire. Ayant reçu 3 missionnaires de France, il nomma M. Lacere supérieur, avec ordre de ramener les séminaristes à Mahaphram. On nettoya les bâtiments construits par M. Roost, et les classes souvrirent avec 19 élèves. On y remit en honneur le règlement élaboré par ce dernier. Comme auteurs, on avait Erasme corrigé par M. Pocquet, le Grand Catéchisme de Fleury, traduit en latin par M. Lemaire, un abrégé de Baronius, etc.

    1740-1755. Sur ces entrefaites, Rome nomma M. de Lolière évêque de Juliopolis et Vicaire Apostolique de Siam. Nayant personne pour laider à Ajuthia, le nouvel élu appela auprès de lui M. Lacere, lequel, nétant pas remplacé à Mahaphram, amena ses élèves avec lui et les installa au Séminaire Saint-Joseph. Mgr de Lolière reconnut bien vite que le séjour de la capitale était préjudiciable aux séminaristes et les renvoya à Mahaphram. En 1749 cependant il les rappela encore à Ajuthia ; mais, sur la volonté nettement exprimée de M. Le Bon, alors supérieur, il les réinstalla à Mahaphram. Il va sans dire que la bonne marche de la maison souffrait de ces fréquents changements, soit de domicile, soit surtout de supérieur. Parmi ces derniers nous voyons passer tour à tour Le Bon, qui succéda à Lacere, puis de Cauna pendant quelques mois, puis de nouveau Le Bon, ensuite Andrieux, Brigot et Kerhervé. Le nombre des élèves variait de 20 à 35. En France le Séminaire de Paris sefforçait de trouver des bienfaiteurs et de fonder des bourses en faveur du Séminaire de Siam. En 1750, le duc dOrléans constitua une rente de 2000 livres et Mme Dupleix donna 1200 piastres en 1751. Mgr de Lolière mourut le 8 décembre 1755.

    1756-1768. M. Brigot, qui avait été demandé comme Coadjuteur de Mgr de Lolière, ne reçut ses bulles dévêque de Tabraca quaprès la mort du Vicaire Apostolique. Il dut aller se faire sacrer à Manille et ne rentra à Ajuthia quen 1758. Sous son épiscopat, les Birmans assiégèrent Ajuthia et incendièrent le séminaire (1760). MM. Kerhervé et Martin, qui en étaient chargés, avaient heureusement fait fuir les élèves ; puis, ayant appris la retraite des Birmans, ils revinrent à la capitale. On répara vaille que vaille létablissement aux trois quarts détruit et les séminaristes reprirent domicile à Mahaphram. Mais on saperçut bientôt quune digue, construite pour les travaux de défense, avait desséché le canal qui faisait communiquer la propriété avec le fleuve ; le ravitaillement de la communauté devenait de ce fait sinon impossible, du moins très difficile. MM. Kerhervé et Martin se virent obligés de ramener leurs 25 élèves à Ajuthia. Mgr Brigot obtint alors du roi un terrain situé près du fleuve ; on y éleva quelques constructions de fortune, et la Mission eut un nouveau séminaire, dont M. Artaud devint supérieur. Le P. Kerhervé recomposa le règlement, dont tous les exemplaires avaient été brûlés. Cependant les Birmans, qui sétaient retirés en 1760, envahissaient de nouveau le royaume de Siam en 1765. Témoin de lincurie des Siamois et prévoyant de graves événements, Mgr Brigot fit partir de nouveau les séminaristes, que MM. Artaud et Kerhervé conduisirent à Chantabun, dans lest de la Mission. La mesure était prudente, car, le 6 mai 1765, lennemi était devant Ajuthia ; un mois après, le séminaire récemment construit, avec tous les matériaux recueillis pour en construire un plus grand, était la proie des flammes. Le siège dAjuthia dura 2 ans. Le 23 mars 1767, léglise épiscopale était incendiée, le séminaire Saint-Joseph pillé : Ajuthia nétait plus quun monceau de ruines et de cendres. Lantique capitale du Siam ne sest jamais relevée de ce désastre. Quant au séminaire réfugié à Chantabun, il reçut lhospitalité du prêtre indigène Jacques Tchang. Au bout de quelques mois, MM. Artaud et Kerhervé, ne jugeant pas le pays assez sûr, se transportèrent à Hondat, près de Hatien, en Cochinchine (décembre 1765). M. Kerhervé revint mourir à Chantabun en 1766. En 1767 M. Artaud céda sa place de supérieur à M. Pigneau de Béhaine et mourut en 1769. Avec lui séteignait le dernier missionnaire de Siam employé au Séminaire général. M. Pigneau transporta ses élèves à Pondichéry et sinstalla avec eux à Virampatnam. Le climat était malsain ; le nombre des élèves diminuait de jour en jour ; aussi ordre vint du Séminaire de Paris de fermer la maison (1782) en attendant quon puisse la rouvrir ailleurs. Le premier Séminaire général avait duré 115 ans. M. Letondal, procureur des Missions-Etrangères à Macao, rétablit le nouveau Collège général à Pinang en 1807. Depuis cette époque le Séminaire de Pinang relève du Séminaire de Paris, qui nomme les directeurs.

    II. LE SÉMINAIRE DE LA MISSION DE SIAM A BANGKOK
    (1786-1872).

    1786-1811. Pendant que le Séminaire général subissait les vicissitudes rapportées plus haut, la Mission de Siam vit passer plusieurs Vicaires Apostoliques : Mgr Le Bon, dabord Coadjuteur de Mgr Brigot en 1762, puis Vicaire Apostolique de Siam en 1776 ; Mgr Coudé (1782-1785) et Mgr Garnault (1786-1811). Dès le début de son administration, Mgr Garnault déploya son zèle pour le recrutement dun clergé indigène. Installé à Pinang, qui à cette époque faisait partie de la Mission de Siam, il instruisit plusieurs enfants en vue du sacerdoce ; en 1788 il ordonna prêtre Pascal Khang et, en 1791, Raphael, qui furent, écura-t-il plus tard, sa consolation. En 1796, il est à Bangkok avec un prêtre indigène, deux clercs et quelques écoliers. Le Séminaire de Cochinchine sétant réfugié à Chantabun, Mgr Garnault y envoya quelques élèves et, lorsque les Cochinchinois rentrèrent dans leur Mission, il chargea M. Florens de continuer lentreprise. Il ouvrit une autre école cléricale à Takuathung sous la direction du P. Pascal Khang, et une autre à Bangkok. Les débuts furent bien modestes : Chantabun a 6 élèves en 1788 ; Takuathung en a 9 en 1792, et Bangkok 11 la même année. Les professeurs, ordinairement des séminaristes plus âgés, faisaient la classe où exerçaient la surveillance sous la direction du missionnaire qui administrait la chrétienté. Cependant à Takuathung les classes étaient faites tantôt par Mgr Garnault, tantôt par M. Cavé ou par un prêtre indigène. Mgr Garnault, sétant fixé définitivement à Bangkok en 1802, groupa autour de lui tous les séminaristes au nombre de 23. En 1803, il ordonnait deux prêtres et le nombre des élèves atteignait 30 ; en 1806, il y avait quatre diacres et un sous-diacre. De 1805 à 1808 Mgr Garnault ordonna prêtres les PP. Pascal, Gatien de Saint-Xavier, Marcel Correa, ces deux derniers métis portugais, et André Tu de race annamite. M Garnault mourut à Chantabun le 4 mars 1811.

    1811-1834. M. Florens succéda à Mgr Garnault. Il fit construire léglise de lAssomption, un peu en avant du Séminaire. Sous son épiscopat, les effets de la Révolution française se firent sentir par le manque de personnel européen. Mgr Florens resta longtemps seul avec 7 prêtres indigènes, qui devaient prendre soin du séminaire. Il faut aller jusquen 1825 pour trouver dans la maison un prêtre européen, M. Bruguière. Il y a tout lieu de croire que les élèves ne faisaient québaucher leurs études à Bangkok et quils étaient par la suite dirigés sur le Séminaire général de Pinang, qui à cette époque se trouvait encore sur le territoire de la Mission de Siam.

    1834-1841. En 1832 M. Crouzy avait été nommé évêque de Bide et Coadjuteur de Mgr Florens, auquel il succéda le 30 mars 1834. Le Séminaire fut licencié en 1837, pour une raison qui ne peut être que le manque de personnel enseignant ou la pénurie délèves. En 1838, Mgr Courvezy chargea M. Clémenceau de le réorganiser. Il y réussit assez bien, grâce à sa profonde connaissance de la langue siamoise ; on continuait denvoyer les séminaristes siamois au Séminaire général ; mais en 1841, Mgr Pallegoix, Coadjuteur Mgr Courvezy, fut obligé de fonder un vrai séminaire à Bangkok par suite de la défense portée par le roi denvoyer des élèves à Pinang.

    1841-1862. Cette même année 1841, la mission de Siam fut divisée en 2 vicariats : le Siam oriental (vicariat actuel de Siam) et le Siam occidental (évêché de Malacca ou mission de Singapore). Mgr Courvezy fut chargé du Siam occidental et Mgr Pallegoix du Siam oriental, qui comptait alors 5 prêtres indigènes. Le Séminaire continua, sous Mgr Pallegoix, à fonctionner comme précédemment sous la surveillance de M. Clémenceau, aidé quelque temps par M. Lequeux et par les élèves qui avaient fini leurs études à Bangkok ou à Pinang. En 1849 nous voyons Mgr Pallegoix occupé à la reconstruction du séminaire. Il y plaça alors M. Gibarta, qui professa la théologie jusquen 1853 et eut la joie de voir 5 de ses élèves parvenir au sacerdoce. M. Clémenceau quitta le séminaire en 1860 et ne fut remplacé que provisoirement.

    1862-1872. Mgr Pallegoix étant mort en 1862. M. Clémenceau administra la Mission jusquà la nomination de M. Dupond, évêque dAzoth et Vicaire Apostolique de Siam (septembre 1864). En 1865, Mgr Dupond confia le séminaire à M. Vey. Les élèves y étaient peu nombreux, les uns étant à Pinang (9 en 1871), les autres en probation dans les chrétientés sous la direction des missionnaires pour une durée de 4 ans. Dailleurs, Bangkok ne paraissait pas être un lieu favorable au recueillement des élèves : ils néchappaient pas aux bruits de la capitale, ni aux visites trop fréquentes de leurs parents. Pour éviter ces inconvénients, M. Vey forma le projet de transporter le séminaire dans un autre endroit plus calme. M. Rabardelle, alors chargé de la chrétienté de Bang-Nok-Khuek (Bang-Xang) offrit son concours à M. Vey et, en février 1872, le Séminaire de Bangkok vint sinstaller dans les bâtisses en bois que M. Rabardelle avait fait construire sur la rive droite du Mekhong, juste en face de léglise de la Nativité de Bang-Nok-Khuek.

    III. LE SÉMINAIRE DU SACRÉ-CUR A BANG-NOK-KHUEK
    (BANG-XANG) (1872-1925)

    Le nouveau Séminaire de Siam, destiné à recevoir grands et petits séminaristes, fut placé sous le vocable du Sacré-Cur. M. Vey, dont la santé épuisée réclamait un retour en France, laissa bientôt la direction de la maison à son collaborateur M. Fauque, en lui faisant adjoindre M. Saladin comme professeur et M. Colombet comme économe. Celui-ci dota le séminaire dune fanfare dont les échos joyeux se firent entendre jusquen 1910. En 1874, il y avait au Séminaire du Sacré-Cur : 7 grands séminaristes, 31 petits séminaristes ; il élèves à Pinang. M. Fauque consacra toutes ses forces à léducation de cette jeunesse cléricale. En 1875. M. Vey, nommé évêque de Géraza et successeur de Mgr Dupond (mort en 1872), le trouva tellement fatigué quil le déchargea du séminaire et plus tard lenvoya refaire sa santé en Chine. M. Rousseau lui succéda avec M. Lombard pour collaborateur. En 1878, les deux missionnaires profitèrent des vacances pour aller avec leurs élèves explorer le haut Menam ; M. Lombard poussa même jusquà Phitsanulod et dessina avec beaucoup de détails le cours du fleuve sur une longueur de 360 kilomètres. Ce travail, publié par les Missions catholiques, valut à son auteur une récompense posthume de la Société de Géographie de Paris. En route il sétait employé à découvrir les chrétiens éparpillés dans ces parages et à exposer la doctrine aux païens. Il fit quelques adeptes au village de Ban-Peng et, à son retour à Bangkok, Mgr Vey le retira du séminaire pour lenvoyer exercer son zèle dans la région du nord. M. Rousseau fut aidé au séminaire par M. Rondel. Ici se place un fait jusqualors inouï dans les annales du Séminaire ; Mgr Vey le signale en ces termes (1880) : Je vais avoir le bonheur de conférer lonction sacerdotale à un de nos lévites de race siamoise. Malgré tout le zèle et la persévérance de nos devanciers, aucun Siamois sans mélange de race étrangère navait gravi les degrés du saint autel. Joseph Phring (Père Clément, mort en 1901), le premier de ses compatriotes qui ait cet honneur et ce bonheur, était autrefois, sous lhabit jaune, disciple dun vieux talapoin, chef de pagode, converti il y a 17 ans. Je ne doute pas que les prières de cet homme au cur généreux, qui ne recula pas devant les plus grands sacrifices, ne soient pour beaucoup dans la persévérance de notre cher lévite siamois. Cependant M. Lombard tombait malade à Ban-Peng. Son évêque le rappela au séminaire, où sa santé reprit et se soutint encore quelque temps ; mais les accès fréquents dun asthme opiniâtre laffaiblissaient beaucoup. Il mourut à Bangkok le 20 avril 1883. Travailleur infatigable, affectionné des élèves, M. Lombard fut très regretté ; il a laissé la traduction en siamois de la méthode latine de labbé Mabire, qui, lithographiée, servit longtemps au Séminaire du Sacré-Cur. En 1883, M. Fauque revenait de nouveau comme supérieur au Séminaire de Bang-Nok-Khuek. Il y déploya pendant 10 ans son zèle et ses talents, aidé successivement par M. Piau, M. Peyrical et le Père indigène Mathias, ancien élève de Penang. Mgr Vey écrivait en 1884 : Notre Séminaire, dont la direction demeure entre les mains de M. Fauque, est une grande charge pour les finances de la Mission. Nous sommes néanmoins satisfaits des résultats qui sannoncent. Les élèves sont animés dun bon esprit ; déjà plusieurs dentre eux ont subi leur épreuve (probation de 4 ans) comme catéchistes et aides des missionnaires dans les différents postes. Au commencement de cette année, jai conféré la tonsure à 3 dentre eux ; ils sont les premiers du Séminaire de Bang-Xang et travaillent actuellement à létude de la théologie afin de se préparer à la réception des saints Ordres. Et, en 1886 : Trois séminaristes, anciens élèves de notre Petit-Séminaire du Sacré-Cur, ont reçu les Ordres mineurs ; un autre a été tonsuré. Les trois premiers seraient déjà sous-diacres, si la maladie ne mavait temporairement éloigné de Siam. Vers 1885 la Mission de Siam cessa denvoyer des élèves au Séminaire général de Penang. Dans le compte-rendu de 1888 Mgr Vey écrit : Notre Séminaire du Sacré-Cur fait la consolation de son supérieur, M. Fauque. Ce confrère a eu le bonheur de voir luvre qui a tout son cur porter ses premiers fruits. Trois de ses séminaristes viennent de recevoir lonction sacerdotale ; bientôt un quatrième les suivra. 42 élèves poursuivent leurs cours de Petit-Séminaire ; 15 autres sont en probation dans les chrétientés jusquà ce quils soient rappelés au séminaire pour faire leurs cours de théologie. Lannée suivante, on ordonna encore 4 prêtres, doù la joie de M. Fauque, qui écrit à Mgr Vey : Je suis au comble de la joie, Monseigneur ; nos jeunes prêtres, que vous avez bien voulu nous laisser posséder quelques jours après leur ordination, me font éprouver une consolation indicible. En 1893, M. Fauque fut déchargé du Séminaire et remplacé par M. Bernat, assisté successivement par MM. Guignard, Buhl, Perros et Matrat. En arrivant au Séminaire, M. Bernat trouvait les bâtiments en planches construits par M. Rabardelle en 1871 fort délabrés ; il fallait les remplacer. La tâche était lourde, mais nécessaire. Mgr Vey étant venu conférer les Ordres mineurs à 5 séminaristes le 8 septembre 1895, lentreprise fut décidée et M. Bernat sy donna de tout cur. Désireux de faire uvre durable, il résolut de construire en briques et de couvrir en tuiles. Entre temps les missionnaires qui avaient commencé lévangélisation du Laos (1881) trouvaient que lheure avait sonné de songer à la création dun clergé indigène de race laotienne et réclamaient un séminaire, prévoyant à juste titre que la partie confiée à leurs soins serait tôt ou tard détachée du Vicariat apostolique de Siam pour former une mission à part (prévision réalisée en 1899). Pour gagner du temps, on transforma en séminaire lécole de petits catéchistes fondée à Don-Dône, dans une île du Mekhong, par M. Delalex. M. Pierre Excoffon fut nommé supérieur. Malheureusement les choses ne marchèrent pas suivant les prévisions. La maison végéta et Mgr Cuaz, premier Vicaire Apostolique du Laos, la retransforma en école de catéchistes après en avoir référé à Rome (1907). Un seul des séminaristes laotiens, Antoine Mun, a pu jusquici arriver au sacerdoce et encore a-t-il passé par le Séminaire du Sacré-Cur après la fermeture de létablissement de Don-Dône. A Bang-Nok-Khuek M. Bernat et ses collaborateurs poussaient activement la construction du nouveau séminaire. En 1901, la première aile, contenant au rez-de-chaussée une salle de classe, le réfectoire, loffice et des chambres de directeurs, avec une infirmerie à létage, était achevée. M. Bernat ne devait pas en jouir ; il était, cette même année, rappelé en France comme directeur du Séminaire des Missions-Étrangères. M. Matrat lui succéda à la tête de la maison, assisté de MM. Perros et Thockler, puis de MM. Eugène Loetscher et Besret. Après bien des peines et des fatigues, que seuls peuvent comprendre ceux qui ont eu à bâtir dans ces pays, laile transversale devant abriter les élèves était achevée (1906). Elle comprend salles de classe au rez-de-chaussée et dortoirs à létage ; la chapelle forme un bâtiment à part. La bénédiction de létablissement eut lieu en la fête du Sacré-Cur, au milieu dun grand concours de fidèles venus de tous les coins de la Mission. Mgr Vey, retenu par la maladie, avait délégué M. dHondt pour le représenter à cette cérémonie. Le Séminaire comptait alors 10 théologiens et 50 latinistes divisés en 2 cours. En février, 9 théologiens avaient reçu la tonsure. Le Vicariat Apostolique de Siam navait jamais vu encore 9 de ses enfants prononcer ensemble leurs premières promesses cléricales. Mais la santé de M. Matrat était ébranlée ; il dut rentrer en France en 1909 et il y mourut en décembre 1913. Mgr Vey était mort le 21 février 1909. M. Colombet, provicaire et supérieur de la Mission, chargea M. Perros de remplacer M. Matrat à la tête du Séminaire, supériorat qui devait être de courte durée : en octobre de la même année M. Perros était nommé évêque de Zoara et Vicaire Apostolique de Siam. Il désigna pour supérieur du Séminaire M. Ferlay, qui fut assisté de MM. Eugène Loetscher et Perroudon, et des PP. indigènes Jacques et Pascal. Peu de semaines après son sacre, Mgr Perros avait la joie de conférer le sous-diaconat à 9 séminaristes et, aux Quatre-Temps de la Trinité, il donnait au Vicariat 9 prêtres de plus : jamais il ny eut une ordination aussi considérable à Siam. Un des premiers actes administratifs du nouvel évêque fut de stimuler ses missionnaires et de leur donner des instructions précises sur le recrutement des séminaristes. Jusque là la rentrée au séminaire navait lieu que tous les 4 ans. Mgr Perros renoua des relations avec le Séminaire général de Penang dans le but dy faire accepter les grands séminaristes de Siam. Le Séminaire du Sacré-Cur devenait Petit-Séminaire, mais cette combinaison permettait de recevoir de nouveaux élèves tous les 2 ans, sans augmenter le personnel enseignant.

    A la fin de 1913, M. Ferlay fut déchargé du séminaire et remplacé par M. Eugène Loetscher, assisté de M. Barbier, vétéran de lapostolat, qui nexerça que les fonctions de directeur spirituel, et des PP. indigènes Jacques et Simon. En août 1914, plusieurs missionnaires ayant été rappelés en France par la mobilisation, M. Eugène Loetscher dut assumer la direction du séminaire aidé seulement pour les classes dun seul prêtre indigène. En 1915 le nombre des élèves diminuait. Mgr Perros, désireux de venir en aide à la jeune mission du Laos, soffrit pour recevoir les sujets laotiens au Séminare du Sacré-Cur. Il y avait eu déjà quelques sujets envoyés par les missionnaires dOubone. Lannée 1916 en vit arriver 10 des chrétientés du nord : 2 seulement ont persévéré et font actuellement leur probation, lun à Nong-Seng (Laos), lautre comme professeur-adjoint au Séminaire du Sacré-Cur. Le 11 avril 1917, M. Eugène Loetscher fut remplacé par M. Carton, assisté par M. Barbier pour le spirituel et par le P. Jacques pour lenseignement du latin et du siamois. Le Séminaire comptait 41 élèves répartis en 3 cours. Le mois de janvier suivant amenait 27 nouveaux, qui formèrent un 4e cours. En cette année 1918, les séminaristes eurent la joie de célébrer les noces dor sacerdotales de M. Barbier et de voir construire la grotte de Notre-Dame de Lourdes, devant laquelle ils se réunissent chaque samedi pour faire oratoire. En septembre 1919, M. David fut envoyé au Séminaire comme professeur de 6e et économe. En mars 1920, le bon Dieu rappela à lui le cher M. Barbier, dont la vie sainte et mortifiée était une source dédification et de bénédiction pour le Séminaire. Le Vicariat Apostolique du Laos envoyant régulièrement des élèves à chaque rentrée (11 en 1918, 9 en 1920), M. Malaval, supérieur de cette Mission après la mort de Mgr Prodhomme, voulut bien compléter le personnel enseignant du Séminaire du Sacré-Cur en lui cédant un de ses missionnaires, M. Figuet (janvier 1921). De cette façon, chaque cours a son professeur, doù immense avantage pour les études. Le 23 juin 1922, en la fête du Sacré-Cur, fut célébré le cinquantenaire de linstallation du Séminaire de Siam à Bang-Nok-Khuek. Cette fête de famille fut présidée par Mgr Perros entouré de plus de 30 prêtres européens ou indigènes. En cinquante ans le Séminaire du Sacré-Cur a fourni les 35 prêtres qui forment le clergé actuel du Vicariat Apostolique de Siam.

    Il nous est agréable de clore cette notice par la mention dun événement unique dans lhistoire de notre Séminaire. Les 28 et 29 mai 1923, notre maison eut lhonneur de posséder Son Excellence Mgr Lécroart, Vicaire Apostolique du Tchely Sud-Est, Visiteur Apostolique des Missions dIndochine ; à la suite de cette visite, la probation des séminaristes après leur Petit-Séminaire a été ramenée de 4 à 2 ans.

    Daigne le Sacré-Cur de Notre-Seigneur bénir Son Séminaire, y régner en souverain Maître et y susciter, pour le bien de son Eglise, le salut des âmes et la gloire de son Père, un grand nombre de prêtres pieux, instruits et zélés !

    STATISTIQUE DÉCENNALE
    des élèves du Séminaire de Bangkok (1872-1924)

    Année 1872 38 élèves Plus 11 à Penang.
    1880 44
    1890 69
    1900 53
    1910 47 (dont 1 du Laos)
    1920 56 Plus 6 à Penang
    1924 75 (dont 18 du Laos). Plus 18 à Penang
    (dont 1 du Laos).
    1926/213-229
    213-229
    Anonyme
    Thaïlande
    1926
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