Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Entre nous

Entre nous Le Bulletin doit, je pense, être considéré comme un lien de famille, qui nous rattache les uns aux autres en nous faisant connaître les deuils et les joies, les tribulations et les succès, les événements petits ou grands qui surviennent, ici ou là, dans limmense champ dévangélisation confié à notre Société. A chacun des correspondants de trouver ce qui peut intéresser ses frères dans lapostolat.
Add this
    Entre nous
    _____

    Le Bulletin doit, je pense, être considéré comme un lien de famille, qui nous rattache les uns aux autres en nous faisant connaître les deuils et les joies, les tribulations et les succès, les événements petits ou grands qui surviennent, ici ou là, dans limmense champ dévangélisation confié à notre Société. A chacun des correspondants de trouver ce qui peut intéresser ses frères dans lapostolat.

    Il est un point sur lequel je crois quil serait bon dattirer lattention de ses chers chroniqueurs. Lorsquils annoncent la maladie (grave) ou le décès dun confrère, ne vaudrait-il pas mieux dire tout bonnement quelle est cette maladie et quest-ce qui a causé cette mort ? Sans doute, on le dit parfois, mais pas toujours, il sen faut, et il nest pas rare de trouver dans le Bulletin des informations dans le genre de celles-ci :

    Le Père... a dû nous quitter pour aller demander au pays natal la guérison dun mal opiniâtre.
    Le Père... a subi une opération très longue et dangereuse autant que douloureuse.
    Le Père a subi une opération longue (plus dune heure) et difficile ; il a perdu beaucoup de sang, mais on le soutient avec du sérum.

    Le lecteur se demande naturellement de quoi il sagit et il trouve quil eût été plus simple et plus intéressant de le lui dire.

    Ou bien on nous dit, par exemple :
    Les soins les plus éclairés et les plus dévoués ne purent avoir raison du mal implacable qui avait atteint notre cher confrère...

    Ou encore : Le cher Père a fait un véritable Purgatoire dans ces dernières années à cause de la maladie cruelle qui le terrassa.

    Voilà de quoi nous apitoyer, et, malgré soi, on se demande : mais quel était ce mal implacable, cette maladie cruelle ?

    Dautres fois le chroniqueur se contente de dire : le Père... vient de nous quitter pour un monde meilleur. Subitement ?... Après une longue maladie ?... Pas un mot pour nous lapprendre.

    Vous me direz peut-être : Mais, quand vous sauriez ce quil avait et de quoi il est mort, à quoi cela vous avancerait-il ? Cela ne le ressusciterait pas, je le suppose ! Sans doute, je le sais du reste ; aussi bien nest-ce pas dans lespoir de le faire revivre que je désire savoir la cause de sa mort, mais simplement par un sentiment de curiosité naturelle et fort légitime, ce me semble, puisquelle na, en somme, dautre source que laffection fraternelle.

    Si un Havas mapprend la mort dun ministre de Tchécoslavie ou du Président de la République Argentine, je ne me mettrai nullement en peine de savoir de quoi ils sont morts, parce que ces messieurs ne sont pas des personnes qui me touchent de près.

    Quant à mes confrères. cest tout autre chose. Nous sommes membres dune même famille, cent fois plus nombreuse, il est vrai, que notre famille naturelle, et, partant, nous ne nous connaissons pas tous les uns les autres, comme on se connaît entre frères et surs. Il y a des confrères (surtout parmi ceux qui mont précédé ou suivi à 15 ou 20 ans de distance) dont jignore même le nom ; mais il y en a un bon nombre auxquels je suis spécialement affectionné pour les avoir connus de plus près.

    Et chacun de nous, nest-ce pas, peut en dire autant. Que la diversité des destinations nous ait séparés depuis longtemps et maintenus à des distances considérables, nous nen demeurons pas moins spécialement unis par les liens du passé et, quand nous apprenons la maladie ou la mort de lun dentre nous, nous désirons naturellement avoir quelques détails.

    Il ny a pas très longtemps sont morts trois confrères que je connaissais bien : aucune information, pas plus dans notre Bulletin que dans les journaux qui ont annoncé leur décès, nen a donné la cause. Il ny avait pourtant pas à en faire mystère ; jai appris ensuite que lun avait succombé à une myocardite, un autre à une pneumonie et le troisième à une méningite.

    Il semble bien que les maladies dont peut être affligée La pauvre humanité ont toutes un nom, la plupart même un nom soi-disant scientifique ou du moins tirant sur le grec et par là même fort décent. Alors on ne voit guère quels inconvénients il pourrait y avoir à nommer dans le Bulletin la maladie qui a déterminé pour celui-ci le retour en France ou pour cet autre le passage à un monde meilleur.

    Il suffira, je pense, davoir fait part de ce petit desideratum à nos chers chroniqueurs pour quils veuillent bien en tenir compte dans la mesure du possible. Dans cet espoir, je les prie dexcuser la liberté de ces lignes et de me croire leur très humble et très reconnaissant serviteur.

    SIMPLICIUS.

    1928/297-299
    297-299
    Anonyme
    France
    1928
    Aucune image