Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Deux voyages en Corée

Deux voyages en Corée Je remonte dans le passé jusquà lannée 1895, époque à laquelle le Royaume Ermite sortait à peine de son complet isolement. La Corée avait, depuis 1888, signé des traités avec les grandes puissances mondiales, mais Séoul nétait pas une ville ouverte au commerce européen et les trois ports à traité, Chemulpo, Fusan et Ouensan, étaient encore administrés par les douanes impériales chinoises.
Add this
    Deux voyages en Corée


    Je remonte dans le passé jusquà lannée 1895, époque à laquelle le Royaume Ermite sortait à peine de son complet isolement. La Corée avait, depuis 1888, signé des traités avec les grandes puissances mondiales, mais Séoul nétait pas une ville ouverte au commerce européen et les trois ports à traité, Chemulpo, Fusan et Ouensan, étaient encore administrés par les douanes impériales chinoises.

    Le 7 mai, je membarquais sur le Ghazee, bateau anglais au service de la Nippon Yusen Kwaisha, naviguant entre Shanghai et Chemulpo, et, après une traversée de deux jours, je débarquais dans les eaux boueuses de Chemulpo, accueilli à mon arrivée par le Père Maraval, missionnaire en charge des uvres catholiques de la région.

    Javais eu comme compagnon de route M. Mondon, qui, à ce moment, avait un commerce dépicerie assez prospère à Shanghai et cherchait un agrandissement à ses affaires du côté de la Corée. Chemulpo était alors un petit marché insignifiant, à lembouchure de la rivière Han-kang.

    La Corée nétait bien connue que dune vingtaine de missionnaires, tous Français, et son commerce extérieur presque nul était entre les mains de quelques commerçants chinois de Shanghai et de Chefu, auxquels il faut ajouter une dizaine de maisons japonaises spécialement établies à Fusan.

    La China Merchant, compagnie de navigation chinoise, avait assuré jusquen 1894 un service maritime entre Shanghai et Chemulpo avec un bateau de 1200 tonnes, le Fuh You, faisant un voyage chaque mois, pendant que la Nippon Yusen Kwaisha exploitait le Sud par une ligne reliant Fusan et Ouensan avec Nagasaki et Shanghai.

    La querelle sino-japonaise de 1894 venait de prendre fin par le traité de Shimonoseki, qui reconnaissait à la Corée une indépendance complète et, lorsquen mai 1895 je me rendais en Corée, ce pays, indépendant en fait, était étroitement surveillé et convoité par la Chine, par la Russie et par le Japon.

    Le seul ouvrage important publié sur la Corée jusquà cette heure était lhistoire de lEglise de Corée par le P. Dallet, missionnaire de la Société des Missions-Étrangères. Ce travail en deux volumes in 8º donnait, dune façon fort exacte pour ce temps-là, la description des murs et coutumes de ce royaume, son régime gouvernemental, son histoire politique et économique se réduisant à fort peu de chose, et lhistoire religieuse plus détaillée, histoire sanglante, douloureusement intéressante, relatant létablissement du catholicisme en Corée jusquaux massacres de 1866.

    Chemulpo navait encore ni quais, ni débarcadères, et la rade, dans laquelle circulait une petite batellerie indigène au service des passagers, nétait pas différente de ces havres, si nombreux en Extrême-Orient, où tous les éléments de commerce révèlent une organisation embryonnaire et primitive.

    En quelques heures il était facile de se rendre compte de tout ce qui manquait à ce qui fait la valeur dun port de commerce, puisque tout était à créer.

    Cet entrepôt, que les Chinois appelaient Jenchuan, les Japonais Jinsen et les Coréens Chemulpo, avait une population de 6.000 à 7.000 habitants, cétait là cependant le principal port de commerce de la Corée.

    Un service de petits bateaux fonctionnait entre Chemulpo et Ryongsan ; mais, désirant voyager en terre ferme, nous partions pour Séoul à cheval, chevauchée de 40 kilomètres qui nous prit une journée entière au pas mesuré de nos mules.

    Le voyageur pratique vit sur le pays et je fis connaissance avec le riz cuit à la vapeur, les légumes salés et le vin de riz, régime peu différent en somme, de celui des auberges chinoises.

    Les chemins rappelaient aussi ce que javais vu et qui existe encore en Chine : de simples sentiers plus ou moins mal entretenus ; des ponts formés dune simple dalle ou planche pour franchir les ruisseaux et le passage à gué des rivières. Le voyageur indigène na pas idée de routes plus pratiques et mieux conçues. Nous nous disions : Cest ici comme en Chine, pas mieux, pas pire.

    Séoul, la capitale, avait laspect dune ville chinoise murée : quelque chose comme Ningpo ou Soutcheou, avec des maisons plus basses et plus pauvres, des rues étroites et malpropres, des mendiants et des miséreux à tous les carrefours, des magasins offrant aux passants de menus objets de fabrication coréenne et, comme choses européennes, des cigarettes, des allumettes, de petits miroirs, et toute cette série de lampes à pétrole, de réveille-matin et autres pacotilles présentées pour tenter les petits moyens dachat de lindigène.

    Dans la partie Sud, les Japonais ayant suivi lexpédition japonaise de 1894 avaient déjà un quartier à eux au pied du Nam-San. La seule construction européenne importante était la cathédrale catholique alors en construction sous lhabile direction du Père Coste et du P. Poisnel.

    Létat dénervement dans lequel se trouvait le pays ne me permit pas de faire par voie de terre le voyage de Séoul à Fusan. Linsécurité des routes était telle que lon pouvait craindre dêtre détroussé par les voleurs et les bandits. Je fis quelques excursions dans les environs de la capitale, dans les conditions où nous avions fait celle de Chemulpo à Séoul. Jaurais traversé la Corée de long en large, sans trouver de meilleurs moyens de communications.

    En rentrant à Shanghai vers la fin de mai, M. Little, rédacteur en chef du North China Daily News, me demandait mes impressions sur la Corée et je les lui donnai en deux articles qui parurent dans son journal au commencement de juin 1895.

    Je disais en substance que le pays, situé entre trois grands Etats, ne vivrait pas de sa vie propre ; que le Coréen, en retard à tous points de vue sur ses puissants voisins, nétait pas en état de maintenir son indépendance et quil deviendrait la proie des Russes ou des Japonais, simple question de temps quant au fait de son absorption par le plus fort.

    La Russie fut un moment sur le point de lemporter dans ce jeu des influences rivales : la construction du trans-mandchourien, sa forte position à Port-Arthur, semblaient lui donner des avantages de tout premier ordre et, de 1900 à 1904, il paraît bien que lintention du gouvernement russe était de sétablir en Corée.

    La guerre de 1904 entre le Japon et la Russie avait, en effet, la Corée comme enjeu. Nous savons ce que fut cette guerre : le traité de Portsmouth, signé en 1905, laissa le Japon maître des destinée de la Corée. En novembre de cette même année le gouvernement japonais signait avec le gouvernement coréen un traité aux termes duquel le Japon prenait en mains la politique extérieure de la Corée et établissait un Résident général à Séoul. Cétait le commencement dun protectorat vigoureusement affirmé en juin et en novembre 1910 par de nouveaux protocoles en vertu desquels le système judiciaire et ladministration entière du pays passaient aux mains des Japonais, sans que les Coréens et leur gouvernement pussent faire la moindre opposition.

    Le roi de Corée devenait un prince du Soleil-Levant et la Corée était incorporée au Japon. La question coréenne apparemment cessait dexister et le Japon, ayant consenti une avance de yen 30.000.000 pour les réformes à opérer en Corée, allait travailler à mettre son nouveau domaine au niveau du Japon comme organisation économique.

    *
    * *

    En octobre 1921 jallais pour la seconde fois en Corée et, comparant 1895 avec 1921, il métait facile de constater lénorme changement extérieur opéré par les Japonais dans ce pays sans gouvernement effectif au moment de mon premier voyage.

    La presse dExtrême Orient a formulé de nombreuses critiques contre ladministration japonaise et, sans doute, plusieurs dentre elles étaient sérieusement fondées. Labsorption de la Corée par le Japon ne sest pas faite sans heurts, sans violences, sans injustices. Il faut cependant reconnaître que le gouvernement japonais, en vingt années, a fait de grands travaux et, toutes choses pesées, il paraît difficile de nier que le nouveau régime ne soit très supérieur à lancien. Le régime féodal qui subsistait en Corée ne pouvait être brisé sans laisser quelques blessures profondes dans lâme coréenne. Il est probable que ces blessures nauraient été ni moins profondes, ni moins nombreuses, sous un régime russe, et il est douteux que les Russes aient pu obtenir des résultats plus satisfaisants que ceux qui ont couronné luvre des administrations japonaises.

    La faute que le Japon a commise et qui est généralement reconnue de tout homme impartial, cest davoir permis à un immense troupeau de Japonais sans aveu, petits officiels ou particuliers, de se jeter sur la Corée. Ce sont ces éléments indisciplinés, beaucoup plus que la haute administration japonaise, qui ont irrité le Coréen et lui ont imposé un joug dune dureté révoltante.

    Si le gouvernement japonais, avec un peu plus de sagesse, navait laissé pénétrer en Corée que des citoyens japonais dune honnêteté commune, ayant un casier judiciaire vierge de toute condamnation, et si ces nouveaux venus avaient été mieux surveillés, il est certain quune autre impression se serait dégagée dans lesprit des Coréens. Mais lenvahisseur, trop souvent sans scrupules, semparait des meilleures terres, accaparait par des moyens douteux le commerce local et, contre les Japonais du Japon, le Coréen devenu Japonais trouvait rarement une voix amie pour faire valoir ses droits.

    Dautre part, si les règlements édictés par les Résidents japonais à Séoul étaient calculés pour le plus grand bien des Coréens, trop souvent, dans lapplication, les employés japonais ne prenaient quun soin médiocre à se conformer aux directions de leurs chefs. Cest ainsi que, pour létablissement des chemins de fer, des routes ou des monuments dutilité publique, les terriens expropriés ne le furent ni selon les règles de la justice, ni avec les égards auxquels ils avaient droit. Dans beaucoup de cas les Coréens ne reçurent aucune compensation ou, sils en reçurent, elles furent souvent dérisoires. Par ignorance de la loi, beaucoup de Coréens qui étaient en droit de réclamer perdirent loccasion de le faire.

    Il est certain que jamais le gouvernement japonais na voulu faire une injustice à ses nouveaux administrés ; mais, en fait, il nest pas moins certain que des Coréens ont été fort durement éprouvés et leurs réclamations sont restées sans effet.

    En Corée, sur une population totale de 17.288.739 habitants, il y avait en 1921 :
    Coréens 16.916.078
    Japonais 347.580
    Etrangers 25.081

    17.288.739

    Je ne pense pas exagérer en disant que le gouvernement rudimentaire de la Corée, au moment de lannexion, ne représentait ni force, ni méthode, ni richesse. A tous les échelons de ladministration, comme à tous les degrés de linstruction, cétait à peu près le néant et la concussion. En théorie, lEtat existait ; en pratique, cétait une masse amorphe et une administration à peu près inopérante. Le roi régnait sans gouverner autrement que dune manière arbitraire, bien quil eût des ministres et des conseillers. Tout était au plus offrant.

    Le budget de 1905 était de $9.000.000 environ, aujourdhui il est de yen 157.000.000, et les Coréens semblent pouvoir payer les lourds impôts du moment avec plus de facilité quils ne payaient les impôts beaucoup plus légers de 1905, parce que, sous ladministration japonaise, le pays sest enrichi et que le Coréen aurait, par conséquent, un pouvoir de gain très supérieur à celui quil avait il y à 20 ans.

    Sans doute la Corée ne sest pas développée avec les seules ressources du pays. Au moment de lannexion, le Japon, ainsi que je lai dit, prêta yen 30.000.000 à la Corée, pour opérer les premières réformes administratives. A cette heure, la dette publique de la Corée sélève à yen 147.570.830.

    Les emprunts dEtat nauraient cependant pas suffi au développement rapide du pays. Il fallait des fonds plus importants et ils furent fournis par des établissements de banques, tout particulièrement par la Banque de Corée, la Banque Industrielle de Corée et les 21 Banques privées qui opèrent présentement dans le pays. Le capital autorisé de ces établissements financiers est de yen 143.350.000 et le capital versé de yen 83.050.000 Les réserves de ces banques se montaient en 1920 à yen 10.736.000, les obligations émises à yen 33.450.000 et les comptes dépôts à 139.357.000.

    Ces banques avaient dautre part consenti des prêts pour la somme de yen 230.696.000.

    Le profit net des Banques opérant en Corée était en 1920 de yen 10.251.000.

    Ces créations si récentes sont, on le voit, suffisamment rémunératrices pour donner une confiance justifiée aux actionnaires et aux déposants. Lannée 1921 na pas été, il est vrai, aussi satisfaisante au point de vue financier que les années précédentes. La Corée, comme les autres pays de lunivers, a subi la crise commerciale qui sest fait partout sentir.

    Les efforts du gouvernement pour répandre léducation dans les masses ressortent avec éclat quand on compare le nombre des établissements scolaires, qui était en 1906 de 9 écoles gouvernementales, 61 écoles publiques et 40 écoles privées, avec les chiffres de 1919, représentant 556 écoles pour la péninsule coréenne, et dans ce chiffre ne sont comprises ni les écoles industrielles, ni les écoles dagriculture et de commerce.

    Linfluence dun pays sur un autre est fonction de lusage de la langue du pays protecteur dans le pays protégé. Or, en 1920, la langue japonaise était parlée par 244.000 Coréens, ce qui indique assez combien est déjà importante la pénétration de linfluence japonaise dans ce pays quil nadministre bien effectivement que depuis 1910.

    Le Japonais est méthodique jusquau scrupule dans les différentes tranches administratives où il exerce son activité et lemployé est lobservateur rigide de la lettre du gouvernement. Ceux qui ont voyagé au Japon sen aperçoivent au premier contact avec la douane : poids, valeur et volume, tout est strictement vérifié. Quand je débarquai à Nagasaki, lhonnête préposé au bureau des douanes compta très exactement 100 cigarettes dans la boîte qui contenait ma petite provision et, très aimablement, avec un délicieux sourire sur les lèvres, il confisqua la douzaine de cigarettes qui excédait la limite permise par les règlements. Jobjectai timidement, faisant observer que je me rendais en Corée et que, de fait, je ne faisais que prendre le train pour Moji. Nouveau sourire de lemployé japonais, inclination respectueuse, mais la consigne étant de 100 cigarettes par tête de voyageur, il regrettait infiniment de ne pouvoir faire plus que son devoir.

    Les Japonais comprirent dès la première heure de quelle importance étaient les voies de communication pour le développement de leur nouvelle colonie. La presquîle a, sur les côtes ouest et sud, depuis Euitjou jusquà Fusan, un très grand nombre de baies bien abritées, ports naturels de tout premier ordre, et les Japonais navaient que lembarras du choix pour créer des ports de commerce ; aussi nous y trouvons Euitjou, Chemulpo, Mokpo, Kounsan, Masanpo, Fusan. Sur la côte Est, à part Ouensan et Hpohang, les havres sont peu sûrs pendant 6 mois de lannée.

    En 1906, routes commerciales et chemins de fer étaient inexistants ; il fallut tout créer : on le fit avec beaucoup de méthode et un chois judicieux des centres principaux à desservir.

    Il y a aujourdhui, en Corée, un ensemble de chemins de fer reliant Fusan à Antung par voie de terre : cest le Grand Central Coréen. Le port de Mokpo est desservi par une ligne se branchant sur la première à Taiden, à 90 km. à louest de Taikou, et une troisième ligne, partant de Séoul, relie la capitale avec le port de Ouensan. Dautres sont en voie de construction très active Lensemble des voies ferrées représente environ 2.000 kilomètres et, si lon se reporte aux statistiques publiées par le Gouvernement général, on voit quen 1920 les chemins de fer transportèrent 12.421.441 voyageurs et 3.186.073 tonnes de marchandises et firent une recette de yen 23.816.807.

    Les lignes postales par mer couvrent une longueur de 20.000 kilomètres et les lignes postales terrestres une longueur de 5.000 kilomètres.

    Le télégraphe relie les principaux centres: 600 bureaux expédient 9.457.705 télégrammes par an et les téléphones avec 480 bureaux répondaient à 59.974.020 appels en 1920.

    Ajoutons encore que le système routier établi par la Résidence générale est achevé dans la proportion de 53 % et représente une longueur de 11.000 kilomètres.

    On voit par ces informations sommaires combien la Corée daujourdhui diffère de ce quelle était en 1895.

    Les services publics sont assurés dune façon particulièrement régulière. Jai pu me convaincre, dans le court séjour que jai fait dans ce pays en 1921, que les chemins de fer fonctionnent très bien. La tenue des wagons est dune propreté supérieure à celle que lon trouve en France sur nimporte quelle ligne et les horaires sont ponctuellement observés. Chaque train a ses boys, qui sont très attentifs à servir les voyageurs. La table des wagons-restaurants est suffisamment bien servie et, si lon ne trouve pas tout ce que lon pourrait obtenir en Europe, on est abondamment pourvu du nécessaire à des prix se rapprochant de ceux de France.

    Ce court exposé de ce que ladministration japonaise a fait ne représente quune partie de son activité. Il faudrait, pour compléter lidée générale quil faut retenir sur le développement imprimé à la Corée depuis 1906, parIer de limpulsion donnée à lagriculture : culture du riz, du maïs, des haricots, du chanvre, du coton, du tabac, des vers à soie, etc... Les superficies livrées à la culture du riz ont presque doublé depuis 1906. Elles étaient de 6.039.017 acres en 1910 et sont heure à cette heure de 11.000.000 acres. Le riz est la principale nourriture des Coréens et cest sur cette culture qua porté le grand effort du gouvernement. Pour le coton et le tabac, des officiers subalternes, exécutant hâtivement des directives données en haut lieu, ont beaucoup mécontenté la population. Là encore lintention était bonne, mais lexécution maladroite, inhabile, quelquefois injuste.

    Le essais de réforme des autres cultures ont donné des résultats très appréciables, bien que beaucoup moins marqués.

    Les Japonais ont développé lélevage, les pêcheries, la culture des arbres fruitiers, et, soucieux de combattre les dégâts faits par les inondations, ont reboisé les collines et les montagnes sur une superficie de 15.000 hectares. Sans doute ce dernier chiffre est très modeste quand on connaît les étendues de terrains ravagés par les Coréens imprévoyants, lesquels, imitant les Chinois, brûlent au printemps les herbes des montagnes et mettent ainsi en péril les forêts naissantes. Les essais de reboisement sont une leçon objective que la population appréciera, parce quelle en verra les heureux résultats.

    Sous le rapport minier le gouvernement jusquà ce jour a surtout laissé prospecter et les seules mines sérieusement exploitées sont les mines dor, qui ont donné en 1920 yen 3.583.465, et les mines de fer, dont la valeur dexploitation sélève à yen 12.000.000.

    La Corée, sous ladministration japonaise, a fait à tous points de vue, sauf au point de vue industriel national, de très grands progrès, et la population, sous le régime nippon, a plus de bien-être matériel que sous le gouvernement royal. Les peuples conquis ou asservis napprécient pas toujours justement les bienfaits dune civilisation imposée. La Corée, pauvre et misérable, mais indépendante, na accepté quà regret le joug du Japon. Elle est dominée, et cette seule idée de domination lui est à charge. Les avantagés quelle dune administration plus saine sont sans doute appréciés par une partie de la population, mais même les esprits plus éclairés, qui connaissent leffort considérable fait par le Japon, gardent lespoir quun jour la Corée retrouvera son indépendance. Ils ont retenu le principe posé par le Président Wilson : chaque pays a le droit de choisir le régime qui lui convient. Or la Corée est une nation de 17.000.000 dhabitants, et tout événement qui permettra aux Coréens davoir un gouvernement national sera accueilli avec joie par le peuple. Si lAngleterre na pas pu sassimiler lIrlande, si la grande guerre a fait surgir dix nations nouvelles sur les débris des grands Etats, comment pourrions-nous douter que, dans un avenir plus ou moins lointain, la Corée ne parvienne à être maîtresse de ses destinées ? La Chine et, un jour ou lautre, la Russie laideront à reprendre sa vie nationale. Plaise à Dieu que les Coréens se préparent à cette vie nationale autrement que par des exactions et des violences et quils comprennent la gravité de la tâche qui leur incombe. Le rôle du Japon est de préparer la Corée à cet heureux jour plutôt que de labsorber. Libérer les peuples, ce doit être lidéal des grandes nations tutrices et éducatrices des nations plus faibles.

    Léon ROBERT

    Si je ne veux que leau pure, que mimporte-t-il quelle me soit apportée dans un vase dor ou dans un vase de verre, puisquaussi bien ne prendrai-je que leau ? Mais je laimerai mieux dans le verre, parce quil na pas dautre couleur que celle de leau même, laquelle jy vois aussi beaucoup mieux. Quimporte-t-il que la volonté de Dieu me soit présentée en la tribulation ou en la consolation, puisquen lune et en lautre je ne veux ni ne cherche que la volonté divine, laquelle y paraît dautant mieux quil ny a point dautre beauté en icelle que celle de ce très saint bon plaisir éternel.

    S. François de Sales

    1923/466-475
    466-475
    Robert
    Corée du Sud
    1923
    Aucune image