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De Thanh-Hoa au Chau-Laos 2 (Suite et Fin)

De Thanh-Hoa au Chau-Laos Impressions dun jeune Missionnaire (Suite) 15 Novembre. Nous sommes au dimanche ; il faut un sérieux effort de mémoire pour sen apercevoir. Du moins aujourdhui, puisque nous logeons chez des chrétiens, nous pourrons dire la messe.
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    De Thanh-Hoa au Chau-Laos
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    Impressions dun jeune Missionnaire
    (Suite)
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    15 Novembre. Nous sommes au dimanche ; il faut un sérieux effort de mémoire pour sen apercevoir. Du moins aujourdhui, puisque nous logeons chez des chrétiens, nous pourrons dire la messe.

    Pendant quautour du foyer les Tay fument silencieusement leur pipe, nous dressons un autel dans un petit coin de la maison. Jai déjà souvent dit la messe dans des maisons privées, mais aujourdhui jéprouve une réelle émotion à célébrer le Saint-Sacrifice dans cette hutte primitive. Comme notre grand Dieu se contente de peu dapparat pour descendre au milieu de nous ! Lautel est une table de bambou. Il ny a ni image, ni fleurs. Et pourtant jai bon espoir que Notre-Seigneur se plaît là autant que dans les plus belles cathédrales.

    Et puis, là-bas, dans les magnifiques églises de nos pays chrétiens, de nombreux prêtres prennent part à de solennelles cérémonies. Ici, au Haut-Laos, dans tout le pays tay, muong, laotien, combien célèbre-t-on de messes dans une année ? Sommes-nous plus de huit prêtres dans ces immenses étendues ? Je ne le pense pas.

    A signaler un accroc à la liturgie : en ce XXIVe et dernier dimanche après la Pentecôte, nous célébrâmes la messe en ornement rouge ! Voilà qui fera frémir dhorreur les liturgistes ; mais... nous nen avions pas dautre.

    Pendant la messe les deux familles chrétiennes récitent leurs prières. Le ton est moins chantant que celui des prières annamites ; la phrase est gutturale. Que dit-elle, lâme tay ? Dans ces régions il y a grand mérite à être chrétien ; lesprit de nos sauvages est si profondément imprégné de superstitions quil a toutes les peines du monde à sen débarrasser. De plus, jadis il a fallu souffrir pour la foi. Si, dans les persécutions, aucun Tay nest mort martyr, du moins beaucoup ont perdu une bonne partie de leurs biens. Et cela peut revenir. Que dit-elle, lâme tay ? Que se passe-t-il dans ces frustes cerveaux, lorsquils se mettent en face de Dieu ?Et Dieu, que leur dit-il lorsquil sabaisse jusquà eux ? Peut-être, devant lui, ne sommes-nous pas moins sauvages queux ?

    De nouveau à cheval. La première partie du voyage est assez triste. Nous approchons de la tombe du P. Rocher, lami intime du P. Canilhac. Vers 8 heures nous arrivons devant lhumble tertre qui, dans la forêt, recouvre les restes dun excellent apôtre des Tay. Le P. Canilhac pleure silencieusement.... Cétait en 1917. Il accourait en hâte auprès du P. Rocher, dont une dépêche laconique lui avait annoncé la maladie grave. Malgré son anxiété, il ne pouvait croire que létat de son ami fût désespéré. Le soir tombait. Près de lendroit où nous sommes le Père rencontre une petite caravane : quelques Tay, un infirmier annamite, envoyé par le commissaire de Sam-Nua, à 6 jours au nord-ouest, et, dans un palanquin, le P. Rocher agonisant quon descend en hâte vers la plaine, où lon trouvera des médecins. Tout le monde sarrête au petit hameau voisin, dans une des deux maisons qui le composent. Le mourant ne peut déjà plus parler ; la terrible fièvre des bois achève son uvre. Il reçoit labsolution et, vers 3 heures du matin, en pleine forêt, chez ses Tay, près du torrent, son âme senvole vers le ciel. Après le martyre, est-il, pour un missionnaire, mort plus belle que celle-là ? Assisté par un confrère, mourir ainsi, en pleine forêt, à son poste, quel bel idéal ! Quune telle mort doit être douce ! Car que regretter ici ? Et, malgré ses fautes, que ne pas espérer de linfinie miséricorde de Dieu ? Cette pensée doit être celle qui a poussé le bon P. Degeorge à revenir chez lui pour mourir. Apprenant à Hongkong que son mal est incurable, il na eu quune hâte, rentrer au Laos, à son poste de combat et de souffrances, pour y mourir.

    Cette mort, voilà lavenir magnifique
    Que notre Dieu réserve à ses soldats.

    Et voilà pourquoi, Père Rocher; nous envions une fin aussi belle que la vôtre.

    A 10 heures nous passons devant un groupe de pagodes tay. Il ne faut pas simaginer quune pagode tay est un beau monument en pierres ou en briques. Dans une petite clairière, trois misérables cahutes en bambou au pied dun arbre sacré ; tels sont les temples des Tay payens. Devant ces huttes, à certains jours, toute une tribu se rassemble. On immole des porcs, des bufs ; une petite partie des victimes est réservée à lesprit du lieu, le reste est partagé entre tous les membres de la tribu.

    Le diable na pas de beaux palais dans ces forêts ! Et pour qui le prend-on ? On dresse une échelle pour quil luisse monter dans ces cabanes, qui semblent faites pour des poupées. Il paraît que sans échelle il ne pourrait y entrer ; ce sont du moins les Tay qui le disent.

    A midi nous navons encore rencontré aucune maison. Nous faisons halte auprès dun torrent. Un banc de sable sert de table. La boisson sera là toute proche et à discrétion ; pour boire nous nous servons dun morceau de bambou. Il fait tiède, et nous commençons à nous assoupir quand un ronronnement bien connu domine le bruit du rapide : cest un avion. Malheureusement nous ne pouvons le voir à cause des arbres. Nos Tay, eux, lont aperçu et en discutent bruyamment, car pour eux le passage dun aéroplane est un événement. Doù vient-il ? De Ventiane ou dailleurs ? En tout cas, dans quelques heures il sera à Hanoi.

    Et nous, nous continuons notre route en sens inverse vers louest. Les montagnes deviennent de plus en plus hautes, le pays de plus en plus sauvage ; la forêt est épaisse, il fait sombre sous bois en plein midi. On ne rencontre plus personne sur le sentier ; des heures se passent sans que nous apercevions une maison.

    Vers 4 heures, au haut dune montagne, dans le lointain, nous voyons des rizières accrochées aux pentes. Quelques maisons, qui dici ressemblent à des dés jaunes, font tache dans la verdure : ce sont les gîtes des gardiens de rizières, qui nont dautre occupation que dempêcher cerfs et sangliers de piétiner le riz. Quelle vie rêvée, que celle de ces gens, pour un anachorète !

    Que de montées, que de descentes ! Plusieurs fois nous devons abandonner nos montures pour nous faufiler sous bois. Comme nous surplombons le torrent de quelque 200 mètres, japerçois un radeau en bambou qui descend un rapide. La pauvre embarcation est emportée à une vitesse folle. Il semble den haut quà chaque instant elle va se briser sur les rochers qui barrent le cours de leau ; mais le Tay qui la dirige est un maître pilote : à lavant du radeau, un bambou à la main, vite, très vite, il frappe à droite, puis à gauche, et la nacelle passe sans accident.

    Un moment nous avons eu une belle peur ! Le cheval du P. Varengue, en broutant de lherbe, naperçoit pas un trou. Il trébuche et glisse. Va-t-il être entraîné sur la pente lisse ? Par un énergique effort, il se redresse, pendant que roulent dans le torrent les pierres que ses sabots ont détachées du sentier. Ce fut laffaire dune seconde, et pourtant une sueur froide me couvre tout le corps. Le P. Canilhac nous raconte alors quà peu près au même endroit, il venait à peine de franchir à cheval un pont élevé que celui-ci sécroulait et tombait au fond du ravin. Dieu protège ses missionnaires.

    Peu à peu le soleil sest couché derrière les pics ; nous sommes dans le grand silence du crépuscule.

    Voici létape. Au pied de léchelle de la maison, une femme tay appelle lâme de son fils, mort il y a un mois. Elle agite les langes du petit défunt et, pleurant, le supplie : O mon fils, reviens habiter dans ces vêtements, reviens ; ne me fais pas de mal, à moi, ta mère. Puis soigneusement, elle replie lhabit, persuadée que lâme de son petit est dans les plis de létoffe. Cest à la fois touchant et navrant.

    Nous nous installons dans une maison voisine, chez un payen. Le dîner fini, des Kha, silencieusement, sintroduisent près de nous et sasseyent à nos côtés, près du foyer. Ces Kha forment un peuple très différent des Muong, des Tay, des Laotiens. Quoique leurs villages soient voisins, ils ne frayent pas avec ces derniers. Alors que le Tay habite ordinairement le fond des vallées, le Kha sinstalle en pleine forêt et au sommet des montagnes. Ces Kha sont la race la plus arriérée du Haut-Laos. Profondément ignorants, ils nosent venir dans les marchés annamites où se rendent les Tay, car ils craignent dêtre maltraités. Leur langue nous est inconnue. Je ne pense pas quun seul Français la connaisse ; mais eux savent assez le tay pour converser avec les autres races du pays.

    Après nous avoir regardés longuement en fumant leur pipe, ils nous saluent. Le chef de leur petite caravane semble assez intelligent ; peu à peu le P. Canilhac linterroge sur leur religion. Il nous donne des renseignements qui prouvent que, chez ces primitifs, il reste beaucoup de traces de la religion des premiers hommes, telle que nous la décrite Moïse. Ils croient à un Dieu unique, maître de tout, voyant et gouvernant tout. Son nom diffère de celui du dieu des Tay, mais, affirment-ils, cest le même.

    Ils ont une notion assez claire de la tour de Babel et du déluge universel. Avant cette catastrophe, il y avait beaucoup dhommes sur la terre. Comment sont-ils nés ? Que faisaient-ils ? On ne le sait plus. Un jour, un frère et une sur, étant à la chasse, creusaient le trou dune espèce de porc-épic pour sen emparer, quand la bête sortit delle-même. Elle portait aux oreilles des boucles dorées Ne me tuez pas, supplia-t-elle, et je vous enseignerai un secret terrible. Et alors lanimal de leur dire quil creusait un terrier profond, profond, pour se sauver. Dans peu de temps il y aura un déluge, et tout mourra sur la terre. Pour vous, ajouta-t-il, si vous voulez sauver votre vie, construisez un gros tambour, accrochez-le à un arbre, entrez à lintérieur et fermez-le bien de peur que leau ny entre. Les deux jeunes gens fabriquèrent le tambour et aussitôt le déluge arriva. De longs jours il plut ; tout périt sur la terre. Eux furent sauvés. Quand les eaux eurent baissé, ils sortirent de leur tambour. Ils ne pouvaient croire à limmensité du désastre, ni se résoudre à sépouser. Ils partirent donc chacun de son côté pour trouver lun une femme, lautre un mari. Ils errèrent longtemps dans la forêt, ne rencontrant jamais personne,. et finirent par se retrouver en face lun de lautre. Tu nas rencontré personne ? Non. Et toi ? Moi non plus. Et ils sépousèrent. Un beau matin la femme mit au monde, non pas un enfant, mais un énorme potiron. Désolés, le frère et la sur partirent cultiver leurs rizières de montagne. En revenant ils entendirent parler. Pourtant il ny avait personne aux environs. En prêtant loreille ils se rendirent compte que les voix sortaient de la courge. Le frère saisit alors un morceau de fer, le chauffa au rouge et perça un trou dans le potiron. Il en sortit cinq enfants, qui furent les ancêtres des cinq races principales de lExtrême-Orient : Kha, Tay, Laotiens, Annamites et Chinois. Comme le trou fait par la barre rougie au feu était encore brûlant, le premier enfant qui parut eut la peau bronzée, le second leut un peu moins et, les derniers encore moins. Voilà pourquoi les Kha sont plus bruns que les Tay qui le sont plus que les Annamites et les Chinois.

    Malicieusement le P. Canilhac lui demande : Et les Français, doù viennent-ils ? Le sauvage eut lair étonné ; il ne savait pas ; il navait jamais pensé à cela. Etudiez notre religion, ajouta le Père et mon jeune confrère ira chez vous apprendre votre langue et vous aider. Je ne dis rien, mais en moi-même je pense quapprendre le tay est déjà bien beau. Plus tard, si Dieu me prête vie, on verra à faire des chrétiens de ces primitifs. Maintenant dormons ; la fraîcheur monte du sol à travers le plancher aux mille trous ; laissons-nous bercer au bruit des conversations tay.

    16 Novembre. Le lendemain matin, nous étions debout avant le jour. Il ne faut pas songer à dire la messe, puisque nous sommes chez un payen. Dresser lautel de Dieu près de lautel des ancêtres, lautel du démon, ne serait pas convenable.

    Un déjeuner sommaire, et nous sommes déjà en route. Les gibbons nont pas encore entonné leurs trilles allègres, lair est humide et frais, dénormes nuées montent au flanc des montagnes et, lourdes de la nuit, se traînent sous les arbres.

    Méditons ; le terrain est favorable. Après avoir traversé un magnifique amphithéâtre de rizières, nous sommes en terrain plat. Pour la première fois depuis La-Han, nous avons un ou deux kilomètres de sentier loin du précipice ; on peut laisser le cheval aller où il veut.

    Le soleil se lève. En Annam cest un délice pour les yeux ; ici le spectacle est quelconque. Lorsque lastre du jour émerge derrière les pics, il est déjà tard, sa lumière a perdu les couleurs roses de son lever. Dailleurs les brouillards du matin interceptent presque aussitôt ses rayons.

    Nous arrivons bientôt à la maison dun grand chef. Sa demeure a bon aspect. Semblable aux autres maisons tay, elle est imposante par ses dimensions. Dans la partie réservée aux étrangers, 150 personnes pourraient trouver place. Il est vrai que lameublement est très simple. Une table dans un coin, avec trois chaises, le foyer au milieu, aux murs quelques caractères chinois, et cest tout. Nous sommes fort bien accueillis. On nous offre du thé, puis du champagne. Passe pour le champagne, déclare le P. Canilhac, il est en bouteille bien bouchée, rien à craindre. Mais le thé ? Il pourrait bien être empoisonné. Jamais je ne mange ici, ajoute-t-il, car je ne suis pas assez sûr de ce chef payen. Les soupçons du Père sont-ils fondés ? Je ne sais ; mais les cas dempoisonnement dans la région sont loin dêtre rares. A la suite de cette remarque, si je goûtai fort le champagne, le thé me parut plutôt quelconque. Comme quoi tout est subjectif !

    Ce même jour, 16 novembre, à 10 heures ½ , je pénétrais sur le territoire de ma nouvelle paroisse : jétais dans le district de Muong-Xia. La première impression est vraiment favorable. Après une descente à pic au travers des rochers, on tombe brusquement sur le torrent, qui à cet endroit est calme et limpide. Doù vient-il ? Où va-t-il ? On ne peut le savoir. Partout, à droite, à gauche, en avant, en arrière, des montagnes semblent lui barrer la route et lécraser de leur masses. Nétait le bruit dun rapide, qui bourdonne au loin, on prendrait le torrent pour un petit lac.

    Un court arrêt me permet de confier à Marie mes nouveaux paroissiens et de la supplier à maider à convertir tous les gens de ce muong, de cette tribu !

    Encore une sérieuse montée, et nous entrons dans la plaine de Muong-Xia. Cette plaine est étroite ; elle na pas plus de 600 mètres de largeur; la forêt le recouvre en entier ; mais enfin cest une plaine. Voyez ce beau sentier, déclare avec enthousiasme le P. Canilhac, vous pourriez le suivre sur une bicyclette. Et cest presque vrai. Quelques fleurs émaillent lherbe ; on dirait des lilas.

    Un jour, à cet endroit, un Tay rencontra un tigre couché sur le chemin. A sa vue, la bête se redresse, pousse des rugissements féroces, gratte le sol de ses griffes. Epouvanté, lhomme reste sur place, ne pouvant ni avancer, ni reculer, croyant sa dernière heure arrivée. Du côté opposé arrivent deux enfants qui, ne se doutant de rien, sont étonnés de voir un homme immobile devant un taillis. Soudain ils aperçoivent le fauve. Ils sélancent, ainsi que le Tay, en une fuite éperdue. Le tigre les regarda partir. Il nétait pas bien méchant, ce brave tigre ; dautres nauraient pas épargné lhomme.

    Il y a quelques années, près du village même de Muong-Xia, vivait un tigre énorme. De jour, de nuit, il enlevait porcs, chiens, buffles et hommes. Personne nosait le poursuivre. Les dégâts quil fit furent tels que les gens de Muong-Xia abandonnèrent tout pour sauver leur vie. Un beau jour, à 3 ou 4 kilomètres de là, en plein centre dun hameau, ce tigre sattaqua à un de ses congénères et fut tué. Alors seulement les habitants osèrent rentrer chez eux. Maintenant que nous sommes là, les gens de Muong-Xia nont plus à craindre de tels malheurs. Un fauve mangeur dhommes serait vite empoisonné par la strychnine. Le tigre, en effet, qui, un soir, a saisi une proie, ne la dévore pas dun coup ; il en laisse une partie et revient la manger la nuit suivante. Il suffit donc de retrouver les restes laissés en réserve et dy mélanger le poison ; ainsi, sans danger pour personne, la bête périra. Le procédé réussit presque toujours.

    Vers 11 heures, nous étions au premier hameau faisant partie du village proprement dit de Muong-Xia. Les gens, au passage de la caravane, viennent nous saluer ; ils nous font de grandes prosternations : ce sont des chrétiens, au moins par le baptême. Encore 2 kilomètres, et voici un groupe de 8 ou 9 maisons dans une éclaircie. Mon cheval part au galop. Je suis enfin devant le presbytère de Muong-Xia. Le voyage est terminé.

    Deo gratias ! Tout sest bien passé ; sur ces routes difficiles, je nai pas eu la moindre aventure ; le ciel a été splendide presque tout le temps.

    Descendus de cheval, nous nous rendons à léglise, car Muong-Xia a une église, bien modeste, en bois et en torchis. Le P. Canilhac vient de la terminer. Pendant de longues années, jour par jour, il a économisé pour la bâtir. Comment a-t-il pu trouver sur son plus que modeste budget des ressources pour édifier cette cathédrale? Cest le secret du bon Dieu. Lui seul sait de combien de privations est fait ce petit bâtiment ; car ici rogner sur son budget, cest se priver, non pas seulement du nécessaire, mais de lindispensable. En tout cas le Père nous procure le bonheur davoir toujours le Saint-Sacrement près de nous, bonheur rare au Chau-Laos.

    Le presbytère est un beau bâtiment en son genre. Ses dimensions sont impressionnantes, sa solidité est à toute épreuve. Mais quil est sombre, malgré son plancher ajouré et labsence de plafonds !

    Et voilà comment, en lan de grâce 1925, un jeune missionnaire monta en ces régions du Chau-Laos.

    Belle est cette mission ; belle surtout à cause de ses difficultés, réputée quelle est comme lune des plus dures de lIndochine. Bien des missionnaires ont donné leur vie pour ce sol ingrat ; plusieurs ont versé leur sang, dautres sont tombés, terrassés par limplacable fièvre ou empoisonnés après quelques mois de séjour.

    A mon tour jentre dans larène. A Dieu, je demande un peu de santé et sa grâce, et à vous, ami lecteur, une petite prière pour le Chau-Laos.

    J. MIRONNEAU,
    Miss. de Phatdiem.

    1926/670-678
    670-678
    Mironneau
    Vietnam
    1926
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