Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Consécration Episcopale de Mgr Carlo

Signoret Consécration Episcopale de Mgr Carlo Evêque tit. dHadrianopolis Premier Vicaire Apostolique de Lanlung Carnet du bleu Une des particularités de la jeune Mission de Lanlung, et peut-être la plus intéressante, est dêtre à cheval sur deux provinces : le Kwei-chow au nord, le Kwangsi au sud, et, par conséquent, davoir des missionnaires détachés des deux missions-mères. Le nouveau débarqué a vite fait, je vous assure, de connaître toutes les particularités de la route de Lanlung à Kwei-yang, de Lanlung à Nanning.
Add this
    Signoret Consécration Episcopale de Mgr Carlo
    Evêque tit. dHadrianopolis
    Premier Vicaire Apostolique de Lanlung
    ____

    Carnet du bleu

    Une des particularités de la jeune Mission de Lanlung, et peut-être la plus intéressante, est dêtre à cheval sur deux provinces : le Kwei-chow au nord, le Kwangsi au sud, et, par conséquent, davoir des missionnaires détachés des deux missions-mères. Le nouveau débarqué a vite fait, je vous assure, de connaître toutes les particularités de la route de Lanlung à Kwei-yang, de Lanlung à Nanning.

    Une fois, quand nous montions encore à la capitale... Que de récits commencent ainsi !... Et le Houa-kiang ? Terrible ce Houa-kiang !... vertige à la descente ! vertige pour passer le pont de chaînes ! vertige pour remonter !... Et les cataractes de Hwang-ko-chou (70 m.), et la cathédrale de Tchen-lin, toute en belle pierre taillée !... Vous verrez vous-même, si jamais vous allez à Kwei-yang... Mettez-vous le cap sur le sud ?... A Lo-ly, ne manquez pas de visiter lauberge où fut massacré le P. Mazel, des éclaboussures de sang se voient encore sur la cloison... A Pé-sè, si vous êtes encore vivant, vous êtes sauvé, laissez-vous aller au fil de leau... Etc..

    Dites-moi, cher lecteur, à ma place, nauriez-vous pas lenvie dy faire un tour ?

    Or, le beau jour de la Nativité de la Ste Vierge, 8 sept. 1927, la retraite annuelle clôturée, Mgr notre Préfet Apostolique nous montre deux rouleaux deux satisfecit. Lun dit à la jeune Mission : Vous êtes assez grande, vous ne serez plus Préfecture, mais Vicariat Apostolique. Lautre, à Mgr Carlo : Continuez à présider aux destinées de ce pays, mais en Evêque. Montez plus haut, jusquà la plénitude du sacerdoce. Et, sans perdre de temps, la date du 16 octobre est fixée pour le sacre... qui aurait lieu à Kwei-yang. Sa Grandeur, ayant à faire une retraite préparatoire, prendrait les devants en compagnie des deux bleus.

    Çà y est ! Nous allons voir Kwei-yang, le Houa-kiang, Tchen-lin et son église en pierre, flanquée de fiers clochers !

    De Lanlung à Kwei-yang, dix étapes, plus un dimanche de répit. Nous passerons ce dimanche à Tchen-lin, à moitié route.

    Le quatrième jour, à dix heures, nous quittons létroit défilé qui débouche, sans avertir, sur les vertiges du Houa-kiang.

    Mes amis, voyez ce col, en face, nous ne laurons pas franchi avant trois heures de laprès-midi !...
    Mais Monseigneur, on devine le fond, cela ne paraît pas tellement raide...
    Je neus pas de réponse, je nen méritais pas.

    Non, certes ! les anciens navaient pas exagéré. Du col à leau qui coule au fond dune gorge étroite, différence de niveau : 600 m.. Ce qui me semblait être le fond nétait que le rebord dune paroi, où la route erre un moment comme épouvantée (épouvantable surtout), à la recherche dun point propice pour une descente en zig-zag. Peut-on, dailleurs, appeler route cet escalier aux marches hautes, aux pavés informes, dune inclinaison folle ! Sur détroits refuges, voyez ces petits chevaux chargés de pétrole, de sel ou dopium : ils soufflent un temps, puis, le caravanier les pousse un à un. Les pauvres bêtes, entraînées par leur charge, cherchent visiblement à garder leur objet formel : rester sur leurs pieds. Si elles le perdent, elles sont perdues. Elles ne marchent pas, elles glissent, on les dirait ferrées de patins à roulettes, se livrant à un sport où un faux pas, une défaillance coûtent la vie. Un cheval tombe, reste là, il ny a que demi-mal. Si, au contraire, il ne peut se maintenir, il roule, prend de la vitesse et tombe dans labîme. Peu de jours se passent sans accidents. Ce bruit de chevaux glissant sur la pierre, les cris des conducteurs qui les excitent et les surveillent, le tout, perdu dans les mugissements du fleuve que lon découvre soudain sous ses pieds, vous glace.

    Le fameux pont de chaînes pourrait sappeler pont suspendu. Imaginez douze grosses chaînes de fer, dont les extrémités soient fixées aux parois de la gorge, cinquante mètres au-dessus de leau, mettez des planches en travers et passez Javais hâte, je le confesse, darriver sur la terre ferme. Sur le pont dAvignon, vous pouvez men croire, on danse beaucoup moins.

    Vraiment, ce passage est effrayant.
    Ce mauvais pas est vite oublié. Désormais, nous nous trouvons en pays civilisé. Le sixième jour au soir, nous dominons une vaste plaine où sétale une ville toute blanche : Tchen-lin. Léglise, bâtie sur une éminence, semble vouloir escalader le ciel avec ses fiers clochers. Le P. Lanco, curé, et le P. Harostéguy, son voisin, nous attendent. Nous sommes fatigués. Le lendemain, jour du Seigneur, redonnera du courage. Dailleurs, si le repos ny suffisait pas, le P. Lanco se chargerait dy suppléer par ses attentions et ses bons soins.... Le pays tout entier est en fête. Pensez donc : toutes les paroisses nont pas lhonneur de voir leur ancien curé élu pour lépiscopat. Cest le cas pour celle-ci. Cest marché, ce qui ne gâte rien. Je ne me lasse pas dadmirer les costumes différents et toujours bariolés des femmes dioy des pays hauts.

    Ici, une petite anecdote. En nous promenant sur le marché (Kai), voici que, sous une porte monumentale, nous apercevons, fixée par loreille, au bout dune perche, la tête dun brigand récemment exécuté. Sur le mur, une grande affiche : les considérants que les passants considèrent. Nous passons rapidement. A quelques pas de là, le Père Lanco demande à un chrétien : Connais-tu cette tête qui pend là-haut au bout dun bambou ? Sans laisser finir la phrase, le brave homme, tout souriant de répondre : Le pécheur le sait. Cest le Kia Tchou kiao. Ce qui veut dire : Cest Mgr Carlo !... Nous navons pas le courage de pousser plus loin nos investigations. Nous allons en porter la nouvelle...

    Le lundi soir, à Gan-chouen, le P. Durr nous reçoit, et nous avons lavantage de passer une soirée en compagnie du charmant P. C. Solignac. Puis, ce fut la route, la vraie, la grande route de 9 mètres, à peine ébauchée, mais très praticable. Mgr doit cheminer tout seul, ses bleus ont succombé à la tentation : ils prennent le galop de charge et le gardent tant que leurs chevaux peuvent le soutenir. La bonne idée de notre Gouverneur, la bonne route !!!

    Qui dira le charme des étapes de Gan-pin et Tsin-tchen, où, successivement, les PP. Ménel et Palissier nous entourent de soins. (Le P. Fortunat est même venu présenter ses hommages à celui quil pilota jadis sur la rivière Yuen). Mais rien ne peut nous arrêter. Ni la pluie, ni la boue, rien ny fait. Le 6 octobre, nous arriverons à Kwei-yang.

    A quelques lys de la ville : grand séminaire, collège, probatoire avec leurs professeurs, au grand complet ; les Pères de Kwei-yang nous attendent. Dans une vieille pagode abandonnée, un petit vin de tous les diables (cest lendroit ou jamais) nous fait oublier le crachin. Une heure après, cest le Terminus.

    Les jours passèrent vite jusquà celui du sacre. Je lai dit, on nest plus dans la brousse ici. Belle ville, belle cathédrale de style chinois, belles paroisses, le collège de Lou-tchong-kouan, le grand séminaire, le probatoire, le pensionnat pour jeunes filles, la Ste Enfance, et lhôpital, et le dispensaire, que de belles choses ! Au moindre bobo, un rien, un tour dongle, vite au dispensaire et aux petits soins, à vous donner envie davoir mal au doigt.

    Cependant, les Surs de N. D. des Anges sont très affairées : il faut préparer le sacre et confectionner les habits pontificaux du nouvel élu.

    Sans y prendre garde, nous sommes à la veille de la cérémonie. Lélu finit sa retraite au collège. Il va descendre pour la dernière répétition.

    Pour une consécration épiscopale, il faut trois évêques, cest entendu. Or, au Kwei-Chow on nen a quun, les autres sont à 20 ou 25 journées de route pas toujours tranquilles.... A la guerre comme à la guerre, dirait lautre... Les PP. Palissier et Séguret assisteront Mgr Seguin. Tout va bien jusquau dernier moment. Soudain, le P. Palissier est pris de violentes douleurs aux reins. Il faut sur-le-champ trouver un remplaçant. Dans les grands pays on a tout sous la main ; le moment venu, le P. Fayet prend la chape...

    La cérémonie fut toute simple, et donc ne perdit rien de ses enseignements. Les chants liturgiques, soutenus par un organiste tel que le P. Cheilletz, ajoutent encore à la poésie de lheure. Les séminaristes remplissent ponctuellement leurs fonctions. Le vaste sanctuaire du Pé-tang se prête fort bien aux évolutions. Une cinquantaine de prêtres français, allemands, chinois, remplissent les stalles, la nef est comble, remplie dune foule recueillie.

    La cérémonie terminée, cest presque lheure du repas. Au fond du réfectoire, près de la table dhonneur et la dominant, sur des draperies rouges semées de fleurs, on peut admirer, à côté des armes de Mgr Seguin, celles de Mgr Carlo composées par le P. Guettier et peintes par la sur Jeanne dArc.

    Voici les toasts. Mgr Seguin dit en quelques mots sa joie personnelle de consécrateur, celle des missionnaires qui nont pas pu venir aujourdhui, la joie de nos Supérieurs, celle de la Société tout entière. La cérémonie de ce matin est le terme de grands désirs, le résultat de beaucoup de sacrifices, elle est aussi laurore de belles semailles et de belles moissons.

    Mgr dHadrianopolis se lève, remercie de laccueil qui lui est réservé et assure la Mission-mère du souvenir ineffaçable du petit enfant. Si les liens administratifs sont rompus, les spirituels demeurent pour que, ici comme là-bas, le nom du Père qui est aux cieux soit sanctifié.

    Nous sommes au Kwei-chow. Les missionnaires de ce pays sont poètes et chansonniers. Le P. Ruault, bateau de Mgr Carlo, commence :

    1. Nous venons dassister à votre sacrifice.
    La victime parée est montée à lautel,
    Tout est fini : lencens, les flambeaux, le calice,
    Et le lévite enfin a fermé le missel.

    2. Tout est fini : Vous seul restez sur le calvaire.
    Bruyant, le peuple sest lentement écoulé,
    Vous restez seul avec la croix figée en terre.
    Entre la nuit qui monte et le ciel étoilé.

    3. Mais vous êtes vaillant : ce nest pas la souffrance
    Qui courbera ce front avant lâge blanchi :
    Déjà le bras sétend pour jeter la semence,
    Le regard cherche au loin le champ couvert dépis.

    4. Souffrir ! O mot divin qui ranime et féconde
    Le petit grain de blé caché dans le sillon
    Qui demain, jaillissant en gerbe lourde et blonde
    Dressera ses épis dorés sur lhorizon.

    5. Votre pays sétend en plaine et en montagne
    Couché nonchalamment sous un ciel africain,
    Là, depuis soixante ans, des prêtres en campagne
    Ont préparé la route à votre palanquin.

    6. Ils Sont tombés nombreux dans cette longue guerre,
    Terrassés par la fièvre ou bien fauchés martyrs.
    Mais ils peuvent dormir sous leur tertre de terre,
    Puisquils ont en mourant préparé lavenir.

    7. O vaillants ouvriers qui fîtes les semailles,
    Vous qui jadis avez connu les durs labours,
    Vous qui navez pas craint au soir de vos batailles,
    En rêve, dentrevoir laurore de ce jour,

    8. Dieu lui-même a comblé toutes vos espérances
    Dans les humbles splendeurs du sacre, ce matin,
    Par vous nous apprenons quau creuset des souffrances
    Se forgent bien souvent les joies du lendemain.

    9. Vous allez, Monseigneur, parfaire leur ouvrage,
    Cueillir avec amour leurs blés qui vont mûrir,
    Et, bien que lhorizon soit tout chargé dorage,
    Confiant aux lendemains, marcher vers lavenir.

    10. Vous noublierez jamais vos fiers compagnons darmes
    Qui vous ont tant aimé, dont plus dun, ce matin,
    A dû dissimuler, je le sais, quelques larmes
    Dans sa moustache en croc et sous son air malin.

    11. Pour vous ils ont prié la Vierge du Rosaire
    QuElle jonche de fleurs le chemin escarpé.
    QuElle soit près de vous au sommet du Calvaire,
    Comme autrefois, debout, près de son Bien-aimé.

    Puis le P. Laborde, toujours pétillant et jeune (63 ans) chante lune voix émue, sur lair de : Ils nen ont pas en Angleterre, la chanson suivante du P. Champeyrol :

    1. Au fond de leurs tombeaux poudreux,
    Ils ont, nos aînés valeureux,
    Tressailli de vive allégresse :
    Ce matin sest réalisé
    Le rêve dAlbrand caressé,
    Cest jour de joie et liesse,
    De Lanlung déjà séparé
    Le premier Pasteur est sacré.

    2. Au Kwangsi, par Lanlung, Kweiyang
    Hier encore mêlait son sang.
    Ils sont de chez nous les Mihières,
    Muller, Renaud, Schotter, Aubry,
    Et les sillons de ces deux terres
    De leur sang pur ensemencés
    Ont donné des épis pressés.

    3. Monseigneur, à vous de cueillir
    Les fruits du sang de ces martyrs
    Et de ces prêtres héroïques
    Dont le monde ignore les noms ;
    Héritier des Chouzy, des Lyons,
    Vous suivrez leurs traces épiques,
    Vous serez, pasteur vigilant,
    Comme eux un chef au cur vaillant.

    4. Bon pasteur, il faudra souffrir,
    Lutter, pleurer, prier, gémir :
    Cest le lot du missionnaire.
    Car il ne peut ouvrir les cieux
    Quen gravissant, le cur joyeux,
    Un long et pénible calvaire,
    Comme le Christ ployant parfois
    Sous le poids dune lourde croix.

    5. Vos prêtres, Vénéré Seigneur,
    Ont tous vu luire avec bonheur
    De ce jour laurore, sereine.
    Sous votre bâton pastoral,
    Ils suivront le chemin royal,
    Tous à lhonneur comme à la peine,
    Et sans murmure, avec amour,
    Ils porteront le poids du jour.

    6. A Kweiyang le cher souvenir
    De Lanlung ne saurait périr.
    Enrôlés sous le même emblème,
    Du Christ nous sommes les soldats,
    Nous subirons mêmes combats,
    Unis jusque dans la mort même,
    Au ciel encore nous chanterons :
    Vive Kweiyang ! Vive Lanlung !

    7. Monseigneur, de nos curs vers Dieu
    Sélance, comme un trait de feu,
    Pour vous une ardente prière :
    Quen cette église de Lanlung
    Votre épiscopat soit fécond,
    Quentre vos mains tout soit prospère !
    Que votre Benedicat vos
    Sy redise ad multos annos!

    Je nen finirais pas si je voulais relater en détail la promenade de NN. SS. les évêques dans lauto et en compagnie du Gouverneur de la Province, ou les adresses poétiques et musicales des prêtres chinois et séminaristes. Citons du moins ce refrain :

    Lætare, O Filia Lanlung,
    Salus tibi per hunc pastorem,
    Digne selectum in episcopum,
    Ut Te perducat ad Deum benedictum.

    A trois heures, salut solennel donné par Mgr le Vicaire Apostolique de Lanlung. Aussitôt après, des ordres circulent, lun fait seller son cheval, un autre change de chaussures, des coups de sifflets, des poignées de main, des saluts par-ci, des saluts par-là, les bruits séloignent, la maison est déserte. On pourrait le croire, du moins, après le départ de MM. les Professeurs, curés, prêtres chinois et séminaristes. Ne vous fiez jamais aux apparences... La veillée ne fut pas triste. Toutes les chansons du Kwei-chow eurent leur tour. Il y eut des jeux, des histoires.... On chante en français, en allemand, en auvergnat, en provençal, et enfin en latin pour le : O quam bonum et quam jucundum habitare fratres in unum...

    Ah ! quil est doux de se trouver ensemble en mission ! Comme avant le sacre, le temps ne dure pas... Il faut tout de même se décider à partir. Ma consigne de bleu était de suivre le mouvement : ma parole ! je ny ai pas manqué en le précédant...

    Le dimanche suivant, installation du jeune curé du Pé-tang. Cest le vice-bleu de la Mission. Mais aux âmes bien nées....

    Le lundi soir, le dernier, séance solennelle. A la fin de la veillée, nous chantons le chant du départ de la rue du Bac aux PP. Allemands du S. C. dIssoudun. Ils partent aussi demain, pour lest de la province, poser les jalons de leur future Mission. Le P. Winkelman, très ému, nous remercie, et Mgr Carlo lassure de nos sentiments fraternels. Le chant des Martyrs termine la séance. Les missionnaires de Lanlung gardent des PP. du Sacré-Cur le meilleur souvenir. On était en famille avec eux et cétait réciproque.

    Le lendemain, départ. Il faut se décider à prendre, nous, la route du sud. Derniers mercis, dernier au revoir, et à cheval !...

    Que dimprévus sur cette route !
    Par exemple, les deux bleus ne prévoyaient pas que, dès le troisième jour, leurs chevaux allaient boiter, boiter, boiter...

    Autre surprise, agréable celle-là, de se voir, bien avant Tchen-lin, escortés par une troupe, sans cesse accrue, de musiciens indigènes.

    Nous passons la belle fête de la Toussaint à Kiang-long, premier poste de Mgr. Un beau soir, alerte ! Trois jours auparavant, les brigands avaient pillé une famille en ville. Ce soir donc, le Père veut absolument voir des brigands autour des lanternes qui, lentement, descendent la montagne.... Informations prises, cétaient des paysans qui cherchaient leur buffle égaré....

    Et nous reprenons la route du retour. A Mou-you-se, nous sommes les hôtes du bon Père Hou. Puis, cest le Houa-kiang. Passage plus pénible quà laller ; il a plu les jours précédents. Cela nembellit pas les routes. Mais, sitôt leau franchie, nous sommes sur notre territoire. On était presque habitué à un doux farniente. Il était temps den sortir.

    Seulement, quand, passé le col, on sengage dans létroit défilé qui conduit à Lanlung, les deux bleus se tournent lun vers lautre en confessant : Nos anciens disaient vrai, il est terrible ce Houa-kiang !...

    A. SIGNORET,
    Missionnaire de Lanlung.

    1928/100-109
    100-109
    Signoret
    Chine
    1928
    Aucune image