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Chronique du Séminaire de Paris et des Missions 3

Chronique du Séminaire de Paris et des Missions 3 Séminaire de Paris La fête de saint Français Xavier a été célébrée très solennellement, les deux communautés réunies. Mgr de Guébriant a célébré la Messe et prononcé un discours dune rare élévation. Au déjeuner qui suivit la cérémonie religieuse assistaient Mgr Le Roy. Mgr Fortes (Ouganda), Mgr Odelin, les Vice-amiraux de la Jaille, Auvert. MM. les Curés de S.-Sulpice, de N.-D. des Victoires, etc..
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    Chronique du Séminaire de Paris et des Missions 3


    Séminaire de Paris

    La fête de saint Français Xavier a été célébrée très solennellement, les deux communautés réunies. Mgr de Guébriant a célébré la Messe et prononcé un discours dune rare élévation. Au déjeuner qui suivit la cérémonie religieuse assistaient Mgr Le Roy. Mgr Fortes (Ouganda), Mgr Odelin, les Vice-amiraux de la Jaille, Auvert. MM. les Curés de S.-Sulpice, de N.-D. des Victoires, etc..

    Le soir même de la fête, Mgr partait pour Soissons. Le lendemain dimanche, la Communauté de Paris prêtait son concours à la célébration de la fête patronale à léglise Saint-François-Xavier, où officiait le Nonce, S. E. Mgr Ceretti.

    A son grand regret, Mgr na pu aller présider la fête patronale de notre Séminaire de lImmaculée-Conception, à Bièvres, célébrée comme toujours dans la plus joyeuse cordialité par les deux communautés réunies. S. G. avait accepté de présider la même fête au Collège Saint-Aspais, à Melun, où professent deux de nos Confrères, les PP. Lebel (Nagasaki) et Saulçoy (Cambodge). A la grandmesse, Mgr assista au trône et adressa une allocution aux 300 élèves. Le soir, vêpres pontificales, suivies dune très intéressante soirée artistique dans la salle des Fêtes. Mgr prit encore la parole devant une assistance très nombreuse, qui groupait professeurs, élèves, clergé de la ville, parents des élèves et amis du Collège.

    Le P. J.-B. Michotte continue sa tournée de conférences en Belgique.

    Le 14 Décembre, à Saint-Germain-des-Prés, réunion mensuelle de luvre Apostolique : Mgr de Guébriant, après avoir procédé à linstallation du nouveau Directeur de luvre, M. le Chanoine Boucher, qui succède à Mgr Dien, a donné une conférence sur lEglise catholique en Sibérie.

    Le 17 Décembre, dans la chapelle du Séminaire, Mgr a ordonné 11 tonsurés, un sous-diacre, et 3 prêtres. Ces derniers ont reçu, le jour même, leur destination : M. Astoul (Luçon) pour la Mandchourie Septentrionale, M. Le Mercier (S.-Brieuc) pour le Kientchang, et M. Thibaud. (Bordeaux) pour le Laos. Ils ont été les premiers et heureux bénéficiaires dune décision récente, qui porte de deux semaines à quatre la durée du congé accordé aux Partants pour les adieux à la famille. Ils ont dû sembarquer fin Février.

    Le 18 Décembre, à 3 heures, Mgr donnait une conférence sur les Lolos dans la salle des Patronages de N.-D. dEspérance ; à 4 heures, présidait, dans cette chapelle, une cérémonie organisée par le Souvenir Français pour les soldats du XIe arrondissement tombés au champ dhonneur, et de là se rendait à Issy, au Séminaire S.-Sulpice, pour y donner la lecture spirituelle. Les Directeurs et les 320 élèves des deux Communautés de Théologie et de Philosophie y assistaient : elle dura une heure, et de fréquents et chaleureux applaudissements prouvèrent combien la question des Missions et la personne de lorateur étaient sympathiques à ce milieu délite.

    En conformité avec lart. 85 du Règlement, Mgr a nommé le P. Chabagno Assistant du Directeur de la Communauté de Paris, et le P. Bouffanais Assistant du Directeur de la Communauté de Bièvres.

    Le P. Léculier, représentant du groupe des Missions de Cochinchine et Cambodge, retenu par diverses affaires, narrivera à Paris que dans la première quinzaine de Mars.

    Le P. Sapin (Canton) est entré comme professeur à lInstitution S.-Jean de Douai, et le P. Dubulle (Cochinchine Orientale) comme aumônier chez les Surs Dominicaines de la Présentation à Meudon.

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    Cest la veille de Noël quest arrivée au Séminaire la bonne nouvelle de lélévation de Mgr de Guébriant à la dignité dArchevêque de Marcianopolis et dAssistant au Trône pontifical, confirmée officiellement par la lettre suivante.

    Rome, 23 Décembre 1921.

    Illme et Révme SEIGNEUR,

    Jai le plaisir de vous annoncer que le S.-Père a daigné promouvoir Votre Seigneurie au titre archiépiscopal de Marcianopolis et vous nommer Assistant au Trône Pontifical.

    Je vous remets ci-joint le décret de la S. C. Consistoriale avec les serments à prêter, en relation avec cette nomination. Je vous ferai transmettre le Bref de nomination dAssistant au Trône dès quil sera prêt.

    Je me réjouis sincèrement de cette marque destime que le S.-Père a voulu vous donner, à vous qui avez si bien mérité des Missions de lExtrême-Orient ; elle honore en vous le Missionnaire infatigable, le Vicaire Apostolique, en même temps que le Visiteur Apostolique de la Chine et de la Sibérie.

    Que le Seigneur vous conserve longtemps, bénisse les efforts que vous consacrerez désormais au Séminaire de la Société des Missions-Étrangères et daigne perpétuer dans cette maison lesprit de ses fondateurs.

    Avec mes sincères félicitations, veuillez aussi agréer les vux que je vous offre pour le commencement de la nouvelle année. Je prie Jésus Enfant de vous accorder des jours nombreux et prospères.

    Votre très dévoué Serviteur
    G.M. CARD. VAN ROSSUM, PRÉF.
    P. FUMASONI BIONDI, SECR.


    La grande famille des Missions-Étrangères applaudit de tout cur aux paroles de S. E. le Cardinal Préfet de la S. C. de la Propagande et sunit de loin à ceux qui ont pu offrir de vive voix à notre vénéré et très aimé Supérieur de respectueuses félicitations et lui exprimer en même temps toute notre joie et notre fierté !

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    Dans une circulaire adressée le 30 Décembre dernier à tous les membres de la Société présents en France, Mgr le Supérieur disait :

    Lannée 1922 marque, pour la Société et les Missions, le point culminant de la crise ouverte il y a sept ans, à la déclaration de guerre. Notre personnel a été depuis lors en épuisant son effectif et ses forces, sans que le Séminaire ait pu encore fournir de renfort appréciable. Que chacun prenne sa part de leffort par lequel la terrible crise sera enfin surmontée... En priant les uns pour les autres, demandons à Dieu de rendre nos chers malades à la santé et à leur vocation, de soutenir les forces de ceux qui, méprisant lâge et la fatigue, se dépensent si courageusement dans les Missions, et très spécialement de conserver à la Société la santé précieuse et les services inappréciables de M. Delmas.

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    Ce dernier désir de notre vénéré Supérieur ne devait pas être exaucé. Depuis son retour dExtrême-Orient, le P. Delmas éprouvait, par accès, de fortes douleurs intestinales. Sa force dâme extraordinaire en a dissimulé pendant quelque temps la gravité ; mais, le mal empirant, après consultations et radioscopie, une opération a été jugée nécessaire : elle eut lieu, à lhôpital Saint-Joseph, le lundi 12 Décembre. Le cher malade la supporta courageusement, et, vers la fin du mois, il commençait à se lever. On parla dune application de radium, qui fut faite, en effet, dans de bonnes conditions pendant trois jours. Malheureusement une forte grippe amena des complications, puis lissue fatale redoutée.

    Le 31 Décembre, au soir, échange des vux de nouvel an. Après le souper, les membres de lAdministration centrale, les directeurs du Séminaire et les frères-coadjuteurs se réunirent au salon, où le P. Bernat exprima en termes délicats les sentiments de tous pour la personne de notre vénéré Supérieur et pour toute la Société. Mgr, reprenant lappellation de Père, que venait de lui donner notre doyen, dit combien ce titre lui était doux à entendre et combien il a à cur dêtre vraiment un père pour tous. Puis il remercie tous ses collaborateurs pour le concours si cordialement dévoué quil a trouvé en eux et dont chaque jour lui révèle la portée. Arrachés les uns et les autres de Missions qui nous restent bien chères, cest dans une collaboration toujours plus intime et plus active à leur service que nous trouverons notre meilleure consolation.

    A 6 h. ½ , à la salle des exercices, les aspirants avaient déjà présenté leurs vux à Mgr, et un salut solennel du Saint-Sacrement donné par S. G. avait clôturé lannée 1921.

    Mgr a officié pontificalement au trône pour la première fois dans notre chapelle le jour de lEpiphanie, fête du Séminaire. La communauté de Bel-Air sétait jointe à la nôtre, comme dhabitude. Nous eûmes lhonneur davoir à notre table Mgr Descamp, Directeur de luvre de Saint-Pierre, Mgr Boucher, Directeur de luvre Apostolique, M. le Curé de S.-François-Xavier et les deux Docteurs de la Maison.

    Mgr a présidé la fête de sainte Geneviève à Saint-Etienne-du-Mont le 8 Janvier.

    Sur laimable proposition de Mgr Baudrillart, Mgr a accepté de faire partie du Comité Catholique des Amitiés françaises à létranger.

    Le 10, au dîner mensuel (80 couverts) de la Société de Géographie, Mgr a été invité à prendre la parole. M. Riou, sous-secrétaire dEtat à la Marine marchande et président de la Société, la vivement remercié et de sa présence et de ses paroles.

    Le 15, Mgr a célébré la messe et fait une conférence au Cercle des Francs-Bourgeois devant un millier de jeunes gens.

    A la messe mensuelle de luvre des Partants, le 9 Janvier, le P. Fouque a fait une conférence très goûtée sur lécole chinoise moderne.

    Invité par Mgr Odelin, Président du Comité des Congrès Eucharistiques nationaux en France, à nommer un Missionnaire membre correspondant de ce Comité, Mgr le Supérieur a désigné le P. Fouque.

    Le P. Le Gall se dévoue depuis deux ans déjà aux tirailleurs indigènes catholiques annamites et même malgaches, dans les régions de Fréjus et de Toulon : il y a obtenu des résultats très consolants et se loue grandement des bontés de Mgr de Fréjus à son égard.

    Le P. Iffly vient de passer deux mois et demi à lhôpital de N.-D. de Bon-Secours à Metz. Il est actuellement beaucoup mieux, mais encore bien faible.

    Rome

    Outre le Congrès Eucharistique international et le troisième anniversaire séculaire de la fondation de la S. C. de la Propagande, Rome se prépare à célébrer par des fêtes solennelles le centenaire de la canonisation des cinq saints : S. Philippe de Néri, S. Ignace de Loyola, S. François-Xavier, S. Isidore le Laboureur et Ste Thérèse, tous canonisés par le Pape Grégoire XV au mois de Mars 1622.

    Cette année verra également fêter le centenaire du martyre de S. Fidèle de Sigmaringen (24 Avril 1622), le premier Missionnaire envoyé par la Propagande, et de la mort de S. François de Sales (28 Décembre 1622).

    Le 1er Janvier, il y a eu réception aux deux ambassades : les PP. Garnier et Roulland sy sont rendus.

    Procure de Marseille

    Le P. Villemot, de la Mission de Seoul, débarqué le 12 Décembre, a été autorisé à se rendre directement dans sa famille.

    Les PP. Entressangle (Cambodge), Ferré (Cochinchine Occidentale) et Gaspard Mugnier (Cochinchine Orientale) sont autorisés à passer les mois dhiver à la Procure.

    Sanatorium de Montbeton

    Au 1er Janvier de cette année, outre le P. Sibers, Supérieur, et le P. Roucoules, Assistant, 21 de nos Confrères se trouvaient à Montbeton, à savoir : les PP. Boutier (Coch. Occid.), Langlais (Tôkyô), Guéneau (Nazareth), Gratuze (Cambodge), Ringenbach (Yunnan), Feillon (Tonk. Marit.), Harnois (Tôkyô), Brunel (Kouytcheou), Wendling (Coch. Orient.), V. Chaumartin (Kumbak.), Destaillats (Yunnan), Bareille (Pondich.), Asseray (Coch. Orient.), Guillot (Coch. Orient.), Villeneuve (Mandch. Mérid.), Bréas (Pondich.), Pradel (Canton), Grandjean (Thibet), Coste (Canton), Poyet (Coch. Orient.), Sovignet (Kumbak.) Le P. Gaillard (Haut-Tonk.) y était mort quelques jours auparavant, et lon y attendait le P. Mendiondo (Pondich.).

    Dans le court de lannée 1921, 55 Confrères ont passé au Sanatorium, représentant un total de 7.075 journées.

    Procure de Hongkong

    Le mois de Janvier est, pour la Procure Générale, le mois des comptes. Aussitôt arrivé, notre nouveau Confrère le P. Morin sest vaillamment mis à luvre et, grâce à ce renfort venu bien à point, les comptes ont pu être arrêtés et relevés une dizaine de jours plus tôt que de coutume : les premiers ont été expédiés le 27 Janvier, ce qui est un record.

    Le 22 Janvier arrivait de France le P. Charvet, S. J., envoyé comme professeur à lEcole Commerciale et Industrielle nouvellement ouverte à Tientsin par les Pères Jésuites.

    Le 27, le R. P. Lynch, Supérieur des PP. Rédemptoristes des Iles Philippines, nous apportait des nouvelles de nos Confrères de Malaisie et nous disait combien il avait été édifié, au cours des nombreuses retraites quil a prêchées dans cette Mission, par ladmirable abnégation de Mgr Mérel, par lexcellent esprit et le bel entrain de nos Confrères.

    Par malle anglaise, le dernier jour de Janvier, nous recevions. le R. P. Lefebvre, de la Congrégation de Scheut, se rendant au Kansou pour essayer dy établir un Sanatorium, où les Missionnaires belges travaillant en Mongolie pourraient trouver les soins désirables.

    Le 12 Janvier éclatait à Hongkong la grève de tous les équipages chinois du port. Au fur et à mesure que les bateaux arrivaient, les Chinois les abandonnaient, et nous eûmes, au bout de 15 jours, jusquà 167 vapeurs détenus sur rade. Pendant ce temps les grévistes et leurs chefs étaient partis chercher refuge et assistance à Canton, se réclamant de leur Père Sun Yat-Sen. La grève se prolongea, les bateaux évitèrent nos parages : le nombre des passagers reçus à la Procure fut extrêmement réduit. Seules les lettres continuèrent à nous arriver, et encore certains sacs de dépêches restèrent-ils trois semaines à bord des bateaux sans être débarqués. Pour répondre nous neûmes bientôt plus de communications quavec Shanghai et Singapore : il a pu en résulter des retards inévitables dans notre correspondance. Cest là ce qui les explique. Actuellement encore il nous est impossible de correspondre avec la Mission du Kouangsi, à cause de la mauvaise volonté des grévistes dici à Outcheou, et, au-delà de ce port, par suite de linsécurité des voies de communication. Un simple fait en dira long sur le régime de terreur qui prévaut au Kouangsi. Des caisses expédiées de Hongkong le 26 Décembre et arrivées deux jours plus tard à Outcheou, attendent encore là, depuis près de deux mois, que, sinon les voyageurs, les marchandises au moins puissent naviguer en sécurité. Tel est le résultat de la conquête du Kouangsi par les Cantonais et de la présence du grand réformateur Sun Yat-Sen dans cette province.

    Cest au milieu du désarroi causé par la grève que la malle française Armand Béhic nous arriva le 2 Février : Faute de coolies pour décharger ses marchandises, le paquebot ne séjourna que deux heures dans le port. Un Père et deux Frères belges de. Scheut, qui se trouvaient à bord, ne purent descendre à terre. Nous les avons salués en allant embarquer notre Confrère le P. Morin, qui nous quitta par ce navire pour aller donner à notre Procure de Shanghai le renfort désiré depuis si longtemps.

    Procure de Singapore

    Le P. Couvreur, pour qui la réacclimatation dans les pays tropicaux semble devoir être dure, avait quitté Singapore pour chercher temporairement à Dalat, en Cochinchine, une température plus bénigne. Il nous est revenu enchanté de son séjour dans ce délicieux sanatorium.

    Penang

    Le 3 Décembre, Mgr Perrichon, sacré le dimanche précédent, a ordonné, dans la chapelle du Collège, un prêtre, six diacres et un minoré. Le prêtre, un des diacres et le minoré appartiennent au diocèse de Malacca. Les cinq autres diacres sont de la Mission de Birmanie Méridionale : ils y sont repartis pour se préparer au sacerdoce.

    Nazareth

    La mort est venue frapper à la porte de Nazareth et nous a enlevé notre bon petit Père Kircher : ce sera une vive peine pour ceux qui laimaient, cest-à-dire pour tous ceux qui le connaissaient.

    Après 18 années de mission au Yunnan, il avait été agrégé à notre maison en 1911 : cétait un de nos anciens. Chargé de la librairie et de la reliure, il sacquittait de son travail avec beaucoup de soin, dordre et de régularité. Depuis six mois il avait ressenti les atteintes dun mal inexorable, dont les progrès furent lents, mais continus. Dans la maladie il se montra tel quil était en santé : toujours calme, aimable, souriant, et tel il fut jusquà ses derniers moments. Il vit venir la mort sans crainte : il sy préparait depuis longtemps. Il sest éteint doucement le 18 Février au soir, muni de tous les secours que lEglise ménage à ses enfants au sortir de cette vie : cétait un samedi, jour consacré à Marie, et la douce Vierge, en lhonneur de laquelle il avait égrené tant de chapelets, dut laccueillir avec son plus maternel sourire ; cétait la fête de nos Bienheureux Martyrs, et ils furent heureux de présenter à Dieu lâme de leur petit frère... En voyant le cher défunt couché dans son cercueil comme sil venait de sendormir, à peine plus pâle et amaigri que de son vivant, on se prenait à murmurer intérieurement : Fiant novissima mea horum similia !

    Tôkyô

    A la fin de lannée dernière, un Noviciat régulier pour les Surs indigènes de la Congrégation du Saint-Enfant Jésus de Saint-Maur a été érigé à Tôkyô, à létablissement même que possèdent les Dames de Saint-Maur dans le quartier de Yotsuya et qui est en pleine prospérité avec ses 1240 élèves. La Supérieure de cet établissement a été nommée Visitatrice pour les maisons de Yokohama (872 élèves) et de Shizuoka (665 élèves). Cette organisation est due à la Rde Mère Supérieure Générale de lInstitut, qui, pour la première fois, a visité en personne les trois établissements de sa Congrégation au Japon. Cest aussi à son initiative que neuf Surs japonaises ont dû dêtre admises à la profession des vux perpétuels. Après trois mois passés au Japon, la Supérieure Générale sest embarquée, le 30 Novembre, pour la Malaisie, où sa Congrégation compte sept établissements.

    On prépare à Tôkyô, dans le quartier dAzabu, la fondation dun hôpital catholique, qui sera tenu par des Surs de Charité attendues dAustralie. LAssociation des Dames catholiques de la paroisse a ouvert un bazar de charité pour contribuer à lérection de cet hôpital, dont les. Surs doivent supporter la plus grande partie des frais.

    Dans cette même paroisse dAzabu saccuse un mouvement sensible de conversions parmi les contremaîtres et ouvriers dune grande usine du quartier. Chaque dimanche .une conférence religieuse est faite au parloir de léglise à lintention de ces catéchumènes et des païens qui désirent connaître la religion.

    Au service solennel célébré à la Cathédrale le 30 Janvier pour le Pape défunt, le Prince Kanin, assistant du Prince Impérial Régent de lEmpire, le Ministre de la Maison Impériale et le Ministre des Affaires-Étrangères sétaient fait représenter, et tous les membres du Corps diplomatique y assistaient en personne.

    Le Maréchal Joffre, venu au Japon pour remercier le Prince Régent de sa visite en France et débarqué à Yokohama le 20 Janvier, a tenu, malgré un programme très chargé de réceptions, à exprimer aux religieux et religieuses de France, qui se dévouent à Tôkyô et à Yokohama aux uvres déducation, ses sentiments personnels de sympathie, ainsi que ceux du gouvernement français. Le 28 Janvier, il visitait à Yokohama les écoles des Marianistes et des Dames de Saint-Maur ; le 30, à Tôkyô, les établissements des Marianistes, des Dames de Saint-Maur et des. Surs de Saint-Paul de Chartres.

    Hakodate

    Dans une circulaire adressée à ses Missionnaires à la date du 28 Décembre, Mgr Berlioz annonce que, sur lautorisation de la Propagande, il se rendra aux Etats-Unis après les fêtes de Pâques. Mu, dit Sa Grandeur, par le désir de consacrer ce qui me reste de forces au bien général de la Mission et en particulier au relèvement du poste (Hakodate) qui fut son berceau,... introduit, auprès de la hiérarchie des Etats-Unis... jai confiance que, en dépit des innombrables et très urgents besoins de lheure actuelle, la charité catholique trouvera encore le moyen de sexercer à légard de notre Mission. Jattends, du reste et surtout, lefficacité de mes humbles efforts des prières et bonnes uvres que tous, clergé, communautés et fidèles, voudront bien offrir à cette intention.

    A cause du départ de Mgr, la retraite annuelle sera avancée et commencera le vendredi 7 Avril pour se terminer par les belles cérémonies du Jeudi-Saint.

    Seoul

    Apprenez que, même à la Mission de Seoul, on commence à entrer dans la voie du progrès : il y a maintenant la lumière électrique oh ! Pas à lEvêché, mais à côté, au presbytère, chez le cher Père Provicaire.

    Notre nouveau Confrère, le P. Léon. Pichon, nous est arrivé à bon port le 24 Janvier : il sappellera désormais Syong Sinpou.

    Le Bulletin de Seoul paraîtra dorénavant les 10 et 25 de chaque mois,... comme le Correspondant, a malicieusement remarqué quelquun.

    Le nombre des jeunes gens qui viennent de la province étudier à Seoul devenant de plus en plus considérable, les principaux habitants de la capitale ont décidé douvrir une souscription en vue de construire un grand établissement où logeraient les étudiants. Lhôtel projeté coûtera environ 500.000 yen.

    LAssociation Nationale, qui semblait péricliter depuis la mort de son fondateur, paraît avoir repris une nouvelle vigueur : elle compte maintenant plus de 10.000 membres.. Dans une réunion récente, une résolution a été votée, demandant pour la Péninsule une loi parlementaire et un gouvernement autonome. Cette autonomie nimpliquerait pas cependant la séparation du Japon ; car, demeurant unie à ce grand Empire, la Corée pourrait tenir dans le monde une place plus grande que si elle était indépendante.

    Taikou

    On annonçait depuis longtemps une grande réforme dans les conditions de lenseignement en Corée. Une partie de cette réforme, celle qui réglemente létablissement des écoles secondaires, vient dêtre publiée.

    Après avoir dit quauparavant les autorisations douvrir des écoles primaires ont été données trop facilement et sans enquêtes suffisantes, ce qui a souvent produit des résultats contraires à ceux que lon attendait, il est déclaré que, pour accorder lautorisation douvrir des écoles secondaires, le gouvernement exige les conditions suivantes :

    1º Ceux qui voudront établir des écoles secondaires devront dabord obtenir la personnalité civile.

    2º Les lieux où seront situées ces écoles, les bâtiments et toutes les choses nécessaires à léducation devront être convenablement établis et choisis,

    3º La dépense minimum annuelle exigée pour les établissements comprenant 10 classes sera de 40.000 yen, et de 28.000 yen pour ceux qui auront seulement 5 classes.

    4º On devra prendre les moyens dassurer le maintien des écoles projetées daprès les conditions ci dessus énoncées.

    Il sensuit donc que, pour avoir la somme des dépenses exigées chaque année, il faudra un capital denviron 450.000 yen pour les écoles ayant 5 classes, et denviron 700.000 yen pour celles de 10 classes.

    Mandchourie Méridionale

    Le Bulletin de Février a donné lheureuse nouvelle de la nomination du P. Blois comme Vicaire Apostolique de la Mandchourie Méridionale. Depuis le mois dAoût dernier il tenait les rênes du gouvernement. En effet, Mgr Choulet, Administrateur Apostolique, avait été victime dun accident qui, à ce jour, lui rend encore tout travail impossible. Dune main ferme et sûre le Supérieur intérimaire tenait le gouvernail de lesquif Sud-Mandchou. Le télégramme de Rome est donc venu le confirmer à ce poste.

    Dans sa première lettre à ses Missionnaires le nouveau Vicaire Apostolique dit navoir accepté le lourd fardeau jeté sur ses épaules que parce quil est persuadé de la bonne volonté de tous. Son mOt dordre est : Prière et Travail. Tous ceux qui connaissent notre nouvel Evêque ne seront pas étonnés de cette consigne et avec nous ils se réjouiront du choix de la Providence. Les qualités dorganisateur habile et dadministrateur prudent déployées par lui dans les divers postes quil a occupés sont de bon augure pour la fécondité de son épiscopat.

    Notre confrère le P. Lamasse est en ce moment à Nazareth de Hongkong, où il prépare la 2e édition de son excellent Manuel de Langue chinoise écrite, dont la première est déjà presque épuisée.

    Le dimanche 29 Janvier, à Chang-chun (Kirin), Mgr Gaspais, Coadjuteur de Mandchourie Septentrionale, a bien voulu ordonner prêtres deux diacres de notre Mission, ce qui porte à 18 le nombre de nos prêtres indigènes.

    Mandchourie Septentrionale

    Mgr Gaspais a presque terminé sa longue tournée pastorale : il y a un mois il était à Tongken, à lextrême nord de la Mission ; il est aujourdhui dans la région dItong, qui en est lextrême sud. Quand paraîtront ces lignes, S. G. sera de retour à Kirin, après avoir visité pendant lhiver 15 districts sur les 20 qui forment la Mission. Ces 15 districts comprennent 48 chrétientés, dont un grand nombre, celles du nord en particulier, navaient pu être visitées depuis longtemps.

    Lhiver, cette année, a été dune rigueur extraordinaire. Pendant la première quinzaine de Janvier, le thermomètre à Kirin se tenait chaque matin aux environs de 40º ; à Harbin on enregistrait alors 47º, ce qui suppose, pour la région de Tongken, une température inférieure à 50º. On me croira, je pense, si je dis quà cette saison, la seule où les routes de nos pays soient praticables, les voyages cependant manquent un peu de charme.

    Mais ce que tous les Missionnaires redoutaient pour Mgr de Canope et pour ses compagnons, cétait moins les rigueurs de la température que les pericula latronum. Des bandes de 400, 600, 1000 brigands et plus, rôdent en permanence sur le plateau de Tongken, et, si la Colonie Saint-Joseph est restée jusquà ce jour à labri de leurs incursions, cest que le P. Roubin et ses chrétiens en ont fait une véritable ville-forte, que les bandes les plus audacieuses nosent attaquer. On ne peut cependant rester toujours à labri des remparts, et, en se rendant à un village chrétien situé à quelques lys au nord, Mgr par deux fois rencontra ces fameux brigands, qui regardèrent défiler le cortège épiscopal sans lattaquer. Dieu en soit loué, car, si imposante que fût lescorte de S. G., la partie aurait été très inégale et les pires malheurs étaient à redouter.

    Yunnan

    Trois Pères de Bétharram se sont embarqués à Marseille, à la fin de Janvier, pour le Yunnan, où Mgr de Gorostarzu leur offre un champ dévangélisation.

    Kouytcheou

    Depuis le 14 Décembre un de nos prêtres chinois, le P. Aloïs Yang, a été emmené de force par les brigands, qui ne lont pas encore relâché.

    Pour empêcher lincendie de la ville de Outchouan, dont il est le curé, le Père était entré en pourparlers avec les brigands. A force de palabres, il obtint que, moyennant versement dune somme de 8.000 taëls, la ville serait épargnée. 2.000 taëls furent aussitôt livrés et le reste devait être remis peu après ; mais la ville tardant à sacquitter, les brigands perdirent patience et emmenèrent le Père comme otage jusquau jour où la somme promise serait versée intégralement. Or les notables, reniant la parole donnée, refusent de payer, et notre pauvre Père est toujours captif. Le P. Bacqué, missionnaire à Meytan, a pu correspondre avec le chef des brigands, et lon espère quil arrivera à obtenir la liberté du prisonnier.

    En présence de tels faits qui se reproduisent ailleurs, on est en droit de se demander si la Chine est mûre pour la suppression de lextraterritorialité et sil serait prudent, de la part des Européens, de renoncer à la juridiction consulaire.

    Canton

    Le 26 Janvier un service solennel a été célébré à la Cathédrale à lintention de S. S. Benoît XV. Le Ministre des Affaires-Étrangères et le Gouverneur civil sétaient fait représenter ; le Corps-consulaire et les notabilités chinoises ou étrangères y assistaient.

    Swatow

    La piraterie a considérablement diminué dans nos parages. La grève des équipages chinois a immobilisé dans notre port une quinzaine de vapeurs ; ce sont les bateaux japonais qui nous maintiennent en relations avec le monde extérieur.

    Le 5 Février les tireurs de pousse-pousse se sont mis en grève.

    Kouangtong Occidental

    La piraterie continue impunément ses exploits dans notre région. Le jour de Noël, 200 pirates ont pillé le marché de Kong-ping, tuant cinq hommes et emmenant, pour les revendre, une douzaine de jeunes filles. Le 18. Janvier, ils attaquaient un petit village, dont ils massacrèrent tous les habitants, en tout 28 personnes, puis ils incendiaient le marché de Ping-wong. Les troupes chinoises se sont enfin décidées à marcher contre les brigands, qui ont été renforcés par des troupes défaites au Kouangsi et par danciens pirates du Lui-tcheou.

    Un détail à relever: parmi les filles enlevées à Kong-ping, les pirates en gardent deux ou trois, dont ils veulent faire leurs femmes, et, pour leur donner un cur brave, audacieux, digne de leurs futurs maris, ils leur ont fait manger du foie humain !... Les autres ont été rachetées par leurs familles.

    Kouangsi

    Au mois de Décembre derniers, les Kouangsinais, au nombre de 5.000, avaient repris Pésé. Manquant de munitions, ils étaient disposés, disaient-ils, à se soumettre aux Cantonais ; mais les conditions furent, sans doute, trouvées exorbitantes, car les pourparlers naboutirent pas et la lutte recommença.

    La tactique des Kouangsinais nest pas compliquée : Si tu recules, javance ; si tu avances, je recule. Voyant les Cantonais arriver en force, ils évacuèrent Pésé, emportant 100.000 piastres de contribution de guerre.

    La tactique des Cantonais est simple aussi. Ne pouvant atteindre leurs insaisissables adversaires, ils pillent et brûlent tous les villages qui leur ont donné abri. Cest ainsi que plus dun millier de hameaux, échelonnés entre Nanning et Pésé, sont devenus la proie des flammes. Lorsquils rentrèrent dans Pésé, le 11 Janvier, ce fut, vers la Mission catholique, une ruée de réfugiés redoutant des représailles. Leur crainte était justifiée : Il serait difficile, écrit le P. Humbert, de dire comment se sont .comportés les Cantonais ; il ny a quun mot qui puisse les qualifier : ce sont de vrais bandits.

    Dans la région de Kouyhien, ils pénètrent dans un village chrétien sous prétexte dy chercher des voleurs. Ne trouvant rien, ils entrent dans la chapelle, où ils brisent tout ; ils ont frappé les chrétiens et en ont emmené une dizaine enchaînés.

    A la campagne, dit le P. Labully, cest tine peur intense, une attente fiévreuse : dès quon voit arriver de loin, les soldats cantonais, lalarme est donnée et tout le monde se sauve dans la montagne. Cest vraiment une vie intolérable.

    La ville de Kouylin, où réside Sun Yat-Sen est respectée, mais les environs sont ravagés.

    Le P. Cuenot revenait de la visite dune de ses chrétientés, quand il fut arrêté par une bande de brigands, tous armés de fusils, de revolvers, de couteaux, qui lui prirent son cheval et son argent. Quelques heures plus tard il tombait sur une autre bande, qui lui enleva tous ses bagages et tous ses habits. Comme il faisait un froid rigoureux, les brigands consentirent, sur ses instances, à lui rendre son pantalon et un petit tricot. Ils parlèrent cependant de lemmener dans la montagne comme otage ; puis ils le couchèrent en joue, comme pour le tuer ; enfin ils se décidèrent à le relâcher, et le pauvre Père put rentrer chez ses chrétiens, qui lui prêtèrent des vêtements.

    A Nanning même, les pillages nocturnes, les molestations continuent. Des soldats ont franchi la clôture de notre cimetière et ont abattu les croix des tombes des missionnaires. La Mission employait deux barques pour le transport des matériaux de construction : elles ont été réquisitionnées pour les besoins de larmée cantonaise, et impossible de nous les faire restituer.

    En partant pour Pékin le vieux Lou Yong-tin aurait dit, paraît-il : Les Cantonais sont venus au Kouangsi manger un poulet maigre ; nous irons à notre tour tuer un porc gras à Canton ! Espérons quil reviendra sil revient, assagi et ne songeant pas à de nouvelles guerres. Mais, malgré tout, le présent est triste, lavenir est sombre, et bien des troubles sont encore à redouter en cette année 1922 !

    Tonkin Méridional

    La dernière ordination, qui a eu lieu aux Quatre-Temps de Noël, comprenait 7 tonsurés, 6 minorés, 8 sous-diacres et 8 prêtres, ce qui porte à 140 le nombre de nos prêtres annamites.

    Le Grand-Séminaire compte actuellement 40 élèves, et le Petit-Séminaire 200.

    Les Surs de Saint-Paul de Chartres, qui tenaient déjà à Vinh une école française, viennent douvrir à Xa-Doai un hôpital indigène.

    Haut Tonkin

    Après avoir présidé les exercices de la retraite de nos catéchistes, à laquelle ils assistèrent au nombre de plus de cent, Mgr Ramond a quitté Hung-Hoa pour une longue tournée de confirmation dans les districts de Yen-Tap, Nghia-Lo, Yen-Bai, etc. S. G. rentra à la veille de la retraite annuelle des Missionnaires, qui eut lieu du 11 au 18 Janvier, et à laquelle tous prirent part, heureux de se retrouver comme toujours cor unum et anima una.

    Tonkin Maritime

    Le 15 Janvier, notre Confrère le P. Lury a reçu la médaille militaire pour ses beaux faits de guerre, qui lui avaient valu déjà trois citations des plus élogieuses. Nos félicitations bien sincères à lancien caporal brancardier, qui a si vaillamment fait son devoir pendant la grande guerre !

    Cochinchine Orientale

    Le 14 Février, au Grand-Séminaire de Dai-an, ordination dun prêtre, deux diacres, deux sous-diacres et deux minorés.

    Cochinchine Occidentale

    Les Confrères de la Mission de Saigon, réunis pour la retraite annuelle, ont adressé une lettre collective au Père Boutier à loccasion du 50e anniversaire de son ordination sacerdotale. Il y a 15 ans que le cher Père a dû rentrer en France à cause de sa santé ; mais malgré ce grande mortalis vi spatium, il nest pas oublié dans sa Mission, où il a laissé tant de souvenirs !

    Le P. Couvreur a été notre hôte pendant quelque temps : il était à Dalat, où il respirait lair des montagnes : il a regagné Singapore.

    Nos chrétiens annamites ont pris part au deuil de la chrétienté ; non seulement un service solennel a été célébré dans toutes les paroisses, mais beaucoup de chrétiens demandent des messes à lintention du Pontife défunt.

    Cochinchine Septentrionale

    Couvents de Religieuses indigènes. Le P. Lemasle, supérieur du couvent de Co-Vuu, près Quang-Tri, vient den terminer laménagement par quelques constructions nouvelles, en particulier par une chapelle spacieuse et élégante. Le couvent est maintenant entièrement couvert en tuiles.

    Le P. Cadière, qui a la direction du couvent de Di-loan, y a commencé, lannée dernière, des travaux importants : cest toute une transformation. Les pauvres cagnas obscures et insalubres font place à des maisons en briques. Deux sont entièrement terminées. Lune est latelier de tissage de la soie et du coton : elle est haute et spacieuse ; de nombreuses et grandes fenêtres permettent à lair et à la lumière dy pénétrer abondamment. Au couvent est annexé un ouvroir, installé dans un grand bâtiment indépendant, construit, lui aussi, lan dernier. Un grand nombre de jeunes filles du village et des environs y sont occupées à des travaux de broderie sous la direction des religieuses. Tout en travaillant elles répètent les leçons du catéchisme et chantent des prières. Elles ont ainsi double profit : elles se perfectionnent dans la connaissance de la religion et se procurent quelques ressources, car cette région est pauvre. Grâce à lingénieuse activité de leur Supérieure, les religieuses de Di-loan commencent à sortir, pour leurs travaux, de la routine annamite : outre la broderie, elles font diverses espèces de tissus de soie, genre européen, fort appréciés des Français dici.

    Cambodge

    Au commencement du mois de Février, Mgr Bouchut est parti pour la station climatérique de Dalat (Sud-Annam), moins pour se reposer que pour travailler à la faveur du calme et de la douceur du climat.

    Nous avons reçu lagréable visite du nouveau représentant à Paris du groupe des Missions de Cochinchine et Cambodge, le P. Léculier, qui, avant de partir pour la France, a bien voulu venir visiter Phnompenh, Culaogieng et plusieurs postes du sud-ouest de notre Mission.

    Malacca

    Un diacre a été ordonné prêtre à Malacca, au mois de Février, ce qui porte à trois le nombre de nos prêtres indigènes.

    Bénédiction dune nouvelle église à Johore. Il est bien rare en pays de mission que la bénédiction dune église puisse se faire en présence de six évêques et dune trentaine de missionnaires. Cest pourtant ce qui est arrivé pour la nouvelle église de lImmaculée-Conception à Johore-Bahru.

    Disons de suite que linauguration a eu lieu en la fête de saint André, le 30 novembre 1921, cest-à-dire trois jours après le sacre de Mgr Perrichon, et lon comprendra facilement que cest à cette coïncidence voulue que Johore est redevable de cette belle manifestation de vie catholique, dont ses chrétiens sont si fiers et dont ils garderont à jamais le souvenir.

    De plus, Johore-Bahru (Johore-la-Nouvelle) est la capitale de lEtat malais de Johore, qui occupe toute la partie méridionale de la presquîle de Malacca ; elle nest séparée de lîle de Singapore que par le petit détroit de Johore, sur lequel elle est située. Rien nest donc plus facile que de sy rendre de la ville même de Singapore. Une petite heure de chemin de fer, quelques minutes de ferry, et le trajet est accompli.

    Johore-Bahru avait déjà une petite église, bâtie en 1883 par le P. Saleilles, pour les 200 chrétiens chinois que le poste comptait alors. Depuis ce temps, leur nombre a quadruplé, et il ny a aucun doute quil deviendra encore beaucoup plus considérable. Aussi le curé actuel, le P. Henri Duvelle, a voulu travailler non seulement pour le présent, mais aussi pour lavenir, en dotant cette chrétienté dune église tout à la fois spacieuse et solide. Dans ce but, il en confia le plan et la construction à la maison Brossard et Mopin, qui a une succursale à Singapore. Tout le monde saccorde à dire que les entrepreneurs ont fait là de beau et bon travail, de sorte que bien des villes de la Presquîle, plus populeuses que la capitale de Johore, lui envieront désormais sa belle église catholique. Quon en juge plutôt.

    La longueur totale de lédifice, y compris le clocher et la sacristie, est de 147 pieds anglais (45 mètres). La nef principale a 26 pieds (8 m) de largeur et 50 (15 m.) de hauteur. Les deux nefs latérales sont de 13 pieds (4 m.) donnant ainsi, avec la grande nef, une largeur totale de 52 pieds (16 m.). Quant au clocher, il a 137 pieds (41 m. 75) de haut et est flanqué de deux tourelles atteignant chacune 62 pieds (19 m). Les colonnes, les arches, les voûtes, les flèches de la tour et des tourelles, lescalier conduisant à la tribune, lossature des fenêtres et les vénitiennes fixes, tout est en ciment armé. Seules les portes sont en bois dAnnam, ainsi que la partie inférieure des fenêtres qui peut souvrir.

    Enfin tout ce beau corps a été rendu vivant par un superbe autel en marbres de couleurs, dont les lignes sharmonisent avec celles du sanctuaire ; par un joli chemin de croix qui orne les bas-côtés, et par cinq cloches toutes fraîchement écloses dans les fonderies de France, doù elles sont venues se percher, telle une volée dhirondelles, dans le clocher de lImmaculée-Conception de Johore-Bahru, pour y remplir le rôle de fidèles messagères de lEvangile.

    Aussi il y eut une véritable mobilisation épiscopale pour procéder aux différents détails de linauguration. Ce fut Mgr Perrichon qui ouvrit le feu, quelque temps avant son sacre, en bénissant les cinq cloches, afin que, le jour même de la bénédiction de léglise, elles fussent toutes prêtes à redire urbi et orbi la grande joie de tous, ce quelles firent, dailleurs, avec un entrain tout à fait communicatif.

    Le 30 Novembre, plus dun millier de chrétiens étaient accourus pour assister à la cérémonie. La nouvelle église fut bénite par Mgr de Malacca, qui semblait avoir retrouvé ses forces dantan pour un si beau jour. Après cela, une messe pontificale fut célébrée par Mgr Perroy, Coadjuteur de Birmanie Méridionale. Puis Mgr Mérel, Archevêque de Craina, officia au salut dactions de grâces. Quelques jours après, le 2 Décembre, premier vendredi du mois, Mgr Perros, Vicaire Apostolique de Siam, procéda à lérection du chemin de croix. Enfin, comme conclusion de cette belle série de fêtes, le 8 Décembre, Mgr Perrichon y donna la confirmation à 95 chrétiens, petits et grands.

    Léglise de Johore-Bahru a une petite sur à Plintong, distant de 15 miles, avec environ 150 chrétiens. Elle désirerait grandement en avoir dautres à Batu-Pahat, à Kluang, à Mersing Elle ose demander, à ces intentions, les prières des lecteurs du Bulletin.

    Birmanie Méridionale

    Le 11 Décembre une nouvelle chapelle a été bénite à Thaton par Mgr Perroy. Appartenant au district de Theinzeik, confié au P. Loizeau, Thaton navait pour réunir ses chrétiens quun modeste bungalow, bâti il y a quelque 25 ans et qui menaçait ruine. Aujourdhui une jolie chapelle, dédiée à lImmaculée Conception et due entièrement à la générosité des fidèles, demeurera le témoignage de leur foi, dans une ville qui fut lun des premiers foyers du bouddhisme en Birmanie.

    Le 6 Novembre fut jour de liesse à notre Léproserie de Kemmendine. Mr Tan Kee Lin vint de Rangoon, avec de nombreux amis, pour la visiter et offrir à tous nos malades, en mémoire de défunt Mr Tan Chaw, un copieux déjeuner. Un camion automobile apporta tout le nécessaire pour 180 personnes, et le festin fut suivi dune distribution de fruits, deau gazeuse, de cigares, de serviettes, etc.. Jamais nos pauvres lépreux navaient été à pareille fête : ils en ont été bien touchés, et plus encore de la délicate sympathie que leur ont manifestée les généreux visiteurs.

    Une somme de 2.236 roupies a été recueillie dans la Mission pour le Denier de Saint-Pierre. Mgr Cardot ayant transmis cette somme à Mgr le Délégué Apostolique, celui-ci y a répondu par une lettre de chaudes félicitations.

    La Birmanie ayant été annexée à la Délégation des Indes, S. E. Mgr Pisani voulut procéder à la Visite Apostolique de nos Missions ; malheureusement il arriva à Rangoon le jour même où lon apprenait la mort de S. S. Benoît XV, et dut remettre sa tournée à plus tard.

    Birmanie Septentrionale

    Le 22 Novembre, Mgr Foulquier a béni solennellement la nouvelle église de Yamethin, dédiée à Notre-Dame. Commencée par le regretté P. Hudry, continuée par les PP. Accarion et Ruppin, elle a été achevée heureusement par le P. Mandin et sera lune des plus belles de notre Mission.

    S. A. R. le Prince de Galles a passé trois jours (5-7 Janvier) à Mandalay. Comme nous lavions prévu, la curiosité birmane la emporté sur le bolchevisme de lheure, et vraiment royale fut la réception. Le programme comportait régates, courses, danses, etc. : comment voulez-vous quun Birman se prive de pareils plaisirs ? Aussi tout Mandalay était à la fête. Mgr Foulquier et les missionnaires de la ville furent présents aux principales réceptions.

    Sur les 12 séminaristes que nous avons à Pinang, deux nous sont revenus, leurs études terminées. Ils ont pris la soutane et vont faire leur temps de probation. De notre Petit-Séminaire de Maymyo, huit sont partis pour le Collège Général en Février. Du coup notre Petit-Séminaire se vide : cinq élèves seulement y continuent leurs études.

    Une Congrégation de Surs indigènes, les Catéchistes de Saint François dAssise, est en voie de fondation. 12 postulantes ont reçu lhabit le 25 Janvier ; 11 autres lavaient déjà revêtu. Nous avons donc 23 religieuses birmanes, qui soccuperont décoles, catéchismes, dispensaires, etc. Cinq sont déjà en district et donnent toute satisfaction au missionnaire.

    Pondichéry

    Léglise cathédrale de Pondichéry, grâce au zèle de son curé, le P. Combes, et à la générosité de ses paroissiens, sembellit de plus en plus. Dernièrement une magnifique statue de N-D. de Lourdes a été offerte, qui aujourdhui couronne majestueusement le maître-autel. A la messe de minuit ont fonctionné pour la première fois les 80 nouvelles lampes électriques ajoutées à linstallation précédente.

    Ce zèle pour la maison de Dieu est une preuve de la foi de nos chrétiens ; leurs communions nombreuses aux deux grandes fêtes des 8 et 25 Décembre en ont été un autre éclatant témoignage.

    Maïssour

    Au mois dAoût dernier notre confrère, le P. Browne, professeur au Collège Saint-Joseph de Bangalore, subissait avec succès à Calcutta lexamen du B. A. (Bachelor of Arts) ; après un nouveau et brillant examen, il vient de recevoir le diplôme de M. A. (Master of Arts). Nos plus cordiales félicitations !

    A un moment où lavenir financier était des plus sombres, Mgr Teissier jugea prudent de faire lacquisition dun domaine qui se présentait à Yercaud (Shevaroy Hills), dans la Mission de Pondichéry ; placement sûr, qui devait rapporter sans tarder. Le P. Studer, alors Procureur, conduisit lopération avec succès, et il se trouva tout désigné pour prendre en mains lexploitation de notre Coffee Estate. Feu le P. Bonnétraine, qui lança une affaire pareille dans des circonstances beaucoup moins favorables, disait avec esprit que les planteurs vivent la première année de foi, la deuxième despérance, et la troisième de charité. Le P. Studer peut reprendre la boutade, mais pour la réaliser dans un sens tout différent. La première année, il a fait un achat avec grande foi dans lavenir; la deuxième année, il a couvert les frais extraordinaires dune installation plus avantageuse, offrant les plus belles espérances ; la troisième année, il fera sonner moins creux le coffre vide de notre pauvre Mission, et ce sera bonne charité pour toutes les mains tendues dans sa direction.

    Coïmbatour

    Le P. Crayssac est revenu de France le 2 Décembre dernier, aussi joyeux que brave. Sa jambe de bois ne lui a rien enlevé de son air dégagé dautrefois. Il est maintenant curé de Sainte-Marie, à Ootacamund (Nilgiris). Notre vénéré jubilaire, le Père Biolley, qui lui a cédé sa place, reste avec lui et ne cesse point de se rendre utile. Cest lAncien et le Nouveau Testaments réunis en un seul volume.

    Le 18 Décembre, Mgr de Coïmbatore a ordonné un nouveau prêtre indigène, le Père Marie Arokiam ; cest le 15e ordonné par Mgr Roy en 18 ans dépiscopat. Nous avons maintenant 24 prêtres indigènes dans la Mission.

    Mgr se préparait à faire, au commencement de Janvier, sa tournée pastorale dans les postes éloignés du Wynaad aux Nilgiris, lorsque les Moplahs lont devancé de quelques jours. La population ayant été dispersée par lapparition des rebelles, la visite épiscopale a été remise à plus tard. Cest le P. Tournier qui occupe ces avant-postes. Il vient décrire que son secteur est calme en ce moment.

    La nouvelle de la mort de S. S. Benoît XV nous est parvenue le 24 Janvier. Le lendemain, dans sa cathédrale tendue de noir, Mgr célébra un service solennel pour le Pape défunt.

    Quelques jours auparavant nous recevions sa Lettre aux Catholiques de lInde : on dirait son testament. Ce document, singulièrement opportun, proclame en termes très nets lautorité des Évêques et rappelle à lobéissance prêtres et fidèles de lInde. Il faut espérer que la grande voix du Pape calmera les esprits agités par un nationalisme intempéré et sera entendue et comprise par nos bons chrétiens de Coïmbatore, qui eux-mêmes ne sont point demeurés étrangers au mouvement.

    Kumbakônam

    La Mission de Kumbakônam lance un appel pour la construction dune nouvelle cathédrale, léglise actuelle, élevée il y a près dun siècle par les Goanais, étant devenue insuffisante pour les besoins du cuIte dans une ville qui a près de 4.000 chrétiens, siège épiscopal dun diocèse qui en compte plus de 100.000. De plus lédifice actuel fait vraiment bien pauvre figure à côté des nombreuses et splendides pagodes de cette Bénarès de lInde Méridionale.


    1922/88a-111a
    88a-111a
    Anonyme
    France et Asie
    1922
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