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Chronique du Séminaire de Paris et des Missions 2

Chronique du Séminaire de Paris et des Missions Séminaire de Paris Il vient dêtre créé une Amicale des Missions : les représentants des diverses Sociétés de Missionnaires se réunissent en Conférences, pour traiter dintérêts communs, chez M. le Curé de Sain-Sulpice. La première réunion sest tenue le 15 Novembre, la deuxième le 29. Le 15 Novembre, dans le grand parloir du Collège Stanislas, Mgr de Guébriant a donné au clergé de Paris une conférence sur la Sibérie.
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    Chronique du Séminaire de Paris et des Missions

    Séminaire de Paris

    Il vient dêtre créé une Amicale des Missions : les représentants des diverses Sociétés de Missionnaires se réunissent en Conférences, pour traiter dintérêts communs, chez M. le Curé de Sain-Sulpice. La première réunion sest tenue le 15 Novembre, la deuxième le 29.

    Le 15 Novembre, dans le grand parloir du Collège Stanislas, Mgr de Guébriant a donné au clergé de Paris une conférence sur la Sibérie.

    Le 21 Novembre, à lissue de la retraite prêchée par Monseigneur aux Frères Coadjuteurs, deux dentre eux ont fait leurs premières promesses : ce sont les FF. Aristide Caharel, de Nantes, et Jean Michelet, dAutun ; le premier est chargé du service postal, le second est adjoint au Secrétariat.

    Le même jour, Monseigneur présidait le renouvellement des promesses cléricales au Séminaire Saint-Sulpice de la rue du Regard. Avant de donner la bénédiction du Saint-Sacrement, Monseigneur a adressé une allocution aux Séminaristes.

    Le lundi 28 Novembre, cérémonie traditionnelle de départ. Trois partants : MM. Morin (Procure de Hongkong), Puncet (Tonkin Occidental) et Pichon (Seoul). Allocution par Monseigneur. Assistance nombreuse, malgré le froid très vif ( 6º).

    Le P. Dépierre a fini son voyage dans le Nord et la Normandie. Le P. J.-B. Michotte commence une série de conférences en Belgique.

    Peu après son retour en France, Mgr de Guébriant a tenu à visiter louvroir de Nazareth : il a béni avec effusion les dames de luvre des Partants que lui a présentées la Présidente, Mme la Marquise de Laubespin. Sa Grandeur a exprimé à ces fidèles et laborieuses ouvrières toute la gratitude du Séminaire et des Missions et a fortement engagé les Associées à trouver des recrues afin de pourvoir aux pressants besoins actuels. Et, pour donner à luvre une marque particulière de sa bienveillance, Monseigneur a annoncé quil en voulait être le Directeur effectif, au moins pendant quelque temps, promesse qui a charmé les assistantes.

    Le dimanche 4 Décembre, Mgr de Guébriant a parlé à Soissons, à la grandmesse de la Cathédrale, devant une très nombreuse assistance, sur les Missions de Chine. Le même jour, à 5 heures du soir, dans la salle du Patronage Jeanne dArc, après un fervent hommage de Mgr Binet, Evêque de Soissons, aux deux grands explorateurs du pays des Lolos en 1906, le capitaine (aujourdhui général) dOllone et le Père de Guébriant, que son attention délicate avait réunis en cette soirée, Mgr de Guébriant a fait une conférence très applaudie sur la Sibérie soviétique, quil vient de visiter au nom du Saint-Père.

    En témoignage de sa satisfaction pour les services rendus à lEglise par Mgr de Guébriant dans sa Visite Apostolique en Chine et en Sibérie, le Souverain Pontife lui a conféré les titres dArchevêque de Marcianopolis 1 et dAssistant au Trône pontifical. Cest un honneur qui rejaillit sur toute la Société des Missions-Étrangères. Aussi nous faisons-nous un devoir doffrir au Saint-Père lhommage de notre humble et profonde gratitude et à notre vénéré Supérieur nos respectueuses félicitations.

    Les dernières lettres de Paris donnaient de mauvaises nouvelles de la santé du P. Delmas, souffrant dune maladie des intestins, pour laquelle il faudrait probablement recourir à une opération difficile et dangereuse. Un télégramme du 21 Janvier annonce sa mort. Il serait superflu de le recommander aux prières de la Société, dont il a si bien mérité.


    1. Marcianopolis, aujourdhui Devna, est une petite ville de Bulgarie, non loin du port de Varna ; reliée par un embranchement à la ligne du chemin de fer de Varna à Roustchouk.


    Nos Frères Coadjuteurs

    LAssemblée Générale de nos Evêques à Hongkong avait donné mandat à Mgr de Guébriant de recruter des Frères pour les Missions. Notre nouveau Supérieur a pris à cur ce désir, et, dès son arrivée à Paris, il fit part à nos dévoués auxiliaires du vu très formel des Vicaires Apostoliques de charger un des membres de lAdministration centrale de la direction et du recrutement des Frères : cest au P. Denis qua été confiée cette double tâche.

    Nous comptons en ce moment 7 Frères, dont un, le Fr. Joseph Gendron, est depuis 40 ans en Extrême-Orient. Les 6 autres sont à Paris : le Fr. Pierre Plassoux, qui, ne pouvant plus tenir demploi à cause de son grand âge et de sa faiblesse, mène une vie toute de prière : cest le doyen de la petite Communauté; le Fr. Boittiaux, toujours vaillant malgré les fatigues endurées pendant sa captivité en Allemagne et les soucis que lui cause la surveillance du personnel ; le Fr. Caharel et le Fr. Michelet, qui tous deux, le 21 Novembre, se sont consacrés dune manière spéciale à Dieu pour le service des Missions; enfin deux jeunes recrues, lune du mois dOctobre, lautre de Décembre.

    La retraite des Frères a été prêchée entièrement par Mgr de Guébriant, et lun deux écrit à ce propos : Cest vous dire tout lintérêt quil nous porte. Du reste, chaque dimanche il vient sentretenir avec nous. Il nous a dit que nous devons nous tenir prêts à aller partout où lon nous enverrait ; que le désir des Evêques est quil y ait des Frères, non pas dans les mêmes proportions que les Missionnaires, mais assez cependant pour remplir certains postes, dans les Etablissements communs dabord, puis dans les Missions.

    Puisse la nouvelle année être féconde pour la minuscule Communauté de nos bons Frères !

    Rome

    Le 22 Novembre, de 9 h. ½ à midi, sest tenue, chez le Cardinal Granito di Belmonte, Ponent de la Cause, la réunion antépréparatoire de la S. C. des Rites sur le martyre des Vénérables Imbert, Mauban, Chastan et leurs 79 compagnons coréens. Le résultat ne sera connu que par les Animadversiones que publiera le Promoteur de la Foi ; mais le P. Garnier croit savoir cependant que lon est favorable à lensemble de la cause.

    Un décret de la S. C. des Rites du 26 Octobre 1921 étend à lEglise universelle, avec leurs office et messe propres, les fêtes suivantes.

    1º Le Dimanche dans lOctave de lEpiphanie, la Sainte Famille de Jésus, Marie, Joseph, double majeur (avec tous les droits et privilèges de ce Dimanche) ; mémoire du Dimanche et de lOctave.

    2º Le 24 Mars, S. Gabriel Archange, double majeur.

    3º Le 28 Juin. S. Irénée, Ev. et Mart, double ; mém. de la Vigile. (La fête de S. Léon II, Pape et Mart., est reportée au 3 Juillet, son dies natalis).

    4º Le 24 Octobre, S. Raphaël Archange, double majeur.

    (Les Confrères trouveront dans ce Nº du Bulletin la feuille des Addenda à lOrdo nécessités par ces nouvelles fêtes).

    De grandes solennités se préparent à Rome pour cette année.

    Dabord le Congrès Eucharistique international. Le Souverain Pontife a prévenu les Pères du Saint-Sacrement que la Congrégation générale sur lhéroïcité des vertus de leur fondateur, le P. Julien Eymard, se tiendrait à temps pour que la publication du décret puisse avoir lieu pendant la tenue du Congrès.

    S. E. le Cardinal Van Rossum a adressé à tous les Evêques du monde catholique une circulaire pour les informer que des fêtes auront lieu à Rome à loccasion du 3e centenaire de la fondation de la S. C. de la Propagande par le Pape Grégoire XV (1622) et les inviter à sy associer. Une publication spéciale, traitant des Missions, des Martyrs, etc., doit paraître, et on demande, pour lillustrer, des photographies des principaux monuments religieux des Missions. Un triduum solennel aura lieu à Rome les trois jours qui précèdent la fête de la Pentecôte (1-4 Juin), pendant lequel non seulement on priera pour la propagation de la Foi catholique, mais des instructions seront faites aux fidèles sur luvre des Missions et leurs besoins urgents. Le Saint-Père désire que les mêmes exercices aient lieu dans toutes les églises du monde et accorde des indulgences à ceux qui y prendront part (500 jours pendant le triduum, plénière le jour de la clôture). Benoît XV avait annoncé que lui-même officierait à Saint-Pierre le jour de la Pentecôte et adresserait la parole à lassistance. Dieu en a décidé autrement : cest du haut du ciel que le Pontife assistera aux fêtes préparées par lui. Une crise dinfluenza la emporté en quelques jours, et, le dimanche 22 Janvier à 6 heures du matin, il rendait son âme à Celui dont, pendant 7 années pleines de graves événements, il a été le Vicaire et, toute sa vie, le serviteur bon et fidèle !

    Sanatorium de Montbeton

    Le 14 Novembre, touchante cérémonie funèbre en lhonneur de notre regretté Confrère, le P. Henri Cavaillé, de la Mission de Siam, dont le corps était ramené de Nancy, où il mourut le 1er Décembre 1918, au retour dune longue captivité. Le P. Sibers a célébré la messe et prononcé un discours dune pénétrante émotion.

    La santé du P. Gerey va saméliorant chaque jour ; le Docteur fait espérer une guérison rapide.

    Procure de Hongkong

    Lannée qui vient de sécouler a été sensiblement la même que les deux précédentes au point de vue mouvement de passagers. En 1919 le retour de nos chers mobilisés avait augmenté le nombre des missionnaires passant par Hongkong. 1920 accusa également de gros chiffres, car, la guerre finie, les diverses Sociétés travaillant à lévangélisation de lExtrême-Orient tinrent leurs Chapitres généraux. Par suite de lAssemblée Générale de nos Evêques à Hongkong, 1921 accuse un mouvement aussi considérable. Voici, du reste, les chiffres.

    La Procure générale a reçu pendant lannée 1921 :

    Confrères de la Société des M.-E. 220
    RR. Pères Jésuites 28
    Missionnaires Lazaristes 22
    Pères belges de Scheut 21
    Petits-Frères de Marie 13
    Pères Franciscains 10
    Missionnaires américains de Maryknoll 6
    Prêtres chinois 12
    Prêtres non missionnaires 8
    Séminaristes 5

    soit un total de 345

    Voici les chiffres des six dernières années pour les passages enregistrés à la Procure générale : ils représentent le nombre des passagers logés, et non le nombre de journées passées en Procure.

    Confrères des M.-E. Etrangers à la Sté Totaux
    1916 151 40 191
    1917 178 43 221
    1918 155 38 193
    1919 215 128 343
    1920 155 197 352
    1921 220 125 345

    Les faits principaux de lannée 1921, sans parler de lAssemblée Générale de nos Evêques, sont :

    4 Mars. Arrivée du P. Carey, venant dAlmonte (Canada) pour préparer avec le P. Sammon lérection de lEst de la province du Kouytcheou en Mission séparée, confiée aux missionnaires formés au Canada par le P. Fraser.

    11 Avril. Le R. P. Rutten, Supérieur Général des missionnaires belges de Scheut, vient faire la visite des Missions de sa Société.

    5 Juin. Départ du P. Ouillon pour la Procure de Shanghai.

    11 Août. Le P. Beaublat meurt à Singapore dune maladie de cur.

    19 Août. M. lAbbé Caillé, aumônier des Surs de lImmaculée-Conception dOutremont, près Montréal (Canada), vient faire connaissance avec la Chine et visiter les uvres des Surs Canadiennes à Canton (école) et à Sheklung (léproserie).

    16 Septembre. Passage du R. P. Boucher, S. J. professeur à lEcole supérieure des Pères Jésuites à Tôkyô, qui se rend en Europe.

    7 Octobre. Le R. P. Cazot, 1er Assistant du Supérieur des Lazaristes, vient faire la visite des Missions de sa Congrégation en Chine.

    7 Novembre. Départ du P. Ouillon pour la Procure de Singapore.

    9 Novembre. Arrivée du R. P. James-A. Walsh, Supérieur de lAmerican Catholic Foreign Mission Society (Maryknoll).

    3 Décembre. Retour dEurope du R. P. Boucher, S. J. Il a fait le voyage aller et retour dans le minimum de temps possible, 78 jours, ne sétant arrêté que 3 heures à Marseille et ayant séjourné 6 jours à Rome.

    11 Décembre. Arrivée du Fr. Nizier, Provincial des Petits-Frères de Marie en Chine, qui va visiter les Frères chargés du Collège du Sacré-Cur à Canton.

    18 Décembre. Passage du Frère Elie, Assistant du Supérieur Général des Petits-Frères de Marie et Délégué pour la visite de leurs maisons en Extrême-Orient.

    *
    * *

    Le 11 Janvier, par le Cap Arcona arrivent à Hongkong le P. Pichon, se rendant à Seoul, et le P. Morin, qui, destiné à la Procure de Shanghai, va passer quelques jours ici.

    Le lundi 16 Janvier, le croiseur Montcalm, ayant à bord le Maréchal Joffre, passait au large de lîle de Hongkong. On ne put savoir si le vainqueur de la Marne avait été invité par le Gouvernement local à visiter la colonie anglaise.

    Maison de Nazareth

    Il est de tradition à Nazareth que la retraite annuelle souvre le soir du premier jour de lan pour se clôturer en la fête de lEpiphanie : il en fut ainsi cette année. Toujours infatigable et inépuisable, le P. Ligneul, en des causeries familières dune psychologie très personnelle et très fouillée, sefforça à nous montrer le chemin du bonheur en ce monde et en lautre. Puisse-t-il avoir déterminé ses auditeurs à le suivre résolument !

    Pendant la retraite les ouvriers même, imprimeurs, relieurs, etc., ont congé, afin quaucun bruit, aucune préoccupation, ne vienne troubler le recueillement des saints exercices ; mais, dès le 7 au matin, la ruche reprenait son bourdonnement et les premières pages de ce 2e numéro du Bulletin étaient livrées aux coquilles du compositeur.

    Tôkyô

    Les Acta Apostolic Sedis du 23 Novembre 1921 annoncent officiellement que le Saint-Père, par un décret de la S. C. de la Propagande, a nommé Délégué Apostolique dans lEmpire japonais (Japon, Corée et Formose) le R. Père Marius GIARDINI, de la Congrégation des Clercs Réguliers de Saint Paul, curé de léglise des SS. Blaise et Charles ad Catinarios à Rome. Le nouveau Délégué, sacré le 8 Décembre par S. E. le Cardinal Van Rossum, a reçu le titre dArchevêque titulaire dEdesse. Sembarquant sur lAmboise, des Messageries Maritimes, qui quitte Marseille le 27 Janvier, il doit arriver au Japon au commencement de Mars et, au nom du Souverain-Pontife, rendre au Prince héritier (devenu Régent de lEmpire depuis le 25 Novembre) la visite quil fit au Vatican en Juillet dernier.

    Les RR. PP. Jésuites, à Tôkyô depuis 1909, sont actuellement au nombre de 9. Ils dirigent une Ecole supérieure (caractères chinois, Jôchi-daigaku, Université de la Sagesse) qui compte 160 élèves, dont 15 sont catholiques, et une Maison de famille pour catholiques, avec 42 jeunes gens. Leur résidence de Tôkyô, qui relevait jusquici directement du Père Général, dépendra désormais de la province dAllemagne. On annonce larrivée à Tôkyô, vers Pâques, de quatre Pères Jésuites avec leur Evêque, qui, avant la guerre, travaillaient aux Indes, dans le diocèse de Bombay, et qui furent expulsés par le gouvernement britannique à cause de leur nationalité allemande. Ils séjourneront chez leurs confrères de Tôkyô en attendant quils soient à même de prendre en mains la direction des districts du Japon que leur assignera la Propagande, lattribution de la partie Ouest de la Mission dOsaka ne paraissant pas définitive.

    Le Catholique, Revue de lAssociation de la Jeunesse Catholique, qui paraissait quatre fois par an, va devenir mensuel à partir de Février et se propose particulièrement dexposer aux païens le point de vue catholique à propos des questions actuelles.

    Une autre Association de jeunes gens, qui se groupe autour des étudiants en médecine catholiques de lUniversité de Keiôgi-juku, à Tôkyô, et a pris le nom dEishô-kwai (Association des hérauts), a fondé également une revue, lEishô (le héraut), pour les milieux détudiants. Elle organise aussi, dans le grand hall de lUniversité, des conférences catholiques pour les étudiants : plusieurs missionnaires ont été invités déjà à y prendre la parole.

    Nagasaki

    Nous avons tenu pendant la guerre, mais ce na pas été sans souffrances. Nos postes ont souffert, et nous aussi, puisque plusieurs des nôtres, surchargés de besogne, sont partis avant lheure recevoir là-haut la récompense de leurs travaux.

    Il était donc naturel que des missionnaires dune autre Congrégation vinssent prendre leur part dun champ devenu trop vaste pour nous. Cest fait depuis Décembre 1921. Deux Pères Franciscains de la province du Canada sont à Kagoshima, où ils attendent des Confrères qui occuperont un jour les îles du Sud (Oshima, Okinawa, etc.) ainsi que le département de Miyazaki.

    On sait quun des grands événements de lannée a été le voyage du Prince Impérial en Europe. Le Commandant Yamamoto, qui accompagna le Prince à titre dinterprète, a donné sur ce voyage une série de conférences, dans lesquelles il ne cachait pas bien au contraire, sa qualité et ses sentiments de catholique. Et cela tombait dautant mieux pour nous que, quelques jours auparavant, une feuille locale avait imprimé ceci Ceux qui admettent un Dieu supérieur à notre Empereur, descendant dAmaterasu (caractères chinois, la déesse du Soleil), ceux-là sont des hi-kokumin caractères chinois, sans patrie). Le sympathique conférencier prouvait irréfutablement la possibilité dêtre à la fois bon catholique et bon Japonais.

    Seoul

    La population de Seoul, qui, au dernier recensement, sélevait à 317.000 habitants, est descendue à 247.500, dont 64.600 Japonais.

    Une Société japonico-coréenne vient de se fonder à Seoul, qui, trois fois par mois, donnera des conférences pour la propagation du bouddhisme.

    Taikou

    Le Père Achille Robert. La Mission a perdu son vénéré doyen, le P. Achille Robert, qui sest éteint le 2 Janvier après de longs mois de souffrances. Arrivé en Corée en 1877, à uné époque où lon y entrait encore en contrebande, il était depuis 1889 chargé du poste de Taikou, quil a fondé et dont il avait fait une chrétienté modèle. Ses funérailles, le 4 Janvier, furent imposantes. Mgr Demange célébra pontificalement la messe denterrement ; Mgr Mutel, le condisciple de la rue du Bac, le compagnon des temps héroïques, donna labsoute. Vingt-huit jeunes gens catholiques, vêtus de noir et coiffes du bonnet de deuil coréen, portèrent sur leurs épaules le catafalque recouvrant les restes de leur Père, qui reposent maintenant en terre sainte, dans le cimetière de lévêché.

    Le Bulletin offre au P. Léon Robert, Procureur Général, frère du regretté défunt, ses respectueuses condoléances.

    Mandchourie Méridionale

    Une dépêche de Paris a apporté la nouvelle de la nomination du P. Blois comme Vicaire Apostolique de la Mandchourie Méridionale.

    Le Bulletin offre à lélu ses respectueuses félicitations avec ses vux pour un long et fructueux épiscopat !

    Mandchourie Septentrionale

    Depuis le début de lhiver S. G. Mgr Gaspais est en tournée pastorale. Il vient dachever la visite des chrétientés du Hei-long-kiang. Long et fatigant voyage, qui na pas été sans donner à S. G. de précieuses consolations, Depuis plusieurs années, en effet, létat de santé de Mgr Lalouyer ne lui permettait pas de visiter ces districts éloignés. On peut juger de la joie des chrétiens en voyant le jeune Coadjuteur ; on peut penser aussi aux nombreuses confirmations quil dut administrer. A Tong-ken seulement il en avait plus de 1.200. Mgr Guillon, le martyr de Moukden, écrivait en 1891 : La province de lAmour est appelée à devenir le plus beau fleuron de la Mandchourie ; jen suis convaincu personnellement et mes confrères ne me contrediront pas. Queût-il dit sil lui avait été donné de voir cette colonie Saint-Joseph de Tongken, créée de toutes pièces par le zèle du P. Roubin et qui forme aujourdhui une agglomération chrétienne de 6.000 âmes ? Il y a déjà bien des années que le P. Noirjean, de célèbre mémoire en Mandchourie, organisa les premières chrétientés du Hei-long-kiang et se vit décerner par ses confrères le titre de Prince de lAmour. Personne, je pense, ne contestera que lorganisateur de la Colonie Saint-Joseph ne soit digne de lui succéder à ce titre.

    Sutchuen Occidental

    Deux confrères de notre Mission, les PP. Ambroise et Flachère, ont reçu du Gouvernement français la médaille dhonneur des épidémies. Le P. Flachère est administrateur de lhôpital français de Tchentou.

    Sutchuen Oriental

    Le Bulletin prie les Missionnaires du Sutchuen Oriental, et tout particulièrement le Père Pons, dagréer ses excuses pour la distraction qui, dans le dernier numéro, a fait attribuer à la Mission du Sutchuen Occidental la cérémonie des Noces dOr de ce vénéré Confrère. Cuique suum.

    Kientchang

    Perdu dans ses montagnes, le Kientchang, grâces à Dieu, na pas à souffrir de compétitions militaires comparables à celles des régions de Tchentou ou de Tchongking. Les chefs de nos vagues guerriers exploitent consciencieusement la petite zone quils occupent et ne se soucient guère de protéger le stupide peuple contre les razzias des Lolos. Sûrs de limpunité, parfois même de la connivence des soldats, les Lolos pillent partout, même en plein jour, et jusque sous les remparts de Ningyuenfou. Jamais linsécurité des routes ne fut pire quen ce moment : chaque jour des voyageurs sont enlevés, sans parler des meurtres isolés et des incendies de hameaux.

    Il semble cependant que lhorizon séclaircisse, au moins momentanément. Par lentremise du fameux chef Là-lô-tse, onze tribus lolos auraient fait leur soumission aux portes mêmes de la ville. On peut espérer que pillages, rapts et incendies vont diminuer de fréquence et que la circulation deviendra sans danger.

    La retraite annuelle des missionnaires a eu lieu du 22 au 27 Janvier.

    Thibet

    La Mission du Thibet a, dans notre Société, une situation toute spéciale. Au lieu dêtre réunie en une seule région, comme nos autres Missions, elle forme trois groupes distincts, séparés par de grandes distances et desservis par des voies toutes différentes.

    Le 1er groupe comprend la Région du Sutchuen ; il a pour centre Tatsienbou, résidence de Mgr Giraudeau. Actuellement 8 missionnaires appartiennent à ce groupe, qui est desservi par le Yangtse, via Shanghai, Hankeou et Tchongking.

    Le 2e groupe est formé par la Région du Yunnan ; le centre en est au bourg de Weisi, où réside le Supérieur du groupe, actuellement le P. Ouvrard ; quatre autres Confrères en font partie. Les communications se font par le Tonkin, puis le chemin de fer de Haiphong à Yunnanfou, enfin les routes des caravanes par Talifu, Weisi et Atentse.

    Le 3e groupe est établi dans la Région des Indes et a son centre à Kalimpong, où réside le P. Douénel, Supérieur, avec deux autres Confrères. On sy rend par Calcutta et Darjeeling (British Bhutan).

    Lincapacité notoire du Gouvernement chinois à faire respecter ses lois fait que les peuplades de ses frontières sont en perpétuelle agitation. En Avril dernier, nos Confrères du 1er groupe ci-dessus, à Batang et Yerkalo, se trouvèrent au milieu des troubles. Actuellement ce sont ceux du 2e groupe, qui, à Weisi, sont menacés par leurs turbulents voisins. Trop souvent il arrive que nos Confrères ont à souffrir de ces disputes interminables entre Chinois et Thibétains.

    Yunnan

    Trois élèves de notre collège de Pé-long-tan sont partis pour Pinang à la fin de Janvier. Il ny a pas de rentrée au collège cette année : les premières admissions auront lieu en Janv. 1923.

    Nos trois novices chinoises, qui sont à Hanoi depuis deux ans, ont pris lhabit des Surs de Saint-Paul de Chartres à lissue de la retraite, le dimanche 8 Janvier. Deux dentre elles seront probablement envoyées au Yunnan pour la maison de Kao-ty.hang.

    M. Bodard, précédemment à Tchentou, est nommé titulaire du Consulat de Yunnanfou.

    Kouytcheou

    Il y a quelque chose de changé en Chine. Le Directeur de la prison de Kouy-yang vient de demander à un de nos Confrères de prêcher la doctrine catholique à ses administrés : dabord à ceux que Sun Yat-Sen va faire mettre en liberté à loccasion de son élévation à la Présidence de la République ; puis à ceux qui doivent encore demeurer sous les verrous. Tous seront exhortés à devenir de braves gens après leur sortie de prison, et le Directeur estime que la religion catholique est plus capable que toute autre dobtenir ce résultat. Cest là un fait assez suggestif, comme on dit aujourdhui.

    Les troubles continuent en divers points de la province ; cependant lhorizon semble se rasséréner quelque peu.

    Canton

    A Yeung-kong, le P. Ford (de Maryknoll) a ouvert une crèche : la municipalité la fait visiter et a été tellement satisfaite de la manière dont elle est tenue quelle se propose de confier à la Mission la crèche de la ville.

    Les pirates continuent leurs exploits : des bateaux faisant le service entre Macao et Hoikin ont été pillés et les voyageurs, au nombre de 40, faits prisonniers par les brigands.

    Cest un architecte français, M. Gain, qui sera chargé des constructions à élever sur le terrain situé devant la cathédrale, des deux côtés de lavenue projetée.

    Une nouvelle maison a été construite dans lenceinte du Collège du Sacré Cur : elle est destinée aux plus jeunes élèves.

    Swatow

    Quelques nuages sélèvent du côté du Fokien, où, dit-on, se prépare une attaque contre le Kouangtong. Ce sont danciens officiers du parti nordiste, originaires de cette province, qui voudraient revenir à la charge. Les troupes cantonaises, de retour de leur facile victoire sur le Kouangsi, se tiennent sur la frontière, prêtes à résister à une attaque éventuelle.

    Kouangtong Occidental

    Dans la presquîle du Louitcheou, district du P. Poulhazan, la situation demeure la même, sinon pire ; car les notables viennent daccepter la soumission de certains pirates, qui seront de bons. et loyaux serviteurs pendant le jour et emploieront les nuits à senrichir aux dépens de nos malheureuses populations. Cinq chrétiens ont encore été massacrés tout récemment. Quand donc viendra la paix ?...

    Mgr Gauthier a demandé à Paris et à Rome lautorisation de différer la cérémonie de son sacre jusquà celle du futur Vicaire Apostolique de Canton : les deux nouveaux Evêques seraient ainsi consacrés ensemble. Il y a là une raison déconomie, bien compréhensible dans les temps actuels, mais aussi et surtout le désir de réunir une dernière fois des Confrères qui, appartenant jusquici à la même Mission, vont désormais être séparés.

    Le Conseil dAdministration de la nouvelle Mission est ainsi composé : le P. Pénicaud est Provicaire ; le P. Zimmermann, Provicaire honoraire ; le P. Baldit, Procureur. Les autres Conseillers sont les PP. Cellard, curé de la Cathédrale de Fort-Bayard, Marqué, Genty et Richard.

    Mgr Gauthier a été reçu à Fort-Bayard par la petite colonie française avec beaucoup de prévenances et de sympathie. Cette bienveillance sera pour les débuts de la jeune Mission un précieux secours.

    On sait que la résidence épiscopale est à Fort-Bayard, sur le territoire de la concession française de Kouang-tcheou wan (louée à la France en 1898 pour 99 ans).

    Kouangsi

    Lanarchie ne fait que croître partout. Les journaux ne parlent que de massacres, pillages, incendies, actes de sauvagerie dans tout le Kouangsi, et ils ne peuvent pas tout dire... Le P. Séosse a failli être tué : on a tiré plusieurs centaines de coups de fusil sur le bateau dans lequel il se trouvait. Il a été pris par les pirates, puis finalement relâché... Jadis on se plaignait beaucoup des brigands : actuellement tout le monde regrette le temps passé.

    Et, pendant ce temps, que fait Sun Yat-Sen ? Il prononce des discours sur lorganisation et la bonne administration de la République, alors que le désordre et lanarchie règnent partout. Le moment est vraiment bien choisi pour aligner de belles tirades sur la grande uvre de lillustre Président.

    Tonkin Occidental

    Nous manquerions à notre méthode dapostolat fructueux, si nous en venions à négliger le soulagement des corps; cest une des Pensées qui nous a été suggérée pour notre retraite du mois dans le dernier (et premier) numéro du Bulletin. Notre Confrère, le P. François Chaize en est convaincu depuis longtemps. Cumulant les fonctions de professeur de théologie morale et de procureur de la Communauté de Keso, il trouve encore le temps de soccuper du bien-être matériel de nos indigènes. Sa dernière initiative est linstallation dune moto-pompe à grand débit pour irrigation des rizières, la première de ce genre au Tonkin. Nos confrères seront, sans doute, intéressés par les quelques détails suivants sur cet appareil.

    Tout le mécanisme, moteur et pompe accouplés, est monté sur châssis en fer et fixé sur une remorque à roues larges et solides, ce qui en facilite le déplacement. Le moteur est un moteur industriel Aster à 2 cylindres ; il a une force de 12 HP, et tourne à une vitesse de 1.200 tours à la minute ; le carburateur spécial permet de marcher indifféremment à lessence ou au pétrole. La dépense moyenne de pétrole est de 6 à 7 litres par heure. La mise en mouvement du moteur se fait avec une facilité remarquable. La pompe centrifuge est reliée au moteur par une large courroie. Son débit maximum est de 250 mètres cubes par heure, et elle peut élever leau à 10 mètres de hauteur. Les tuyaux de refoulement ont 20 centimètres de diamètre.

    Nos bons paysans annamites regardent, stupéfiés, lécoulement régulier de cette grande quantité deau, admirent la science pratique des Européens et se disent entre eux : Nous, pauvres Annamites, malgré les qualités si nombreuses de notre race, nous ne serons jamais à la hauteur des Français ! Peut-être disent-ils vrai.

    Ordination à Keso. Le 21 Décembre, S. G. Mgr Gendreau a ordonné 2 prêtres, 4 diacres, 3 sous-diacres, 13 minorés et 2 tonsurés.

    Visite du Maréchal Joffre au P. Lecornu. Le 7 Janvier, dans laprès-midi, le Maréchal Joffre, accompagné de M. le Résident supérieur et de deux officiers dordonnance, a rendu visite à son vieil ami, le P. Lecornu. Son automobile sarrête au bas de lescalier : Mgr Gendreau, Mgr Bigollet et 5 ou 6 missionnaires sont là, qui accompagnent le Maréchal jusquà la chambre du malade. En voyant entrer son illustre ami, le Père essaie de se soulever sur son séant, mais les forces lui manquent. Le Maréchal, très ému, tend la main : le malade la saisit et la porte à ses lèvres en disant : Laissez-moi baiser cette main qui a sauvé la France ! Puis les deux amis rappellent de vieux souvenirs ; le Père a encore la force de fredonner un refrain que le Maréchal chantait souvent jadis. Lentretien se prolongea pendant une demi-heure : il y avait deux mois que le Père navait tant parlé. Quelques jours auparavant il avait dit à la Sur garde-malade : Je ne puis plus articuler deux mots de suite, mais quand le Maréchal viendra, je pourrai parler. En le quittant, le Maréchal lui dit, en insistant sur ce mot : Au revoir ! Semblant signifier : Au revoir, là-haut, au ciel. Cette visite fut une dernière consolation humaine ménagée par la bonne Providence à notre cher malade. Depuis lors son état ne fit quempirer et, cinq jours plus tard, le 12 Janvier, il séteignait doucement.

    Prêtre et soldat : dans la langue de nos pères ces deux mots ensemble exprimaient le dévouement, le courage, le sacrifice de soi à la plus haute puissance. Or, cet idéal, le P. Lecornu fut assez heureux pour le réaliser en sa personne. Dabord soldat et brillant officier, il pouvait espérer un bel avenir. Il y renonça et devint prêtre, prêtre-missionnaire : au premier rang des braves, car ce fut là sa pensée, et cest delle quil a vécu. Jusquà la fin il fut le même, et ceux qui lont connu peuvent dire si, sous lhabit de missionnaire, son cur de soldat a jamais cessé de battre.

    Haut Tonkin

    Un câblogramme de France nous a apporté la douloureuse nouvelle de la mort de notre Confrère, le P. Joseph Gaillard. Pendant ses 25 années de carrière apostolique il fut successivement aumônier militaire du poste de Yen-Bay, procureur de la Mission, curé de la cathédrale de Hong-hoa, et enfin chargé de limmense district de Hoang-Xa : partout son tact, sa franchise lui gagnèrent la sympathie de ceux qui lapprochaient. Epuisé par le climat et les privations, il alla, en Septembre 1920, chercher à Hongkong, au sanatorium de Béthanie, une amélioration qui ne se produisit pas ; il partit alors pour la France, mais il était trop tard pour que son tempérament complètement anémié pût retrouver des forces. Il séteignit doucement le 20 Décembre.

    Tonkin Maritime

    Le 13 Décembre dernier, le P. Jean Bareille, Provicaire de la Mission, nous a quittés pour un monde meilleur : il avait 77 ans dâgé et 51 ans de vie apostolique. Travailleur infatigable, il ne sarrêta que lorsque les forces lui manquèrent. La caractéristique de cette longue carrière fut un grand amour pour sa Mission ; tout ce qui la touchait lintéressait vivement lui-même. Il ajoutait à cela un grand esprit de pauvreté et une solide piété. Le Tonkin Maritime perd en lui un de ses meilleurs ouvriers de la première heure.

    Botaniste distingué, il laisse une précieuse collection de fleurs et de plantes, dont il avait acclimaté de nombreuses espèces au Tonkin. Aussi le Gouvernement français, qui avait su distinguer ses mérites, lavait nommé Chevalier du Mérite agricole.

    Cochinchine Orientale

    Mgr Grangeon a décidé la construction dun noviciat pour les Amantes de la Croix. Le P. Solvignon est chargé de la surveillance des travaux, et ce sont les Surs de S.-Paul de Chartres qui dirigeront la formation de nos religieuses indigènes.

    Mgr vient également de fonder, sous le vocable dun de nos Martyrs, le Bienheureux Châu, une uvre qui doit pourvoir à lentretien de nos Séminaires : la direction en a été confiée au P. Gagnaire, Provicaire. Nos chrétiens ont répondu généreusement à lappel qui leur a été adressé, et les résultats dune uvre qui na que trois mois dexistence sont déjà très satisfaisants.

    Le Loi tham, petite revue mensuelle en annamite, fondée il y a deux ans par le P. Perreaux pour les catéchistes, et augmentée, lan dernier, par le P. Maheu, va encore étendre sa matière et son action. Abonnement, 1 piastre par an. Ceux de nos Confrères dIndochine, qui ne connaîtraient pas cette petite revue, appelée à faire un grand bien à nos chrétiens, peuvent en demander un numéro spécimen au P. Maheu, à Quinhon (Annam)

    Cochinchine Septentrionale

    Ordination. Le 17 Décembre, Mgr Allys a ordonné 3 diacres, un sous-diacre, 12 minorés et un tonsuré.

    Visite du Maréchal Joffre. Le Maréchal Joffre, arrivé à Hué le soir du 1er Janvier, en est reparti le 4 au matin. Les journaux ont dit avec quelle solennité et quelle cordialité il a été accueilli par la population, tant européenne quindigène. Aux réceptions et banquets officiels du Palais royal et de la Résidence, S. G. Mgr Allys était parmi les invités. Avec les autres membres de la colonie française, tous les missionnaires furent présentés au Maréchal, qui serra la main à tous. Il en fut de même à Dongha et à Donghoi, pendant le trajet de Hué à Hanoi : les missionnaires des provinces de Quang-Tri et de Quang-Binh sétaient joints aux autres Européens pour offrir leurs hommages à lillustre vainqueur de la Marne.

    Le Père Guillot (l853-1921). Le P. Pierre Guillot, dont le Bulletin a annoncé la mort, était depuis 1887 curé de Duong-Son : cest là quil mérita le nom dhomme du bon Dieu, que lui donnaient tous ses Confrères. La caractéristique de sa vie fut un complet détachement des choses de ce monde, un oubli total de lui-même et une charité sans bornes pour le prochain.

    Il ne possédait rien : ni argent, ni meubles ; à peine avait-il des vêtements de rechange. Sa table manquait souvent du nécessaire et ce qui y était servi était préparé dune façon plutôt sommaire. Sa maison valait à peine mieux quune pauvre case annamite. Tout ce qui arrivait entre ses mains passait aux pauvres, aux malades, aux orphelins. Il partageait son temps entre le soin de ses chrétiens, la direction dun couvent de religieuses et lévangélisation des païens. Il envoya de nombreux enfants au Séminaire et eut la joie den voir trois arriver au sacerdoce. Dispersit, dedit Pauperibus : justitia ejus manet in sculum sculi.

    Ecoles des Frères. Les Frères des Ecoles chrétiennes ont à Hué un grand établissement : lEcole Pellerin et une école de quartier : lEcole Saint-Louis.

    LEcole Pellerin, compte 430 élèves, dont 173 pensionnaires. 124 élèves sont chrétiens. Vingt professeurs, dont 7 Français ; dix classes. Depuis la fondation (1904) 39 élèves païens ont reçu le baptême, 29 sont entrés au Petit-Séminaire, 21 au Noviciat des Frères. En 1920 lEcole a obtenu 2 certificats détudes, titre français ; 56, titre franco-indigène ; 6 diplômes détudes complémentaires ; 1 brevet élémentaire ; 2 admissions à lEcole des Travaux publics de Hanoi.

    LEcole Saint-Louis, fondée quelques années plus tard au quartier de Gia-hoi, en pleine ville annamite, est confiée à la Communauté du Scolasticat des Frères. Deux scolastiques sy rendent chaque jour et sy exercent, sous la direction de Frères plus expérimentés, à lart difficile de lenseignement. LEcole nadmet que des externes. Elle compte actuellement 94 élèves, presque tous païens. Parmi le petit nombre de chrétiens, trois vocations déjà : deux pour lInstitut des Frères, une pour le Petit-Séminaire.

    Cambodge

    Raghgia (Cochinchine). LAdministration et le médecin de Rachgia avaient demandé à S. G. Mgr Bouchut de vouloir bien leur envoyer des Surs de la Providence de Portieux pour tenir leur hôpital. Les Surs sont arrivées le 1er Août et ont été reçues avec grande sympathie par les autorités, ainsi que par la population française et annamite. Elles nont pas tardé, du reste, à justifier la confiance qui leur avait été témoignée : M. le Gouverneur général, lors de son passage, leur a manifesté sa vive satisfaction. Les malades affluent de toutes parts et létablissement est déjà jugé trop petit.

    Quelque temps après, deux Surs annamites de la même Congrégation sont venues prêter leur concours aux uvres paroissiales, comme catéchistes et baptiseuses.

    Le 6 Janvier, un pasteur méthodiste américain est arrivé avec sa femme et de nombreux bagages, dans la charmante ville de Sadek, pour sy installer. Aux environs de Noël, deux autres pasteurs de la même secte ont passé dix jours à Châudoc, point de jonction entre la Cochinchine et la Cambodge. En partant ils auraient annoncé que lun deux viendrait sy établir sous peu.

    Jusquici les pasteurs protestants étaient inconnus dans notre Mission

    Siam

    Le Maréchal Joffre a passé une semaine, du 21 au 28 Déc., à Bangkok, où les fêtes et réceptions en son honneur ont revêtu un aspect dapothéose : le Roi, les Princes, les hauts dignitaires, les ministres, le Corps diplomatique, larmée surtout, ont accueilli avec enthousiasme le Représentant de la France.

    Pourquoi faut-il quil y ait eu une note fausse dans ce concert dacclamations ? Le programme des journées du Maréchal, élaboré et publié davance, portait que le 25 Décembre, fête de Noël, serait consacré à la visite des Etablissements scolaires et charitables français (Collèges, Couvents, Hôpital Saint-Louis). Tous se préparaient avec un joyeux entrain à fêter notre illustre hôte, lorsque soudain on nous notifie que le Maréchal ne visitera aucun Etablissement scolaire ou hospitalier français. Quelle déception ! Quelle tristesse pour lEvêque, les Missionnaires, les. Frères de Saint-Gabriel, les Surs de Saint-Paul et les 4.000 enfants que nous avions à présenter au Maréchal !... Dautres Maréchaux et Généraux : Foch, Fayolle, Mangin, ont promené dernièrement la gloire de la France à travers le monde, et, quelles que fussent par ailleurs leurs opinions religieuses, ils nont pas manqué de saluer, au nom de la France, ceux de ses enfants catholiques qui travaillent au loin pour elle. Le Maréchal Joffre, en ne citant pas à lOrdre du jour de la Nation siamoise la Mission Catholique, qui seule a fondé des uvres françaises au Siam, a contristé des consciences catholiques et vivement peiné de bons Français.

    Malacca

    Le Sacre de Mgr Perrichon. Pendant de longs mois, les regards des missionnaires et des catholiques du diocèse de Malacca se sont tournés vers Mgr Louis Perrichon, Coadjuteur élu de lEvêque de Malacca avec future succession. Et ils semblaient lui dire : Tu es qui venturus es, an alium expectamus ? A la grande joie de tous, le Fiat si longtemps attendu fut enfin prononcé, et, sans plus de retard, il fut décidé que le sacre de Mgr de Coron aurait lieu le dimanche 27 Novembre, dans la cathédrale du Bon Pasteur à Singapore.

    Mgr Barillon venait de rentrer dans la Mission avec une santé notablement améliorée ; mais, à son grand regret, la faiblesse de ses jambes ne lui permettait pas de faire lui-même les cérémonies de la consécration. Mgr Bouchut, Vicaire Apostolique du Cambodge, compatriote et parent par alliance de Mgr Perrichon, fut invité à être lEvêque Consécrateur, et il accepta avec une grâce dautant plus charmante quil dut, pour cela, modifier des engagements préalables. Il en fut de même pour Mgr Perros et Mgr Perroy, qui voulurent bien être les Evêques Assistants.

    Jusque là Singapore navait vu quun sacre dévêque, celui de Mgr Fée, de douce mémoire, qui avait eu lieu 25 ans auparavant, le 22 Novembre 1896. Aussi on devine aisément le joyeux empressement de nos chrétiens européens, eurasiens, chinois et indiens, à assister à une telle cérémonie. Mais il eût fallu une cathédrale deux fois plus grande pour les contenir tous...

    Ce fut devant cette foule si variée, mais profondément recueillie, que se déroulèrent, dans un ordre parfait, les augustes fonctions de la liturgie, tandis que, dans le sanctuaire, 1Elu était entouré dune magnifique couronne de trente prêtres et de cinq évêques, y compris le vénérable Mgr Mérel, récemment nommé archevêque de Craina.

    A lissue de la cérémonie, le nouveau Prélat prit place sur un fauteuil préparé sous le vaste portico de la cathédrale pour y recevoir les compliments que la paroisse du Bon Pasteur fut heureuse et fière de lui offrir au nom de toutes les paroisses du diocèse. Puis ce fut un défilé presque interminable de tous ces bons chrétiens, petits et grands, qui, pour rien au monde, nauraient voulu se retirer sans avoir baisé son anneau et reçu sa bénédiction.

    Heureusement pour tous, le temps était idéalement beau. Pas de pluie et pas de gros soleil ; mais une journée rafraîchie par cette brise du nord-est qui souffle assez régulièrement pendant plusieurs mois et nous apporte ce que nous appelons, avec beaucoup dexagération, notre hiver de Malaisie : ce qui signifie une température de 21 à 27 centigrades, tandis que, dans le reste de lannée, nous oscillons de 25 à 31.

    Aussi le photographe voulut-il en profiter de suite pour prendre le groupe du sacre. Et il faut dire à sa louange quil na pas mal réussi.

    Après cela, tout le monde fut davis quil était vraiment temps de penser aux agapes fraternelles, et pas un ne manqua à ce rendez-vous de famille, qui amena la série des toasts.

    Naturellement ce fut Mgr de Malacca, le grand obligé de tous, qui prit le premier la parole. Il remercia dabord son cher Coadjuteur du grand sacrifice quil venait de faire et pour lequel il lui était dautant plus redevable quil lui avait coûté davantage. Il dit ensuite sa reconnaissance à Mgr Bouchut, le représentant du pays et de la famille lyonnaise ; à NN. SS. Perros et Perroy, les représentants de la Mission-Mère et de la Mission-sur ; enfin à tous ceux qui, par leur présence et leur coopération, avaient fait de cette journée une journée vraiment inoubliable.

    Puis ce furent Mgr Bouchut et Mgr Perroy qui, tour à tour, eurent des mots remplis de la plus exquise amabilité pour la Mission de Malacca et pour ses missionnaires, au milieu desquels on respire le parfum de la plus cordiale fraternité.

    Après eux, le Père Mariette, Vicaire Général, au nom de tous ses Confrères, redit à Mgr Perrichon combien ils étaient heureux de son élévation à lépiscopat. Il a toujours été lami de tous, et, par leur attachement et leur bonne volonté, ils laideront de tout leur pouvoir à réaliser sa belle devise : Cor unum et anima una.

    Enfin Mgr le Coadjuteur se leva au milieu des plus joyeux applaudissements. Il déclara tout dabord navoir jamais pu comprendre pourquoi les votes des Confrères sétaient portés sur sa pauvre personne. On attribuait son refus à des sentiments dhumilité. Il venait, au contraire, de la claire vue de ses insuffisances. Mais puisquil navait pu en persuader les autres, il lui restait un devoir bien doux à remplir : celui dassurer Mgr de Malacca quil trouverait en lui le plus affectueux et le plus dévoué des Coadjuteurs, et de redire aux Confrères quil demeurait à jamais leur ami sincère et tout dévoué.

    Ces paroles si affectueuses allèrent droit à tous les curs, qui y répondirent par le plus enthousiaste : Ad multos annos !

    Quelques jours plus tard, Mgr Perrichon se rendait au Collège Général de Penang où, le 3 Décembre, il ordonnait un prêtre, six diacres et un minoré. Le prêtre, un des diacres et le minoré appartiennent au diocèse de Malacca.

    Son épiscopat ne pouvait pas avoir de meilleur début.

    TESTIS.

    Birmanie Méridionale

    Le Prince de Galles, arrivé à Rangoon le 2 Janvier, y a été lobjet dune réception vraiment chaleureuse.

    Birmanie Septentrionale

    Mandalay a eu, le 5 Janvier, lhonneur de recevoir la visite du Prince de Galles.

    Maïssour

    Le P. Tabard, secrétaire de lEvêché, curé de la Cathédrale (paroisse européenne), chapelain des troupes anglaises de Bangalore, fellow de lUniversité de Mysore, vient dêtre lobjet dune haute distinction : au mois dOctobre dernier, S. A. le Maharajah la élevé au rang de Rajasabha Bhushana (litt. Ornement de la Cour royale) de lOrdre du Ganda Bharunda, un des plus élevés de la hiérarchie des titres honorifiques. Le P. Tabard est le premier Européen ainsi promu par le Maharajah, et le fait est dautant plus à noter que sa qualité de prêtre catholique était plutôt un obstacle à sa nomination.

    Cest la troisième distinction dordre civil que reçoit notre Confrère : le Gouvernement de lInde lui a déjà conféré, en 1915, la médaille dor Kaiser-i-Hind, et en 1921 le degré de Member of the most Excellent Order of the British Empire. Doù il résulte que quiconque voudra, en sadressant au nouveau dignitaire, observer ponctuellement les règles du Protocole, devra libeller ainsi sa suscription :

    To Rajasabha Bhushana Very Rev. A-M. TABARD, M. A., M. B. E., M.R.A.S..

    Les honneurs reçus par le P. Tabard rejaillissent sur la Mission dont il fait partie, sur la Société à laquelle il appartient et sur la Religion dont il est le ministre. Nous devons nous en féliciter et lui adresser nos sincères compliments.

    Le 21 Novembre dernier, le Collège Saint-Joseph de Bangalore inaugurait un monument à la mémoire de ses 27 anciens élèves morts au champ dhonneur au cours de la dernière guerre, dont un professeur de létablissement, 2 Capitaines, 10 Lieutenants, 4 Sergents et 10 soldats. Le nombre des anciens élèves qui avaient répondu à lappel de leur patrie sélevait à 369, chiffre que nulle autre école de lInde na atteint.






    1922/52a-75a
    52a-75a
    Anonyme
    France et Asie
    1922
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