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Chronique du Séminaire de Paris et des Missions 1

Chronique du Séminaire de Paris et des Missions. SÉMINAIRE DE PARIS Conformément à notre nouveau Règlement, lAdministration Centrale de la Société a été modifiée comme suit : Supérieur du Séminaire et de la Société :Mgr de Guébriant 1er Assistant :M. Robert 2e Assistant :M. Delmas. Conseil Central. MM.Delmas, représentant le groupe des Missions du Japon ; Gérard, de Corée-Mandchourie ; Aubert, de Chine Occidentale ;
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    Chronique du Séminaire de Paris et des Missions.

    SÉMINAIRE DE PARIS

    Conformément à notre nouveau Règlement, lAdministration Centrale de la Société a été modifiée comme suit :

    Supérieur du Séminaire et de la Société : Mgr de Guébriant
    1er Assistant : M. Robert
    2e Assistant : M. Delmas.

    Conseil Central.

    MM. Delmas, représentant le groupe des Missions du Japon ;
    Gérard, de Corée-Mandchourie ;
    Aubert, de Chine Occidentale ;
    Mollat, de Chine Méridionale ;
    Denis, du Tonkin ;
    Léculier, de Cochinchine-Cambodge ;
    Bernat, dIndochine Occidentale ;
    Boulanger, de lInde.
    Roulland,

    Le P. Boulanger a été nommé Procureur du Séminaire ; le P. Gérard, économe ; le P. Mollat, secrétaire ; le P. Denis, directeur des Frères Coadjuteurs.

    Séminaire de Paris.

    Directeur : M. Sy, professeur de liturgie et de chant ; bibliothécaire.
    Professeurs : MM. Schmitt : Ecriture-Sainte et Histoire ecclésiastique ;
    Lefèvre, économe : Droit Canon ;
    Fouque : Morale ;
    Chabagno : Dogme.

    Séminaire de Bièvres.

    Directeur : M. Parmentier, professeur dHistoire ecclésiastique.
    Professeurs : MM. Mollard : Ecriture-Sainte et Liturgie ;
    Misson : Sciences physiques et naturelles ;
    Bouffanais, économe ; Morale ;
    Bibollet : Philosophie ;
    Adeux : Dogme.

    Le P. Roulland, fatigué, prend un congé à Rome cette année, dans la compagnie du P. Garnier.

    Trois aspirants préparent à Rome leurs grades théologiques.

    Sept aspirants se sont présentés aux examens de lInstitut Catholique pour le Baccalauréat de Philosophie scolastique : tous ont été reçus. Honneur à eux et à leur professeur, le P. Bibollet.

    La liste des aspirants, au 15 Octobre, porte 45 pour Paris, 45 pour Bièvres, et 13 à la caserne. Nos postulants sont au nombre de 50, dans diverses maisons déducation.

    Le 30 Septembre se sont embarqués à Marseille les PP. Aymard (Sutchuen Oriental), Piboud (Malacca), Bos (Tonkin Méridional), Prouvost (Mayssour), Mayet (Tôkyô), Mezin (Pondichéry) et Le Restif (Canton).

    Le 22 Décembre ont dû sembarquer les PP. Morin (Procure de Hongkong), Puncet (Tonkin Occidental) et Pichon (Seoul).

    ARRIVÉE DE S. G. MGR DE GUÉBRIANT À PARIS
    9 Octobre 1921.

    Après de longs mois dattente, nous avons eu le bonheur de recevoir enfin notre nouveau Supérieur, S. G. Mgr de Guébriant. Que navions-nous délégations, bannières, fanfare, chevaux fringants, théories de pousse-pousse et de palanquins, pour aller recevoir à la gare de Lyon notre vénéré et très aimé Père et lescorter processionnellement jusquà la rue du Bac, dans le fracas des pétards et des cris de réjouissance, comme cela se passe, paraît-il, là-bas, tout là-bas, en Extrême-Orient ! Hélas ! Nous sommes encore à Paris...

    Accueil donc très simple, mais. très cordial. Monseigneur descend de sa voiture accompagné des PP. Fouque et Mollat ; il est reçu à la porte de notre cher vieux Séminaire par le P. Delmas, Assistant, entouré de tous les membres de lAdministration et des professeurs du Séminaire ; la cloche sonne à toute volée, les portes des cellules claquent vigoureusement et les aspirants descendent les escaliers quatre à quatre pour se masser dans la cour dentrée. Monseigneur a la réputation de nêtre jamais en retard : elle est méritée ; selon les calculs les plus précis, Sa Grandeur ne pouvait arriver rue du Bac quà 10 h. 45 au plus tôt ; or, il est 10 h. 40...

    Nous nous prosternons à ses pieds pour recevoir sa bénédiction, mais il nous relève aussitôt et nous serre la main à tous, simplement, affectueusement : geste de père ; nous nous sentons déjà très aimés, les charissimi et desideratissimi de lApôtre, et cela nous fait chaud au cur.

    Quelque peine que nous ayons à nous dégager de ces premières effusions, il faut bien laisser Monseigneur célébrer la Sainte Messe ; il y tient absolument. Nous avons préparé pour lui lautel de la Sainte Vierge, lautel de sa première messe...

    Midi nous réunit au grand réfectoire : cest la première fois depuis la rentrée que tombe la sévère cloison entre lAdministration et le Séminaire ; tout le monde est là, air de fête, menu des grands jours ! Le lecteur monte en chaire et traduit les sentiments de vénération, de fierté, de joie, démotion, que nous éprouvons tous à accueillir au Séminaire, cur et tête de notre chère Société, celui que pleurent mais dont se glorifient les Eglises du Sutchuen méridional, du Kientchang, de Canton, le Visiteur Apostolique de limmense Chine et de limpénétrable Sïbérie, lélu de lAssemblée générale de Hongkong : Ecce Sacerdos magnus qui in vita sua suffulsit domum et in diebus suis corroboravit templum... qui curavit gentem suam... qui prvaluit amplificare civitatem, qui adeptus est gloriam in conversatione gentis et ingressum domus et atrii amplificavit...

    Il ny a pas de toast : le lecteur a tout dit.

    Monseigneur a passé la nuit blanche dans le rapide Marseille-Paris. Nous nosons compter sur une lecture spirituelle ce soir. A 6 h. la cloche sonne, nous courons à la Salle des Exercices : ¾ dheure durant Monseigneur va nous tenir sous le charme. Malgré la fatigue, commence-t-il, je ne puis résister aux désirs les plus intimes de mon cur. et cest avec mon cur uniquement que je vous parlerai ce soir. Il y a aujourdhui, jour pour jour, 36 ans que je membarquais à Marseille pour la Mission du Sutchuen et, en quittant la France, je ressentais en mon âme comme un arrachement à tout ce qui métait cher. Je revoyais en ce moment suprême mes parents, mes amis, Paris, la Bretagne, Issy, la Rue du Bac, en un mot tout ce qui me tenait au cur... et je men arrachais. Je vécus alors quelques instants dangoisse et jeus presque une défaillance... La pensée de la chère Mission de Chine qui mattendait me réconforta. Ce déchirement, cet arrachement, je viens de léprouver une fois de plus en quittant la Chine... En contemplant une dernière fois les paysages dExtrême-Orient, en disant un suprême adieu à mes chrétiens, à tous ces Chinois que javais tant aimés, en masseyant pour un dernier repas à la table de mes confrères et collaborateurs dans lapostolat, jéprouvais exactement le même sentiment douloureux que lors de mon départ pour la Chine : je sentais un vide immense se faire dans mon cur... Puis ce furent Hongkong, Pinang, qui passèrent une dernière fois devant mes yeux, et cétait fini !...

    Alors ma pensée se reporta vers vous, vers le poste où mappelait la confiance de mes confrères, et je mabandonnai en toute simplicité aux mains de Dieu. Votre chaleureux accueil me fait du bien, et souvent, aussi souvent que le permettront les devoirs de ma charge, je viendrai vous voir, vous parler, travailler encore par vous pour nos chères Missions en leur préparant de véritables apôtres. Soyez fiers de votre vocation : cest la plus noble qui soit ; soyez fiers de la Société des Missions-Étrangères où vous entrez : pour ma part, je laime davantage à mesure que je la connais mieux et que je pénètre plus intimement son esprit, tout de simplicité et de générosité, de charité et dardeur conquérante.

    Pour terminer, une devise : ARDENS ET LUCÉNS. Soyez fervents, nous dit Monseigneur, dans vos rapports avec Dieu, mais soyez aussi des hommes de savoir. Cultivez votre intelligence, ornez votre esprit de toutes les sciences sacrées et profanes : cest un puissant facteur de lapostolat. De nos jours, lExtrême-Orient tout entier est entraîné par un courant intellectuel intense, et il vous importe, à vous, futurs apôtres, qui voulez étendre les conquêtes de la vérité chrétienne, de joindre à une grande ferveur une science adéquate aux besoins du temps

    Vos paroles, Monseigneur, ont trouvé le chemin de nos curs : heureux de travailler à notre formation sous votre direction paternelle, éclairée, entraînante, de toute la générosité de notre âme nous vous promettons dêtre dignes de vos espoirs et de vos conseils.

    Un Aspirant-missionnaire.

    A la demande du Souvenir Indochinois, un monument a été élevé, dans la chapelle du Séminaire de Paris, à la mémoire des Indochinois catholiques morts pour la France pendant la guerre. Placé dans la partie réservée aux fidèles, du côté de lévangile, il consiste en une mosaïque de très bon goût, dominant et encadrant la plaque de marbre où figurent les noms de nos Missionnaires et Aspirants tombés aussi pour la Patrie. On y lit linscription suivante :

    Cochinchine Cambodge Annam Tonkin Laos.

    A la mémoire

    DES INDOCHINOIS CATHOLIQUES

    morts pour la France.

    1914-1918.

    Le 2 Novembre a eu lieu linauguration, présidée par Mgr de Guébriant, qui a prononcé une très belle allocution.

    Une fondation assurera une messe annuelle pour ces victimes de la grande guerre.

    Procure de Marseille

    Le service de la Procure de Marseille sera assuré désormais par des religieuses : trois Surs de la Charité de Chambéry y sont arrivées au mois dOctobre, et le P. Masseron a pourvu à leur installation.

    Sanatorium de Montbeton

    Aucune nouvelle ne nous est parvenue du Sanatorium S.-Raphaël : nous le regrettons et ne pouvons quadresser à nos Confrères malades nos vux de prompte et complète guérison.

    Les Procures dExtrême-Orient.

    Les Procures ont été très éprouvées pendant lannée par la maladie et désorganisées par la nomination de leur Procureur Général, le Père L. Robert à la charge de Premier Assistant du Supérieur du Séminaire et de la Société. La situation spéciale dans laquelle se trouvait le personnel travaillant sous ses ordres ne permit pas au nouvel élu de quitter lExtrême Orient.

    Le P. Gerey avait été envoyé de la Procure de Shanghai à celle de Saigon pour être lassistant du vénéré Père Artif, et le P. Vignal, jusquici au service du Sanatorium, avait été généreusement donné aux Procures : il fut désigné pour être lassistant intérimaire du P. Sallou. Déjà fatigué par plusieurs déplacements, le P. Gerey voyait bientôt sa santé ruinée par le climat de Saigon à un point tel que son changement devenait nécessaire. Le nouveau confrère, le P. Camille Gauthier, envoyé de Paris en 1920, après avoir fait un premier stage à Singapore pour apprendre langlais, puis à Hongkong pour y renforcer le personnel de la Procure pendant lAssemblée Générale, partit alors remplacer à Saigon le P. Gerey, dont la maladie faisait des progrès si rapides quil fallut durgence pourvoir à son retour en France.

    Resté à Shanghai seul au courant du poste, le P. Sallou était surchargé de travail et bientôt, succombant sous le poids de la fatigue, il devait prendre un repos absolument indispensable. Cest le P. Ouillon qui fut alors chargé de tenir ce poste important pendant lété.

    Entre temps le regretté P. Beaublat mourait presque subitement à Singapore, sa complexion robuste brisée par les dures touches dune nouvelle acclimatation. Et, faute de personnel disponible, le poste de Singapore resta sans titulaire, sous la direction du bon P. Laumondais, que le Collège Général de Pinang voulut bien prêter, vu la nécessité des circonstances.

    Il ne restait plus quà faire immédiatement appel aux bonnes volontés, et S. G. Mgr de Guébriant voulut bien céder à la Procure Générale un de ses jeunes missionnaires, le P. Léon VIRCONDELET, qui actuellement tient à Hongkong la place du dévoué P. Ouillon.

    Une fois la santé du P. Sallou un peu rétablie, le P. Ouillon quittait Shanghai pour aller à Singapore se mettre au courant des affaires de cette autre Procure, sous la direction provisoire du Père Couvreur, rappelé de France pour reprendre en mains les intérêts de la Société dans ce poste.

    Pour remédier dune façon définitive aux multiples inconvénients résultant de changements si nombreux et redonner aux Procures de la Société le personnel suffisant pour assurer leur bon fonctionnement, un jeune partant, M. M0RIN, recevait le 25 Septembre sa destination pour les Procures, et il a dû sembarquer à Marseille le 22 Décembre pour lExtrême-Orient.

    Actuellement les diverses procures dExtrême-Orient sont pourvues de la façon suivante :

    HONGKONG : PP. Robert, Procureur Général
    Souvey
    Vircondelet
    SHANGHAI : PP. SalIou, procureur
    Vignal.
    SAIGON : PP. Artif, procureur
    Gauthier
    SINGAPORE : P. Ouillon

    Sanatorium de Béthanie.

    Le P. Marie, assisté du Frère Joseph, continue à se dévouer, toujours avec la même inlassable charité, au soulagement de ceux de nos Confrères qui viennent chercher à Hongkong guérison, convalescence ou repos.

    Nombre de malades ont passé dans la maison en 1921 ; un seul, le P. Daridon, de la Mission dOsaka (Japon), sy est éteint doucement le 1er Décembre, après une année entière de cruelles souffrances supportées avec une patience admirable. Il avait travaillé 35 ans à lévangélisation de ses chers Japonais, et Dieu lui a épargné bien quil leût déjà accepté dans son cur, le dur sacrifice davoir à transmettre à une autre Congrégation le district de Tottori, auquel il avait donné tout son cur et tous ses soins.

    Sanatorium Saint-Théodore.

    Aucune nouvelle de cet intéressant établissement. Pourtant le Bulletin ne loublie pas : quil veuille bien ne pas oublier le Bulletin !

    Collège Général de Pinang

    Nous aurions été heureux de donner à nos lecteurs quelques détails sur le vieux Séminaire, qui a retrouvé sa prospérité dautrefois. Comme ils ne nous sont pas encore parvenus, nous les remettons à un prochain numéro.

    Maison de Nazareth.

    Plusieurs événements saillants sont venus en 1921 je ne dirai pas troubler le recueillement, mais rompre la calme monotonie de la vie de Nazareth.

    Tout au commencement de lannée, ce fut la retraite commune, prêchée avec une éloquence tout apostolique par Mgr Marcou, hôte de la maison depuis plusieurs mois. Peu après, le 19 Janvier, quatre Evêques et quarante missionnaires étaient réunis pour célébrer les Noces dOr sacerdotales du vénéré Père Ligneul, qui reçut en ce jour les témoignages de respect et de reconnaissance bien mérités par cinquante ans de laborieux dévouement au bien des âmes.

    Si lAssemblée Générale de nos Supérieurs a été pour toute la Société un événement important, à combien plus forte raison pour la Maison de Nazareth, qui a eu lhonneur et la joie de donner lhospitalité pendant deux mois à nos Evêques ! Pourtant, bien que la maison soit grande et que ses hôtes habituels, relégués aux extrémités, se soient faits aussi petits que possible, il ny eut de place que pour dix-huit membres de lAssemblée : douze durent demander le vivre et le couvert au Sanatorium de Béthanie. Mais toutes les séances se tinrent et toutes les cérémonies se célébrèrent à Nazareth, qui en garde profond souvenir. Comment, en effet, ne pas être impressionné en voyant à nos grandmesses du dimanche, dordinaire fort modestes, une assistance de trente Evêques ? Et chaque soir, après la prière traditionnelle du Séminaire de Paris, lantienne à la Sainte-Vierge, cétait alors lAve Regina clorum, chantée avec onction par un pareil chur ! Et surtout, le jour de la clôture des travaux de lAssemblée, à la nouvelle de la nomination du Supérieur, ce mouvement spontané qui nous conduisit tous en un instant à la chapelle pour y chanter de tout cur le Te Deum de la joie et de la reconnaissance ! Et plus encore peut-être, le soir de ce même jour, au salut dactions de grâces, lorsque, après une touchante Consécration de la Société au Sacré-Cur, on entendit ces Pères et ces Pontifes, la plupart vétérans de lapostolat, renouveler dune seule voix le Bon Propos de persévérer jusquà la mort dans les labeurs de leur sainte et sublime vocation ! Il eût fallu avoir le cur bien dur pour nêtre pas profondément ému, et, devant un tel spectacle, comment ne pas fonder de grands espoirs sur la vitalité dune Société qui, après deux siècles et demi de rudes travaux apostoliques, possède encore de telles réserves de zèle, de dévouement et dabnégation ?

    La présence de nos Evêques nous valut encore de beaux offices pontificaux le Jeudi Saint et le jour de Pâques. Puis ce fut la dispersion des Apôtres. Et Nazareth rentra dans son calme coutumier, mais encouragé, fortifié par ce contact de deux mois avec nos Supérieurs, renouvelé dans lesprit de la Société et plus résolu que jamais à demeurer fidèle au programme que lui tracent les premières lignes du Règlement de la Maison : Nazareth est un lieu de retraite, de silence, de prière et de charité fraternelle. Ainsi soit-il !

    Tôkyô.

    S. G. Mgr Rey, après avoir pris part, lannée dernière, à la Conférence de Rome, était dans lintention de regagner lExtrême-Orient au moment de lAssemblée Générale de Hongkong ; mais il en fut empêché par une indisposition, et ce nest que le 9 Mai que nous eûmes la joie de le voir débarquer à Yokohama.

    Le 29 Juin S. G. a eu la consolation dordonner deux nouveaux prêtres japonais.

    Le R. P. Giardini, barnabite, est nommé Délégué Apostolique au Japon, en remplacement de Mgr Fumasoni Biondi, devenu Secrétaire de la S. C. de la Propagande. Le nouveau Délégué, né à Milan en 1877, était depuis six ans curé de la paroisse Saint-Charles à Catinari, à Rome. Réputé pour sa remarquable culture philosophique, théologique et canonique, le P. Giardini est de plus un linguiste distingué : il parle sept langues. Le 8 Décembre dernier, il a reçu la consécration épiscopale des mains de S. E. le Cardinal Van Rossum.

    Nagasaki.

    Le partage du diocèse de Nagasaki est actuellement un fait accompli. Au mois de Novembre dernier, le P. Maurice Bertin, O. F. M., ancien officier de la marine française, et un Père Canadien du même Ordre sont arrivés à Kagoshima pour prendre possession de leur nouvelle Mission, qui comprend trois départements du Sud-Est de lîle Kyûshû et les îles du Sud. Ce sera une Mission Franciscaine Canadienne, qui se recrutera surtout dans le couvent de Québec. Le siège du futur diocèse sera Kagoshima (60.000 hab.), la ville où saint François-Xavier débarqua à son arrivée au Japon, le 15 Août 1549.

    Le diocèse de Nagasaki conserve encore 5 départements, qui comptent plus de 50.000 chrétiens.

    Osaka.

    Au commencement de Mai, sept religieuses de la Congrégation des Surs de la Charité et de lInstruction chrétienne de Nevers, accompagnées dune Visitatrice, sont arrivées pour fonder un établissement à Osaka, où déjà, et depuis longtemps, les Surs du Saint-Enfant Jésus de Chauffailles dirigent un Pensionnat et un Orphelinat. Cest la première fois que les Surs de Nevers sétablissent en pays de mission. Daigne, du haut du ciel, la Vénérable Sur Marie-Bernard la petite Bernardette de Lourdes, bénir cette première fondation de sa Congrégation en Extrême-Orient !

    Les missionnaires dOsaka se préparent à céder bientôt toute la partie méridionale de leur diocèse, comprenant les départements dOkayama, Tottori, Shimane, Hiroshima et Yamaguchi, aux RR. PP. Jésuites de la province dAllemagne.

    Hakodate.

    Le 14 Avril 1921, un incendie, activé par un vent violent, a détruit, à Hakodate, plusieurs milliers de maisons, parmi. lesquelles la cathédrale, la résidence des missionnaires et limportant établissement des Surs de Saint-Paul de Chartres. Cest une lourde épreuve pour notre pauvre Mission. Mais la bonne Providence nous a suscité des bienfaiteurs. Le Saint-Père a daigné nous allouer un secours de 50.000 lires ; le premier ministre, M. Hara, a envoyé 1.500 yen ; M. Joseph Loh, de Shanghai, 1.000 piastres, etc. Grâce à ces dons, les PP. Hervé et Hutt ont pu entreprendre la reconstruction du presbytère et dune chapelle provisoire, qui sera la sacristie de la future cathédrale, le tout en ciment armé, pour braver les incendies à venir. La nouvelle installation a été inaugurée pour la Toussaint.

    Le 28 Octobre, nos bons Pères Trappistes ont célébré le 25e anniversaire de la fondation de leur monastère de Notre Dame du Phare. Combien dépreuves subies, mais aussi que de mérites recueillis pendant ce quart de siècle ! Le gouverneur, païen, en un discours adressé à la foule réunie pour la circonstance, rendit pleine justice à nos religieux en rappelant tout le bien quils ont fait au pays pendant ces vingt-cinq années.

    Seoul.

    Le grand événement de lannée a été le sacre de Mgr Emile Devred, Coadjuteur de Mgr Mutel, et de Mgr Boniface Sauer, Vicaire Apostolique de Ouensan. La cérémonie a eu lieu le 2 Mai, en présence dune foule énorme, dans laquelle figuraient aux premiers rangs les membres du Corps consulaire et nombre de hauts fonctionnaires japonais. Le prélat consécrateur était Mgr Mutel ; les assistants, Mgr Demange, de Taikou,. et Mgr Castanier, dOsaka.

    S. G. Mgr Mutel a été nommé par le Saint-Père Assistant au Trône pontifical.

    On sait que les deux provinces du Nord-Est (Ham-kyong-to septentrional et Ham-kyong-to méridional) ont été cédées aux PP. Bénédictins de Sainte-Odile pour former le nouveau Vicariat de Ouensan. Cette division faite, il reste encore à la Mission de Seoul 52.000 chrétiens sur une population totale de 9.143.750 habitants.

    Disons que, en 1890, lorsque Mgr Mutel prit possession de son Vicariat, la, Corée comptait 17.500 chrétiens. Aujourdhui les trois Mission s ensemble en ont près de 90.000.

    Taikou.

    Il y a eu, dans le courant de lannée 1921, deux ordinations : la première, le 15 Mai, comprenait 3 sous-diacres, 4 acolytes et 15 tonsurés ; la seconde, le 24 Septembre, 3 sous-diacres.

    Le Grand Séminaire compte encore 23 élèves et le Petit-Séminaire 37, soit 60 élèves, tous Coréens, sauf un Japonais. De plus deux séminaristes sont depuis 1919 au Séminaire de la Propagande à Rome.

    Le 21 Octobre 1921, le P. Hippolyte Saucet est mort à Napaoui, après 15 années de vie apostolique.

    Mandchourie Méridionale.

    Une pénible épreuve a frappé notre Vicaire Apostolique et par là même toute la Mission : Mgr Choulet avait pris part à lAssemblée Générale de Hongkong et nous était revenu dans un état de santé satisfaisant, lorsque, le 7 Mai, par suite dun faux pas, il fit une chute malheureuse, à la suite de laquelle il dut demeurer alité. A certain moment la situation lui parut si critique que Monseigneur demanda lui-même à recevoir lExtrême-Onction. Depuis lors, grâce à Dieu, une amélioration sensible sest produite ; mais nous recommandons néanmoins le vénéré malade aux prières de la Société.

    La suppléance de Monseigneur a été exercée dabord par le P. Beaulieu, Supérieur du Grand-Séminaire, puis, depuis le 14 Août, par le P. Blois, Provicaire.

    Mandchourie Septentrionale.

    Ce fut vraiment un jour de grande joie pour tous les missionnaires de la Mandchourie Septentrionale que le premier Janvier de lan 1921. Ce jour là, en effet, ils apprenaient la nomination de Mgr Augustin Gaspais comme Evêque de Canope et Coadjuteur du vénéré Mgr Lalouyer. Notre chère Mission pouvait-elle recevoir plus belles étrennes ?

    Voilà bientôt vingt-cinq ans que Mgr Lalouyer préside à lorganisation et au développement de la Mission de Mandchourie Septentrionale. Ce que fut ce quart de siècle, ce nest pas le moment de le raconter. Quil suffise de dire que, si aucun genre dépreuve na manqué au jeune Vicariat, ni le baptême du feu, ni le baptême du sang boxeurs, peste, choléra, famines, incendies, etc. luvre de Dieu sest néanmoins accomplie dune façon consolante. Deux simples chiffres en feront juger : lorsquen 1898 les deux provinces de Kirin et de lAmour furent séparées du reste de la Mandchourie et érigées en Vicariat Apostolique, elles comptaient 6.556 chrétiens ; à lheure actuelle elles en ont plus de 27.000 : résultat consolant, dont la gloire, après Dieu, revient à nos aînés et, parmi eux avant tout, au Pasteur vénéré qui toujours nous donna lexemple du zèle apostolique le plus infatigable..

    Mais depuis quelques années, Mgr Lalouyer était obligé davouer que, fût-on Breton et solide comme un roc, on ne porte pas impunément le fardeau de près de cinquante années de mission, dont plus de vingt dépiscopat, surtout sous notre rude climat de Mandchourie, où le thermomètre oscille entre 40 lété et 40 lhiver. Et lui, qui chaque année passait lhiver en courses apostoliques, se voyait contraint de rester au repos ! Se voyant dans limpossibilité de visiter sa chère Mission, Mgr demanda et obtint un Coadjuteur, et ce fut avec une joie bien vive quEvêque et missionnaires reçurent le télégramme qui leur annonçait la nomination épiscopale de Mgr Gaspais.

    Le sacre eut lieu à Changchun le 29 Mai, en la Solennité de la Fête-Dieu. Son état de santé ne permettant pas à Mgr Lalouyer de sacrer lui même son jeune Coadjuteur, cest Mgr Choulet qui devait présider cette belle cérémonie. Un malencontreux accident layant inopinément cloué sur un lit de douleurs, ce fut Mgr Mutel, Vicaire Apostolique de Seoul, qui, avec laisance et la distinction que tout le monde connaît, donna la consécration épiscopale au nouvel élu, assisté de NN. SS. Demange, Vicaire Apostolique de Taikou, et Sauer, Vicaire Apostolique de Ouensan. Léglise provisoire de Changchun étant trop petite, le sacre eut lieu sous une immense tente dressée dans la cour et dont les vastes dimensions se prêtaient à merveille aux évolutions de la messe pontificale. Le Consul de France à Harbin, le Vice-Consul du Japon et les principales notabilités chinoises de la ville étaient aux premiers rangs de lassistance. Aux chrétiens de Changchun sétaient joints en grand nombre des délégués des chrétientés environnantes. Magnifique journée, qui marquera, nous nen doutons pas, le point de départ de nouveaux progrès pour notre chère Mission.

    Les armes de Mgr de Canope sont dazur au sapin au naturel flanqué à dextre du Sacré-Cur et à senestre du bâton de S. Joseph. Le sapin symbolise le grand fleuve de notre Mission, le Soungari, que les Chinois appellent Song hoa-kiang (caractères chinois, le fleuve des fleurs de sapin). Joubliais de dire que le blason de Mgr est au chef dhermines, car, comme Mgr Lalouyer, Mgr Gaspais est Breton. Ubi charitas et amor, Deus ibi est est sa devise, et Duc in altum, le cri qui surmonte son blason.

    Et maintenant, depuis deux mois déjà, Mgr Gaspais a commencé une longue tournée pastorale qui doit durer tout lhiver, pendant que le vénéré Mgr Lalouyer se console de son inaction forcée en offrant à Dieu dincessantes prières pour que sa miséricorde couronne de succès les travaux de son cher Coadjuteur et des ouvriers apostoliques.

    Pourquoi fallait-il que cette année commencée dans la joie se terminât par un deuil ? Bien quil soit dans les habitudes de la divine Providence de tempérer nos joies par des épreuves, ce fut pour tous une bien douloureuse surprise dapprendre que, le 20 Novembre, Dieu avait rappelé à lui le P. Berthier, lun des plus jeunes et des plus zélés. missionnaires de notre Mission. Il laisse un vide bien difficile à combler, et notre seule consolation est de penser que les prières de ceux qui sont retournés à Dieu font autant et plus pour luvre dévangélisation que les travaux de ceux qui peinent et luttent ici-bas.

    Sutchuen Occidental

    Il est trop tard pour revenir sur la touchante cérémonie des Noces dOr sacerdotales de notre vénéré P. Pons (22 Mai). Disons seulement que ce fut vraiment une belle fête, où tous, missionnaires, résidents français, chrétiens chinois, tinrent à offrir à lheureux jubilaire lhommage de leur respectueuse affection avec leurs vux de bonne santé et de longue vie.

    Les troubles continuent dans la province et nous sommes loin de jouir de la paix qui serait nécessaire aux progrès de lévangélisation.

    Sutchuen Oriental

    Au cours de lannée les épreuves nont pas manqué à notre Mission,. la plupart causées par létat danarchie dans lequel se débat la province. Chaque sous-préfecture est parcourue par des bandes de pillards armés, qui ne reculent pas devant le meurtre et lincendie. Dans la région de Ouán-hién, des brigands, fanatisés par les bonzes, après avoir détruit plusieurs oratoires, ont enchaîné des chrétiens, les ont conduits dans les pagodes, et là, devant les idoles, les ont sommés dapostasier, les menaçant des plus cruels supplices. Aucun de nos fidèles na failli : hommes, femmes, enfants, tous au nombre de 30 à 40, ont entonné le Credo catholique et sont morts courageusement.

    Nos pieuses Carmélites sinstalleront bientôt dans un vrai monastère.

    Une maison de retraite est en construction pour nos prêtres indigènes épuisés par lâge ou la maladie.

    a Mission prépare également une école secondaire pour jeunes filles.

    Nous avons actuellement 67 prêtres indigènes, dont 63 en activité de service. Il y a 25 élèves au Grand-Séminaire, et 100 dans les Séminaires préparatoires.

    Sutchuen Méridional

    La situation est toujours indécise, très chinoise : ce nest ni la guerre, ni la paix, et lévangélisation ne laisse pas que den souffrir.

    Notre Provicaire, le P. Pierrel, a été gravement malade au mois dOctobre, au point quon a cru devoir lui administrer les derniers sacrements. Mais la Providence na pas voulu nous imposer ce sacrifice et notre Confrère est en bonne voie de guérison.

    Kientchang.

    Le 18 Octobre, les Missionnaires du Kientchang ont célébré le 25e anniversaire de lordination sacerdotale de leur Vicaire Apostolique, Mgr Bourgain. La fête a été, paraît-il, des plus solennelles et des plus cordiales.

    Thibet.

    Aucune nouvelle ne nous est venue du lointain Thibet. Nous espérons être plus heureux le mois prochain.

    Yunnan.

    La province est toujours dans le même état de trouble et presque danarchie. Au mois de Septembre un de nos prêtres indigènes, le P. André Tchen, est arrêté par les brigands, retenu deux jours et dépouillé de tout son petit bagage. Le mois suivant, cétait le tour du P. Guyomard : entraîné dans la montagne pendant 50 li et à bout de forces, il obtient enfin dêtre relâché et rentre chez lui pour constater que son poste de Kokoui a été pillé et quil ne lui reste plus rien.

    Une partie de la plaine de Yunnan-fou a été inondée, ce qui a mis la récolte en péril. Heureusement nos bons Célestes ont vigoureusement canonné le ciel, fermé la porte du Nord, et le beau temps est revenu.

    Kouytcheou.

    Après la démission un peu forcée de Lieou Hien-che, nous avons eu comme gouverneur de la province un honnête lettré, Jen Ko-chen, qui tenta de remettre un peu dordre dans les finances et dans ladministration ; mais, incapable de résister aux intrigues des militaires, il vient de démissionner à son tour. Actuellement cest le général Lou Tao qui cumule les fonctions de gouverneur civil et militaire. La famille Lieou cherche toujours à reprendre le pouvoir, et la situation demeure pleine de dangers.

    La famine, causée surtout par la sécheresse et par les razzias des troupes a sévi terriblement dans la province. Le riz atteignit des prix fantastiques : 20, 30 et même 40 piastres le picul. On fonda, à Kouy-yang, un Comité de secours, dont Mgr Seguin et deux missionnaires firent partie ; le Consul de France à Shanghai envoya des secours importants. Mais, pendant des mois, villes et campagne virent se dérouler des scènes navrantes : les gens mouraient littéralement de faim. Heureusement la moisson étant ramassée depuis quelque temps déjà, la situation tend à saméliorer.

    Le 10 Octobre a eu lieu lordination de six nouveaux prêtres.

    Le gouvernement dIndochine sest mis daccord avec la Mission pour fonder un hôpital à Kouy-yang : la Mission fournira les locaux ; le gouvernement pourvoira au service médical, aux médicaments, etc. Cette fondation procurera aux missionnaires loccasion de sauver des âmes, tout en faisant du bien aux corps.

    Le P. Gros succède au P. Palissier comme procureur de la Mission à Kouy-yang.

    Canton.

    Mgr Mérel, ancien Vicaire Apostolique de Canton et Evêque dOrcisto, a été nommé par le Souverain-Pontife Archevêque titulaire de Craina.

    Par suite de son élection à la charge de Supérieur du Séminaire et de la Société, Mgr de Guébriant a été déchargé du Vicariat Apostolique de Canton, et, en attendant la nomination dun nouvel évêque, cest le P. Fourquet, Provicaire, qui est supérieur de la Mission.

    Après avoir consacré quatre mois à la Visite Apostolique de la Sibérie Orientale, Mgr de Guébriant sest embarqué à Hongkong le 2 Sept. et, le 9 Octobre, Sa Grandeur arrivait à Paris. Un aspirant nous a dit plus haut la réception qui lui fut faite.

    LAcadémie française a décerné un prix Buisson (2.000 fr.) à la léproserie de Sheklung. Le P. Deswazières, qui se dévoue avec un zèle infatigable à cette belle uvre de charité, a reçu également du gouvernement français un subside extraordinaire de 8.000 francs.

    Grâce à ses édiles, la ville de Canton est en voie dembellissement considérable. Bientôt sera ouverte, en face de notre cathédrale, une large avenue, qui dégagera la perspective de ce beau monument, jusquici trop entouré de misérables masures.

    Swatow.

    Il y a, ces temps-ci, une recrudescence de piraterie le long des côtes; du Kouangtong. Nous avons tout lieu de craindre que le bateau qui nous apportait le communiqué de la Mission de Swatow nait été piraté pendant sa traversée, et nous le regrettons vivement pour nos lecteurs.

    Kouangtong Ouest et Hainan.

    A la suite de la cession dune partie de la Mission du Kouangtong aux Pères Salésiens de Dom Bosco et aux Missionnaires Américains de Maryknoll, toute la région qui sétend de la préfecture de Kocheou aux frontières du Tonkin formait un territoire complètement isolé de la ville de Canton et du centre de la Mission.

    Pour mettre fin à cette situation anormale, S. G. Mgr de Guébriant demanda à la S. C. de la Propagande de vouloir bien détacher de Canton ce territoire, assez vaste et suffisamment organisé, pour en faire une mission autonome avec son Vicaire Apostolique, ses missionnaires et ses uvres.

    Dès le mois daoût 1920 cette séparation était accordée en principe par Rome, mais ce nest quau mois de mai dernier que nous arrivait la nomination de son premier Supérieur, Mgr Auguste Gauthier, Evêque de Dobero.

    La nouvelle Mission comprend, avec lIle de Hainan, une superficie denviron 70.000 Kilomètres carrés, une population catholique de 11.000 âmes sur 4 millions et demi dhabitants, 13 Missionnaires et 5 Prêtres indigènes.

    Malheureusement, depuis plus dun an ce pays est ravagé par les luttes intestines, et la piraterie y croît de jour en jour, sans que les autorités de Canton aient jamais rien tenté pour y mettre fin.

    La presquîle du Luicheou est plongée dans la plus affreuse misère. Le beau district de la Sainte Trinité notamment est celui que Dieu a le plus visité par lépreuve. On est effrayé quand on considère les ruines, qui sy accumulent depuis quelques mois ; son titulaire a su, par son. dévouement, son esprit de sacrifice, et dabnégation, triompher de difficultés inouïes et de tribulations incroyables. Dieu veuille lui tenir compte de ces longs mois dangoisse et faire lever sur cette terre dévastée une belle et abondante moisson !

    Mgr Gauthier est arrivé à Fort.Bayard, son siège provisoire, à la veille de Noël. Nous voulons voir là une coïncidence providentielle : nous souhaitons de tout cur que les Anges de Bethléem entourent le berceau de sa Mission naissante et que, dans la Nuit sainte, la Nuit bénie, ils viennent lui chanter le Cantique de joie, le Cantique de Paix, cette Paix promise aux hommes de bonne volonté.

    Kouangsi.

    Notre mission a été bien éprouvée cette année : linvasion des troupes cantonaises a apporté le trouble dans toute la province, qui napprécie que très modérément lhonneur dappartenir à la République de Sun Yat-sen. Sans doute les soldats du Kouangsi avaient quelque peu mérité lépithète de brigands, dont les gratifiaient si libéralement leurs voisins ; mais les guerriers de Canton, si beaux, paraît-il, à voir parader dans les nouvelles avenues de leur capitale, se montrent sous un jour tout différent quand ils sont en campagne, et notre pauvre Kouangsi na pas à se louer de leurs procédés. Ajoutez à cela laugmentation des impôts, la cherté de toutes choses, la difficulté des communications, les réquisitions forcées, les levées de porteurs pour les bagages et munitions de larmée victorieuse, et vous aurez une idée de la paix et des avantages que nous apporte la jeune République de Canton dans les plis de son nouveau drapeau.

    Un de nos prêtres indigènes, le P. Aloysius Tsin, en tournée dadministration, a été arrêté par les brigands, le 1er Octobre, avec trois de ses chrétiens : pendant longtemps nous espérions quils étaient simplement retenus captifs ; mais aujourdhui, des renseignements que nous avons pu recueillir résulte pour nous la conviction quils ont été massacrés.

    Tonkin Occidental.

    Le 2 Novembre, en la cathédrale de Hanoi, toute tendue de draperies noires avec, au milieu de la nef, un immense catafalque, S. G. Mgr Gendreau a célébré un service solennel pour les morts de la grande guerre. Une foule nombreuse assistait à la cérémonie, et, aux premiers rangs, les plus hautes personnalités civiles et militaires. La maîtrise, formée par les PP. Dépaulis et Raynaud, exécuta à la perfection la messe de Requiem.

    Hanoi prépare de grandioses fêtes pour recevoir dignement le Maréchal Joffre, qui arrivera au Tonkin au commencement de Janvier. Le programme officiel de la deuxième journée comporte une revue de toutes les troupes, suivie dun Te Deum solennel à la cathédrale.

    Le P. Lecornu, provicaire et curé de la cathédrale de Hanoi, et le Maréchal Joffre sont de vieilles connaissances. Le P. Lecornu, quand il était capitaine du génie à Hanoi, servait sous les ordres du capitaine Joffre, plus ancien de grade, et depuis lors ils sont demeurés toujours en bonnes relations. Dès que son voyage au Tonkin fut décidé, le Maréchal sempressa dannoncer la nouvelle au P. Lecornu, lui exprimant le grand plaisir quil aurait de le revoir. Malheureusement, au moment où il recevait cette lettre, le P. Lecornu souffrait dune plaie cancéreuse au visage, et les rapides progrès du mal faisaient craindre un dénouement fatal et prochain. Il écrivit au Maréchal une lettre touchante, disant la joie quil aurait eue de sentretenir une dernière fois avec celui quautrefois il appelait familièrement le petit Maréchal Canrobert ; mais quétant condamné par les plus hautes autorités médicales, il se préparait à la mort et nespérait plus le revoir ici-bas : il lui donnait rendez-vous au ciel, où leur joie sera plus grande et les fêtes de réception plus belles... La maladie suit son cours ; mais le temps de larrivée du Maréchal approche... La bonne Providence accordera peut-être à notre cher malade cette dernière consolation !

    Tonkin Méridional.

    La Mission du Tonkin Méridional a perdu, tout au commencement de lannée, son ancien Vicaire Apostolique, Mgr Pineau. Parti pour lExtrême-Orient en 1866, il fut promu à lépiscopat vingt ans après, gouverna la Mission pendant quatorze ans, puis, obligé par son état de santé de démissionner, il se retira en France, dans son diocèse natal, où il continua, par la prière et le sacrifice, à attirer les bénédictions de Dieu sur ses chers Annamites.

    Haut Tonkin.

    Le 15 Octobre 1920 était le 25e anniversaire de la consécration épiscopale de notre vénéré Vicaire Apostolique ; Mgr Ramond était alors en France et cest au Séminaire de Paris que la fête fut célébrée. Mais cela ne faisait laffaire ni des Missionnaires, ni des chrétiens, qui ne pouvaient se résigner à laisser passer inaperçue une telle commémoration. Aussi, à son retour de lAssemblé de Hongkong, le jubilaire fut-il lobjet dune manifestation qui lui prouva une fois de plus le respect et laffection de tous ceux qui ont le bonheur de vivre sous sa houlette pastorale depuis 25 ans.

    Tonkin Maritime.

    Il suffirait, en changeant un nom, de reproduire les lignes ci-dessus relatives au Haut Tonkin, et lon aurait une idée exacte de ce qui se passa, dans les mêmes circonstances, au Tonkin Maritime. On sait, en effet, que Mgr Marcou et Mgr Ramond furent sacrés en même temps, le 15 Octobre 1895, par le vénéré Mgr Gendreau. Cest à la Maison de Nazareth que furent célébrées très modestement les Noces dArgent épiscopales de Mgr Marcou ; mais, comme ceux du Haut Tonkin, ses missionnaires et ses chrétiens se firent un devoir de fêter, aussi solennellement que possible et avec tout leur cur, cet anniversaire, au retour de leur Pasteur aimé.

    Cochinchine Orientale.

    Au commencement de lannée, le 21 Janvier, la Mission, dans la joie, fêtait les Noces dArgent sacerdotales de Mgr Jeanningros, Coadjuteur de Mgr Grangeon ; et deux mois après, jour pour jour, cest sa mort quil fallait pleurer, mort édifiante entre toutes, mais perte bien douloureuse pour nous.

    A Kim-châu, près de Binh-dinh, les Frères des Ecoles chrétiennes viennent dachever la construction de lEcole Gagelin, dans laquelle ils pourront recevoir un bien plus grand nombre délèves, internes et externes.

    En clôture dexercice 1920-21, la Mission compte 66.150 catholiques. Le chiffre des baptêmes dadultes a été de 1.685 ; 1.889 enfants de païens ont été baptisés à larticle de la mort.

    Le Petit-Séminaire de Làng-sôn a 96 élèves ; le Grand-Séminaire, 36. Trois nouveaux prêtres ont été ordonnés en 1921 ; quatre lavaient été en 1920.

    LEcole des Catéchistes annamites compte 29 élèves ; celle des Bahnars, 140 ; 39 écoles paroissiales instruisent 1.164 enfants ; 11 couvents indigènes ont 253 religieuses.

    Les Surs de Saint-Paul de Chartres tiennent deux écoles françaises et franco-annamites : lune à Tourane, lautre à Quinhon ; elles ont, de plus, un hôpital indigène à Binh-dinh.

    Enfin la Mission a deux imprimeries : lune à Lang-sông, qui a déjà publié de nombreux ouvrages religieux et scolaires ; lautre, à Kontum, pour les publications en langue bahnar.

    Cochinchine Occidentale.

    Deux jubilés sacerdotaux ont eu lieu en 1921 dans la Mission de Saigon.

    Le 16 Juillet, un prêtre annamite, le P. Binh, célébrait le 50e anniversaire de son ordination. Mgr Quinton voulut complimenter lui-même le jubilaire, dont il résuma la vie en ces deux mots : humilité et simplicité. Puis le bon vieux prêtre évoqua les souvenirs de sa jeunesse, son père confessant la foi sous Tu-Duc, les séminaristes fuyant en jonque jusquau Siam, son ordination à Saigon au moment même de la conquête, etc. De tels souvenirs disent aux jeunes combien légers sont leurs mérites à côté des souffrances endurées par leurs anciens.

    Quelques semaines plus tard, le 10 Août, cétait le tour de notre cher P. Joubert, dont lhumilité a voulu que tout se passe dans la plus stricte intimité ; mais il na pu empêcher quune délicate prévoyance nobtienne pour lui du Souverain-Pontife la bénédiction apostolique, témoignage et récompense du bien, connu de Dieu seul, accompli sans bruit pendant ces cinquante années de sacerdoce.

    Cochinchine Septentrionale.

    Mgr Allys a été, pendant le cours de cette année, lobjet de deux hautes distinctions, dont lhonneur rejaillit sur toute la Mission : lune de la part du gouvernement français, lautre de la part du gouvernement annamite.

    Le gouvernement français a promu Sa Grandeur au grade de Chevalier de la Légion dHonneur, par décret du 5 Février 1921. Les motifs de la décoration sont très élogieux : Titres exceptionnels : depuis quarante-quatre ans en Annam. Missionnaire ardent et patriote, a créé de nombreuses uvres dintérêt social et rempli des missions délicates, dont il sest acquitté avec grand tact et grande habileté. La remise de la décoration a été faite très solennellement, le 14 Juillet, par le Résident supérieur de lAnnam, devant le front des troupes de la garnison et en présence de lempereur dAnnam, des hauts mandarins de sa Cour et de toute la colonie française de Hué.

    Trois mois auparavant, le 16 Avril, S. G. avait reçu de lempereur dAnnam, S. M. Khải-Định, le Kim-Khánh hors classe. Cette décoration, dont le degré le plus élevé, appelé hors classe, nest donné quà de hauts personnages, lui fut apportée en grande pompe par trois mandarins supérieurs, dont le premier était Son Exc. Nguyễn-Đình-Hoè, Ministre-Secrétaire du Cơ-Mật (Conseil royal). Voici la traduction du brevet conférant la décoration : Nous, Empereur dAnnam, considérant que Sa Grandeur lEvêque Allys est venu, depuis plus de quarante années, prêcher la Religion dans le Royaume dAnnam ; que, jadis, il fut très dévoué à S. M. lEmpereur notre Père, et que, de tout temps et de tout cur, il sest conformé très exactement aux règles de bienséance de notre Royaume dune manière digne de tous éloges ; Nous le décorons du Kim-Khánh hors classe, avec cordon et franges, en témoignage de Nos meilleurs sentiments damitié. Respect à ceci. Le 29 du 2e mois de la 16e année de Khải-Định. Le sceau porte les caractères Khải-Định thần bàn (Cabinet de lempereur Khải-Định).

    Le P. Léculier vient dêtre choisi comme représentant à Paris du groupe des Missions de Cochinchine et de Cambodge. Son départ sera vivement regretté à Hué, non seulement par ses confrères, mais aussi par toute la colonie française, dont il est le curé depuis vingt-trois ans. Cest lui qui est, à proprement parler, le fondateur de la paroisse française de Hué ; il en a construit récemment léglise, qui fait honneur à ses talents darchitecte.

    La Mission a aussi le regret de perdre le P. Lefèvre, professeur pendant de longues années au Petit-Séminaire dAn-ninh. Rentré en France pour cause de maladie et désespérant presque de pouvoir revenir en Annam, il a été nommé professeur de Droit Canon au Séminaire de Paris.

    Deux prêtres indigènes nous ont quittés cette année pour une vie meilleure. Lun, le P. Pierre Quản, était le doyen de notre clergé, et par lâge (91 ans) et par lordination (1867). Lautre, le P. Dominique Biên, avait 83 ans dâge et 37 ans de sacerdoce. Tous deux anciens élèves de Pinang, ils furent de bons et dignes prêtres.

    Le 22 Novembre, séteignait doucement, après de longs mois de souffrances, le P. Pierre Guillot.

    La dernière ordination, aux Quatre-Temps de Noël 1920, nous a donné six nouveaux prêtres, ce qui porte à 78 le nombre de nos prêtres indigènes. En 1900, la Mission en comptait 35 ; pendant ces 20 années, il y a en 67 ordinations sacerdotales et 24 décès.

    A la rentrée de Septembre, le Grand-Séminaire de Phú-Xuân, près Hué, comptait 32 séminaristes, parmi lesquels 2 diacres, 3 sous-diacres, 9 minorés, 11 tonsurés et 7 laïques : 14 suivent le cours de Théologie, 18 celui de Philosophie. Le P. Chabanon, Provicaire, est Supérieur du Grand-Séminaire.

    Deux de nos séminaristes sont depuis deux ans à Rome, au Collège de la Propagande.

    Le Petit-Séminaire dAn.ninh, depuis quarante ans sous la direction du P. Girard, a reçu, à la rentrée de Septembre, 34 nouveaux élèves, qui, ajoutés aux 44 anciens, donnent un total de 78 séminaristes, répartis en trois classes.

    Cambodge.

    Trois nouveaux prêtres indigènes ont été ordonnés en 1921, ce qui porte à 57 leur nombre dans la Mission. Le Grand-Séminaire de Phnompenh compte encore 23 élèves, tous Annamites.

    La Mission a perdu le P. Claudius Chaumartin, mort en France.

    Siam.

    Du 14 au 19 Novembre a eu lieu à Bangkok la retraite annuelle des missionnaires, présidée et prêchée par Mgr Perros. Deux jours après Sa Grandeur partait pour Singapore afin dassister à la consécration épiscopale de Mgr Perrichon.

    Le 23 Novembre, le P. Désiré Durand a quitté le Siam pour regagner la France, où, de lavis du Docteur, il pourra mieux rétablir sa santé, fort ébranlée par 20 ans de mission.

    Une nouvelle loi scolaire, très anti-confessionnelle, menace nos écoles primaires catholiques. Les missionnaires se préparent à la combattre par tous les moyens possibles.

    Malacca.

    Cette Mission a eu, cette année, la double joie de voir, après une longue absence, revenir, et en meilleure santé, son très aimé Vicaire Apostolique, Mgr Barillon, et dassister au sacre de son Coadjuteur, Mgr Perrichon.

    Cette dernière cérémonie a eu lieu le 1er Dimanche de lAvent, 27 Novembre dernier, à Singapore. Le prélat consécrateur était Mgr Mérel, Archevêque de Craina : les prélats assistants, Mgr Perros, Vicaire Apostolique de Siam, et Mgr Perroy, Coadjuteur de Birmanie Méridionale. La cérémonie fut, sans doute, des plus solennelles ; mais le compte-rendu, que nous aurions été heureux de mettre sous les yeux de nos lecteurs, ne nous est pas encore parvenu.

    Birmanie.

    Les peuples heureux nont pas dhistoire: nos deux Missions de Birmanie ne nous ayant donné aucune nouvelle, nous sommes en droit den conclure quelles sont heureuses. Nous ne pouvons que les en féliciter et souhaiter la continuation de leur bonheur ; mais nous voudrions bien quelles le fassent quelque peu connaître aux lecteurs du Bulletin, qui sy associeraient fraternellement.

    Laos.

    La Mission du Laos a perdu son chef, le vénéré Mgr Prodhomme, le 20 Août 1920. Depuis lors nous attendons, sous la douce autorité du P. Malaval, la nomination dun nouveau Vicaire Apostolique. Nous avons eu un moment despoir : un nom avait été prononcé, qui nous semblait réunir toutes les qualités requises dans un Evêque-missionnaire : le zèle, lexpérience des hommes et des choses. Mais lhumilité de lélu la emporté et a su faire accepter à Rome des raisons de santé, dâge, dincapacité même : Chantaboun garde son zélé pasteur, et nous sommes encore orphelins !.

    Au mois de Septembre, la mort du P. Arsène Couasnon a privé la Mission dun bon ouvrier, plein de zèle et dexpérience.

    Pondichéry.

    Le 24 Août, Mgr Morel a procédé à lordination de trois diacres.

    Un journal anglais rend compte comme suit dune visite officielle de M. Venkattareddi Naidu, Ministre de lIndustrie, à notre Ecole Saint-Joseph de Cuddalore : Le mercredi 21 Septembre, le Ministre de lIndustrie sest rendu à lEcole Saint-Joseph de Cuddalore, en a visité les bâtiments et parcouru les différentes classes. Il fut très satisfait de la tenue des 900 élèves qui fréquentent cet établissement scolaire de tout premier ordre. Son attention fut particulièrement retenue par la visite de limmense salle qui abrite les pensionnaires de lEcole, lesquels, au nombre de plus de 200, furent présentés au Ministre. Leur excellente mine lui plut beaucoup. Avant de partir il remercia les Pères des Missions-Étrangères du grand intérêt quils portent à léducation des jeunes Hindous et les félicita pour les progrès constants de cette magnifique institution.

    Mayssour.

    On sait que le Délégué Apostolique demeure chez nous. En 1918, S. E. Mgr Fumasoni-Biondi nous fit lhonneur de choisir Bangalore comme siège de la Délégation. Son successeur, S. E. Mgr Pietro Pisani, Archevêque de Constantia, a bien voulu nous continuer la même faveur.

    Rappelons à ce propos que la Délégation des Indes a danciennes relations avec la Société des Missions-Étrangères. En 1858 (14 Octobre), Mgr Bonnand, Vicaire Apostolique de Pondichéry, fut nommé Visiteur Apostolique de lInde et mourut à la peine à Bénarès le 21 Mars 1861.1 Le Vicaire Apostolique du Mayssour, Mgr Charbonnaux, fut désigné pour achever la visite commencée.

    Ajoutons que la proclamation de la Hiérarchie dans lInde méridionale (25 Janvier 1887) eut lieu à la cathédrale de Bangalore, sous la présidence de Mgr Agliardi, et que Mgr Ajuti établit sa résidence à Ootacamund, au diocèse de Coïmbatore.

    Notre Evêque, Mgr Teissier, a été bien éprouvé par la maladie depuis Septembre 1918 : il lui a fallu des mois et des mois pour reprendre le dessus. En 1920 il sest essayé à confirmer autour de Bangalore, et, cette année, il a pu se lancer dans les montagnes de lOuest, au Coorg, doù il est revenu pour rencontrer à Mysore M. Clémenceau et donner, à Bangalore, les derniers sacrements à son compatriote et ami, le P. Marcon.

    A lhôpital Sainte-Marthe de Bangalore, un bâtiment spécial est réservé aux missionnaires de la Société. Cette bonne uvre est due à linitiative du regretté P. Bonnétraine, à la générosité des Confrères de la Mission, à un secours de la Société et au dévouement des Surs du Bon-Pasteur. Pendant les dix premiers mois de 1921, 14 Confrères et 6 prêtres indigènes y ont été soignés. Deux, le P. Alphonse Marcon et un vétéran du clergé indien, le P. Xavier, y ont terminé par une mort édifiante leur carrière apostolique.

    Coïmbatour.

    La retraite commune des Missionnaires a eu lieu du 22 au 27 Août : elle fut prêchée avec éloquence, piété et onction par le P. Gayet, Vicaire Général de Pondichéry. La clôture de la retraite coïncidait avec la fête patronale de Monseigneur, et nos souhaits pour Sa Grandeur sunirent dans nos curs à nos résolutions de retraite.


    1. Ses restes ont été rapportés à Pondichéry en 1896 par les PP. Auvé et Marie.


    Le 27 Septembre, notre vénérable doyen, le P. Biolley, curé dOotacamund depuis plus de 40 ans, célébrait ses Noces dOr sacerdotales : ses paroissiens, anglais et indiens, et le couvent de Nazareth, de concert avec son dévoué vicaire, le P. Marie-Louis, rivalisèrent de zèle pour lui faire, un peu malgré lui, une fête grandiose et lui offrirent, en souvenir de son jubilé, un magnifique autel en marbre pour son église. La municipalité a décidé de donner le nom du P. Biolley à une des rues de la ville.

    La révolte des Moplahs, née dans la région du Malabar, sest étendue jusque sur certains points de notre Mission.

    Kumbakônam.

    Le messager de Kumbakônam aurait-il été arrêté par les rebelles Moplahs ? Nous le craignons, car aucune nouvelle ne nous est parvenue de cette intéressante Mission.

    Dernières Nouvelles de Paris.

    Deux Frères novices ont fait leur profession le 21 Novembre.

    Trois aspirants ont été appelés à la prêtrise et un au sous-diaconat pour lordination de Noël : il y a aussi une douzaine de tonsurés.

    Le P. Dépierre, de la Mission du Tonkin Méridional, qui fait en ce moment une tournée de propagande dans le Nord et en Normandie, en donne de très bonnes nouvelles.

    Au 30 Octobre, il y avait 19 Confrères au Sanatorium de Montbeton, et 5 autres étaient attendus incessamment.

    Se sont embarqués à Marseille pour regagner leur Mission : le 15 Octobre, les PP. Couvreur (Singapore), Caron (Sutchuen Oriental), Tissot (Haut Tonkin) et Vibert (Tonkin Occidental) ; le 21 Octobre, le P. Maisonabe (Birmanie Méridionale) ; le 28 Octobre, les PP. Despatures (Mayssour) et Baussonnie (Mayssour).

    Continuant la tradition des Supérieurs de la Rue du Bac, Mgr de Guébriant parle tous les dimanches à la Communauté de Paris et tous les quinze jours à celle de Bièvres. Le dimanche matin, il a de plus une instruction aux Frères coadjuteurs.

    Le 10 Novembre, à la grandiose manifestation de Réparation nationale envers Jeanne dArc, qui a eu lieu à la Basilique du Sacré-Cur sous la présidence du Cardinal Archevêque de Paris, cest Mgr de Guébriant qui a donné la bénédiction du Saint-Sacrement.

    Depuis le 1er Novembre, les membres de lAdministration centrale et les Confrères de passage se réunissent à la chapelle de nos BB. Martyrs pour la prière en commun à 7h. 20 du soir. Au réfectoire de lAdministration, un aspirant fait la lecture pendant les repas.

    La récréation du soir, pour les aspirants, a été diminuée dun quart dheure et la prière se fait à 8 h. ¾.

    Le P. Launay vient de faire paraître le 2e volume de son Histoire de la Mission du Sutchuen, ainsi que Les BB. Martyrs des Missions-Étrangères (210 pages, 21 gravures ; prix 3 fr. 50). Du même auteur, Vie de Mgr Retord, édition 1919 (3 fr. 50).

    Le P. Dalle remplace le P. Berthéas comme assistant du P. Masseron à la Procure de Marseille.

    Le P. Crayssac, amputé de la guerre, est reparti courageusement, avec sa jambe de bois, pour sa Mission de Coïmbatour. Avec lui, sur le Porthos, sest embarqué le P. Coppin (Malacca).





    1922/14a-40a
    14a-40a
    Anonyme
    France et Asie
    1922
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