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Chronique des Missions et des Etablissements communs 7

Chronique des Missions et des Etablissements communs Tôkyô
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    Chronique des Missions et des Etablissements communs


    Tôkyô

    Son Excellence le Délégué Apostolique, parti de Tôkyô le 13 Mai, y est rentré le 26 du même mois, après avoir visité la préfecture apostolique du Shikoku, détachée du diocèse dOsaka en 1905 et confiée aux PP. Dominicains espagnols. En dehors de Tokushima, siège du Préfet apostolique, les chrétientés se groupent autour de quatre autres postes où résident les missionnaires. Les progrès de lévangélisation sont encore lents dans ces provinces éloignées des grands centres. Pourtant à Uwajima, lextrémité ouest, une population sympathique donnerait des espérances fondées pour un prochain avenir.

    Mgr Giardini y a été reçu avec cordialité par les autorités de la ville. A Kôchi, où se trouve la chrétienté la plus importante, les journalistes de la localité ont organisé une conférence publique dans la grande salle de la mairie et ont invité Son Excellence à prendre la parole ; le Délégué Apostolique sy est prêté de bonne grâce et a entretenu plusieurs milliers dauditeurs de lItalie ; son discours en français a été interprété par son secrétaire, le Père Hayasaka.

    Il avait été décidé quon reprendrait cette année la tradition interrompue de faire la procession du T. S. Sacrement dans lenclos de la cathédrale, et toutes les paroisses de la capitale furent invitées à y prendre part.

    Le dimanche 3 Juin, à 3 heures de laprès midi, a eu lieu cette manifestation en lhonneur de la sainte Eucharistie. Bien avant cette heure les représentants des six paroisses de Tôkyô étaient arrivés. Son Excellence le Délégué Apostolique, Mgr Giardini, précédé du clergé et de Mgr lArchevêque, sortait de léglise quelques minutes après 3 heures, portant le Saint-Sacrement. Trois reposoirs avaient été préparés : un devant la maison des uvres, un autre au milieu de la pelouse devant la maison de la Sainte-Enfance, le troisième dans lintérieur de la grotte de N.-D. de Lourdes. La foule défilait en chantant les hymnes liturgiques ou en récitant le chapelet. Après la procession, qui a duré une heure trois quarts, une partie seulement de la foule put entrer dans léglise pour assister au Salut solennel.

    Parmi les assistants on remarqua beaucoup de catéchumènes. Quelques curieux sétaient aussi mêlés au défilé. En dehors de la procession, beaucoup de journalistes et de photographes. Le Kokumin shimbun caractères chinois avait annoncé la veille la procession des catholiques et aurait attiré ainsi lattention des autres journaux. Dans leur édition du lundi les journaux de Tôkyô ont donné un compte-rendu et des photographies de la cérémonie. Ils évaluent à 10.000 le nombre des fidèles. Le vrai chiffre serait à peu près de 3.000, ce qui est joli. Cest bien la première fois que tant de catholiques se trouvent réunis dans le même lieu à Tôkyô. Ce qui a frappé le plus les journalistes et les païens, cest le silence de la foule et sa piété. On eut dit une procession dAnges, dit le Jiji caractères chinois.

    Ainsi les journaux ont fait connaître aux quatre coins du Japon notre Seitai gyôretsu caractères chinois ; les catholiques surtout ont été heureux de cette magnifique cérémonie qui a impressionné même les païens et qui laissera un souvenir ineffaçable dans le cur de ceux qui ont eu la joie dy assister.

    Nagasaki

    Le 8 Juin sest embarqué à Yokohama le P. Nakamura, du diocèse de Nagasaki, désigné, sur la proposition de la Délégation Apostolique de Tôkyô, pour exercer le ministère parmi les Japonais émigrés au Brésil depuis quelques années. Les catholiques, venus pour la plupart du diocèse de Nagasaki, sy trouvent actuellement au nombre de 500, groupés surtout dans le district de Botukatu, province de San Paolo. Dans la même province sont établis déjà 50.000 émigrés japonais. Bon nombre de colons sy sont fixés avec leurs familles, et la faculté quont les émigrés japonais de se rendre acquéreurs, au bout de quelques années, de plantations de caféiers, permet de conjecturer que la colonie, tout en se stabilisant et en acquérant de limportance, offrira dans ce milieu catholique des facilités plus grandes que dans son milieu natal pour lévangélisation.

    La Princesse Kuni, fiancée du Prince Régent et future Impératrice, a fait récemment une longue tournée dans le Kyûshû. Les annalistes officiels nont pas manqué de mentionner ses pèlerinages aux temples shintoïstes de la région, surtout en Hyûga, berceau de la famille impériale.

    A son passage à Kumamoto, la Princesse a bien voulu accorder une audience de quelques minutes à miss Riddel et à la Rde Mère Saint-Hyacinthe. La première est une protestante anglaise qui, avec un zèle louable et grâce à dabondantes ressources et de hauts patronages, fait soigner des lépreux à Kumamoto. La seconde est la Supérieure des Franciscaines Missionnaires de Marie qui se dévouent à la Léproserie de Biwazaki, dont le Bulletin, dans son numéro de mai dernier, a entretenu ses lecteurs. Toutes deux ont reçu une offrande de la Princesse, ce qui a produit une bonne impression sur la population.

    Le 13 Juin, en la fête de saint Antoine de Padoue, il y eut grande joie à Kumamoto, et plus spécialement à Biwasaki, chez les religieuses Franciscaines Missionnaires de Marie. Mgr Combaz venait y passer la journée, remplie par diverses cérémonies : bénédiction dune nouvelle chapelle pour les lépreux; confirmation de 16 personnes, dont 12 lépreux ; vêture de trois postulantes japonaises ; profession dune religieuse européenne.

    La nouvelle chapelle, don dune famille vendéenne qui tient à rester inconnue, est assez spacieuse pour contenir 150 personnes. Elle a été décorée avec goût par les lépreux eux-mêmes. Au-dessus du maître autel, un grand Christ en bronze, beau à rendre jalouses toutes les églises du Japon.

    Quatre confrères entouraient Monseigneur et, bien que ce fût lépoque des pluies, le soleil voulut être de la fête, dont tous les assistants garderont cher souvenir.

    Hakodate

    A la date du 16 avril Mgr Berlioz écrivait : Je me trouve en pleine convalescence et me prépare à quitter New-York. Mais, pendant cette longue parenthèse, mes quêtes nont pas eu grand résultat. Daucuns mont même conseillé de cesser désormais tout travail ; mais je ne crois pas que ce soit la volonté de Dieu, et, ce matin, en disant la messe de saint Benoît Labre, je nie suis mis sous son patronage pour continuer ma vie de mendiant. Renuit consolari anima mea.

    Il est, sans doute, superflu de recommander aux prières des lecteurs du Bulletin lentreprise et la personne du vénérable Evêque de Hakodate, toujours fidèle à sa devise : Juxta Cor tuum.

    Seoul

    Le 20 mai, jour de clôture de la retraite du clergé indigène, Mgr Mutel a ordonné 4 nouveaux prêtres.

    Le P. Jaugey est nommé procureur de la Mission, en remplacement du P. Larribeau, appelé à dautres fonctions.

    La veille de la fête de lAscension, est arrivé à Seoul le premier missionnaire de Maryknoll, le P. Byrne. Après la retraite des prêtres indigènes, il suivit les Pères dans le Nord, visita tous les postes et en rapporta quantité de photographies, dobservations et dimpressions.

    Le P. Deneux, en récompense de ses efforts dans luvre déducation de la jeunesse coréenne, a reçu du Gouvernement général un diplôme dhonneur avec un beau vase en argent.

    Taikou

    Le 26 mai, Mgr Demange a ordonné 2 prêtres et 13 minorés.

    Le P. Peschel, avec lautorisation de Mgr, nous a quittés pour prendre quelques mois de repos à Nazareth de Hongkong.

    Le 5 juin, notre nouveau confrère, le P. Deslandes, est arrivé à Taikou. Quil soit le bienvenu !

    Mandchourie Septentrionale

    Notre retraite annuelle sest ouverte cette année le dimanche 6 mai. Ce nest pas sans raison que cette date avait été choisie. S. G. Mgr Gaspais avait voulu que la clôture de la retraite coïncidât avec le jour anniversaire de lérection de notre Vicariat. Cest, en effet, le 10 mai 1898 que les deux provinces de Ghirin et du Heilongkiang furent détachées de la Mission de Mandchourie pour former le Vicariat de Mandchourie Septentrionale, confié, par décret du 16 mai suivant, à Mgr Lalouyer, depuis quelques mois Coadjuteur de Mgr Guillon.

    Cette retraite revêtait donc pour nous une importance spéciale ; aussi tous les missionnaires avaient répondu avec empressement à lappel de leur Evêque et sétaient rendus à Changchun. Seul le P. Roubin navait pu quitter son district autour duquel rôdent les brigands.

    Mgr Gaspais dirigea lui-même tous les exercices de la retraite, et je ne sais si je me fais illusion, mais il me semble quils furent suivis avec plus dattention, plus de recueillement que de coutume. Et comment en aurait~il été autrement ? Les joies et les souffrances de ces 25 années se présentaient sans cesse à notre esprit. Nous songions à tous qui, pendant ce premier quart de siècle, ont arrosé de leur sueur et souvent même de leur sang cette terre aimée de Mandchourie. Des noms se pressaient sur nos lèvres, des visages semblaient revivre devant nos yeux : martyrs des Boxeurs ou martyrs de la peste, vieux lutteurs tombés au soir dune vie remplie de durs combats, jeunes missionnaires couchés dans la tombe dès le matin de leur vie apostolique, et, dominant tous ces souvenirs, la figure aimée du premier Pasteur de la Mandchourie Septentrionale, le vénéré Mgr Lalouyer, à qui nous nous proposions de faire une belle fête, mais que le bon Dieu a appelé, il ny a pas encore trois mois, aux fêtes plus belles du Paradis.

    Le 10 mai, jour anniversaire de la création du Vicariat, se trouvait être cette année le jour de lAscension. La fête fut célébrée avec toute la solennité possible. A 8 h. ½ Mgr Gaspais, en cappa, fit son entrée solennelle à léglise, précédé de la fanfare de lEcole S. François-Xavier et de tout le clergé. Après le chant de tierce eut lieu la grandmesse pontificale. Nos anciens, comme il convenait, étaient à lhonneur : le P. Cubizolles remplissait les fonctions de prêtre assistant, les PP. Sandrin et Laveissière celles de diacre et de sous-diacre. A 2 h. ½ furent chantées les Vêpres pontificales suivies des Complies ; à 5 h. Salut solennel du T. S. Sacrement, renouvellement du Bon propos et Te Deum. Le Saint-Sacrement fut exposé depuis lissue de la grandmesse jusquau Salut. En cette journée dadoration, les missionnaires purent ainsi offrir au Roi des apôtres leurs actions de grâces pour les bénédictions quil a répandues sur la Mission pendant ces 25 première années, lui demander pardon des offenses faites à sa Majesté et enfin le prier de rendre de plus en plus fécond dans lavenir leur ministère apostolique.

    Notre deuil était trop récent pour quil nous fût possible de donner à cette fête de famille tout léclat extérieur quelle eût eu en dautres circonstances. Sa commémoraison, pour être plus intime, nen fut pas moins goûtée. Sur la fin du repas de midi, les trois plus jeunes dentre les missionnaires, les PP. Astoul, Peignont et Gibert, prirent à tour de rôle la parole. En quelques mots ils évoquèrent le passé de notre chère Mission, le zèle apostolique de ceux qui lont faite, de nos vénérés anciens, de ceux, déjà si nombreux, que Dieu a rappelés à lui, de ceux aussi qui, ayant assisté à la naissance de la jeune Mission, ont encore le privilège de fêter ses noces dargent et que le bon Dieu nous a conservés pour notre exemple et notre édification. Après quoi, les trois survivants des temps héroïques, les PP. Laveissière, Sandrin et Cubizolles (le P. Roubin, je lai dit, navait pu venir) se levèrent à leur tour et, dune voix où perçait lémotion, parlèrent aussi du passé, ils évoquèrent le souvenir de celui qui, pendant près de 25 ans, au milieu de difficultés de toutes sortes, présida avec un zèle infatigable aux destinées de notre Mission, le regretté Mgr Lalouyer, dont limage (un superbe agrandissement photographique), encadrée de tentures et de palmes, présidait à cette fête. Mgr Gaspais termina la série des toasts. Il rappela les vertus apostoliques de nos devanciers : cest grâce à eux que, malgré des obstacles sans nombre, luvre dévangélisation a pu faire de consolants progrès et le nombre des chrétiens quadrupler. Il dit son espoir de voir tous les ouvriers apostoliques, serrés autour de leur évêque, travailler avec plus dardeur que jamais pour la plus grande extension du règne de Dieu en Mandchourie Septentrionale.

    Il est inutile de dire que personne ne fut oublié à cette fête du souvenir, ni le P. Pic, que la maladie retient loin de nous, ni le P. Gérard, qui, après avoir tant travaillé en Mandchourie, se dévoue maintenant ailleurs au bien commun, ni le P. Roubin que nous eussions aimé avoir au milieu de nous.

    Et maintenant les missionnaires se sont dispersés pour regagner leurs lointains districts. Mais, emportant le souvenir de ces quelques jours trop vite écoulés, ils y puiseront une nouvelle force et une nouvelle ardeur pour les combats quil plaira à la divine Providence de leur réserver.

    Setchoan Occidental

    La guerre civile continue dans la province et plusieurs de nos prêtres indigènes nont pu se rendre à la retraite annuelle.

    À Lin choui, le P. Thomas Lin a couru les plus grands dangers. Par trois fois sa résidence a été envahie et pillée ; les chandeliers, statues, autels de son église ont été brisés ; le tabernacle, qui heureusement ne contenait pas la sainte Réserve, a été enfoncé. Le P. Lin lui-même, à lil, mis en joue, na dû son salut quà lintervention dun officier détat-major. Les habitants de la ville ont grandement souffert : plus de 1.000 ont été massacrés et 300 blessés.

    Setchoan Oriental

    Le P. Gibergues et le P. François Wang sont partis pour Hankeou, où ils assisteront aux conférences préparatoires au Synode national de lannée prochaine. Quelques jours après, le P. Renault, de Suifu, était de passage à Tchongking, se rendant aussi à cette conférence.

    La mobilisation des hommes de corvée se poursuit sur une grande échelle. Les barques doivent aborder sur un simple signe des militaires et les gens corvéables descendre aussitôt à terre pour porter les bagages et munitions de larmée expéditionnaire.

    La guerre civile bat son plein et menace de durer encore longtemps. On dit même que les soldats du Yunnan et du Kouytcheou vont venir prêter main forte au parti Kemintang. Inutile dajouter que les brigands sen paient à cur joie.

    Le 4 mai, premier vendredi du mois, Mgr Chouvellon a présidé au Carmel du Sacré-Cur la prise dhabit de Maria Mo, en religion Sur Marie de lIncarnation, originaire de Shanghai. Cest la première cérémonie de ce genre au Carmel de Tchongking depuis sa fondation.

    Setchoan Méridional

    Du compte-rendu de lexercice 1921-22, nous extrayons les chiffres suivants :

    Population catholique 40.000
    Baptêmes
    Adultes 1.351
    in art. mort. 790
    Enfants de chrétiens 1.202
    in art. mort. 11.192
    Confessions 114.250
    Communions 203.673
    Grand-Séminaire 15 élèves
    Petit-Séminaire 41
    Probatorium 20

    73 écoles paroissiales de garçons 2.034 élèves
    61 de filles 1.777
    71 mixtes garçons 522
    filles 665
    3 primaires de garçons 314
    3 de filles 324

    Lhôpital catholique a enregistré 747 entrées, représentant 14.681 journées dhospitalisation.

    Dans les deux dispensaires on a soigné 144.939 malades et fait 582 visites à domicile.

    Yunnan

    Le 26 mai, Mgr de Gorostarzu a conféré le sous-diaconat à deux de nos minorés revenus de Penang.

    Notre nouveau confrère, le P. Ducotterd, nous est arrivé sain et sauf le 29 mai : le P. Leparoux était allé au devant de lui jusquà Lao Kay.

    Le P. Bailly, atteint dictère (jaunisse) a été bien souffrant durant tout le mois de mai ; pendant plusieurs jours son état fut même inquiétant. Il est maintenant hors de danger, mais la convalescence sera longue.

    Le P. Salvat annonce quil a obtenu des notables de Houpin lenlèvement des croix gravées en 1885 sur les pavés des rues afin dobliger les passants à les fouler aux pieds.

    La piraterie continue par toute la province, et le gouvernement est impuissant à la réprimer.

    Kouytcheou

    Malgré létat troublé de toute la province, la plupart des missionnaires sont venus assister à la retraite annuelle. Cependant les confrères de la région du Nord, retenus chez eux par la piraterie et limminence des hostilités entre les deux partis qui se disputent lhégémonie au Kouytcheou, nont pu, à leur grand regret, entreprendre le voyage de Kouiyang. A la réunion manquaient encore les PP. Fortunat, Ronat, Harostéguy, Puech, arrêtés eux aussi par les soldats ou les brigands. Le P. Noyer, souffrant toujours de sa chute de lan dernier, na pas osé se risquer à remonter à cheval. Le Père Naville, par suite du passage incessant des troupes, na pu arriver à temps pour participer au début de la retraite.

    Pour la dernière fois les missionnaires de la nouvelle Mission de Lanlong ont entrepris le long voyage de Kouiyang et participé encore à cette réunion qui fut particulièrement intéressante. Pendant cette retraite nous aurions dû aussi fêter les noces dargent du cher Père Freyche : ne pouvant le faire à cause de son absence, les confrères présents lui envoyèrent une adresse signée de tous pour lui leurs vux les meilleurs et lassurer de leur souvenir dans leurs prières.

    Le lundi 7 Mai Monseigneur Carlo et deux missionnaires de la nouvelle Mission, les Pères Cheilletz et Richard, nous faisaient leurs adieux ; nous étions bien tous un peu émus : eux de quitter, sans grand espoir de retour, ce cher Pétang témoin de tant de réunions joyeuses et cordiales, et nous, missionnaires de la vieille Mission, de voir partir ces charmants confrères que nous ne reverrons peut-être plus ici-bas !

    Le Père Chaffanjon, souffrant depuis quelque temps déjà, sent ses forces diminuer de plus en plus : il se recommande instamment aux prières des confrères.

    Le Père Ménel est très anémié et menacé de cécité complète. Sa Grandeur a dû lautoriser à ne plus célébrer que la Messe de Beata et celle des Défunts. Ne pouvant plus ni lire ni réciter le saint Office, notre pauvre confrère trouve les journées bien longues.

    Après le Yunnan voici que le Kouangsi nous inonde de ses indésirables : ce ne sont partout que batailles et brigandages, au point que les régions de lEst et du Nord, délaissées par les populations terrorisées, prennent peu à peu laspect dun désert.

    Lanlong

    Ainsi que la annoncé le Bulletin, Mgr Carlo, après avoir fait, le 7 mai, ses adieux à la Mission-mère, a pris possession de sa Préfecture Apostolique. Onze confrères appartiennent à la nouvelle Mission. Sur ce nombre 7 étaient du Kouytcheou : les PP. Schotter, J. Esquirol, Williatte, L. Esquirol, Cheilletz, Larregain et Richard ; 4 du Kouangsi : les PP. Séguret, Epalle, Courant et Maurand.

    Canton

    Sur la proposition de Mgr le Vicaire Apostolique, le doyen de nos prêtres indigènes, le P. Lorenzo Yang, vient dêtre élevé par le Saint-Père au rang de Camérier secret de Sa Sainteté. Le dimanche 28 mai il recevait le diplôme qui lui confère cette dignité et, le même soir, il assistait au Salut du Saint-Sacrement revêtu des insignes auxquels lui donne droit son nouveau titre. Né dune famille danciens chrétiens dans la sous-préfecture de Nam-hong, sur les frontières du Kouangsi, Mgr Yang est âgé de 82 ans et, en lui conférant cette dignité, le Souverain Pontife a voulu récompenser une vie sacerdotale irréprochable, remplie de mérites et dabnégation.

    Le jeudi de la fête du Saint-Sacrement une belle procession a eu lieu à la Léproserie de Sheklung : outre le P. Deswazières et son collaborateur le P. Tchao, les PP. Jarreau et Pierrat y assistaient.

    A cause de la guerre civile, le P. Nicouleau na pu se rendre à la Conférence de Hankeou ; cest le P. Fabre qui a été désigné pour le remplacer.

    Lallocation due aux uvres charitables : léproserie, asile de vieillards, nest payée que très irrégulièrement ; on na reçu, ces temps-ci quun tiers environ des sommes dues. Et cependant le gouvernement continue à diriger de nouveaux pensionnaires sur la Léproserie : le 13 juin, le P. Deswazières en recevait 19.

    A court dargent, le gouvernement met en vente tout ce qui a une apparence quelconque de chose publique ; cest ainsi que les pagodes et couvents de bonzesses ont presque tous été vendus.

    Swatow

    Raconter toujours les allées et venues des armées des différents partis qui se disputent la suprématie dans ce coin de la province serait fastidieux pour les confrères hors de Chine et même pour ceux de Chine, car pour le moment ceux-ci en ont tout autant chez eux. Notons seulement que la façon de guerroyer se rapproche de plus en plus du simple brigandage. Chaque bande réquisitionne vivres, argent, porteurs ; quand les hommes ne suffisent pas, on prend les femmes, à qui lon coupe les cheveux et quon habille en soldats ; au moment de lattaque on fait marcher les porteurs devant, histoire de faire épuiser sur eux les munitions de ladversaire. Cest surtout larmée pro-Sun du général Hsu qui sest signalée par ces abominations. Comme les habitants se sauvent à lapproche dune armée, les soldats mettent la main sur tout ce qui leur convient et souvent brûlent ce quils ne peuvent emporter. Plusieurs de nos oratoires, qui se trouvaient sur le chemin de ces bandes, ont été saccagés.

    Malgré cela le bon peuple chinois, cultivateurs et commerçants, continue patiemment sa besogne et amasse pour ceux qui dissipent ; cest ce qui donne lespoir que la Chine finira un jour par se relever.

    Signalons aussi louverture à Swatow dun Collège dont le règlement ultra-moderne tient dans ce seul mot : Liberté. On se lève et on se couche quand on veut ; on va aux cours ou on se promène quand ça plaît ; aucune contrainte ; cela sent fort les écoles rouges de Russie.

    Kouangtong Occidental

    Une légère détente sest manifestée dans les vexations de tout genre que les bandes, tour à tour pirates ou soldats, font peser sur ce pays. Il nen faudrait pas conclure que lordre et la sécurité, si longtemps exilés de cette contrée, y ont reparu en triomphateurs. On raconte encore maints enlèvements, tel celui de tous les enfants dune école, évidemment emmenés pour obtenir de leurs parents quelque forte rançon. Les meurtres et pillages sont toujours à lordre du jour. Les pirates passés au service de Sun Yat-sen ont réussi dernièrement à infliger une sérieuse défaite aux troupes soi-disant régulières et leur auraient fait perdre une centaine dhommes, dont plusieurs officiers. Dune façon générale, il ny a eu cependant que des engagements de peu dimportance. Les événements qui se déroulent à Canton marqueront la direction à suivre.

    A Fort-Bayard nous avons célébré solennellement la fête de la Libératrice de la France, sainte Jeanne dArc. Tous nos compatriotes, Administrateur en chef et Colonel (en tournée dinspection), se firent un devoir dassister aux offices dans notre église, parée ainsi quaux plus grands jours de fête.

    Nous achevions dans la joie et lallégresse cette patriotique journée, quand de violentes clameurs, parties de notre village chrétien, attirèrent notre attention. Les pirates auraient-ils eu laudace de tenter un de leurs coups coutumiers, si près de la caserne et de la garde indigène ? Nos suppositions furent de courte durée. Une gerbe de flammes, jaillie dune des toitures en chaume, nous avertit de la cause de tout ce tumulte. Deux heures après, malgré le dévouement parfois téméraire de nos soldats, comme des miliciens et de la police, les 2/3 du village, dont lécole, étaient dévorés par les flammes. Labsence deau avait empêché de porter un secours efficace. Huit familles se trouvaient sans abri et plusieurs ne purent rien sauver de leur modeste avoir. La charité heureusement leur est venue en aide. Grâce à la bienveillance de notre Administration, les toitures détruites sont refaites ou sur le point de lêtre. La perte des mobiliers malheureusement ne pourra être réparée aussi vite. Nous devons toutefois des actions de grâces à la Providence, qui na pas permis que le sinistre prît les proportions que lon pouvait craindre et éclate à une heure tardive, ce qui permit une prompte intervention et peut-être sauvegarda des vies humaines.

    Le 28 mai, Monseigneur recevait un télégramme de Moncay, lui annonçant que notre nouveau confrère, le P. Sonnefraud, venait datteindre le poste de Lo-Fao, qui lui a été fixé pour létude de la langue. Nous espérions laccueillir dabord à Fort-Bayard : les circonstances nous ont privés de cette joie. Je nai pas besoin de dire cependant que tous les missionnaires du Kouangtong Ouest nont quun cur pour lui souhaiter la bienvenue. Volontiers ils ajouteraient sils losaient, un autre vu, celui daccueillir sans trop tarder un autre nouveau confrère. Est-ce un espoir par trop téméraire ?...

    Kouangsi

    La guerre civile et lanarchie qui en résulte continuent dimmobiliser la plupart de nos confrères et dentraver leur ministère. Mg Ducur avait projeté daller, pour la Fête-Dieu, bénir la nouvelle église de Kouy-hien : le voyage lui a été impossible. Le P. Humbert doit aller occuper le poste de Kouy-lin ; or il ne peut trouver de bateau pour descendre de Nanning à Outcheou, de nouveau menacé ou repris par les Cantonais.

    Notre ancien grand chef militaire Lou Yong-tin est rentré à Nanning le 19 mai, un an après le départ des derniers soldats cantonais ; mais il est bien à craindre que sa position ne soit pas tenable longtemps.

    Tonkin Occidental

    Le P. Lebourdais après 23 ans de professorat au Petit-Séminaire, où par son caractère enjoué et sympathique, il sest fait auprès de tous les élèves qui lont connu, une popularité extraordinaire, vient dêtre nommé directeur du nouveau journal des Missions du Tonkin, qui paraîtra en langue annamite sous le titre de Trung Hoà, caractères chinois. Le Père, passé maître dans les subtilités de la langue annamite savante, était tout désigné pour cette nouvelle uvre qui simpose au Tonkin. Avant de prendre la direction du journal le P. Lebourdais est allé passer quelques semaines de retraite et de repos à Hongkong.

    Un de nos confrères recevait récemment dun Annamite, soldat au Laos,la lettre suivante. Mon Père, je suis soldat au Laos, loin de tout centre catholique. Il y a six mois, ayant obtenu une permission pour Hanoi, jen ai profité pour me confesser. Maintenant je voudrais me confesser de nouveau, mais je ne puis trouver de prêtre. Je madresse donc à vous et vous envoie la liste de mes péchés. (Suit la confession entière de ce brave soldat, avec les formules de prières avant et après, comme sil eût été au confessionnal). Je vous demande labsolution de tous ces péchés. Je vous serais reconnaissant de me répondre, afin que je sache si je suis absous et quelle pénitence je dois faire pour être en paix avec le bon Dieu. Voilà un fervent catholique qui ne craint pas de confier à la poste la liste de ses péchés ! Foi naïve que lon ne rencontre que chez les peuples

    Les processions de la Fête-Dieu ont été presque partout empêchées année par des pluies torrentielles consécutives à un fort typhon. Les eaux montèrent rapidement et inondèrent les rizières, submergeant le riz au moment même de la moisson : une grande partie de la récolte est perdue. Pauvre nhà-quê tonkinois, il na pas souvent de chance!...

    Haut Tonkin

    Mgr Ramond a récemment ordonné trois nouveaux prêtres.

    Notre Provicaire, le P. Hue, malade, a dû aller se faire soigner à Sontay. On espère que les bonnes Surs de S.-Paul nous le renverront bientôt entièrement rétabli.

    Le P. Gautier quitte la paroisse de Ha-Thach pour aller professer la philosophie au Séminaire de Hung-Hoa. Puisse-t-il réussir dans ce nouveau ministère aussi bien que dans celui quil exerçait jusquici !

    Notre nouveau confrère, le P. de Neuville, est arrivé à Hung-Hoa, où il va commencer létude de la langue. Nous lui souhaitons un long et fructueux apostolat.

    A la fin de lannée scolaire (11 juin), une vingtaine délèves sortant de lécole de formation sont allés grossir le nombre de nos catéchistes. Combien parmi eux pourront entrer au Grand-Séminaire ?

    Cochinchine Orientale

    La Visite Apostolique de notre Mission a eu lieu du 26 mars au 18 avril. Mgr Lécroart a passé au Grand-Séminaire les derniers jours de la Semaine-Sainte et y célébra pontificalement la messe de Pâques. Le lundi 9 avril, en compagnie du P. Solvignon, S. G. partait pour Kontum et consacrait quatre jours aux sauvages.

    Inutile de dire que le représentant du Saint-Siège, vrai fils de lapostolique saint Ignace, a mérité chez nous les éloges et les remerciements qui lui ont été adressés déjà dans les 12 Vicariats quil a visités avant le nôtre.

    Le P. Durand nous a quittés le 20 mai pour se rendre à Nazareth comme membre titulaire de la maison.

    Le P. Perreaux, après une année passée dans le service des Procures, nous est revenu : il est à la fois secrétaire de lEvêché et collaborateur à luvre de limprimerie de la Mission.

    Le P. Mathey, atteint dune sorte de lèpre non encore bien spécifiée, a dû abandonner le saint ministère. On lui construit une habitation particulière dans lenceinte de lhôpital de Kim-châu, où les bonnes Surs de S.-Paul lui prodigueront leurs soins.

    Le 7 juin Mgr Grangeon a ordonné un prêtre et un tonsuré.

    Sous lactive direction du P. Vallet, léglise de Tourane sélève rapidement, solide et de bon goût. On espère que le gros uvre sera terminé avant la saison des pluies.

    Cochinchine Occidentale

    Mgr le Visiteur a continué sa tournée dinspection durant les premiers jours de Mai. Dans les provinces, automobiles et chaloupes de lAdministration furent gracieusement mises à sa disposition.

    La réception à Mytho fut, paraît-il, la mieux réussie : automobiles décorées, cortège de bicyclettes fleuries et de cavaliers, rues pavoisées et illuminées, léglise toute resplendissante de lampes électriques.

    Après essai, Sa Grandeur a renoncé à donner les bénédictions du Saint-Sacrement en Cochinchine, les Messes matinales devront suffire : il faudrait, en effet, des bagages supplémentaires pour les soutanes et le linge de rechange.

    Parti le 10 mai pour Siam et le Cambodge, Mgr Lécroart devait revenir à Saigon vers le 17 juin pour présider lassemblée régionale des Vicaires Apostoliques.

    A loccasion de la fête nationale de sainte Jeanne dArc, un drapeau dhonneur a été remis à la Société des Médaillés militaires. Après la cérémonie officielle avait lieu la messe célébrée par Mgr Quinton à la cathédrale ; le drapeau y fut apporté et, tenu haut et ferme en face de lautel, reçut ainsi la bénédiction du Dieu des armées et celle de la sainte Guerrière.

    Cochinchine Septentrionale

    Le 23 mai, nous était réservée une joie que nous navions pas éprouvée puis onze ans : larrivée à Hué dun nouveau missionnaire, le P. Fasseaux. Quil soit le bienvenu et que Dieu lui accorde un long et fructueux ministère !

    Le 30 mai, au Carmel de Hué, cérémonie de prise dhabit de deux jeunes postulantes annamites. Lune delles est originaire de la chrétienté de Ke-Van, dont le zélé pasteur, le P. Antoine Maillebuau, a déjà dirigé nombre de jeunes filles vers la vie religieuse.

    Sur le palmarès de lExposition coloniale de Marseille nous avons eu le plaisir de relever le nom de notre confrère le P. Cadière, ainsi que celui de Sur Isaac, Supérieure de lInstitution Jeanne-dArc, et de Sur Gérard, Supérieure de la Sainte-Enfance à Hué, qui ont obtenu une médaille dor.

    Cambodge

    Le 18 Mai, débarquait à Saigon le Père Giraudé, destiné à la Mission du Cambodge : quil soit le bienvenu au milieu de nous !

    Quelques jours après, de nouveaux vides se sont produits : le 3o mai, séteignait un prêtre indigène atteint de tuberculose pulmonaire ; puis ce fut le tour du P. Unterleidner qui, malgré sa robuste constitution ne put résister aux progrès de sa maladie de foie. Le cher confrère est mort le lundi 4 Juin, à 1 heure du matin, à la clinique Angier à Saigon, après une longue agonie. Il avait reçu auparavant tous les sacrements en pleine connaissance.

    Le 5 Juin, à minuit et demi, Mgr le Visiteur Apostolique, venant de Siam, faisait son entrée, une entrée vraiment solennelle, dans la capitale du Cambodge. Plusieurs autos décorées, quantité de bicyclettes ornées allèrent à sa rencontre à plusieurs kilomètres de la ville, cependant quune foule immense de chrétiens se massait devant la cathédrale et sur une longue étendue de route, au milieu de flots de lumière, entrecoupés par nombre de drapeaux et de tentures.

    Durant les quatre jours quElle a daigné nous consacrer, Sa Grandeur a célébré la sainte Messe dans chacune des quatre églises de la ville, qui toutes avaient rivalisé dentrain pour organiser une réception digne de lenvoyé du Saint-Père. Entre temps, Monseigneur recevait les prêtres et visitait le Grand-Séminaire, le Carmel, les établissements des Frères des Ecoles chrétiennes et des Surs de la Providence.

    Le samedi 9 Juin, Mgr Lécroart quittait Phnom-Penh, faisait un arrêt à lécole des catéchistes de Banam et continuait son voyage jusquà Culao-gieng, où lattendait Mgr Bouchut. Le Visiteur sest rendu encore dans quelques postes du Sud de la Mission et a regagné Saigon le 16 Juin.

    Avec le Cambodge sachève la Visite apostolique. Comme partout ailleurs nous augurons bien de cette visite pour les progrès de luvre de Dieu dans notre Mission.

    Siam

    Mgr Lécroart, Visiteur Apostolique, est arrivé à Bangkok, le vendredi 18 Mai, venant de Penang. Sa Grandeur était accompagnée de Monseigneur Perros, du R. Père Truxler et du P. Vandempétry. Ce dernier devient le Benjamin de la famille des missionnaires du Siam ; nous lui souhaitons un long et fructueux apostolat.

    Mgr Lécroart est resté jusquau 2 Juin au Siam, partant de là pour le Cambodge.

    Sa visite, trop courte pour lui permettre de se rendre dans beaucoup de postes de lintérieur qui eussent été réjouis de sa présence, produira néanmoins dexcellents résultats ; 22 missionnaires sur 26 présents au Siam ont pu lui parler librement. Le Messager pontifical, venu pour donner la paix, comme il la dit lui-même, a magnifiquement rempli sa mission. Daigne Dieu le récompenser au centuple du bien quil a déjà réalisé, insouciant de toute fatigue personnelle, et daigne N.-S. Jésus Christ promouvoir davantage encore laction de son Représentant jusquaux extrêmes limites du royaume siamois.

    Malacca

    Pendant le mois de Mai, nous avons eu deux cérémonies dinauguration, toutes les deux dans lEtat de Perak.

    Dabord, le dimanche 6 Mai, ce fut la bénédiction solennelle de la novelle église de St.-Antoine à Teluk-Anson. Le Bulletin de Juillet 1922 a dit quelques mots des obstacles qui avaient retardé la construction de cet édifice pour remplacer léglise en planches détruite par un incendie en 1914. Enfin tous ces obstacles ont pu être surmontés, grâce à la protection spéciale de saint Antoine et à lindomptable énergie de P. Perrissoud. Notre confrère sest donné tant de peine pour obtenir ce résultat que nous sommes tous heureux de voir ses efforts pleinement couronnés de succès. Mgr Mérel qui, il y a un an, avait béni la première pierre de cette nouvelle église, la également dédiée au culte public. Plusieurs confrères sétaient arrangés pour venir prendre part à cette belle fête, de sorte que la cérémonie de la bénédiction fut suivie dune Messe pontificale, qui donna à cette journée un cachet de solennité tout à fait extraordinaire. Les bons chrétiens indiens de Teluk-Anson et des environs étaient ravis, et plusieurs centaines dentre eux sapprochèrent de la sainte Table. Cependant tout nétait pas fini avec les cérémonies de la matinée. Laprès-midi, avant le salut du S.-Sacrement, eut lieu lérection dun Chemin de Croix arrivé de France juste à temps pour prendre place sur ces murailles fraîchement bénites. Digne couronnement dune fête si catholique.

    Le dimanche suivant, cétait le P. Maury, chargé du district de Batu-Gajah, qui inaugurait une chapelle-école à Pusing, gros village situé à quelques kilomètres de la ville de Batu-Gajah, sur le tronçon de voie ferrée qui va dIpoh à Tronoh. Jusquici le missionnaire ny avait quune maison de doctrine provisoire, où le catéchiste venait prêcher une fois par semaine. Petit à petit un sérieux mouvement de conversions se manifesta parmi les Chinois fixés dans cette localité, et cest pour seconder et développer ce mouvement que le P. Maury vient dy achever une jolie et solide construction qui servira à la fois décole et de chapelle, avec un maître décole en résidence. Le jour même de linauguration, il eut cinq baptêmes dadultes. A lécole il y a déjà plus de trente élèves, tant chrétiens que païens, et leur nombre va toujours en augmentant. Puisse la grâce de Dieu transformer ces promesses de conversions en consolantes réalités !

    Birmanie Septentrionale

    Les statistiques sont à la mode. En voici une qui ne manque pas de pittoresque : ce sont les grandes lignes du dernier recensement (1920) de la Birmanie, dont le gouvernement vient de publier les résultats.

    La Birmanie compte 13.169.099 habitants, dont 8.683.035 appartiennent à ce quon est convenu dappeler le groupe birman. Près de 5 millions dindividus étrangers au pays, de toutes race, langue, religion, coutumes et castes, y coudoient lélément dominant. Donnons des chiffres.

    Carians 1.220.356
    Tai ou Shans 1.017.987
    Indiens 887.027
    Mons 323.529
    Chins 288.847
    Palaungs 156.703
    Kachins 146.845
    Chinois 149.060
    Indiens birmanisés 110.279
    Européens ou Eurasiens 25.853
    Autres 2.042

    ces autres sont Goanais, Japonais, Philippinos, etc.

    Sur ce total, lagriculture emploie 9.158.933 personnes. La religion bouddhiste est représentée par 106.429 bonzes ou novices et 47.342 bonzesses. La loi na pas moins de 10.936 défenseurs de tout acabit, tandis que 49.481 disciples dEsculape exercent la médecine. Linstruction est donnée par 33.794 maîtres ou maîtresses décole.

    Une partie de la Tour de Babel a sûrement été transportée dans le pays, par le diable, sans doute. On y parle 134 langues et dialectes dorigine birmane, siamoise et chinoise, sans compter 25 langues ou dialectes indiens, 15 langues européennes et 7 autres. Avis aux amateurs !...

    Laos

    Mgr Gouin vient de terminer sa première tournée pastorale, qui a duré 40 jours. Monseigneur a visité toute une région du Laos et, pour administrer le sacrement de Confirmation à environ 600 de nos néophytes, il a dû parcourir à cheval plus de 600 kilomètres. Notre nouveau confrère, le P. Thibaud, accompagna Sa Grandeur dans toutes ses pérégrinations. Que na-t-il pu mettre à sa disposition lun de ces avions quil pilotait si bien pendant la grande guerre ? Le voyage aurait été moins pénible.

    On nous annonce le retour prochain de notre confrère, le P. Barriol, rentré en France pour refaire sa santé.

    Actuellement la pluie tombe dru ; bientôt nos Laotiens nauront plus quune préoccupation : labourer leurs champs et repiquer leurs rizières.

    Maïssour

    En vertu dune autorisation spéciale du Cardinal Gasparri, le P. Joseph Faisandier, procureur de la Mission, vient dêtre nommé Directeur de la Propagation de la Foi pour lInde, la Birmanie et Ceylan.

    Mgr le Délégué Apostolique, accompagné du P. Browne, secrétaire par intérim, a quitté Bangalore pour se rendre à Kotagiri.

    Le courrier du 1er Avril a apporté au Collège St.-Joseph les résultats des examens de Cambridge. Sur les 66 candidats qui furent présentés en Décembre dernier, 57 ont subi les épreuves avec succès.

    Ces résultats sont repartis comme suit :
    Senior Cambridge : 10 sur 14.
    Junior Cambridge : 19 sur 23, dont 5 première classe ; 1 seconde classe ; 1 troisième classe.
    Preliminary Cambridge : 28 sur 29.

    Sur les 19 mentions en anglais obtenues dans toutes les colonies anglaises, excepté Ceylan, 10 reviennent aux candidats du Collège St.-Joseph. Maîtres et élèves peuvent avec raison être fiers de ces résultats qui constituent un magnifique record.

    Nazareth

    La Maison de Nazareth voit enfin se combler les vides faits par la mort dans les rangs de ses membres. Elle a perdu, lan dernier, les PP. Kircher et Ligneul ; la Providence lui envoie, pour les remplacer comme directeurs, les PP. Durand, de Cochinchine Orientale, et Ch. Cesselin, de Hakodate. Dernièrement elle a reçu, comme collaborateur, le P. Champeyrol, du Kouytcheou. Enfin comme hôtes, pour un séjour plus ou moins prolongé, elle possède en ce moment les PP. Vion (Kouytcheou), Peschel (Taikou) et Lehmann (Tonkin Maritime). Ce qui, ajouté aux anciens, forme un total qui approche de la douzaine. Et ce nest pas trop : il y a de la besogne pour tous. Quà tous aussi soit salutaire latmosphère de recueillement, de prière et de travail, qui doit être celle de Nazareth !

    Penang

    La Visite Apostolique de notre Collège général sest passé le plus simplement. Mgr Lécroart est arrivé le samedi 12 mai vers 7 heures du soir. Le lendemain, après la grandmesse chantée par son secrétaire, les élèves lui lurent une adresse, à laquelle S. G. répondit très aimablement. Le Visiteur a vu en particulier tous les directeurs et ceux des élèves qui le désirèrent. Le mercredi, jour de promenade, après avoir fait le tour de lîle, Mgr voulut bien se rendre aussi à la maison de campagne du Séminaire. Le lendemain, après une nouvelle adresse des élèves et une réponse où il exprimait sa satisfaction de connaître Penang, le Visiteur nous quittait, nous laissant le souvenir de sa simplicité et de sa toute paternelle amabilité.

    Le nombre des élèves du Collège est actuellement de 103.

    Montbeton

    Au 1er mai le Sanatorium, ayant vu partir plusieurs malades, nen comptait plus que 14 : Mgr Perrichon et les PP. Boutier, Guéneau, Gratuze, Ringenbach, Harnois, Wendling, Villeneuve, Bréas, Grandjean, Dalle, Keller, Décrouïlle et Durand.

    Séminaire de Paris

    Le Compte-rendu des travaux de la Société en 1922, dû aux soins du P. Bernat, a paru à la fin davril. Les envois à nos confrères et aux Missions ont commencé aussitôt.

    A la clôture de lexercice, la Société comptait 1148 membres, travaillant avec 1186 prêtres indigènes. Elle a obtenu 26.869 baptêmes de païens, dont 9.332 adultes in articulo mortis ; 62.523 enfants de chrétiens et 94.309 enfants de païens in articulo mortis ont reçu le baptême. 23 notices nécrologiques suivent le compte-rendu, et celle du regretté P. Delmas offre un intérêt tout particulier.

    Le 17 avril, lendemain du départ, les aspirants se sont rendus, comme de coutume, à Notre-Dame des Victoires pour demander à la Sainte-Vierge de combler les vides produits dans leurs rangs.

    Le 18, à la salle Gaveau, Monseigneur et plusieurs membres de lAdministration assistaient à lAssemblée générale de luvre de la Chapelle de la Reconnaissance nationale de Dormans, sous la présidence de S. E. le Cardinal Touchet. Dans son rapport, M. Fernand Laudet constatait quun million a été recueilli déjà, mais quil en faudra encore deux pour mener lentreprise à bonne fin. Mgr Tissier, le général Mangin, le Cardinal Touchet, ont prononcé déloquents discours. A Dormans les travaux progressent et la crypte de la chapelle aura sa voûte pour le 15 juillet.

    Les départs pour la caserne ont eu lieu fin avril : notre communauté de Bel-Air se trouve réduite à une trentaine daspirants. Le P. Chabagno rédige pour nos aspirants-soldats, une petite revue mensuelle, Adexteros, qui est fort goûtée de ses lecteurs.

    M. Paul Dussoux, du diocèse de la Rochelle, a été admis comme aspirant.

    Lordination de la Trinité comprenait 5 prêtres, un diacre, 5 sous-diacres, 11 acolytes, 3 lecteurs et 3 tonsurés.

    Le 3 Mai était le 101e anniversaire de la fondation de luvre de Propagation de la Foi. Pour remercier Dieu des succès obtenus et le prier de continuer à répandre ses bénédictions sur cette uvre, Mgr Descamps, à neuf heures, en léglise St-Pierre du Gros-Caillou, a célébré la sainte Messe. Les représentants des Instituts missionnaires sétaient fait une obligation dy assister et, à lévangile, le R. P. Tauzin, des Pères Blancs, après avoir remercié les membres de luvre, salué le petit-neveu de la fondatrice, qui, avec le P. Chambon, représentait la Rue du Bac, sest longuement étendu sur la mission de lOuganda.

    Le soir, Monseigneur donnait la confirmation à 150 enfants environ de la paroisse St-Jacques-St-Christophe et le lendemain, à la crypte de notre église, à quatre de ses neveux.

    Le dimanche suivant, à la chapelle de la rue Dantzig, le P. Jaricot présidait à la clôture du triduum en lhonneur de sainte Philomène.

    Du 4 au 6, le Séminaire a eu lhonneur doffrir lhospitalité au T. R. P. Rutten, Supérieur général des Missionnaires de Scheut, qui fut pendant trois mois le compagnon de voyage et le secrétaire bénévole de Mgr de Guébriant, en tournée de visite apostolique en Chine. Un Belge observateur a défini le Rév. Père : un moteur toujours sous pression. Son frère est le gouverneur actuel du Congo belge.

    Le 13, le nouveau Supérieur général des Pères Blancs, est venu faire aux Missions-Étrangères une cordiale visite, avant de reprendre le chemin dAlger.

    Le 14, déjeunait au Séminaire, M. le chanoine Ross, directeur de la Propagation de la Foi de Londres.

    Le 11, Monseigneur et le P. Léculier représentaient la Société à la cérémonie du Souvenir Indochinois au Jardin Colonial de Nogent-sur-Marne. Devant le monument spécial, consacré aux soldats annamites catholiques morts pour la France, M. Merlin, le nouveau Gouverneur général de lIndochine a parlé en excellents termes de ces chers morts, encore plus près de nous si possible que les autres, pas cette foi quils avaient embrassée et qui est la nôtre.

    Le 13, le Séminaire a pavoisé en lhonneur de sainte Jeanne dArc, que Paris a si bien fêtée, malgré le vent et la pluie.

    Le 15, les Dames de luvre des Partants organisent leurs comptoirs dans la grande salle de récréation donnant sur le jardin, pour la vente annuelle qui a lieu les 16 et 17, de 14 h. à 18 h.

    Le même jour, le beau temps a favorisé nos deux communautés de Bel-Air et de Paris, qui sont allées à lInstitut apostolique de N.-D. de Montmélian, près Survillers, prendre un congé depuis longtemps promis par Monseigneur.

    Le P. Mollat est au pays natal pour refaire sa santé.

    Sur sa demande instante, le P. Mollard, fatigué par lâge et les infirmités, est admis à prendre une retraite bien méritée, à Bel-Air même, à partir de la clôture des cours de cet exercice.

    Le 10 mai, sest embarqué à Cherbourg, pour la Birmanie Septentrionale, via Québec-Vaucouver-Pacifique, M Paquet, le 1er missionnaire canadien des Missions-Étrangères.

    1923/436-457
    436-457
    Anonyme
    France et Asie
    1923
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