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Chronique des Missions et des Etablissements communs 3

Chronique des Missions et des Etablissements communs. Tôkyô Un télégramme de Londres du 3 février, aussitôt reproduit par les journaux, annonçait aux Japonais charmés lheureuse nouvelle de lAppel du Monde à lEglise : cest la résolution qui venait dêtre adoptée dans une assemblée plénière tenue à Westminster, en présence de 3.000 délégués du protestantisme.
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    Chronique des Missions et des Etablissements communs.

    Tôkyô

    Un télégramme de Londres du 3 février, aussitôt reproduit par les journaux, annonçait aux Japonais charmés lheureuse nouvelle de lAppel du Monde à lEglise : cest la résolution qui venait dêtre adoptée dans une assemblée plénière tenue à Westminster, en présence de 3.000 délégués du protestantisme.

    Par une curieuse coïncidence, le jour même débarquait à Yokohama une délégation de pasteurs protestants, venant au Japon et en Chine pour y faire une enquête sur le mouvement anti-chrétien et anti-étranger qui sy manifeste depuis quelque temps. A leur arrivée, ces Messieurs ont été interviewés, et leurs déclarations, complaisamment enregistrées, ont été aussitôt reproduites par toute la presse.

    Sous ce titre plein despoir : La silhouette des missionnaires américains va-t-elle disparaître de lExtrême-Orient ? lAsahi dOsaka (4 février) nous apprend quen juin prochain doit se tenir à Jérusalem un Congrès général dAlliance religieuse et quune des questions traitées sera celle-ci : Vu le mouvement de boycottage dont sont lobjet, en Chine et au Japon, les missionnaires américain (i. e. étrangers), nest-il pas opportun de cesser entièrement lenvoi des dits missionnaires dans les susdits pays ? Le Rev. Bishop John Gordon vient en Extrême-Orient, en compagnie de plusieurs collègues, pour mener une enquête à ce sujet.

    Devant la poussée nationaliste qui sélève en Chine, a déclaré le R. Reverend, les missionnaires américains ne sont-ils pas devenus inutiles ? De même, au Japon, dans lEglise devenue indépendante, on a la conviction que les missionnaires américains ne sont plus nécessaires. Nous sommes venus étudier soigneusement cette grosse question.

    Mieux informé encore, comme il convient à un journal de la capitale, le Kokumin de Tôkyô, du même jour, nous apprend en outre que, daprès une décision du Congrès général tenu lan dernier en Amérique, la propagation du christianisme est devenue une affaire mondiale et que la tendance à affranchir la Chine et le Japon gagne du terrain tous les jours. Cela posé, convient-il de conserver les missionnaires étrangers ? etc.. Toujours daprès le même journal, les délégués se rendent dabord à Manille et en Chine, où ils enquêteront lespace dun mois environ ; après quoi, ils reviendront au Japon étudier à fond la question, durant un séjour plus prolongé.

    Prudemment, lOsaka Mainichi (6 févr.), édition anglaise, dont les lecteurs sont pour la plupart des étrangers, met sur le dos de la jeune Chine la cause de tout le malaise et laisse dans lombre ce qui a trait au Japon. Les conseils quil donne méritent dêtre lus.

    A la différence du mouvement boxeur de 1900, lagitation qui règne actuellement en Chine contre le christianisme nest pas le fait de foules ignorantes et haineuses de létranger, prêtes à user de moyens violents contre lui ; il est lancé et dirigé par la classe intellectuelle chinoise, étudiants et professeurs, qui, par leur culture, sont assez éclairés pour ne pas mettre les étrangers à la porte à la pointe des baïonnettes.

    Larme que les agitateurs chinois brandissent actuellement, cest lantipathie générale contre toutes les religions, spécialement contre le christianisme, en tant que prêché par des missionnaires étrangers. Dans leur idée, en effet, la civilisation occidentale est étroitement liée à limpérialisme occidental, au capitalisme occidental, et à tous les genres dexploitation occidentale. Cest à ce réveil de la conscience nationale, de lorgueil national et du patriotisme en Chine, que doit être attribué principalement le changement dattitude contre le christianisme et les missionnaires.

    On ne peut nier que luvre des missionnaires en Chine ne passe actuellement par une période des plus critiques. Pour faire face à la nouvelle situation créée par létat desprit nationaliste de la jeune Chine, il est essentiel pour les missionnaires étrangers de revoir les fondements de leur uvre et de chercher en quoi consiste lerreur fondamentale dans leurs méthodes, si erreur il y a. En Chine, comme ici au Japon, il doit y avoir une large place pour le travail des missionnaires, bien que les conditions soient changées.

    A notre avis, abandonner complètement un champ évangélique à cause de lopposition de la population équivaudrait à avouer la faillite dune religion quon a prêchée jadis avec tant dardeur, et les missionnaires conscients de leur mission ne devraient pas battre en retraite de cette manière. La seule chose quils devraient faire, cest de se réajuster eux-mêmes à une situation nouvelle, de sefforcer davoir en vue lintérêt et le bien-être des peuples vers lesquels ils ont été envoyés, et cela par des moyens entièrement différents de ceux quils ont employés dans le passé.

    Pour nous, missionnaires catholiques, nous navons pas à chercher des voies nouvelles. A la naissance même de notre Société, la S. Congrégation de la Propagande mandait aux premiers Vicaires Apostoliques : Potissima ratio qu S. hanc Congr. movit ut vos Episcopos in has regiones mitteret, ea fuit ut omnibus modis atque rationibus curaretis juventutem illam sic instituere ut Sacerdotii capaces reddantur et a vobis consecrentur, suisque locis per vastas illas regiones collocentur, rem illic christianam summa diligentia, vobisque dirigentibus, curaturi. Itaque hunc finem semper ob oculos habetote, ut ad sacros Ordines quam plurimos et quam aptissimos adducatis, instituatis et suo tempore promoveatis. (S. C. P. F. 1659)

    Il suffirait de relire les premiers articles du Règlement de la Société des M.-E. pour se convaincre quelle a toujours suivi docilement ces instructions qui datent de bientôt trois siècles.

    Dernièrement, Mgr Roche, évêque de Tuticorin, revenant dEurope, rendait compte dune audience quil avait obtenue du Souverain Pontife. Le Pape, dit-il, manifeste le plus grand intérêt au développement du clergé indien ; mais il insiste pour quon recherche moins le nombre que la qualité. Le clergé indien, comme tout autre clergé, doit se distinguer par sa science, sa piété et son tact.

    Quand Rome jugera que le clergé indigène de telle ou telle de nos Missions est prêt à en assumer ladministration, nous naurons pas un instant dhésitation à la lui transmettre, et non seulement résignés, mais joyeux même du sacrifice accompli, nous partirons et irons jeter en dautres terres encore en friche les semences de vérité et de vertu que lEglise nous a chargés de répandre au nom de Notre-Seigneur : Euntes, docete....

    Le dimanche 31 janvier, Mgr lArchevêque présidait à Oishi, près Tôkyô, la prise dhabit de 5 religieuses de la Congrégation japonaise de la Visitation. Cette Communauté, fondée, comme on le sait, par le P. Breton, pour aider aux uvres des missionnaires, a été autorisée par Rome comme Congrégation diocésaine. Le lendemain, 5 autres religieuses commençaient leur noviciat dun an dans la maison des Dames de S.-Maur à Tôkyô. La Communauté compte en outre 8 postulantes, soit en tout 18 membres.

    On annonce comme prochain le retour au Japon de S. E. Mgr Giardini, Délégué Apostolique, qui a dû quitter Rome vers la mi-janvier.

    Le savant bonze Kawaguchi Ekai, connu pour ses études sur la langue thibétaine (V. Bulletin Janvier 1926, p. 39), a notifié récemment à ses amis et connaissances que, le 1er janvier, entrant dans sa 60e année, il a quitté le froc et est redevenu simple laïque. Il était entré en religion à lâge de 27 ans, et cette expérience de 33 années la convaincu quune telle vie est impraticable dans le temps présent. Un moine bouddhiste doit observer 250 commandements, dont lun est le célibat : cest vraiment trop !

    Nagasaki

    Le 8 février, neuf religieux Salésiens de Don Bosco débarquaient à Moji : ils viennent pour évangéliser les deux départements dOita et de Miyazaki, qui formeront plus tard une Mission séparée, confiée à leur Société. Que saint François-Xavier, dont ils retrouveront les traces à Oita, bénisse leur ministère !

    Après quelques jours passés à Nagasaki, les nouveaux venus se sont rendus à Miyazaki, où ils vont se livrer avec ardeur à létude de la belle langue japonaise.

    Cette nouvelle phalange apostolique comprend 6 prêtres et 3 frères coadjuteurs. Le Supérieur est le R. P. Vincent Cimatti. Un des prêtres, le P. Jean Tanguy, est Français originaire de la Bretagne.

    La Société fondée à Turin en 1846 par le Vénérable Don Bosco compte actuellement (1924) 5.860 religieux et 640 novices ; 15 de ses membres sont revêtus de la dignité épiscopale, parmi lesquels S. E. le Cardinal Cagliero, évêque de Frascati, et Mgr Piani, Délégué Apostolique aux Philippines.

    Lérection de la nouvelle Mission sera la deuxième cession faite aux Salésiens par la Société des Missions-Étrangères. On sait que, en 1920, une partie du Kouantong leur fut confiée pour former le Vicariat Apostolique de Shiuchow, dont le premier évêque, Mgr Versiglia, fut sacré à Canton, le 9 janvier 1921, par Mgr de Guébriant.

    La troisième cession sera, selon toute probabilité, celle dune partie de la Mission du Siam. (V. plus loin, Bangkok).

    Seoul

    Moins dun mois après la mort du P. Poisnel, provicaire, une nouvelle et terrible épreuve a frappé la Mission de Seoul. Mgr Devred, le très estimé Coadjuteur de Mgr Mutel, terrassé soudainement par une congestion cérébrale le dimanche 17 janvier à 2 heures de laprès-midi, expirait le lendemain à 4 heures ½ du matin, sans avoir repris connaissance. Les funérailles, qui furent des plus imposantes, eurent lieu le jeudi 21.

    Mgr Mutel, qui sétait embarqué à Marseille le 15 janvier pour rentrer en Corée, apprit la triste nouvelle par un télégramme qui lui fut adressé à Port-Saïd. On comprend quel coup ce fut pour le vénérable Vicaire Apostolique, qui avait toute confiance en son dévoué Coadjuteur et lui abandonnait presque entièrement ladministration de la Mission.

    Mgr Demange, qui voyageait avec Mgr Mutel, bien que très affligé lui-même par la mort dun ancien condisciple de Paris, missionnaire en Corée comme lui et avec lui, devenu son collègue dans lépiscopat, se sera fait, nous nen doutons pas, lange consolateur de notre évêque désolé, et nous len remercions de tout cur !

    Taikou

    Le P. Vermorel, provicaire, et le P. Taquet, ancien condisciple de Mgr Devred, sont allés à Seoul pour représenter la Mission de Taikou aux obsèques du très regretté Coadjuteur de Mgr Mutel.

    Le 2 février, un autobus qui transportait onze voyageurs a glissé le long dun talus de 2 mètres de hauteur. Plusieurs personnes ont été plus ou moins grièvement blessées. Dans le nombre se trouve le P. Deslandes : le docteur a constaté une fracture de la clavicule droite, et notre confrère devra rester pendant 20 jours le bras et lépaule immobilisés. Son servant, qui accompagnait le Père, a été moins maltraité et sen est tiré moyennant quelques jour dhôpital.

    Le nombre des étudiants coréens à Tôkyô est actuellement de 1.300.

    Kirin

    Le chemin de fer de lEst-chinois se refusant à transporter gratuitement les troupes chinoises, un différend a surgi entre les autorités soviétiques et les autorités chinoises. En conséquence le service a été interrompu pendant 11 jours sur la ligne en question. La perturbation causée par cet état de choses a été dautant plus grande que, à lépoque qui précède le nouvel an chinois, la circulation est des plus intenses. Dans les gares les voyageurs attendaient impatiemment la fin de la grève. A Changchun les émigrants sentassaient si nombreux que la Chambre de Commerce fut obligée de pourvoir à leur subsistance, La poste, entre Harbin et Changchun, dut employer des autos, qui furent plusieurs fois attaquées par les brigands. Enfin le trafic normal a repris et il y a lieu despérer que de pareils incidents ne se renouvelleront pas.

    Nous attendons la prochaine arrivée de plusieurs missionnaires de lInstitut Bethléem ou Séminaire suisse des Missions Étrangères 1 qui demeureront sous la juridiction du Vicaire Apostolique de Kirin et travailleront dans la province du Heilongkiang (Tsitsikar) en vue dy préparer lérection dune nouvelle Mission.

    Un de nos clercs minorés, Jules Tsao, est décédé à la fin de janvier. Cétait un des meilleurs élèves du Grand-Séminaire. Son grand désir était de pouvoir recevoir lordination sacerdotale avant de mourir, car il était atteint de phtisie pulmonaire. Dieu sest contenté de sa bonne volonté, et le malade a fait de grand cur le sacrifice de son désir et de sa vie.
    _________________________________________________________
    1. LInstitut Bethléem, à Immensee (diocèse de Coire), a été érigé par la Propagande en Séminaire suisse des Missions Etrangères (1921). Le séminaire dImmensee est réservé aux humanités et à la philosophie. La théologie et les branches connexes se font à Wohlhusen (Lucerne) dans lancien Institut Saint-Joseph des PP. Capucins, acquis par la nouvelle Société, dont le Supérieur est le R. P. Hofliger.

    Tchengtou

    La propagande bolcheviste se fait surtout par le moyen de pamphlets. Récemment un visiteur fut tout étonné de trouver chez un maître décole un livre, bien écrit et bien présenté, imprimé à Moscou, dans lequel on célèbre les gloires et les bienfaits de laction des Soviets. Il ne supposait pas quil y eût déjà une cellule bolcheviste à Tchengtou. Ce sont des étudiants surtout qui en font partie, mais le succès na pas jusquici répondu à leurs efforts : le peuple du Setchoan ne se laisse par encore entamer pas ces doctrines subversives.

    Aurons-nous encore la guerre ? On dit que le mécontentement saccroît contre les soldats dune province voisine, qui se considèrent un peu trop par ici comme chez eux. La Chine aux Chinois, oui, sans doute ; mais aussi le Setchoan aux Setchoannais. Ce mot de passe va-t-il encore amener de nouvelles batailles ?...

    Tchongking

    Les insultes grossières envers la religion et les menaces à ladresse des chrétiens, qui, durant le mois de décembre, ont été affichées sur les murs ou débitées à satiété dans les rues de Tchongking par les énergumènes bolchevistes, nont pas arrêté nos fidèles et les fêtes de Noël ont été célébrées solennellement dans nos églises comme aux meilleurs temps de jadis. Par mesure de prudence cependant, les offices de nuit furent supprimés dans les églises paroissiales de Tchongking et neurent lieu que dans les chapelles des communautés religieuses, ainsi quh la Marine française, où, dans un oratoire improvisé, se réunirent officiers et marins avec les membres de la colonie française.

    Dans lintérieur les offices ont été célébrés comme dordinaire et sans incident. A Kikiang toutefois, une trentaine détudiants païens se sont présentés, le matin de Noël, à la porte de léglise, drapeau en tête : ils se sont installés là et se sont mis à déblatérer contre la religion catholique, les prêtres et les ministres protestants ; ils ont empêché les chrétiens de tirer les pétards traditionnels et ont continué leurs vociférations pendant deux heures. Dans toute la ville, étudiants et étudiantes ont fait ainsi des discours contre la religion, annonçant que, le 1er janvier, ils seraient encore plus violents. Le mandarin a promis de faire des remontrances aux directeurs des écoles.

    A Tchongking lautorité militaire a interdit aux étudiants de tenir ces réunions bruyantes, qui peuvent trop facilement amener des incidents fâcheux, et ont fixé sept endroits de la ville où ils seront libres de vociférer tout à leur aise.

    A Semong, le jour de Noël, chrétiens et païens se sont réunis pour remercier le P. Couvet du dévouement quil leur a témoigné au cours des hostilités qui par deux fois ont désolé la région. Ils lui ont présenté, entre autres cadeaux, un riche panneau sur lequel sont gravés quatre caractères : Un fleuve de grâces nous est venu de lOccident. Un feu dartifice qui dura plus dune heure termina brillamment la cérémonie.

    Suifu

    Le jour de Noël, les établissements protestants de Luchow caractères chinois et de Nanchi caractères chinois ont été attaqués et saccagés en partie par des étudiants de la ligue anti-chrétienne. Si les autorités ne mettent pas un frein à la turbulence de la gent écolière, nos oratoires catholiques ne sauraient être épargnés longtemps encore. En ce moment la plupart des grands journaux et presque la totalité des petits mènent une violente campagne contre le christianisme et les chrétiens.

    La distribution des prix aux élèves des écoles catholiques primaires et primaires supérieures de Kiating a été présidée par le généra de division, entouré de ses deux brigadiers, du sous-préfet et des principaux notables de la ville. La séance souvrit par des discours, suivis de trois petites pièces, enlevées avec brio par les acteurs, auxquels les applaudissements ne furent pas ménagés. Les généraux en furent charmés et surent, en termes délicats, en complimenter le dévoué directeur, le P. Pierrel. Le lendemain matin, ils lui envoyèrent de très beaux prix à distribuer aux plus méritants, tant des écoles de filles que des écoles de garçons.

    A cause de linsécurité des routes et des hostilités qui peuvent éclater dun moment à lautre entre les nombreuses factions qui se disputent la prééminence, la retraite des missionnaires et des prêtres indigènes de la partie basse a eu lieu à Suifu, présidée par Mgr Fayolle, et, à Kiating, celle des missionnaires et prêtres indigènes de la partie haute, sous la présidence de Mgr Renault.

    Le P. Rochette est nommé à Nanchi ; il est remplacé comme supérieur du Petit-Séminaire de Hotikeou par le P. Lebreton.

    Ningyuanfu

    Notre doyen, le P. Burnichon, vient de faire dans le district de Chanheou une tournée de trois semaines pendant laquelle il fut victime dun accident qui aurait pu avoir des suites graves. Voici comment il le raconte lui-même. Je pars pour Tchangkoanse ; je mégare et dois coucher en route. Le lendemain, descente à pic ; mon cheval met les deux pieds de derrière dans le vide et nous voilà dégringolant ensemble un talus de 3 ou 4 mètres et roulant dans une rizière. Je me relève étourdi, la figure en sang, abîmée par mes lunettes. Je me tâte : rien de cassé ; mes lunettes sont un peu tordues et mon chapelet na plus que 4 dizaines. Le soir, jai la joue enflée et tout le corps endolori. Je continue cependant ma visite des chrétiens et, quand je rentre enfin dans mes pénates, je suis fatigué, rompu ; mais cest pour la cause ; vive la joie quand même !

    La retraite annuelle des missionnaires a eu lieu du 5 au 12 février.

    Yunnanfu

    Le retraite des Pères chinois, prêchée par Monseigneur, sest terminée le 7 janvier. Ceux de nos confrères qui se sont réunis à Kokoui pour les exercices spirituels ont été enchantés de leur retraite.

    Le mouvement anti-chrétien se généralise en Chine. Une ligue anti-chrétienne, disposant de fonds venus de Moscou, envoie des émissaires dans toutes les provinces. A Yunnanfu on peut voir, placardées par les étudiants, des affiches contre le christianisme. Les protestants semblent cependant être plus directement visés que nous.

    La situation financière de la province est lamentable. Le gouvernement cherche, par des impôts nouveaux, des taxes de luxe, à rever la piastre yunnanaise, mais la baisse continue malgré tout.

    Kouiyang

    Malgré linsécurité des routes, du fait des brigands qui travaillent un peu partout, la plupart de nos confrères sont partis pour la visite des chrétientés.

    Dans louest la ville de Ouilin a été pillée par des soldats qui se sont révoltés et ont ensuite gagné les montagnes. Dans lest, plusieurs villes sont occupées par des troupes setchoannaises, qui se sont mises à là disposition du Kouytcheou ; on pense quelles prendront part à une campagne contre le Yunnan.

    La Mission vient dacquérir à Kouiyang un vaste terrain, tout à portée du Couvent des Surs Canadiennes. On se propose dy transporter les enfants de la crèche, lancien emplacement étant trop exigu, ce qui rendait difficile lisolement des contagieux. Les pauvres petits jouiront là de lair pur et de lespace nécessaire à leurs premiers ébats.

    Pendant un voyage que le P. Gros vient de faire à Pinfa, il a pu non seulement traverser indemne une bande dé brigands, mais obtenir deux la délivrance dun de ses employés capturé par eux depuis près dun mois. Il ny a que lui qui puisse se risquer à de pareilles démarches !

    Lanlong

    Au commencement de janvier Mgr Carlo est parti pour visite les plus anciennes chrétientés de la Mission : Tsihen, Tayen, Loyang, etc.

    Les bruits les plus contradictoires circulent au sujet de larmé du Yunnan : les uns prétendent que Kouytcheou et Yunnan sont sur le point de conclure une perpétuelle paix ; dautres assurent que plusieurs corps darmée yunnanais sont massés près de la frontière, se disposant à envahir le Kouytcheou. Il est bien à craindre que ces derniers ne soient dans le vrai, et alors linvasion après la famine, ce serait la ruine du pays, et pour longtemps.

    Canton

    Le P. Pierre Ly remplace à la léproserie de Sheklung le P. André Tchao, décédé.

    Swatow

    Le dimanche 7 février, notre Provicaire, le P. Le Corre, a failli aller goûter le régime des geôles bolcheviques, ou pire encore, de la ville de Chaochowfu. Peu après midi, pendant que le Père prenait son repas, une trentaine de soldats, armés de barres de fer, de coutelas et de chaînes, arrivèrent devant la porte dentrée de la Mission, qui, par extraordinaire, se trouvait fermée ce jour-là, annonçant hautement quils venaient arrêter le chien courant au service des impérialistes étrangers pour en débarrasser la ville une bonne fois. Nayant pu enfoncer cette porte, la bande, guidée par quelque voisin payen, se rendit à une petite porte donnant du jardin sur les remparts et réussit à pénétrer par là dans lintérieur. Pendant ce temps le Père, averti par les chrétiens et sur leurs instances, sétait retiré dans quelque abri situé derrière la Mission. Les deux Surs Ursulines canadiennes qui se trouvaient à lorphelinat étaient aussi allées se cacher dans une maison chrétienne voisine. Les intrus cherchaient le Père partout, disant que cétait à lui seul quils en voulaient, parce que chef et étranger, que les chrétiens navaient rien à craindre sils nétaient par des impérialistes. Ne trouvant personne à la résidence, ils se rendirent à lorphelinat, où ils inspectèrent tout, puis passèrent à léglise et finalement partirent en promettant de revenir une autre fois.

    Le matin déjà, avant la Messe paroissiale, plusieurs soldats étaient venus à léglise et y avaient causé quelque trouble en se promenant parmi les chrétiens qui récitaient les prières en commun, samusant avec leau bénite, se moquant des statues et images, disant que la Religion chrétienne est le soutien des étrangers, des impérialistes, des capitalistes et quil faut y renoncer, etc. Quand la Père se rendant à la sacristie, les aperçut, il leur dit tranquillement quil y avait maintenant un office et quil les priait de se retirer, ce quils firent sans difficulté.

    Quelques jours auparavant les troupes avaient occupé le temple, la résidence et lhôpital que les protestants anglais possèdent dans la même ville, après avoir expulsé les malades soignés par le personnel chinois.

    Si le régime actuel doit durer longtemps, on peut sattendre aux pires méfaits de la part de ces énergumènes, quune propagande quotidienne, dirigée par les chefs, excite continuellement contre la Religion et contre les étrangers.

    Pakhoi

    Il est un coin privilégié du Paris cosmopolite, où le ciel de la Chine moderne apparaît, vu de loin, comme un Olympe idéal dans lequel toutes les divinités composent le plus agréable des ménages. Dieux de la guerre et de la paix, des discordes civiles et des idylles les plus bucoliques, de la civilisation et de la barbarie, y sont tenus pour les membres très unis dune famille modèle. Et le plus curieux de laffaire, cest que les observateurs lointains de ce phénomène sont dauthentiques et purs Chinois. Nous pardonneront-ils de rectifier leurs lunettes ?... La Chine nest pas bolcheviste, écrivent-ils, et na rien à craindre du communisme. Quils viennent donc par ici !

    Pour nous en tenir à ce qui touche immédiatement la vie de la Mission, la poussée xénophobe tourne pour le moment à la lutte contre les religions et particulièrement le catholicisme. Après les protestants anglais, les catholiques protégés de la France, ai-je toujours pensé. Eh bien ! notre tour est venu, et nous voilà en plein dans la danse.

    Le P. Baldit a vu sa chapelle envahie et occupée militairement par deux fois. Le P. Zimmermann a bien pis encore à subir : sa résidence de la ville de Louitcheou, occupée dabord par une soi-disant Croix-Rouge, sert maintenant de club anti-européen et anti- catholique. On y affiche à lintérieur les placards les plus injurieux pour notre sainte religion et les plus provocateurs contre la France ; des meetings y sont tenus, au cours desquels des officiers rouges exhortent le peuple à chasser les Français de Kouang-tcheou-wan, à massacrer les missionnaires, et donnent aux catholiques chinois le choix entre lapostasie et la mort. Bref, par un raffinement satanique, cest de la chapelle catholique même que partent les excitations les plus enflammées à la persécution sanglante.

    Nous sommes entre les mains de Dieu et nous abandonnons à sa volonté sainte. Mais la nature humaine souffre de tous ces heurts et sent vivement sa faiblesse au milieu de tant de périls.

    Les troupes rouges, débarquées à Potsin, sont maintenant maîtresses de lîle de Hainan. Le dernier réduit de la résistance anti-rouge a disparu.

    Hunghoa

    Comme dordinaire, durant les mois de décembre et janvier, eurent lieu les trois retraites. Tout dabord nos catéchistes, cette année au nombre de 105, profitèrent une fois de plus des sage enseignements et des ferventes exhortations de leur prédicateur, le P. Chatellier, expert en la matière. A leur tour, nos prêtres indigènes furent aidés dans cette uvre de sanctification par un de leurs compatriotes, curé dans la Mission de Hanoi ; il sut leur dire tout ce qui peut aider le prêtre à se garder lui-même et à travailler avec fruit au salut du prochain ; ses instructions, sous forme de causeries, appuyées sur de nombreux textes des saint Pères, plurent certainement à ses auditeurs, et, si lon joint à cela une vie édifiante, connue de tous, il y a lieu despérer que cette retraite sera fructueuse.

    Les missionnaires firent leur retraite en fin janvier et eurent la joie dy avoir pour prédicateur le R. P. Cousineau, Rédemptoriste. Il eut vite conquis notre attention ; sa parole tout apostolique, sa science théologique et morale, sa piété et sa simplicité vraiment dignes dun disciple de saint Alphonse, nous ont tous ravis. Il nous invita à nous retremper dans lesprit de notre sacerdoce, et ses instructions sur les fins dernières, limitation de Notre-Seigneur, lamour de Marie, ressuscitèrent en nos curs tout un monde de pieuses réflexions et de généreuses résolutions, que, sans doute, il nétait pas inutile de renouveler. A son départ, nous lavons remercié du bien quil nous avait fait durant cette semaine, et lui avons dit : Au revoir ! Que Dieu bénisse largement le nouveau ministère de prédication quil vient de commencer en Indochine !

    Quinhon

    Les conférences ecclésiastiques viennent dêtre établies à Kontum ; elles auront lieu à 10 heures, aux jours fixés pour les réunions mensuelles, et comprendront un sujet de théologie morale et un sujet pratique dadministration. Chaque confrère devra répondre au questionnaire, qui lui sera adressé un mois à lavance.

    Un télégramme de Marseille, daté du 30 janvier, nous a annoncé lembarquement du P. Décrouïlle. Il sera donc ici à la fin de février.

    Hué

    Le dimanche 3 janvier, sainte Thérèse de lEnfant-Jésus a été dignement honorée léglise de la paroisse française de Hué. Linauguration de la statue de cette charmante petite sainte, bénite par Mgr Allys, y avait amené de nombreux fidèles, qui assistèrent à la messe, célébrée par le R. P. Benoît, prieur du monastère de N.-D. dAnnam, et écoutèrent avec une religieuse attention le panégyrique de la Petite Fleur, prononcé par le R. P. Larouche, C. SS. R. Comme souvenir de la fête, le curé de la paroisse distribua médailles et images de la Sainte aux assistants, vivement touchés de cette belle cérémonie.

    Dans la soirée de ce même jour, arrivait de France Son Altesse Impériale le Prince Vĩnh-Thụy, fils de S. M. lEmpereur Khởi-Định. Le 8 janvier, il était intronisé sous le titre de Bảo-Đại, en présence de M. Alexandre Varenne, Gouverneur Général, du Résident Supérieur en Annam, du Régent de lEmpire, des Ministres et de toutes les notabilités françaises et annamites. Dieu daigne accorder à Sa Majesté Bảo-Đại un règne long et prospère et lui inspirer pour le catholicisme la bienveillante sympathie de son défunt père S. M. Khởi-Định !

    La Mission de Hué a eu les prémices de lapostolat missionnaire des RR. PP. Rédemptoristes du Canada français. En effet, du 7 au 12 janvier. le R. P. Cousineau, Supérieur de leur petite communauté de Hué, a prêché notre retraite annuelle. Sa parole, simple et apostolique, a remué nos curs et les a embrasés dun nouveau zèle pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. Le 12, dès la première heure, le bon Père Prédicateur partait pour le Tonkin, où il devait aller édifier successivement nos confrères de Phatdiệm Hưnghoá et Hanoi.

    Phnompenh

    Le 12 janvier 1876 arrivaient au Cambodge les premières Surs de la Providence de Portieux. Ce cinquantenaire ne pouvait passer inaperçu A Culaogieng, dans la chapelle de la principale Communauté, Mgr Bouchut célébra une messe pontificale dactions de grâces. Dans les chrétientés qui possèdent une communauté de ces bonnes religieuses, une messe fut dite à la même intention, avec plus ou moins de solennité selon les circonstances locales. A Soctrang, le P. Keller y avait convoqué tous les prêtres de son vicariat forain. Partout on a remarqué lempressement des chrétiens à assister à cette messe et la spontanéité avec laquelle ils rendirent aux Surs de nombreuses visites de félicitations et de remerciements. Les bonnes religieuses en étaient à la fois étonnées et touchées.

    A la fin du mois de janvier, le Carmel de Phnompenh a célébré un octiduum en lhonneur de sainte Thérèse de lEnfant Jésus. Chaque jour il y eut messe solennelle et, le soir, sermon français ou annamite suivi de la bénédiction du Saint-Sacrement. Après chaque office, vénération des reliques de la Sainte. Chorales et maîtrises des différentes paroisses et communautés rivalisèrent de zèle dans la préparation des motets et cantiques, dont lexécution provoqua ladmiration des auditeurs. La chapelle avait été décorée avec un goût parfait : au fond du chur, un grand tableau de la Sainte ; à chaque travée des guirlandes montrant leurs roses à la clarté des ampoules électriques, des écussons symbolisant la vie de la Petit Fleur du Carmel.

    La chère Sainte, pendant ces jours bénis, nous accorda deux grâces, grâces temporelles, car les grâces spirituelles furent innombrables et connues de Dieu seul, jallais dire quelle opéra deux miracles. Le premier, cest que, songeant à cet ennemi de la piété quest la chaleur dans nos églises tropicales, elle lécarta et nous envoya une douce et fraîche brise du nord pendant toute la durée des fêtes. Le second, cest que, avant un office, un fil électrique ayant mis le feu à une guirlande de papier, pendant le laps de temps quil fallut pour aller chercher assez loin une grande échelle, la dresser, y grimper, la guirlande ne brûla que sur une longueur dà peine deux mètres ; or, de lavis des personnes présentes, toutes les guirlandes de la chapelle auraient dû être consumées en moins de temps.

    Bangkok.

    Le P. Béchet, après un assez long séjour en France, est de retour parmi nous depuis le début de décembre.

    Nous avons reçu la visite du R. P. Canazei, Salésien. Il était chargé de se rendre compte en détail de la partie sud-ouest de la Mission actuelle du Siam, afin de pouvoir présenter un rapport à ses Supérieurs, pressentis par la S. C. de la Propagande pour prendre éventuellement ladministration de cette région, qui serait plus tard érigée en mission séparée. Le Père Canazei paraît enchanté de sa visite et nous laisse espérer, pour un avenir plus ou moins prochain, larrivée dun contingent de Salésiens, qui viendront, eux aussi, se dévouer au service des âmes siamoises, chinoises et autres.

    Le 24 janvier, Mgr Perros a eu la joie dordonner cinq nouveaux prêtres, ayant terminé leurs études à Penang. La cérémonie dordination sest déroulée dans la cathédrale de lAssomption, absolument comble dune foule de chrétiens, venus de presque tous les districts de la Mission. Le nombre des prêtres indigènes du Siam est présentement de 35.

    Malacca

    Les PP. Seyrès et Brossard, après quelques mois de séjour à Hongkong, viennent de rentrer en Malaisie avec des mines superbes. Tous deux ont réintégré Kuala-Lumpur : le P. Brossard, curé de la paroisse chinoise du S.-Rosaire ; le P. Seyrès, socius du P. L. Duvelle, grâce à sa connaissance de langlais et du tamoul, rendra grandement service et au P. Duvelle et au P. Le Mahec, curé de la paroisse indienne de Saint-Antoine.

    Birmanie Septentrionale

    La Provinciale des Surs Franciscaines Missionnaires de Marie, Mère Albert, a fait sa première visite au Couvent katchin de Kutong. Elle est revenue enchantée, non pas de la chute de cheval quelle a faite en descendant la montagne, mais du bonheur quéprouvent ses Surs à se dépenser pour de pauvres sauvages, et aussi de la confortable installation que, malgré les grandes difficultés de construire sur les montagnes, le P. Gilhodes leur a procurée.

    De son côté, Mgr Foulquier va bientôt réjouir et encourager par sa visite cette portion de la Mission pleine despérances. Car, comme lécrit le P. François Collard, volontaire chez les Katchins, petit à petit la famille augmente. A loccasion de Noël, des délégations sont venues de chaque village. La fête a été toute religieuse avec un petit cachet katchin. Nos gens repartiraient certainement désappointés, sils ne pouvaient louer le Sauveur in tympano et choro. Il lont fait. Vous dirai-je que jy trouve toujours de lagrément ?

    Lâme de toutes ces fêtes est le P. Gilhodes, qui y va rondement et sait dire à tous et à chacun ce qui convient. Cest le patriarche du pays, auquel on confie un peu tous les secrets. Ses ouailles lui octroient généreusement cent ans dâge. Nous, ses confrères, tout en sachant quil en est encore loin, souhaitons vivement quil y arrive, et même au delà.

    Coimbatore

    Le 7 janvier S. E. Mgr Lépicier, Visiteur Apostolique dans lInde, faisait sa visite à Coimbatore. Ce fut une visite triomphale, Jamais Coimbatore ne vit démonstration plus grandiose ni plus enthousiaste. On évalue à plus de 20.000 personnes la foule qui se pressait sur le passage du distingué prélat à son arrivée à la Mission. Les payens eux-mêmes prenaient part à la fête et accouraient de tous côtés pour voir et saluer le grand Gourou des chrétiens.

    Son Excellence, avec un sourire plein de bonté, bénissait tout le monde. Le lendemain le clergé et une foule innombrable de catholiques de Coimbatore et des environs étaient de nouveau réunis sur la place de la cathédrale pour offrir officiellement leurs hommages au Représentant du Saint-Père. Au discours qui lui fut adressé le Visiteur Apostolique répondit en termes très éloquents que sa visite à Coimbatore était une visite de félicitations, de consolation et de bénédiction. il ajouta avec beaucoup de délicatesse que, de même que lon donne à ceux qui nous sont le plus chers le baiser dadieu, de même aussi il avait réservé pour Coimbatore sa dernière visite dans lInde. Les jours suivants il visita les établissements de la Mission et reçut tour à tour les Associations de la Paroisse ; Ligue de la Croix, Mères Chrétiennes, Enfants de Marie.

    Les 11 et 12 Janvier, accompagné de Mgr lEvêque de Coimbatore, il fit une courte visite aux Nilgiris, à Coonoor, Wellington et Ootacamund ; partout il fut reçu avec enthousiasme. Le Sanatorium St-Théodore eut aussi lhonneur de sa visite, et là seulement, éloigné pour un moment de la foule, il put goûter un peu de repos.

    Le 12 au soir il était de retour à Coimbatore, quil quittait le lendemain pour Bangalore. Sa mission est terminée ; son départ pour Rome est fixé au 15 février.

    Kumbakônam

    Un nouveau prêtre, le P. Arputhamy, originaire de Viragalour, a reçu lordination sacerdotale à Pondichéry le 19 décembre dernier. Nous avons donc maintenant 20 prêtres indigènes.

    Hongkong

    Le 16 février, le P. Souvey, Procureur de Shanghai, sest embarqué ici pour la France. il va demander au pays natal le rétablissement de sa santé, sérieusement ébranlée par un surmenage qui ne comptait pas assez avec les limites des forces humaines. Dieu nous le ramène complètement guéri !

    Le lendemain, Hongkong voyait passer trop rapidement NN. SS Mutel et Demange, ainsi que M. Claudel, Ambassadeur de France à Tôkyô, regagnant leurs postes respectifs.

    Le nouveau Procureur général, le P. Biotteau, est attendu ici dans les premiers jours de mars.

    Séminaire de Paris

    Le samedi 19 décembre, après une retraite prêchée par les Directeurs du Séminaire, Mgr le Supérieur a conféré les saints Ordres à 56 aspirants : 10 prêtres, 12 diacres, 4 sous-diacres, 20 minorés et 10 tonsurés.

    Une Journée de Missions a été organisée à Saint-Merry le dimanche 20 décembre par M. labbé Krempff, frère du missionnaire de Seoul. Mgr Mutel, les PP. Gérard et Chambon y ont contribué par des sermons et conférences.

    La fête de Noël, célébrée avec la solennité accoutumée, a été clôturée par un salut donné par Mgr lEvêque dOsaka.

    A loccasion de lélévation au cardinalat de Mgr Cerretti, un déjeuner officiel a réuni à la Nonciature, le 28, une trentaine de notabilités catholiques de Paris. Le même soir, sous la présidence de S. E. le Cardinal Dubois, réunion des Amis de luvre des Ecoles dOrient, fondée, il y a 50 ans, par Mgr Lavigerie. Mgr le Supérieur a pris part à ces deux réunions.

    Du 1er janvier au 31 décembre 1925, 32 confrères sont rentrés en France et 15 sont repartis pour leurs missions respectives.

    Pendant la même période, 48 nouveaux aspirants ont été admis au Séminaire, soit à Paris, soit à Bièvres.

    A la lecture spirituelle du 31 décembre, le doyen des aspirants présenta à Mgr le Supérieur les vux de ses confrères, tous encore sous le charme des fêtes inoubliables du triduum des Martyrs de Corée. Un peu plus tard, le P. Boulanger, au nom de lAdministration et des Professeurs, exprima les sentiments de tous à notre vénéré Supérieur.

    Le 2 janvier, pèlerinage traditionnel à Notre-Dame des Victoires, pour mettre lannée qui commence sous la protection de notre Mère du ciel.

    Pour la fête de lEpiphanie, la communauté de Bièvres vint se joindre à celle de Paris. Mgr Mutel officia pontificalement à la messe et aux vêpres.

    Le dimanche 3 janvier a eu lieu, à Bourg-la-Reine, linauguration du Foyer des Etudiants asiatiques. Bénédiction de limmeuble et de sa petite chapelle par Mgr de Guébriant, déjeuner chinois offert par le P. Mollat, toasts en français et en chinois, etc. Les étudiants étaient au nombre dune trentaine, dont 18 pensionnaires de la maison. A la table dhonneur avaient pris place Mgr Chaptal, Mgr Beaupin, M. le chanoine Olichon, le P. Gibert, S. J., M. le curé de Bourg-la-Reine, le P. Ouang de la Congrégation de Scheut et le P. Kang de la Cie de Jésus, M. André Duboscq, rédacteur du Temps et M. Martel, représentant les Equipes sociales.

    Le 4 janvier, à 8 ½ du soir, Mgr le Supérieur a donné au Cercle détudes de la paroisse de la Trinité une conférence sur les Leçons de lExposition Missionnaire de Rome. Le 5 il prenait part à une grande réception organisée dans les salons de lhôtel Denis Cochin, rue de Babylone, en lhonneur de lélévation au cardinalat de Mgr Cerretti, Pro-nonce à Paris.

    Le 10, à Rouen, Mgr le Supérieur accompagné des PP. Chambon, Fabre et Nassoy, a participé à la Journée de luvre de St-Pierre en faveur du Clergé indigène. Grâce à la particulière bienveillance de Mgr du Bois de la Villerabel, archevêque ; aux efforts dorganisation et aux articles de presse du Directeur de luvre, M. le Chanoine Olichon, cette journée a eu un remarquable succès. Vingt prédicateurs de différentes Sociétés de Missionnaires se sont partagé les paroisses de la ville et ont prêché à toutes les messes. La conférence de Mgr le Supérieur aux vêpres de la cathédrale paraîtra dans le Bulletin de luvre de St-Pierre.

    Les conférences sur lApostolat missionnaire de la France données à lInstitut Catholique en 1924-1925 ont paru en volume chez Téqui. La 3e série continue avec un égal succès. Le 4 janvier, la Rév. Mère Marguerite-Marie, Supérieure Générale des Dames de St-Maur, a donné la 8e sur lévolution de la femme japonaise. Elle a retracé lorigine de la Congrégation des Surs du S. Enfant-Jésus, filles du P. Barré, la fondation des écoles de Malaisie et sest étendue sur les précieux résultats de leurs belles écoles du Japon. La 9e leçon a été donnée le 11 janvier par Mgr Rossillon, coadjuteur de Vizagapatam, Missionnaire de St-François de Sales dAnnecy, sur leffort dune province française (la Savoie) dans lévangélisation des Indes.

    Le P. Depierre, à Briançon, Cherbourg et Rennes, a prêché et donné des séances sur la Société et la Propagation de la Foi. A Bry-sur-Marne, le P. Nassoy a parlé de la Sainte-Enfance ; aux Francs-Bourgeois (121, rue St-Antoine), sermon par un procureur de groupe ; à St-François-Xavier, séance de projections par le P. Gérard ; enfin visite des Annamites si nombreux à Compiègne par le P. Boucher



    1926/175-194
    175-194
    Anonyme
    France et Asie
    1926
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