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Chronique des Missions et des Etablissements communs 5

Chronique des Missions et des Etablissements communs Séminaire de Paris Le dimanche 4 février, Journée des Missions à Tourcoing. Faire connaître les missions, recruter des adhérents aux uvres de la Propagation de la Foi, de la Ste-Enfance, de luvre de St-Pierre : tel est le but de ces Journées, dont le diocèse de Lille vient de donner un nouvel exemple avec ce sens de lorganisation que possèdent si bien développé les catholiques du Nord.
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    Chronique des Missions et des Etablissements communs



    Séminaire de Paris

    Le dimanche 4 février, Journée des Missions à Tourcoing. Faire connaître les missions, recruter des adhérents aux uvres de la Propagation de la Foi, de la Ste-Enfance, de luvre de St-Pierre : tel est le but de ces Journées, dont le diocèse de Lille vient de donner un nouvel exemple avec ce sens de lorganisation que possèdent si bien développé les catholiques du Nord.

    Mgr Descamps avait engagé pour les différentes églises de la ville des membres de diverses Sociétés de missionnaires. Monseigneur et le P. Gérard à St-Christophe, dont larchiprêtre Mgr Leclerc se montra très bienveillant, à toutes les messes et aux vêpres parlèrent des missions de Chine. A Saint-Jean-Baptiste, ce fut le Japon et luvre dévangélisation qui fit le sujet des entretiens.

    A vêpres, des fêtes de la Ste-Enfance avec costumes orientaux, bannières, défilés, firent la joie des enfants et même des grandes personnes.

    De nombreuses brochures, cartes-postales, déposées déjà auparavant aux diverses églises par M. Détry, avaient été rapidement enlevées. Après la seconde messe, il ny en avait déjà plus.

    Le soir, le R. P. Trilles, de la Congrégation du St-Esprit, clôturant à St-Christophe la Journée, distribua largement léloge et aux hommes qui avaient diversement contribué au succès et surtout à Dieu à qui en revient et lhonneur et la gloire.

    Le lendemain matin nous reprenions le chemin de Paris ; à la gare une dame catholique, reconnaissant les missionnaires entendus la veille, leur remit son offrande en disant Nous prierons pour vos missions.

    Les Dames de luvre des Partants ont eu leur messe mensuelle le 5 et le P. Chabagno les a entretenues des diverses manières de coopérer à luvre des Missions.

    Le 17, quand les agriculteurs bretons un millier environ, sont allés le matin à la tombe du soldat inconnu chanter le De Profundis, Mgr Guébriant était à leur tête.

    Le lendemain, Sa Grandeur se rendait à Limoges, où, à la prière de Mgr Flocard, il a donné un sermon de charité pour les uvres du P. Pénicaud, limousin.

    Le P. Nassoy a visité les diocèses de Chambéry, Annecy, et donné des conférences à Paris et dans le Nord.

    Le P. Dépierre a repris sa tournée dans le midi de la France : à La Rochelle, Montauban, Toulouse, Bordeaux, Aire.

    Deux nouvelles admissions à signaler au Séminaire : M. Chapelu, du Petit-Séminaire de Conflans, et M. Dulongcourty, dAmiens.

    Six aspirants de Bièvres entrent à Paris (cours de Pâques).

    Le P. Riouffreyt est parti pour Londres étudier sur place le moyen de reprendre lui-même la tradition de nos confrères gradués de Cambridge pour le bien de nos écoles en Birmanie.

    Le P. Mollat est revenu de Lamalou-les-Bains par Montbeton, mais nest pas encore rétabli : il reprend cependant peu à peu ses forces.

    Le P. Lefèvre a été opéré de lappendicite, à lhôpital Saint-Jean-de-Dieu, le 8 février. Le 20, il rentrait au Séminaire et depuis le 1er mars il a recommencé à célébrer la sainte Messe.

    Le Rme Père Brun, Abbé de la Trappe de Pékin, était de passage à la rue du Bac le 21 février.

    Le samedi 24 février, Mgr le Supérieur a conféré lordination à un prêtre, 2 diacres et 11 minorés. Le même jour, S. G. a donné une conférence à la Ligue Patriotique des Françaises : devant un auditoire très distingué, Mgr a traité du rôle catholique et patriotique des missionnaires en Asie.

    Aux conseils de révision du mois de février, 18 aspirants ont été reconnus bons pour le service militaire.

    Nos 14 partants doivent sembarquer à Marseille le 20 avril à bord de lAngers. Seul M. Paquet, Canadien, passera probablement par lAmérique pour se rendre dans sa Mission de Birmanie Septentrionale.

    Rome

    Le P. Garnier écrit : Accompagné de M. Monjean, jai présenté au Saint-Père le cierge traditionnel. Je lui ai demandé sa bénédiction pour nos Séminaires et toutes nos Missions : Oui, a-t-il répondu, avec la partie la plus sensible de mon cur !

    Montbeton

    Le P. Julien Langlais, de la Mission de Tôkyô, au Sanatorium depuis 1890, y est décédé le 4 février à 6 heures du matin. La veille il avait dit la messe comme dordinaire et avait pris avec nous le repas de midi. Mais des crises épileptiques survinrent dans la soirée et dans la nuit ; une dernière lemporta.

    Monseigneur le Supérieur est venu à Montbeton le 6 février et en est reparti le 12. La retraite de nos confrères a eu lieu du 7 au 11.

    Nous avons actuellement 22 malades, parmi lesquels un bon tiers conserve lespoir de rentrer plus ou moins prochainement en mission.

    Tôkyô

    Son Excellence Mgr Giardini, Délégué Apostolique au Japon, dans sa visite à Formose fin janvier, a trouvé dans cette île environ 200 Japonais catholiques, résidant pour la plupart à Taihoku (lancien Taipeh), siège du gouvernement. Parmi les 5.000 catholiques que compte la Préfecture Apostolique, la majorité est chinoise ; mais il y a aussi quelques églises aborigènes : lune delles compte même 800 fidèles. Le Préfet Apostolique actuel, qui a résidé 17 ans au Japon comme missionnaire de la Mission dominicaine du Shikoku, soccupe du petit troupeau japonais.

    A Sekiguchi, lune des six paroisses de Tôkyô, qui est en même temps la résidence épiscopale ; une maison des uvres, bâtie en ciment armé avait été inaugurée et bénite par Mgr lArchevêque le 14 janvier. Le jour de linauguration et le lendemain, puis le 11 février, jour anniversaire de la proclamation de la Constitution japonaise, les élèves, petits-séminaristes, externes du Collège des Marianistes, etc., y ont joué avec grand succès une adaptation japonaise dune pièce du P. Delaporte, S.J., intitulée : Tolbiac. Les diverses scènes qui suggéraient des rapprochements avec la situation religieuse du Japon actuel, où le paganisme est en conflit avec le christianisme, en attendant sinon le miracle de Tolbiac, du moins lheure du triomphe éclatant de la grâce, ainsi que la magnificence, au feu de la rampe, des costumes guerriers et des décors de palais, vallée du Rhin et forêts, ont tenu sous le charme, plus de quatre heures durant, le millier de spectateurs qui se pressaient à chacune des trois séances, dans la grande salle des fêtes du premier étage. Le rez-de-chaussée est aménagé pour le parloir des chrétiens, la chambre du curé de la paroisse, le P. Flaujac, et lon y prévoit linauguration prochaine, dune école maternelle.

    Le1 8 mars, à Omori, près de Tôkyô, où sont installées les uvres des Surs japonaises de la Visitation, le P. Breton, leur fondateur et directeur, a demandé à Mgr lArchevêque de bénir la maison où doit être inaugurée une uvre de vieillards. En dehors de lécole maternelle et de lécole du dimanche, qui prospèrent, les Surs ont pris depuis quelques mois la charge dune Maison de famille pour les jeunes filles qui poursuivent leurs études à la capitale et trouvent dans cet abri, avec le vivre et le couvert à bon marché, les secours religieux dont elles ont besoin. Les Surs japonaises de la Visitation ont déjà fait, depuis 1915, leurs preuves aux Etats-Unis, où elles dirigèrent succès diverses uvres pour les Japonais à Los-Angeles et à San-Francisco. Leurs uvres de Los-Angeles ont été passées à la Société de Maryknoll, tandis quelles continuent à San-Francisco, sous la direction dun Père Jésuite, à soccuper des Japonais,

    Le 12 avril les évêques du Japon se sont réunis à Tôkyô pour traiter de certaines questions relatives à leurs Missions et, en particulier, celle dun Séminaire régional.

    Nagasaki

    Depuis le passage de S. E. Mgr Fumasoni-Biondi, il était question denvoyer au Brésil un prêtre japonais pour soccuper de ses compatriotes émigrés là-bas en assez grand nombre et parmi lesquels se trouvent plusieurs centaines de chrétiens, originaires pour la plupart du diocèse de Nagasaki. Mgr Combaz a désigné, pour ce poste de confiance, le P. Nakamura, qui a dû sembarquer récemment.

    Depuis des années déjà lémigration japonaise est encouragée et dirigée vers le Brésil, où elle ne rencontre pas dentraves ; de sorte quil sy trouve une forte colonie japonaise, à laquelle un prêtre de même nationalité rendra grandement service.

    Seoul

    Le 21 mars, grande solennité au monastère de Saint-Benoît. Mgr Devred a célébré la grandmesse ; Mgr Mutel et les confrères de la capitale assistaient à la fête.

    Une lettre pastorale des évêques de Corée ordonne un triduum de prières les dimanche, lundi et mardi de la Pentecôte, pour le succès de la session préparatoire du procès de béatification de nos Martyrs de 1839-46, qui doit avoir lieu le 22 mai, mardi de la Pentecôte. On sait déjà que, si les choses suivent leur cours normal, la béatification est à peu près assurée pour 1925.

    Notre confrère le P. Bodin, qui a dû quitter Rome à cause du mauvais état de sa santé, est actuellement dans les montagnes du Valais (Villa Notre-Dame, Montana-sur-Sierre, Suisse), à 1500 m. daltitude, où il suit un traitement spécial. Il y jouit de la compagnie dune vingtaine de prêtres, parmi lesquels M. Lafon, ancien aspirant, gazé de guerre aussi et qui, pour cette raison, nayant pu partir en mission en 1920, a fait deux ans de ministère dans le diocèse de Paris.

    Taikou

    Après un séjour de plusieurs mois au Sanatorium de Béthanie, le P. Mialon nous est revenu dans un état de santé bien amélioré.

    De Paris on nous annonce un nouveau confrère, le P. Deslandes, du diocèse de Coutances. Comme le départ de Marseille est fixé au 20 avril, nous pouvons espérer voir arriver cette jeune recrue vers la fin de mai ou le commencement de juin. Il sera le bienvenu.

    A Taikou et dans le nord du Kyeng-Syang, une grande agitation trouble actuellement léglise protestante : un certain nombre de membres, surtout des jeunes, est en état de révolte contre les ministres américains et semble vouloir former une secte purement coréenne. Dautres, plus calmes, se rapprochent des catholiques et parlent de quitter une religion où lon sentend si mal.

    Les 4 et 5 avril, Mgr Demange a béni deux nouvelles chapelles dans les environs de Taikou.

    Sutchuen Occidental

    La guerre civile continue dans la province. A Tehyang une dizaine dobus sont tombés dans la ville, dont deux dans la maison du P. Clavière. Heureusement il ny a pas eu de blessés, et cest vraiment providentiel, car le sous-préfet et toutes les autorités civiles sétaient réfugiés dans la résidence du missionnaire. Les notables de la ville, les membres de la Chambre de Commerce, une délégation dagriculteurs et de commerçants envoyèrent des télégrammes à Mgr Rouchouse, aux Consuls de France et dAngleterre, au général Lieou Iu kieou, gouverneur de la province, afin que leurs efforts réunis rétablissent la paix et épargnent les calamités de la guerre à de paisibles populations ; mais aucun télégramme ne parvint à Tchentou et la démarche demandée eût dailleurs, été inutile.

    La rentrée de nos écoles a eu lieu le 5 mars, mais létat troublé de la province a arrêté nombre délèves. Le Pensionnat du Sacré-Cur des Frères Maristes nen a vu revenir que 12 ; le Pensionnat de lEtoile du Matin, des Franciscaines Missionnaires de Marie, 34. Les autres viendront quand les routes seront libres. Deux jeunes gens de Sintou, qui se rendaient à lEcole normale du P. de Jonghe, ont été complètement dévalisés.

    Setchoan Oriental

    Notre province est de nouveau en état de guerre : cest la lutte entre le Nord et le Sud. Le parti du Nord paraît devoir prévaloir et les premières batailles lui ont livré tout le sud de notre Mission. Le peuple souhaite la victoire de ce parti, parce quil espère par lui retrouver la paix et voir la fin des brigandages qui, sous ladministration des Sudistes, nont pas cessé un seul instant.

    Les brigands commencent à sattaquer à nous comme au simple peuple. Un de nos confrères, qui en a rencontré une bande sur son chemin, a été par eux soulagé de sa bourse et de menus objets indispensables.

    Malgré ces troubles, Mgr Chouvellon na pas craint dentreprendre une tournée pastorale qui doit durer un mois.

    Setchoan Méridional

    A Kiatin, dans la nuit du 18 au 19 février, pendant les réjouissances du nouvel an chinois, le feu éclatait soudain dans une boutique occupée par des joueurs de sapèques. En un instant il prenait les proportions dun grand incendie ; malgré les secours tout un quartier, sur le fleuve de Tchengtou, devint la proie des flammes : 1.800 boutiques ont été détruites et 5.000 personnes sont sur le pavé. Plusieurs familles chrétiennes sont au nombre des sinistrés et la Mission elle-même a perdu plusieurs maisons, ce qui constitue une perte sérieuse pour les uvres catholiques si importantes de Kiatin.

    A Suifu, au contraire, grandes réjouissances parmi lélément militaire pour fêter lélévation de son chef au grade de général de division. Cette promotion est la récompense de sa neutralité bienveillante durant les compétitions belliqueuses de ses voisins. Puisse-t-elle être aussi pour notre région un gage de calme et de paix !

    Thibet

    Les garnisons du Thibet sont rappelées en Chine, au grand contentement des Thibétains, qui vont pouvoir en toute liberté se livrer au brigandage. Déjà une bande est en mouvement : elle a pillé dans le nord du Setchoan et envoie des ultimatums au sous-préfet de Louhohien, qui nen peut mais. Dautres en profitent pour vider de vieilles querelles de peuple à peuple.

    Yunnan

    LE P. Claude Maire a quitté Mongtse le 11 mars pour aller prendre un peu de repos au sanatorium de Béthanie. Le P. Leparoux le remplace dans son poste, tout en demeurant chargé des Européens de la ligne du chemin de fer.

    Le P. Valtat, retour de France, a passé à Yunnansen, doù il est parti le 5 mars pour sa Mission du Kientchang.

    Le gouvernement a acheté 6 avions, type Bréguet, qui exécutent des vols au-dessus de la ville, à la grande joie de la population.

    Un nouveau confrère, le P. Ducotterd, nous est annoncé de Paris. Il y a dix ans que la Mission du Yunnan navait reçu de renfort.

    Les 25 et 26 Mars, de grandes fêtes ont été célébrées à Yunnanfu pour commémorer lanniversaire de la rentrée en fonctions de Tang Ki-yao, lequel cumule les charges de gouverneur civil et de généralissime des armées du Yunnan : il y ajoute désormais celle de généralissime du Kouytcheou, où il vient de réinstaller lancien gouverneur Lieou Jou-tcheou, devenu ainsi son second.

    Kouytcheou

    Encore une nouvelle révolution au Kouytcheou. Le maréchal Lieou Jou-tcheou, qui détenait le pouvoir depuis 1911, sétait retiré au Yunnan depuis près de deux ans, laissant ta place à de jeunes turbulents, impatients de montrer ce quils pouvaient et savaient faire. Les nouveaux venus se rendirent promptement impopulaires, et la population appelait de tous ses vux lancien gouverneur. Fin renard, celui-ci ne se pressa point ; mais enfin ses lieutenants, ou soi-disant tels, réussirent à grouper quelques forces dans les provinces voisines et, criant bien haut quils soutenaient la juste cause du maréchal Lieou, pénétrèrent au Kouytcheou et en chassèrent les intrus. Comme lappétit vient en mangeant, le général Yuen Tsou-min, trouvant la place bonne, la garda tout simplement pour lui et se fit élire généralissime des troupes de la province et gouverneur civil. Cela ne faisait point laffaire de lex-maréchal Lieou, ni surtout des gens de son entourage. Yuen Tsou-min, très autoritaire, mal entouré, et surtout pressé de faire fortune, eut tôt fait, lui aussi, de se rendre impopulaire par nombreuses mesures toutes plus vexatoires les unes que les autres. Il ne sut pas ménager suffisamment ses généraux, jaloux de sa rapide fortune. Il ne paraît pas non plus quil ait embrassé les idées de maréchal Tang Ki-yao, ne tendant à rien moins quà lhégémonie du Yunnan sur toutes les provinces du Sud-Ouest. Doù rupture entre les deux. Sous prétexte de rétablir le maréchal Lieou Jou-tcheou, Tang Ki -yao envoya ses troupes, commandées par son cousin Tang Ki-iu, envahir le Kouytcheou. Entrées dans la province à la mi-février, elles parvinrent à six étapes de Kouiyang-fu sans coup férir. Peu sûr de ses généraux, nayant que des troupes fort mal armées, Yuen Tsou-min ne savait où donner de la tête. Quand il se décida à la résistance, il était trop tard. Malgré des combats acharnés dans lesquels, dit-on, plus de deux mille hommes périrent, il fut vaincu et senfuit précipitamment de Kouiyang, dans la nuit du 11 mars, avec armes et bagages, et non sans avoir dévalisé toutes les banques de la ville. Quelques jours après les Yunnanais faisaient leur entrée dans la capitale de la province : mais Lieou Jou-tcheou nétait pas avec eux. On sait cependant quil est arrivé dans son fief de Houang-tsao-pa, à onze étapes de Kouiyang ; lon espère quil ne tardera pas à rentrer dans sa bonne ville, qui lattend avec impatience et doù il gouvernera comme par le passé, mais sous légide du maréchal Tang Ki-yao, généralissime des armées des deux provinces.

    Le 12 mars, la ville de Tekiang a été pillée par les brigands. Le P. Lieou a tout perdu ; il a été emmené par les bandits, qui lont gardé un jour et une nuit, puis relâché.

    Quelques jours après, la ville et léglise de Tongtse ont été pillées pareillement et le P. Tchen emmené par les brigands.

    Lanarchie se répand dans toute la province.

    Lanlong

    Le 7 mars, Mgr Carlo a pris possession de sa Préfecture Apostolique. Sept de ses missionnaires lentouraient à cette occasion. La cérémonie, du reste, fut des plus simples et des plus modestes.

    La Préfecture Apostolique de Lanlong caractères chinois a été constituée en faveur des Dioi, peuples de race Thai, qui forment sur ce territoire une agglomération assez compacte. Ils constituent le fond de la population ; les autres races, Chinois ou Miao de toutes dénominations, nen sont que la broderie. Ces Pou-Dioi ou Pou-Diai, sont les proches parents, les frères des Pou-Nong du Yunnan, des Pen-Ti du Kouangtong. Les Tho du Tonking, des Fou Lao et Fou-Thai du Laos. Dorigine mongole ces tribus, soit entraînées par leur instinct, soit refoulées par des éléments plus forts, émigrèrent peu à peu vers les contrées tropicales. Les nôtres sont venues en dernier lieu, partie du Kiangsi caractères chinois, sous la forme dune expédition militaire au temps de lempereur Hong-ou caractères chinois (1368-1398), partie en remontant la rivière de lOuest.

    Faibles et opprimés, ils se sont tournés du côté de lEglise dès quils lont connue. Le mouvement, commencé vers 1880, devint plus intense entre 1890 et 1900, grâce surtout au zèle infatigable du regretté P. Alphonse Schotter ( 1902), le véritable apôtre de cette race. De nombreuses villages manifestèrent le désir de devenir chrétiens ; mais, à la qualité des matériaux, on saperçut bien vite que la nouvelle Eglise serait de construction peu aisée. Peuple de ruraux, en effet, ignorants du chinois dune part, sans écriture dans leur propre langue dautre part, grevés de murs et de coutumes assez particulières, ils sont loin de compenser ce déficit par la constance du caractère. Comment les élever jusquà la régénération dabord, assurer leur persévérance ensuite ? La Sacrée Congrégation a jugé expédient de les mettre à part sous un chef spécial : les mesures favorables à leur évangélisation seront ainsi plus vite prises, sans préjudice pour des coutumes antérieures, sans scandale pour lautre partie du troupeau.

    On a donc séparé de leurs missions respectives, puis réuni en un bloc quelque peu hétéroclite, les deux régions, dailleurs contiguës, du Kouytcheou et du Kouangsi où sont cantonnées ces populations. La nouvelles Mission est ainsi formée des deux angles Sud-ouest du Kouytcheou et Nord-ouest du Kouangsi.

    Les villes principales de la nouvelle Mission sont celles mêmes citées dans le décret dérection : au Kouytcheou, Lanlong, Panhien caractères chinois, Pougan caractères chinois (resté dans la mémoire des missionnaires pour la conduite de Grenoble que les habitants y firent au P. Aubry dabord et au P. Thibault ensuite, Ganlan caractères chinois, Hinjen caractères chinois, Hingni caractères chinois, Tchengfon caractères chinois, Tsehen caractères chinois, Lofou caractères chinois. Au Kouangsi, Lingyun caractères chinois, Silin caractères chinois (la ville sainte de la nouvelle Mission ; cest, là que souffrirent le martyre nos trois Bienheureux : le P. Chapdelaine, Laurent Pe-Man et Agnès Tsao-Kouy), et Silong caractères chinois.

    La population globale de ces régions est bien difficile à évaluer, faute de base daucune sorte ; les villes y sont petites, les campagnes peu populeuses : le chiffre de 2 millions peut être accepté comme approximatif. Les néophytes nentrent dans ce nombre que pour 9.000 environ, dont 7.500 au Kouytcheou ; mais les catéchumènes sont nombreux, et il sen présente sans cesse de nouveaux. Dieu veuille départir aux ouvriers apostoliques les lumières et le courage nécessaires pour connaître et prendre les moyens qui amèneront lintroduction de ces pauvres âmes dans le bercail du Christ !

    Canton

    Deux de nos confrères, les PP. Péric et Lesaint, ont été gravement malades et ont donné de vives inquiétudes. Grâce à Dieu ils maintenant hors de danger et entrés en convalescence. Dès quils le pourront ils se rendront au sanatorium de Béthanie.

    S. E. Mgr le Délégué Apostolique soccupe à préparer le Concile national de Chine, qui vraisemblablement se réunira à Shanghai après les fêtes de Pâques 1924. Dans ce but, S. E. a demandé aux Présidents des Conférences épiscopales qui ont eu lieu lan dernier de lui désigner trois prêtres, deux étrangers et un chinois, pour chaque ecclésiastique. A une date qui sera déterminée ultérieurement, ces prêtres seront convoqués à Hankeou. Mgr Pozzoni, Vicaire Apostolique de Hongkong, Président de la Conférence de la 5e région, a choisi les PP. Nicouleau, de la Mission de Canton, Hernandez, dominicain du Fukien, et Mathias Liou, du diocèse de Macao.

    Le gouvernement provincial, se trouvant dans une situation financière des plus difficiles, a vendu le terrain de la crèche de Tungshan. Il avait décidé de la transporter à Wai-oi-kai, non loin de la porte de lOuest, mais le local en vue était occupé par des soldats. Daccord avec Mgr Fourquet, le surintendant de la municipalité et le directeur de lhygiène ont décidé dinsta1ler provisoirement cette uvre à lasile des vieillards. Après les préparatifs nécessaires, le transfert a eu lieu le 9 mars.

    Les Acta Sancta Sedis du 5 mars donnent le titre épiscopal de notre nouveau Vicaire Apostolique : SS. Dominus nostrr Pius XI titulari episcopali Ecclesi THEMISONIENSI prfecit R. P. Antonium FOURQUET, e Societate Parisiensi Missionum ad Exteros, deputatum Vicarium Apostolicum de Canton.

    Lancienne ville de Themisonium était située dans la Phrygie Pacatienne et son siège épiscopal était suffragant de Laodicée. Son nom actuel est Kara-Euyuk-Bazar.

    Kouangtong Occidental

    Dans notre petit coin de Chine, cest un perpétuel recommencement : troubles soi-disant politiques agrémentés de brigandage, ou brigandage se dissimulant sous des dehors politiques ; pirates devenus soldats ou soldats redevenus pirates. Il ne semble pas que la saignée opérée par le Pacificateur Wong Keung ait obtenu des résultats durables.

    La pauvre ville de Louitcheou subit en ce moment un second siège. Notre confrère le P. Zimmermann cherche à amener la paix entre les deux partis et rend les plus précieux services aux nombreux réfugiés qui ont cherché asile à la Mission catholique.

    Le village chrétien de Shikting a été pillé et plusieurs de ses habitants emmenés pour être mis à rançon. Dans le district de Limkong, le P. Genty compte plusieurs familles pillées et un chrétien tué.

    Une sécheresse persistante a fait, en quelques régions, monter le riz à des prix de famine. Puisse-t-elle ne pas se prolonger trop longtemps et ajouter à tant dautres un nouveau fléau !

    Kouangsi

    Certaines régions de la province sont encore bien troublées : il nen saurait guère être autrement tant que 5 ou 6 têtes se partageront le gouvernement.

    Un chrétien a été tué avec 5 païens dans le même district que le prêtre Tsin lan dernier.

    Pour la première fois depuis plus dun an, Mgr Ducur a pu faire une petite tournée dans une chrétienté à deux journées de cheval de Nanning.

    La paix relative dont nous jouissons à la capitale est cependant loin dêtre solide. Tout le pouvoir est aux mains des autorités militaires. Or, pour nourrir leurs milliers de soldats oisifs, celles-ci ont recours à trois sources de revenus : les maisons de jeu, les droits sur le transit de lopium et la presse à imprimer des billets de banque. Malheureusement ceux-ci suivent lexemple des marks et des roubles ; leur cours est tombé à 10 dollars du Kouangsi pour un dollar de Hongkong. Conséquences : de nombreux commerçants font faillite et, ce qui est plus grave, les soldats, nétant payés quen billets, menacent de se révolter ou partent avec armes et bagages pour gagner la montagne. Cest-à-dire pour devenir ou redevenir brigands.

    Tonkin Occidental

    Le Grand-Séminaire de Keso vient dêtre douloureusement éprouvé par la mort de Pierre Cúe, élève de 3e année de théologie, qui sest éteint pieusement des suites de paludisme compliqué dune maladie de cur.

    Dans nos pays païens, lorsque des bandits sont condamnés à mort, cest toujours en vomissant des injures et en se débattant dans des accès de rage que les malheureux vont à léchafaud : le cynisme et lesprit de révolte ne les quittent pas. Il y a quelque temps une triple exécution avait lieu à Hongay, et, chose étonnante, on vit les condamnés marcher à la mort avec un grand calme et une résignation parfaite. Le P. Dronet, curé de Hanoi, les avait visités à la prison, sétait intéressé à leur triste sort, leur avait enseigné lautre vie et le moyen de sy assurer le bonheur ; il leur avait révélé leur âme et donné du courage. Touchés par la bonté du Père et dociles à ses exhortations, ils se mirent à étudier les éléments de la religion et peu après reçu le baptême dans de très bonnes dispositions. Au moment de parti pour le lieu de lexécution, les trois bandits transformés par la grâce jetèrent aux pieds du Père, le remerciant du bien quil leur avait fait et lui souhaitant den faire beaucoup encore à leurs camarades restés en prison. Et cest en priant quils allèrent à léchafaud.

    Tonkin Maritime

    Ecole spéciale de catéchistes châu-laotiens. Bien souvent déjà nos confrères isolés des districts châu-laotiens ont essayé de faire faire à leurs petits paroissiens quelques études suivies. Mais linconstance de ces enfants des montagnes, leur amour de la liberté et du grand air, nont pas permis dobtenir de résultats bien appréciables jusquici. Pour arriver à mieux, cette fois, cest un vrai petit collège, tout spécial pour eux, que la Mission vient de fonder à Huu Le, dans la province de Thanh Hoá.

    Lendroit nest pas central, assurément ; mais comment trouver un endroit qui desserve facilement des tribus éloignées les unes des autres, séparées par des forêts et de grandes montagnes, et qui à cause de cela nont que peu de relations entre elles ? Quoique situé en pays annamite, Huu Le offre de réels avantages. Il se trouve à lentrée des montagnes, tout à côté de Bái Thuong, qui est lun des centres de lAdministration civile de ces régions. Cest non seulement un pays connu des tribus montagnardes, mais nombreux sont ceux qui viennent là, soit pour affaires, soit pour leur ravitaillement. De plus la paroisse annamite de Muc Son nest quà 2 kil, de là. Les élèves pourront donc se rendre compte de ce quest le catholicisme en dehors de leurs petites vallées. De temps en temps ils verront des réunions plus nombreuses et des fêtes plus solennelles que chez eux, Huu Le ayant une population chrétienne de 400 âmes environ. Ils pourront raconter ce quils auront vu et édifier ainsi leurs compatriotes.

    Le P. Canilhac, Supérieur actuel des districts châu laotiens, na pas craint de faire un long et pénible voyage pour accompagner un certain nombre de jeunes gens de son choix et venir présider à louverture du petit Collège. Linauguration a eu lieu le 19 mars, fête de saint Joseph. Il y a 22 élèves pour commencer. Cest le P. Rey, ancien Supérieur de ces districts, qui dirigea létablissement. Sa santé ne lui permettant plus de vivre au milieu des bois comme jadis, il est heureux de pouvoir travailler quand même au salut de ses chers Thay et Laotiens. Que de fois il a soupiré après cet établissement ! En voyant surtout le bien opéré chez les Bahnars, en Cochinchine Orientale, depuis quon y a installé une maison déducation, il souhaite, et nous souhaitons tous avec lui, que luvre nouvellement fondée ici donne des résultats analogues.

    Dabord nous comptons quil en sortira de bons catéchistes. Etant dores et déjà choisis dans les meilleures familles du pays, ils seront à même de faire plus de bien que dautres venus dailleurs. Avec le temps et la grâce de Dieu, nous en obtiendrons aussi des prêtres thay et laotiens, dont linfluence pourra être très considérable pour la conversion de leurs compatriotes.

    Cochinchine Occidentale

    Le 13 Mars dernier, on a célébré à Cai Nhum le 25e anniversaire de la fondation de lécole des Catéchistes. Les débuts et le développement de cette uvre ont été, il y a quelques années, racontés dans les Annales de luvre des Partants. Aujourdhui cétait la glorification du travail accompli, de luvre bien assise.

    Les bâtiments, neufs et spacieux, avaient été décorés avec ce goût des couleurs et de lornementation inné chez les Annamites. Dans les cours, des constructions provisoires en bambous et paillotes avaient été préparées pour abriter les chrétiens venus nombreux des environs et même de fort loin pour prendre part à la fête.

    Mgr Quinton avait tenu à montrer, par sa présence, en quelle estime il tient cette uvre si utile et son dévoué supérieur actuel, le P. Boismery. Celui-ci, maigre, émacié, presque mourant, tel quon la toujours connu depuis plus de vingt ans, fit croire à plusieurs quun miracle sétait accompli en sa faveur ; en effet, voilà longtemps quil est, non pas muet, mais complètement aphone ; or ce jour-là il parla comme tout le monde. Le lendemain montra bien que cétait un prodige dénergie, comme le cher Père en est coutumier.

    Une trentaine de prêtres indigènes et de missionnaires avaient bravé les difficultés de communications pour venir en ce coin reculé de la brousse apporter le tribut de leur sympathie. Mais il manqua quelquun, dont labsence fut regrettée de tous, celui qui avait été à la peine et ne put être à lhonneur, le P. Ernest Hay, fondateur de luvre ; ses devoirs de Supérieur du Séminaire et de professeur de morale ne lui avaient pas permis de quitter Saigon.

    La cérémonie débuta par la bénédiction de la maison et de la chapelle, puis vux solennels prononcés par les catéchistes profès, enfin grandmesse avec un sermon, fort goûté parce que délicat et court. Après quoi le champ fut laissé libre aux réjouissances extérieures et à cela nos Annamites sentendent bien : cantates et compliments, voire une fanfare de mirlitons, prouvèrent à ceux que le plain-chant de la messe naurait pas convaincus la virtuosité musicale des élèves-catéchistes. Cependant que, sous les paillotes, les invités annamites goûtaient les douceurs du bétel et du thé traditionnels.

    Puis ce fut le banquet, servi sous ces mêmes paillotes où sept tables de quarante couverts (tasses et bâtonnets) virent se succéder les nombreux convives. Toutes les personnes présentes avaient le droit de prendre part aux agapes, chacun demeurant libre, suivant sa fortune et sa générosité, doffrir sa cotisation pour les frais de la fête.

    Mais voici langelus de midi : un dîner fraternel réunit autour de Monseigneur tous les prêtres présents et quelques notabilités marquantes.

    Enfin, à trois heures, un salut solennel fut la fin de la fête religieuse. Mais comme la concupiscentia oculorum na pas encore perdu tous ses droits, la nuit tombée, un superbe feu dartifice clôtura dignement une journée si bien remplie.

    Par les noces dor ce sera encore mieux : ceux qui désirent y assister peuvent sinscrire davance. En attendant, Dieu bénisse lécole et luvre des Catéchistes de Cai Nhum !

    Cochinchine Septentrionale

    Du 7 au 26 mars notre Mission a eu lhonneur et la joie de posséder S. E. Mgr Lécroart, Visiteur Apostolique.

    Cette visite ressemble naturellement à celles qui lont précédée et à celles qui la suivront ; elle sen distingue cependant par quelques circonstances particulières que nous devons signaler brièvement.

    Le 9 à 4 heures ½ du soir les cloches de la cathédrale et de léglise française annonçaient larrivée du Visiteur à Hué. S. E. M. Nguyen Huu Bai, président du Conseil des Ministres, la poitrine chamarrée de décorations, au milieu desquelles se détache le grand-cordon de lOrdre de S.-Sylvestre, va au devant de Mgr Lécroart et le salue ; après quoi Mgr fait son entrée solennelle à la cathédrale, accompagné de Mgr Allys et de tout le clergé de la ville.

    Le 11, à la paroisse française, Mgr préside la cérémonie de Première-Communion et de Confirmation de plusieurs petits Français. Le même jour, dans laprès-midi, les notabilités annamites catholiques, secrétaires, interprètes, instituteurs, sont présentées à Mgr le Visiteur par Nguyen Huu Bai, qui donne la parole à deux descendants de personnages célèbres à des titres divers : lun est M. Ung-Dê, arrière-petit-fils de lempereur Minh Mang ; lautre, M. Tong Viet Toai, descendant de B. Paul Buong, martyrisé par ordre de ce même Minh Mang.

    Le 12, Son Excellence et Mgr Allys furent reçus en audience par Sa Majesté Khoi Dinh, empereur dAnnam, qui, dans la conversation, tint à faire ressortir la bienveillance quil ne cesse de témoigner à ses sujets catholiques, ce dont Mgr le Visiteur le remercia vivement au nom du Saint-Père.

    Le 20, au monastère de Notre-Dame dAnnam, à Phuoc Son, S. E. conféra la prêtrise à deux diacres, les FF. Maur et Placide, originaires de la Mission du Cambodge, et reçut les premiers vux du Supérieur du monastère (jadis P. Denis, M.-E., aujourdhui R. P. Benoît), du P. Bernard (auparavant P. Mendiboure, M.-E.) et de 7 Frères annamites.

    Le 23, visite de S. E. à Notre-Dame de Lavang et à Phuoc Mon, où M. Nguyen Huu Bai accompagne le Visiteur dans les divers établissements quil y a fondés : église, chrétienté, orphelinat.

    Le 25, dimanche des Rameaux, Mgr officia pontificalement à la cathédrale de Phu Cam.

    Enfin le lendemain, au repas dadieu, après les remerciements de Mgr Allys, S. E. prend la parole et nous dit la bonne impression quil emporte de sa visite à notre Mission ; il nous félicite de lharmonie, de lesprit de famille qui règne entre le clergé européen et le clergé indigène et nous promet, avec une bénédiction toute spéciale de Rome, les plus heureux succès pour lavenir. Fiat ! Fiat !

    Cambodge

    A la suite dune grande fatigue, Mgr Bouchut a subi, le vendredi 16 mars, une légère attaque dhémiplégie et a été transporté aussitôt à lhôpital de Phnompenh. Pendant plusieurs jours létat du vénéré malade est resté stationnaire ; puis une amélioration, légère dabord, sensible ensuite, sétant produite, Mgr a pu quitter lhôpital le Samedi saint, pour se rendre à Cùlaogieng, où le mieux persévère.

    Le même jour, 16 mars, le P. Herrgott, provicaire, avait accompagné à la clinique Angier, à Saigon, le P. Unterleidner, atteint de cirrhose du foie. A son arrivée létat du malade était inquiétant ; depuis lors il sest heureusement amélioré.

    Le P. Léon Gatelet, après un stage de plusieurs semaines à la même clinique pour maladie de foie, doit partir pour France par lun des plus prochains courriers.

    On nous annonce la prochaine arrivée dun jeune missionnaire : quil soit le bienvenu ! Il y a dix ans que le vaste Cambodge na pas reçu de nouvelles recrues.

    Nous attendons incessamment larrivée de Mgr Lécroart, Visiteur Apostolique.

    Siam

    La mort du P. Paul Salmon, décédé à son poste de Bang Nok Kwek, quil fonda presque et développa dune façon splendide, prive la Mission dun de ses meilleurs ouvriers. A lheure où les rangs des missionnaires séclaircissent plus que jamais, la disparition dun membre signifie toujours surcroît de travail pour ceux qui restent, diminution de vie spirituelle pour les chrétiens et, par conséquent, souffrance morale pour le Vicaire Apostolique, qui voudrait augmenter chez les uns la sève chrétienne et soulager les autres dune partie de leurs multiples travaux.

    Par contre, lannonce dun nouveau Père est toujours cause de joie et nous avons cette joie présentement au Siam. Si le nom de lélu ne nous est pas encore exactement connu, nous savons du moins que le Conseil Central ne nous a pas oubliés dans la répartition des Aspirants dont il dispose. Il nest pas inutile de faire remarquer dailleurs quaucun missionnaire nest arrivé au Siam depuis lenvoi par le Séminaire de Paris du P. Cavaillé en Mai 1914. Dailleurs ce cher Confrère repartait en Août pour France, touché par la mobilisation, et Siam ne devait avoir que ses toutes premières prémices apostoliques, puisquil mourrait en Novembre 1918 des suites dune longue captivité. Aujourdhui trois ou quatre Missions partagent seules avec Siam, daprès lOrdo de 1923, le douloureux privilège de navoir pas reçu de nouveaux Confrères depuis 1912. Les dernières nouvelles de Paris concernant le recrutement sont heureusement très bonnes et tout fait espérer, dici quelques années, un sérieux renfort apostolique. Aux aînés donc de tenir bon jusquà larrivée de ce providentiel secours.

    Dans une lettre profondément imprégnée desprit surnaturel, Monseigneur Perros fait part à ses missionnaires de lutilité quil y aurait, pour la conversion plus nombreuse des âmes païennes, à fonder au Siam un monastère de Carmélites et il demande à eux dabord, et par eux, aux chrétiens, de contribuer financièrement à cette fondation.

    Des circonstances favorables, dit-il, nous permettent dobtenir le personnel nécessaire pour commencer un monastère de Carmélites. En attendant que nous soyons à même détablir le monastère Proprement dit, une première demeure est nécessaire, quelque modeste soit-elle. Je fais appel à votre charité, chers Confrères, et à votre intelligence de lapostolat pour nous procurer les ressources nécessaires. Maintes fois jai sollicité la générosité de nos chrétiens pour les uvres qui contribuent à la vitalité de lEglise : jai quêté de maison en maison pour le séminaire ; jai demandé laumône pour la construction déglises et de chapelles, pour luvre des Ecoles, pour celle de la Sainte-Enfance et de la Propagation de là Foi ; aujourdhui, chers Confrères, cest à vous tout dabord que je tends la main pour le Carmel, dont beaucoup de nos chrétiens ne comprendront pas comme nous lutilité immense et je vous demande de la leur expliquer. Sans doute, les temps sont durs, nos chrétiens sont pauvres pour la plupart, et comptant, quand on voit à combien de futilités beaucoup jettent leur argent sans sen rendre compte, combien de luxe sétale dans les habits, dans les demeures, dans les mille détails de la vie journalière, on constate que quantité de miettes se perdent, qui peuvent si utilement être recueillies pour les âmes dévouées à Notre-Seigneur. Colligite fragmenta.

    Cet appel sera certainement entendu par les missionnaires et compris plus encore par eux que par leurs chrétiens. Puisse donc la Mission du Siam, après celles dAnnam et du Cambodge, ses voisins, posséder bientôt à son tour les ferventes imitatrices de la Vierge dAvila. Daigne aussi la séraphique Mère sainte Thérèse diriger elle-même, du haut du ciel, ses bien-aimées Filles vers cette région si riche actuellement en promesses de conversion.

    Malacca

    Le Compte-rendu de la Mission de Malacca pour 1921 renfermait le paragraphe suivant :

    Avec sa population toujours croissante, la ville de Singapore voit aussi de plus en plus ses faubourgs sétendre au loin, particulièrement le long de la côte qui fait face à son immense rade. Plusieurs centaines de nos chrétiens, appartenant surtout à la paroisse de la cathédrale, se sont fixés dans ce quartier et se trouvent ainsi à six ou sept kilomètres de léglise. Il sensuit quun trop grand nombre dentre eux nentendent pas souvent la messe le dimanche. Il nous faudrait bâtir une chapelle dans ces parages. Grâce à la générosité dun de nos vieux catholiques, nous y possédons un petit terrain très bien situé pour cette future chapelle. Reste à trouver les fonds nécessaires pour la construire.

    La bonne Providence na pas voulu nous faire attendre plus longtemps. Cest le lundi de Pâques qua eu lieu la bénédiction de la première pierre de cette nouvelle chapelle dédiée à la Sainte-Famille. Comme cétait jour de congé officiel, bon nombre de nos catholiques dirigèrent leur promenade de ce côté, dans le but dassister à la cérémonie. Sans avoir les proportions dune véritable église, cette bâtisse pourra recevoir plusieurs centaines de fidèles, et il sera facile de lagrandir lorsque le besoin sen fera sentir. Malheureusement la pénurie de personnel ne permettra pas dy donner la messe tous les dimanches. On verra ce quil sera possible de faire, particulièrement aux époques des vacances scolaires, car cest sur ce bord de mer que les Frères et les Surs ont leurs maisons de campagne pour sy reposer avec leurs pensionnaires, sans parler des familles qui y vont aussi en villégiature.

    Dautre part, depuis quon a décidé en haut lieu de faire de Singapore la grande base navale de lEmpire britannique dans lExtrême-Orient, tout le monde parle du développement encore plus considérable que va prendre la ville. Mais alors ce sera une recrudescence de la crise des loyers qui, depuis la fin de la guerre, sévit ici comme dans beaucoup dendroits. Et pourtant, on bâtit plus que jamais. De tous côtés, de nouvelles maisons sélèvent comme par enchantement. Mais il semble que plus on bâtit, plus on entend les gens se plaindre du manque dhabitations.

    En attendant la construction de nouveaux docks pour les grands bateaux de guerre, lAmirauté anglaise travaille depuis de longs mois à lérection de nombreux réservoirs à pétrole, sous forme dimmenses cylindres en fer. Ces mastodontes sont tous groupés dans une petite vallée, à une certaine distance de la ville et du rivage. En les regardant, on songe à lépoque où ils seront bien remplis, et on se demande quel serait leffet de quelques bombes bien dirigées par des aéroplanes sur cette jolie collection de volcans tout prêts à entrer en éruption.

    Birmanie Méridionale

    Par décision de Mgr Cardot, à partir du 1er Janvier de cette année, trois quasi-paroisses ont été érigées dans, la ville de Rangoon, dont elles embrassent tout le territoire.

    S. E. le Gouverneur de Birmanie, durant un court séjour à Moulmein a visité lEcole Saint-Patrick et le Couvent Saint-Joseph, et a témoigné hautement sa satisfaction de luvre accomplie par les Frères et les Surs.

    A la clôture du pèlerinage annuel en lhonneur de N.-D. de Lourdes, à Nyaunglebin, Mgr Perroy a ordonné prêtre un jeune Carian originaire de ce poste. Cela porte à 28 le nombre de nos prêtres indigènes. Le vu que formait Mgr Cardot, en établissant son Petit-Séminaire, de voir de son vivant 24 prêtres du pays, a donc eu sa réalisation en moins de 30 ans.

    Cest en effet, à 1894 seulement que remonte louverture de la maison qui reçut nos premiers latinistes. Nous possédions, à Myaunmya, une école pour la formation de catéchistes. Parmi ces étudiants, plusieurs ayant exprimé le désir de se préparer au sacerdoce, Mgr Cardot les confia à un vieux et saint prêtre indigène, appelé autrefois de la Birmanie Septentrionale par Mgr Bigandet, le P. Moses.

    Lannée suivante, le P. de Chirac mettait gracieusement à la disposition de la Mission, pour luvre du Petit-Séminaire, une belle propriété et une grande maison, dont il avait fait lacquisition à Moulmein, et le P. Moses vint sy installer avec ses quelques enfants 15 ans durant le zélé Supérieur et professeur dirigea seul son établissement. Quand il mourut à la tâche, en 1909, cinq de ses élèves étaient devenus prêtres, et lun deux, le P. Michel, avait été soigneusement préparé pour prendre la place de son vénéré maître et père.

    Pendant 14 ans, le P. Michel fit preuve dun dévouement égal à son intelligence. Cependant, afin de préparer un clergé indigène qui réponde aux désirs du Souverain Pontife, il fut jugé nécessaire dintroduire des réformes dans le Petit-Séminaire. Un changement dans le personnel enseignant et dans le programme des études eut lieu en juin 1922. Le P. J. Mourlanne, le nouveau Supérieur, envoie un excellent rapport sur lannée qui se clôt, et les débuts de létablissement réformé font bien augurer de lavenir.

    La maison, qui navait pas été bâtie pour répondre aux besoins dune institution de cette sorte et qui, dailleurs, est très vieille, demandait aussi non seulement une amélioration, mais un renouvellement complet. Cest pourquoi on a entrepris lérection dun nouveau bâtiment, quon espère compléter dans quelques mois, grâce au dévouement du P. Boulanger, à qui le travail a été confié.

    La fête de saint Patrick a été célébrée solennellement à lEcole Saint-Patrick de Moulmein. Grandmesse le matin ; à midi, festin de gala ; le soir, très intéressante séance dramatique et musicale.

    Le lendemain, au Couvent des Surs Saint-Joseph de lApparition, la fête patronale fut marquée par la réception de deux novices. La cérémonie était présidée par Mgr Perroy. Le noviciat, ouvert en mai 1919, a déjà donné cinq religieuses à la Congrégation. Il compte actuellement 3 novices et 3 postulantes.

    La Léproserie de Rangoon, qui comptait 170 malades au 1er janvier 1922, en a reçu 87 dans le cours de lannée : soit un total de 257 hospitalisés. Depuis 4 ans nous employons comme médicament la graine de chaulmoogra réduite en poudre et mélangée de sel grillé : les malades en prennent deux fois par jour après le repas. Tous ceux qui suivent ce traitement, en y joignant un exercice modéré, éprouvent un mieux sensible dans leur état. Le dispensaire et le laboratoire de lasile viennent dêtre agrandis et munis des derniers perfectionnements.

    Birmanie Septentrionale

    Toujours diligentes, les abeilles de la Mission ! Les Frères de Mandalay, gênés depuis longtemps par un quartier de maisons quà plusieurs reprises, mais toujours en vain, ils avaient essayé dacheter, sont actuellement en pourparlers avec les autorités locales pour le faire exproprier et lacquérir. Du coup leur établissement va devenir le plus grand de toute la ville.

    Dimportantes réparations avancent rapidement au Couvent Saint-Joseph. A celui de Maymyo, le P. Jarre termine les bâtisses commencés lan dernier. Le P. Herr, à Médawgon la colline de Marie, construit une belle église en briques. En attendant lautorisation dun terrain bien central pour sa grande église de Yenangyaung, et aussi pour se faire la main, le P. Fallière vient dachever deux chapelles, lune à Imbu, lautre à Pakokku ; une troisième est en construction à Magwé. Le P. Pelletier, qui ne laisse passer aucune occasion daccroître la dévotion de ses ouailles envers la Bonne Mère, est en train délever une grotte de Notre-Dame de Lourdes à Chanthaywa : cest là que se trouve notre premier couvent de religieuses indigènes. Enfin, à Chaung-U, le P. Remandet ramasse, lui aussi, des matériaux pour y bâtir une église.

    Des cinq anciens postes de la Mission, daprès Mgr Bigandet (Voyage en Birmanie), il y en avait 14 en 1772, 9 en 1867, où résident ceux que nous appelons nos vieux chrétiens, Chanthaywa et Chaung-U sont les deux plus importants. La plupart de ces vieux chrétiens descendent de Portugais faits prisonniers de guerre lors de la prise de Syriam par les Birmans (1614). Dautres ont pour ancêtres dans la foi des marchands, des agents de comptoirs français, anglais, hollandais, arméniens, établis le long des côtes, à Ava, à Bhamo, dans les grands centres. La présence de tous ces étrangers nétant pas sans troubler le repos du monarque birman, qui tremblait toujours pour son royaume, il finit par sen débarrasser en les reléguant dans la vallée du Mu et du Chindidin. Il leur imposa le service militaire et ne retint à la Cour que les plus habiles pour former ses troupes.

    Livrés à eux-mêmes, longtemps privés de tout secours religieux, unis à des femmes du pays, persécutés plus ou moins ouvertement et par le roi, et par leurs voisins païens, beaucoup apostasièrent dans le cours du XVIIIe siècle. Ceux qui tinrent bon se groupèrent en cinq gros villages, qui restent encore et qui, jusquà lannexion anglaise (1886), formaient toute la mission catholique. De ces vieilles familles de chrétiens sont sorties et sortent encore toutes nos vocations religieuses.

    Pondichéry

    Mgr Morel est rentré le 26 mars dune longue tournée pastorale. A Tatchur, dont la nouvelle église avait été bénite lan dernier, deux belles cloches ont été baptisées sous les noms de Philomène et de Jean-Baptiste-Marie Vianney. Bel exemple que donnent ces généreux chrétiens distrayant, chaque année, une grosse partie de leurs revenus pour édifier à Dieu une maison digne de lui et la pourvoir de tous les objets nécessaires au culte.

    Dans la grande salle des fêtes du Petit-Séminaire-Collège, le lundi 26 mars, une conférence avec projections a été donnée sur les Himalayas et le Thibet, par M. Cairncross, lun des explorateurs qui tentèrent, lan dernier, de faire lascension du Mont Everest, alias Gaurisankar. Quelques détails typiques nous furent fournis sur les tribus de ces régions, lesquelles pratiquent le cannibalisme et la polyandrie, et sur les lamaseries, dont lune en particulier, située à plus de 13.000 pieds (3.960 m.) de hauteur, ne renferme pas moins de 4.000 moines. Quant à la ville la plus haute du monde, du nom de Fari, située à 29.000 pieds (5.790 m.), elle est aussi, paraît-il, la plus sale : ses habitants ne se lavent jamais.

    Arrivé à une hauteur de 23.000 pieds (7.000 m.), des lunettes spéciales, dit le conférencier, sont nécessaires pour protéger les yeux des reflets aveuglants dun soleil trop brillant. Sur Lhassa, la capitale du Thibet, des détails curieux nous furent également fournis : écoles où les élèves napprennent quun seul mot par jour ; temple magnifique où se trouvent 44 statues en or de Bouddha et où réside le Dalaï-Lama ou Grand Lama, chef suprême de la religion bouddhique ; usage général de se nourrir le plus possible dun légume de la famille des ails, pour suppléer à linsuffisance du gaz oxygène qui, à partir de 12.000 pieds (3.660 m.), diminue de plus en plus. En somme, soirée très instructive.

    Maïssour

    Le 18 février, Mgr Despatures partait dans le Sud pour rendre visite à NN. SS. de Coïmbatore, Trichinopoly, Kumbakonam et Pondichéry. Il est rentré à Bangalore le 3 mars, enchanté de son voyage, de laccueil quil a reçu partout, et heureux davoir pu constater létat florissant des oeuvres catholiques dans ces divers centres.

    Monseigneur a visité deux fois Cuddalore et y a donné la Confirmation.

    Le Collège Saint-Joseph vient de terminer la 25e année depuis son transfert dans le quartier de Shoolay. Cette magnifique institution compte actuellement plus de 400 élèves, dont 200 pensionnaires.

    Le 12 mars Monseigneur a célébré un service solennel en mémoire du regretté Mgr Teissier.

    Dernières Nouvelles de Paris

    Le 1er Mars, à la séance annuelle de la Société de Géographie commerciale, présidée par M. Lebrun, ancien Ministre des Colonies, le prix Radius a été décerné à Mgr de Guébriant.

    Le lendemain, Monseigneur assistait chez M. le Chanoine Beaupin à une réunion dont le but était la création dune association dite des Amis des Missions. Les membres se recruteraient dans le monde laïque, diplomatique, colonial, etc., et mettraient leur influence au

    Des conférences avec projections, des sermons de Sainte-Enfance ont été donnés à Argenteuil, à Choisy-le-Roi, à Corbeil, à Compiègne, par les PP. Gérard, Chambon, Nassoy.

    Le 4, à St-Hilaire-du-Harcouët (Manche), une Journée des Missions, soigneusement préparée, où les PP. Gérard et Nassoy ont pu se rendre, a eu un grand succès. M. Deslandes, jeune partant destiné à Taikou, appartient à cette paroisse.

    Le même jour, à Montmartre, pèlerinage des Bretons de Paris, présidé par Mgr de Guébriant. Une uvre spéciale soccupe des Bretons de Paris, elle atteint 6.000 familles, près de 30.000 personnes ; elle a son aumônier et neuf centres dans Paris.

    Luvre des Partants a eu sa messe mensuelle le 5. Le sermon dusage a été donné par le P. Bouffanais. Luvre vient de faire une grande perte dans la personne de Mme la Comtesse de St-Victor, membre du Conseil, décédée le 10 Mars. Les funérailles ont eu lieu à Ronno par Amplepuis (Rhône).

    Le 12, Monseigneur, accompagné dun aspirant belge, M. Detry, du diocèse de Tournai, sest rendu en Belgique, où il a fait deux conférences : lune à Anvers, lautre, le lendemain, à Bruxelles. Elles lui avaient été demandées par les Surs Catéchistes Missionnaires de Marie Immaculée, désireuses dêtre plus connues en Belgique. Lune delles, Sur Emma, sur du Comte de Lannoy, supérieure à Kumbakonam, se trouve actuellement en Belgique. Le 13, Monseigneur et M. Detry étaient les hôtes de la nombreuse et admirable famille de notre confrère du Setchoan, le Père de Jonghe.

    Arrivé à Marseille le 3 et à Paris le 7, le P. Jaricot, délégué des missions du Tonkin, à qui les membres du Conseil ont été heureux de souhaiter la bienvenue, remplacera à la Procure des Commissions le P. Léculier, qui passe à la Procure du Séminaire avec le P. Boulanger.

    Dom Brun, abbé de la Trappe de Notre-Dame de Consolation (Chine) a été notre hôte à deux reprises. Nous avons eu également lagréable visite de Mgr Mac Glinchey, Directeur diocésain de la Propagation de la Foi de Boston. Achevant le tour du monde après un rapide passage à travers quelques missions dExtrême-Orient, il na pu rester à Paris que peu de temps.

    Le P. Parsons, Secrétaire de la Propagation de la Foi à Londres, en route pour Rome, sest arrêté deux jours au Séminaire. Il organise une Exposition des Missions à Birmingham pour les premiers jours dAoût : plusieurs Sociétés françaises doivent y participer.

    Un novice Frère a été reçu, M. Félix Allain, des environs dAvranches. Deux aspirants ont été admis : M. Madéore, de Clermont, sergent au 105e R. I., et M. Boisard, sous-diacre de St-Brieuc.

    Un décès a jeté le deuil dans nos deux communautés de Bièvres et de Paris. Le 3, à lhôpital St-Joseph, expirait, après une opération pour appendicite, M. Emile Thomas. Le cher enfant était bien préparé et a laissé de vifs regrets, soit au Petit-Séminaire de Chateaugiron Ille-et-Vilaine), soit à Bel-Air. Ses parents ont assisté aux obsèques à notre chapelle de Paris et ont emmené sa dépouille mortelle à Cancale, où linhumation a eu lieu.

    Dormans

    Monseigneur a fait, les 7 et 8 mars, sa première visite à la petite communauté de Dormans, composée actuellement de cinq novices Frères (deux autres sont à la caserne) et confiée aux soins du P. Roulland, assisté du P. Bonvent. Linstallation matérielle a fait de considérables progrès. Les travaux de la Chapelle de la Reconnaissance avancent et la crypte sera sans doute voûtée pour la fête du 16 juillet.

    1923/309-333
    309-333
    Anonyme
    France et Asie
    1923
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