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Chronique des Missions et des Etablissements communs 4

Chronique des Missions et des Etablissements communs Séminaire de Paris Un service solennel a été célébré à la chapelle du Séminaire le 17 janvier, jour anniversaire de la mort de M. Delmas. De St.-Brieuc, où les obsèques de Mgr Morelle ont donné lieu à une telle manifestation de respect et de regret religieux, Monseigneur est allé présider à St-Pol-de-Léon la fête annuelle de lInstitut N.-D. de Creirker, lun des principaux centres de recrutement clérical en Bretagne.
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    Chronique des Missions et des Etablissements communs

    Séminaire de Paris

    Un service solennel a été célébré à la chapelle du Séminaire le 17 janvier, jour anniversaire de la mort de M. Delmas.

    De St.-Brieuc, où les obsèques de Mgr Morelle ont donné lieu à une telle manifestation de respect et de regret religieux, Monseigneur est allé présider à St-Pol-de-Léon la fête annuelle de lInstitut N.-D. de Creirker, lun des principaux centres de recrutement clérical en Bretagne.

    Rentré le 22 à Paris, Monseigneur passait la journée du 25 à Chartres, où les Surs de Saint-Paul lui avaient demandé de présider leur fête patronale.

    Cette congrégation, si répandue dans nos Missions, vient de créer un Bulletin ; il sera trimestriel. Le 1er numéro se présente avec une couverture dont le dessin, minutieusement décrit par le rédacteur, piquera la curiosité des lecteurs et leur apprendra bien des choses. Longue vie et nombreux lecteurs aux Annales des Surs de St-Paul !

    Dimanche 28, à lancienne chapelle de lEcole Ste-Geneviève, devenue église Maronite (rue dUlm), a eu lieu la messe commémorative en lhonneur des élèves de la maison morts pour la France. Assistance nombreuse et choisie : Maréchal Franchet dEspérey, général de Castelnau, amiral Merveilleux du Vignaux. Monseigneur avait été invité à présider la cérémonie.

    Janvier est le mois des fêtes de la Sainte-Enfance. Trois dentre nous, les PP. Gérard, Chambon et Riouffreyt, ont été appelés à parler de cette uvre à un nombreux auditoire denfants dans sept églises de Paris ou de la banlieue.

    De passage à Paris le P. Francis Drèves, de la Société de Mill Hill ; dorigine bretonne, il est le seul Français de cette Société anglaise, dont les membres, pour la bonne moitié, sont Hollandais. Professeur au collège de Freshfield, près de Liverpool, chargé de la propagande, il a une grande dévotion à notre Bx Théophane Vénard.

    Le P. Byrne, Supérieur du Séminaire Vénard , préparatoire à Maryknoll, était attendu à Paris au commencement de février. Il se rend en Corée, où il présidera à linstallation de la nouvelle mission américaine sur le territoire cédé par Mgr Mutel.

    M. Aneuse (Namur), ordonné prêtre le 23décembre dernier, ne pouvant être, à cause de fatigue, du prochain départ, est allé dans sa famille prendre un repos indéterminé ; ainsi est porté à cinq le nombre des aspirants prêtres empêchés temporairement de partir.

    Deux nouveaux aspirants ont été admis : M. Gruel, du Grand-Séminaire de Rennes. Et M. Doller, ancien élève de Bitche, actuellement infirmier militaire à Amiens.

    Les aspirants ordonnés prêtres le 23 décembre ont reçu, le 5 février, leur destination pour les Missions suivantes :

    Procures MM. Beaudevin (Saint-Dié)
    Hakodate Maugenre ( id. )
    Taikou Deslandes (Coutances)
    Mandchourie Méridle Vérineux (Reims)
    Thibet Valour (Le Puy)
    Yunnan Ducotterd (Lausanne)
    Kouangtong Occid. Sonnefraud (Rennes)
    Tonkin Occidental Brun (Clermont)
    Haut-Tonkin de Neuville (Bayeux)
    Cochinchine Septle Fasseaux (Tournai)
    Cambodge Girodet (Lyon)
    Siam Vandempétry (Autun)
    Birmanie Septle Pâquet (Québec)
    Kumbakônam Hourmant (Quimper)

    Les examens terminés, les partants sont allés passer un mois dans leur famille et sont rentrés au Séminaire pour la Semaine-Sainte. La date de leur départ nest pas encore fixée : ce sera vraisemblablement dans la seconde quinzaine davril.

    Rome

    Le climat de Rome na pas été favorable au P. Bodin : il a dû entrer à lhôpital de la Présentation et partira pour la Suisse dès quil le pourra. Le docteur lui prescrit dix heures de sommeil et une suralimentation sérieuse, faute de quoi il ne pourra jamais fournir un travail quelconque. Et comme le cher Père désire travailler encore dans sa lointaine Corée, il se soumettra courageusement à ce régime.

    Procure de Marseille

    Les confrères qui rentrent en France sont priés de prévenir par T.S.F. la Procure un ou deux jours avant darriver à Marseille : lavis par lettre peut ségarer ou parvenir trop tard.

    On leur recommande aussi de bien sinformer du contenu et de la valeur des colis qui leur sont confiés, afin de simplifier les formalités en douane.

    En souffrance à la Procure un bréviaire envoyé par la maison Mame en décembre 1921 à ladresse du R. P. Meyers, qui devait le prendre à son passage. Prière au confrère qui la fait adresser ainsi de vouloir bien se faire connaître.

    Tôkyô

    La question du jour a été celle du projet dambassade japonaise au Vatican et les discussions ardentes quelle a soulevées dans le pays. Dans la chronique de Tôkyô du mois dernier, le Bulletin en a donné un résumé ; mais cest, au point de vue religieux, un sujet qui mérite plus quune brève chronique. Dans un prochain numéro nous donnerons un aperçu plus complet de la question et, par là même, une vue plus claire du milieu spécial dévangélisation dans lequel travaillent nos confrères du Japon (N.D.L.R.)

    Le P. Cadilhac, Vicaire Général, a été atteint dune fluxion de poitrine qui a mis sa vie en danger, au point que, le 25 février, on crut devoir lui administrer lExtrême-Onction, Depuis lors le cher malade se trouve mieux et lon a tout espoir quil sera bientôt complètement rétabli.

    Nagasaki

    Le 11 février, Mgr Combaz administrait la Confirmation à 155 fidèles du village dImamura. Cette chrétienté, formée en majeure partie de descendants danciens chrétiens, venus on ne sait ni doù ni comment, est plantée comme une oasis en plein pays païen ; elle a pour curé le P. Honda, un ancien confesseur de la foi.

    Le 16 février, dans une des grandes bonzeries de la ville de Kurume, a eu lieu, sous la présidence du bonze Kawasaki, député de la secte Shinshû de Kyôto, une réunion de 700 bonzes, venus de tous les côtés du Kyûshû pour protester contre le projet dambassade japonaise auprès du Vatican. La résolution adoptée à la fin de la séance ne fait que répéter les objections courantes, dont le Bulletin a déjà entretenu ses lecteurs : Nous, fidèles bouddhistes, considérant que léchange dambassadeurs entre lEmpire et le Vatican troublerait la foi religieuse du peuple, arrêterait le progrès des lumières, mettrait en danger la suprématie impériale, causerait une foule de maux dans les domaines de la politique, de léducation et de la religion, déclarons nous opposer à la mesure projetée et en appelons à lopinion de tout lEmpire pour quelle soit écartée. Lassistance laïque était peu considérable, et somme toute, les bonzes ont surtout réussi à attirer lattention du peuple, qui nen avait pas lidée, sur la place que tient dans le monde la Papauté.

    Osaka

    Comme nous lannoncions le mois dernier, le P. Duthu, atteint dune pneumonie double, a donné de vives inquiétudes. Heureusement il a pu franchir la période critique de la maladie et il est actuellement en convalescence.

    Hakodate

    Nos chers confrères des Missions tropicales saventurent parfois à nous parler de leur hiver. Cest excusable : lhabitude est une seconde nature. A force de vivre dans les Missions du Sud, si lon nest pas déjà méridional de naissance, on le devient par habitude, par goût aussi un peu. Et puis le soleil aidant !... Mais tout de même il ne faudrait pas vouloir nous bourrer le crâne ; sinon il y a la Mandchourie, la Corée et le Japon : avec des hivers comme nous venons den vivre, du froid à geler le feu, et de la neige donc, jusquau dessus des plus hautes montagnes ! des déluges de neige tels que notre Père Noé nen a pas vu ! Le Japon pourrait mettre une blanche hermine dans ses armes, sil lui plaisait de sen octroyer à linstar des vieux Occidentaux. Cette année, sur le versant ouest, on a compté jusquà quatre mètres de neige et, sur la côte du Pacifique, une moyenne excessivement rare de 3 à 4 pieds, et de la neige qui ne fond pas ! Quelle envie nous prend den envoyer des cargaisons à nos confrères de Hongkong ou infra ou ultra pour servir à mille usages, tels que rafraîchissements propres et figurés, ne fût-ce que pour rappeler les joyeuses escapades des vieux hivers qui ne sont plus et que nous envient nos chers confrères de tous les Midis !...

    Inutile de revenir ici sur la tapageuse campagne menée dans le pays à propos du projet dambassade au Vatican ; elle a démontré cependant : 1º lignorance vraiment encyclopédique de quantité de prétendus intellectuels ; 2º linfluence toujours tenace des vieilles habitudes de pots-de-vin et compromis de tout genre ; 3º lattention de plus en plus éveillée que les Japonais les plus éclairés et les plus pratiques tiennent aujourdhui tournée vers Rome. En fait, dans le peuple beaucoup ont désapprouvé nettement les bouddhistes, si divisés entre eux par ailleurs et incapables de toute entreprise sérieuse.

    Seoul

    Le Gouvernement général de Corée a reçu du Ministère de 1Intérieur de Tôkyô lordre davoir à limiter lémigration des Coréens au Japon, qui devient trop considérable. Du 15 au 31 décembre 1922, 6.379 Coréens sont partis, 3.053 seulement sont revenus, et les émigrants, trop nombreux, ne peuvent trouver du travail. Un fonctionnaire de la police à Osaka a déclaré que, dans cette seule ville, il y a 14.000 Coréens : beaucoup dentre eux sont sans occupation, les autres vivent au jour le jour. La question de lémigration coréenne au Japon a été portée à la Chambre des Députés et, à une question du Baron Sakatani, M. Mizuno, Ministre de lIntérieur, a répondu que les relations entre Japonais et Coréens ne sont pas très amicales, quon doit conseiller aux Coréens de rester chez eux et que, pour ceux qui sont déjà au Japon, on sefforcera de les renvoyer dans leur pays.

    La réforme prévue depuis longtemps dans le service civil du gouvernement de la Péninsule est maintenant un fait accompli. Les fonctionnaires remerciés sont au nombre de 532, dont 160 pour les bureaux mêmes du gouvernement. Cette mesure permettra, dit-on, de réaliser une économie de 1.221.000 yen.

    Taikou

    La Corée doit avoir le record des grèves décoliers : il ne se passe pas de semaine sans quil y en ait quelquune dun côté ou de lautre. Actuellement deux écoles de missions protestantes sont en grève. A Gensan ce sont les élèves de lécole secondaire dirigée par les presbytériens canadiens qui se sont révoltés parce que la mission presbytérienne a décidé détablir une école supérieure ; or les étudiants estiment que cette nouvelle école nest pas nécessaire et quil serai préférable de transformer la leur en école supérieure. La seconde école en grève est celle de Masampo, dirigée par la mission australienne. Les mécontents se plaignent de linsuffisance de lenseignement, pour la langue japonaise en particulier, et demandent un changement dans les livres usités à lécole. Le principal a déclaré ne pouvoir, pour linstant, faire droit aux demandes des élèves.

    Dans le but dinitier des recrues aux mystères et aux rites de la secte, 80 francs-maçons du Temple de lIslam à San-Francisco font tournée en Extrême-Orient. A Manille ils ont initié 54 personnes, à Shanghai 50 et à Pékin 27. Près de 70 membres de cette Société ont passé par Seoul, se rendant à Yokohama, doù ils rentreront chez eux, convaincus quils auront contribué pour leur bonne part à éclairer et à sauver lExtrême- Orient.

    Mandchourie Septentrionale

    Le 19 décembre dernier les quelques missionnaires présents à Kirin avaient tenu à offrir leurs vux à S. G. Mgr Lalouyer à loccasion du 25e anniversaire de sa consécration épiscopale. Malgré létat de santé précaire de Sa Grandeur, tout le monde espérait pouvoir, au cours de lété prochain, célébrer solennellement, en même temps que les noces dargent épiscopales du vénéré Prélat, ses noces dor sacerdotales et aussi le 25e anniversaire de lérection du Vicariat Apostolique de Mandchourie Septentrionale. La divine Providence en a décidé autrement. Lamélioration qui sétait produite dans létat de santé de Monseigneur fut de courte durée. Au début de février, ses forces déclinèrent rapidement et il devint évident que Dieu nallait pas tarder à appeler à la récompense son bon et fidèle serviteur. Depuis que sa santé ne lui permettait plus de soccuper des affaires de la Mission, il passait, pour ainsi dire, tout son temps en prières et, quand on cherchait à lui faire prendre quelque repos : Puisque je ne puis faire autre chose, répondait-il, il faut bien du moins que je prie pour ceux qui travaillent. Que de chapelets il a dits pendant ces dernières années, surtout pendant ces derniers mois ! Les jours qui précédèrent sa mort, le chapelet ne quittait pas ses mains ; de sa voix défaillante, il sefforçait de réciter de temps à autre à haute voix le Credo, le Pater, ou quelque autre prière, puis, à tout de forces, il se taisait, mais ses lèvres ne cessaient de remuer et lon voyait quil continuait tout bas ses Ave Maria. Le jeudi 15 février, Mgr Gaspais administra à Sa Grandeur le sacrement de lExtrême-Onction. A partir de ce moment nous nous attendions dun instant à lautre à voir le moribond rendre le dernier soupir. Mais non, la Sainte Vierge voulait venir chercher le samedi son dévot serviteur. Ce fut donc le 17 février, à 11 heures ¾ du matin, alors que Mgr le Coadjuteur et les missionnaires présents achevaient de réciter les prières des agonisants, que le premier Vicaire Apostolique de Mandchourie Septentrionale rendit son âme à son Créateur. Cinquante années dapostolat, dont vingt-cinq dépiscopat, lui auront préparé une telle couronne, et la Sainte Vierge, quil a tant aimée, tant priée ici-bas aura fait bon accueil.

    Le corps du défunt, revêtu des ornements pontificaux, fut exposé dans la chapelle épiscopale, où les fidèles de Kirin accoururent bientôt à leur vieil évêque le tribut de leur vénération et de leurs prières. Les funérailles, qui eurent lieu le mercredi suivant, furent présidées par Mgr Gaspais et revêtirent toute la solennité que pouvait permettre notre modeste église provisoire. Outre S. G. Mgr Blois, Vicaire Apostolique de la Mandchourie Méridionale, quaccompagnaient les PP. Chometon et Beaulieu, dix-huit missionnaires ou prêtres indigènes étaient présents. Le Gouverneur de Kirin et le Délégué des Affaires Étrangères sétaient fait représenter aux obsèques et avaient envoyé des couronnes. Mgr Lalouyer repose maintenant dans le caveau préparé davance sous le transept de la cathédrale en construction. Il trouva 6.000 chrétiens dans les deux provinces de Kirin et du Heilongkiang ; il en laisse plus de 25.000. Son zèle infatigable, sa profonde piété, sa tendre dévotion envers la Sainte Vierge, resteront longtemps gravés dans le souvenir de ses missionnaires, de ses prêtres et de ses chrétiens. Au ciel, par ses prières, il continuera à travailler à lextension du règne de Dieu dans sa chère Mandchourie du Nord.

    Setchoan Méridional

    La retraite de nos prêtres indigènes a été très édifiante. Mgr Fayolle a profité de cette circonstance pour procéder à la bénédiction des Saintes-Huiles. Laffluence des chrétiens venus des trois paroisses de la ville de Suifu était imposante et la grave beauté de la cérémonie les a fortement impressionnés. La solennité fut encore rehaussée par la présence du Commandant Plessis et dune partie de léquipage de la canonnière française La Grandière, venue à Suifu pour y montrer nos trois couleurs.

    La retraite des missionnaires a eu lieu peu après et sest terminée le premier jour de lan chinois (16 février), après quoi tous sont repartis pour labourer le champ du Père de famille et préparer la moisson spirituelle de 1923.

    Nos petits potentats militaires ne peuvent se tenir tranquilles. Chacun deux, mécontent de la part qui lui est échue dans la distribution des préfectures de la province, cherche à empiéter sur le territoire de son voisin : de là des disputes continuelles et des batailles locales, toujours au grand dam du pauvre peuple, qui nen peut mais. Et malheureusement ce triste régime pourrait bien durer longtemps.

    Thibet

    Le poste de Tatsienlou fut fondé en 1859 par le P. Goutelle, ancien missionnaire du Setchoan, agrégé à la nouvelle Mission du Thibet. Déguisé en marchand et accompagné de quelques chrétiens, il arriva dans cette ville et, par lintermédiaire de son catéchiste, fit lacquisition dune auberge, dont il prit possession le 21 novembre.

    En 1868 un décret fixait les limites de la Mission du Thibet et Tatsienlou devenait le siège du Vicariat Apostolique : Mgr Chauveau sy installa et y construisit une chapelle, qui, tombant de vétusté, a été remplacée en 1916 par la cathédrale actuelle. Il y mourut en 1877 et a son tombeau dans une petite chapelle attenant à léglise.

    Le poste de Tatsienlou a été successivement administré par les PP. Déjean (1878-1906), Ouvrard (1907-1913), Goré (1913-1920). Actuellement cest le P. Doublet qui en a la charge.

    Cest toujours la résidence épiscopale, et cest là quont été célébrées les Noces dargent de Mgr Giraudeau, dont le Bulletin a donné un bref compte-rendu. Il y joint aujourdhui une reproduction de la photographie du groupe de chrétiens qui prit part à cette fête de famille..

    Yunnan

    Après une absence de plus de cinq mois, Mgr de Gorostarzu est rentré à Yunnanfu le 14 février. S. G. a supporté vaillamment les fatigues de ce long voyage et sa santé est excellente.

    Yang Si-gai, le chef-brigand qui avait capturé nos quatre séminaristes, a été exécuté le 27 février.

    Actuellement les brigands opèrent surtout dans louest de la province ; la route de Yunnanfu à Taly en est infestée. Les districts des PP. Piton et Degenève sont, pour ainsi dire, en leur pouvoir et ont à subir toutes leurs déprédations.

    Kouytcheou

    Les PP. Vion et Champeyrol ont quitté Kouiyang le 3 février, se rendant à Hongkong par la voie Yunnan-Tonkin : le premier va chercher le repos et refaire sa santé, le second est admis comme collaborateur à la Maison de Nazareth.

    Heureuse nouvelle : des colis destinés à la Mission, partis de Hankeou en février 1922 ( !) et demeurés en panne à Hongkiang, ont pu enfin être réembarqués et dirigés sur Tchenyuen : si les brigands veulent bien les laisser passer, ils ne tarderont pas à nous arriver. En Chine il ne faut pas être trop pressé.

    Des bruits inquiétants circulent. Les relations seraient très tendues entre Tang Kiyao et Yuen Tsoumin : on parle dune guerre entre le Yunnan et le Kouytcheou. Dieu nous en préserve !

    Lanlong

    Dans son numéro de février le Bulletin donnait, pour la partie du Kouytcheou qui appartient désormais à notre nouvelle Mission, le chiffre de 7.345 chrétiens ; or la Mission du Kouangsi nous cède 4 districts comptant 1.073 chrétiens, ce qui porte la population catholique de notre Préfecture apostolique à 8.418 âmes.

    Canton

    Le R. P. Bradley, Pauliste, est arrivé à Canton à la fin du mois de février et sapplique à létude du dialecte cantonais. A San-Francisco il est le curé de la colonie chinoise, qui compte déjà 600 catholiques. Il a créé pour eux des écoles, des salles de lecture et a en vue, dans un avenir prochain, de nouveaux développements.

    Le P. Lesaint, retournant à Sancian le 5 mars, eut des difficultés pour y pénétrer : les pirates avaient commencé leur uvre. Du large on apercevait des maisons en flammes et on entendait le bruit dune fusillade nourrie. Cependant, arrivé à sa résidence, notre confrère se préoccupa sans retard dessayer de régler la situation. Accompagné du prêtre chinois Hu, il se rendit au camp des brigands et entra en pourparlers avec eux. Après plusieurs entrevues il arriva à une solution qui fut acceptée des chrétiens. Les captifs, au nombre dau moins 50, seraient rendus à la liberté moyennant une rançon de 5.000 piastres payée par les quatre villages chrétiens. Les brigands promettaient de cesser leurs attaques et dempêcher celle de leurs congénères dune autre bande. Le village de Tailung a beaucoup souffert : 8 chrétiens ont été tués et plusieurs blessés.

    A Canton les administrations civiles se réorganisent peu à peu ; mais le manque dargent rend leur fonctionnement difficile. Aussi est-ce un très louable effort que fait M. Sun Fo, surintendant des affaires municipales, en remettant tous les jours à Mgr Fourquet 300 piastres pour lentretien des uvres de bienfaisance confiées à la Mission.
    Malheureusement on entend encore des bruits de guerre !

    Swatow

    Les mouvements de troupes continuent en sens divers. Les militaires ont demandé 300.000 piastres à la région, sans compter les sommes obtenues un peu partout pour le bénéfice particulier des soldats de passage. Ajoutez à cela que le gouverneur, qui est en même temps généralissime, augmente toutes les taxes de 30 %. A Tchao-tcheou, toutes les boutiques restent fermées et à Swatow on est aussi sur le qui-vive. Que se passe-t-il ? On ne le sait au juste, et, pour dire ce qui arrivera demain, il faudrait être dans le secret de tous ces lords de la guerre, ou plutôt dans leur bourse, car ici surtout qui peut payer peut régner .

    Les troupes de Tchen Kiun-min se sont retirées vers les pays hakka, où elles se préparent à combattre larmée du général Hi Tsungtji, qui a passé la frontière du Foukien et occupé la région au nord de la ville de Tchao-tcheou. Le général Li Lieh-Kiun, bien que partisan de Sun Yat-sen, ne paraît pas enchanté de larrivée de ces nouveaux-venus et soppose à leur entrée en pays hoklo, quil considère comme son fief personnel.

    Grâce à Dieu, nos chrétiens nont pas eu jusquici à souffrir plus que les païens de cet état de choses.

    Kouangtong Occidental

    Enfermé dans la ville de Loui-tcheou, quassiégeaient les bandes passées au service de Sun Yat-sen, le P. Zimmerman a vu rompre le blocus de la place lavant-veille du jour de lan chinois. Invité à négocier un accord entre assiégeants et assiégés, notre cher doyen, nonobstant tout son zèle et toute son habileté, ne put réussir dans cette entreprise. Plusieurs fois il dut descendre et remonter les remparts de la ville par le moyen déchelles, afin de se rendre dans le camp adverse pour y jouer son rôle de négociateur et chaque fois, sa mission accomplie, nouveau Régulus, il reprit fidèlement rang parmi les assiégés, ce quoublia de faire un jour un des négociateurs qui laccompagnaient. Une fois même il courut un réel danger. Un poste de mitrailleurs, qui nétait pas averti de son exode, ouvrit sur lui un feu intense. Pendant tout le temps du siège, qui dura 3 semaines, notre confrère fut la providence de nombre dhabitants qui avaient cherché refuge à la Mission. La délivrance vint heureusement assez tôt, car les puits sépuisent et le sel faisait totalement défaut ; les légumes nétaient plus quun souvenir, le riz même et la viande commençaient à manquer. Depuis la levée du siège on assure que les agresseurs auraient essuyé une nouvelle défaite et subi des pertes importantes.

    A Lim-kong, le P. Genty vit dans de perpétuelles transes, car la ville est tombée aux mains des pirates. La situation est dautant plus critique que ces brigands, battus dans la direction de Fachow, se sont rejetés en désordre sur Lim-kong, où leur premier soin fut de piller et de lever des contributions. Afin de stimuler les bonnes volontés ils ont même fusillé quelques récalcitrants. On comprend les angoisses de notre confrère qui habite, à un kilomètre à peine de la ville, un village chrétien que les pirates supposent bourré de riches dépôts et de marchandises de toutes sortes.

    En Hainan on redoute le pillage de la ville de Hoihow par la soldatesque qui reste impayée. A Pakhoi, Wong Ming-tong, le vaincu de lété dernier, est rentré en triomphateur. Plus loin, vers Yamchow, le Général Fong, qui nétait pas en forces, a dû céder momentanément devant un adversaire venu du Kouangsi et sest retiré à Moncay. Le P. Richard, qui donne ces nouvelles, espère que le vainqueur actuel, jadis vaincu et fugitif, se souviendra des bons services quil lui rendit alors en sauvant sa famille et ses trésors.

    Partout cependant la situation reste sombre.

    Kouangsi

    Mgr Ducur vient de recevoir des autorités du Kouangsi une magnifique décoration chinoise en reconnaissance des service rendus à la population par lui et ses missionnaires pendant les troubles de lannée dernière.

    Trois de nos grands-séminaristes viennent de rentrer de Penang, leurs études terminées. DOutcheou à Nanning (500 km.), leur voyage en vapeur ne dura pas moins de 13 jours : de mémoire dhomme on na jamais vu les eaux du fleuve aussi basses. De Hongkong à Outcheou ils avaient pu heureusement passer entre deux batailles. Les PP. Costenoble et Caysac, rentrés peu auparavant de Béthanie, avaient dû passer par le Tonkin, la voie dOutcheou étant impraticable à cause de la guerre civile.

    Tonkin Occidental

    Le P. Marty, remis de ses émotions et guéri des blessure que lui avait infligées le tigre dans la lutte épique que nous avons relatée, a regagné son poste. A son retour il a été fêté par ses Muong chrétiens, heureux de la prompte guérison de leur Pasteur et contents dêtre débarrassés du dangereux félin qui leur causait tant dinquiétudes. Le mouvement de conversion chez les Muong de cette région saccentue de jour en jour ; nombreux sont les païens qui viennent demander au Père de les recevoir comme catéchumènes. Dieu leur donne persévérance !

    Le P. Bourgeaux, chargé dune paroisse en pays muong, a vu, en lespace de quelques mois, brûler deux fois sa résidence, construite en bois et couverte en chaume. Dans lincendie il a perdu quantité de livres, linge, objets du culte, ustensiles de ménage. On croit que le feu a été mis par malveillance, probablement par quelque païen jaloux de lautorité du Père dans la région. La justice enquête pour trouver le coupable.

    Les PP. Albert de Cooman et Marchand vont nous quitter très prochainement pour aller demander à lair natal le rétablissement de leur santé ébranlée par vingt années de mission. Daigne la Providence nous les ramener bientôt pleins de forces nouvelles pour continuer à travailler au des âmes !

    Tonkin Méridional

    Le grand événement du mois de février a été pour nous la réception de Mgr Lécroart, Visiteur Apostolique, qui a été parmi nous du 12 au 21 février, puis, après son voyage au Laos, du 3 au 7 mars. Sa Grandeur a célébré à Xa-Doai la solennité de nos Bienheureux Martyrs et a officié pontificalement à la cathédrale. Il serait difficile et fastidieux de décrire les détails de la réception faite à Sa Grandeur dans chacun des postes qui ont eu lhonneur de sa visite : quil suffise de dire que partout nos chrétiens ont rivalisé de zèle et dingéniosité dans la décoration des églises et résidences ; partout ils sont accourus par milliers, manifestant à qui mieux mieux leur vénération pour le représentant du Saint~Père.

    Pour nous, missionnaires, nous avons trouvé trop courtes les rares journées où il nous a été loisible dadmirer la simplicité charmante et laffectueuse cordialité avec lesquelles Sa Grandeur sacquitte de la mission qui lui a été confiée.

    Haut Tonkin

    Comme dans toutes les Missions de lIndochine, des services funèbres ont été célébrés dans la Mission pour lâme de M. le Gouverneur Général Long. Lempressement de tous à y assister a montré combien tous sentaient la grandeur de la perte que nous venions de faire. Dieu soit miséricordieux à ce bon serviteur de la France !

    Nous avons fêté en famille le 25e anniversaire de lordination sacerdotale du cher P. Blondel. Treize confrères se trouvèrent réunis à Yen-Bai pour lui témoigner leur affectueux attachement et lui offrir leurs félicitations. A la grandmesse une nombreuse assistance de Français et dindigènes venus de toutes les chrétientés du district prouva au jubilaire que son dévouement est vivement apprécié de tous.

    Cochinchine Occidentale

    La rentrée a amené au Petit-Séminaire 29 nouveaux élèves. Tous ont subi lexamen médical du dévoué Docteur Angier : aucun na été écarté. Il nous plaît de voir là une sérieuse garantie pour lavenir.

    Un de nos prêtres annamites, le P. Matthieu Duc, est allé récemment en pèlerinage dactions de grâces à Notre-Dame de Lavang (Cochinchine Septentrionale). Atteint, lan dernier, dune maladie dintestins que les médecins jugeaient dorigine tuberculeuse, il était bien près de la mort et abandonné de la Faculté, tant française quindigène. Il eut alors recours à la Sainte-Vierge et se trouva sur pied en une semaine. Cest de cette grâce quil allait remercier la bonne Mère. Ainsi peu à peu le Lourdes annamite se fait connaître, et nous souhaitons quun confrère de la Mission de Hué retrace bientôt, dans le Bulletin, lhistorique de ce pèlerinage.

    Cochinchine Septentrionale

    Le 19 Février, avait lieu le pèlerinage annuel à Notre-Dame de Lavang. Favorisé par un beau temps exceptionnel (35º à lombre), il a été des mieux réussis : 3 missionnaires, 18 prêtres indigènes et une nombreuse foule de chrétiens, appartenant surtout à la paroisse de Quang-Tri, étaient venus, dès le commencement de la nouvelle année annamite, se mettre sous la protection de la Bonne Mère de Lavang. Le P. Morineau, à qui est confiée la garde de ce sanctuaire, célèbre dans tout lAnnam et la Cochinchine, et qui pour la première fois organisait ce pèlerinage, a été très touché de constater le bon ordre et la foule des pèlerins.

    La veille au soir, un ancien ministre catholique de lEmpire dAnnam était mourant et priait le prêtre qui lassistait à ses derniers moments de le recommander à Notre-Dame de Lavang, et la Bonne Mère venait recueillir son dernier soupir le soir même. Ce ministre était Son Excellence Michel Ngo Dinh Kha, ancien élève du Collège général de Pinang, père de labbé Thuc, élève du Collège de la Propagande à Rome. Les obsèques de cet excellent catholique ont été présidées par Mgr Allys, qui a chanté la Messe, assisté des élèves du Grand-Séminaire et de plusieurs missionnaires et prêtres indigènes de Hué et des environs. Son Excellence M. Nguyen Huu Bai, de nombreux mandarins de la Cour dAnnam, la plupart des catholiques de Phu-Cam assistaient à la cérémonie funèbre. Le Résident Supérieur et le Résident de la province de Hué sy étaient fait représenter.

    Son Excellence Monseigneur le Visiteur Apostolique doit arriver dans la Mission le 7 mars. Il commencera sa visite par le district de Quang-Binh : le P. Henri de Pirey, aidé de son zélé vicaire le P. Tin, est en train de faire les préparatifs de la réception de lenvoyé du Saint-Père. Il lui sera sans doute bien difficile de loger dans son étroite maison tous ses nobles hôtes ; mais, très ingénieux, il saura tout de même trouver une modeste couchette pour les confrères et les prêtres indigènes qui viendront présenter leurs hommages à Mgr Lécroart !

    A lissue de la retraite des Frères de lEcole Pellerin, trois Frères indigènes, originaires de la Mission de Hué, ont prononcé leurs vux perpétuels.

    Cambodge

    Voici quelques chiffres extraits de létat de la Mission en 1922.

    Population totale 3.500.000
    Populations catholique 60.297
    Baptêmes :
    Adultes 469
    in art. mort. 627
    Enfants de chrétiens 2.794
    in art. mort. 5.658

    Confessions annuelles 33.387
    Confessions répétées 151.640
    Communions pascales 31.262
    de dévotion 325.931

    LEcole normale pour les instituteurs-catéchistes a 25 élèves ; celle des religieuses-institutrices, 19 ; les écoles des Frères ont 696 élèves ; celles des Surs, 172 ; enfin 141 écoles paroissiales comptent 8.199 enfants.

    Le Carmel de Phnompenh a maintenant 9 religieuses européennes, 5 dentre elles étant arrivées dans ces derniers mois.

    Malacca

    Des retours et de nouveaux départs : voilà nos principales nouvelles pour ces dernières semaines.

    Ce sont dabord les PP. Louis Duvelle et Baloche qui nous sont revenus, au milieu de février, avec des mines florissantes, tout à la joie de retrouver la famille apostolique et de pouvoir se remettre au travail, le premier à Penang et le second à Kuala-Lumpur. Dautre part, le Père Renard, qui a beaucoup profité de son séjour au Sanatorium St.-Théodore, nous annonce son prochain retour. Comme il était aux Indes pendant lexposition du corps de saint François Xavier, il na pas manqué de se rendre en pèlerinage à Goa au nom de toute la Mission.

    Et maintenant il nous faut enregistrer deux départs : lun déjà effectué, est celui du Père Auguin, qui a grand besoin de repos après plus de 13 ans de travail assidu ; lautre, jugé absolument nécessaire par la faculté, sera celui du Père Vey, qui souffre du sprue depuis de longues années et dont les forces sont tout à fait épuisées. Il partira aussitôt que possible.

    On dit que les Chinois nont plus autant dentrain que jadis pour leur premier jour de lan. Pourtant ils ny épargnent pas les bombes et les pétards, du moins à Singapore. Aux jours et aux heures permises par les règlements de police (sans compter les autres), cest un vacarme assourdissant, surtout dans les quartiers où la population chinoise est très dense. Aussi, il ny a que quelques années, on se gardait bien de sortir en voiture à ces moments-là, parce que au bruit de toutes ces détonations les chevaux se cabraient ou prenaient le mors aux dents. Maintenant tout cela est changé : les voitures à cheval sont devenues une rareté et sont remplacées par les motor-cars et autobus. Il faut reconnaître que ces chevaux-pétrole ont bien des avantages : ils vont plus vite, et plus loin, et se moquent des pétards.

    Birmanie Méridionale

    Un nouveau confrère, le P. Philippe, nous est arrivé à Rangoon le 5 décembre. Originaire du diocèse de Nantes, il fit toute la campagne de 1914-18 dans un bataillon de diables bleus et prit part aux combats les plus sanglants en Alsace, dans la Somme, au Chemin des Dames ; par une protection toute particulière de la Providence, il ne reçut jamais la moindre blessure ; mais il a mérité 5 citations, la croix de guerre et la médaille militaire.

    Birmanie Septentrionale

    Le 20 décembre, lEcole Saint-Pierre de Mandalay, dirigée par les Frères des Ecoles chrétiennes, célébrait le 25e anniversaire de sa fondation. Mgr Foulquier et tout le clergé de la ville assistaient à la fête. Les fils de S. Jean-Baptiste de la Salle ouvrirent lEcole avec 60 élèves ; aujourdhui ils en comptent plus de 700. Les succès obtenus chaque année aux examens du gouvernement, la discipline, le soin des enfants, ont fait la réputation de lEcole et lont élevée au premier rang parmi les écoles de la Haute-Birmanie.

    Cette année encore un brillant succès scolaire est à enregistrer au tableau dhonneur déjà glorieux de nos écoles des Frères et des Surs.

    Ecoles des Frères (Mandalay) : examen final, 6 élèves présentés, 5 reçus.
    Couvent de Mandalay : 6 aspirantes présentées, 6 reçues.
    Couvent de Maimyo : 8 , 8 .

    A propos décoles, dès la première séance du Conseil Législatif, une forte offensive a été déclenchée par un des membres de lextrême-gauche contre le Président. Combien le Gouvernement dépense-t-il pour entretenir ses écoles ? Combien pour les écoles confessionnelles ? Et les écoles nationales, que vont-elles avoir ?... Tout autant de grenades lancées, il est vrai, par une main encore inhabile, mais qui sexcusera, on le sent, et affermira son poignet. Gare à nous !

    Des écoles ! Des écoles ! Donnez-nous de bons maîtres et maîtresses décole, foncièrement chrétiens ! Tel est le cri poussé par tous les missionnaires. A force de crier, le P. Gilhodes a fini par se faire entendre : quatre Surs Franciscaines de Marie deux européennes et deux indigènes, vont sinstaller après Pâques à Htung, en plein pays kachin, à quelques kilomètres de la frontière chinoise, pour diriger lécole de filles. De son côté, à Lamaïbang, le P. Juéry vient douvrir un atelier de forge pour les garçons. Il y a 30 ans les Kachin étaient tous des brigands : malheur à qui osait saventurer sur leur territoire inviolable et inviolé ! Aujourdhui, sous la douce influence de Celui qui a dit : Beati pacifici, ils attendent avec impatience les anges de douceur et de dévouement qui leur sont annoncés.

    Nous avons salué, en février, S. Exc. Sir Harcourt Butler, premier Gouverneur de la Birmanie. Pour tous il a eu un mot aimable et, si seulement les gens veulent bien se laisser gouverner, la Birmanie va devenir un pays... de cocagne !

    Laos

    Nous avons eu lhonneur de revoir Mgr Lécroart, Visiteur Apostolique. Accompagné des PP. Tuxler et Delalex, il quittait Vinh en automobile le 21 février et arrivait le lendemain soir à Nong Seng, où lattendait Mgr Gouin, entouré dune quinzaine de missionnaires ou prêtres indigènes et dune foule de chrétiens. Conduit processionnellement à la cathédrale, il y fut reçu à lentrée par le curé de la paroisse, après quoi Monseigneur Gouin le remercia dêtre venu de si loin pour visiter notre Mission et nous apporter la bénédiction du Saint-Père, et lui rappela que le premier missionnaire qui pénétra au Laos, il y a près de 300 ans, et remonta le Mékong jusquà Vientiane, le R.P. Jean-Marie Léria, appartenait à la Compagnie de Jésus.

    Mgr le Visiteur répondit quil était heureux de se trouver au Laos, quil désirait connaître depuis longtemps, et dapporter aux pionniers de lEvangile en ce lointain pays les encouragements et les bénédictions du Saint-Père.

    Durant la trop courte semaine dont il pouvait disposer, Mgr Lécroart tint tout dabord à voir en particulier chacun des missionnaires et prêtres indigènes, à qui il donna les meilleurs conseils, insistant surtout sur la communion fréquente et la dévotion à. la Sainte-Vierge ; puis il visita les quelques uvres de Nong-Seng et la chrétienté de Don-Don, la plus rapprochée. Sa Grandeur aurait bien désiré voir dautres postes et surtout pousser jusquà Oubone, la première chrétienté laotienne, mais ce sont des voyages de 8 à 15 jours quauraient demandés ces déplacements, et force fut dy renoncer. Le 2 mars, Mgr reprenait le chemin de Vinh, nous laissant tous encouragés et fortifiés pour continuer luvre de Dieu.

    Maïssour

    Le 4 janvier, Mgr Despatures quittait Bangalore pour sa première tournée de Confirmation dans les districts de Mudigere et de Chickamangalur. Durant les vingt-deux jours que dura cette tournée, Monseigneur couvrit environ 700 milles (1200 kilomètres), administrant le sacrement de Confirmation à environ 14 % de la population catholique de ces deux districts. Ce chiffre peut paraître étrange à première vue ; il sexpliquera facilement quand on saura que ces districts, dont la population est très flottante et disséminée, navaient pas été depuis seize ans.

    Partout où il alla, Monseigneur reçut un accueil très cordial dans les paroisses, chez les Hindous, les protestants, voire même chez les païens. Il y eut bien quelques heures un peu dures, mais le vieil adage : Vive la joie quand même ! fit oublier la fatigue, le retard apporté aux heures des repas et peut-être la maigre chère.

    La population de ces districts étant, comme nous lavons dit, très disséminée, il ne fut pas toujours possible de réunir les confirmands dans les églises ; force fut parfois dadministrer le sacrement dans les travellers bungalows, sous des vérandas et même dans des hangars.

    Monseigneur est rentré le 22 janvier, enchanté de sa première visite. Bangalore est en plein dans le progrès. Le Collège St-Joseph semble avoir donné lélan par ses conférences éducatrices avec projections. Les Couvents du Bon-Pasteur et de St-Joseph seront bientôt aussi possesseurs de lanternes. Le zélé vicaire de la paroisse St-Joseph, suivant lexemple donné par le P. Cochet, illustre maintenant ses catéchismes à laide une lanterne dernier cri, et le Collège, ne pouvant décemment se laisser dépasser par tant de concurrents, sest immédiatement pourvu dun ciné éducateur.

    Kumbakônam

    Les Surs catéchistes Missionnaires de Marie Immaculée ont quatre établissements dans la Mission et leurs travaux sont vraiment bénis de Dieu. Dans le courant du dernier exercice elles ont obtenu 352 baptêmes dadultes et 2.726 baptêmes denfants in art. mort. Leurs 5 dispensaires ont compté 98.894 présences et 33.050 assistances de malades à domicile. Le personnel se compose de 39 Surs européennes, 11 Surs indigènes et 3 postulantes.

    Lévénement important pour elles, lan dernier, a été louverture de lhôpital Sainte-Anne à Kumbakônam, dont le Bulletin a entretenu ses lecteurs. Depuis lors on a construit de nouvelles salles pour les femmes, ainsi quun pavillon pour les brahmines.

    1923/249-265
    249-265
    Anonyme
    France et Asie
    1923
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