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Chronique des Missions et des Etablissements communs 3

Chronique des Missions et des Etablissements communs Tôkyô Notre nouveau confrère, le P. Candau, débarquait enfin à Yokohama le 21 janvier. 28 ans d’âge, lieutenant pendant la guerre, trois années de stage à Rome durant lesquelles il a conquis de haute lutte le doctorat en philosophie et en théologie. Dieu nous envoie beaucoup de recrues comme celle-là ! Plusieurs de nos confrères sont retenus en France par la maladie ; ici plusieurs commencent à sentir lourdement le poids de l’âge : notre Mission a grand besoin de renfort.
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    Chronique des Missions et des Etablissements communs
    Tôkyô

    Notre nouveau confrère, le P. Candau, débarquait enfin à Yokohama le 21 janvier. 28 ans d’âge, lieutenant pendant la guerre, trois années de stage à Rome durant lesquelles il a conquis de haute lutte le doctorat en philosophie et en théologie. Dieu nous envoie beaucoup de recrues comme celle-là ! Plusieurs de nos confrères sont retenus en France par la maladie ; ici plusieurs commencent à sentir lourdement le poids de l’âge : notre Mission a grand besoin de renfort.

    Le Bulletin n’a pu que mentionner brièvement, dans son dernier numéro, l’audience accordée par le Prince Régent à M. Sorret, Supérieur Général de la Société de Marie, le 24 décembre dernier. Il ne sera pas sans intérêt de revenir sur cette réception, honorable surtout pour nos chers Marianistes, mais importante aussi au point de vue catholique et français.

    Arrivés au Palais impérial, M. Claudel, Ambassadeur de France, et le Supérieur sont reçus par le Maître des Cérémonies, M. Okubô, ancien élève de l’Etoile-du-Matin, qui les introduit dans un salon où ils trouvent encore un ancien élève, M. l’Amiral Yamamoto, avec lequel ils se rendent dans la salle de réception. Après la présentation faite par M. Claudel et les salutations d’usage, le Prince, s’adressant au Supérieur Général, lui dit : “Je suis heureux de recevoir aujourd’hui un éducateur aussi distingué ”. M. Sorret répond qu’il est très honoré de l’audience qui lui a été accordée et que tous les Frères de Marie, particulièrement les Frères japonais, seront très flattés de la distinction qui, en sa personne, est accordée aux Ecoles dirigées par les membres de sa Société. Le Prince alors tend la main au Supérieur et lui exprime sa reconnaissance pour l’œuvre que les Marianistes ont réalisée au Japon, et sa grande satisfaction d’avoir lui-même étudié le français dans des livres classiques publiés par eux. L’entretien se continua ainsi pendant un quart d’heure. En le terminant, le Prince exprima ses vœux pour le succès des Ecoles des Frères de Marie et pour l’heureux retour du Supérieur en Europe. Ainsi prit fin une audience qui n’eut rien de banal et qui laissa, dans le souvenir de ceux qui y assistèrent, la plus heureuse impression.

    Comme nous l’avons dit, M. Sorret a reçu le 3e degré (commandeur) de l’Ordre du Soleil-Levant, dont les insignes lui seront remis à Bruxelles par M. Adachi, ambassadeur du Japon. M. Heinrich, provincial, décoré du 4e degré (officier) du même Ordre, en a reçu les insignes des mains de M. l’Amiral Yamamoto dans une belle boîte de laque.

    Que la Société de Marie, décorée en la personne de son Supérieur Général et d’un de ses membres les plus distingués, agrée nos bien sincères félicitations, et que ce lui soit une consolation de penser que, s’il est que, s’il est quelque part des gouvernements qui, aveuglés par le sectarisme, préfèrent se passer de ses services, le Japon, lui, ne craint pas de les accepter et de les reconnaître officiellement.

    Nagasaki

    Les PP. Mayrand, de Tôkyô, et Nagata, d’Osaka, sont arrivés à Nagasaki vers le milieu de janvier, et depuis lors ils travaillent, avec les PP. Raguet et Urakawa, à une refonte du catéchisme japonais, que l’on désire rendre plus complet, en même temps que plus simple et plus facile à comprendre.

    Le P. Raguet, toujours infatigable, est allé, en décembre dernier, prêcher une retraite au petit troupeau de catholiques japonais de Shanghai.

    Hakodate

    Un décret de la S. C. de la Propagande, en date du 25 novembre 1924, autorise Mgr Berlioz à transférer sa résidence épiscopale de Sendai (où, en vertu d’un décret de la même Congrégation, il s’était installé en 1902) à Hakodate, où la cathédrale, incendiée en 1921, a été reconstruite. Bien que de proportions modestes, elle est du plus pur style ogival, et le mobilier de la nouvelle église : autels, chaire, etc., est vraiment remarquable. A côté de la cathédrale s’élève un modeste presbytère ; mais, pour que Hakodate redevienne le centre de la Mission, il y manque encore l’évêché et une Procure qui puisse recevoir les confrères au moment de la retraite annuelle. En attendant que l’on puisse réaliser cet important desideratum, Mgr Berlioz s’installera modestement dans le village de Kameda, à quelques kilomètres de sa ville épiscopale.

    Seoul

    Une lettre du Procureur général à Rome annonce à Mgr Mutel que, de l’avis du Promoteur de la Foi, la cérémonie de Béatification de nos Martyrs de 1839 et 1846 aurait lieu probablement au commencement de juin, peut-être en la fête de la Sainte Trinité (7 juin). La réunion pour fixer le sort des 17 martyrs pour lesquels on demandait une enquête supplémentaire n’a cependant pas encore eu lieu : on pense qu’elle se tiendra en février. Les ébauches des peintures à exposer à Saint-Pierre sont terminées et le peintre a commencé son travai. Les deux bannières à suspendre de chaque côté du chœur représenteront, l’une le martyre de Colombe Kim et de ses 8 compagnons, l’autre l’interrogatoire de Pierre Ryou lançant à ses juges un morceau de chair détaché de son corps en lambeaux. Sous le péristyle sera représenté le martyre de Mgr Imbert et de ses deux missionnaires, les PP. Maubant et Chastan ; enfin dehors, au balcon de la loggia de la Bénédiction, le groupe de tous les Martyrs en costume de cérémonie. Ce dernier tableau aura 6 mètres de largeur, non compris la bordure.

    Le P. Launay a terminé la grande Vie de nos futurs Bienheureux ; il attend, pour la faire imprimer, l’issue de la dernière réunion.

    Un décret du Gouvernement Général annonce que les temples shintoïstes (jinja (caractères chinois), qui jusqu’à présent dépendaient de la “Section des Religions” au Bureau de l’Education, sont placés désormais sous la juridiction des Affaires Intérieures, comme cela existe au Japon depuis plusieurs années. C’est un des moyens employés pour prouver au public que les jinja ne sont pas des édifices cultuels, mais purement civils, ainsi que les cérémonies qui s’y célèbrent.

    Taikou

    Un recensement général doit avoir lieu en Corée le 1er octobre prochain.

    Un aviateur coréen se propose d’établir entre Seoul et Singishu un service régulier d’aéroplanes.

    On dit que la police aurait découvert à Tôkyô un complot ourdi par des Coréens pour faire sauter la Chambre des Députés.

    A Tôkyô, au prix de 50.000 yen, a été construit un établissement pour loger les étudiants coréens.

    Le 16 janvier, un tremblement de terre a été ressenti à Keuitjyang : les oscillations se prolongèrent durant une demi-heure.

    A Taikou, un certain nombre de jeunes Coréens ayant voulu manifester à l’occasion de l’anniversaire de la mort de Lénine, ont été arrêtés par la police.

    Moukden

    La colonie japonaise de Mandchourie augmente d’année en année, et Mgr Blois désire vivement procurer aux catholiques des lieux de prière et de réunion. L’an dernier, l’administration japonaise de Dalny, qui compte plus de 200 baptisés, lui offrit un emplacement : on s’empressa d’y bâtir une chapelle et une résidence pour le missionnaire. Dernièrement Mgr était encore avisé que l’administration de Fushun mettait à sa disposition un terrain pour la même fin. Fushun est le plus grand centre houiller de Mandchourie : on extrait journellement plus de 7.000 tonnes de charbon, dont la plus grande partie est exportée par les ports d’Ingtse, de Dalny et de Port-Arthur. Il y a, sur place, employés dans les mines ou occupant d’autres emplois, plus de 200 chrétiens chinois. La future chapelle rendra donc service à la fois et aux Japonais et aux Chinois.

    Ainsi, en deux ans, deux oratoires auront été élevés dans les deux plus grands centres japonais de Mandchourie.

    A Moukden même, les Japonais ont depuis plusieurs années un lieu de réunion dans leur concession, et, autant que les circonstances le permettent, un des vicaires de la cathédrale va y célébrer la Messe et administrer les sacrements.

    Pourquoi nos catholiques chinois n’ont-ils pas l’esprit de prosélytisme et la générosité de leurs voisins ? Il est vrai que la plupart de ceux-ci sont plus fortunés et plus instruits : il y a parmi eux des ingénieurs, des juges, des professeurs. Grâce à leur position, ces catholiques ont une réelle et heureuse influence, et ils en usent souvent pour aider à la conversion de leurs compatriotes.

    Le premier jour de l’an chinois, nous avons eu le plaisir de revoir le P. Soumireu, que l’éloignement (son poste, à l’extrême nord de la Mission, est à plus de 500 ly de Moukden,) et la maladie avaient retenu de longs mois dans son district.

    Les pronostics sur la nouvelle année sont plutôt inquiétants. Les païens n’ont pas manqué de remarquer qu’au moment où ils faisaient leurs traditionnelles superstitions du premier jour de l’an, les chiens ont aboyé, ce qui, d’après eux, est de mauvais augure. Si les ânes braient, au contraire, c’est l’indice d’une année tranquille. Or les Aliborons de la contrée sont demeurés muets, tandis que la gent canine s’en est donné à cœur-joie : présage néfaste. De plus, cette année, l’almanach officiel chinois et le calendrier européen ne concordaient pas pour le 1er jour de la 1e lune : encore mauvais signe. I1 en fut ainsi lors de l’insurrection des Boxers, qui eut lieu en une année où l’on avait changé le calendrier. Tous ces Pronostics inquiètent fort nos gens, chrétiens aussi bien que païens.

    Kirin

    Une grande partie des troupes mobilisées lors de la guerre avec le Tchely étant rentrées dans leurs anciennes garnisons, il en est résulté une accalmie dans le brigandage, accalmie favorisée, du reste, par les fêtes du nouvel an chinois.

    Le Bulletin a mentionné, dans son numéro de janvier dernier, le pillage de la chrétienté de Wangkiatoun. Les saintes Espèces ayant été profanées, Mgr Gaspais a prescrit une cérémonie réparatrice, qui a eu lieu, le 1er vendredi de janvier, dans toutes les églises de la Mission. La mégère qui conduisait les brigands a été prise et fusillée. Avant de l’exécuter on l’a fait poser devant l’objectif et la photographie de cette illustre guerrière, connue sous le nom de Touolong, se vend à bon prix à Kirin et à Changchun.

    Notre séminariste, Paul Yu, est arrivé à Rome le 24 décembre et, dès le lendemain, il entrait au Séminaire de la Propagande. Dans une lettre où il fait part de ses impressions de voyage, il est une phrase que je me reprocherais de ne pas citer : — “Ce qui m’a le plus satisfait, dit-il, c’est l’accueil des RR. PP. Procureurs.” Certes aucun confrère n’ignore le charitable accueil qu’on reçoit dans nos Procures, mais, sous la plume de notre séminariste chinois, cette phrase nous a causé un tel plaisir que je n’ai pu résister au désir de la rapporter ici.
    Tchongking

    La bénédiction solennelle du Carmel du Sacré-Cœur a eu lieu le 13 janvier. Le P. Claval, Supérieur de la Mission, présida la cérémonie, à laquelle prirent part tous les missionnaires de la ville de Tchongking. Les élèves du Collège Saint-Paul exécutèrent les chants. Une nombreuse assistance et un temps superbe rehaussèrent l’éclat de la fête. Les Carmélites, dès le 15 janvier, s’installèrent dans leur nouveau monastère.

    Notre jeune confrère le P. Blanchard, arrivé en décembre, a été envoyé à Tientche pour apprendre le chinois : bon courage !

    Suifu

    Les autorités de la sous-préfecture de Lochan ont organisé un concours général des écoles primaires et primaires supérieures de leur arrondissement. Toutes y ont été conviées. Le P. Pierrel a accepté l’invitation pour les écoles de son district. Le concours a eu lieu à Kiatin-fu dans la seconde quinzaine de novembre dernier, et les résultats viennent d’être publiés. 45 écoles primaires et 10 écoles primaires de garçons, quelques écoles primaires et primaires supérieures de filles y ont pris part. Nos écoles ont obtenu :
    Garçons (140 environ): 1 médaille d’argent, 25 prix, 30 mentions ;
    Filles (150 environ) : 5 médailles d’argent, 26 prix, 9 mentions.

    L’abstention des écoles protestantes a été fort remarquée.
    Le 1er janvier a passé inaperçu du peuple ; seules les administrations l’ont fêté en fermant leurs bureaux, ce qui ne les a pas empêchées de célébrer plus solennellement et plus longuement le 1er jour de l’an chinois.

    Tatsienlou

    La population de Tatsienlou pousse un long soupir de soulagement : elle est enfin délivrée de l’armée de bandits qui, l’opprimait depuis quelques mois et qui, rappelée dans l’intérieur du Setchoan, a évacué la ville le 23 décembre. La Chambre de Commerce et les riches marchands furent naturellement mis à contribution pour payer les frais de ce départ inespéré : il leur en coûta 17.000 piastres, sans le paiement desquels la ville aurait été pillée ou incendiée, et peut-être les deux. L’énergie des chefs cependant nous préserva de tout malheur. Seul le Président de la Chambre de Commerce fut emmené de force : on ne sait trop dans quelle intention.

    Depuis lors les membres de l’ancienne administration, pour la plupart réfugiés à la Mission, ont été invités à constituer un gouvernement provisoire, qui assure la sécurité de la ville. Nous rendons grâces à notre bonne Mère du ciel d’avoir protégé nos personnes et nos établissements en des jours si critiques !.

    Grâce à cette accalmie, nous avons pu célébrer en paix les fêtes de Noël : à la seule paroisse de la cathédrale il y a eu 170 communions.

    Les nombreux réfugiés à la Mission catholique ont peu à peu regagné leur domicile en ville.

    Le nouvel an européen a passé inaperçu, et même le bon vieux konien chinois perd beaucoup de son ancienne solennité.

    Les restes du général anglais Pereira, mort l’an dernier au cours d’un voyage d’exploration, ont été transportés à Tatsienlou par les soins du P. Ménard. Il repose maintenant dans notre cimetière, à côté des missionnaires. Sa tombe est recouverte d’un monument semblable à celui de nos confrères, sur lequel on a gravé l’épitaphe composée par le Dr Thompson, son compagnon de voyage.

    A Noël 13 baptêmes à Tampa et 2 à Mowkong.
    Dans le Loutsekiang le mandarin civil ordonne au peuple de cultiver le pavot.

    Du Thibet indien nous apprenons avec regret que la santé du cher P. Hervagault ne s’améliore pas.

    Ningyanfu

    Notre Mission a perdu un de ses bons ouvriers en la personne du P. Dugast, mort de la fièvre typhoïde le 31 décembre. Il travaillait depuis 14 ans au Kientchang.

    Yunnanfu

    Toujours pas de nouvelles certaines de notre pauvre confrère, le P. Piton, prisonnier des brigands depuis plus d’un an. Les deux délégués, le P. Salvat et Lieou Kiè, continuent les pourparlers, bien que le chef des brigands, Yang Y-tien, ait posé des conditions dont plusieurs sont inacceptables. Le P. Salvat demande avant tout un autographe du captif, ne fût-ce que sa signature avec la date. Le pirate répond que le Père est bien vivant, mais caché très loin, qu’il faut du temps pour avoir le document demandé, et il voudrait que, même avant de le recevoir, on se mît d’accord sur les conditions de sa libération. Ces exigences nous font craindre de plus en plus que notre confrère n’ait succombé aux rigueurs de sa captivité.

    L’hiver est particulièrement froid, cette année. A Tchaotong le thermomètre a marqué 15o au dessous de zéro. Grâce à la neige, on espère que la petite récolte de printemps sera bonne et mettra fin à la misère qui sévit un peu partout.

    Kouiyang

    Nous avions espéré être délivrés bientôt de la présence des indésirables troupes yunnanaises, qui devaient, disait-on, céder la place aux soldats de Yuen Tsoumin et retourner dans leur province. Il n’en est rien : elles sont encore au Kouytcheou, où elles se trouvent bien et se conduisent en véritables brigands.

    Quand donc pourrons-nous jouir de la tranquillité ?...

    Lanlong

    Mgr Carlo s’est mis en route le 2 janvier pour visiter la partie nord-est de la Mission. Espérons qu’il ne sera pas inquiété par les pillards qui parcourent sans cesse cette région.

    La ville de Lanlong, qui avait consenti à donner 4.000 piastres aux soldats yunnanais pour payer leurs frais de déplacement et être débarrassée de leur présence, se voit maintenant imposée de 40.000 piastres à verser au plus tôt. De plus, les Yunnanais, se proposant d’aller combattre les troupes du Kouangsi, parlent d’établir ici une base de ravitaillement pour leurs soldats. Cette nouvelle a mis la ville en émoi et nombre d’habitants se préparent à émigrer ailleurs.

    La sécheresse, qui a fait périr à peine sorties de terre les céréales de printemps, nous menace d’une famine plus dure encore que celle de l’an dernier ; que sera-ce s’il faut nourrir en plus les troupes de province voisine ?... Heureusement la neige est arrivée ; peut-être permettra-t-elle des semailles tardives qui sauveront les pauvres gens.

    Canton

    Le Saint-Père a remis à Mgr de Guébriant, lors de son voyage à Rome, la somme de 50.000 francs pour la léproserie de Sheklung.

    Le P. Le Restif est rentré de la Trappe de N.-D. de Consolation, où il était allé faire une retraite. Il a été chargé d’un cours de latin au Séminaire.

    Le P. Marsigny, récemment agrégé à la Mission, est chargé de la fondation d’un district à Samsui.

    Les hostilités ont repris en différents points de la province, à Sheklung en particulier. Da pacem, Domine !

    Pakhoi

    Le 12 janvier, la ville de Tonghing a subi un grave désastre. Vers 2 heures de l’après-midi, un violent incendie éclatait subitement dans le quartier le plus commerçant et, en l’espace de quelques heures, 80 maisons étaient devenues la proie des flammes. Le feu se propagea avec une telle rapidité que l’on ne put presque rien sauver ; encore fallait-il se garder contre les pillards, ce à quoi s’employèrent efficacement les hommes de la police. Tout le monde était affolé ; la lutte contre l’incendie semblait impossible: l’unique pompe de la ville ne put fonctionner, et l’on dut payer jusqu’à 20 cents une charge d’eau. Mais la Providence allait envoyer du secours. Le commandant du poste français de Moncay envoya en toute hâte 30 soldats avec une pompe. A peine arrivés, ils déployèrent tant d’énergie, de dévouement, de mépris du danger, que, grâce à eux, le sinistre put être circonscrit et tout danger écarté. Les Chinois ne purent cacher leur admiration. Dans les rues on entendait dire de tous côtés : “Sans les Français, toute la ville était détruite !” Et d’autres ajoutaient malicieusement : “Hé bien ! maintenant les Français seront-ils encore des diables d’étrangers ? ” Partout c’est un concert de louanges et la Chambre de Commerce a décidé d’offrir à nos soldats un témoignage de sa reconnaissance.

    Depuis le 1er février le centre de la Mission a été transféré de Fort-Bayard à Pakhoi. Les autorités du Gouvernement de l’Indochine ont mis à la disposition du Vicaire Apostolique le vapeur Espadon pour lui faciliter le transport des personnes et du mobilier. Mgr Gauthier et ses compagnons de voyage ont été accueillis à Pakhoi avec des témoignages non équivoques de bienveillance et de joie : cette réception a adouci pour eux la peine de quitter Fort-Bayard et sa colonie française, à laquelle ils garderont toujours un doux et reconnaissant souvenir.

    Souhaitons que ce transfert profite au bien des âmes et au progrès de l’œuvre d’évangélisation.

    Nanning

    La ville de Nanning a été assiégée pendant une semaine par une armée que l’on dit forte de 10.000 hommes, alors que les défenseurs ne sont que 2.000. Un assaut fut donné le 4 février et la bataille dura jusqu’au lendemain matin. La garnison, trop inférieure en nombre, dut se retirer dans la ville murée, mais la ville marchande, hors de l’enceinte des murs, a été livrée au pillage. Ce sont naturellement les plus grosses maisons de commerce, les banques, les magasins d’opium, qui ont le plus souffert. Les soldats, tous anciens pirates, s’emparaient de l’argent et des valeurs ; puis les malandrins venus à leur suite faisaient main basse sur le reste : étoffes, meubles, etc. Après cet exploit, les assaillants se retirèrent dans les villages des alentours, où l’on n’ose pas les poursuivre. On s’attend à une nouvelle attaque, et les habitants vivent dans des transes continuelles.

    Hanoi

    A la Communauté de Keso ont eu lieu les deux retraites annuelles. Celle des prêtres indigènes fut prêchée par l’un d’eux : c’est un pas vers le progrès. Celle des missionnaires fut prêchée par le P. Dalaine, Supérieur du Grand-Séminaire de Xadoai, dont les instructions, pleines de doctrine et données avec une diction impeccable, ont été fort remarquées et demeureront longtemps dans la mémoire des auditeurs, pour leur plus grand avantage spirituel. Espérons que nous aurons le plaisir de l’entendre d’autres fois.

    Après les retraites, cinq missionnaires et cinq prêtres annamites ont été nommés juges pro-synodaux.

    Une épidémie de variole sévit dans diverses régions du Tonkin et fait un assez grand nombre de victimes. Les médecins de l’Assistance publique vont vacciner jusque dans les plus petits villages pour essayer d’enrayer le mal.

    Nos braves paysans se demandent si, par hasard, le Génie de la pluie n’aurait pas abandonné le pays. En effet, depuis trois mois il n’est pas tombé une goutte d’eau dans nos régions : les rizières sont à sec et nombre de champs n’ont pu être mis en culture faute d’eau. La moisson prochaine est bien compromise et le prix du riz augmente toujours.

    Vinh

    Aux Quatre-Temps de décembre Mgr Eloy a ordonné 7 nouveaux prêtres. Grâce à cet accroissement du clergé, trois nouvelles paroisses ont pu être fondées. Le nombre de nos prêtres annamites est maintenant de 155.

    Les retraites annuelles du clergé ont eu lieu, comme de coutume, au mois de janvier : celle des missionnaires d’abord, puis celle des prêtres indigènes. Ces derniers ont pu rentrer dans leurs paroisses avant les fêtes du nouvel an annamite.

    L’hôpital de Xadoai a eu, en 1924, une très nombreuse clientèle : ses 60 lits ont été presque constamment occupés. Le nombre total des hospitalisés a été de 1256. Le dispensaire a été également très fréquenté : on y a enregistré plus de 15.000 consultations.

    Grande sécheresse dans tout le pays : pas de pluie depuis 3 mois. Les rizières sont presque toutes à sec, et, comme les récoltes précédentes ont été tout à fait médiocres, il n’y a, pour ainsi dire, pas de réserve de riz dans la région, et c’est la famine en perspective pour nos pauvres Annamites.

    Hunghoa

    La retraite de nos prêtres indigènes devait être prêchée par le P. Schlicklin, Provicaire de la Mission de Hanoi ; il en fut empêché par la maladie, au grand regret des retraitants, qui, pour la plupart, ont été ses élèves. Nous espérons que cette fâcheuse indisposition n’aura pas été de longue durée.

    Après les prêtres indigènes, ce sont les missionnaires qui se sont réunis à Hunghoa, où ils furent heureux de revoir, bien remis de sa phlébite, notre cher doyen le. P. Robert, que le long voyage de Laokay à Hunghoa n’avait pas effrayé, malgré le froid assez vif et le temps pluvieux.

    Phatdiem

    Au moment où le Bulletin nous annonçait l’apparition du livre du P. Degeorge : A la conquête du Chau-Laos, nous apprenions la nomination du P. Canilhac comme Provicaire spécialement chargé de cette région. Ces chrétientés éloignées ont eu déjà plusieurs Provicaires : le P. Perreaux, qui mourut de la fièvre des bois en 1881, six mois après son arrivée en ce pays malsain ; le P. Gelot, qui y fut massacré en 1884 avec 5 autres missionnaires et 47 catéchistes ou servants ; enfin le P. Blanchard, qui, en 1907, mourut aussi de la fièvre des bois.

    Le P. Canilhac, qui évangélise le Chau-Laos depuis son arrivée en mission, sera le digne successeur de ces admirables missionnaires. Que le Seigneur lui conserve pendant de longues années encore la belle santé dont il a joui jusqu’ici et que ni les fatigues, ni les privations, ni les intempéries, ni les pénibles courses apostoliques, ni la fièvre des bois elle-même, n’ont pu ébranler depuis 20 ans !

    Le P. Varengue, avant de remonter dans ses montagnes et de réintégrer sa forêt, a profité des quelques semaines de repos qu’il prend à Phatdiem pour prêcher une retraite au Carmel de Buichu, récemment fondé dans les Missions dominicaines du Tonkin.

    Quinhon

    La retraite des missionnaires, qui commencera le 18 février, sera prêchée par le P. Bourlet, de la Mission de Phatdiem. A cause des distances, nous n’avons de retraite commune que tous les deux ans ; les autres années, missionnaires et prêtres indigènes prennent part à des retraites régionales.

    Nous avons fait pour nos écoles les déclarations exigées par l’Administration, mais toutes ne sauraient se prétendre en règle le décret, qui, il est vrai, nous promet deux années sans tracasseries administratives. En vue de procurer des maîtres à nos écoles deux jeunes gens préparent leurs examens chez les Frères et 10 élèves-catéchistes entrent à l’Ecole Gagelin dans le même but.

    Le P. Jannin est nommé Supérieur de la Mission bahnare en remplacement et jusqu’au retour du Provicaire, le P. Kemlin.

    Depuis la mort du P. Salomez et en attendant la nomination d’un titulaire c’est le P. Garrigues qui prend soin du district et Hadua.

    Le 1er janvier, les élèves de l’Ecole Cuenot, à Kontum, sont allés, musique en tête, présenter leurs vœux au Résident, et un élève a lu un petit discours en français. M. le Résident a répondu, en français également, et a été compris du plus grand nombre de ses jeunes auditeurs, ce qui est tout à l’éloge des élèves et des maîtres.

    Hué

    Notre retraite a eu lieu du 7 au 13 janvier. Nous n’étions que 26 retraitants : six de nos confrères s’étaient trouvés dans l’impossibilité de se joindre à nous.

    Le 16, commençait, à l’Ecole Pellerin la retraite des Frères de Hué et de Kimchau (Quinhon). Le “petit” Père Godet a, huit jours durant, exercé son zèle de “grand” prédicateur. A l’issue de cette retraite, trois Frères indigènes (un de Saigon, un de Quinhon et un de Hanoi) ont prononcé leurs vœux perpétuels, et quatre postulants (deux de Saigon, un de Quinhon et un de Hué) ont pris l’habit religieux et sont entrés au noviciat.

    Pendant les fêtes du têt (premier de l’an annamite), le cinéma Huong-giang (Fleuve des Parfums) de Hué a représenté le grand film d’art “Christus”. Français et Annamites, chrétiens et païens, assistaient très nombreux aux séances. Plaise à Dieu que, par ce moyen, des semences de conversion aient été jetées dans beaucoup de cœurs !

    Phnompenh

    Le P. Blondet, atteint d’une congestion du foie, a dû se rendre à l’infirmerie du séminaire de Culaogieng, mais des soins intelligents et dévoués lui ont permis, après quelque temps, de rentrer dans son district de Banam.

    Mgr Bouchut, accompagné des PP. Bernard et Prallet, est allé au Mont-Bockor pour y passer quelques semaines et y prendre des forces en vue de la période des chaleurs. Heureusement une vague de froid passe sur le Cambodge : le 2 février le thermomètre est “descendu” à 17o C. à Phnompenh ; or, comme la température du Bockor est généralement inférieure de 8o à 10o à celle de la plaine, on peut juger du froid réconfortant dont jouiront nos vénérés villégiateurs et de la vaillance avec laquelle ils affronteront ensuite les chaleurs et les travaux du Carême et de Pâques.

    Malacca

    Les religieuses de Saint-Maur, qui, l’année dernière, avaient ouvert une nouvelle école à Klang, dans l’Etat de Selangor, viennent de faire une autre fondation à Johore, où, comme à Klang, elles se sont installées provisoirement dans des maisons de location. Le 14 janvier, Mgr le Coadjuteur bénissait la nouvelle école, qui, le lendemain, ouvrait toutes grandes ses portes à la gent écolière de la capitale de Son Altesse le Sultan Ibrahim. D’ores et déjà le P. Henri Duvelle a préparé un magnifique emplacement tout près de sa belle église: il n’y manque plus que les bâtisses et l’argent pour les édifier.

    Nous avons reçu la visite de Mgr Rayssac, en route pour sa visite ad limina. S. G. n’a pas voulu passer par la Malaisie sans s’y arrêter pour revoir son ancien évêque, Mgr Mérel, et visiter ses séminaristes chinois au Collège de Pinang. Rentré à Singapore, Mgr a officié pontificalement, le premier jour de l’an chinois, à l’église Saint-Pierre, où il retrouvait beaucoup de chrétiens de sa Mission de Swatow.

    La mauvaise tête du P. Goyénètche (au physique s’entend, car au moral le P. Gou (caractères chinois) est le plus charmant des confrères), nous a procuré le plaisir de sa visite à Singapore. Le brave curé des “Douleurs”, en charge de deux paroisses jusqu’au retour du P. Renard, avait trop présumé de ses forces ; aussi éprouvait-il depuis quelques semaines une fatigue plus qu’ordinaire, qui faisait craindre des complications dans sa tête, mise à mal pendant la guerre par les projectiles boches. Sur l’avis de son docteur, il est donc venu se faire radiographier à Singapore : la radiographie heureusement n’a accusé rien d’anormal, et notre confrère est rentré rassuré à Pinang.

    Monseigneur a béni le nouveau Petit-Séminaire qui vient d’être construit à Saranggong par la maison française Brossard et Mopin ; l’établissement a été mis sous le patronage de saint François-Xavier.

    Birmanie Méridionale

    Nos chers “revenants” sont déjà au travail. Le P. Bonnet a repris charge de son poste et continue l’érection de son église. Voilà donc les deux voisins, le P. Bonnet à Nyaunggon, et le P. Mayrieux à Kyaiklat, atteints à la fois de la maladie de la pierre (en Birmanie, de la brique). En avant les paris ! Lequel des deux sera guéri le plus vite ? Lequel nous invitera le premier à une solennelle bénédiction ?

    Le P. Fargeton, dont la santé demande encore beaucoup de ménagements, a été nommé à la Léproserie de Rangoon, où il pourra recevoir tous les soins nécessaires. Le P. Rieu, qu’il remplace, recevra, après un court repos, sa nouvelle destination.

    Le 11 janvier a eu lieu l’ordination de 4 minorés, qui vont incessamment repartir pour Pinang où ils doivent faire leur dernière année de théologie. Si les prévisions se réalisent, nous aurons donc 4 nouveaux prêtres l’année prochaine. Ils seront certes les bienvenus.

    Quatre autres de nos séminaristes viennent de rentrer du Collège Général pour commencer leurs deux années de probation.

    La récolte de riz est surabondante ; depuis bien des années on n’en avait eu une pareille. On compte qu’il y aura environ 3 millions de tonnes en surplus pour l’exportation. Les associations bouddhistes cherchent à empêcher les cultivateurs de vendre au dessous d’un certain prix. Or ce prix est beaucoup trop élevé et les naïfs qui leur obéissent risquent fort de ne pas vendre leur récolte. Ils ne veulent pas voir et comprendre que, lorsqu’il y a abondance, les prix baissent en proportion.

    Birmanie Septentrionale

    Multiplicasti gentem et lœtitiam. Le 25 janvier 1925 restera, dans les annales de la Mission et dans notre souvenir, une date à jamais mémorable. Au matin de ce beau jour, dans la cathédrale de Mandalay remplie de fidèles et en présence de 16 missionnaires, Mgr Foulquier, le cœur débordant de joie, conférait les Ordres mineurs à 2 tonsurés et la prêtrise à 4 diacres récemment arrivés du Collège Général de Penang. Quatre nouveaux prêtres le même jour ! Ne souriez pas, vous, les privilégiés pour qui une ordination de ce genre est chose courante. Pour nous, les déshérités, qui n’avons pas eu d’ordination depuis 1912, et de 2 prêtres seulement, c’est un événement de grande importance.

    Trois des nouveaux ordonnés sont les prémices de notre Petit-Séminaire de Maymyo, ouvert en 1913. Nous avons maintenant 9 prêtres indigènes, avec le bon espoir de voir dans deux ou trois ans nos deux minorés venir augmenter ce nombre. Nous pensons bien aussi que, parmi nos 15 petits-séminaristes de Maymyo et nos 15 étudiants de Penang, le bon Dieu en choisira d’autres pour le saint ministère.

    Le Couvent des Sœurs de St.-Joseph a aussi reçu du renfort. Les 3 postulantes birmanes, envoyées il y a deux ans au noviciat de Moulmein, sont, leur profession faite, rentrées au berceau de leur vocation, où elles travaillent avec un zèle admirable.

    Nos Sœurs de St.-Joseph de l’Apparition, dont la Maison-Mère se trouve à la Capellette (Marseille), ont en ce moment la visite de Mère Xavier, l’une des quatre Assistantes de la Supérieure Générale de leur Congrégation, répandue maintenant dans le monde entier et qui, à Mandalay et Maymyo, nous rend d’immenses services.

    Nazareth

    Le Supérieur de Nazareth a reçu la lettre suivante. Lui et ses collaborateurs expriment à S. E. Mgr le Délégué Apostolique leur profonde reconnaissance pour les encouragements et les vœux qu’il daigne leur adresser.

    DÉLÉGATION APOSTOLIQUE
    EN CHINE

    Pékin, 21 janvier 1925

    Cher Père Supérieur

    Il m’arrive parfois de lire en retard le Bulletin de la Société des Missions-Étrangères ; mais jamais je ne le place dans la bibliothèque de la Délégation sans en avoir parcouru les pages, où il est si beau de rencontrer l’écho de la vie apostolique de la Société et où souffle un esprit si surnaturel.

    C’est pour cette raison que j’ai appris tard la nouvelle de la célébration du 40e anniversaire de la fondation de la Maison de Nazareth. Mais je tiens à partager la joie de cette heureuse solennité, et vous prie d’agréer, vous et tous vos collaborateurs, mes félicitations et mes vœux, en même temps que j’envoie un respectueux souvenir et fais une prière à la mémoire des fondateurs et de vos prédécesseurs.

    Dès mon arrivée à Hongkong, j’avais été pris par le charme de Nazareth et de Béthanie, où rayonne ce que S. Paul appelle solatium charitatis (Phil II, 1), charitas veritatis (2 Thess. II, 10).

    Ce magnifique foyer de Nazareth, où les Pères viennent se renouveler dans la ferveur de leur sainte vocation, avec sa belle devise : ora et labora, ne sert pas seulement à entretenir et à développer la pratique des vertus qui sont la condition préalable des œuvres des Missions ; mais, grâce à un travail admirable, à une intelligence éclairée dans les productions de la presse, il a créé cette grande aide aux Missions, cette imprimerie apostolique, qui est une gloire pour la Société et un mérite singulier pour cette Maison.

    On ne saurait désormais travailler à défricher le champ du divin Maître sans l’aide de la bonne presse.

    L’esprit apostolique, l’érudition et la connaissance de la langue chinoise, qui ont présidé aux travaux de cette Maison, font honneur aussi à la France, qui sait apprécier la contribution scientifique de ses vaillants enfants.

    Agréez donc l’expression de ma sympathie et mes félicitations bien cordiales, mes meilleurs vœux aussi pour un long travail de vrai Missionnaire, c’est-à-dire pour procurer toujours, par la prière et la presse, plus de gloire à Dieu : par la prière, afin d’attirer sur les Missions les grâces d’en-haut, parce que nous savons bien que sine me nihil potestis facere ; par la presse, afin de rendre les plus grands services aux Missionnaires et aux prêtres chinois qui s’efforcent et luttent pour répandre le royaume de Dieu dans cet immense et cher pays de la Chine.

    Le Délégué Apostolique:
    † CELSO COSTANTINI,
    Archevêque tit. de Théodosie.

    Séminaire de Paris

    De Marseille où il a passé trois jours en revenant de Rome, Monseigneur le Supérieur transmet à tous les membres de la Société les bénédictions dont le Saint-Père l’a chargé avec effusion pour les Missions-Étrangères. Il y joint ses vœux personnels et chaleureux pour que l’année 1925, qui va être à Rome, grâce à l’Exposition, une année d’apothéose missionnaire, voie se rétablir tant de santés ébranlées qui retiennent loin de leur champ de travail trop de bons ouvriers ; qu’elle voie nos chères Missions toujours mieux servies par des dévouements toujours plus nombreux, plus fidèles, plus féconds dans leurs saintes entreprises.

    Le samedi 20 décembre, les cérémonies de l’ordination ont été célébrées par Mgr Chaptal, auxiliaire de Paris : 3 prêtres, 15 diacres, 11 sous-diacres, 20 minorés et 6 tonsurés y ont pris part. A Rome, le même jour, deux aspirants recevaient le diaconat.

    Mgr Chaptal a bien voulu adresser quelques mots aux deux communautés réunies de Paris et de Bièvres et leur a parlé de l’immigration polonaise en France.

    Le lendemain, première messe solennelle d’un des nouveaux prêtres, et, le lundi 22, pèlerinage à N-D. des Victoires et sortie l’après-midi.

    L’état sanitaire est assez satisfaisant. Un aspirant, atteint de pleurésie, n’a pu participer à l’ordination : il est en bonne voie de guérison.

    La conférence du lundi 22, à l’Institut Catholique, a été donnée par Mgr Jarosseau, Vicaire Apostolique des Gallas.

    Lundi 29, réunion, chez M. Létourneau, de l’Amicale Missionnaire, sous la présidence de Mgr Le Roy.

    Les PP. Fabre et Beigbeder ont accompagné Monseigneur à Rome, où se trouvaient alors, outre les habitués de la Procure, les PP. Chorin et Béchet, de Siam. Le P. Flachère a dû rentrer en France la semaine dernière, après avoir travaillé plus de deux mois avec les PP. Mollat et Riouffreyt à installer au Vatican la section de l’Exposition réservée aux Missions-Étrangères. La Société devra une grande reconnaissance au P. Mollat et à ses deux collaborateurs, qui ont su à eux trois obtenir un résultat comparable, sinon supérieur, à ce qu’ont mis sur pied les plus puissantes Sociétés missionnaires servies par un personnel nombreux de religieux et de frères. Nous sommes, au jugement de tous, dans les tout premier rangs. L’Exposition dans son ensemble sera un succès, mais elle devra, comme le reconnaît hautement le Saint-Père lui-même, à l’extraordinaire bonne volonté que lui ont consacrée les Missions et les Missionnaires. Du reste, chacun pourra se renseigner en lisant la Revue de l’Exposition, dont une édition française paraîtra chaque mois.

    Monseigneur a eu de longues audiences du Cardinal Van Rossum, du Cardinal Gasparri et du Saint-Père lui. même. Le dernier mot que le Cardinal Préfet de la Propagande lui ait adressé en le quittant est celui-ci : “Merci, merci et encore merci pour les services immenses que votre Société rend à l’Eglise”.

    A l’inauguration de l’Exposition par le Pape, le 21 décembre, et à l’ouverture de la Porte Sainte le 24, Monseigneur le Supérieur était présent. Pendant son séjour à Rome il s’est rencontré avec les Cardinaux Laurenti et Locatelli, avec les ambassadeurs de France et de Pologne, avec Mgr Dorgongini-Duca, Mgr Ajuti, Mgr Boudinhon, Mgr Cieplak et d’autres prélats ou ecclésiastiques. La béatification de nos Martyrs de Corée le ramènera sans doute à Rome au printemps. Il est à remarquer que, outre les béatifications nombreuses, il y aura en 1925 cinq canonisations françaises : le Curé d’Ars, le P. Eudes, la Petite Sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus, les Bses Barat et Postel.

    Les souhaits de nouvel an ont été présentés au nom de tous au P Boulanger, Assistant, en l’absence de Monseigneur, par le P. Bernat, le soir du 31, et les aspirants ensuite ont échangé les leurs selon la bonne et vieille coutume.

    Du 1er janvier au 31 décembre 1924, 30 confrères sont rentrés en France et 28 sont repartis pour leurs missions respectives.

    Pendant la même période, nous avons reçu 41 nouveaux aspirants.
    Le P. Jaricot est allé à Lille, aux fêtes de Noël, visiter les Annamites catholiques et catéchumènes qui s’y trouvent.

    Monseigneur renouvelle pour un an la faculté de bénir et d’indulgencier à tous les confrères qui en avaient le pouvoir selon la feuille donnée.




    1925/161-180
    161-180
    Anonyme
    France et Asie
    1925
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