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Chronique des Missions et des Etablissements communs 2

Chronique des Missions et des Etablissements communs Séminaire de Paris
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    Chronique des Missions et des Etablissements communs

    Séminaire de Paris

    Nos confrères ont su quà loccasion du troisième centenaire de saint François-Xavier le bras droit du Saint, conservé ordinairement à Rome, au Gesu, fut transporté cette année en Espagne où il reçut, particulièrement aux pays basques, un accueil enthousiaste et plein de vénération. La même piété fervente a salué la précieuse relique dans ses stations de retour à travers la France missionnaire. Paris a eu le privilège de la garder une journée, et notre Séminaire linsigne faveur de la conserver une heure. Exposée sur le maître-autel de la crypte de 7 h. à 8 h. du matin, devant nos deux communautés réunies, nous lavons pieusement baisée tour à tour, nos aspirants ont chanté avec toute leur âme les louanges du Patron des missionnaires, et nous lavons bien prié pour tous.

    Emportée par Mgr le Supérieur dans quelques communautés voisines pour quelques instants, la relique arrivait un peu avant neuf heures à léglise paroissiale St-François-Xavier, pour y être exposée toute la journée. Nos communautés et Mgr le Supérieur à leur tête assistèrent aux offices solennels que présidait S. Exc. Mgr le Nonce Apostolique. Laffluence fut extraordinaire : la place de léglise, autrefois place St-François-Xavier (devenue depuis quelques années place Mithouard), était noire de monde : beaucoup de personnes ne purent pénétrer à lintérieur pendant la cérémonie.

    La solennité de nos BB. Martyrs a réuni les deux communautés à Bel-Air, le 24 novembre et Monseigneur y a officié pontificalement pour la première fois.

    Mgr Odelin ayant donné sa démission de Président du Conseil de la Propagation de la Foi à Paris, Rome a confirmé le choix du Conseil, qui sétait porté sur Mgr Descamps, depuis deux ans Président national de luvre de St-Pierre pour le clergé indigène. Mgr Descamps sest conquis toutes les sympathies du monde missionnaire par son amabilité, son dévouement, sa connaissance de plus en plus approfondie des questions qui se rapportent aux missions et son inlassable activité. Luvre de la Propagation de la Foi à Paris est en bonnes mains.

    Nous avons eu récemment la visite de S. G. Mgr Ribeiro Vieira de Castro, évêque de Méliapor (Indes) à qui le Saint-Siège vient de confier la mission douvrir au Portugal un Séminaire pour les Missions. S. E. le Cardinal Gasparri lui avait recommandé de sarrêter à la Rue du Bac pour sinspirer autant que possible de notre Règlement, de nos méthodes, de notre esprit. Le digne évêque la fait dautant plus volontiers quil a connu beaucoup de nos confrères aux Indes, a fait plusieurs séjours à notre Sanatorium des Nilgiris, et nous porte beaucoup destime et de sympathie. Il parle parfaitement le français.

    Le peintre qui avait exécuté pour notre chapelle les deux grands tableaux de béatification de 1900 et de 1909, M. Millochau, vient de nous donner un portrait-buste à lhuile du P. Delmas, qui est dune exactitude frappante. Ce portrait complétera au réfectoire la galerie des anciens supérieurs du Séminaire.

    La librairie Letouzey ayant commencé la publication dune collection sur les différentes Congrégations ou Sociétés religieuses, le P. Launay a consenti à faire figurer dans cette collection son volume La Société des Missions-Étrangères , qui a déjà fait tant de tien. Louvrage, entièrement revu et mis au point avec les dernières statistiques, se présente avec une illustration pleine dattraits et une superbe petite carte en couleurs de nos Missions.

    Le jour même de la fête de nos Martyrs a paru le premier carnet de cartes postales de la Collection Missions-Étrangères, que le P. Mollat se propose de faire éditer petit à petit. Ce premier carnet contient 10 cartes postales. Il est consacré à nos Martyrs. Il est en vente au prix de 1 fr.

    Les confrères savent avec quel zèle certains de nos missionnaires se dévouent en France au recrutement de nouveaux aspirants. Les principales difficultés quils rencontrent viennent de lignorance dans laquelle on se trouve dans notre pays à légard du but, de lorganisation et du travail de notre Société. Pour faire apprécier notre uvre et lui attirer de nouvelles sympathies et de nouveaux ouvriers, il faut dabord la faire connaître.

    On se rendra compte de leffort accompli en ce sens en apprenant quau cours de lannée qui vient de sécouler il a été envoyé ou vendu, un peu partout, en France et en Belgique :

    Tracts ou brochures 11.800
    Vie du B. Théophane Vénard 576
    Les BB. Martyrs de la Société des M..E. 435
    Les Sauvages Bahnars . 320
    Vie de Mgr Retord 90
    LAme dun Missionnaire (P.Nempon) . 78
    Un Vaillant davant-guerre (P. Fraysse) 18
    Un Chevalier-Apôtre (P. Chicard) 36
    La Société des M.-E... 200
    Martyrs et Poètes . 70
    Cartes postales . 3.850
    Images de nos Bienheureux 7.000
    Sans compter plusieurs exemplaires de lHistoire de Corée, des Vies de Mgr Puginier, de Mgr Ridel, du Bx Bonnard, du P. Barrier, etc.

    *
    * *

    Nous avons enfin eu, en France, notre première grande Journée de Missions. Ce qui avait été tenté jusquici dans notre pays ne constituait à cet égard que de timides essais. A Lille, grâce au zèle de Mgr Descamps et au crédit dont il jouit dans ce diocèse, à lappui très bienveillant de S. G. Mgr Quilliet et à une organisation qui navait rien dimprovisé, la Journée missionnaire du 3 Décembre marque une étape importante dans le mouvement de sympathie populaire créé par ces sortes de manifestations en faveur de lapostolat lointain.

    Dès le 29 Novembre souvrait dans la grande salle de lévêché une Exposition dobjets de missions (cartes, photographies, tableaux graphiques résumant par chiffres, courbes, diagrammes, etc., luvre des missionnaires, travaux exécutés par les indigènes, objets curieux des pays de missions, costumes, idoles, portraits de missionnaires célèbres, etc, etc.). Il y eut 14 comptoirs ou stands appartenant à 14 Congrégations différentes, dont 4 de religieuses. Du mercredi au lundi une foule innombrable défila sans interruption. Au milieu de la salle on pouvait se procurer livres, cartes postales, plaquettes, et rares étaient ceux qui sortaient de la salle sans emporter un souvenir acheté ici ou là.

    Le stand des Missions-Étrangères comprenait trois tableaux annamites empruntés à la Salle des Martyrs, avec deux petites vitrines contenant quelques reliques des nôtres. Au milieu un tableau statistique de grand effet donnait en résumé létat de notre personnel, de nos uvres et de nos positions en Extrême-Orient 1. Une trentaine de photographies représentant les différentes races évangélistes et quelques-uns de nos plus beaux monuments religieux, distribuées sur deux panneaux, encadraient et illustraient la statistique. Sur la table, recouverte dune broderie chinoise, étaient disposés à une extrémité les ouvrages du P. Launay sur nos Missions, et à lautre extrémité quelques exemplaires, les plus frappants par la bizarrerie des caractères, des volumes sortis de notre Imprimerie de Hongkong. Ici et là, quelques objets exotiques, un gong japonais, un gong birman, un costume de mandarin annamite, quelques idoles chinoises et siamoises, etc..


    1. Voir ci-contre une réduction de ce tableau.

    La Croix du Nord, la Semaine Religieuse, la Dépêche, eurent les appréciations les plus
    bienveillantes sur ce stand qui était, à leur avis, un de ceux qui parlaient le plus éloquemment aux yeux et au cur.

    Deux aspirants-prêtres, MM. Detry et Peyrat, pendant toute la semaine, avec un zèle admirable, et... une prenante éloquence, si lon en juge par le cercle dattentifs qui se reformait sans cesse autour deux, donnaient des explications sur notre Société, nos Missions, nos Martyrs. Plus de 300 volumes, un millier de brochures diverses et 5.000 cartes postales furent enlevés de notre table.

    Les Jésuites, les Lazaristes, les Oblats, les Franciscains, les Pères Blancs, les Missions Africaines de Lyon, les Missionnaires du Sacré-Cur dIssoudun et les Marianistes avaient, eux aussi, des stands remarquables. Les religieuses qui avaient exposé étaient les Surs Blanches, les Surs Franciscaines Missionnaires de Marie, les Surs de St-Joseph de Cluny et les Surs Auxiliatrices du Purgatoire.

    Le dimanche, des missionnaires de diverses Congrégations tinrent la chaire dans quinze églises différentes à toutes les messes, et le soir il y eut dans six salles des conférences avec projections. Le P. Mollat parla le matin à léglise St-Maurice, sur la Chine, et le P. J. Michotte donna une conférence sur les Indes, le soir, au Patronage dEsquermes. A 3 heures, léglise St-Maurice ouvrait ses vastes nefs à la foule venue de toutes les paroisses pour entendre Mgr de Guébriant, Mgr lEvêque de Lille présidait la cérémonie. Les vêpres furent dabord chantées par Mgr Descamps, et Mgr de Guébriant parla à une immense assemblée de plusieurs milliers de personnes. Pour illustrer sa parole et peindre aux yeux ce que fut à travers les siècles laction conquérante de lEglise, on avait organisé un cortège historique, qui déroula une heure durant entre les rangs pressés des fidèles et obtint grand succès.

    Cétait dabord la naissance de lEnfant-Dieu porté dans sa crèche par quatre petits anges et adoré par les bergers, le défilé solennel des rois Mages dans leurs riches costumes orientaux, puis Jésus prêchant son Evangile, suivi des douze Apôtres quil sest choisis. Venaient ensuite les grandes uvres qui soutiennent les apôtres : la Sainte-Enfance, dont la bannière était suivie par un groupe de religieuse de tout costume ; la Propagation de la Foi, représentée dans la stature de S. François-Xavier portée sur les épaules de quatre prêtres étrangers : un Chinois, un Yougoslave, un Brésilien et un Hollandais, et suivie dun groupe de missionnaires de tous ordres ; luvre de Saint-Pierre enfin. Puis, dominant tous ces groupes, et clôturant la procession, lEglise, debout sur la barque de Pierre : à ses pieds, des enfants agenouillés représentant les diverses nations de toute couleur, et sur les bords de la barque, des anges tenant le filet symbolique de la pêche des âmes... Ce dernier tableau vivant était particulièrement impressionnant.

    Le soir, Monseigneur Descamps groupait autour de lui pour de très cordiales agapes tous les missionnaires ouvriers de cette Journée. Il leur disait sa joie des succès obtenus, son ambition de faire mieux encore, leur annonçait une nouvelle Journée à Roubaix pour le 4 février, leur en faisait prévoir à Rouen, à Amiens.

    Mgr de Guébriant fut linterprète de tous pour remercier Mgr Descamps et lui dire la profonde reconnaissance et la confiance absolue missionnaires.

    A Strasbourg avait lieu en même temps quà Lille une Fête des Missions ; elle consistait surtout dans une exposition dornements, linge, calices, etc., au profit des Missions : les sermons dans les églises étaient donnés par les missionnaires dAfrique.

    Le 7, accompagné du P. Gérard, Monseigneur est allé, sur linvitation de Mgr Besson, passer trois jours à Fribourg. Là Sa Grandeur a donné une conférence avec projections le 8 et, le dimanche 10, un sermon à la Collégiale pour loctave de St François-Xavier. Le dimanche soir encore, Monseigneur a donné une conférence à lAssociation académique en faveur des Missions. Le P. Schmidt, directeur de lAntropos, y a parlé ensuite en allemand.

    Sur la proposition de S. G. Mgr Berlioz, évêque de Hakodate, et avec lapprobation unanime du Conseil Central, Monseigneur le Supérieur a admis comme membre honoraire de la Société des M.-E. S. G. Mgr Jean Dunn, évêque titulaire de Camuliana, auxiliaire de Mgr larchevêque de New-York, en considération du zèle et de la grande générosité de ce prélat pour nos Missions et notre Société, zèle et générosité particulièrement manifestés à nos confrères des Missions Japon.

    Les réunions mensuelles des Associées de luvre des Partants ont repris en novembre. La première réunion fut présidée par Monseigneur : celle de décembre le fut par le P. Chambon, qui intéressa vivement son auditoire par une causerie sur les Missions du Japon.

    Le P. Chabagno, ayant confié la Procure des Missions du Japon au P. Chambon, a pu prendre ses fonctions de Directeur des Aspirants-soldats, que le P. Fouque remplissait par intérim depuis un an.

    Le P. Nassoy a parlé dans le diocèse de Metz ; le P. Depierre dans de Montauban, Perpignan, Carcassonne, Toulouse ; le P. Michotte dans ceux de Lille, Arras, Amiens et Cambrai.

    Le Fr. Boittiaux a reçu la croix et le diplôme de Chevalier de lOrdre de lEtoile Noire en reconnaissance du dévouement avec lequel il donna ses soins aux troupes noires, en qualité de caporal-infirmier.

    Le 23 décembre, Monseigneur a ordonné 14 prêtres, 4 diacres, 4 sous-diacres, 5 minorés et 1 tonsuré.

    Rome

    Grâce à la bienveillance de Mgr Fumasoni-Biondj, dont il avait été le secrétaire au Japon, le P. Chambon a eu le bonheur dêtre présenté au Saint-Père et de recevoir une bénédiction bien paternelle pour lui-même, pour son ancienne Mission, et pour tous ceux quil porta dans son cur, selon lexpression même du Souverain Pontife.

    Mgr Fumasoni-Biondi, Secrétaire de la Propagande, ancien Délégué Apostolique aux Indes et au Japon, est nommé Délégué Apostolique aux Etats-Unis. Il est remplacé à la Propagande par Mgr Marchetti-Selvaggiani, archevêque titulaire de Séleucie et auparavant Nonce à Vienne depuis 1920.

    Le Promoteur de la Foi a informé notre Procureur général que la Congrégation préparatoire sur le martyre des Vén. Imbert, Maubant, Chastan et de leurs 79 compagnons coréens est fixée au 22 mai. Cette bonne nouvelle permet despérer pour lannée 1925 la béatification de ces Martyrs.

    Marseille

    Le 24 novembre, se sont embarqués sur lAmboise pour regagner leurs Missions les PP. Bonhomme (Coch. Orient.), Sion (Coch. Occid.) Entressangle (Cambodge), Sovignet (Kumbakônam) et Noïl (Pondichéry).

    Montbeton

    Le Sanatorium compte actuellement 27 pensionnaires. Complet !
    Une mission a été prêchée à la paroisse : elle a duré 15 jours. Le prédicateur a fait appel au dévouement toujours prêt du P. Sibers, qui a donné une bonne demi-douzaine de sermons. A la cathédrale de Montauban, le sermon de la solennité de lImmaculée-Conception fut encore donné par le P. Sibers.

    Sanatorium de Béthanie

    36 confrères appartenant à 16 missions ou établissements commun ont séjourné au Sanatorium pendant lannée 1922 : le total des journées dhospitalisation a été de 2529, soit une moyenne de 7 malades par jour ou de 70 jours par malade.

    Le P. Roudière, Provicaire de Swatow, y a rendu son âme à Dieu le 28 Juin..

    Le 31 décembre 12 confrères étaient présents au Sanatorium : les PP. Schlicklin, Provicaire du Tonkin Occidental ; Costenoble, Provicaire du Kouangsi ; Guillaume (Swatow), Abonnel (Coch. Occid.), Mialon (Taikou), Reynaud (Hakodate), Beuve (Tôkyô), Savina (Haut Tonkin), Guibé (Cambodge), Elie Décrouïlle (Coch. Orient.), Séosse (Kouangsi) et Guesdon (Cambodge).

    Tôkyô

    Chiffres extraits du Compte-rendu de lexercice 1921-22.

    Population catholique 10.800
    Baptêmes :
    Dissidents 22
    Adultes 281
    in art. mort. 347
    Enfants de chrétiens 278
    de païens in art. mort. 296

    Le Séminaire a 20 élèves, dont 5 du diocèse dOsaka.

    Ecoles des Frères de Marie (Marianistes)
    A Tôkyô : Ecole supérieure 604
    primaire 536
    A Yokohama : Ecole de commerce 230


    Ecoles des RR. PP. Jésuites.
    A Tôkyô : Ecole supérieure 171
    Pensionnat pour catholiques 40

    Ecoles des Dames de Saint-Maur
    A Tôkyô : Ecole supérieure de filles 425
    primaire 75
    maternelle 97
    Cours pour demoiselles 455

    A Yokohama : Pensionnat européen 185
    Ecole supérieure japonaise 285
    primaire 155
    maternelle 60
    Ouvroir 25
    Orphelinat 100

    A Shizuoka : Ecole supérieure 660
    maternelle 72
    Cours pour demoiselles 18

    Ecoles des Surs de St.-PauI de Chartres.

    A Tôkyô : Ecole supérieure 397
    primaire 286
    maternelle 104
    Cours pour demoiselles 235
    Orphelinat 22

    Ecoles des Dames du Sacré-Cur.
    A Tôkyô : Ecole supérieure 167
    primaire 207
    maternelle 47
    européenne 146
    normale 30

    *
    * *

    Son Excellence Mgr Giardini a quitté la capitale le 10 janvier et sest embarqué le 11 à Kôbe pour procéder à la visite apostolique de Formose, que navait pu faire son prédécesseur, Mgr Fumasoni.

    Les Dames du Sacré-Cur, établies à Tôkyô depuis 1908 et dont les écoles comptent actuellement 600 élèves, se proposent au printemps prochain de jeter les bases dun nouvel établissement dans la mission dÔsaka. Le futur Institut sera, daprès leurs plans, situé entre les deux centres importants de Kôbe et dÔsaka.

    Mandchourie Méridionale

    Mgr Blois est en tournée pastorale dans le nord-est de la Mission. Cette époque de lannée est la moins favorable pour pareille visite, tant à cause de la température (souvent 40º C.) que de linsécurité des routes. Avant le nouvel an chinois MM. les brigands de profession tiennent à garnir leur gousset. Une de leurs bandes, en train dopérer dans les parages que devait visiter Mgr, a obligé S. G. à modifier son itinéraire. Et dire que la province de Moukden, fief principal de notre Maréchal Tchang Tso-lin, est encore la plus tranquille de toute la Chine !

    Le 25 décembre, le P. Huchet, qui souffrait depuis une dizaine de jours dun anthrax au cou, se rendit à lhôpital japonais de Leao-yang. Louverture de labcès eut lieu avec succès, mais le diabète, dont Père était atteint depuis longtemps, amena des complications. Le 28, létat du malade saggravant, il reçut les derniers sacrements dans les dispositions les plus édifiantes, et, le lendemain à 11 h. du matin, il rendait son âme à Dieu. Les funérailles eurent lieu le 31, en présence de nombreux confrères et dune foule de chrétiens. La Mission a perdu en lui un de ses bons ouvriers.

    Avant la guerre russo-japonaise (1904-05), les Russes parlaient en maître à Moukden. Aujourdhui il ne reste plus, dans la capitale mandchoue, que 5 à 600 réfugiés venus de Vladivostok, officiers avec leurs familles, et un vaste cimetière, dont le plus bel ornement est une superbe chapelle en granit, desservie par un pope japonais venu de Tôkyô. Pauvre sainte Russie, elle croyait. bien venir à bout du catholicisme, du moins chez elle et en Mandchourie, et cest elle qui se meurt !

    Setchoan Occidental

    Le P. Viret, sujet à des malaises fréquents, a été déchargé de la paroisse de la cathédrale de Tchentou, confiée désormais au P. Poisson, lequel est remplacé, comme supérieur du Probatorium, par le P. Roux junior.

    Un incendie, attribué à la malveillance, a détruit les bois de construction entassés sur le chantier du futur Pensionnat des Frères Maristes. Cest une lourde perte pour la Mission, qui se voit obligée de remettre à plus tard la réalisation dune uvre pourtant si nécessaire.

    Pendant quà Genève on annonce que la Chine se guérit de lopium, les fumeries se multiplient et sétalent au grand jour sur toutes les routes. De tous côtés le peuple des campagnes sème et cultive le pavot. Cela nous promet de beaux jours !

    A Lao mien-tcheou se manifeste un mouvement de conversions : dans la ville même le P. Perrodin compte déjà 170 adorateurs sérieux. Il lui faudrait immédiatement des maîtres décole instruits et surtout zélés et prudents.

    La retraite annuelle des missionnaires sest ouverte le dimanche 7 janvier.

    Thibet

    Groupe des Indes. Depuis quil a vu le jour notre cher Bulletin a souvent parlé du Thibet ; cette extraordinaire Mission comprend, a-t-il dit, trois groupes bien distincts, séparés par de grandes distances et desservis par des voies toutes différentes. On a parlé du 1er groupe (région du Setchoan), du 2e groupe (région du Yunnan) ; mais jamais un mot du 3e groupe (région des Indes). Hélas ! cest que nous sommes perdus dans notre mountain pocket, et bien peu des membres de notre chère Société savent que trois vieux 1 (moyenne 33 ans de mission) montent la garde à la frontière et, sans se décourager, donnent de rudes coups de pioche afin denfoncer une porte fermée à double tour. Verront ils ou leur laissera-t-on le temps de voir cette porte tomber en morceaux ? cest le secret du bon Dieu. Mais que peuvent bien faire ces trois missionnaires, loin de leur évêque et de tous leurs autres confrères ? Ils travaillent à la fondation dune Mission, et il est difficile dimaginer les souffrances et les sacrifices quune pareille uvre exige deux. A Padong il y a un petit groupe de bons chrétiens, qui ont fait et font encore ladmiration de tous les missionnaires (et ils sont assez nombreux) qui viennent nous voir, de belles églises, de grandes écoles, dont une secondaire ; il y a aussi des orphelinats et des asiles pour vieillards. Il manquait une Congrégation de religieuses ; maintenant cest un fait accompli. Au mois de janvier dernier le Supérieur, malgré sa vieillesse, entreprenait la construction dun grand couvent, qui jusquà ce jour a coûté la modique somme de 40.000 roupies. Les Religieuses de Saint-Joseph de Cluny doivent venir sy établir au début de 1923. Sous peu le couvent sera trop petit, car il y a de nombreuses demandes dadmission. Au mois de novembre un jeune homme qui, lannée dernière, avait revêtu la soutane, a reçu la tonsure des mains de S. G. Mgr lArchevêque de Calcutta. Ce jeune homme est en seconde année de théologie ; dans trois ans il viendra aider les vieux à défricher le champ du bon Père de Famille ; ce sera pas trop tôt ! Voilà en quelques mots ce que font les missionnaires du Thibet-Sud. Leur uvre est digne de très grand intérêt. Ils demandent le secours des prières de tous les lecteurs de notre cher Bulletin ; ils en ont besoin pour mener à bonne fin leur uvre de défrichement.

    Groupe du Yunnan. A la fin de septembre dernier, le P. Ouvrard, Supérieur du groupe, a fait, comme délégué de Mgr Giraudeau, la visite des deux postes du Loutsekiang et y a administré la Confirmation aux néophytes du P. Génestier, au nombre de 45.

    Le 21 septembre, les trois confrères réunis pour la circonstance, les PP. Ouvrard, Génestier et André, commencèrent leur retraite annuelle, linsécurité des routes ayant empêché la réunion ordinaire à Tsechong, centre du groupe.


    1. Les PP. Douénel, supérieur, Hervagault et Durel.


    Kientchang

    S. G. Mgr Bourgain, revenant de la Conférence épiscopale de Suifu, a fait le sud de la Mission, une tournée pastorale longue et fatigante, mais qui a apporté bien des consolations au cur de notre Evêque. Dans tous les postes visités, à Houi-li, à Kiang-tcheou, etc., la réception fut plus que solennelle, enthousiaste. Plusieurs centaines de chrétiens reçurent le sacrement de Confirmation. Partout il y eut des pétards à profusion ; partout aussi les païens vinrent nombreux assister aux cérémonies catholiques, qui ne laissent pas de produire en eux une impression salutaire.

    Yunnan

    Le 5 décembre dernier, les élèves du Petit-Séminaire, faisant une promenade dans la direction de He-long-tan, tombèrent au milieu dune troupe de brigands. Ce fut un sauve-qui-peut général ; néanmoins quatre élèves furent pris. Douze jours après, lun deux fut relâché, porteur des conditions des brigands : 10 fusils ou 5.000 piastres. Le 30 décembre, un second captif apporte dautres conditions : on ne demande plus que 1.000 piastres pour relâcher les deux derniers élèves. Les prisonniers nont pas à subir de mauvais traitements et il y a tout lieu despérer que sous peu ils nous reviendront sains et saufs.

    Vu linsécurité des routes aux environs de Yunnanfu, le gouverneur invite les Européens à ne pas sortir sans escorte.

    Le gouverneur de la province du Setchoan a accordé à notre confrère le P. Salvat une médaille dor de Ie classe.

    Mgr de Gorostarzu, revenant de la réunion épiscopale de Suifu, a fait une longue tournée pastorale dans le nord-est de la Mission.

    Kouytcheou

    Extrait du compte-rendu annuel de 1921-22.
    Population catholique 35.023
    Baptêmes :
    Adultes 275
    in art. mort. 471
    Enfants de chrétiens 971
    in art. mort. 2.969
    Confessions 73.122
    Communions 113.763
    Ecoles paroissiales de garçons : 53 1.188 élèves
    de filles : 38 808

    Il est à remarquer que, faute de personnel, 6 districts sont sans titulaire, que ladministration de plusieurs chrétientés na pu être faite complètement à cause des troubles ; enfin que, par suite du coût de la vie, un assez grand nombre de familles chrétiennes ont émigré en dautres provinces.

    Dans les chiffres ci-dessus sont compris ceux qui se réfèrent à la nouvelle Mission de Lonlang, laquelle nétait pas encore officiellement constituée lors de la clôture du dernier exercice.

    Le brigandage continue dans la province. Le 2 décembre dernier, deux de nos prêtres indigènes ont été capturés, puis relâchés deux jours après, indemnes, mais dépouillés de tous leurs bagages : calice, ciboire, linges sacrés, montre, vêtements, etc.

    Notre gouverneur a dû faire acte dautorité pour mettre fin aux agissements des étudiants excités par quelques professeurs bolchevistes. Il a interdit les réunions, et un professeur, qui avait voulu discuter avec lui, fut saisi, garrotté et faillit être fusillé. Il ne dut son salut quà lintervention de quelques amis ; mais il a été conduit en prison et passera en jugement. Tout le monde approuve cette mesure, le bolchevisme faisant des progrès effrayants parmi les écoliers.

    Les cinq religieuses du Couvent de N.-D. des Anges sont heureusement arrivées le 29 décembre à Kouiyang, terme de leur long voyage. Quelles soient les bienvenues et que le bon Dieu leur accorde plein succès dans les uvres quelles vont entreprendre !


    Lanlong

    Du compte-rendu annuel nous extrayons les chiffres suivants, se rapportant à la partie du Kouytcheou qui va désormais appartenir à la Préfecture Apostolique de Lanlong.
    Population catholique. 7.345
    Oratoires . 21
    Catéchistes . 20
    Vierges indigènes 15
    Baptêmes:
    Adultes 108
    in art. mort. 98
    Enfants de chrétiens 191
    in art. mort. 483
    Confessions. 8.920
    Communions 18.407
    10 Ecoles de garçons . 193 élèves
    5 de filles . 95

    Pour avoir un état complet il faudrait ajouter aux chiffres ci-dessus des 3 districts du Kouangsi cédés à la nouvelle Mission, mais ils ne sont pas encore venus à notre connaissance.

    Canton

    Le P. Pradel, retour de France en bonne santé, a repris le service de la Procure de la Mission. Le P. Laurent, qui lavait remplacé pendant son absence, sest transporté à Shameen (île séparée de Canton par un canal et où sont les concessions européennes) : il y résidera et chargé du soin de la communauté catholique de lendroit.

    Sept des séminaristes du Kouangtong ayant terminé leurs études au Collège général de Penang, sont arrivés à Hongkong le 20 janvier.

    Canton compte 918 temples païens. Sur ce nombre, 196 ont présente leurs titres de propriété au Bureau municipal des Finances à fin dexamen. Le Bureau se propose de taxer tous les temples daprès la valeur de leurs immeubles et de supprimer ceux qui ne seraient pas constitués sous une organisation privée régulière.

    Swatow

    Swatow est encore occupé à relever les ruines causées par le typhon du 2 août. Après avoir distribué dabord des vivres, puis des habits dhiver, on sest mis à réparer les digues sur le bord de la mer. Les différentes associations indigènes de bienfaisance ont consacré des sommes importantes à ce travail, qui doit être terminé avant le printemps. Les 100.000 piastres envoyées par le Comité International de secours aux affamés du Nord de 1920 ont été affectées à ces travaux le Comité International de Swatow ; mais, comme on ne peut se fier à laveugle aux demandes de secours qui affluent de tous côtés, on a chargé les missionnaires de diverses nationalités de procéder à des enquêtes sur les besoins réels des localités éprouvées.

    Pendant que les étrangers, de concert avec les Associations de bienfaisance, soccupent ainsi de ces travaux dutilité publique, lattention du Gouvernement est absorbée par lexpédition contre le Fokien, puis par loffensive des troupes yunnanaises et kouangsinaises. Mais la municipalité de Swatow continue les travaux dembellissement de ville : les rues sélargissent, les boulevards sallongent. Pour prévenir les suites dun nouveau désastre, sil se produisait dans lavenir, on élève sur la côte plusieurs grandes constructions en ciment armé pour servir, le cas échéant, de refuge à la population des alentours.

    Kouangtong Occidental

    Les incidents habituels ont marqué la fin de lannée 1922. Assouplie quelque temps, la piraterie sest tout à coup ranimée avec une nouvelle activité. Quelques jours avant Noël, un fort parti de pirates se jetait sur le village chrétien de Tepo et sen emparait. Ce même jour le vicaire de la Ste-Trinité, le P. Joseph Yip, sétait arrêté dans ce village. Pour une fois heureusement les pirates, se montrèrent bons princes : ils ne molestèrent ni les chrétiens, ni le Père, qui put se retirer, emmenant avec lui les orphelines et leur gardienne. Ces bons pirates évitèrent même de pénétrer dans la chapelle. Attaqués le jour suivant par les réguliers, ils eurent dabord le dessus, mais finalement durent évacuer le village, laissant sur le carreau cinq ou six des leurs.

    De Lo-fao le P. Richard écrit : Le commerce (contrebande) dopium prend des proportions gigantesques. Cest par caravanes de plusieurs milliers de coolies que lon va chercher la précieuse drogue au Yunnan, soit par le Kouangsi, soit par le Tonkin. Plus possible dembaucher des travailleurs : tous les hommes valides se font enrôler pour lopium. Je dis enrôler, car tout le monde est enrégimenté avec des chefs de grades différents, étendards, escortes de fusils. Chaque coolie est payé 50 piastres par voyage ; ses frais de nourriture et autres lui sont soldés en supplément. Les jonques militaires chargent lopium quon apporte ici et qui, paraît-il, est destiné, à approvisionner tout le littoral de la Chine jusquà Pékin. Livré aux réflexions de ceux qui prétendraient que la plaie de lopium est en voie de décroissance en Chine !

    Mgr Gauthier, à peine de retour du Synode de Hongkong, a repris ses pérégrinations. En compagnie de son Provicaire et du P. Poulhazan, il sest dirigé dabord vers la ville de Loui-Tcheou, résidence notre doyen, le P. Zimmermann. De là il sest rendu à la Sainte-Trinité, où sarrêta le titulaire de ce poste, le P. Poulhazan, dont la santé est heureusement raffermie. Monseigneur et le P. Pénicaud sembarquèrent ensuite au port voisin de Kong-fong pour aborder à lîlot de Wai-tchao, puis à Pakhoi. En visitant Wai-tchao, Mgr rencontrera notre confrère, le P. Rossillon, qui revient de France et a repris possession de son poste. Un autre retour, qui intéresse notre petite colonie de Kouang-tcheou-wan et la réjouit, est celui de son Administrateur en chef, Mr. Krautheimer, lui aussi parti en congé avec sa famille et qui nous est revenu le jour même de Noël. La Mission, qui maintes fois a éprouvé sa bienveillance et ressenti son efficace appui, le voit avec grand plaisir reprendre ses fonctions.

    Les Acta Sanct Sedis ont annoncé que la résidence épiscopale de notre Vicaire Apostolique est transférée de Fort.Bayard à Pakhoi.

    On annonce également que la grande île de Hainan est détachée de notre Vicariat pour former une nouvelle Mission, qui sera confiée aux PP. Picpuciens. On sait que la Congrégation des SS, Curs de Jésus et de Marie et de lAdoration perpétuelle du T. S. Sacrement, dite de Picpus, a été fondée vers 1800 par le P. Coudrin ; elle est actuellement chargée des Missions de Finlande, des îles Hawaï, des îles Marquises, de Tahiti et de la Terre-de-Guillaume Occidentale.

    Tonkin Occidental

    Le 6 décembre, jour de clôture de la retraite du clergé indigène, avancée de quelques semaines à cause de larrivée du Visiteur Apostolique, Mgr Gendreau a ordonné à Keso 1 prêtre, 3 diacres, 2 sous-diacres et 3 minorés.

    Mgr le Visiteur Apostolique a fait son entrée solennelle à la cathédrale de Hanoi le vendredi 15 décembre à 5 h. du soir. Lorsque, après avoir, du haut du perron, donné sa bénédiction à limmense foule qui lui avait fait cortège, il fut entré à léglise, Mgr Gendreau monta en chaire et lui adressa ses souhaits de bienvenue : il le remercia de venir, au nom du Saint-Père, visiter et bénir la Mission, et lui rappela que les fils de saint Ignace furent nos devanciers dans ces belles Missions du Tonkin. La cérémonie se termina par la bénédiction solennelle du Saint-Sacrement.

    Le lendemain eut lieu la présentation officielle du clergé et des dignitaires de la paroisse de Hanoi. Sa Gr0ndeur eut pour tous quelques mots pleins de paternelle affection ; elle rappela aux missionnaires les services insignes rendus par les membres de la Société des Missions-Étrangères dans tous ces pays de lExtrême-Orient : Le plus bel éloge que je puisse faire de votre chère Société, cest quelle compte plus de martyrs que toutes les autres Sociétés. Noblesse oblige ! soyez les dignes continuateurs de vos illustres aînés ! Sadressant ensuite aux prêtres indigènes, Sa Grandeur les félicita de leur nombre et de leur zèle à étendre le royaume de Dieu au milieu de leurs congénères : Autrefois missionnaires et prêtres indigènes furent unis pour souffrir la persécution et le martyre ; aujourdhui, même union pour développer le règne de Dieu dans les âmes : ubi caritas et amor, Deus ibi est !...

    Pendant la semaine que Sa Grandeur passa à Hanoi, son temps fut pris par les visites des établissements religieux, des uvres de bienfaisance et de quelques chrétientés des environs de la ville, ainsi que par les visites des plus hautes personnalités françaises, qui tinrent à présenter leurs hommages au Délégué du Saint-Siège. Tous furent charmés par lamabilité avec laquelle Son Excellence les reçut.

    Mgr le Visiteur passa les fêtes de Noël à Keso, où se trouvent la Communauté et le Grand-Séminaire ; il chanta une messe pontificale le jour de Noël devant une immense foule de chrétiens venus de toutes les paroisses environnantes. Le clergé et les séminaristes lurent à ladresse de Sa Grandeur des compliments en latin, en chinois et en annamite, et la fanfare joua les meilleurs morceaux de son répertoire. Sa Grandeur adressa aux grands séminaristes quelques mots bien appropriés à leur état, en prenant pour texte : Stephanus autem plenus gratia et fottitudine... Grâce de Dieu et force dans le caractère : devenez des saints, soyez des hommes de volonté. Ne considérez pas le sacerdoce comme un mandarinat ; ne cherchez pas les honneurs, les dignités, comme les gens du monde. Le prêtre est le serviteur des autres et doit être détaché des choses dici-bas. Le 29, Sa Grandeur nous quittait pour se rendre à Nam-Dinh et de là dans la Mission dominicaine du Tonkin Central.

    Tonkin Méridional

    Le P. Pauthe est mort le 11 décembre à lhôpital de Vinh, où il était entré le 23 mai, atteint dune pleurésie purulente. Il a été soigné jusquà la fin avec une science et un dévouement admirables par le Docteur Hermant, qui, pendant plus de cinq mois, espéra le guérir. Mais au début de novembre, à la suite dune intervention chirurgicale, le Docteur découvrit la présence dun cancer au poumon gauche, et dès lors tout espoir de guérison fut abandonné. A partir de ce moment notre cher confrère déclina rapidement et il séteignit doucement le 11 décembre après une courte agonie. Le corps fut transporté à Xa-Doài, où les funérailles furent présidées par Mgr Eloy entouré de 13 missionnaires, du clergé de la paroisse et des élèves de nos Séminaires.

    Le P. Gourriérec, supérieur du Petit-Séminaire, très fatigué depuis Pâques, est parti pour France afin dy rétablir sa santé. Nous lui souhaitons complète guérison et prompt retour.

    Haut Tonkin

    Notre Mission vient dêtre honorée de la visite de S. G. Mgr Lécroart, Visiteur Apostolique en tournée dinspection dans les vicariats du Tonkin, accompagné de son secrétaire, le R. P. Truxler, S. J.

    Sa Grandeur, après avoir passé plusieurs jours dans les Missions du Tonkin Oriental, du Tonkin Septentrional et de Lang-Son, arrivait à Hung-Hóa le mardi 5 décembre venant de Hanoi, où le P. Hue, Provicaire, envoyé par Mgr Ramond, était allé se mettre à sa disposition pour le voyage.

    En passant à Son-Tay Mgr le Visiteur sétait arrêté environ une heure pour visiter la Mission, ainsi que lhospice et louvroir tenus par les Surs de S.-Paul de Chartres. A Hung-Hoa il fut reçu à lentrée de la cathédrale par Mgr Ramond, entouré de tous les Missionnaires et prêtres indigènes qui avaient pu venir malgré le mauvais temps.

    Laprès-midi fut consacrée à la réception des chrétiens : Mgr le Visiteur leur témoigna le plus grand intérêt, les interrogea et leur donna paternellement de précieux conseils pour devenir de jour en jour meilleurs, insistant surtout sur la communion fréquente et la dévotion à la Sainte-Vierge.

    Pendant les trois jours qui suivirent, S. G. tint à voir en particulier tous les missionnaires et les prêtres indigènes présents.

    Laprès-midi du vendredi 8 fut consacrée à la visite de la léproserie de Huong-Non et de la chrétienté de Duc-Phong.

    Le Samedi 9, Mgr le Visiteur et Mgr Ramond quittaient Hung-Hoa et à 10 heures ½ les deux prélats, escortés des chrétiens de la paroisse de Hà-Thach, arrivaient au Petit-Séminaire : là, au son des cloches, ils furent conduits processionnellement à la chapelle, où eut lieu le salut du Sacrement.

    Laprès-midi, après avoir entendu les compliments et les souhaits des élèves, Mgr Lécroart leur donna de paternels conseils et les exhorta à répondre tous à lappel de Dieu en se préparant de leur mieux à lévangélisation des païens : Spes messis in semine.

    Le dimanche 10, Mgr le Visiteur chanta la grandmesse dans la chapelle du Petit-Séminaire ; les chrétiens de la paroisse y assistèrent en grand nombre. Le soir, un salut solennel donné à léglise paroissiale termina cette belle journée.

    Les jours suivants, Mgr Lécroart, accompagné du P. Fleury, visitait successivement Yen-Bai et les concessions de Phu-Yen-Binh et Lang-Kha, sur lesquelles le Père Girod a réussi à installer plusieurs chrétientés et où trois belles églises attestent que N. S. a pris possession de ces lieux. Le vendredi, Mgr le Visiteur reprenait le chemin de Hà-noi. Au Haut-Tonkin tous garderont le souvenir de la bonté et de la bienveillante simplicité avec lesquelles Sa Grandeur accueillait tout le monde et nos vux laccompagnent dans le long voyage quil lui reste à accomplir.

    La retraite annuelle des missionnaires nous a réunis, cette fois, plus tôt que de coutume, ce qui nous a permis de faire, le lendemain de la clôture, nos adieux au cher P. Jaricot, qui nous quittait pour se rendre à Hongkong et de là en France.

    Le P. Le Gourriérec, du Tonkin Méridional, qui était, il y a 23 ans, du même départ, que le P. Jaricot, rentre avec lui pour refaire sa santé éprouvée par ce séjour déjà long dans la colonie ; il est venu le prendre à Hung-Hoa et tous deux feront encore ensemble le voyage de retour.

    Le départ du P. Jaricot laissant vacante la place de procureur, quil occupait depuis quinze ans, cest le P. Vandaele qui a été désigné pour loccuper. Cette nomination, qui nous donne lassurance que, comme auparavant, les intérêts de tous sont en bonnes, expertes et expéditives mains, fait cependant vivement regretter que le cher Père ait dû quitter, au milieu de lannée scolaire, le Petit-Séminaire, où, depuis vingt ans passés, rigth man in the rigth place, il se dévouait sans compter à 1instruction et à la formation des jeunes gens, espoir de la Mission.

    Le P. Fleury, nommé au Séminaire pour y remplacer le nouveau procureur, est monté de suite à son poste et sest mis joyeusement au travail... Peut-être sest-il surpris à fredonner ce que jadis chantaient nos aînés :

    Et quand sur cette terre
    On na pas ce quon veut,
    Il faut savoir se faire
    Au bon plaisir de Dieu

    Cest, en effet, ce quil y a de mieux !

    Tonkin Maritime

    Un incendie a mis en émoi la paroisse de Ninh-Binh la veille de Noël. A proximité de la belle église construite par le regretté P. Pilon, se trouve une Sainte-Enfance, fondée jadis par Sur Gertrude, si avantageusement connue des vieux Tonkinois. Les Surs de Saint-Paul de Chartres y ont fait beaucoup de bien, surtout aux époques de disette. Dans la suite elles ont pu sélargir, ouvrir un asile pour les vieillards infirmes, et nombreuses sont les âmes qui leur devront leur salut éternel. En 1920, par suite du manque de personnel, les Surs de Saint-Paul ont dû abandonner ce poste et le céder aux Religieuses indigènes Amantes de la Croix, qui continuent à entretenir ces uvres de leur mieux.

    Cest là que, par suite dune imprudence, le feu a pris en plein jour dans lasile des vieillards. Lincendie se propagea rapidement dans ces maisons, toutes couvertes de paillotes : il ne fut pas possible de les sauver. Le pavillon des Surs et celui de la Sainte-Enfance, dont la toiture est en tuiles, ont été épargnés. De nombreuses flammèches sont allées menacer les dépendances du presbytère, couvertes aussi en paillotes ; mais des secours arrivés promptement ont pu les préserver. Heureusement il ny a pas eu daccident de personnes à déplorer, mais les dégâts sont assez considérables pour une petite paroisse comme Ninh-Binh, qui ne compte guère que des chrétiens de fortune fort modeste. La fête de Noël fut néanmoins célébrée avec les cérémonies accoutumées et avec une ferveur plus grande encore que dordinaire.

    Cochinchine Orientale

    Selon toute probabilité, Mgr le Visiteur Apostolique narrivera pas dans la Mission avant le milieu de mars. Il ny a donc pas lieu danticiper la date habituelle de la retraite des missionnaires : elle aura lieu, sauf avis ultérieur, du 21 au 27 février.

    Une ordination doit avoir lieu le 31 janvier, qui comprendra 1 prêtre, 2 diacres, 2 sous-diacres et 9 minorés.

    Notre nouveau confrère, le P. Paul Crétin, arrivé à Quinhon le 14 décembre, a reçu le nom significatif et poétique de Père Printemps, Co. Xuan.

    Le P. Bonhomme, retour de France, nous est arrivé dans la nuit du 31 décembre comme joyeux cadeau de nouvel an. En attendant un poste définitif, il est chargé de terminer la transcription du procès du prêtre indigène Joseph Si, décapité pour la foi en 1862, qui doit être incessamment envoyé à la Congrégation des Rites.

    Cochinchine Occidentale

    Après un séjour de près de trois ans en France, le P. Sion nous est revenu avec une santé bien raffermie : il nattend que la rentrée des élèves pour reprendre le cours de dogme au Grand-Séminaire.

    Durant le mois de décembre, Saigon a suivi avec intérêt les séances du Conseil Colonial. La Cochinchine, en effet, étant colonie, a lhonneur délire un Conseil, lequel a mission dapprouver le budget et démettre des vux. Or voici quun conseiller annamite, disons-le, voulut faire introduire dans le budget une subvention pour les écoles libres laïques. Quelquun lui ayant fait remarquer que le dernier mot était de trop, il le retira et... la proposition tomba à leau. Quoi détonnant ? Un conseiller influent navait-il pas dit que ce serait accorder une prime à ceux qui font concurrence au gouvernement ? Or partout on se plaint de la pénurie dinstituteurs. O logique !... Il est vrai aussi que M. le Lieutenant-Gouverneur, dans son discours douverture du dit Conseil, a proclamé linutilité des écoles libres, qui napportent aucun soulagement aux écoles officielles. En effet, elles sont archi-pleines et ne peuvent recevoir les élèves refusés aux écoles du gouvernement.

    Parmi les vux émis était celui de la réintégration des Surs dans les hôpitaux. Déjà, à la session précédente, pareil vu avait été exprimé, et, pure coïncidence, une dizaine dinfirmières laïques débarquaient à Saigon les mois suivants. En arrivera-t-il encore cette fois-ci ?

    Cochinchine Septentrionale

    Le 24 Novembre, en présence de S. M. Khoi Dinh, Empereur dAnnam, et dune nombreuse assistance, tant européenne quannamite, a été inaugurée à Hué lEcole des Hautes-Etudes, dont le but est de préparer les futurs mandarins aux fonctions administratives. Le programme de cette école est vaste et intéressant : une large place y est réservée à létude des religions orientales, mais il ny est pas question de la religion catholique. Un correspondant de lAvenir du Tonkin proposait tout dernièrement de combler cette lacune regrettable par la création dans la nouvelle école dune chaire de théologie catholique, dont le titulaire serait un vrai théologien, pourvu de tous ses grades. Cette suggestion a-t-elle des chances dêtre prise en considération ?

    Ce même jour, 24 novembre, dans toute la Mission, on célébrait aussi solennellement que possible la fête de nos 49 Bienheureux Martyrs. Mgr Allys présidait cette fête à Phuoc Mon, où S. Exc. M. Nguyen Huu Bai a fondé une chrétienté et un orphelinat de la Sainte-Enfance pour honorer la mémoire des Martyrs de lAnnam. Sa Grandeur y donna la Confirmation à plus dune centaine de néophytes, dont un grand mandarin du Ministère des Travaux Publics et sa famille.

    Le 22 décembre, à Phu Xuan, dans lancien évêché de Mgr Caspar, transformé en chapelle, 9 postulantes de lEcole Normale des Filles de Marie ont pris lhabit religieux à lissue dune retraite prêchée par le P. Chabanon, provicaire. Mgr était venu présider cette cérémonie, à laquelle assistaient quelques missionnaires et prêtres indigènes, les deux Surs de Saint-Paul, directrices de lEcole, et de nombreux parents des heureuses élues.

    Le 23 décembre, en la cathédrale de Phu Cam, Mgr Allys a ordonné 6 nouveaux prêtres, 4 diacres (dont deux, originaires de la Mission du Cambodge, font partie du monastère de Notre-Dame dAnnam, à Phuoc-Son), 3 sous-diacres, 12 minorés et 5 tonsurés. Cest une des plus belles ordinations qui aient eu lieu dans la Mission. Le nombre de nos prêtres indigènes est maintenant de 82.

    Le 25 décembre, à 3 h. du matin, le Père Patinier, dont la santé déclinait visiblement depuis plusieurs mois, sest éteint doucement dans sa presbytère de Tho Duc. En cette nuit de Noël lEnfant Jésus, que notre confrère avait tant aimé et si bien servi, lui aura sûrement été miséricordieux. Le lendemain, à 4 h. du soir, un Frère français de lEcole Pellerin mourait à lhôpital de Hué, après avoir supporté avec calme et résignation de cruelles souffrances.

    Cambodge

    Au sortir de la retraite, Mgr Bouchut a béni le nouveau presbytère de Longxuyên, lieu de passage assez fréquenté, qui sera, par conséquent, dune grande utilité.

    Les 18 et 19 décembre, de belles fêtes ont eu lieu à Tat-say, Bac-lieu à loccasion de la bénédiction dune église et dun presbytère construits par le P. Jules Duquet. Le lendemain, le P. Constant Duquet, Supérieur du Grand-Séminaire, célébrait chez son frère, à Bac-lieu, ses noces dargent sacerdotales, au milieu dune belle assistance de prêtres et de fidèles.

    Les PP. Paul Martin et Entressangle nous sont revenus de France : retour dautant plus opportun que la pénurie de missionnaires se fait plus vivement sentir.

    Siam

    Le P. Romieu ayant dû, pour cause de santé, quitter son poste de procureur. Monseigneur a nommé pour lui succéder le P. Eugène Ltscher.

    Le P. Rondel, absent du Siam durant plus de trois ans, y est revenu, le 1er Janvier. Le cher Père était allé en France se faire opérer de la cataracte.

    Toutes nos écoles secondaires ont fermé fin décembre pour prendre leurs grandes vacances. Cest, pour les professeurs, le moment idéal du repos, car la température de décembre-janvier permet de bonnes courses au grand air. La moyenne de décembre 1922 fut de 21 degrés au-dessus de zéro, ce qui, pour Siam, est relativement frais.

    M. le Commandant Desgruelles, attaché militaire français au Siam a épinglé sur la poitrine du P. Colombet la croix de la Légion dHonneur, assisté du Capitaine de frégate Eveillard, commandant le sloop Altaïr et de son état-major, présents à Bangkok le 21 décembre.

    Devant un nombreux auditoire le P. Chorin a fait dans les salons de lAlliance Française à Bangkok une intéressante conférence sur Monseigneur Pallegoix, sa vie, son uvre au Siam. Au dire du conférencier, ce prélat, diplomate et lettré, méritait dêtre officiellement cité à lordre du jour de la colonie française du Siam. Les missionnaires, en général, ont droit, croyons-nous, à ces sortes déloges posthumes, puisque trop souvent leurs travaux, bénis de Dieu, restent, leur vie durant, inconnus ou volontairement méconnus des hommes.

    Malacca

    Les ruines de lancienne église de Notre-Dame du Mont, ou de lAnnonciation, sont ce quil y a de plus vénérable et de plus intéressant parmi les rares reliques du vieux Malacca. Bien que dépourvus depuis longtemps de leur toiture, ses murs, épais et solides comme ceux dune citadelle, ont résisté à toutes les intempéries du climat. Cette église est située au sommet dune petite colline qui domine le rivage en avant de la ville, mais elle se trouve masquée en partie par un sémaphore quon y a adossé.

    Pendant loccupation portugaise, de 1511 à 1641, Malacca eut jusquà 13 églises ou chapelles, dont 5 dans lenceinte de la forteresse et 8 dans les faubourgs. Des premières il ne reste que les ruines dont nous venons de parler ; des secondes, plus rien, sinon quelques colonnes de léglise Saint-Laurent.

    Notre-Dame du Mont existait du temps de saint François-Xavier. Il y prêcha souvent, et souvent aussi il aimait à venir y passer ses nuits en prière, pour appeler le secours divin sur ses entreprises apostoliques et au milieu de ses grandes difficultés. Cest ce quil fit, en particulier, à la veille de quitter Malacca pour le Japon, le 24 Juin 1549. Xavier, disent ses historiens, passa la dernière nuit dans léglise Notre-Dame du Mont, occupé à prier et à instruire un novice, Jean Bravo. De même, plus tard, au milieu de ses pénibles démêlés avec le nouveau Gouverneur, Don Alvaro de Ataïde, sa consolation était de passer les nuits prosterné devant limage de Notre-Dame, et parfois les veilleurs le trouvaient ainsi étendu sur les degrés de lautel. Le matin, il disait la messe pour Alvaro ; cétait sa vengeance.

    Enfin lorsque, le 22 Mars 1553, son corps resté intact et exhalant un doux parfum, fut rapporté à Malacca, cest dans léglise de Notre-Dame du Mont quil fut inhumé, tout près de lautel, au côté droit sanctuaire, ainsi que le rappelle une inscription mise sur la muraille par Frederic Weld, alors quil était gouverneur de la Colonie. Cette précieuse relique resta à Malacca jusquau 11 décembre de la même année, date à laquelle elle fut transportée à Goa.

    Après la prise et loccupation de Malacca par les Hollandais, en 1641, léglise Notre-Dame du Mont fut appelée église Saint-Paul et convertie en lieu de sépulture. Dans son unique nef, on compte jusquà 32 dalles tumulaires. La plupart des inscriptions portent des noms hollandais. Parmi celles qui remontent à lépoque portugaise, il en est une, située au milieu de la nef, entre les deux portes latérales, qui est pleine dintérêt pour nous, parce quelle marque la sépulture du seconde Evêque du Japon, décédé dans le détroit de Singapore. Voici le texte de cette inscription : HIC-JACET-DOMINUS-PETRUS-SOCIETATIS-JESU-SECUNDUS-EPISCOPUS-JAPONENSIS-OBIIT-AD-FRETUM-SINCAPURAE-MENSE-FEBRUARIO-ANNO-1598.1

    Depuis loccupation anglaise, devenue définitive en 1818, la partie supérieure de la colline Saint-Paul est devenue la résidence du Resident Councillor, dont la maison dhabitation est toute proche de la vieille église en ruines


    1. Pedro Martinez, né à Coimbre, nommé évêque du Japon en 1591 et sacré à Goa en 1595, arriva à Nagasaki au mois daoût 1596 : il y assista au supplice des 26 martyrs du 5 février 1597. Vers la fin de cette même année, il partit pour Goa en vue dy traiter des affaires de son diocèse, et cest pendant ce voyage quil mourut de la fièvre et fut inhumé à Malacca.


    Ce sanctuaire, à cause du souvenir de saint François-Xavier qui lauréole, est un des plus vénérables de lExtrême-Orient, et par-là même il est profondément regrettable quil nait pas été rendu au culte catholique.

    Ce sentiment de profond regret sest particulièrement affirmé en cette année du troisième centenaire de la canonisation de ce grand Missionnaire et de lexposition à Goa de ce même corps qui reposa plusieurs mois près de lautel de Notre-Dame du Mont.

    Aussi le curé de Malacca, le Père François, souhaitait vivement de pouvoir conduire ses paroissiens en pèlerinage et y célébrer la sainte messe. Cette permission, qui jusquici navait pu être obtenue, fut gracieusement accordée par le Résident actuel, et le 11 décembre fut le jour choisi pour la cérémonie. Laissons maintenant la parole au Père François.

    Le service religieux dans la vieille église Notre-Dame du Mont, écrit-il, a été splendide. Le ciel semblait sêtre mis de la partie, temps idéal ; ni pluie, ni soleil. Dès 6 h., les enfants des écoles et les groupes de fidèles gravissaient la colline. Lautel (provisoire) avait été préparé la veille au soir. On avait respecté laspect des ruines en ne mettant aucune fleur. Deux images seulement : celle de la Sainte-Vierge et celle de saint François-Xavier. Je ne saurais exprimer limpression ressentie à la vue de cet autel, où le Saint-Sacrifice allait être offert pour la première fois depuis presque 300 ans, et aussi à la vue de ces images : Notre-Dame reprenant, pour ainsi dire, possession de son ancien sanctuaire, et saint François, exposé, comme Patron des Missions, dans cette église témoin de ses travaux apostoliques, de ses prédications, de ses prières...

    A 6 h. 30, environ 600 personnes se pressaient dans le chur de la nef de cette église, qui dut être autrefois un vrai bijou, à en juger par les détails des piliers et de larcade du sanctuaire. Avant la grandmesse, le Veni Creator fut chanté avec enthousiasme par les chantres des deux églises de Saint-François (française), et de Saint-Pierre (portugaise). Jai distribué 260 communions. Le Père Coroado, curé de Saint-Pierre, a dit une messe dactions de grâces. Il était plus de 8h. quand la cérémonie sest terminée.

    Nos chrétiens ont beaucoup prié dans ce premier pèlerinage, et leur grand désir est de pouvoir le renouveler lan prochain. Ajoutons quils nont pas manqué de prier pour quun jour léglise elle-même soit rendue au culte. Avec laide de la Sainte-Vierge et de saint François-Xavier, rien nest impossible !

    Birmanie Méridionale

    Luvre de la Propagation de la Foi doit, autant que possible, être établie dans toutes les églises de la Mission à partir du mois de Janvier 1923. Le P. Mamy est nommé Directeur diocésain de luvre.

    La retraite annuelle des missionnaires a eu lieu du 15 au 20 novembre. Le soir de la clôture, tout le clergé présent à Rangoon sest rendu chez les Petites-Surs des Pauvres pour y prendre part à la procession solennelle du Saint-Sacrement, présidée par Mgr Perroy.

    La retraite des Surs de la Léproserie de Kemmendine a été prêchée par Mgr Perroy et sest terminée en la fête de lImmaculée-Conception. Après le salut solennel du Saint-Sacrement Mgr a béni une belle statue de N.-D. de Lourdes dans le jardin de lAsile. Le soir, une représentation donnée par nos artistes-lépreux, résumant la vie de Saint Jean Berchmans.

    Birmanie Septentrionale

    Grandioses furent les fêtes célébrées à léglise tamoule de saint François-Xavier en lhonneur du troisième centenaire de la canonisation du grand Apôtre de lInde. Trois jours durant, à tour de rôle, les fidèles des autres paroisses de la ville affluèrent et remplirent léglise trop petite pour la circonstance. Des prédicateurs choisis exaltèrent les vertus du grand saint et excitèrent leurs auditeurs à garder fidèlement la foi que saint François-Xavier avait prêchée à leurs aïeux Une procession aux flambeaux, la bénédiction du Saint-Sacrement donnée en plein air à une foule immense du haut dun superbe reposoir, au milieu dune illumination générale, furent, le dernier soir du triduum, le couronnement de toutes les autres cérémonies. A organiser de belles fêtes, les PP. Hervy et Goveas sentendent, à merveille.

    Un parti de 8 prédicants et prédicantes, détachés du groupe de la fameuse Mission of Help, tant prônée par la presse anglaise et locale, débarquait enfin à Rangoon en décembre dernier. A nous la Birmanie ! Les Indes, aux autres membres de la Mission. Une bruyante publicité, une avalanche dimprimés de toutes sortes, programmes, cartes dinvitation, tombaient coup sur coup sur le public protestant (church of England) abasourdi dun pareil déploiement de forces lui, toujours si accommodant en fait de religion. Dame ! il le fallait bien, car il ne sagissait de rien moins que de stimuler la vie de lEglise et de mettre devant les yeux de ses membres les droits que Dieu a sur leurs vies!

    Mandalay eut lhonneur insigne de posséder pendant 8 jours lévêque Peterborough et sa femme ! Un peu partout, à léglise, au club, au mess, ils prirent la parole. Hélas ! they were too subtle ! On ne les comprit pas Ils nétaient pas à la page... Pourtant, ne devaient-ils pas revendiquer les droits de Dieu sur les âmes de leurs compatriotes ? Too subtle !...

    Ils ont partis, lévêque et sa femme. Résultat : protestations de toutes parts, le contraire aurait surpris. Que sont-ils venus faire ? demandent les uns. Se payer un joli trip au charmant pays des pagodes, à la bonne saison, aux frais des contribuables, répondent les plus mettons, sceptiques. Les plus... fervents remarquent une large fissure dans leur Eglise et de négligence ils accusent leur évêque et son clergé. Dautres enfin la trouvent bien faible : il a fallu les services dun évêque et de sa femme pour lui donner un stimulant... quelle na pu avaler...

    Le morceau est joué. Aux urnes, pour les élections législatives et municipales, Birmans et Birmanes se sont précipités. Le parti Wunthanu (Home Rule) a emporté le cake. A luvre nous les jugerons

    Laos

    Mgr Gouin a passé les fêtes de Noël dans son ancien poste de Keng-Sadok et a fait ladministration des 4 ou 5 villages chrétiens dépendant de ce poste : cela pour permettre à son successeur daller visiter des chrétiens à quelque 80 km, plus haut et de pousser même une pointe jusque chez le P. Delalex, un peu isolé dans sa brousse.

    Pondichéry

    Le 21 décembre, Mgr lArchevêque a conféré les saints Ordres à 1 prêtre, 1 sous-diacre (de Kumbakônam), 4 minorés (dont 1 de Mysore et 1 de Kumbakônam) et 4 tonsurés (dont 1 de Mysore).

    Une Congrégation de jeunes gens, sous le patronage de sainte Cécile, vient de se fonder dans la paroisse de la cathédrale. Elle a pour but de rehausser par les chants les offices de lEglise.

    Le P. Noël est revenu de France le 15 décembre.
    Les 20-21 décembre, nous avons reçu la visite de Mgr Mac Glinchey. Trop court fut son séjour à Pondichéry pour se rendre compte des nombreuses uvres qui y existent : il visita du moins en détail le Grand-Séminaire, où une petite réception lui avait été préparée. Le 27 janvier, Mgr devait sembarquer à Bombay pour Port-Saïd, après avoir visité Madras, Calcutta, Bénarès, Agra, Delhi et Kuratchi.

    Durant lexercice 1921-22, il y a eu, dans larchidiocèse, 263 baptêmes de païens, 9 conversions de protestants et 885 baptêmes denfants à larticle de la mort.

    Maïssour

    Le compte-rendu annuel annonce pour lexercice 1921-22 : 436 baptêmes de païens, 108 conversions de dissidents, et, à larticle de la mort, 584 baptêmes dadultes et 2.739 denfants.

    Coïmbatour

    Dans le cours de lexercice 1921-22 la Mission a enregistré 282 baptêmes de païens, 70 conversions de dissidents et 1.373 baptêmes denfants à larticle de la mort.

    Kumbakônam

    Notre Vicaire Général, le P. Sovignet, après une année de séjour en France pour sa santé, nous est revenu le 18 décembre. Malgré lheure de son arrivée (2 h. du matin), les chrétiens de la paroisse de la cathédrale, dont il est le curé, ont tenu à lui faire une brillante réception.

    Mgr Mac Glinchey est arrivé à Kumbakônam dans là soirée du 19 décembre, et, après avoir visité très rapidement les différentes uvres à la naissance et au développement desquelles il nest pas sans avoir contribué, il est reparti le lendemain.

    Le P. Xavier vient, de terminer à Purattakudy laménagement dun nouveau couvent pour les Surs Catéchistes Missionnaires de Marie Immaculée. Un dispensaire est attaché à ce couvent et permettra de combattre linfluence des protestants, qui ont un de leurs principaux centres daction non loin de là. Linauguration du nouveau couvent a eu lieu le 21 décembre et, le même jour, un jeune prêtre indigène, le P. Antoni Joseph, originaire de Purattakudy, célébrait sa première messe dans la grande église de sa paroisse natale.

    Le 28 décembre, dans Kumbakônam, la ville sainte des brahmes de lInde méridionale, Mgr Chapuis a béni solennellement, au couvent des Saints-Anges, la nouvelle chapelle des Surs Catéchistes Missionnaires de Marie Immaculée. Depuis leur arrivée en 1900 les bonnes religieuses avaient dû se contenter dune chambre de leur maison ; mais le nombre des Surs sétant multiplié, la petite chapelle provisoire était devenue bien insuffisante et la construction simposait dun nouvel édifice à la fois spacieux et solide.

    Le compte-rendu annuel de la Mission donne les chiffres suivants : 498 baptêmes de païens, 70 conversions de protestants et 2.888 baptêmes denfants à larticle de la mort.

    1923/107-137
    107-137
    Anonyme
    France et Asie
    1923
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