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Chronique des Missions et des Etablissements communs 12 : Thanh-hoa

Chronique des Missions et des Etablissements communs Thanh-hoa 13 novembre. Le chroniqueur commence par signaler la distinction honorifique qui vient d'être accordée au Père Barbier, le doyen de notre Mission après Mgr Marcou. Le Chef de la Province a trouvé, en effet, que 48 ans passés sur la terre indochinoise, sans aucun retour en France, valaient bien une décoration : il a donc proposé le Père pour le \ Kim Khanh ", insigne qui, au dire des connaisseurs, correspond à la Légion d'honneur. "
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    Chronique des Missions et des Etablissements communs
    Thanh-hoa
    13 novembre.
    Le chroniqueur commence par signaler la distinction honorifique qui vient d'être accordée au Père Barbier, le doyen de notre Mission après Mgr Marcou. Le Chef de la Province a trouvé, en effet, que 48 ans passés sur la terre indochinoise, sans aucun retour en France, valaient bien une décoration : il a donc proposé le Père pour le \ Kim Khanh ", insigne qui, au dire des connaisseurs, correspond à la Légion d'honneur.
    C'est le 11 Novembre que lui a été remise cette décoration devant toute la Garde indigène et en présence des notabilités françaises et annamites réunies sur l'Avenue de la Résidence pour assister au défilé.
    Le Père, malgré ses 78 ans, n'a pas été insensible à cette marque d'estime. Il en a exprimé toute sa reconnaissance à S. E. le Tông Dôc de la Province, qui lui a remis cet insigne, et à M. le Résident qui, non seulement l'a proposé pour cette récompense, mais, de plus, a pris l'initiative de la faire remettre au Père sans frais, en faisant faire une petite collecte auprès des amis de celui-ci. A la fin du déjeuner, un ancien élève du Père a permis aux Missionnaires présents à l'Evêché ce jour-là de lever leur verre en félicitant le décoré.
    On nous dit que, sans bien tarder, une autre médaille viendrait orner la poitrine du Supérieur du Châu Laos, le P. Canilhac ; ce sera le cas de dire que vraiment jamais récompense ne fut plus justement attribuée. En plus des nombreux services rendus à cette région où il vit depuis plus de trente ans, le Père, au début de la guerre, a arrêté un commencement de panique due à la hausse plus qu'excessive du prix des denrées de première nécessité, survenue immédiatement après le départ de l'Administrateur Délégué de Hôi Xuân, mobilisé. Il a fallu toute l'autorité du Père pour ramener le calme. Pendant quelque temps, M. le Résident de la province lui a demandé officieusement de remplir les fonctions d'Administrateur Délégué. Le retour de l'ancien Délégué lui a permis de résilier ces fonctions sans trop tarder ; il en était heureux.
    D'autre part, le P. Delmas a été requis pour s'occuper des ouvriers non spécialisés (O.N.S.), engagés pour aller travailler en France ; mais le renvoi provisoire de ceux-ci va bientôt permettre au Père de rejoindre son poste de professeur.
    Nos mobilisés, dont la chronique précédente a donné les noms, ont profité de l'arrêté du Ministre des Colonies et sont de nouveau à leur poste de travail apostolique. Ils ont rapporté un excellent souvenir de l'accueil qui leur a été fait dans les Missions du territoire où ils étaient mobilisés.
    Le Père Villette, revenu de France mobilisé, a, comme tous les autres Missionnaires, repris la tenue ecclésiastique. Une courte apparition ici avant de se rendre à Paksé, dont il vient d'être nommé curé par Mgr Gouin, nous a permis de constater que l'amélioration de l'organe auditif, qu'il était allé chercher en France, est plutôt minime. Le poste qui vient de lui être confié étant bien moins malsain que la région des Châu-Laos où il était, il n'aura pas besoin de faire de la quinine un usage aussi fréquent que par le passé ; il pourra peut-être, de ce fait, éviter une aggravation de de son infirmité. D'autre part, la connaissance de l'annamite lui permettra de rendre à Paksé d'inappréciables services.
    Au grand étonnement des confrères, notre Père Procureur vient de se payer un vélomoteur. On lui prédit, à cause de sa mauvaise vue, de nombreux et terribles accidents ; d'aucuns prévoient même un enterrement prochain. Lui prétend qu'avec de la modération dans la vitesse, il lui sera facile de se déplacer autant que le demandera l'exercice de ses fonctions, et cela à bon compte. On verra qui aura raison. Son habitude de la bicyclette, et un peu aussi du vélomoteur, nous permet d'avoir bon espoir, quoique nous sachions qu'un de ses yeux a été opéré dé la cataracte et que l'autre pourrait l'être bientôt.

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    1939/872-873
    872-873
    Anonyme
    Vietnam
    1939
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