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Chronique des Missions et des Etablissements communs 1

Chronique des Missions et des Etablissements communs Séminaire de Paris Le P. Chambon, représentant du groupe des Missions du Japon, est arrivé à Paris le 28 octobre. Après un court pèlerinage à Rome, il a pris possession de sa charge, LUnion missionnaire du Clergé pour les Missions est constituée à Paris comme suit : Président : M. le Chanoine Clément ; Vice-président : M. Létourneau, Curé de Saint-Sulpice ; Secrétaire : M. Flynn, Directeur des uvres denseignement ; Trésorier : M. Ollichon, Aumônier des Francs-Bourgeois.
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    Chronique des Missions et des Etablissements communs
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    Séminaire de Paris

    Le P. Chambon, représentant du groupe des Missions du Japon, est arrivé à Paris le 28 octobre. Après un court pèlerinage à Rome, il a pris possession de sa charge,
    LUnion missionnaire du Clergé pour les Missions est constituée à Paris comme suit : Président : M. le Chanoine Clément ; Vice-président : M. Létourneau, Curé de Saint-Sulpice ; Secrétaire : M. Flynn, Directeur des uvres denseignement ; Trésorier : M. Ollichon, Aumônier des Francs-Bourgeois.

    LUnion missionnaire organise des Journées de Missions dans la capitale. Une Journée a lieu chaque mois dans une paroisse, suivant un ordre établi davance, et, à tour de rôle, on fait appel à une Société de Missions pour les sermons, conférences, expositions, etc. Le 22 octobre les PP. du Saint-Esprit étaient à léglise Saint-Antoine. La Journée des M-E. aura lieu en janvier à léglise Saint-Paul-Saint-Louis (4e Arrond.)

    LAmicale des Missions a repris ses réunions mensuelles dhiver,
    Les PP.. Lamasse et Grégoire donnent des conférences dans le diocèse de Nancy ; le P. Nassoy à Metz et Strastourg. Le P. Martin est rentré de Corse, satisfait de son voyage : il a parlé à Ajaccio, Sartène, Bonifacio, etc.

    On sait que léglise du Gesu, à Rome, possède un bras entier de saint François-Xavier et que cette relique insigne a été prêtée par lEspagne à la France à loccasion du 3e centenaire de la canonisation du Saint. La relique a repris le chemin de Rome en passant par Paris, où elle sest arrêtée une journée et a été déposée dans la chapelle des Missions-Étrangères de la rue du Bac. Le matin du dimanche 19 novembre Mgr de Guébriant la apportée solennellement à léglise Saint-François-Xavier, où de grandes cérémonies ont été célébrées en son honneur.

    Nous avons à lheure actuelle 58 postulants dans divers Petits-Séminaires. Cette uvre si importante, qui remplace chez nous les juvénats ou écoles apostoliques dautres Congrégations, était autrefois à peu près limitée aux vocations tardives. Après larmistice, le regretté P. Delmas lui donna une extension beaucoup plus grande. Il fallait à tout prix repeupler nos séminaires éprouvés successivement par la loi de séparation et par la guerre. En deux ans, de quelques unités, le nombre de postulants passa à 40. Nous continuons à progresser et désirons progresser encore. Les résultats obtenus nous encouragent. En 1921, 3 postulants sont entrés à Bièvres ; en 1922, 6. Que nos confrères France veuillent bien nous signaler les vocations missionnaires dont ils auraient connaissance et qui demanderaient dêtre soutenues moralement et matériellement pour se développer. Ils auront bien travaillé pour la Société et pour les Missions.

    Rome

    Le 4 novembre a eu lieu la proclamation des lauréats du Collège Urbain de la Propagande 1. Parmi les élèves, 12 ont été envoyés par nos Missions : 4 Japonais et 8 Annamites, et tous ont obtenu des succès.

    Parmi les Japonais, un de Nagasaki et un dOsaka ont été reçus bacheliers en théologie ; un autre, de Hakodate, a été reçu licencié en philosophie. Le quatrième, étant en 2e année de théologie, ne pouvait obtenir aucun grade cette année, mais, lan prochain, il pourra être licencié en théologie.


    1. Fondé en 1627 par le Pape Urbain VIII, ce Collège a le privilège de conférer les grades canoniques.

    Quant aux Annamites, un du Tonkin Occidental a été reçu bachelier en théologie ; cinq autres ont obtenu le grade de docteur en philosophie, à savoir : 1 du Tonkin Maritime, 1 de Cochinchine Orientale 2 de Cochinchine Septentrionale. Un de ces derniers, M. Pierre Thuc, de Hué, a même obtenu une citation très spéciale, qui lui a valu une médaille, dans les termes suivants : Cum vero Petrus Thuc in utroque periculo ad lauream assequendam propositas qustiones ita eno, daverit et ad objecta quque responderit ut suffragiorum plenitudinem retuleyit, eum Eñus Card. Prfectus singulari prmio donandum decrevit. Enfin les deux autres, 1 de Cochinchine Occidentale et 1 du Cambodge, ont obtenu le grade de licencié en philosophie.

    En plus de cela, des concours ont lieu pendant lannée sur les différentes matières enseignées, et, pour chaque matière, il y a un ou prix et des mentions. Les prix consistent en une médaille grand module, qui est tirée au sort entre les concurrents lorsque plusieurs sont ex-quo. Tous nos séminaristes extrême-orientaux ont obtenu au moins une mention

    Enfin M. Pierre Thuc, déjà cité, a eu, en plus dune mention, 2 premiers. prix, 3 seconds prix et un prix secondaire pour le chant. Au tirage au sort, la chance lui a attribué 4 médailles ; en y ajoutant celle de son examen de doctorat, cest donc 5 médailles quil a conquises. Aussi a-t-il été le héros du jour.

    Pour être complet il faut ajouter que 2 mentions ont été attribuées à lélève coréen de la Mission de Taikou mort pendant lannée.

    En résumé, on ne peut quapplaudir aux succès des élèves de nos Missions et en bien augurer pour lavenir. Une constatation encourageante, cest que leur santé na pas été ébranlée par le travail auquel ils se sont appliqués avec ardeur : ils semblent même se porter mieux que dans leur pays.

    Procure de Marseille

    Le P. Bernat est pour quelque temps à Marseille, où il soccupe de certaines transformations projetées à la Procure.

    Le P. Guichard remplace le P. Pettier à la chapelle de la Sainte-Baume.

    Hongkong
    Le P. Robert, 1er Assistant du Supérieur de la Société, est arrivé à Hongkong le 28 novembre. Parti du Hâvre le 7 octobre, il débarquait à New-York le 16. Le R. P. Walsh, Supérieur des Missions-Étrangères dAmérique, ly attendait, en compagnie de S. G. Mgr Berlioz, Evêque de Hakodate, actuellement en tournée aux Etats-Unis pour les besoins de sa Mission. Lautomobile de Maryknoll les emmenait aussitôt au Séminaire. En présentant ses hôtes à la communauté, le R. P. Walsh sut trouver les expressions les plus délicates à ladresse de la vieille Société missionnaire qui fut linspiratrice de celle des Etats-Unis et restera toujours son modèle. Avant la prière du soir le P. Robert adressa la parole aux aspirants, qui sont au nombre dune centaine. Le 18, il partait pour Montréal, puis, traversant le continent américain, allait sembarquer à Seattle pour lExtrême-Orient. Yokohama, Tôkyô, Osaka, puis Taikou, Seoul, Moukden, Shanghai, furent les stations, avec arrêts plus ou moins longs, de cette dernière partie du voyage, qui devait enfin ramener linfatigable voyageur à Hongkong, où il était impatiemment attendu et où il a commencé déjà à sacquitter de la mission dont la chargé, dans les Procures et les Etablissements communs, la confiance de Mgr le Supérieur de la Société.

    Audacieuse Piraterie.Nos lecteurs ont pu lire dans les journaux les détails de lincroyable agression dont fut victime, le dimanche 19 novembre dernier, le vapeur Sui an, faisant le service Hongkong-Macao et retou r: nous ny reviendrons pas.

    Mais que, en lan de grâce 1922, en plein XXe siècle, dix ans après que la Chine, délivrée enfin de la tyrannie mandchoue, jouit des bienfaits dun gouvernement républicain ; quun vapeur battant pavillon anglais et faisant la navette entre deux ports appartenant à des puissances européennes, ait accueilli à son bord, avec tous les égards dus à des passagers de 2e et même de 1re classe, 50 à 60 pirates ; que, durant une traversée qui devait être de 4 heures, ceux-ci aient pu massacrer les policiers indiens, blesser plusieurs passagers, dévaliser tous les voyageurs, piller le bateau et lemmener au loin, près de la côte où ils voulaient aborder pour mettre leur butin en sûreté ; que pareil fait ait pu se produire, et se produire dans les eaux de la métropole de Canton, quilluminait naguère encore de sa lumière civilisatrice lastre dénommé Sun Yat-sen il y a vraiment là de quoi rendre rêveur le plus optimiste ami de la jeune Chine !... Et dire quon parle de supprimer les bureaux de poste étrangers, et la juridiction consulaire, et le privilège de lextraterritorialité !... mais pas les douanes, car là il y a une question de sapèques !...

    Béthanie

    Le 24 novembre, S. Exc. Mgr Costantini, Délégué Apostolique en Chine, qui avait bien voulu accepter de venir célébrer à Pokfulum la fête de nos BB. Martyrs, se rendit dabord au Sanatorium, où il adressa à tous nos malades une touchante allocution, dont nous sommes heureux de pouvoir donner le résumé fidèle.

    Vehementer optavi, fratres mei carissimi et desideratissimi, ut iterum vobis salutem dicerem et meos amoris sensus vobis aperirem.

    D. N. J. C. dixit : Ubi sunt duo vel tres congregati in nomine mea, ibi sum in medio eorum (Matt. XVIII, 20). Porro vos in hac pietatis et amoris domo congregati estis in nomine Jesu, ut paululum indulgeatis animæ et corpori, ad reficiendas vires missionum laboribus comminutas : portastis enim pondus diei et stus. Ergo in medio vestrum stat Christus : stat sua invisibili præsentia ; stat corporaliter, latens Deitas, in sanctissimo Eucharistie sacramento ; stat in cordibus vestris ex gratia, quæ est quoddam divine consortium natur. (2 Pet. 1, 4).

    Quapropter et vos potestis dicere, sicut Apostoli, qui erant cum Jesu in monte Thabor : Bonum est nos hic esse. Labores et dolores, quum fortiter et sancte sustentantur, revelant Christi faciem ; non deprimunt nec obscurant animam, sed eam erigunt et illuminant splendoribus transfigurationis. Ita hospitium pietatis et doloris fit, altissimo sensu, mons Thabor.

    D. N. J. C. adduxit discipulos, ut eis manifestaret gloriam suam, in montem excelsum. Ita et in solitudinem deduxit eos quum dixit : Sedete hic donec vadam illuc et orem.

    Vos cognoscitis orationem illam, quæ oportet sit et vestra oratio in ista sancta solitudine : Pater mi, si possibile est, transeat a me calix iste ; verumdamen non sicut ego vola sed sicut tu... Spiritus quidem promptus, caro autem infirma. (Matt. XXVI, 39). Fratres mei carissimi, caro vestra est aliquando infirma ; sed spiritus sit semper promptus.

    Hodie celebratur festum Beatorum Martyrum vestræ Familiæ. Sancta hæc liturgia est laudis tributum ex parte nostra, est gratiarum intercessio et doctrinæ documentum ac institutio ex parte eorum. Ipsi yobis dicunt : Quam portavimus crucem sit et vobis iucundum sustinere. O Crux ave, spes unica, piis adauge gratiani, reisque dele crimina .

    Hodie est etiam natalis dies sancti Joannis a Cruce. Semel interrogatus a Christo, quid prmii pro tot laboribus posceret, respondit : Domine, pati et contemni pro Te

    Dum magnum debacchabatur bellum, in ecclesia fere diruta, ad frontem gallicum, multi colligebantur milites vulneribus confossi. Quidam dux distentus erat supra tabulam prope altare, et medici resecabant carnes eius in crure dilaceratas. Quum operatio peracta fuit, medicus, stupens ob animum ducis, ait illi : Tu quidem fortis es ; nullam enim emisisti vocem dum caro tua recidebatur . At ille respondit : Aspiciebam Christum crucifixum, qui pendet e pariete .

    Et vos, venerabiles fratres, aspicite, imo inspicite Christum et hunc crucifixum ; et dicite cum Paulo : Mihi autem absit gloriari, nisi in cruce D. N. J. C., per quem mihi mundus crucifixus est et ego mundo (GaI. VI, 14).

    Meditamini et alia profunda et mystica divi Pauli verba, quia primus ipse omnes labores vestros est expertus et passus : Ego stigmata Domini Jesu in corpore meo porto (Gal. VI, 17)... Libenter gloriabor in infirmitatibus meis, ut inhabitet in me virtus Christi... Quis infirmatur et ego non infirmor ?... Cum enim infirmor, tunc potens sumVirtus in infirmitate perficit r (2 Cor. XII, 9).

    Nos, venerabiles fratres, dicimus in Psalmo : Igne nos examinasti, sicut examinatur argentum. Argentum et aurum ab igne exeunt purgata et nitidiora. Ita labores et tribulationes faciunt animam vestram aurum purum et perfectum.

    In musæo Massiliensi est quædam valde antiqua inscriptio in qua collaudantur confessores Christi qui vim ignis passi sunt. Et precatur ut refrigeret illos Deus.

    Attendite ad divinam antithesim : vis ignis ex parte persecutoris ; sed refrigerium exultatio, vita, ex parte Dei, cui sit honor et gloria in sæcula sæcuborum.

    Telles sont les principales pensées exprimées par notre auguste visiteur ; mais ce que nous ne saurions rendre, cest le ton de tendre piété et de compatissante affection avec lesquelles elles semblaient couler tout naturellement de son cur plutôt que de ses lèvres.

    Le P. Schlicklin, Provicaire du Tonkin Occidental, en quelques mots bien sentis, se fit linterprète de la gratitude émue de tous les assistants, qui gardent de cette trop courte visite un souvenir profondément reconnaissant.

    Sanatorium Saint-Théodore

    En raison du mauvais état de sa santé, le P. Vieillard a donné sa démission de Supérieur du Sanatorium : il emporte les regrets et la reconnaissance de tous ceux quil a soignés avec une patience et un dévouement admirables. Il est en ce moment à Coïmbatore, où il reprend peu à peu des forces, tout en se rendant utile autant quil lui est possible.

    En attendant la nomination de son successeur, cest le P. G. Boulanger, récemment rentré de France, qui exerce par intérim les fonctions de Supérieur.

    Nazareth

    La fête de nos BB. Martyrs (24 novembre), toujours bien célébrée à Nazareth, a revêtu cette année un caractère de plus grande solennité à cause de la présence de Mgr le Délégué Apostolique, qui avait bien voulu accepter de la présider, et de Mgr Mac Glinchey, qui y assistait également. Au repas de famille, auquel prenaient part tous les confrères présents à Béthanie, le Père Supérieur de Nazareth, en quelques mots émus, remercia nos hôtes de lhonneur quils faisaient à la maison en ce jour de fête ; puis Mgr le Délégué répondit en exprimant son très sympathique intérêt pour luvre de Nazareth, quil sestime heureux de connaître et qui est appelée à rendre de si grands services à toutes nos Missions.

    Son Excellence, assistée de deux Provicaires, les PP. Schlicklin et Poncet, présida le salut du Saint-Sacrement et donna ensuite à toute lassistance la bénédiction apostolique.

    Tôkyô

    A la prochaine session de la Diète japonaise, qui souvre à la fin de décembre, le Ministère proposera le vote du budget relatif à la création dune ambassade japonaise auprès du Vatican. Une fois le projet adopté, le Saint-Siège procédera à lérection de la nonciature apostolique auprès du gouvernement impérial de Tôkyô.

    Comme nous lavions annoncé, la nomination de M. Etienne Yamamoto Shinjirô, ancien élève des Marianistes et excellent catholique, au grade de contre-amiral a paru à lOfficiel le 1er décembre. Le nouvel amiral demeure attaché à lEtat-Major général de la Marine et garde ses fonctions daide de camp du Prince Régent.

    Le noviciat des Dames de Saint-Maur, érigé régulièrement à Tôkyô lan dernier par la Supérieure Générale de lInstitut, a donné, le 3 décembre ses premières religieuses professes. Trois des novices y ont prononcé leurs vux devant S. G. Mgr Rey, archevêque de Tôkyô. Jusquà présent les religieuses japonaises ne comptaient que des Surs auxiliaires. Parmi les postulantes actuelles, plusieurs, dont un certain nombre, ont pris lhabit, sont destinées à devenir religieuses de chur.

    Le tombeau de Will Adams, le premier Anglais qui ait abordé au Japon, et de sa femme, à Hemi, près de Yokosuka, vient dêtre classé parmi les monuments historiques et le Ministère de lIntérieur est chargé den assurer la conservation et lentretien.

    Adams était pilote à bord du bateau hollandais Erasmus, qui, en avril 1600, vint échouer sur les côtes de la province de Bungo. Conduit à Osaka, il y eut une audience du fameux Ieyasu, qui le prit à son service et le chargea de la construction de plusieurs bateaux, dont lun, le San Bonaventura, fit en 1610 le voyage du Mexique. Malgré ses instances, Adams ne put jamais obtenir la permission de retourner dans son pays, où lattendaient sa femme et ses enfants. Ieyasu lui fit épouser une Japonaise et lui donna une propriété à Hemi : cest là quil mourut en 1620.

    Nagasaki

    Le compte-rendu annuel de la Mission donne, pour lexercice 1921-22, les chiffres suivants.
    Population catholique 58.609
    Baptêmes :
    Adultes 315
    in art. mort. 101
    Enfants de chrétiens 2.268
    de païens in art. mort. 434
    Confessions 134.600
    Communions 371.952
    Séminaire 31 élèves
    Ecole Apostolique (Marianistes) 67
    Lycée ( id ) 684
    Ecole Supérieure (SS. de Chauffailles) 340
    id (SS. de S.-Paul) 312
    Ecole primaire (SS. de Chauffailles) 150
    professionnelle ( id ) 102
    maternelle ( id ) 298
    12 Orphelinats 274 enfants
    5 Ouvroirs 158
    4 Salles dasile 476
    2 hôpitaux et 4 dispensaires ont donné leurs soins à environ 20.000 malades.

    Après avoir visité le groupe des îles Gotô, qui compte 17.000 chrétiens, Mgr le Délégué Apostolique a officié pontificalement, le 15 octobre, dans la belle église dUrakami, commencée par le P. Fraineau, achevée par le P. Raguet, et dans laquelle se pressaient 6.000 fidèles, descendants des confesseurs de la foi lors de la persécution de 1870-73. Le lendemain Son Excellence officiait à Nagasaki en léglise de N.-D. des Martyrs, puis visitait les établissements catholiques de la ville.

    Quelques jours après, Mgr Giardini était à Kagoshima, où il administrait la confirmation à 31 néophytes et de là partait pour la visite des îles du Sud. Partout les autorités ont reçu officiellement Son Excellence. Le gouverneur dOshima lui a même fait présider la réunion tenue à loccasion de la fête de lEmpereur. Limpression sur la population à été excellente. Mgr a confirmé 499 fidèles, dont 172 à Naze.

    De fortes secousses de tremblement de terre se sont fait sentir près de Nagasaki le 10 décembre et jours suivants, et ont fait de nombreuses victimes. La panique est générale dans la presquîle de Shimabara : les habitants senfuient et cherchent refuge à Nagasaki. Le mont Unsen est en activité volcanique ; ses grondements sentendent à plus de 10 km, à la ronde. Ce sont là des noms tristement célèbres dans lhistoire de lEglise du Japon : Shimabara, rappelle linsurrection de 1637, dans laquelle périrent 37.000 chrétiens ; le mont Unsen, les nombreux martyrs qui, plongés dans les eaux sulfureuses jaillissant au pied de la montagne, souffrirent dhorribles tourments. Les calamités présentes sont peut être lultio sanguinis servorum qui effusus est.

    Osaka

    Notre retraite annuelle sest terminée le 27 octobre. Elle a été attristée par la mort du Père Aurientis, Vicaire Général honoraire du diocèse. Il sétait fait une fête de prendre part à la retraite et de revoir pendant quelques jours ses confrères de la Mission. Aussi ce fut pour tous une pénible surprise dapprendre, en arrivant à Osaka, que la maladie retenait le P. Aurientis à Kyôto et même que son état inspirait quelques inquiétudes. Les premiers froids lui avaient occasionné une bronchite qui en elle-même navait rien de grave, mais les médecins craignaient des complications du côté du cur. Dès le deuxième jour de la retraite, nous apprenions que son cas était désespéré. Enfin, le 25, à 1 heure du matin, notre confrère séteignait doucement après avoir reçu les derniers sacrements et offert généreusement à Dieu le sacrifice de sa vie. Sa maladie na duré quune dizaine de jours. Kyôto nétant quà une heure de chemin de fer dOsaka, tous les missionnaires du diocèse interrompirent les exercices de la retraite pour aller assister à ses funérailles.

    Cest le P. Duthu qui a été appelé par Mgr Castanier à recueillir à Kyôto la difficile succession du P. Aurientis.

    Séoul

    Un triste événement est venu plonger dans laffliction notre Séminaire de Ryongsan. Le 26 novembre, un élève des classes de latin se précipite soudain dans la chambre du P. Chabot, vomissant le sang et demandant en hâte lExtrême-Onction; une demi-heure plus tard, étendu sur un fauteuil de rotin dans la chambre même du Père, il rendait le dernier soupir.

    Mandchourie Méridionale

    Le 6 novembre, Mgr Blois, malgré le vent, la boue et la neige, reprend sa tournée pastorale. Sa première visite est pour Leâo Yâng, district composé surtout de nouveaux chrétiens amenés à la foi par le P. Roger. Ces néophytes, le P. Huchet les évangélise avec succès : aux grandes fêtes, sa coquette église gothique, une des belles uvres de son prédécesseur, suffit à peine à contenir la foule des convertis.

    Mgr se rend ensuite dans le district du R Caubrière. Cest lune des plus vieilles chrétientés de la Mission, la seule qui, en 1900, tint tête aux Boxeurs. Depuis cette tourmente, sa population chrétienne a presque doublé.

    La visite épiscopale se termine par la paroisse de Cha-ling, que notre doyen, le P. Hérin, dirige avec plein succès, ce qui nest pas peu dire, car ses chrétiens ont la réputation de gens difficiles à manier.

    Le 7, tempête de neige sur la Mandchourie, la plus sérieuse de la saison, ce qui amène une saute de température considérable.

    Le 10, le curé de Moukden et son vicaire partaient pour visiter les villages chrétiens au sud de la ville. Arrivés sur les bords du Hoún-Heûe, à quelque 8 lys de la capitale, ils allaient sengager sur un pont de fortune, lorsque soudain, sous la pression dun violent courant et le choc de gros glaçons, une partie notable du pont est emportée sous leurs yeux. Nos deux voyageurs durent revenir sur leurs pas, mais non sans remercier leur Ange gardien de les avoir préservés dun péril imminent.

    Le 20 octobre au matin nous recevions le P. Robert, 1er Assistant du Supérieur de la Société : le thermomètre marquait 17º C. ; aussi, à la descente du train, le cher Père accepta-t-il volontiers le manteau de fourrure que le Procureur lui jeta sur les épaules. Le lendemain, il voulut bien dire la messe des chrétiens, pendant laquelle la chorale du P. Toudic et le couvent des vierges indigènes firent entendre quelques chants en lhonneur de Notre-Dame. Visite trop rapide, car à 9 heures, le Père continuait sa route vers Tientsin et Shanghai.

    Le 24, fête de nos Martyrs, à New-chwang, Mgr Choulet, a célébré le 20e anniversaire de sa consécration épiscopale. Malheureusement S. G. na pu fêter en même temps son retour complet à la santé : les nuits dinsomnie avec oppression, passées dans un fauteuil, sont encore fréquentes !

    Depuis octobre, notre Maréchal sent le besoin de sillonner la province de belles et larges routes : cest très bien, mais tous ces travaux sont-ils pour la paix ?

    Mandchourie Septentrionale

    Pendant le mois de novembre, Mgr Gaspais a fait une tournée pastorale dans la région de Tsitsikar. On jugera de la joie des chrétiens quand on saura que cest la première fois que cette région reçoit la visite de lEvêque. Cest que ce district est de fondation toute récente, puisquil na encore pas même eu de titulaire. Un prêtre chinois se rendait jusquici une ou deux fois lan à Tsitsikar, où un poste avait été créé il y a quelques années, et de là visitait les chrétiens chaque jour plus nombreux qui émigrent dans ces parages. Cette année Monseigneur eut la joie de trouver cinq ou six centres chrétiens en voie dorganisation. De longs voyages à travers la steppe par un froid intense, des nuits très écourtées, un ministère absorbant, rendirent ce voyage vraiment fatigant ; mais les bonnes dispositions de la majorité des chrétiens et le nombre consolant des catéchumènes font espérer que la capitale du Heilongkiang deviendra sous peu le chef-lieu dun florissant district. Cette pensée a fait oublier aux voyageurs leurs fatigues et cette première tournée pastorale sera certainement féconde en heureux résultats pour ces jeunes chrétientés.

    La Mission de Mandchourie septentrionale sapprête à célébrer dans la joie un triple anniversaire. Le premier, pour ne parler aujourdhui que de celui-là, est le 25e anniversaire de la consécration épiscopale de Mgr Lalouyer, qui eut lieu à Siaopakiatze le 19 décembre 1897. Notre joie nest cependant pas sans mélange. La santé de notre vénéré Vicaire Apostolique nous cause depuis quelque temps les plus vives inquiétudes. Le cher malade a dû recevoir les derniers sacrements et nous pûmes craindre quil nallât célébrer au ciel ses noces dargent épiscopales. Grâce à Dieu une certaine amélioration a paru se manifester dans son état. Puisse le divin Maître exaucer les ferventes prières qui montent de tous côtés vers lui et nous donner la joie de célébrer non seulement les noces dargent épiscopales de notre bien-aimé Père, mais aussi, lan prochain, ses noces dor sacerdotales.

    Setchoan Oriental

    A lissue de notre retraite annuelle, le 19 septembre, nous avons offert à notre vénéré doyen, le cher P. François Gourdon, nos fraternelles congratulations pour ses 80 ans. Que le bon Dieu nous garde encore de longues années notre bon P. François pour lexemple et lédification de tous. La santé florissante dont il jouit, malgré ses 56 ans de mission, nous donne la confiance que nous serons exaucés.

    Ne donnons pas de louanges aux vivants : leur modestie pourrait en souffrir ; mais quil nous soit permis de rapporter ici les paroles quun confrère adressa, après notre modeste repas, au vénérable octogénaire. Je raconterai pas ici la vie de notre bon P. François, dont nous fêtons aujourdhui en famille les 80 ans. Nous connaissons tous les deux choses qui furent, de par la volonté de ses supérieurs, le programme de sa longue et fructueuse carrière et pour lesquelles il sest dévoué sans compter, avec lacharnement et lentêtement propres à son âme dAngevin : les séminaires et limprimerie. Le P. François a peu écrit ; toutefois il a imprimé une grammaire en latin, quelques pages de lhistoire de nos Martyrs, de nombreuses notes encore inédites sur les origines de la Mission et son personnel, tant européen que chinois ; le tout dans une langue parfaite de clarté et de simplicité. Il a encore moins écrit en français, limitant jalousement son champ daction à léducation et à la formation de ses élèves. Mais il a écrit pour nous un livre admirable et qui ne périra pas : le livre de sa vie ; livre édifiant entre tous et dont le sommaire peut sénoncer en trois mots : bonté, piété, travail.

    Je pourrais marrêter là, mais, dût son humilité en souffrir, jajouterai un mot sur la méthode que le P. François sut employer pour se faire aimer et respecter. Un jour, des confrères conversaient entre eux sur la mentalité chinoise : les défauts de la race étaient évidemment sur le tapis et chacun y allait de son mot. Le bon P. Français écoutait avec le sourire indulgent et malicieux tout à la fois de lhomme dexpérience qui juge de tout avec sérénité. Sans se presser (il ne lest jamais, le P. Chevalier, S. J., passant à Tchongkin, lavait dénommé le calme perpétuel), il leur dit : Mais non ; rien de plus facile que de mener les Chinois. Faites votre devoir ; donnez en tout le bon exemple et signalez au passage toute parole et toute action répréhensibles ; mais ne le faites jamais avec colère et acrimonie, jamais surtout sur un simple soupçon, et puis après, oubliez. Voilà le secret de se faire aimer, comprendre et obéir.

    La recette doit être bonne car tous les prêtres chinois, non seulement ses anciens élèves (une quarantaine), mais aussi leurs confrères plus jeunes, ont pour le P. François une grande affection et vénération. Il est leur conseiller écouté et suivi. Jamais aucun deux neut la moindre critique à son adresse.

    Finissons par un mot de lun dentre eux à un confrère. Lui parlant du P. François il lui dit : Ah ! votre P. François, cest votre gloire à vous, prêtres européens. Ce témoignage, à lui seul, vaut tous les éloges..

    Setchoan Méridional

    La réunion épiscopale de la 4e région, préparatoire au synode général de Chine, tenue à Suifu, a terminé ses travaux. Mgr Chouvellon président, avait proposé la formation de trois commissions, dont les délibérations particulières seraient ensuite soumises à lexamen et à la discussion dans des assemblées plénières. Pendant une semaine les trois commissions se livrèrent à un travail opiniâtre, après quoi, dans une réunion générale, chaque texte fut discuté, retouché et approuvé.

    Le dimanche 21 octobre fut jour de repos, pendant lequel Mgr Fayolle fit à ses hôtes les honneurs de sa ville épiscopale par la visite des trois paroisses, des écoles, hôpitaux, etc.

    La seconde semaine fut encore très occupée, et tout fut définitivement et heureusement terminé le 31 octobre.

    En la fête de la Toussaint, Mgr Chouvellon célébra la grandmesse pontificale : léglise de N.-D. des Martyrs, vaste pourtant, pouvait à peine contenir la foule des chrétiens venus des trois paroisses de la ville. La cérémonie fut vraiment imposante et digne des événements que lon voulait commémorer; car, en même temps que la clôture de la conférence épiscopale, on célébrait le tricentenaire de la S. C. de la Propagande et le centenaire de luvre, si française et si catholique à la fois, de la Propagation de la Foi.

    Kientchang

    Le 6 novembre, Mgr Bourgain est parti pour une longue visite pastorale dans les districts de Houili, Kiangtcheou, Hongpouso, etc. S. G. ne rentrera à Ningyuen quaprès Noël.

    Comme dordinaire, la retraite des missionnaires aura lieu au premier jour de lan chinois (16 février) et celle des prêtres indigènes le 3e dimanche après Pâques.

    Yunnan

    Par des caricatures affichées sur les murs de la ville et par des réunions tumultueuses les Chinois protestent contre le projet de lAngleterre de mettre la main sur le territoire depuis longtemps contesté de Pien-ma, sur les frontières du Yunnan et de la Birmanie. Dun autre côté, lavance anglaise vers le Thibet se dessine de plus en plus.

    Dans la province, et même autour de Yunnanfu, les pirates sont légion. Ils terrorisent les environs de notre Séminaire : le P. Provicaire demandé une protection efficace, mais jusquici rien na été fait.

    Le gouvernement du Yunnan vient dacheter 6 avions de marque française, type Bréguet. Sen servira-t-il contre les brigands ?

    Kouytcheou

    Nos religieuses canadiennes de Sherbrooke sont arrivées à Yunnansen le 20 novembre. Le P. Louis Esquirol les y attendait pour les conduire à Kouiyang, où elles sinstallent dans les établissements servant jusquici aux écoles paroissiales, lesquelles reprennent possession de leurs anciens bâtiments en face de la cathédrale.

    La vie à Kouiyang devient de plus en plus chère : les matériaux ont doublé et triplé de prix, les ouvriers sont rares et les hommes de peine presque introuvables ; la solde dun journalier a passé de 12 cents à 30 et 35 cents, sans compter la nourriture.

    Canton

    S. Exc. Mgr Costantini, Délégué Apostolique en Chine, a fait à notre Mission lhonneur dune visite. Bien que dun caractère absolument privé, cette visite a été pour nos chrétiens loccasion de manifester leurs sentiments de profond respect envers le représentant du Père commun des fidèles. Le jeudi 7 décembre, Son Excellence arrivait à Canton et se rendait aussitôt à la cathédrale, où une foule nombreuse sétait réunie pour recevoir la bénédiction apostolique. Les deux journées suivantes furent consacrées aux visites officielles et à celle des établissements catholiques de la ville. Le dimanche 10, Mgr célébra la grandmesse pontificale. Enfin le lendemain, après un court arrêt, à la léproserie de Sheklung, Son Excellence regagnait Hongkong.

    Au commencement de décembre, les Petites-Surs des Pauvres se sont transportées à leur nouvelle résidence de Tung-shan. Leur maison nest pas encore entièrement terminée, non plus que celle de leur aumônier ; aussi les bonnes religieuses, pour quelque temps encore, ne peuvent avoir la messe que le dimanche.

    A Ping-po Mgr Gauthier a administré la Confirmation à une cinquantaine de fidèles.
    Après un long séjour en France, le P. Pradel, Procureur de la Mission, nous est revenu dans un état de santé bien satisfaisant.

    Kouangtong Occidental

    Les troubles politiques et la piraterie restent encore à lordre du jour. Après la rapide débâcle de Wong-tong, partisan de Sun Yat-sen, notre région espérait une période de calme. Jusquà présent, à vrai dire, la paix n!a pas été officiellement rompue, mais le malaise, annonciateur des désordres, sinfiltre en maints endroits. Wong-tong, devenu lallié dun des deux partis du Kouangsi, pourrait bien nous revenir sans tarder, heureux deffacer son échec de lété dernier. Les commerçants de Pakhoi qui achèvent à peine le déballage des objets quils avaient mis en lieu sûr, commencent peut-être à les serrer à nouveau. Cette zone, par sa position, a toujours essuyé les premiers coups des hostilités entre le Kouangtong et le Kouangsi. On y est fait aux alertes, mais on noublie pas la prudence, mère de la sûreté, aussi prend on ses dispositions en conséquence.

    A la faveur de ce malaise, général dans la contrée, les pirates qui, comme les chauves-souris, peuvent montrer double visage, commencent à remuer. Notre doyen, le P. Zimmermann, signalait, le 24 novembre, quune bande de plus de mille bandits, remontant du sud de la presquîle, savançait dans la direction de la ville de Loui-tcheou, dans lintention évidente den faire le siège. Lannonce de renforts dépêchés de la capitale a contraint les pirates à se disperser dans la région avoisinante, prêts à reprendre leur entreprise dès que les circonstances le permettront. Quel fond faire, dailleurs, sur des troupes recrutées nimporte comment et qui favorisent ouvertement la violation des lois comme on vient de le voir à Lim-kong ? Prises dun beau zèle les autorités civiles avaient fait arrêter quelques porteurs de bagages ni militaires qui ostensiblement fumaient lopium. Mal leur en prit, car les soldats furieux vinrent mettre le siège devant le mandarinat. Après quelques feux de salve, ils obtinrent la libération des prisonniers. Mais que peut une administration à la merci de semblables soudards, car malheureusement les faits de ce genre ne sont pas isolés. Par contre, à Fort-Bayard et sur toute la concession, la population indigène vit paisible et en sécurité. Cette simple constatation suffirait peut-être à prouver quil nest pas très urgent de parler de la rétrocession de ce territoire à la Chine. Dans lintérêt de lordre, ce serait le contraire plutôt quon devrait réclamer.

    Kouangsi

    Notre malheureuse province est actuellement comme morcelée en cinq parties, chacune gardée et pillée par des troupes ennemies les unes des autres : Outcheou et ses environs sont au pouvoir dune armée cantonaise forte denviron 30.000 hommes ; le district de Tang-yuan est aux mains du général Lau Chun-wan avec 10.000 h.; le général Shum Hung-ying (10.000 h.) commande à Kweilin ; les troupes du Yunnan et du Kouytcheou (10.000 h.) occupent le territoire de Mongkong ; enfin les forces du général Lou Youngting sont maîtresses de Nanning, Kouiyuen et Longtcheou. Comment, dans de telles conditions, espérer une pacification prochaine?

    Deux confrères de notre Mission, les PP. Costenoble, Provicaire, et Cayssac, étaient passagers à bord du vapeur Sui-an qui fut piraté de si audacieuse façon, le dimanche 19 novembre, entre Macao et Hongkong. Non seulement ils furent dévalisés complètement, comme les autres voyageurs, mais le P. Caysac reçut une balle dans les deux jambes et dut passer un mois à lhôpital des Surs de Saint-Paul à Hongkong : heureux encore de sen tirer à si bon compte, car il sen fallut de bien peu quil ne fût frappé à mort, comme le furent sous ses yeux les Indiens chargés de la police du bord.

    Haut Tonkin

    Le Bulletin a annoncé la nomination de notre confrère le P. Jaricot comme représentant à Paris du groupe des Missions du Tonkin. On ne pouvait faire meilleur choix et tous se réjouissent de voir les intérêts de nos Missions en si bonnes mains. Il a rempli ici pendant environ 15 ans les fonctions de procureur avec un dévouement inépuisable. Nous le verrons partir avec regret et lui garderons fidèle et affectueux souvenir.

    Son départ va réduire encore le nombre déjà bien restreint des confrères de notre Mission et il est à souhaiter que des recrues nous arrivent bientôt.

    Tonkin Maritime

    Nous avons été heureux de voir revenir parmi nous le broussailleux P. Rey et de constater que les bons soins reçus à Béthanie, maison toujours gaie et bien vivante, lavaient complètement remis de la grave crise de malaria, qui, en 1921, lavait conduit en notre sanatorium, après lavoir mis à deux doigts du tombeau. Il a repris momentanément possession de son ancien poste de Phuc-dia, et ira au commencement de lannée 1923, sinstaller à Huu-Le pour y ouvrir la nouvelle école de catéchistes laotiens.

    Jusquici les missionnaires qui évangélisent limmense région du Laos tonkinois navaient, pour les aider dans leurs travaux, que des catéchistes annamites. Comme toute récente église doit tendre à vivre déléments tirés de son sein, il y avait évidemment là une lacune à combler, laquelle nétait dailleurs pas sans retarder les progrès de la Foi dans ce pays. Cest pourquoi on a décidé de fonder une école pour faire léducation de jeunes Laotiens, qui seront ensuite appelés à instruire leurs compatriotes des vérités de notre sainte religion. Puisse-t-il en sortir de bons catéchistes, et aussi, il est permis dé lespérer, de bons séminaristes jugés dignes du sacerdoce !

    Personne- nétait plus qualifié que le P. Rey pour prendre en main cette uvre. Il fut un des premiers apôtres de cette vaste contrée laotienne, et il y a ruiné une belle santé, qui, acquise jadis en respirant lair pur de nos montagnes de la Savoie, excitait lenvie des plus forts. Nayant plus assez de forces pour aller porter encore lEvangile à travers la brousse, il sera heureux de lui consacrer néanmoins le reste de sa vie, que nous souhaitons très longue.

    Le P. Barbier, titulaire actuel du poste de Huu-Le, a été chargé de préparer le local qui abritera les jeunes recrues venues du Laos. On dit que ce sera, comme dailleurs le magnifique pavillon dont il vient de doter lhospice de lendroit, un bâtiment marqué au coin du bon goût et du sens pratique, comme tout ce qui est fait par Alfred. Quand il sera achevé, le Père cédera la place au maître décole cité plus haut, et reviendra à Phat-Diêm reprendre les fonctions quil y remplit déjà 15 ans durant et quil avait quittées en 1919 pour se donner à nouveau, comme en 1900, à lévangélisation des peuplades muong. Ce nest pas sans un serrement de cur quil les quittera, cette fois sans espoir de retour, car à 60 ans dâge on nest plus un jeune , et, bien que chez elles le bon grain ne lève pas facilement, il na quand même jamais désespéré de les voir venir à Dieu. Ces dernières années, toujours plein despoir, il aurait pu écrire comme il y a 20 ans : Nous sommes debout, larme au pied, ajoutent parfois en souriant ceux qui ont retenu la phrase et la citent à loccasion, le visage tourné vers ces immenses régions muong, prêts à nous élancer sur la voie que nous ouvrira le souffle du Saint-Esprit. (Lettre Commune, année 1902, page 183).

    Le Centenaire de luvre de la Propagation de la Foi. Les journaux dEurope nous ont donné des comptes-rendus fort intéressants des congrès qui ont été tenus à Rome, à Lyon, à Paris, etc. pour luvre de la Propagation de la Foi. Se conformant aux instructions du S.-Siège, chaque diocèse a eu ses journées en faveur de cette uvre si importante et si méritoire. Nos Missions sont-elles restées en retard sur ce point ? Non. Sans doute, il naura pas été possible de tenir des assises aussi imposantes que celles des grands Congrès européens ou américains, cest évident ; mais partout on a essayé de donner à ces journées un caractère qui puisse frapper les indigènes et augmenter en eux lesprit missionnaire : le mot a été souvent prononcé au cours de cette année.

    Au Tonkin Maritime, depuis la fête de la Pentecôte jusquà la fête de S. François Xavier, les paroisses à tour de rôle ont célébré des triduums solennels, avec messe devant le S.-Sacrement exposé et, laprès-midi, salut du S.-Sacrement ; matin et soir Evêques, missionnaires et prêtres indigènes ont donné des conférences, faisant lhistorique de la propagation de la Foi depuis les Apôtres jusquà nos jours, relatant les obstacles de tous genres qui entravèrent cette uvre, mais faisant ressortir aussi les résultats merveilleux que la grâce de Dieu finit toujours par obtenir. Surtout depuis la fondation de la S. Congrégation de la Propagande, il y a 300 ans, que de progrès, lents au début, mais combien marqués depuis quon a travaillé plus activement à la formation dun clergé indigène Nos chrétiens ont suivi ces conférences avec beaucoup dintérêt, ils ont manifesté leur joie et leur reconnaissance à leur façon par force pétards et illuminations. Ils apprécient fort la que la France a prise dans luvre dévangélisation et de paix religieuse accomplie au Tonkin. Ils prient de tout cur pour elle en particulier et pour tous les membres de luvre de la Propagation de la Foi.

    Cochinchine Orientale

    Lordination du 8 novembre nous a donné un prêtre et un diacre.
    Le P. Kemlin, Supérieur de la Mission des sauvages bahnars, vient de publier une brochure sur lImmigration annamite en pays moï, Cest une étude sérieusement documentée, inspirée par le patriotique désir daider le Protectorat à instaurer le système politique et administratif le mieux approprié à la mentalité des peuplades de la haute région et ne heurtant pas trop leurs us et coutumes. La question est complexe et la solution en est discutée entre deux tendances opposées. Lune est celle de la porte fermée, qui ne permettrait pas aux Annamites trop avancés pour eux, de venir gâter les qualités natives de nos bons sauvages. Lautre, ne voyant rien à tirer ni à espérer dune race aussi arriérée, voudrait la voir évincer par les Annamites, plus sobres, plus travailleurs et plus prolifiques.

    Le P. Kemlin propose une solution moyenne : celle de la porte ouverte, mais gardée par un portier qui en repousse les indésirables.
    En résumé, il sagit dune question de grand intérêt local, et notre confrère la traitée avec une haute compétence.

    Cochinchine Occidentale

    Un nouveau deuil a frappé notre Mission : un de nos prêtres indigènes, le P. Thomas Nhut est mort le 15 novembre.

    Saigon a fêté de son mieux lanniversaire de larmistice : défilé de 400 anciens combattants, discours fort goûtés, puis retraite aux flambeaux et, le lendemain, défilé de chars ornés.

    Le dernier typhon nous a amené une vague de froid: à Saigon, cest un événement. Croiriez-vous que pendant trois jours le thermomètre sest maintenu entre 18º et 24º C.? Cétait à faire frissonner le détroit de Behring !

    Le Séminaire a fait sa grande promenade de fin dannée, la dernière avant le coup de collier de la repasse, à Laithieu, dont le curé, le P. Hay, frère du Supérieur du Séminaire, sest ingénié à bien recevoir ses neveux et leurs mentors. De grandes tables étaient installées sous la véranda de léglise, et tous, latinistes, humanistes, philosophes, théologiens, y ont participé à de copieuses et fraternel agapes. Leur gaieté ne pouvait être offensante pour lHôte divin tout proche : nest-elle pas lindice dune âme pure ?

    Cambodge

    La retraite des missionnaires a eu lieu, comme de coutume, pendant la première semaine de lAvent. Nous avons eu la joie dy revoir les PP. Blondet et Paul Martin, tous deux retour de France en florissante santé. Nous étions réunis 26 missionnaires. Où est le temps où nous étions plus de 40 ?

    Le 19 octobre, le Carmel de N.-D. dEspérance, à Phnompenh, était en deuil : il perdait celle que la Mère Prieure elle-même appelait la fondatrice du monastère. Auna Huê, tertiaire du Carmel, avait non seulement contribué pour une large part à la construction du couvent, mais elle lui avait donné ses deux filles. Lors de la fondation du Carmel de Phnompenh, en août 1919, elle voulut y accompagner ses deux filles, qui, du Carmel de Saigon, se transportaient dans le nouveau monastère. Elle pensait retourner à Saigon après leur installation ; Providence en avait disposé autrement. Elle tomba malade, ne devant plus se relever, fut admise à résider au Carmel, et cest là quelle a rendu le dernier soupir entre les bras de ses deux enfants religieuses.

    Léglise paroissiale de Culao-gieng a été allongée de plusieurs travées. Cest un des plus beaux et des plus vastes monuments de notre Mission : sa longueur totale est de 57 mètres. Elle a été dotée de magnifiques autels en bois. Au matin du jour de louverture de la retraite, Mgr Bouchut y a donné la Confirmation à 183 personnes.

    Malacca

    Le compte-rendu statistique annuel donne, pour 1921-22, les chiffres suivants :
    Population catholique 41.250
    Baptêmes :
    Adultes 418
    in art. mort 705
    Enfants de chrétiens 1.689
    in art. mort. 1.362
    Confessions 174.244
    Communions 432.691
    33 Ecoles de garçons 6.829 élèves
    23 Ecoles de filles 3.880
    36 Orphelinats 1.126 enfants

    Lhomme propose, et Dieu dispose. Il y a quelques semaines seulement, nous étions heureux dannoncer que Mgr Perrichon, après avoir payé son tribut à linfluenza, avait pu reprendre sa tournée de confirmation. Il ne lui restait, dailleurs, à visiter, que les postes dIpoh, Batu-Gajah, Tapah et Telok-anson, tout lEtat de Perak. Puis, de l. il devait se rendre de nouveau à Penang pour y faire une ordination au Collège.

    Mais, hélas ! la fièvre ne tarda pas à revenir, et, cette fois-ci, a des symptômes de complication du côté du cur ; si bien que, après quelques alternatives de mieux une terrible attaque survint pendant laquelle le malade tomba sans connaissance. Dès lors, il ny avait plus à hésiter. Un changement complet de climat était nécessaire ; un voyage en France simposait. Et les docteurs ajoutaient quil fallait partir sans retard pour éviter de nouvelles rechutes toujours dangereuses.

    Cest ainsi que Mgr le Coadjuteur nous a quittés, le 11 novembre, le cur gros, mais acceptant avec courage le sacrifice de cette séparation. Il sait que nos meilleurs vux laccompagnent et que, pendant son absence, nous ne cesserons de demander à Dieu de lui rendre sa robuste santé et de nous le ramener le plus tôt possible.

    Cest, dailleurs, la première fois, depuis son départ en 1895, que Monseigneur retourne en France. Sa bonne mère, qui désirait tant le revoir, va être au comble de ses vux.

    Birmanie Septentrionale

    De tous les coins de la Mission, ils sont venus pour la retraite annuelle, ces vaillants Pères Peinards du bon Dieu. Ils sont venus ceindre leurs reins, fourbir leurs armés, sarmer pour de nouvelles luttes. Du 13 au 17 novembre le Sitio du Sauveur mourant a retenti dans leurs curs. A la vue de tant de peuplades encore complètement plongées dans la plus noire idolâtrie ; à la vue de tant dâmes inquiètes et tourmentées, frémissant dun saint désir de conquête, ils ont répété : Sitio !... Et, joyeux, car est-on jamais triste aux Missions-Étrangères ? ils ont regagné leurs postes de combat, brûlant du désir daller simmoler pour les âmes... Combien vraie est la parole de Jésus : Nisi granum frumenti cadens in terram mortuum fuerit, ipsum solum manet ; si autem mortuum fuerit, mullum fructum affert. Tout récemment, en effet, écrit le P. Fuéry, le catéchiste de Simlum-Kàba na venait mannoncer que de Laja plusieurs famIlles désiraient senrôler dans notre sainte religion. Laja est un village à 30 kilomètres au sud-est de Bhamo. Il y a environ 45 ans, un de nos missionnaires sy installa : les vieux sen souviennent ; mais parti malade, il ne revint pas, et personne ne la jamais remplacé. Le poste est libre et tenu à notre disposition. Nest-pas là un signe que le bon Dieu veut faire germer en cet endroit le bon grain qui y a été semé dans de grandes souffrances. Le missionnaire en question est le P. Lyet, qui mourut à Mandalay de la fièvre des bois contractée à Laja, dans la cinquième année de son apostolat (1878).

    Laos

    Mgr Gouin a nommé Provicaire le P. Combourieu.
    Cest à Thare que, pour les fêtes de la Toussaint, notre nouvel évêque a fait sa première tournée apostolique. De tous les postes du Laos, Thare est de beaucoup le plus important : il y a là autour de plus de 2.200 chrétiens. Ce poste fut fondé en 1885 par le P. Xavier Guégo, qui, la même année, le transmit au P. Combourieu, lequel ladministre depuis lors, cest-à-dire depuis 37 ans. Le P. Gouin y fut vicaire de 1903 à 1908, et cest pourquoi, devenu évêque, il a voulu réserver sa première visite épiscopale à ce poste, dont il a gardé le meilleur souvenir.

    De Nongseng à Thare il y a 80 km, que lon franchit ordinairement en deux journées de cheval. Notre nouveau confrère, le P. Thibaud, nommé vicaire de Thare, accompagna Sa Grandeur. Une trentaine de cavaliers vinrent, à 5 ou 6 km. de la ville, à la rencontre de Mgr et lui firent escorte jusquà lenceinte extérieure de la cité : là il fallut halte pour entendre un discours de bienvenue, suivi du chant national siamois exécuté par la fanfare ; après quoi les deux principaux chefs de la ville prirent chacun dun côté la bride de la monture épiscopale, et le cortège savança lentement au milieu dune foule de chrétiens qui se pressaient sur les deux côtés du chemin. Au presbytère, nouveaux discours de bienvenue, annamites, laotiens, etc. Touchantes manifestations de la joie des fidèles : le cher P. Thibaud en fut tellement impressionné que les larmes lui vinrent aux yeux et quil dut se retirer pour cacher son émotion. Pour la Toussaint 700 à 800 chrétiens sapprochèrent de la Sainte-Table.

    Maïssour

    Sacre de Mgr Despatures. Le 21 juin dernier, les cloches de la cathédrale de Bangalore annonçaient la nomination du P. Maurice Despatures au siège de Mysore.

    Les bulles arrivèrent le 12 septembre et, le dimanche suivant, le nouvel élu prenait possession du diocèse, profitant de cette circonstance pour fêter son Patron et célébrer le 25e anniversaire de son ordination sacerdotale. Au repas qui suivit la prise de possession, Mgr annonça quil avait fait choix du P. Studer comme vicaire général et tenait également à sassurer la collaboration du cher P. Sigean en qualité de vicaire-général honoraire. La date du sacre restait encore à fixer ; la fête de saint Matthieu se trouvant trop rapprochée, on décida que la cérémonie aurait lieu le 28 octobre.

    Son Excellence le Délégué Apostolique, assisté de NN. SS. Faisandier et Chapuis, voulut bien conférer la consécration au nouvel évêque. La cérémonie se déroula avec la pompe habituelle dans la cathédrale Saint-Patrick qui, pour la circonstance, avait été ornée dune façon grandiose par les soins du P. Tabard et de ses dévoués assistants.

    NN. SS. de Pondichéry, Vérapoly, Mangalore, Trichinopoly, Coïmbatore et Kumbakônam, tout le clergé de la Mission, contribuèrent pour beaucoup à rehausser encore léclat de cette cérémonie, déjà si imposante par elle-même. Aux premiers rangs dune nombreuse assistance on remarquait plusieurs personnages de la Cour et du Gouvernement. Parmi eux nous citerons le second membre du Conseil, le Revenue Commissioner, le Chief Secretary to the Government et plusieurs autres encore, venus tout exprès de Mysore pour témoigner leur estime à Monseigneur qui, pendant près de vingt ans, fut le curé de capitale.

    Après la cérémonie on se réunit dans la chambre de Monseigneur pour lui souhaiter la santé, la force et les grâces nécessaires pour administrer le diocèse de Mysore ad multos annos, pro Chtisto et grege.

    Monseigneur, visiblement ému, nous assura quil sefforcerait dêtre à la fois Père et Pasteur; un père qui saura partager nos joies, nos espérances, et aussi nos tristesses. LEglise ayant clairement formulé les devoirs du Pasteur, cette tâche, nous dit-il, lui sera dautant plus facile à remplir quil demeure assuré de la coopération de chacun, car après tout, évêque et prêtres nont quun but, le salut des âmes, et un seul moyen, la charité.

    Soixante-huit prêtres et frères se retrouvèrent au déjeuner en compagnie de Son Excellence le Délégué Apostolique et de six autres évêques. Parmi les télégrammes lus par le Vicaire général à la fin du repas, on remarqua en particulier ceux de Son Altesse Royale le Maharajah de Mysore, de son frère et de son oncle, du Résident anglais et du Premier Ministre, S. Exc. le Délégué Apostolique exprima la joie quil avait éprouvée davoir à consacrer un évêque des Missions-Étrangères de Paris, cette Société dont les travaux apostoliques sont si connus. Sa pensée se reportait aux pléiades dévêques et de missionnaires que la France na cessé denvoyer dans lunivers entier, méritant ainsi le titre de Fille aînée de lEglise .

    Mgr Morel proposa à Monseigneur lexemple des premiers évêques de Mysore, lui souhaitant la robustesse de Mgr Charbonneau, la popularité de Mgr Chevalier, le zèle apostolique de Mgr Coadou, les talents dadministrateur de Mgr Kleiner, la sainteté de Mgr Baslé et enfin laffabilité de Mgr Teissier. Il ajouta quil lui proposait encore en exemple lEglise métropolitaine de Pondichéry, qui, en 150 ans na eu que six évêques. Enfin il exprima le souhait de voir Mgr Despatures conduire la Mission à son centenaire en 1946.

    Monseigneur remercia S. Exc. le Délégué Apostolique de lhonneur quil avait fait à notre Société. Aux Missions Etrangères, dit-il, nous nous faisons une gloire davoir toujours mis au premier rang de nos dévotions, la dévotion à lEglise et à la personne du Pape. Jassocie donc dans un même hommage de filiale dévotion la Papauté, représentée ici par S. Exc. Mgr Pisani, et la Société des Missions-Étrangères, qui est fière de voir son esprit, ses nobles traditions, ses espérances, incarnés dans la personne de son vénéré Supérieur Général, Mgr de Guébriant.

    Sa Grandeur remercia ensuite les prélats dêtre venus auprès du Représentant du Pape, pour témoigner, par la diversité des Sociétés et des nations auxquelles ils appartiennent, quil ny a quun Episcopat et un Clergé, comme il ny a quune Eglise ; puis, sadressant aux membres de la Mission et aux prêtres étrangers, il les pria de regarder sa maison comme la leur et la Mission comme un trait-dunion tous ceux qui travaillent à la même uvre, dans le même esprit de charité : Vous êtes plus que bienvenus, vous êtes désirés. Le soir même du sacre, les paroissiens de la cathédrale offrirent leurs vux et leurs félicitations à Monseigneur. Dans sa réponse, Sa Grandeur évoqua dabord le souvenir de Mgr Teissier et de ses prédécesseurs ; il demanda ensuite à tous de préserver toujours avec un soin jaloux le précieux héritage de tout chrétien : la foi. Cest elle, dit-il, qui les guidera dans le chemin du devoir, leur inspirant la révérence pour les lois et lordre. Il y a, sans doute, de grandes difficultés à préserver ce don insigne, mais, avec la prière, le sacrifice et lunion, cette tâche ne sera pas au-dessus de leurs forces. La nécessité dêtre religieux et unis fait dautant plus sentir que lInde traverse une grande crise. Tous doivent marcher la main dans la main, fidèles aux traditions de notre religion et sefforcer dinculquer à la génération naissante les mêmes sentiments qui en feront de loyaux serviteurs de S. M. le Roi-Empereur et de S. A. R. le Maharajah de Mysore.

    Enfin Monseigneur remercia de tout cur le P. Tabard, curé de la cathédrale, son assistant, le P. Lobo, et tous ceux qui avaient contribué à rendre cette journée du 28 octobre une date inoubliable.

    Coïmbatour

    Depuis dix mois Mgr lEvêque souffre dune sciatique douloureuse que la science médicale semble impuissante à soulager. Daigne le bon Dieu lui rendre bientôt la santé ! Malgré ses souffrances Sa Grandeur a pu administrer la Confirmation dans sa cathédrale à 200 personnes en la fête de lAssomption.

    LInspecteur des Ecoles a fait à notre Ecole S.-Michel, dirigée par le P. Jambeau, des éloges dautant plus appréciables que les officiers dacadémie en sont plus chiches. Cette école, écrit-il dans son rapport annuel, a obtenu, cette année encore, dexcellents résultats aux examens du S. S. L. C. (Secondary School Leaving Certificate) ; 17 candidats sur 18 ont subi les examens avec succès. Jen félicite le Head Master et son personnel enseignant. Cette école continue de mériter en tout point le bon renom quelle a acquis à Coïmbatore.

    Le 28 septembre le P. G. Boulanger, après un congé bienfaisant dun an en France, était de retour à Coïmbatore en bonne santé. Il est en ce moment Supérieur par intérim du Sanatorium S.-Théodore, en attendant la nomination du successeur du P. Vieillard, démissionnai pour cause de santé.

    Le 5 novembre avait lieu à Coonoor le baptême solennel de la cloche de la Victoire. Les fidèles de cette belle paroisse ont, par leurs souscriptions, généreusement aidé leur curé, le P. Rivière, à mener à bonne fin ce projet conçu dans le but de commémorer la grande victoire. Puisse la voix imposante de la nouvelle cloche célébrer à travers les âges le bienfait de la victoire et de la paix en rendant grâce à Dieu. Cest pour cela quelle sappelle Victoire et est dédiée au Sacré-Cur.

    Le 3 novembre le P. Critenat, dont la santé depuis quelque temps laisse beaucoup à désirer, est parti pour la France. Le climat des Alpes ne tardera pas, nous lespérons, à lui rendre la vigueur.

    Daprès les dernières nouvelles venues de France la santé du P. Foubert ne saméliore pas. Il est à craindre quil ne puisse revenir dans sa Mission aussi tôt quil le désirait et que nous lavions espéré.

    Le P. Perrière vient dagrandir le noviciat du Couvent indigène de la Présentation, dont il est le Supérieur. Cétait nécessaire pour préserver des novices qui jusquici, manquaient dair et despace. La bénédiction de la nouvelle salle eut lieu le 21 novembre, fête patronale du Couvent. Daigne la Sainte-Vierge susciter un renouveau de vocations religieuses afin de pourvoir aux besoins pressants de nos écoles de filles.

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    DERNIÈRES NOUVELLES

    Paris.

    Le 2 novembre, à la demande du Souvenir Indochinois, un service solennel a été célébré dans la chapelle du Séminaire pour le repos de lâme des Annamites chrétiens morts pour la France. Le P. Léculier a célébré la messe et Monseigneur, avant de donner labsoute, a prononcé une allocution.

    Rome.

    S. E. le Cardinal Préfet de la Propagande a fait remettre 50.000 lires à notre Procureur général pour la Mission de Swatow, si durement prouvée par le typhon du mois daoût.

    M. Ouang Tin-tchang, ancien préfet au Kientchang et à Canton, directeur du protocole au Ministère des Affaires Etrangères à Pékin, grand ami des Missions, a reçu la plaque de Commandeur de lOrdre de Pie IX.

    Marseille.

    Se sont embarqués pour rentrer dans leurs Missions : le 10 novembre, les PP. Pradel (Canton), Rossillon (Kouantong Occid.), Paul Martin (Cambodge) et Jamet (Coch. Orient.) ; le 11, le P. Rondel (Siam).

    Londres.

    Le P. Bareille va remplir les fonctions de chapelain au couvent de la Sagesse à Londres.

    Lanlong.

    Un télégramme arrivé à Kouiyang le 1er décembre annonce que le P. Carlo est nommé Préfet Apostolique de la nouvelle Mission de Lanlong. Le P. Alexandre-François-Marie-.Joseph Carlo, né le 3 mai 1881 à Hénon, au diocèse de Saint-Brieuc, est depuis 1905 missionnaire du Kouytcheou. Le Bulletin offre au nouvel élu ses respectueuses félicitations.

    1923/40-66
    40-66
    Anonyme
    France et Asie
    1923
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