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Chronique des Missions et des Etablissements communs 11

Chronique des Missions et des Etablissements communs Tôkyô
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    Chronique des Missions et des Etablissements communs
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    Tôkyô

    La retraite des missionnaires de Tôkyô a eu lieu à larchevêché, du 10 au 14 septembre inclus. Tous les missionnaires et les prêtres indigènes y ont assisté. Elle a été prêchée par S. G. Mgr Chambon qui, la semaine suivante, a prêché également la retraite des missionnaires dOsaka. Les missionnaires des deux Missions ont pu se retremper dans lesprit de la Société des Missions-Étrangères, que les sermons entendus pendant ces jours de recueillement ont fait spécialement revivre.

    Comme nous lavions annoncé, à lissue de la retraite des missionnaires de Tôkyô, le samedi des Quatre-Temps, a eu lieu dans la cathédrale de Sekiguchi, au milieu dune grande affluence de chrétiens, lordination de M. Joachim Ideguchi, revenu récemment au Japon après avoir terminé ses études au Séminaire de St-Sulpice de Paris. Le même jour deux séminaristes ont reçu la tonsure.

    Au commencement de la retraite, le lundi 10 septembre, M. Laurent Toda, qui avait été ordonné à Noël de lan dernier, après avoir achevé son séminaire à la Propagande, arrivait à Yokohama par lEmpress du Canada.

    Une réunion de tous les Supérieurs des Missions du Japon sest tenue le 3 et le 4 octobre à larchevêché de Tôkyô dans le but de régler dun commun accord la question de la participation des Catholiques aux fêtes du Couronnement de S. M. lEmpereur, qui doivent avoir lieu du 10 au 16 novembre prochain, et les mesures à prendre afin dassurer le succès du ministère apostolique et luniformité de la discipline dans les onze Missions du Japon. A lissue des conférences, les Supérieurs des Missions ont, par un télégramme de la Délégation Apostolique, adressé au Saint-Père lhommage de leur filial attachement. Nous, sommes autorisés à dire que les séances ont été empreintes de la plus grande cordialité et que la satisfaction générale sest manifestée par le désir unanimement exprimé que ces réunions se renouvellent chaque année.

    Notons enfin pour mémoire la généreuse initiative dun Japonais encore païen, beau-père dun chrétien, et lun des directeurs de la Compagnie des tramways-express Tôkyô-Odowara, qui, près de cette ligne, à Kitami, a bâti récemment une petite chapelle pour que les chrétiens des environs puissent plus commodément accomplir leurs devoirs religieux le dimanche. Cette chapelle, très élégante, a été décorée de fresques artistiques par un jeune peintre catholique, M. Luc Hasegawa, qui a étudié plusieurs années en Europe et spécialement en France. La messe est assurée le dimanche par un des PP. Jésuites de lUniversité de la Sagesse (Jochi Daigaku).
    Le 5 octobre.


    Fukuoka

    Le Père Maxime Bonnet vient daccomplir la 25ème année de son sacerdoce ; sous peu il fera ses adieux à sa belle paroisse du diocèse de Nagasaki pour entrer dans le diocèse de Fukuoka. Pour cette double raison ses ouailles ont tenu à le fêter dune manière tout à fait exceptionnelle, heureuses de lui témoigner leur affection, leur admiration et leur reconnaissance.

    Le 12 septembre dernier, à laurore, trois bateaux pavoisés, montés par des chrétiens, entraient dans le port de Hirado. Quand le jubilaire et sa nombreuse suite eurent pris place à bord, la petite flotte se dirigea vers Kami-Kozaki, petit port situé à une lieue environ de Hirado. Sur cette plage, deux mille chrétiens attendaient le retour de la flottille et saluèrent le Père Bonnet par de vives et enthousiastes acclamations.

    Le cortège se dirigea vers léglise, et la messe dactions de grâces commença, messe solennelle, pendant laquelle le Père Giraudias, de la Mission de Tôkyô, voulut bien remplir loffice de diacre. Après lévangile, le Père Wakida donna le sermon. Avec la meilleure grâce, il rappela aux paroissiens combien ils avaient été heureux de voir le portrait idéal du prêtre se réaliser au milieu deux et par conséquent combien était urgent leur devoir den témoigner aujourdhui au bon Dieu toute leur reconnaissance... A la communion, de nombreuses personnes sapprochèrent de la Sainte-Table.

    Après la messe le cher jubilaire reçut les saluts et les félicitations des chrétiens : chacun désirait sapprocher de lui et recevoir sa bénédiction. Puis cinq orateurs firent léloge du bon pasteur, du bon Père Bonnet... Que de souvenirs se réveillèrent !... Aujourdhui on était à la joie ; mais pendant ces 25 ans, à Oshima surtout, bien pénibles souvent ont été les sacrifices !... Sur ce sol le Père a été lhomme du devoir, comme il la été aussi, du reste, pendant la grande guerre, doù il est revenu avec la croix des braves... Le Père Bonnet aimait son troupeau : il est de ceux dont on a dit :

    Cum mandant amor urget,
    Cum damnant amor arguit.

    Ses chrétiens lavaient compris. Tel était le secret de son influence qui lui permettait de tout dire ; personne naurait osé faire le récalcitrant.

    Après les fleurs vint loffrande des épis : un fauteuil, deux candélabres et quantité dautres souvenirs judicieusement choisis furent offerts au Père Bonnet.

    Après le repas on se réunit de nouveau à la salle des fêtes : saynètes, danses enfantines, chants, la joie sépanouit à souhait.

    Un salut très solennel du T. S. Sacrement clôtura cette très belle journée.

    Le lendemain, la même fête se répéta à Hirado-ville. M. le Maire, le Directeur des écoles et plusieurs notables, dont les relations avec le Père Bonnet avaient été toujours empreintes de la plus grande courtoisie, se firent un plaisir et un honneur de sunir à nous pour féliciter notre jubilaire. Notons que, vers la fin de la journée, le bon Père Bonnet, à force de se prodiguer et de crier Banzai, neut plus assez de voix pour répondre aux derniers compliments. Il chargea le Père Nakada de vouloir bien répondre en son nom. Ce Père sen acquitta délicatement et termina sur cette pensée que les heureux parents du Père Bonnet avaient dû se réjouir tout spécialement en assistant du haut du ciel à la fête de leur fils prêtre et missionnaire.

    Neuf confrères entouraient notre cher jubilaire. Le P. Giraudias, venu de Tôkyô, était du même départ que le P. Bonnet. Le P. Fressenon arriva à Nagasaki en cette même année 1903, quelques mois avant le P. Bonnet. Le P. Fressenon et le P. Bonnet ont étudié ensemble le japonais chez le P. Raoult, à Kagoshima. Heureux temps dont maître et élèves conservent le plus doux souvenir ! Puis ils partirent lun et lautre sur le même bateau pour Oshima, et depuis lors ils ont à peu près toujours partagé la même destinée.
    Le 10 octobre.


    Taikou

    Peu de nouvelles intéressantes ce mois-ci.
    Le Père Mialon, qui na pas pu se refaire au climat de Corée, repart pour France, où le climat plus doux lui rendra, espère-t-il, de nouvelles forces.

    Le séminaire a repris ses cours. Lette année est particulièrement importante, puisquelle doit être couronnée par une importante ordination à la prêtrise.

    Vers la fin du mois nous avons eu le plaisir de recevoir le Père Tournier, assistant-procureur à Shanghai, venu réparer ses forces en jouissant du bel automne coréen.

    La persistante sécheresse de lété dernier, suivie des typhons et dune trop longue période de pluies en septembre, a compromis les récoltes, au point que la famine se fait déjà sentir un peu partout. Les autorités dune province du Nord ont déjà fait appel à lorphelinat de Taikou pour recueillir des enfants abandonnés. Que nous réserve lhiver, quon dit devoir être particulièrement rigoureux ?

    Dignes émules de leurs voisins les Chinois, les écoliers de Corée sémancipent ; cest ainsi que, tout récemment, environ 200 élèves de lécole supérieure de Taikou se sont mis en grève ; 15 meneurs ont été définitivement expulsés et 150 élèves ont été mis en congé illimité.
    Le 8 octobre.


    Moukden

    Les missionnaires Canadiens de Mandchourie viennent de recevoir un sérieux renfort par larrivée de quatre nouveaux prêtres et de trois religieuses. Il y a trois ans à peine que les premiers dentre eux débarquaient en Chine, et déjà les missionnaires de cette jeune Société sont ici au nombre de seize, les uns administrant les districts qui composent leur future Mission, les autres travaillant à leur formation par létude de la langue et du ministère en Chine.

    Les nouveaux venus ont eu cette année, en arrivant à Moukden, la désagréable surprise dapprendre que peut-être leur voyage nallait pas se poursuivre jusquau bout sans difficulté. La nouvelle nous arrivait, en effet, à peu près au même moment, que, dans la région occupée précisément par les Canadiens, la peste avait fait son apparition, et que, pour prévenir la propagation de ce fléau, les communications par chemin de fer étaient lobjet dune surveillance méticuleuse et, par endroit, totalement supprimées. En réalité le voyage se termina comme il avait commencé, cest-à-dire rapidement et sans aucun autre incident que cette fausse alerte.

    Lépidémie de peste bubonique dont il était question na pas manqué cependant de faire des victimes, plusieurs centaines en quelques jours ; mais il semble bien quà lheure actuelle le fléau a cessé de sétendre.

    La retraite des Religieuses de Portieux, prêchée par le P. Beaulieu, sest terminée le jour de la fête du St Rosaire. Cette réunion annuelle a été marquée par la célébration du cinquantenaire de larrivée en Mission de deux dentre elles, Sur Rosine, qui fut supérieure de la communauté de 1902 à 1926, et Sur Gérardine. Ce fut une fête toute intime, où léclat des manifestations extérieures fut avantageusement remplacé par la sincérité et la cordialité des vux offerts aux deux jubilaires et par la ferveur des prières adressées au Bon Dieu pour elles.
    Le 10 octobre.


    Suifu

    Bluff !... Depuis plusieurs mois, il nest question que de désarmement et de licenciement de soldats. Notre satrape, Lieou ouen houi, abonde dans ce sens. Pour plaire à lopinion publique, il annonce quil licenciera 7.000 hommes sur les 90.000 que compte sa 24e armée. Mais il a trouvé le stratagème de les renvoyer sans diminuer aucunement ses forces, sans même perdre un seul fusil : il les versera dans la division du général yunnanais, Fou jo iu, quil a fait nommer général-directeur des marches yunnano-setchouanaises, et qui, de fait, est sous ses ordres. Aussi bien, pour entretenir tout ce monde militaire, impôts, impositions, contributions, taxes, surtaxes etc. continuent de plus belle. Mais il aura licencié tout de même ! Et la face, sinon lhonneur, sera sauve !

    Bluff !... Le 8 septembre, à 17 heures, débarquait à Suifu, venant de Chengtu, le délégué du gouvernement de Nanking, M. Sen min. Généraux, sous-préfet, et autres notabilités civiles et militaires lattendaient dans une pagode, tout près de lendroit où sa jonque devait aborder. On le reçut avec tous les honneurs dus à son rang, bien quil ne portât aux pieds que de simples sandales en paille, comme il convient, du reste, à un représentant dun gouvernement populaire.....

    Mais, comme il était annoncé depuis plusieurs jours, les autorités de la ville eurent tout le temps de prendre leurs dispositions. La consigne était que Suifu lui fît bonne impression. Dans ce but, par ordre, les maisons furent pavoisées et les rues soigneusement balayées et lavées. Les fumeries dopium furent fermées, et disparurent leurs enseignes, consistant en rideaux de porte en chanvre grossier. Les escouades de soldats de garde aux portes de la ville furent remplacées par de simples policiers. Les douanes furent fermées, et leurs pancartes ou drapeaux descendus et remisés en lieu sûr ; les jeux de dé en plein air, défendus... etc.. On voulait que M. le délégué pût écrire dans son rapport que Suifu est une ville charmante, où il ny a plus de joueurs, ni de fumeurs dopium, ni de likin, ni de brigands, une ville modèle où lhygiène est strictement observée, une ville où le peuple est on ne peut plus heureux sous ladministration des fonctionnaires du maréchal Lieou ouen houi. Bluff ! Comédie ! Le lendemain matin, sans avoir fait aucune enquête, seul avec sa suite, le délégué nankinois rembarquait sur un vapeur réquisitionné et qui était retenu depuis six jours. Détail à noter : cinq minutes avant son arrivée à bord, les scellés avaient été enlevés, et les soldats qui gardaient le navire avaient disparu. Ceci, sans doute, pour faire accroire que, sous le règne du parti kouémingtang, les réquisitions forcées ne sont pas admises, que cétait là procédé tout au plus bon au temps où Péking ne sappelait pas encore Péping. Ce sont là finesses trop visiblement cousues de fil blanc. Aussi personne ne sy laisse prendre.

    Autre chose à retenir. Le navire qui emportait M. Sen min navait pas encore levé lancre que les fumeries dopium arboraient leurs rideaux en chanvre, que les douanes de tout nom hissaient leurs pancartes ou drapeaux, que les dés roulaient sur les tables réinstallées dans les carrefours et dans les coins de rues, que le fisc arrêtait et jetait en prison les propriétaires qui se refusaient à payer les contributions arbitrairement exigées, absolument comme du temps que Péking sappelait encore Péping.
    Le 1er octobre.


    Ningyuanfu

    Le 26 août, les PP. Arnaud, Bettendorf, Boiteux arrivaient à Ningyuanfu ; le 2 septembre, ce fut le tour du P. Bocat. La réunion, bien que réduite, fut marquée par la plus fraternelle gaîté (à rendre jaloux ceux qui nen furent pas). Le P. Bocat a continué son voyage vers le sud et ira jusquà Yunnanfu au-devant de notre nouveau, le P. Flahutez.

    Un mandarin colonisateur est arrivé dernièrement à Ningyuanfu ; il recevra $ 12.000 par an et aura 100 soldats sous ses ordres. Son intention est de rétablir les prétoires de Iu choui et de Tchao kio. Pei cha devient aussi sous-préfecture.

    A Hosi on signale quelques pillages.
    Le 22 août, deux Religieuses, accompagnées de deux vierges, sont descendues au sud de Ningyuanfu pour visiter les malades. A Houang choui tang, à Tetchang et les environs, partout elles ont trouvé le meilleur accueil. Elles sont revenues le 3 septembre avec un belle gerbe de 330 baptêmes denfants moribonds. Chaque jour elles soignèrent une moyenne de 300 malades.

    Notre dernier compte rendu enregistre : 274 baptêmes dadultes, 298 baptêmes denfants de chrétiens, 654 baptêmes denfants de payens ; 29.222 confessions, 74.215 communions ; 46 écoles avec 906 élèves. Nous avons 6 séminaristes à Penang, 2 à Suifu et 31 à Ningyuanfu. Notre école normale de catéchistes-instituteurs a 17 élèves ; celle des vierges enseignantes, 19 élèves. Nos Religieuses F. M. M. ont soigné 62.543 malades.
    Le 8 septembre.


    Yunnanfu

    Le 23 septembre, Philippe Tao a été ordonné prêtre dans léglise paroissiale de Yunnanfu. Nos félicitations au P. Bougault et à ses chrétiens qui ont donné à léglise du Yunnan le premier prêtre de la race Miao-Tseu !

    La répression de la piraterie continue dans les environs de Yunnanfu et du côté de Lin ngan. De temps à autre, des têtes sont envoyées ici, pour être suspendues aux branches des arbres sur la place des exécutions.

    Laffaire du pillage de Tien pa teou, dont il était question dans le Bulletin de septembre, suit son cours ; quelques complices sont sous les verrous. La bande qui opéra le coup de main sest réfugiée au Se-tchouan. Mais demande a été faite à la province voisine de semparer des coupables et de les livrer aux autorités du Yunnan.

    Ces deux dernières semaines nous avons eu encore des pluies torrentielles. La voie ferrée en a souffert, mais nous espérons que, dans quelques jours, la circulation des trains redeviendra normale.
    Le 1er octobre.


    Kouiyang

    De Song Tao, le P. Darris sest rendu à Tekiang pour installer le nouveau curé de ce district, le P. Beaumeister. A son retour, il prit la route de Tongjen, où il arriva, au bout de sept jours, épuisé par suite dune violente attaque de dysenterie. Grâce à un traitement énergique suivi à lhôpital de Tongjen, il est maintenant en bonne voie de guérison.

    Vingt-trois prêtres indigènes viennent de suivre les exercices de la retraite annuelle. Quatre avaient été autorisés à rester à leur poste pour le service des malades. Les Pères de la région de Tseny ont, pour la première fois, fait le voyage en auto : un jour de voyage, au lieu de cinq, cest appréciable.

    Le P. Bacqué a trouvé un peu de soulagement pendant son séjour à lhôpital de Chungking. Lappétit est bon, les souffrances ont cessé, mais les forces ne reviennent pas. Le Père a cependant quitté lhôpital le 8 septembre et se propose de revenir à Kouiyang dans une semaine ou deux.

    Le 13 septembre, les Surs St Joseph et St Jean sont parties pour Hongkong et Macao, sur lordre de la Supérieure générale de N.-D. des Anges. La Sur St Joseph, dont le temps de supériorat se terminait le 18 septembre, a été remplacée dans cette charge par la Sur St Pierre.
    Le 15 Septembre.


    Swatow

    Le 23 septembre nous avons fêté les 50 ans de vie apostolique de notre vaillant Père Vacquerel. Une plume plus alerte vous dit un peu plus haut les différentes cérémonies qui ont eu lieu, à cette occasion. Quil me soit seulement permis de faire à ce propos la réflexion suivante : Nous sommes actuellement dans notre Mission, Monseigneur compris, 19 Confrères ; deux ont fait leurs noces dor, onze leurs noces dargent ; ensemble ces treize comptent 450 ans de service actif. Tant de barbes blanches et grises font désirer un rajeunissement des cadres. Vivent les jeunes ! Mais quils se hâtent de croître en nombre !

    Linfatigable Père Becmeur a trouvé trop lourd son exil au pays pourtant enchanteur de la Malaisie ; lamabilité des confrères et le dévouement des chrétiens nont pu ly retenir. Aussitôt quil a su quun calme relatif était revenu en Chine, il a fait ses paquets et nous est arrivé plein dardeur et prêt à de nouveaux combats. Il se dispose maintenant à retourner au Fouilai, le pays de ses amours, et à essayer de relever les ruines de son cher Peh-né et de rassembler ses brebis que la bourrasque rouge a dispersées.

    La fièvre et la fatigue ont forcé les PP. Thiollière et Coiffard à se rendre au Sanatorium de Béthanie, où les bons soins du P. Marie nont pas tardé à leur rendre forces et santé ; ils nous reviendront bientôt complètement rétablis.
    Le 15 octobre.


    Pakhoi

    Le compte-rendu annuel de Pakhoi est un tableau de chasse en notable progrès sur celui de lan dernier. En voici les chiffres qui nous causent le plus de satisfaction, sans dailleurs satisfaire lambition des missionnaires, tout en satisfaisant... (nous navons pas de Normands dans la Mission).

    355 baptêmes dadultes ; 827 baptêmes denfants ; 31.524 Confessions ; 77.758 Communions, etc..

    Notre dernière chronique faisait allusion aux noces dargent, alors en préparation, de M. Joseph-Paul Léauté, né en 1880, ordonné prêtre en 1903, et depuis lors missionnaire du Kwangtung àTsangsing, à Hoihow, puis à Lôfao où il est encore. La fête a eu lieu le 16 septembre et a été, grâce au concours du Père Richard, ancien curé de Lôfao, une véritable réussite : Messe solennelle, Veni Creator et Magnificat, sermon ad hoc, très nombreuses communions, exposition et salut du Saint Sacrement ; puis, les réjouissances profanes comprenant concours de jeux, festin où nombre de païens tinrent à montrer leur sympathie au missionnaire, et même une séance théâtrale clôturée par une ronde de petits enfants, qui ne furent pas les moins applaudis. Ah ! mais cest quon fait bien les choses à Lôfao, quand on sy met ! Et maintenant, que longtemps, longtemps encore, continue pour notre cher confrère la ronde des jours, des saisons et des années, dans la joie dun labeur toujours intense et de plus en plus fructueux pour les âmes qui lui sont confiées : cest notre ad multos annos !

    Voilà un cri que nos curs et nos poumons avaient espéré pousser en juin, en lhonneur de notre nouvel Evêque. Hélas ! Dautres le pousseront pour nous, et ce sera en France ; mais... quand ? Cependant une lueur commence à poindre à notre horizon, grâce à une lettre de Mgr Deswazières. Le diagnostic du spécialiste consulté à Paris fait espérer à Sa Grandeur que quelques mois de soins et de repos lui rendront les forces nécessaires au labeur qui lattend ici. Dieu le veuille ; car voici bien longtemps que lEglise de Pakhoi est veuve !


    Hunghoa

    Le Père de Neuville, actuellement en France, se soigne pour le mieux, mais ne sent pas les forces revenir aussi vite quil le voudrait. Il navait plus de sang, par là-même plus de pression artérielle ; le foie, la rate, lintestin étaient aussi en très mauvais état, ce qui, dit-il, était beaucoup pour un seul homme. Il espère quune saison à Vichy remettra tout en bon état, et quil y trouvera des forces nouvelles pour lavenir.

    Ici, août et septembre furent pénibles, et plusieurs missionnaires ont été fatigués. Le Père Doussoux sacclimate difficilement ; fièvre, migraines, fatigue de lestomac sont trop souvent son partage ; il a dû se reposer assez longtemps à Sơn-Tây. Au Petit-Séminaire de Hà-Thạch, les Pères Quioc et Fleury ont souffert des chaleurs du début de lannée scolaire, le premier, gêné trop fréquemment par de pénibles courbatures, le second, toujours astreint, par menace durémie, à un strict régime ; tous deux, comme toujours, ont tenu bon et oublié leurs fatigues pour accomplir le labeur quotidien. A Lao-Kay, le Père Jacques sest laissé, lui aussi, prendre par la fièvre, sans compter quune malencontreuse hydrocèle et de douloureux accès de goutte lui rappellent quil a passé la cinquantaine et nest plus aussi ingambe que jadis, dans les forêts de Đồn-Vàng. Dautres confrères sentent également le poids des années et de la chaleur ; au Tonkin, les mois dété sont durs, et une petite station daltitude pour les missionnaires ne serait pas du luxe !

    La question, du reste, est à lordre du jour, et nous parlons tous de Chapa, où pourrait se réaliser, prochainement peut-être, ce désir de tous.

    Chapa est au N. O. de notre Mission, à 38 km. de Laokay, et à 1500 m. daltitude. La route daccès, pittoresque au premier chef, toujours en corniche, surplombe constamment de profonds ravins ; elle est si étroite, et les tournants sont si nombreux, que les autos de service ne pourraient, sans danger, sy croiser, et quon a dû instituer un sens unique, avec horaire impératif.

    Le site est daspect sauvage : deux vallées inégales, que dominent des montagnes chevauchant les unes sur les autres, séparées par des cols attrayants ou par des gorges abruptes, ornées de forêts de pins vert sombre, et, au loin, le massif impressionnant du Fan-Si-Pan, haut de 3.600 mètres.

    La température y est de 12º inférieure à celle de la plaine. Leau, qui partout sort en filets limpides, est bonne. Tantôt, nuages et brouillards sallongent sur ces sommets, et se résolvent en fréquentes ondées, de courte durée ; tantôt, ils passent bien haut, au-dessus des pics. Cest alors un ciel serein, sur lequel se détache la ligne des crêtes du Fan-Si-Pan, un soleil radieux, qui filtre à travers les bois, accuse les arêtes des hauteurs voisines, et, dans une lumineuse féerie dor et de pourpre, colore de ses rayons les nombreuses et coquettes villas de la station.

    Les promenades ne manquent pas non plus : ici, des ravins, où de belles cascades grondent avec fureur ou bruissent sur les rochers ; là, des bois exhalant le frais parfum des herbes vigoureuses. Plus loin, quelques bas-fonds, où les Mèo, autochtones de la région, cultivent des rizières ; partout, de nombreux sentiers cavaliers. où chacun peut se promener et respirer à laise, dans le calme et la solitude.

    Aussi, les villégiateurs sont-ils de plus en plus nombreux à Chapa ; les Militaires y ont, depuis longtemps, leur sanatorium, et de multiples villas se construisent peu à peu. Cette année, Mgr Ramond y a passé plus dun mois et a pu se rendre compte des avantages de cette station, dont lair sec répare généreusement le sang et renouvelle les forces de chacun, Français et Annamites y jouissent vraiment tous de la fraîcheur du climat.

    Jusquà présent, la Mission na encore rien à Chapa ; durant la saison estivale, le missionnaire de Lao-Kay va y dire la messe de temps en temps. Cette année, Mgr sest chargé de ce ministère. Installé au premier étage dune maison chrétienne, dans une chambre servant à la fois de chapelle, de salle à manger et de salon de réception, il vit, chaque dimanche, cette petite Cathédrale de 8m sur 4, et haute de 2m 40, remplie de Français et dAnnamites catholiques ; Sa Grandeur dut même biner, pour permettre aux uns et aux autres dassister à la messe plus commodément.

    Naturellement, chaque groupe eut son sermon spécial, et Monseigneur profita de loccasion pour intéresser ses auditeurs à la construction dune chapelle plus convenable. Beaucoup lui ont promis leur concours, un comité sest formé dans ce but ; le terrain, réservé par lAdministration, est admirablement situé, en plein centre de la station et à proximité du village annamite.

    Tous espèrent que ce projet réussira et que, lan prochain, nous aurons, à Chapa, une chapelle et un pied-à-terre pour les confrères fatigués.

    Qui sait si, un jour ou lautre, la Trappe de N. D. dAnnam, à Phước-Sơn, nessaimera pas vers cette région, où le travail manuel serait plus aisé, et où missionnaires et prêtres indigènes seraient heureux daller chercher, pour quelques jours, solitude et réconfort spirituel ? Ce pourrait être aussi le moyen de connaître les populations Mèo, dont lévangélisation na pu encore être entreprise.

    Nos séminaristes sont rentrés le 13 août, les théologiens à Kẻ-Sở, les philosophes à Hưng-Hoá, et les latinistes à Hà-Thạch ; que nont-ils, les uns et les autres, en ces divers endroits, un peu de la fraîcheur de Chapa !

    Le 22 septembre, 3 diacres, 1 sous-diacre, 1 acolythe, et 2 lecteurs, ont pris part à lordination des Quatre-Temps, à Kẻ-Sở ; espoir de renfort pour lavenir !
    Le 12 octobre.


    Phatdiem

    Les confrères me répètent quon nentend pas assez souvent parler de Phatdiem dans le Bulletin. Je leur réponds : Faites des actions déclat ! Je ne manquerai pas den profiter pour édifier toutes nos Missions.

    Dautre part, la piraterie nétant pas organisée chez nous, nos confrères nont pas dhistoires de brigands à raconter. Nous ne sommes pas en Chine et lAdministration ne permettrait pas quen pays de Protectorat on imitât le pays charmant quon chante dans une certaine pièce de théâtre. La tranquillité est assurée par le Gouvernement et cest sous cette égide que dans notre Mission le bien se fait.

    Ce bien se ferait encore sur une plus grande échelle, si nous avions les ressources et le personnel suffisants. Hélas ! les nouvelles recrues ne remplacent pas numériquement nos morts. Cette question de lavenir est un problème bien angoissant. Nous avons cependant confiance en la Divine Providence et dans les efforts que fait notre cher Séminaire de Paris pour augmenter le recrutement.

    Les Pères Rédemptoristes viennent de nous quitter pour occuper la propriété que leur Congrégation a acquise à Hanoi. Le R. P. Dionne, pendant les dix-huit mois, et le R. P. Couture, pendant les neuf mois, quils ont passés au milieu de nous, nous ont profondément édifiés. Piété, travail, discrétion sont quelques-unes de leurs vertus dont nous garderons longtemps le souvenir.

    Dans quelques jours lordination de deux prêtres va ramener à 127 le nombre de nos Pères Tonkinois.

    Le Père Soubeyre, fatigué par un long, mais fructueux apostolat auprès des nouveaux chrétiens, est allé demander des forces nouvelles à notre sanatorium de Hongkong.

    Le Père Chevenement, qui, à Văn Hải, avait construit un monastère pour les Amantes de la Croix, vient dy ajouter une école qui sera tenue par ces Religieuses, munies du diplôme nécessaire.

    Lépoque des retraites a été fixée : pour le premier et le second groupe de prêtres indigènes, les retraites auront lieu respectivement du 12 au 19 décembre et du 8 au 15 janvier ; celle des missionnaires, du 21 au 28 janvier.


    Quinhon

    Monseigneur est parti pour Saigon le 24 septembre et y a subi une première opération de la cataracte qui a bien réussi. Sa Grandeur devra en subir une seconde dans six mois.

    Le P. Labiausse, Provicaire, rentré le 22 septembre dune tournée de confirmation dans les provinces de Quang-nam et Quang-ngai, est retourné donner la confirmation à Tourane et est revenu à lEvêché le 11 octobre.

    Les PP. Maheu et Thạnh viennent de jeter les premières bases dun cercle détudes franco-annamite à Quinhon.

    Nous avons à déplorer la mort dun prêtre annamite : le P. François-Xavier Sanh, né en 1859, ordonné prêtre en 1891. Il est décédé le 15 septembre à 7 h. du matin à la maison de retraite des prêtres annamites, où il venait de se retirer quelques semaines auparavant.
    Le 12 octobre.


    Hué

    La bénédiction solennelle du nouveau sanctuaire de Notre-Dame de Lavang et les fêtes du pèlerinage ont eu lieu, comme lannonçait la dernière chronique, les 20, 21 et 22 août. Toute lIndochine française y était représentée. Mgr Gouin, Vicaire Apostolique du Laos, était venu avec trois de ses missionnaires : les Pères Combourieu, Provicaire, Delalex, curé de Vientiane, et Stocker. Hanoi avait envoyé le P. Lebourdais, Directeur du journal Trung-Hoà. Vinh était représenté par le Père Bayle et plusieurs prêtres annamites de la vallée de Ngân-Sâu ; Qui-Nhơn, par le Père David, professeur au petit séminaire de Làng-Sông ; Saigon, par le Père Delignon, Provicaire. On y voyait aussi des catholiques des trois parties de lUnion indochinoise : la Cochinchine, lAnnam et le Tonkin. Pendant ces trois jours de fête, 5.252 confessions furent entendues à Lavang même et 6.911 communions y furent distribuées. Quel fut le nombre des pèlerins ? Il est bien difficile de le dire dune façon même approximative. Quoiquil en soit de ce chiffre, il est certain que la Bonne Mère et son divin Fils furent grandement honorés et glorifiés par des foules de catholiques dont la dévotion, bien touchante dans sa manifestation extérieure, a dû assurément attirer sur elles des grâces très abondantes de toutes sortes. La bénédiction de la nouvelle église eut lieu le 20 août, à 8 h. du matin. Ce fut Mgr Allys, Vicaire Apostolique de Hué, qui remplit cette fonction, suivie dune messe solennelle chantée par le P. Combourieu. Le lendemain, ce fut un prêtre indigène de notre Mission, le Père Học, qui officia. Enfin, le troisième jour, le plus solennel, se fit la grande procession qui, partie de Cổ-Vưu, 7 km. de Lavang, vers 4 h. 30 du matin, arrivait à 8 h. 15 devant le portail de léglise. Mgr Gouin célébra ensuite la messe pontificale et donna le salut dactions de grâces.

    Des trains spéciaux, à prix réduit, avaient été formés par la Compagnie des Chemins de Fer. 5.170 personnes en profitèrent sur tout le réseau. A Hué seulement, 1.566 billets furent distribués pour le pèlerinage.

    Le Père Boulot a quitté le grand séminaire pour aller sinstaller sur les marches des pays sauvages, où il compte, bien renouveler le plus souvent possible la petite expédition apostolique quil y a faite du 12 juillet au 14 août dernier. Les sauvages quil a visités paraissent bien disposés ; mais de là, à espérer leur prochaine conversion, il y a encore loin, très loin même. Le Père Boulot ne se fait aucune illusion à ce sujet, tout en étant très heureux davoir été choisi pour être le premier semeur apud homines sylvestres. Tous, nous lui souhaitons bon courage et prions pour le succès de sa nouvelle mission.
    Le 10 septembre.

    Dans nos divers établissements denseignement libre, la rentrée des classes sest faite dans la première quinzaine de septembre. Elle a été excellente. Les chers Frères de lEcole Pellerin ont dû refuser, faute de place, plus dune centaine délèves ; aussi songent-ils à faire de sérieux agrandissements. LInstitution Sainte Jeanne dArc, tenue par les Surs de Saint-Paul de Chartres, a construit de nouveaux bâtiments pour mettre un peu plus au large ses nombreuses élèves.

    Le P. Lavabre, à peu près remis de ses nombreuses maladies, a été heureux de pouvoir enfin retourner dans sa brousse de Ba-Ngoạt. Le P. Piéters, lui, nest pas si chanceux : il doit rester à la procure pour aller tous les jours à lhôpital faire renouveler les pansements quexige son otite chronique. Le P. Laffitte, un peu plus fatigué, a été hospitalisé hier. Quant à nos deux malades de France, les PP. Cadière et Laurence, ils ont donné de bonnes nouvelles de leur santé.

    A Notre-Dame de Lavang, dans la soirée du 30 septembre, a eu lieu la bénédiction de trois nouvelles cloches, offertes à la Bonne Mère par de généreux bienfaiteurs, et dune quatrième, appartenant à la chrétienté de Ba-Long. Cette cloche-ci avait été emportée, en même temps que léglise, par la terrible inondation doctobre 1924 et, dans la suite, des pêcheurs lont retrouvée dans le fleuve de Quảng-Trị, non loin du monument commémoratif du martyre des Bienheureux François Jaccard et Thomas Thiên et le jour anniversaire du dies natalis de ces deux Bienheureux (21 septembre). Pour cette raison, le P. Delvaux, de qui relève la lointaine chrétienté de Ba-Long, a donné à sa cloche les noms de Moïse-François. A la cérémonie du baptême de ces cloches assistaient Mgr Allys, le Révérend chanoine Poncet, les PP. Lemasle, Morineau, Delvaux, Học, Chính, Chuyên, Thể, S. Exc. M. Nguyên hữu Bài et Madame, lAdministrateur Résident de France à Quảng-Trị, presque tous les Français et Françaises de ce centre urbain, le Directeur du Pénitencier de Lao-Bảo, ancien lieu de détention du Bx François Jaccard, quelques Français et Françaises de Hué, le Gouverneur annamite de la Province de Quảng-Trị et dautres mandarins, des Annamites catholiques des chrétientés environnantes, qui seraient venus plus nombreux si la pluie eût tombé moins fort.

    Le Père Henri de Pirey a reçu la médaille Bene Merenti en récompense des magnifiques travaux de sculpture religieuse quil fait exécuter par ses ouvriers de Tam-toa. Le Gouvernement français lui a également accordé une décoration : les palmes académiques. Cest pour reconnaître les mérites quil a eus à faire des fouilles archéologiques dans les provinces de la Mission. Cest tout à fait par hasard que nous avons appris la nomination de notre confrère comme Officier dAcadémie. Ceux qui lignoraient seront certainement heureux de sunir à nous pour lui offrir leurs félicitations.
    Le 13 octobre.


    Bangkok.

    Le mois de septembre 1928 tient le record des pluies observées depuis un bon nombre dannées. Près de 70 centimètres deau sont tombés à Bangkok durant ces trente jours. Les riz sont évidemment beaux, mais, par ailleurs, une inondation venant du nord serait à redouter. Les routes sont déjà fort mauvaises et les communications, à lintérieur du pays, ne sont guère praticables quen barque.

    Un service régulier de poste aérienne vient dêtre établi entre la Hollande et les colonies de Java-Sumatra. Comme lavion postal fait escale à Bangkok et prend la poste pour lEurope à son retour, une lettre ne met donc pas plus de 10 jours pour aller de Bangkok à Paris. Malheureusement une taxe assez sérieuse est imposée sur cette lettre et la bourse des missionnaires ne leur permet, sauf de rares exceptions, que dutiliser la voie ordinaire.

    De grands préparatifs en vue de léclipse totale du soleil, qui sera visible au sud-est du Siam, à Pattani exactement, sont entrepris par le gouvernement. Les membres de nombreuses Sociétés savantes dEurope et dAmérique prennent déjà leurs dispositions pour gagner le Siam. En vue de cet événement, les Chinois de leur côté, font ample provision de poudre et de pétards.

    Un édit royal ordonne à tous les chefs de monastères bouddhiques de déléguer lun de leurs membres pour prêcher le dogme et la morale à leurs ouailles chaque dimanche après midi. Sa Majesté vient également de doter de plusieurs prix un concours entre savants pour la rédaction dune sorte de catéchisme bouddhique. Devant lafflux des meurtres, des vols, des brigandages, le Roi veut placer des obstacles dordre religieux, éclairer le peuple et le rendre meilleur. Nous doutons que la religion bouddhique si le Bouddhisme est une religion soit capable non pas de faire des saints, mais de former simplement dintègres, et dhonnêtes citoyens.
    Le 9 octobre.


    Malacca

    Du 17 au 21 septembre, les missionnaires de Malacca ont fait. leur retraite. Elle a été prêchée par le R. P. Cousineau, des Pères Rédemptoristes de Hué.

    A lissue de la retraite les confrères sont rentrés chez eux, sauf le P. Perrissoud qui a pris la direction de Kuala-Lumpur, et le P. Baloche qui est allé remplacer le P. Perrissoud. Quant au remplaçant du P. Baloche, nous comptons, pour le trouver, sur la générosité du Séminaire de Paris. En attendant, le P. de Silva aura à soccuper des 2.400 chrétiens que laisse le P. Baloche, supplément de travail qui nest pas mince !

    Le P. Arcand est à lhôpital de Singapore pour se guérir de la dysenterie et chasser les microbes quil a laissé pénétrer dans son for intérieur. Le médecin la mis à un régime très simple : leau chaude prise à lintérieur.

    Le P. Louis Duvelle patiente à lhôpital de Penang depuis trois semaines et le docteur veut quil y reste encore quinze jours. Après cela, il lui prescrira trois semaines de repos et... un voyage au pays natal.
    Le 29 septembre.


    Laos

    Mgr Gouin a assisté aux fêtes de N. D. de Lavang ; le P. Combourieu, provicaire, et le P. Stocker accompagnaient Sa Grandeur. A ces grandioses solennités le Laos a donc été fort bien représenté.

    Le P. Stocker profita de cette occasion pour aller à Phnompenh saluer son illustre compatriote Mgr Herrgott.

    Les fêtes de Lavang terminées, Mgr Gouin et son provicaire reprirent aussitôt le chemin du Laos, emmenant avec eux le P. Bayle, de la Mission de Vinh. Il ne faut pas plus de sept jours pour faire le voyage de Nongseng à Hué et de Hué à Nongseng. Hué est tout près, quoi !

    Voilà donc le Laos bien ouvert ; les voyages sy font rapidement et en toute sécurité. Nous avons reçu la visite de Mgr Lecroart, puis de Mgr Aiuti, du R. P. Robert et de beaucoup dautres confrères... Venez donc nous voir, chers confrères ! Vous serez tous les bienvenus.
    Le 2 septembre.


    Mysore

    En se réunissant à la procure pour offrir à Monseigneur leurs vux de fête, les confrères ont eu, cette année, la joie de se présenter à lui avec un superbe cadeau : deux nouveaux prêtres.

    Lun deux, le P. Freeman, fut ordonné à la fin de lannée dernière ; mais cétait à Rome, où il dut encore rester plusieurs mois. Il nous en est revenu tout récemment et a déjà repris au Collège St Joseph la place de professeur quil y avait déjà occupée plusieurs années comme laïc.

    Lautre est le P. Schembry, qui trois jours auparavant avait reçu lordination à la cathédrale St. Patrick. Très attaché, lui aussi, au Collège, dont il est un ancien élève, il a tenu à y célébrer sa première Messe, pour lédification des enfants.

    Au cours des vux, le P. Vanpeene, notre vicaire général, a rappelé le souvenir du si dévoué P. Rautureau, et souhaita à Monseigneur de toujours retrouver en chacun des membres de son clergé les mêmes sentiments profonds de foi et desprit apostolique. Il est bien certain quaucun vu ne peut être plus cher à un Evêque que celui-là.
    Le 26 septembre.


    Coïmbatore

    Le Père L. Rivière, le Sawmy, comme on lappelait, est mort le 21 septembre, 39ème jour anniversaire de son ordination sacerdotale ; il avait 61 ans. Il y a deux ans, le mauvais état de sa santé le força à rentrer en France. La transfusion de sang qui lui fut faite alors lui donna un renouveau de vie et, après un an, se croyant guéri, il revint à Coïmbatore. Malheureusement les effets du traitement furent de courte durée. Lanémie reprit peu à peu le dessus et prit finalement un caractère pernicieux, que ne purent enrayer les soins aussi habiles que dévoués du Lieutenant Colonel ONeill, docteur catholique de Coïmbatore. Le P. Rivière, sentant la mort venir, sy prépara pieusement et laccepta avec calme et résignation. Je vais commencer une vie nouvelle, disait-il quelques jours avant sa mort.

    Ce fut un charmant confrère, un zélé missionnaire et un tamuliste distingué. Les petites originalités qui le caractérisaient ne faisaient de mal à personne. Il aimait les Indiens, leur langue, leurs manières et surtout leur âme. Dans les divers postes qu il occupa dans la Mission il eut toujours particulièrement à cur la conversion des payens. Supérieur du Petit Séminaire pendant quelques années, il travailla de tout son cur au recrutement et à la formation des élèves du sanctuaire. La foule nombreuse des fidèles qui se pressaient autour de sa tombe est une preuve de lestime quils avaient pour notre regretté Sawmy et de lattachement quils ont pour leurs prêtres. R. I. P.

    A propos dun livre. Dernièrement a paru un livre intitulé Vie abrégée du noble Prélat Mgr de Marion Comte de Brésillac, Evêque de Pruse, Fondateur des Missions-Africaines de Lyon, daprès ses mémoires et sa correspondance, par un Prêtre des Missions-Africaines.

    Lauteur semble vouloir grandir son héros aux dépens des missionnaires de son temps et de son entourage. Mgr de Brésillac navait pas besoin de ce piédestal pour être grand. Pour ce qui a rapport à Coïmbatore, lauteur aurait gagné à se documenter autrement que par des mémoires. Mgr de Brésillac lui-même, sur le point de quitter le Coïmbatour, écrivait à ses missionnaires : Il faut toujours craindre de se faire illusion quand on a contre soi des hommes graves, sages et saints. Au fond personne nétait contre lui, mais ces hommes graves, sages et saints, inter quos Mgr Bonnand, ne partageaient pas ses idées subversives au sujet des castes et des usages qui sy rapportent. Pour vouloir aller trop vite contre les idées indiennes, Mgr de Brésillac, nommé Evêque de Pruse et Provicaire Apostolique de Coïmbatore, en 1845, après trois ans de Mission, était arrivé à jeter lesprit des missionnaires de son Vicariat dans des discussions et des perplexités sans fin, et à mettre le trouble et la révolte parmi les chrétiens dont les susceptibilités sociales étaient froissées.

    Contrairement à ce que dit lauteur de ce livre, ce nest pas lhostilité des missionnaires qui occasionna le départ de leur Vicaire Apostolique, mais bien le désir de celui-ci daller sexpliquer à Rome et de solliciter une décision dans cette querelle des castes quil avait lui même soulevée. Il ne revint pas, mais, guidé par la Providence, il devint le fondateur de la Société des Missions-Africaines de Lyon (1856). Cf. Histoire des Missions de lInde par Adrien Launay, Tome II, p. 362-725 & suiv. -Tome III. p. 17 & suiv..

    Mgr de Brésillac fut une grande et belle figure dEvêque Missionnaire. 50 ans plus tard, ses idées et son zèle auraient eu dans lInde plus de chance de succès.

    A côté de cette vie incomplète on aimerait voir celle dun autre grand Evêque Missionnaire de la Société, Mgr Bonnand. Avis aux confrères qui ont le temps et le talent décrire !
    Le 2 octobre.


    Séminaire de Paris

    Le 17 juillet les Partants se sont rendus dans leur famille, pour célébrer leur première messe au pays et faire leurs adieux avant le départ qui approche. Ils sont rentrés le 17 août.

    Les autres aspirants ont quitté Meudon le 7 août pour prendre un mois de vacances en famille et rentreront le 7 septembre.

    Le 26 juillet, Mgr le Supérieur est allé assister à la première grandmesse de M. Flahutez, nouveau missionnaire de Ningyuanfou, dans la chrétienne paroisse du Porte!, au diocèse dArras. Cette paroisse érigée depuis 80 ans, compte déjà 56 prêtres dont plusieurs ont appartenu ou appartiennent à notre Société. Le lendemain, un service funèbre y était célébré pour le repos de lâme de deux enfants de la paroisse, morts récemment : Mgr Bourgain et le P. Coppin. Après cette fête, Mgr le Supérieur est parti pour la Bretagne, où il se repose des fatigues de lannée.

    Depuis le commencement du mois daoût, le Séminaire est livré à diverses équipes douvriers : maçons, menuisiers, métallurgistes, car on établit le chauffage central, projet mûri depuis plusieurs années.

    Notre confrère M. Bernat, procureur du groupe des Missions de lIndo-Chine occidentale, a été rappelé à Dieu le 5 août à Rodez. Il est mort des suites dune crise cardiaque. Dès que les aspirants seront rentrés, un service funèbre sera célébré dans la chapelle du Séminaire pour le repos de son âme.

    Après avoir présidé le dimanche 2 septembre le Pardon de St Pol de Léon, sa paroisse, Mgr le Supérieur est rentré à Paris le 7 septembre au soir.

    Ce jour-là aussi les aspirants de Paris et de Bièvres, en vacances dans leurs familles depuis un mois, étaient heureux de se retrouver au Séminaire. Ils pouvaient ainsi assister au départ de 11 de leurs confrères le dimanche 9. La cérémonie fut longue, car nombreux étaient les amis venus faire leurs adieux aux jeunes missionnaires. Lallocution fut donnée par M. Ferrières. Le lendemain, pèlerinage traditionnel à N.-D. des Victoires pour mettre sous la garde de N.-D. les partants de la veille.

    Le jeudi 13, a eu lieu dans la chapelle du Séminaire le service annoncé pour M. Bernat. M. Bouffanais chanta la messe et Mgr le Supérieur donna labsoute. Plusieurs amis de la maison et des représentants de communautés religieuses étaient venus se joindre à nous et prier pour le repos de lâme de notre cher défunt. Un service avait été aussi célébré le mardi précédent au Séminaire de Bièvres, où M. Bernat fut longtemps professeur.

    Au cours de la semaine suivante, on vit arriver les aspirants nouvellement admis ; la plupart se rendirent à Bièvres pour y commencer leur philosophie.

    Madame de Laubépin, la dévouée présidente honoraire de luvre des Partants, voit sa santé saffaiblir peu à peu ; chacun tiendra à prier pour cette grands bienfaitrice.

    Ont été admis comme aspirants, nº 26 à 40 : MM. Narbaïs-Jaureguy (Bayonne), Rabasse (Avignon), Alazar (Rodez), Constans (Montauban), Courtois (Reims), Le Ridant (Luçon), Dewonk (Liège), Chauvet (Luçon), Morvan (Vannes), Gentinne (Liège), Vialsoubrane ( ?), Leleu (Cambrai), Gauthier (Lyon), Singer (Arras), Mortagne (Bordeaux).


    1928/683-703
    683-703
    Anonyme
    France et Asie
    1928
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