Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Chronique des Missions et des Etablissements communs 2

Chronique des Missions et des Etablissements communs Tôkyô
Add this
    Chronique des Missions et des Etablissements communs

    Tôkyô

    Le 27 décembre, un attentat stupide a eu lieu contre le Prince Régent à Tôkyô. Lorsque Son Altesse passait en landau la porte de lenceinte du Palais appelée Tora no mon (Porte du Tigre), un coup de feu vint briser la vitre de la portière, sans atteindre heureusement personne à lintérieur de la voiture. Le criminel fut aussitôt appréhendé par les passants, et était presque lynché lorsque la police larrêta. Il fut reconnu pour être le fils dun député et élève de lUniversité libre de Waseda, où nombre détudiants professent des idées fort avancées. A ce propos, il est permis de rappeler que, les jours qui suivirent le tremblement de terre, Tôkyô fut le théâtre dune agitation communiste. Certains meneurs furent passés par les armes, ou simplement étranglés. Lun de ceux-ci, Osugi Sakae, connu pour ses idées anarchistes, est en passe de devenir un demi-dieu : telle revue, comme le Kaizô caractères chinois, consacrait aux principaux traits de sa vie et à lexaltation de son haut caractère une grande partie de son numéro de novembre. Faut-il sétonner que des plantes dangereuses poussent dans des milieux cultivés de la sorte ?

    Le 31 décembre, jour où les missionnaires et les représentants des Sociétés auxiliaires de la Mission de Tôkyô présentaient à Mgr lArchevêque et échangeaient entre eux les vux pour une année meilleure, a été célébré, dans léglise de Sekiguchi, un service solennel pour le repos de lâme du P. Lebarbey, mort victime du tremblement de terre du 1er septembre. Le sanctuaire avait gardé ses guirlandes de Noël, comme pour signifier que le cher disparu fêtait au ciel le Dieu fait enfant pour nous. Une bonne religieuse de S. Maur traduisait le même sentiment à lissue de la cérémonie, en disant : Pendant toute la messe, je nai pu mempêcher de prier le P. Lebarbey !

    Le terrain de la Mission où il repose, à Yokohama, est déblayé de ses ruines et aplani. On y fera des constructions provisoires : chapelle avec résidence, utilisables dans la suite pour dautres destinations, lorsque les fonds seront venus et que les canalisations restaurées apporteront leau de la ville dans ce coin, qui, avec ses bouquets darbres, reste comme une oasis dans une région rappelant 1Arabie Pétrée. La proximité du tramway lui donne, dailleurs, au bord du Bluff, une position privilégiée.

    Le 4 janvier a eu lieu lémigration pour Nishi-Ogikubo, au N.-O. de Tôkyô, de lorphelinat des Dames de S.-Maur de Yokohama. Espérons que le bien quy faisait luvre, linfluence quelle maintenait sur les anciennes élèves, la sympathie dont elle jouissait dans la population et la facilité quavaient certaines Surs dy faire des baptêmes dans les hôpitaux et à domicile, contribueront, avec le sacrifice des pures victimes du cataclysme récent, à ramener dans un avenir prochain luvre et son influence dans le milieu qui leur est favorable.

    S. E. lAmbassadeur de France, M. Paul Claudel, a fait célébrer à Yokohama, le 20 décembre 1923, un service pour les Français morts dans le tremblement de terre. Le 23 décembre, il inaugurait, sur le terrain du Consulat, une Maison de France, où, en dehors des bureaux provisoires de ladministration consulaire, se trouvent aménagées des chambres pour les résidents français avec une salle à manger commune.

    (Le 15 janvier, la région de Tôkyô a été éprouvée de nouveau par un fort tremblement de terre, moins violent cependant que celui du 1er septembre. Les détails nous manquent encore ; mais nous espérons que la Mission naura pas de nouvelles pertes à déplorer. N. D. L. R.)

    Hakodate

    Le dimanche 9 décembre, Mgr Berlioz a béni la nouvelle cathédrale de Hakodate, élevée sur les ruines de celle quavait dévorée lincendie du 14 avril 1921. Lintérieur seul est terminé ; lextérieur est encore masqué par les échafaudages. Aussi la cérémonie a-t-elle été aussi simple que possible. Y assistaient : Mgr Kinold, Préfet Apostolique de Sapporo, qui a érigé les stations du Chemin de la Croix ; Dom Gérard, Prieur de la Trappe de N.-D. du Phare ; le R. P. Robert, aumônier des Trappistines de N.-D. des Anges ; les quelques missionnaires de la ville et des environs. En somme, fate de famille tout intime. Lorsque S. E. Mgr le Délégué Apostolique viendra officielle ment nous visiter, on complétera la solennité extérieure en invitant les notables de Hakodate.

    Seoul

    Notre confrère le P. Le Gendre, malade depuis le commencement de décembre, a reçu les derniers sacrements le 11, son état inspirant alors de sérieuses inquiétudes. Trois jours après il entrait à lhôpital Severance et depuis lors il va de mieux en mieux.

    Mme Claudel, femme de lAmbassadeur de France à Tôkyô, de passage à Seoul, venant de Shanghai, Pékin, Moukden, a rendu visite à Mgr Mutel le 13 décembre.

    Taikou

    Après une longue tournée pastorale dans les districts du Kyeng-syang-to Sud, Mgr Demange est rentré à Taikou le 15 décembre en bonne santé. Le surlendemain, comme tous les confrères étaient réunis pour fêter saint Florian, Monseigneur annonça au P. Tourneux quil était désigné pour venir à Taikou y remplacer notre Procureur, le P. Mousset, qui doit incessamment partir pour la France. Cest le P. Deslandes qui ira à Kasil tenir la place du P. Tourneux.

    Belle fête de Noël à la cathédrale superbement éclairée. Plus de 1.500 communions. Dans laprès-midi, nombreuses confirmations.

    Mandchourie Méridionale

    Nous avons été gratifiés, durant le mois dernier, dune température plutôt extraordinaire en cette saison : le thermomètre a varié entre 0 et 26o. Nous avons eu la plus abondante chute de neige qui soit tombée dans le pays de mémoire dhomme. Puis ce fut le dégel, pendant plusieurs jours consécutifs. La température sétant de nouveau refroidie subitement, les rues et les cours furent transformées en de vastes étendues de glace. On ne pouvait faire un pas au dehors sans sexposer à un accident. Plusieurs confrères en ont fait lexpérience ; mais, moins heureux que le héros antique qui ne touchait à sa mère la Terre que pour se relever plus fort, ils ne se remettaient sur pied quavec quelque partie du corps plus ou moins endolorie. Le plus malheureux de tous est le P. Cordon. Comme il se rendait à léglise pour dire la messe, il glissa si malheureusement quil ne put se relever. Notre digne Procureur dut, nouvel et charitable Enée, prendre son confrère sur ses épaules et le porter dans sa chambre. Il fut conduit bientôt après à lhôpital japonais, où le docteur diagnostiqua une fracture de la rotule et nattend plus que le genou soit désenflé pour faire lopération. Espérons quelle ne sera pas trop douloureuse et surtout quelle namènera aucune complication. Le malade supporte son mal avec beaucoup de patience et na rien perdu de sa bonne humeur. Il a toujours le sourire et un mot aimable pour ceux qui viennent le voir, et ils sont nombreux. Cest un bel exemple de joyeuse et entière soumission à la volonté de Dieu.

    Mandchourie Septentrionale

    Le 8 décembre après-midi, S. G. Mgr Gaspais avait convié les chrétiens de Kirin à se rendre à la grotte du Kiangtong pour y réciter le rosaire et y faire oratoire. Malgré la distance et le froid déjà très vif en cette saison, les chrétiens, grands et petits, se trouvèrent réunis à lheure dite aux pieds de N.-D. de Lourdes. Ce témoignage de filiale vénération et de confiance en Marie est de bon augure et ne peut manquer dattirer ses bénédictions sur la chrétienté de Kirin et sur toute la Mission.

    Dans une précédente chronique jai raconté comment le Gouverneur militaire du Heilongkiang, en tournée dans la région de Hailoun, avait reçu fort aimablement le P. Roubin et lui avait fait cadeau dun superbe revolver. Depuis lors, ce haut fonctionnaire a voulu manifester dune façon plus éclatante son admiration pour luvre accomplie à Tongken par le P. Roubin. Il a envoyé une inscription honorifique pour être placée au dessus de la grande porte de la résidence. Cest le préfet de Hailoun qui, délégué par le Gouverneur, est venu porter cette inscription, dont la remise a été loccasion dune magnifique cérémonie. Ce témoignage de satisfaction donné à la Colonie S.-Joseph par la plus haute autorité de la province ne peut manquer de produire une heureuse impression sur la population païenne de la région de Tongken.

    Setchoan Occidental

    Pendant lexercice 1922-23, notre Mission, dont la population catholique est de 56.711 âmes, a recueilli une gerbe de 15.119 baptêmes :

    Adultes 757
    Baptêmes in art. mort. 3.112
    Enfants de chrétiens 1.960 15.119
    in art. mort. 9.290

    Une quête a été faite dans tous les postes de la Mission pour venir en aide aux sinistrés du Japon. A la date du 8 décembre, 1.100 piastres avaient été recueillies et envoyées à Mgr le Délégué Apostolique. Cest beaucoup, si lon songe au peu de sympathie que le Chinois éprouve actuellement pour le Japonais : la charité chrétienne la emporté.

    A la suite des fêtes officielles pour lanniversaire de larmistice, un service funèbre a été célébré le 13 novembre à la cathédrale de Tchengtou : les autorités chinoises et étrangères ont assisté en grand nombre à la messe pontificale.

    Quelques jours plus tard, à la demande de M. le Consul dAngleterre, un service a eu lieu pour le repos de lâme du général anglais Pereira, mort sur les frontières du Thibet, dans son voyage dexploration.

    Le 20 septembre, le P. Bayon a célébré dans lintimité le 50e anniversaire de son ordination sacerdotale. Nos félicitations et nos vux à notre vénéré doyen !

    Notre province est toujours dans lanarchie la plus complète. Les bandits, plus nombreux que jamais, opèrent en grand. A Soukiaouan le P. Robin a reçu du sous-préfet de Kintang une lettre linvitant à transporter sa résidence à Kintang, sous le prétexte que ce fonctionnaire ne pouvait répondre de la sécurité de notre confrère. Cette lettre, communiquée à notre Gouverneur civil a été sévèrement jugée par lui, et il a donné des ordres en conséquence.

    Setchoan Oriental

    Les hostilités ont recommencé entre Nordistes et Sudistes, au grand détriment de Tchongking et de toute la Mission. Le commerce languit. Pour éviter davoir à encaisser du papier-monnaie fort déprécié, les commerçants ferment simplement leurs boutiques. Plus de navigation sur le fleuve, les bateliers abandonnent leurs barques ; aussi les denrées narrivent plus et une fois encore nous sommes menacés de la famine. Les propriétaires ont toutes les peines du monde à sauvegarder leurs biens... quand ils y réussissent. Les troupes, en effet, doivent se ravitailler : porcs et buffles sont occis sans pitié, les légumes sont razziés. Cest la guerre !...

    Les Nordistes sont rentrés à Tchongking ; les magasins ont été ouverts de nouveau. On espère avoir la paix pour quelques mois. Daucuns disent même que 1924 sera une année de paix et de prospérité, parce que cest la première dun nouveau cycle sexagénaire.

    Notre confrère le P. Cazaban, atteint de la fièvre typhoïde, est depuis un mois à lhôpital catholique. La maladie suit son cours et, grâce aux soins du Docteur et des religieuses, on espère une prompte guérison.

    Setchoan Méridional

    La paix dont nous jouissions depuis un an dans la région de Suifu commence à devenir précaire. Les généraux vainqueurs des Nordistes, estimant que notre gouverneur militaire a eu tort de se déclarer neutre dans une lutte qui intéressait lindépendance de la province et trouvant, par ailleurs, quil a suffisamment regarni sa bourse, veulent le mettre à contribution pour des sommes considérables, sinon ils le chasseront par la force. Celui-ci, tout en se préparant à la défense, a entamé des pourparlers ; mais aboutiront-ils ?

    Cette année, lété de la Saint-Martin a été dune durée exceptionnelle et le mois de novembre tout ensoleillé à permis à nos confrères de belles et fructueuses visites dans leurs stations de la campagne.

    Un concours général a eu lieu entre les écoles officielles de la ville : le cours primaire supérieur de notre école catholique de Suifu a obtenu un 1er prix et plusieurs accessits.

    Thibet

    Le compte-rendu de la Mission pour lexercice 1922-23 donne les chiffres suivants.

    Population catholique 4.464

    Adultes 152
    in art. mort. 74
    Enfants de chrétiens 156
    de païens . 113

    35 écoles instruisent 586 garçons et 319 filles.

    Le dispensaire tenu par les religieuses Franciscaines a donné des soins à 20.300 personnes ; leur hôpital a reçu 585 malades représentant 17.500 journées dhospitalisation.

    Mgr Giraudeau a été gravement indisposé à la fin de novembre ; il souffrait au côté droit de violentes douleurs, qui heureusement se sont calmées.

    Le P. Hervagault, atteint dune maladie de cur, a dû être transporté durgence à Padong, où Le docteur lui a prescrit le repos le plus complet.

    Le P. Durel est également souffrant ; il doit renoncer à tout ministère un peu fatigant. Ainsi, dans la partie indo-thibétaine de la Mission, tout le travail retombe sur le P. Douenel, qui, grâce à Dieu, jouit dune bonne santé.

    A Tsekou, partie yunnanaise de la Mission, le P. Ouvrard espère inaugurer au printemps la nouvelle école des vierges-institutrices. Le P. André a construit, du sommet du Sila à Bahang, une route muletière qui facilitera beaucoup les relations entre le Loutsekiang et Tsekou.

    Aucune nouvelle de Yerkalo nest parvenue à Tatsienlou ni à Patang depuis la fin daoût dernier. Les quatre courriers envoyés de Patang dans cette direction nont pu arriver à destination : deux ont été dévalisés et les deux autres massacrés en chemin. La route de Patang à Yerkalo est aux mains des lamas Nankha et Konke, qui vraisemblablement reçoivent des ordres de Lhassa.

    Kientchang

    Les Lolos continuent leurs exploits, surtout dans la région de Sitchang. Le 1er décembre, Yang Jengan a pris la direction des affaires militaires : il y a lieu despérer quil donnera toute son attention à la question lolo ; son influence et les bonnes relations quil a entretenues jusquici avec eux lui permettront, sil le veut, de la mener à bonne fin.

    La santé du P. Sirgue laisse toujours bien à désirer.

    Yunnan

    Voici quelques chiffres extraits du compte-rendu de la Mission pour lexercice 1922-23.

    Population catholique 17.043

    Adultes 243
    in art. mort 245
    Enfants de chrétiens 637
    in art. mort. 2.412

    Confessions 46.450
    Communions. 106.500
    80 Ecoles primaires de garçons. 1.903 élèves
    43 de filles. 1.053
    3 secondaires 30

    Les orphelinats de la Mission élèvent 16 garçons et 181 filles.
    Le dispensaire a donné des soins à 43.803 personnes.

    Dans la nuit du 4 au 5 janvier, le P. Piton a été enlevé par les brigands de sa résidence de Mosso-in, à deux jours au N.-O. de Taly-fu. Réveillé par des coups frappés à sa porte et pensant quil sagissait dun courrier envoyé par son voisin le P. Durieu, le Père se leva et vint ouvrir ; mais aussitôt une vingtaine de brigands pénétrèrent dans la maison, se saisirent de notre confrère, et, sans pitié pour ses jambes enflées par les rhumatismes, lui firent parcourir un long trajet. Où lont-ils conduit ? Nous lignorons encore. Le P. Savin, averti, a pris laffaire en mains et est intervenu auprès des autorités. Des ordres ont été donnés, mais nous sommes en Chine, où tout va lentement, et nous avons tout à craindre de ces brigands. Que le bon Dieu garde notre cher confrère !

    Kouytcheou

    Le 2 décembre, cinq minorés ont été ordonnés sous-diacres par Mgr Seguin.

    Le 3, neuf élèves du Séminaire, appartenant à la Mission de Lanlong ont quitté Kouiyang : ils doivent se rendre au Collège de Pinang pour y terminer leurs études théologiques.

    Les nouvelles reçues de Touanpo sont toujours mauvaises et le P. Harostéguy ne peut encore regagner sa résidence.

    De la campagne, peu de nouvelles : toujours brigands et pillages Impossible aux missionnaires de sortir et daller visiter leurs chrétientés : doù relâchement dans lobservance des lois de lEglise. Le grand mal, cest lopium ; mais qui nous en délivrera ?

    Lanlong

    Notre petit coin ne fournit guère de chroniques dignes de paraître dans le Bulletin. Le Père pro-préfet dit en riant que les peuples heureux nont pas dhistoire. Nous avons bien cependant nos misères : nos trois confrères du Kouangsi, les PP. Epalle, Courand et Maurand, ont dû se rendre à Béthanie, et ce dernier a été obligé dentrer à lhôpital. Le P. Cheilletz, de plus en plus affaibli par les fièvres, est parti pour France. Notre doyen, le Père Aloys Schotter, est mort à Tchen-fong : appelé en toute hâte, Mgr Carlo sétait rendu auprès de lui essayer de le sauver ou le disposer à bien mourir.

    Nos 9 grands séminaristes sont partis le 3 décembre de Kouiyang pour Pinang, via Yunnanfou, où ils trouveront le P. Cheilletz, qui les conduira. Ces 9 jeunes gens sont lespoir de notre Mission. Nous en sommes au 98e élève inscrit sur les registres de lécole probatoire. Des 46 premiers il nen reste que 12 au Petit-Séminaire de Kouiyang. Pourrons-nous arriver au 10 pour 100 ? Lavenir le dira ; mais, malgré tous nos efforts, nous restons inquiets. Ces pauvres enfants nont pas comme nous sucé, pour ainsi dire, la foi avec le lait de leur mère et nont guère vécu chez eux une vraie vie chrétienne. Lamour de la liberté en fait reculer un certain nombre ; le désir du mariage nous en ravit dautres, souvent des mieux doués. Le milieu chinois, daprès le Supérieur du Petit-Séminaire de Kouiyang, leur nuit beaucoup : leur caractère mou, vaniteux, irascible, porté aux amitiés sensibles, les fait souvent renvoyer après bien des années détudes.

    Peut-être la vue des premiers prêtres Dioi réussira-t-elle à atténuer chez eux, sinon à guérir, lhorreur de la gêne; mais il faudra attendre encore combien de temps ? Cest le secret de Dieu.

    Swatow

    Pendant que défenseurs de lordre et sauveurs de la patrie sont occupés du côté de Canton, brigands et pirates se remuent par ici à lapproche de la fin de lannée. De tous côtés on signale leurs hauts faits. Il y a trois jours ils ont saisi un des vapeurs qui font le service de la côte et ont dévalisé les voyageurs ; furieux de navoir pas trouvé un butin assez rémunérateur, ils ont lancé le bateau à pleine vapeur sur la côte où il sest brisé sur les rochers.

    Cependant plusieurs bateaux de guerre chinois stationnent dans le port ; un peu dexercice à la chasse aux pirates ferait dérouiller machines et hélices ; mais il paraît que le charbon est cher.

    Kouangtong Occidental

    Durant le mois de décembre, notre Mission a continué à se débattre dans les mêmes difficultés qui lassaillirent au début de 1923. Periculis latronum : telle fut jusquà la fin la grande épreuve de cette année. On racontait hier encore quun village, voisin de notre Territoire, assailli par les pirates, venait de perdre une centaine de ses habitants, la moitié tués dans le combat, les autres froidement et impitoyablement égorgés par leurs ravisseurs tout le long de la route, sans même épargner les enfants. Pendant ce temps, soldats et gardes de tout acabit, se terrent, quand eux-mêmes ne se livrent pas à semblable travail, comme lont établi de trop fréquents exemples.

    Peu à peu on récupère contre rançon les captives de Shekting, dont il a été précédemment parlé. Onze demeurent encore introuvables sur les 47 enlevées. Laffaire de Tepo, où soldats et gardes se sont rués contre ce malheureux village, molestant indignement le prêtre indigène qui lhabite, au lieu de poursuivre les pirates quils avaient mission de combattre, cette affaire, dis-je, traîne en longueur, mais nous ne désespérons pas de la voir résolue. Pendant ce temps les routes qui conduisent à la Sainte-Trinité sont à nouveau barrées par les brigands. Un courrier récemment envoyé par le P. Poulhazan mit 14 jours à franchir une distance qui, en temps normal, ne demande pas plus dune journée. Le vicaire du P. Poulhazan na pu encore le rejoindre et notre confrère demeure seul depuis plus de quatre mois. Sera-t-il bientôt possible de communiquer avec lui ? Personne ne saurait lassurer. Heureusement lui et ses gens sont suffisamment pourvus en vivres, comme aussi en munitions, indispensable condition pour tenir en respect les bandes environnantes.

    Au milieu de ces tristesses et dautres encore, Noël nous a apporté une douce diversion. A Fort-Bayard cette fête fut célébrée avec toute la pompe, léclat et le bruit possibles. La présence de plusieurs confrères permit dorganiser une Messe pontificale de Minuit, suivie non seulement par tous les chrétiens indigènes, Chinois et Annamites, mais par la presque totalité de nos compatriotes. Nombre de païens accoururent aussi à un spectacle nouveau pour eux. Puissent-ils venir bientôt sagenouiller aux pieds du Sauveur, montrant ainsi quils sont hommes de bonne volonté et veulent aussi rendre gloire à Dieu !

    Que lannée qui vient soit féconde et apporte paix et joie au cur de tous les ouvriers apostoliques et répare quelque peu les désastres de lannée finissante !

    Kouangsi

    La fin de lannée 1923 a été signalée par la visite à lévêché de Nanning des quatre confrères qui évangélisaient la région du Nord-Ouest et qui sont maintenant incorporés à la Mission de Lanlong. Cétait une visite dadieu. Lamertume de la séparation fut toutefois adoucie par la pensée quune nouvelle famille apostolique se fondait, qui favoriserait lévangélisation de ce pays.

    De nos quatre visiteurs, seul le P. Séguret put reprendre le chemin de son district. Les PP. Epalle, Courant et Maurand, profitant de la proximité relative de Hongkong, se rendirent au Sanatorium de Béthanie pour y refaire leur santé ébranlée par de longues années de travaux et de privations. Le P. Maurand dut même être admis à lhôpital des Surs de S.-Paul de Chartres ; une fièvre persistante inquiétait son entourage. Il est maintenant hors de danger, mais devra probablement aller chercher au pays natal son complet établissement.

    Tandis que les uns nous quittent, dautres renforts nous arrivent : fort à point.

    Notre nouveau confrère, le P. Peyrat, est plein de jeunesse et de bonne volonté. Sa première impression est que la langue dite céleste est une invention diabolique, vu les difficultés qui la caractérisent ; mais comme le diable en personne ne lui ferait pas peur, il fonce avec courage sur ces difficultés.

    Le P. Dalle nous revient aussi. Désigné, après cinq années de séjour en France, pour la Maison de Nazareth, deux mois ont suffi à lui prouver que le climat de Hongkong ne convenait nullement à sa santé, qui laisse toujours beaucoup à désirer. Aussi veut-il consacrer tout ce qui lui reste de forces à sa Mission du Kouangsi, qui, il le sait, a besoin de réunir toutes les énergies pour faire face à sa rude tâche.

    La fin de lannée chinoise ramène toujours une recrudescence de piraterie. Ces messieurs des Forêts vertes, comme sintitulent les pirates, ont besoin de fonds pour passer confortablement les fêtes du nouvel an.

    Un de nos séminaristes sétait mis en route pour Pinang, via Out-cheou et Hongkong. Il nalla pas loin : tombé sur une bande de brigands, il ne dut son salut quà la vitesse de ses jambes.

    Tonkin Occidentale

    Les chrétiens de Kê Vinh, ancien centre des Missions du Tonkin, se sont spécialisés dans un genre dindustrie qui mérite dêtre signalé. Dans les temps des grandes persécutions, ne pouvant faire venir du dehors les objets de piété, chapelets et croix, les missionnaires avaient appris à quelques Annamites la manière de les confectionner et de les fondre sur place. Depuis les Missions du Tonkin ont continué à faire confectionner leurs objets de piété à Kê Vinh. Pendant la guerre, les Missions voisines, ne pouvant plus se servir en France, ont aussi passé leurs commandes et continuent leur confiance à nos Annamites. Nos gens adaptent très facilement leur fabrication aux modèles quon leur envoie. Si ces objets nont pas tout le fini de lart, ils ont au moins lavantage dêtre de bonne qualité et à bon marché : croix depuis $0,01, chapelet 0,08. Ils fabriquent toutes sortes de croix en cuivre, des chapelets en verroterie ou en corne de buffle, de toute couleur, montés sur fil, laiton ou maillechort. Le Père Pédebidau, chargé de ces chrétiens, a donné une grande extension à cette petite industrie.

    Lépoque des retraites dans la Mission bat son plein : retraite des Religieuses de St-Paul, prêchée par le Père Villebonnet ; retraite des Frères des Ecoles Chrétiennes, prêchée par Mgr Gendreau ; enfin retraite des Missionnaires du 17 au 24 janvier.

    Tonkin Méridional

    Le 22 décembre, Mgr Eloy a ordonné, dans la cathédrale de Xã Đoài, 6 nouveaux prêtres, 7 sous-diacres, 9 minorés et 5 tonsurés.

    Les exercices de la retraite annuelle des missionnaires ont eu lieu comme dhabitude à Xã Đoài du 1er au 6 janvier ; tous les confrères présents dans la mission (actuellement 21) y ont pris part.

    Haut Tonkin

    Le Père Tissot, dont le poste, Nghia Lo, se trouve en plein pays des Thos, des Mans et des Meos, ayant appris que des éléphants causaient des ravages dans les environs, donna lordre à plusieurs de ses gens de les rechercher afin de les pourchasser : cest, en effet, un voisinage peu agréable. Voyant ces indigènes lui dire, chaque fois quils revenaient, quils navaient rien vu, il décida dy aller lui-même avec eux.

    Malgré les instances des Mans qui lui disaient quil y avait danger dans le cas où les éléphants les verraient, le Père persista dans ses intentions, convaincu quil était que ses émissaires navaient rien cherché du tout.

    La petite caravane senfonça dans la forêt... Tout à coup, les Mans sarrêtèrent, firent un signe au Père, qui ne comprit pas, et se sauvèrent. Se voyant seul, notre confrère se douta alors quil devait y avoir du danger et, quoique nayant rien vu, il se blottit dans un fourré. Mais les éléphants lavaient vu, grâce surtout à son casque blanc. En moins de temps quil nen faut pour lécrire ils étaient sur lui : cétaient une femelle et son petit. La femelle, une bête énorme, saisit le Père avec sa trompe et, à plusieurs reprises, le lança en lair. Les Mans, ayant vu se qui se passait, revinrent au lieu où se déroulait cette terrible scène et, tirant quelques coups de fusil, effrayèrent les deux pachydermes, qui senfoncèrent dans les profondeurs de la forêt.

    Notre confrère lavait échappé belle, mais il était grièvement blessé : un bras cassé et abîmé, dans la cuisse un large trou, sans parler des confusions multiples sur tout le corps.

    Heureusement non loin de là on put trouver une petite barque dans laquelle on mit le blessé pour le ramener à Yen Bai ; mais le cher Père était en si piteux état que, pour lui éviter trop de fatigue et de douleurs, on le transporta à lhôpital indigène de la Mission dans la barquette même.

    Les soins éclairés et dévoués du Docteur ont déjà procuré au malade un grand soulagement et tout danger est écarté. Nous gardons le ferme espoir que bientôt notre confrère sera complètement rétabli.

    Le Bon Maître et la Sainte Vierge ont entendu lappel désespéré de leur missionnaire, qui se croyait bien perdu sans leur protection.

    Nous nous joignons à notre cher rescapé pour leur en rendre grâces.

    Tonkin Maritime

    Décembre et janvier sont, au Tonkin, les mois des retraites. Jusquici tous les prêtres indigènes prenaient part à la même ; mais, leur nombre augmentant de plus en plus et dépassant aujourdhui la centaine, on a dû les diviser en deux groupes. Les vicaires ont fait leur retraite de six jours pleins avant Noël, les curés ont fait la leur après cette même fête.

    Deux petites innovations ont marqué ces retraites : 1o lobligation de garder le silence, excepté pendant lheure de récréation qui suivait le repas de midi ; 2o la prédication dun sermon, chaque jour, par le P. Thái, curé indigène de Bach-Liên, pour la première retraite, et par le P. Côn, curé et vicaire forain de Phát-Diêm pour la seconde. De plus, cinq prêtres indigènes ont été élus juges pro-synodaux. Ces essais sont des plus encourageants : cest encore un pas en avant vers le progrès.

    Au printemps dernier, le Père Marty de la Mission du Tonkin Occidental, abattait un énorme tigre, aux griffes duquel il échappa grâce surtout à son crucifix. Dernièrement le Père Tissot du Haut-Tonkin se trouvait aux prises avec deux éléphants qui faillirent le coucher dans la tombe. Le Tonkin Maritime ne pouvait pas rester en retard. Aussi le Père Gros, Supérieur du Probatorium, sest distingué en faisant passer le goût de lherbe à un formidable et non moins dangereux buf sauvage. Nul plus que ses 75 élèves na apprécié à sa juste valeur ce coup de fusil vraiment lucratif.

    Et maintenant, nous allons entrer en retraite. Elle sera prêchée par le P. Dalaine du Tonkin Méridional.

    Cochinchine Occidentale

    Le miraculé de la Bienheureuse Thérèse (voir No de novembre) navait obtenu quune atténuation de son mal, un cancer double au foie et à lestomac. Après deux mois passés sans souffrances, il est mort en bon chrétien, comme il vivait déjà depuis longtemps.

    Le 22 décembre, Sa Grandeur a ordonné prêtres les quatre sous diacres de septembre, ils ont vite trouvé une place et, paraît-il, il y a encore des trous à boucher.

    Saigon a pu voir jouer une pièce de théâtre en tamoul à la manière indienne par les jeunes filles de lécole indienne du Père De Coopman.

    Cétait une rareté qui a eu plein succès : salle comble, mille à douze cents spectateurs de toutes couleurs, pondichériens catholiques, musulmans changeurs de monnaie, chettys adorateurs du veau dor, gros marchands de Bombay, tout ce qui parle tamoul à Saigon se pressait dans le local loué pour la circonstance. Heureusement, car le but principal était de recueillir quelques piastres pour construire une école neuve. Or les matériaux et la main duvre sont chers ici. Les missionnaires français y sont allés et malgré eux sy sont intéressés. On ne comprenait rien à ces chants en langue indienne, mais lattrait du nouveau, le jeu et la mimique des actrices, fort bien exercées, finissaient par captiver lattention.

    Encore du théâtre. Le Père Tòng qui, en 1913, avait monté plusieurs représentations de la Passion à loccasion du cinquantenaire du Séminaire de Saigon, a repris ses travaux. Plusieurs représentations à Baria en décembre ont eu plein succès ; fin janvier il viendra à Saigon, où lon espère encore mieux.

    Cochinchine Septentrionale

    Le 10 décembre, le P. Peschel, de la Mission de Taikou, nous procurait lagréable surprise darriver à Hué. Après avoir passé quelques jours ici pour se reposer dun voyage assez pénible et admirer les beautés de notre capitale si prenante et enchanteresse, il est parti pour Phuoc-Son, où il mène en ce moment la vie toute de prières et de pénitence de nos chers moines de Notre-Dame dAnnam.

    Tout dernièrement, dans la Mission, ont été prêchées deux retraites : lune aux Carmélites de Phu-Xuân (du 13 au 21 décembre) ; lautre, aux élèves du Grand-Séminaire, à lissue de laquelle, le 22 décembre, Mgr Allys a ordonné, dans la cathédrale de Phu-Cam, trois diacres, deux sous-diacres, trois portiers et lecteurs, un tonsuré.

    De divers points de la Mission, il nous revient que la fête de Noël a été célébrée aussi solennellement que possible, malgré le froid (?) et la pluie : très nombreux ont été les fidèles qui se sont approchés de la sainte Table, surtout à la messe de minuit.

    Cambodge

    Le Père Guibé est tombé malade et a dû être hospitalisé ; les médecins ne sont pas encore fixés sur la gravité de sa maladie.

    La retraite annuelle des missionnaires a eu lieu la première semaine de lAvent. Tous les exercices ont été présidés effectivement par Mgr Bouchut, dont la santé va toujours saméliorant.

    Le 2 décembre, le Père Herrgott, provicaire, a béni la nouvelle église de Rachgia et donné la confirmation à 92 personnes. Les jours précédents une retraite avait été prêchée non seulement aux confirmants et aux catéchumènes à baptiser, mais aussi aux fidèles du district. La cérémonie fut fort belle : quatorze prêtres français et deux annamites, grande affluence non seulement dindigènes, mais aussi dEuropéens ; cest dailleurs avec les fonds recueillis en bonne partie chez les colons et fonctionnaires français que le Père Dalle a pu élever cette coûteuse construction. Lédifice mesure 32 mètres de long sur 12 de large, la tour a 17 mètres de haut ; il est solidement et correctement construit en style gothique. Cette église compte non parmi les plus grandes, mais parmi les plus belles de la Mission. Le Père Dalle na pas ménagé ses peines, ne lui ménageons pas nos félicitations.

    Depuis plusieurs années, lAdministration française du Cambodge soccupe de la création dune station daltitude sur lun des sommets les plus élevés de la chaîne de montagnes dite des Eléphants. Lendroit choisi a été le mont Bockor, distant de Phnom-Penh de 190 kilomètres. Ce mont a une altitude de 1050 mètres. Cest un site magnifique, bordé de falaises et donnant sur le golfe du Siam aux rivages découpés et parsemé dîles dont la principale est celle de Phu-Quôc. La température y est constante et oscille, en moyenne, entre 15 et 22o C., suffisamment froide et sans danger pour les santés débiles de nos climats. Les moustiques en sont absents et les termites y sont inconnus. On y trouve de leau potable et même une source deau ferrugineuse. Outre la route, de nombreux sentiers sous bois ou bordant la Côte dOpale favorisent les promenades salutaires, parfois interrompues par des cueillettes dexquises framboises, jamais troublées par la crainte de rencontrer quelque fauve : la chasse nest fructueuse que dans la partie inférieure de la côte. Lépoque la plus favorable pour un séjour comprend les mois doctobre à avril inclusivement.

    LAdministration française a déjà construit un bureau de poste avec télégraphe et téléphone, et plusieurs modestes pavillons en bois, éclairés à lélectricité, en attendant lachèvement dun grandiose hôtel. Une station agricole, située dans le Val dEmeraude, à 1 kil. du mont, fournit déjà nos bons légumes de France, avec lespoir fondé de nous en donner les meilleurs fruits. Aussi les villégiatures deviennent-elles de plus en plus nombreuses.

    Grâce à une main généreuse que nous remercions vivement, la Mission du Cambodge a pu établir au Mont-Bockor une maison de repos pour ses ouvriers fatigués. Cette habitation, construite en moellons et comprenant cinq chambres, est très saine et fort ben située. Elle a été bénite le dimanche 16 décembre et occupée aussitôt après par plusieurs confrères. Lemplacement de la chapelle est marqué et il est à désirer quelle ne tarde pas à sortir de terre ; une chambre en tient lieu provisoirement. Cette maison de repos a reçu le nom de Villa Saint-Nicolas.

    Malacca

    Le bel établissement des Dames de S.-Maur à Penang vient de faire une grande perte par le décès de Madame St-Alphonse, qui y travaillait depuis quarante ans avec un dévouement au-dessus de tout éloge. Elle était la nièce de Mère St-Anselme, ancienne Supérieure de cette même maison, où elle mourut en 1905 à un âge fort avancé. On peut dire que Sr. St-Alphonse a travaillé jusquau bout, puisquelle ne sest alitée que pendant une douzaine de jours. Ce fut le premier vendredi de décembre quelle se sentit défaillir. Après quelque amélioration, elle continua de saffaiblir, et expira aussi doucement quil soit possible de limaginer.

    Les derniers comptes-rendus de notre Mission ont signalé le fait quil y avait au moins 1.500 Indiens catholiques répandus dans les Negri Sembilan et dans le Territoire de Malacca, mais que depuis plusieurs années il ny avait plus de missionnaire sachant le tamoul en résidence parmi eux. Cétait une grande lacune. Cette lacune vient dêtre comblée, et cest le Père Baloche qui a été mis en charge de tous ces chrétiens, avec résidence tantôt à Seremban et tantôt à Malacca. Toutefois cest bien le cas de dire quon a décoiffé Pierre pour coiffer Paul. Car le P. Baloche était lassistant du P. Le Mahec dans la grande paroisse indienne de Kuala-Lumpur, et celui-ci doit maintenant faire seul un travail auquel il lui est impossible de suffire. Cet arrangement a cependant paru préférable. De deux maux il faut choisir le moindre.

    Depuis les récentes élections anglaises, le projet de la base navale de Singapore semble être plus en danger que jamais. Du moins, cest ce quun certain nombre de journaux ne cessent de répéter. Dautre part, le monde officiel de Singapore continue de faire tous les préparatifs nécessaires pour lexécution de ce même projet. Cest ainsi que dans sa séance du 17 décembre, le Conseil Législatif a voté un nouveau crédit de 750.000 dollars pour couvrir les frais dexpropriation, ce qui donne déjà un total dun million et quart. Et ce nest pas fini.

    Maïssour

    Le Collège Saint-Joseph de Bangalore a réalisé, dans le cours de lannée dernière, deux changements importants.

    Au mois de juillet a été inauguré un nouveau groupe scolaire de sciences et 30 élèves, dont 14 Européens ou Anglo-Indiens et 16 Indiens, suivent les cours de mathématiques, physique et chimie. Lors de sa visite à Bangalore, S. E. le Vice-Roi, répondant à une adresse de la municipalité, mentionna le développement du Collège Saint-Joseph comme un pas en avant dans la voie de linstruction supérieure et un heureux progrès.

    Le second changement est la séparation du Collège et de lEcole Supérieure, qui depuis 1882 étaient sous la même direction et la même administration. Le Collège jouira désormais dune complète autonomie et, à la fin de 1924, sera installé dans le bâtiment que lon construit à son intention.

    Pendant lannée scolaire 1923, le nombre des élèves a été de 429, dont 220 internes et 209 externes.

    Laos

    Du 18 au 23 Novembre dernier, 22 sur 25 confrères et prêtres indigènes de la Mission du Laos se trouvaient réunis à lévêché de Nong-Seng pour la retraite annuelle. Malgré les pénibles voyages que quelques-uns avaient dû entreprendre pour sy rendre, tous se trouvaient en bonne santé à lexception de notre jeune confrère le Père Thibault, arrivé avec la fièvre. Nous, étions tellement plongés dans la méditation quaucun de nous ne saperçut, durant toute la retraite, que le domestique nous servait chaque jour et à chaque repas, une salade quil assaisonnait, bien innocemment du reste, avec de lhuile de ricin. Bien que chacun trouvât cette huile un peu rance, un peu fade, un peu je ne sais quoi, personne ne fit de réflexion. Il est juste dajouter que, durant les repas, un lecteur nous tenait sous le charme de la vie extraordinaire du Père de Foucault, lermite du Sahara ; ce ne fut que le jour de la clôture quun confrère, voulant se rendre compte de ce quétait lhuile quon nous servait, découvrit le pot aux roses, et chacun de rire de bon cur. Conclusion : le cher Père Thibault fut si bien guéri quil rejoignit son poste avant tout le monde. Quant aux autres, non seulement ils nen furent pas incommodés, mais ils ne sen trouvèrent que mieux.

    Notre Mission, qui na pas encore cinquante ans dâge, a déjà un cinquantenaire de sacerdoce : cest le cher Père Dabin, prêtre le 29 juin 1874, missionnaire de Siam en 1878, au Laos depuis 1884. Comme il est loin du centre de la Mission et que, malgré ses 74 ans, il na pas hésité à faire 6 jours de voyage pénible pour se rendre à la retraite, Mgr Gouin a voulu anticiper quelque peu pour nous permettre à tous de fêter ce cinquantenaire. Aussi, le 24 novembre, jour de la fête de nos BB. Martyrs, le cher Père Dabin, entouré du Père Provicaire comme diacre et du Père Antoine, notre premier prêtre indigène, comme sous-diacre, dautres confrères faisant office de cérémoniaire, thuriféraire et acolytes, célébrait la grandmesse solennelle, puis présidait la bénédiction du Saint-Sacrement, où un Magnificat dactions de grâces fut chanté avec enthousiasme. Au repas qui suivit, plusieurs toasts furent portés au vénéré jubilaire, puis le Père Marchi nous retraça avec humour la vie tout édifiante de notre cher doyen, qui a donné 40 ans ininterrompus de sa vie à la Mission du Laos.

    Notre premier Vicaire Apostolique avait fixé à la fête du Saint Nom de Jésus la procession solennelle du Saint-Sacrement, qui ne peut avoir lieu à la Fête-Dieu à cause des pluies diluviennes de la saison. Cette cérémonie a donc eu lieu à Nong-Seng le 2 janvier et près de 2.000 chrétiens y ont pris part : ce fut une solennité vraiment grandiose et impressionnante.

    Dans son numéro de février 1923, le Bulletin sest permis de traiter le poste de Vientiane de poste de la brousse: Vientiane la belle ! Vientiane, la capitale du Laos ! Cela demande réparation, et voici ce quécrit le curé de lendroit : Notre fête de Noël a été très brillante. A la messe de minuit, plus de 60 lampes électriques et dinnombrables lanternes vénitiennes ; à lentrée de léglise, une véritable tour de verdure et de lumières : cétait vraiment féerique. Tous les Français de la localité une centaine environ étaient présents, et je ne parle pas des Laotiens et des Annamites : léglise était comble. A la tribune, chants superbement exécutés par huit belles voix de France Osez dire après cela que Vientiane est un poste de la brousse!

    Sur la rive française du Mékong, on travaille actuellement à une ligne de chemin de fer qui, partant de Thakhek, ira rejoindre la ligne trans-indochinoise à une centaine de km. au sud de Vinh.

    De son côté, le gouvernement siamois vient dinaugurer une route pour automobiles de Bangkok au Mékong, via Korat, Khonkhen, Lakhone et Nongseng.

    Birmanie Méridionale

    La retraite des missionnaires européens a eu lieu du 14 au 19 novembre à lEvêché ; trente, cest-à-dire presque tous, étaient présents.. Mgr le Coadjuteur na pu la suivre que de loin, souffrant dune attaque dinfluenza dont les suites se sont fait sentir longtemps. Grâce à. Dieu, il est complètement rétabli maintenant.

    Le 21 Novembre, Son Excellence le Gouverneur a posé la première pierre dun nouveau pavillon chez les Petites-Surs des Pauvres. Elles ont, en ce moment, 140 bons vieux et bonnes vieilles, et cette extension est devenue urgente. Son Excellence était accompagnée du Président de lAssemblée Législative, du Maire de Rangoon, de Juges de la Cour Suprême et autres notabilités. Tous tenaient à montrer en quelle estime ils tiennent nos chères Petites-Surs.

    Nous avons de bonnes nouvelles de nos malades. Le P. Fargeton serait déjà en état de rentrer, si sa gorge ne persistait à lui donner du tracas. Le Docteur demande quil passe encore un hiver en France. Le P. Bonnet, lui aussi, en bonne voie de complète guérison, attend avec impatience le permis de la Faculté. Le P. Mazoyer, jamais oublie dans sa Birmanie, ne loublie pas non plus et voudrait pouvoir nous revenir bien vite.

    Rangoon a eu la visite dun montagnard, descendu des frontières de Chine, de ses montagnes katchins, vers la Babylone de la Birmanie : jai nommé le P. Gilhodes. Nos confrères des montagnes se sentent toujours un peu dépaysés dans le bruit et le mouvement de la grande ville. Dans le cas présent, notre hôte venait remettre en état quelques parties essentielles de son moteur : les yeux et les dents. Il est reparti rajeuni, mais fatigué par son séjour en ville. Combien de pauvres citadins lui envient le grand air, la vie simple et le calme de sa montagne ! Depuis près de 25 ans quil est là haut, il en est devenu comme le roi. Il commence à récolter le fruit de ces longues années defforts silencieux et souvent bien ingrats. Deux missionnaires et un prêtre indigène travaillent maintenant chez les Katchins, et il y aurait du travail et de la place pour une demi-douzaine dautres pionniers, si les ouvriers apostoliques ne faisaient pas défaut.

    Décembre nous a enfin donné un semblant de froid ; aussi les rhumes ont été à lordre du jour et bien des sermons de Noël ont dû être rentrés faute de voix ou délivrés avec une voix moitié enterrée, ce qui certes nétait pas de circonstance.

    La paroisse de la cathédrale de Rangoon a eu la faveur dune mission prêchée par le R. P. Recteur du Collège des PP. Jésuites de Darjeeling. Ses sermons ont été très goûtés et la grande église se trouvait trop petite pour contenir les fidèles.

    Notre vénéré Mgr Cardot a été malade ; mais les soins lont remis sur pied et il est parti pour Amherst y compléter sa convalescence. Mgr Perroy, complètement remis de son influenza, a pu présider tous les offices de Noël à la cathédrale.

    La santé du P. Provost lui a encore donné du tracas. Cétait cette fois un commencement de sproc. Il va mieux, mais doit rester astreint à un régime sévère. Il na pu, de ce fait, venir recevoir sa décoration des mains du Vice-Roi. Du reste, eût-il été bien portant, il est douteux quil ait pu venir. Notre Vice-Roi est juif ; est-ce pour cela quil est venu en Birmanie juste pour les fêtes de Noël ? Je nen sais rien ; en tout cas, lélément chrétien na pas été sans le ressentir. Rangoon, petit Paris, reçoit toujours bien ses hôtes et na pas manqué aux vieilles traditions. Lord Reading a dû nous quitter précipitamment la situation assez grave dans linde nécessitant sa présence à Delhi.

    Un de nos journaux, le Rangoon Tîmes, donne toutes les semaines le point de vue birman dans les questions à lordre du jour. Dernièrement paraissait un paragraphe, le Christianisme en Birmanie, dans lequel on disait : Noël rappelle à lesprit linfluence du Christianisme en Birmanie et, parmi les confessions variées qui y travaillent, les Catholiques et les Baptistes tiennent la première place. Tandis que ces derniers sont certainement plus agressifs dans leurs méthodes, les premiers tranquillement, sans bruit et plus sûrement, exercent une influence irrésistible. Le similitude remarquable qui existe entre la vie du maître de Religion Catholique (prêtre) et celle du bonze bouddhiste force lattention des Birmans. Que le Christianisme ait pris racine en Birmanie, il ny a aucun doute. Voilà un témoignage intéressant. Qh ! Si nous pouvions avoir quelques monastères, Trappes ou autres, quelle influence ils auraient sur les masses birmanes !

    Birmanie Septentrionale

    Accedant qui ordinandi sunt ! Et trois candidats birmans savançaient vers lautel et recevaient à la cathédrale, le 8 décembre dernier, la tonsure des mains de Mgr Foulquier. Un quatrième était ensuite admis aux Ordres Mineurs. Daucuns, dans certaines Missions, habitués à voir souvent cette cérémonie, trouveront le fait bien ordinaire ; pour nous, pauvres déshérités, depuis bien longtemps privés dun pareil bonheur, cest un événement de haute importance. Dans un an, sil plaît à Dieu, ils monteront à lautel, et deviendront, espérons-le, de précieux : auxiliaires pour la Mission : elle en a tant besoin ! Dieu les garde !

    Hélas ! Notre joie était vite assombrie par la nouvelle de la mort de Sur Perpetua, des Surs Franciscaines Missionnaires de Marie, survenue le 13 décembre à Kuthung, dans les montagnes kachins. Religieuse dune grande vertu, très dévouée et dun remarquable savoir-faire, ses Supérieures lavaient choisie, en 1919, pour la fondation du couvent de Surs indigènes à Chanthaywa. Dire tout le bien quelle y fit pendant quatre ans, lestime générale quelle sut sy attirer, dépasserait le cadre dune simple chronique.

    Lorsque, en avril dernier, il fut décidé denvoyer des religieuses au Père Gilhodes, pour laider, par les écoles, à lévangélisation de ses chers sauvages, ce fut encore au dévouement de la Sur Perpetua quon fit appel. Les saints ont soif de sacrifice : aussi elle disait tout bonnement adieu à son cher Chanthaywa, quelle aimait pourtant bien, et, à la tête de sa petite bande dassistantes, gravissait les montagnes de Kuthung.

    Résolument rien narrête les braves, elle se mettait, à 52 ans, à létude dune nouvelle langue, enfourchait, les jours de congé, son hirsute, mais paisible coursier, parcourait les villages environnants, distribuait des remèdes, parlait de notre sainte Religion, et gagnait tous les curs. Cest probablement dans lune de ses courses quelle a contracté la fièvre typhoïde qui nous la ravissait en quelques jours. Avertie de la gravité de son état, spontanément elle soffrit en victime pour le succès de luvre à laquelle elle était venue se consacrer. Le jour des funérailles, païens et chrétiens témoignèrent beaucoup de sympathie. Elle repose dans le petit cimetière de Kuthung, face à ce lui de Matan, où le premier missionnaire mort sur les montagnes kachins en 1912, le P. Charles Lafon, dort aussi son dernier sommeil.

    Hongkong

    Au cours de lannée qui vient de se terminer les Procures ont eu le privilège de recevoir un renfort bien nécessaire en la personne de MM. Beaudevin et Samson. Pour faciliter les correspondances des confrères, voici quelle est présentement la répartition du personnel des Procures en Extrême-Orient.

    SHANGHAI : MM. Sallou
    Morin
    Samson
    HONGKONG : MM. Souvey
    Vircondelet
    Beaudevin
    SAIGON : MM. Artif
    Gauthier
    SINGAPORE : M. Ouillon

    Penang

    Le Collège Général a reçu un nouveau directeur, le P. Bodin, qui victime des gaz asphyxiants pendant la guerre, est obligé dabandonner sa Mission de Seoul. Espérons que le climat de Penang, bien quordinairement humide, ne lui sera pas défavorable.

    Notre Docteur, le P. Monjean, arrivé depuis deux mois, paraît bien sacclimater dans notre île.

    Séminaire dé Paris

    Prix Radius. La Société de Géographie commerciale de Paris a décerné à Mgr de Guébriant le prix Radius. Voici un extrait du rapport rédigé par M. Aspe-Fleurimont.

    La fondation, en 1663, de la Société des Missions-Étrangères qui se trouve être ainsi luvre spéciale la plus ancienne de ce genre, et son développement dans les Indes, lIndochine, le Japon, la Corée et dans toute la Chine, sont trop connus pour quil soit utile dy insister longuement ici. Quelques chiffres méritent cependant un bref rappel. Depuis lorigine, 3.221 missionnaires, dont 2.780 à partir de lannée 1840 ; leur nombre actuel est de 1.200, plus 1.100 prêtres indigènes, tous placés sous lautorité de 36 évêques, qui sont à la tête de 36 Missions, réparties sur une superficie occupée par plus de 250 millions dhabitants.

    On conçoit donc la reconnaissance légale (donnée, dès lorigine, par le Gouvernement français et qui na jamais cessé dêtre en vigueur,) en faveur de cette Société, laquelle, dailleurs, nest pas un Ordre religieux, mais une Association de prêtres séculiers, reliés entre eux par un règlement général, et trouvant leur centre daction et dassistance, ainsi que de ralliement, au Séminaire de la rue du Bac, à Paris.

    La parfaite connaissance de la langue française, en tant que langue maternelle, est la condition, en quelque sorte sine qua non, de ladmission de tout ecclésiastique dans la Société des Missions-Étrangères.

    Par suite, et après lattribution, ces années passées, du prix Radius au P. de Foucault, à Mgr Augouard, au P. Tournade, à Mgr Lemaitre, à Mgr Cothonay, la désignation pour 1922 de Mgr de Guébriant, Supérieur des Missions-Étrangères, simposait naturellement au lendemain de son retour définitif eu France, après 36 années passées en Chine, dont 31 au Setchoan et 5 à Canton.

    Mgr de Guébriant fut, de plus, Visiteur Apostolique pour la Chine en 1919 et 1920 et, pour la Sibérie, en 1921.

    Après une belle vie dapostolat quil a consacrée au développement de linfluence française en Extrême-Orient, il réside maintenant à Paris, ce qui permet à notre Société de remettre aujourdhui en ses propres mains le brevet du prix Radius, ai même temps que de lui renouveler lexpression respectueuse de notre admiration pour la grande uvre morale et patriotique des Missions-Étrangères en Extrême-Orient, uvre à lextension de laquelle il a lui-même puissamment contribué par une inlassable ténacité, dont la France doit lui témoigner son entière reconnaissance.

    Les aspirants-soldats de la classe 1922 sont rentrés après 18 mois de service. Plusieurs dentre eux, bénéficiant de certaines dispositions de la nouvelle loi militaire, avaient été libérés en mai après un an de service. Nous comptons actuellement à Paris 50 aspirants ; à Bièvres 64 ; à Rome 4 ; sous les drapeaux 24 ; au total 142, de 52 diocèses différents. Parmi ces diocèses, citons Bayonne, 11 aspirants ; Rennes, 8 ; Coutances, 7 ; Quimper, Strasbourg, Vannes, Paris, Besançon, 6 ; Lyon, Le Puy, Lille, 5.

    Au Séminaire de Paris, les dominicales et les exercices de prédication ont repris depuis le 1er novembre. Pour lordination des Quatre-Temps de Noël, deux aspirants sont appelés à la prêtrise, 4 au diaconat, 2 au sous-diaconat, 12 aux ordres mineurs, 1 à la tonsure.

    Le 1er novembre, procession de clôture du mois du Rosaire dans le jardin, suivie par plusieurs centaines de fidèles.

    Rentré de Vendée le 2 novembre, Monseigneur a participé à diverses cérémonies : Messe et allocution de luvre des Partants ; Triduum de la Bse Thérèse de lEnfant-Jésus à Boulogne. Le 5, cérémonie patriotique sous la présidence du cardinal Dubois à Mont-martre. Le 12, à lInstitut Catholique, en présence de NN. SS. Chaptal, Baudrillart et dun nombreux auditoire, il inaugurait par une conférence sur lEglise catholique en Chine une série de 10 conférences à donner par les diverses Sociétés missionnaires et organisée par lUnion Missionnaire du Clergé.

    Le 14, Monseignour a donné, en présence de Son Exc. le Nonce Apostolique le sermon douverture du Congrès de luvre Apostolique. Les séances de travail de ce Congrès ont été précédées le 15 par une messe du Directeur, Mgr Boucher, à la crypte du Séminaire.

    Après entente avec lhonorable M. Outrey, député de Cochinchine, et en sa compagnie, Monseigneur et le P. Léculier ont été, le 14 novembre, exposer à M. Sarraut, Ministre des Colonies, les doléances de nos Vicaires Apostoliques de lIndochine au sujet des exigences croissantes de lenregistrement. Laccueil du Ministre a été bienveillant. Un modus vivendi, mettant les Missions sur le même pied que le Séminaire des M.-E., sera peut-être obtenu. Encore y faudra-t-il du temps et beaucoup de papier. M. Outrey, qui se montre tout dévoué à la cause repartira le 28 décembre pour lIndochine, où il a à préparer sa réélection.

    Le 13, à St-Joseph des Epinettes (Batignolles), conférence avec projections sur le Japon ; près de 500 personnes y assistaient.

    Le P. Mollat a quitté Paris le 14 novembre, se rendant par Marseille à Rome, où il soccupera des premiers préparatifs de lExposition Missionnaire du Vatican.

    Montbeton nayant plus une place libre, deux confrères, les PP. Poitier et Décrouïlle, ont été autorisés à passer lhiver à Marseille.

    Le 16 novembre, Monseigneur donnait une conférence à St-Honoré dEylau et assistait le 17 au dîner présidé par S. E. le Cardina1 Dubois chez Mme Priou, Présidente de luvre Apostolique. Sa Grandeur présidait une cérémonie patriotique à Choisy le Roi le 18, et, le 28, celle de rénovation des promesses cléricales au Séminaire de lInstitut Catholique.

    Le 21, le Séminaire fêtait solennellement la Présentation de la Sainte-Vierge et, au salut; prêtres et clercs, ainsi que les Frères coadjuteurs, qui achevaient leur retraite, vinrent devant le Saint-Sacrement exposé, répéter le Dominus pars...

    La fête de nos Bienheureux Martyrs, le 24, fut vraiment une belle fête de famille par la piété et léclat des cérémonies.

    Le dimanche 18, notre crypte accueillait deux groupes de catholiques étrangers confiés à la sollicitude de S. G: Mgr Chaptal; à 8 h., messe pour les Tchéco-Slovaques ; à 10 h., messe pontificale ; célébrée par Mgr Bahabanian, évêque dAngora, pour les Arméniens catholiques ; plus de trois cents assistants.

    Le 26, Mgr Marnas, évêque de Clermont, a bien voulu prendre place à la table de famille, et, du 24 au 30, deux religieux du Verbe Divin, dont lun est directeur du Scholasticat de St-Wendel (Sarre), ont reçu lhospitalité de la maison.

    Monseigneur fait sa retraite à la Villa Manrèze (Clamart), où les PP. Jésuites ont organisé des exercice soit collectifs, soit privés, dans des conditions matérielles et spirituelles très appréciées du clergé, qui en profite largement. On y reçoit même des laïques désireux de perfection chrétienne, des jeunes gens ayant à décider de leur vocation, même des non catholiques en quête de la vérité. Le bien réalisé semble considérable.

    La série de conférences organisée par lU. M. du Clergé à lInstitut Catholique, sest continuée le 22 par une conférence de M. Cazot, assistant du Supérieur des Lazaristes, sur les Missions catholiques en Turquie ; le 29 par le P. Tauzin, des Pères Blancs, sur la pensée du Cardinal Lavigerie et luvre des Pères Blancs en Afrique, en présence du Cardinal Dubois.

    Le Père Bodin, dont la santé, à son grand regret, ne permet pas le retour en sa chère Corée, est nommé au Collège de Pinang. Il a quitté Marseille le 30 novembre.

    Le 21 novembre, Monseigneur recevait la lettre suivante du Marquis de Crewe, Ambassadeur dAngleterre.

    Ambassade
    dAngleterre

    Paris, le 17 novembre 1923.

    Monseigneur,

    Jai reçu du principal Secrétaire dEtat pour les Affaires Etrangères de Sa Majesté des instructions en vue de vous informer que son attention a été attirée sur la courageuse conduite de deux prêtres français, les PP. Degenève et Savin, de la Société des Missions-Étrangères de Paris, dans lassistance quils ont donnée à un sujet britannique, M. dArcy Weatherbe, qui avait été capturé par des brigands dans la Chine du Sud.

    M. Weatherbe aurait été pris le 15 juillet dans le voisinage de Chionchuan et emmené par un parti de pirates chinois. Du 15 au 31 juillet, Mr Weatherbe se trouva coupé de toutes relations avec le monde extérieur. A la dernière de ces dates, le prêtre français de Huangchiaping vint au camp pour négocier avec le chef des pirates, parler et rendre assistance à M. Weatherbe. Le 8 août, le même prêtre, Père Degenève, revint, amenant avec lui le Père Savin, pour reprendre les négociations. Il fut impossible de sentendre avec le chef pirate ; M. Weatherbe fut transféré dans un autre campement plus éloigné. Dans la nuit du 12 août, il réussit à séchapper et, pendant plusieurs jours, eut à endurer de grandes souffrances. Dès que sa fuite fut découverte, les pirates envoyèrent prendre le P. Degenève dans Sa maison à Taipingsu et lemmenèrent à la montagne. Le Père Degenève resta aux mains des brigands pendant trois jours et néchappa indemne que par une heureuse chance.

    Jai pour instruction de vous transmettre lexpression sincère du prix que nous attachons à la conduite courageuse et au dévouement (self-sacrificing) tant du Père Degenève que du Père Savin dans leur intervention auprès des brigands en faveur de Mr Weatherbe, lui fournissant des provisions et en général efforçant dalléger les souffrances de sa captivité, sans se préoccuper du risque quils couraient eux -mêmes.

    Sur le désir de Lord Curzon jadresse une communication à Son Excellence le Président du Conseil, Ministre des, Affaires Etrangères, lui transmettant les remerciements du Gouvernement de Sa Majesté pour la brave et généreuse action de ces prêtres français.

    Je suis, Monseigneur,
    Votre obéissant serviteur.
    Signé : CREWE.

    Le dimanche 2 décembre, fête anticipée de S. Nicolas, Monseigneur le Supérieur célébrait la Messe pontificale à St. Nicolas du Chardonnet, dont le curé est son ancien condisciple de St-Sulpice. Le soir, Sa Grandeur présidait la très jolie fête de la Sainte-Enfance de lEcole Massillon, devant une assistance dau moins 1200 personnes. Le directeur de cette Ecole florissante est le frère du P. Pradel de Canton. Le même jour, à Soissons, fête de la Propagation de la Foi. Dans la belle partie qui reste de la cathédrale-martyre, deux sermons ont été donnés par le Procureur du Japon, à linvitation de M. le Chanoine Duchatel de Montrouge, directeur zélé de luvre dans ce diocèse.

    Comme de coutume, la Saint François-Xavier a réuni dans notre chapelle les deux communautés et les membres du Conseil de la Propagation de la Foi. Messe pontificale, allocution de Monseigneur, déjeuner offert aux membres présents, témoignent de notre fidélité aux traditions, malgré les changements survenus dans lorganisation de luvre. Les membres du Conseil nous savent gré de cette fidélité. Lun deux enviait même pour sa paroisse la bonne exécution du chant et la perfection des cérémonies quil aime à constater à la rue du Bac.

    Le samedi, 8 décembre la communauté de Paris sest rendue à Bièvres pour célébrer la fête de lImmaculée Conception. Messe et Vêpres ont été chantées par le P. Boulanger, 2e Assistant du Supérieur. Linclémence de la température na pas refroidi lenthousiasme de nos aspirants, ni arrêté les exploits des joueurs de football.

    A Nogent-sur-Marne, le dimanche 9, Journée de Missions, par les PP. Gérard et Chambon ; projections et conférences se sont continuées soie à la rue Guynemer, soit à la Plaine-St-Denis le même jour.

    A lInstitut Catholique, cest le P. de Grangeneuve, S. J., qui a parlé des Missions des Indes, le jour de la fête de Saint François-Xavier, eLle 10 le P. Dusaussoy, O.M.I., des Missions de lAmérique du Nord. A notre crypte, ce jour-là même, réunion des Dames de luvre des Partants. Le P. Tour a encouragé ces Dames à développer leur uvre et fait valoir le travail des Religieuses missionnaires.

    Monseigneur a été absent toute la semaine. Le Petit Séminaire de Lannion, dont le Supérieur est le frère du P. Le Mercier, du Kientchang, lavait invité à présider sa grande fête annuelle et à parler des Missions aux élèves. Monseigneur est rentré le 14 pour présider le lendemain à une prise dhabit de huit postulantes, parmi lesquelles une de ses petites-nièces, chez les Petites-Surs de lAssomption.

    Le Père Garnier nous informe que lInduit pour les facultés de bénir croix, chapelets, scapulaires, etc. a été renouvelé pour six mois. Monseigneur renouvelle pour cette même période, la feuille de pouvoirs aux confrères qui lavaient reçue, à la date du 5 décembre 1922.

    1924/103-134
    103-134
    Anonyme
    France et Asie
    1924
    Aucune image