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Chronique des Missions et des Etablissements communs 12

Chronique des Missions et des Etablissements communs Tôkyô
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    Chronique des Missions et des Etablissements communs

    Tôkyô

    Comme nous lavions annoncé, le Concile Provincial des Missions du Japon sest ouvert le dimanche 5 octobre au siège métropolitain de Sekiguchi à Tôkyô. Mgr Rego, nayant pu quitter son Vicariat apostolique des Iles Mariannes et Carolines, sétait fait représenter par le P. Pons. Le R. P. Bertin, O. S. F., avait été également empêché de se rendre au Concile. Les Archevêques, Evêques, Vicaires et Préfets Apostoliques présents formaient, avec leurs consulteurs, un total de 31 membres. Les séances se sont déroulées depuis le 5 octobre jusquau dimanche 19 octobre. Les questions diverses étaient au préalable étudiées dans les réunions des Comités, et les propositions auxquelles on sétait arrêté étaient soumises par un rapporteur à chacune des séances du matin, où les membres du Concile étaient invités par Son Excellence le Délégué Apostolique à émettre librement leurs avis sur les points en question, ainsi que les propositions et suggestions particulières quils jugeaient convenables. Le résumé des débats était ensuite présenté aux réunions des chefs de missions chargés délaborer les statuts. Rien ne peut encore être publié concernant ces statuts, jusquà ce quils soient revenus avec lapprobation de Rome. La même réserve est également imposée pour tout ce qui touche aux débats des séances. Il est possible pourtant, croyons-nous, sans manquer à la discrétion voulue, de rapporter limpression générale de ceux qui ont participé au Concile : cest que les matières à traiter avaient été sérieusement préparées, et que les réunions ont été empreintes dun grand esprit de cordialité et dunion entre tous les membres.

    Les offices pontificaux qui ont eu lieu, dabord le 5 octobre, à louverture du Concile, puis le 12, second dimanche, le 17, à la Messe de Requiem dite pour les évêques défunts de la province, et enfin le 3e Dimanche, jour de la clôture, ont été particulièrement impressionnants. La foule des fidèles qui se pressait dans les nefs, la tribune, et jusque dans labside de léglise de Sekiguchi, navait jamais assisté au spectacle de telles pompes liturgiques, avec un si grand nombre dévêques et de préfets apostoliques portant la mitre, et une assistance aussi nombreuse de clergé.

    A loccasion du Concile, il sest tenu à Sekiguchi, le dimanche 19 octobre, une Assemblée plénière des catholiques du Japon, quun Comité central, présidé par lamiral Yamamoto, avait convoqués. Des représentants des postes et districts éloignés, même des Missions de lOuest et du Nord, avaient répondu à cet appel. A la séance qui sest tenue à 2 h. ½ de laprès-midi sur le vaste terrain de Sekiguchi, devant lestrade où avaient pris place NN. SS. les Evêques et Préfets Apostoliques, les missionnaires présents à Tôkyô et quelques notabilités civiles, parmi lesquelles les Ambassadeurs de France et dItalie, des adresses ont été lues en latin, en français et en japonais, pour témoigner à S. E. le Délégué, aux chefs de missions et aux missionnaires, la reconnaissance des chrétiens pour le dévouement de leurs Pères, leurs sentiments de fidélité au St-Siège et à la cause catholique, et leur bonne volonté pour aider de tout leur pouvoir au travail de lévangélisation. Monseigneur le Délégué a répondu en latin, et Monseigneur lArchevêque de Tôkyô en japonais. Un Salut du St.-Sacrement a suivi, et le soir une procession aux lanternes à la grotte de Lourdes a terminé les cérémonies religieuses.

    Le P. Delahaye, qui administrait le district de Shizuoka et quune santé depuis longtemps précaire avait forcé daller prendre quelques mois de repos dans le Nord, à la Trappe de Hakodate, en est revenu dans les derniers jours doctobre, dans un état qui paraît notablement amélioré.

    A Omori, près de Tôkyô, le P. Breton, grâce à laide fournie par quelques-unes de ses religieuses, qui ont pris leur diplôme dinfirmières, a pu ouvrir un petit hôpital, qui a été inauguré et bénit le dimanche 26 octobre par Mgr lArchevêque de Tôkyô.

    Nagasaki

    Au retour du Concile de Tôkyô, Mgr Combaz sest arrêté à Moji, Kokura, Fukuoka, pour y administrer la Confirmation. Le 26 octobre, à Kokura, 80 confirmands (dont 11 de Moji). Ma chapelle écrit le P. Bertrand, était plus que pleine : beaucoup de personnes durent rester au dehors. Cest regrettable, mais cela vaut mieux quune vaste église sans fidèles. Cest ainsi que je me console, en attendant que je puisse magrandir. La chapelle de Kokura, qui nest encore que provisoire, a déjà été agrandie récemment.

    Fukuoka possède une véritable église en briques, uvre du regretté P. Boehrer. Grâce au zèle du P. Joly, elle était à peu près remplie le soir du 26 octobre, pour la cérémonie où 30 néophytes reçurent le sacrement de Confirmation.

    Osaka

    Voici quelques chiffres extraits du compte-rendu de lexercice 1923-24

    Population totale 10.000.000
    Population catholique 4.298
    Adultes 117
    188
    in art. mort. 71
    Baptêmes 564
    Enfants de chrétiens 121
    376
    in art. mort. 255

    Confessions 28.053
    Communions 90.673
    2 Ecole de garçons 970 élèves
    6 Ecole de filles 1.350
    2 ouvroirs 75
    2 Orphelinats 83 enfants
    2 Salles dasile 262

    Cette année, les exercices de la retraite annuelle ont réuni, du 21 au 26 septembre, les missionnaires du diocèse dOsaka. La date dut en être avancée de quelques semaines à cause du prochain Concile qui devait souvrir à Tôkyô, le dimanche 5 octobre.

    Pendant la retraite, le 23 septembre, tombait le 25e anniversaire de lordination sacerdotale de S. G. Mgr Castanier, Evêque dOsaka. Cette fête de famille na eu que des proportions modestes. Mgr célébra une messe basse assisté par les doyens de ses prêtres. Lassistance se composait des missionnaires retraitants, des représentants des communautés religieuses et des paroisses dOsaka. Après la messe, les communautés religieuses dabord, et ensuite les fidèles vinrent présenter leurs vux à Sa Grandeur. A midi, un modeste repas réunit tout le clergé du diocèse, ainsi que les représentants des deux collèges tenus par les Frères Marianistes. A lheure des toasts, le P. Fage, Vicaire Général, se fit léloquent interprète des vux de tous et présenta à Sa Grandeur, sous une forme délicate et émue, les sentiments de filial respect qui se pressaient dans le cur de ses confrères. Un artiste photographe vint clore la fête en fixant sur ses plaques le souvenir durable de cette fête de famille.

    Notre Mission a peu dévénements à confier au cher Bulletin. Raison de plus pour profiter des moindres actualités.

    Disons donc dabord que le P. Bousquet, à Nishi-no-miya, est enfin installé chez lui. Ce confrère a passé là trois années logé à létroit, dans une petite maison de location, dont le loyer mensuel représentait une grosse somme. Je ne puis, dire au juste quel nombre de neuvaines il a faites à la Bienheureuse Thérèse et à quelques autres Saints du Paradis ; ce qui est certain, cest quil a été exaucé : il a trouvé un terrain convenable et pas trop cher, et nos braves Japonais ont fourni une bonne partie de la somme nécessaire pour lacheter. Puis, comme la Mission pouvait disposer des vieilles maisons en bois de lancienne Procure, on les a transportées sur ce nouveau terrain et remises sur pied. Cest ainsi que, fin septembre, le P. Bousquet a pu enfin sinstaller chez lui, pourvu de tout le nécessaire à un missionnaire au Japon : chapelle, salle de réunion., habitation tant pour lui-même que pour son personnel.

    Dans la ville dOsaka, au poste de Kitanô, le P. Geley, depuis Pâques, a connu, lui aussi, les tracas et les soucis dune nouvelle installation. Par suite des travaux dagrandissement de la gare centrale dOsaka, ce confrère sest vu obligé de quitter lemplacement quil occupait. Heureusement, après bien des recherches, il réussit à se procurer dans le même quartier, un terrain bien situé. Aussitôt, sans perdre de temps, il y a fait transporter sa chapelle, la salle de réunion, ainsi que sa maison dhabitation et celle de ses gens. Ses chrétiens, pour ce transfert, ont montré un dévouement qui permet de bien augurer de lavenir de ce poste.

    Pour que la chronique soit complète, disons encore que, sur linvitation du Ministère de lInstruction Publique, lUniversité Impériale de Kyôto a envoyé à lExposition Vaticane un fac-simile dune tombe chrétienne datant de lan 1600, ainsi que 40 photographies des reliques chrétiennes récemment découvertes par ses spécialistes dans la région de Kyôto.

    Le Ministère de lInstruction Publique a invité aussi les principales sectes bouddhiques dont la maison-mère est à Kyôto à envoyer à Rome des objets dart, des costumes portés par les bonzes dans les cérémonies, des collections de livres bouddhiques, etc. : plusieurs ont répondu à cette demande.
    On voit par là combien le monde japonais suit avec attention ce qui se passe au centre de la chrétienté.

    Seoul

    Deux nouveaux Pères américains (Maryknoll) et six religieuses sont arrivés pour la future Mission de Hpyeug-yang.
    Les caisses destinées à lExposition Vaticane et endommagées dans la traversée au Japon ont été ramenées à Seoul. Celles qui contenaient précisément les objets les plus rares et les plus précieux sont absolument, perdues. On réparera le désastre le mieux possible.

    Le Gouvernement général a accordé la personnalité civile aux Missions de Seoul, Ouensan et Hpyeng-yang.
    Cette année, la récolte de riz ne serait que de 12.550.250 koku (22.590.500 hectol.), soit 1/5 de moins que la moyenne.

    Taikou

    Au cours dune longue tournée de confirmation, Mgr Demange a béni, le 19 octobre, à Hanteul une église bâtie par le P. Barthélemy Ri, qui a su très bien aménager ce nouveau poste.

    Le P. Ferrand, chargé des chrétiens japonais disséminés dans toute la Mission, vient, lui aussi, de faire une tournée apostolique dun mois, dont il est revenu très satisfait.

    Mandchourie Méridionale

    Le P. Lecouflet vient de rentrer de France. Durant son long voyage il na rien perdu de sa bonne humeur, et, de son séjour au pays natal, il rapporte un bien encore plus précieux : une santé entièrement rétablie.

    On sest battu sur la frontière ouest de la Mandchourie. Notre Maréchal Tchang Tso-lin est, paraît-il, plein despoir en la victoire. Quen sera-t-il ?...

    Setchoan Oriental

    Extrait du Compte-rendu de lexercice 1923-23.
    Population totale (approximative) 15.000.000
    Population catholique 58.102
    Adultes 690
    3.200
    in art. mort. 2.510
    Baptêmes Enfants de chrétiens 2.137 12.199
    8.999
    in art. mort. 6.862
    Confessions 147.792
    Communions 300.040
    1 Grand-Séminaire 40 élèves
    1 Petit- Séminaire 67
    1 Probatorium 39
    1 Ecole secondaire de garçons 82
    6 Ecoles primaires supér. pour garçons 234
    6 Ecoles primaires supér. pour filles 482
    278 paroissiales 5.139
    3 Orphelinats 164 enfants
    4 hôpitaux : 2799 entrées ; 47.853 journées
    3 Dispensaires : 22.781 malades soignés.
    3 Hospices : 150 réfugiés.

    Thibet

    Le 21 septembre dernier, Mgr Giraudeau ordonnait notre 3e prêtre indigène. Le premier avait été ordonné en 1891 par Mgr Biet ; le deuxième en 1911.

    La ville de Taisienlou a été imposée dune contribution de guerre de 22.000 dollars, garantie par la douane du thé.

    M. Pear, attaché militaire à la Légation britannique à Pékin, muni dun passeport en règle, a pu faire une visite aux pays thibétains.

    Kientchang

    Le P. Sirgue, provicaire, souffre dune dysenterie qui menace de devenir chronique : il sastreint à un régime très sévère.

    SACRE DE Mgr RENAULT
    Suifu, 21 Septembre 1924.

    PP.
    Mansuy
    PP. Rochette PP. PP.
    Brotte Boissière
    P. Han J.Lou
    Mr Ho PP. PP.
    Off. Etat-Major,
    Ducotterd Vincent B. Ho
    Mr Pen Breuil
    Colonel
    Guyomard P. lou M. Ouang
    Mgr BOURGAIN Petit
    Puech Duffau T. Ou
    Mr Tang Lebreton
    Gén. de Brig
    Mr Kao Cambourieu L. Han
    Off. Etat-Major
    Mgr RENAULT Biron
    Mr Loui E. Yang J. Ouang
    Commt Garde Natle
    Mgr FAYOLLE P. Nien P. Ouang
    Mr Tseou P.Yu J. Ly
    Présid. Tribunal
    Mr Lieou
    Gén. de Div.
    P. Ly J. Ten M. Hiong
    Mgr ROUCHOUSE M. Ly
    J.-B. Yang Chinehole Couvet
    Mr Tsin J. Nien Valtat
    Colonel
    J.-B. Tchen B. Su J. Ouang
    Mr Houang S. Tang Masson
    Sous-préfet
    A. Che Pierrel Garrel
    Corfmat L. Ly
    M. Ly


    Yunnan

    Le 6 octobre, la résidence et lécole de Mosso-in ont été incendiées par les brigands. Le P. Piton, après les souffrances physiques et morales quil endure depuis 11mois, sera cruellement affecté par la nouvelle de ce désastre. Mosso-in était son uvre ; tout avait était construit par lui. La captivité de notre confrère se prolonge démesurément. Il est certain cependant que les troupes de Mo Yu-tin combinent leurs efforts avec celles du général Ly pour exterminer les pirates. Ceux-ci travaillent fort. Peut-être, se voyant perdus, veulent-ils faire le plus de mal possible avant de succomber. Cette situation ne laisse pas de nous causer de vives inquiétudes sur le sort de notre confrère.

    Kouytcheou

    La situation politique est toujours incertaine et le pays est aussi troublé que par le passé. Un de nos confrères annonce que les bandits lont condamné : ils lui ont écrit, quils allaient venir et que non seulement ils pilleraient léglise, mais tueraient tous ceux quils y trouveraient. La population est affolée. La garde nationale, qui devrait protéger le pays, a fui et le Père reste seul pour soutenir le moral de la population, aussi bien païenne que chrétienne.

    Et pour la guerre, il faut de largent, et le pauvre peuple est saigné à blanc.

    Kouangtong Occidental

    Notre région, si troublée auparavant, jouit dune tranquillité relative. Presque toutes les routes sont libres, et Mgr Gauthier a pu faire sans encombre une tournée dans son Vicariat et visiter Lingshan, le seul district quil ne connût pas encore.

    Dintéressantes cérémonies ont eu lieu dans la chrétienté de la Sainte-Trinité, les 5 et 6 octobre : première grandmesse dun nouveau prêtre originaire de ce district, érection dun beau chemin de croix, baptême dune cloche.

    Kouangsi

    De Hongkong les nouvelles sont satisfaisantes : létat de santé de Mgr Ducur sest amélioré sensiblement; le régime et le repos achèveront la guérison, et Dieu fasse que ce soit bientôt !

    Avant de quitter Nanning, S. G. a eu la consolation de conférer la prêtrise à trois diacres, ce qui porte à 13 le nombre de nos prêtres indigènes. Pour une population de 4.200 catholiques, c est probablement un record dont notre Mission peut être fière.

    Haut Tonkin

    Nous avons été pendant quelque temps sérieusement inquiets au sujet de notre cher doyen, le P. J.-M. Robert, quun long séjour à Lao-Kay avait profondément anémié. Atteint dune phlébite, il dut descendre à Hanoi et entrer à la clinique Saint-Paul dans un état de faiblesse extrême. Grâce à Dieu et aux soins éclairés dont il fut lobjet, il se remit assez vite et se hâta plus tôt quon ne laurait voulu, de regagner son lointain poste.

    La chrétienté de Phu-Lao, sur la rivière Noire, est tout à la joie de voir terminer la construction de sa nouvelle église. Il ny a là rien que de très ordinaire ; mais ce qui est extraordinaire, cest lévénement qui a nécessité cette construction. Le 8 février 1923, jour dexposition du Saint-Sacrement, les fidèles étaient venus en très grand nombre, même des villages voisins, faire leurs heures dadoration. Le soir, un salut solennel clôturait cette pieuse journée, et léglise était comble. A peine la foule se fut-elle écoulée et, après avoir tout remis en ordre, le servant eut-il fermé les portes, que léglise seffondra subitement. Toute la charpente était rongée par les fourmis blanches. Cinq minutes plus tôt, ceût été une véritable catastrophe et le nombre des victimes eût été considérable. Mais Dieu veillait sur ses enfants, et ils ont voulu lui témoigner généreusement leur reconnaissance.

    Tonkin Maritime

    A la fin doctobre, nous avons eu la joie de revoir parmi nous le vaillant P. Soubeyre. En 1923, à la suite dune grave maladie, il était allé, après 31 ans passés au Tonkin, demander à lair du pays natal de lui rendre la santé. Il nous est revenu assez bien remis et a rejoint aussitôt son ancien poste de Quang-Phuc. Ses ouailles, néophytes pour la plupart, lui ont fait une magnifique réception : depuis les extrêmes limites de son district jusquà sa résidence, le Père a dû marcher précédé dun long cortège de drapeaux, de clairons, tambours et autres bruyants instruments de musique ; les païens eux-mêmes voulurent être de la partie et vinrent nombreux fêter le retour du missionnaire.

    Le bateau qui ramenait le P. Soubeyre au Tonkin y amenait aussi cinq religieuses de lInstitut des Filles de Notre-Dame des Missions. Jusquici nous navions que les Surs de Saint-Paul de Chartres, qui, avec un dévouement au dessus de tout éloge, se dépensaient dans nos hôpitaux, dispensaires, orphelinats, etc. Malheureusement, par suite du manque de personnel, elles ne pouvaient plus que fort difficilement répondre aux demandes des Supérieurs de Mission de renforcer les uvres déjà existantes ou den créer de nouvelles ; elles durent même fermer quelques maisons, comme celle de Ninh-Binh en 1920.

    Dans ces conditions les Missions du Tonkin se sont vues dans lobligation de faire appel à une autre Congrégation. Les recherches demeurèrent longtemps infructueuses, car partout on souffre de la crise des vocations. Enfin notre dévoué représentant au Conseil Central, le P. Jaricot, sadressa à lInstitut des Filles de N.-D. des Missions, fondé à Lyon en 1861. Là comme ailleurs on était gêné par la pénurie de personnel ; néanmoins la Supérieure Générale voulut bien accepter dapporter aux Missions du Tonkin laide demandée, et cest Phat-Diem qui reçoit les premières envoyées de Marie.

    Comme lindique leur nom, les Filles de N. -D. des Missions sont essentiellement missionnaires. Larticle 1er de leurs Constitutions dit que leur but premier est daider à lextension du règne divin dans les âmes, en se dévouant à linstruction et à léducation chrétienne des jeunes filles et des femmes, surtout dans les pays infidèles et hérétiques. Et larticle II ajoute : Elles accepteront... comme but secondaire... dautres uvres de charité, comme ouvroirs, providences, etc... et se chargent encore, principalement aux pays de Mission, de la visite et du soin des malades pauvres.

    Bien que de fondation récente, cet Institut compte déjà 600 membres et possède des établissements en Angleterre, en Suisse, au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande et aux Indes. Linique loi de 1901 la obligé à transporter sa Maison-Mère en Angleterre (Old London Road, Hastings, Sussex).

    Dès leur arrivée à Phat-Diem, les cinq nouvelles missionnaires se sont mises à létude de la langue du pays, comme lordonne larticle VII de leurs Constitutions. Toutes sont heureuses de se trouver au Tonkin, terre arrosée du sang des Martyrs, parmi lesquels lune dentre elles a le bonheur de compter un parent, le Bx Jean-Louis Bonnard (1824-5852), dont elle conserve précieusement une lettre autographe.

    Que Notre-Dame des Missions comble ses Filles de bénédictions et leur donne de faire ici beaucoup de bien !

    Cochinchine Orientale

    Le 14 septembre a eu lieu la bénédiction de la nouvelle église de Tourane. Mgr Allys, invité par Mgr Grangeon, a procédé à la cérémonie. Le P. Vallet jouissait à bon droit de son uvre, menée à bonne et prompte fin malgré dinnombrables difficultés.

    Mgr Grangeon est rentré le 16 septembre de sa tournée dans les provinces de Quang-ngai et Quang-nam, durant laquelle il a administré 3.734 confirmations.

    A Gia-huu (Binh-Dinh) le P. Le Darré a achevé de couvrir sa nouvelle église ; la couverture est en fibrociment, ce qui est une innovation dans notre Mission.

    Le progrès religieux continue dans la partie bahnare de notre Mission : elle a envoyé déjà 19 élèves dans nos séminaires et 3 autres sont au Collège de Penang. De plus, le noviciat récemment fondé à Go-thi, en Annam, compte déjà 9 postulantes de Kontum. Pour nos petites Bahnars, écrit le P. Kemlin, le sacrifice a été dur. Il faut avoir vécu dans ce pays pour comprendre combien ces enfants de la forêt aiment leurs bois, leurs ruisseaux, leurs clairières, quelles sont habituées à parcourir en chantant, à la recherche des herbes ou du menu fretin qui assaisonnera le repas quotidien. Sacrifier cette joyeuse existence au grand air pour aller senfermer dans un pays tout différent, avec des compagnes dune autre race naturellement antipathique, était pour elles dautant plus dur que jamais pareil geste navait été tenté par aucune jeune fille. Ces enfants résisteront-elles à la terrible crise de nostalgie qui les a saisies à leur arrivée ?... Le seul fait davoir accepté de sen aller à 300 kilomètres de chez elles démontre lemprise que la foi a déjà sur ces rudes natures. Les jeunes gens sont bien restés au séminaire, pourquoi ne réussirions-nous pas aussi de notre côté ? disaient-elles en partant. De tels sentiments donnent confiance en lavenir.

    Cochinchine Septentrionale

    De quoi parler aujourdhui, si ce nest du typhon et de linondation des 23 et 24 octobre ? Grâce à Dieu, nous navons pas été aussi éprouvés que notre bonne vieille maman de Qui-Nhon. (Quelle veuille bien recevoir ici lexpression de nos filiales et respectueuses condoléances!) ; cependant, dans certaines parties de notre Vicariat, surtout dans la région montagneuse du Dinh-Cat, linondation, une des plus fortes quon ait jamais vues, a causé bien des dégâts. Les communications entre Hué et Tourane nont pas été interrompues ; mais la ligne de chemin de fer de Hué à Quang-Tri a été sérieusement endommagée. Pendant une dizaine de jours, les trains nont pas circulé entre ces deux villes ; les sacs postaux étaient transportés par des coolies réquisitionnés par lAdministration. On se serait cru revenu à 20 ans en arrière !

    A cause de ce mauvais temps, le jeune Père Lassalmonie na pu aborder à Qni-Nhon. LOrénoque, sur lequel il sétait embarqué à Saigon, a filé directement vers Tourane et est entré dans ce port non sans difficulté. Cela nous a valu, le plaisir de voir à Rué le nouveau confrère de la Cochinchine Orientale.

    La Direction de lEnseignement en Annam soccupe de préparer un règlement dadministration pour les établissements scolaires privés. Le but de cette réglementation est dempêcher toute propagande religieuse et politique de létranger. Plaise à Dieu que nos écoles et séminaires nen souffrent pas trop!

    Malacca

    Extrait du compte-rendu de lexercice 1923-24.

    Population totale (approximative) 3.500.000
    Population catholique 45.637
    Adultes 473
    1.168
    in art. mort. 695
    Baptêmes 4.740
    Enfants de chrétiens 1.958
    3.572
    in art. mort. 1.614
    Confessions 204.064
    Communions 545.605
    35 Ecoles de garçons 6.928 élèves
    16 Ecoles de garçons 4.905 élèves
    27 Orphelinats 1.277 enfants

    Deux églises du district de Perak, Saint-Michel dIpoh et Saint-Louis de Kota, viennent de senrichir chacune de trois cloches, qui appelleront désormais à la prière les fidèles européens, eurasiens, chinois et indiens de ces paroisses : puissent-ils répondre toujours fidèlement à leur appel !

    S. E. Mgr dOliveira Xavier, Patriarche des Indes Orientales et Archevêque de Goa, a passé quelques jours à Singapore et à Malacca, en compagnie de Mgr da Costa Nunez, évêque de Macao. On sait que le diocèse de Macao a deux paroisses de Portugais en Malaisie : lune à Singapore, lautre à Malacca.

    Birmanie Méridionale

    Le P. Joseph Mourlanne a dû, sur lavis des docteurs, quitter lhôpital de Rangoon pour celui de Maymyo (Birm. Septentr.). Linflammation refusait de disparaître. Le climat du nord a produit leffet désiré et notre confrère jouit maintenant de lhospitalité du P. Jarre, qui nous le rendra, la convalescence terminée.

    Il semble y avoir une crise de vocations chez nos religieuses Cariannes ; il ny a eu, cette année, aucune prise dhabit. Le Gouvernement offre aux maîtresses diplômées des appointements assez tentants. Les parents, très intéressés, exigent de leurs filles qui voudraient se faire religieuses quelles prennent dabord leur brevet de maîtresse décole et quelles enseignent quelques années pour rembourser les dépenses faites pour elles (Notez bien que nos écoles, soit primaires, soit normale, sont gratuites). Après que tu nous auras aidés pendant trois ou quatre ans, tu pourras te faire religieuse. La pauvre jeune fille part donc prendre du travail, et hélas ! Bientôt surgit le Prince Charmant (ou non) ; sil ne surgit pas assez vite, les parents y mettent au besoin la main, et cen est fait de la vocation.

    Nos prêtres indigènes ont eu leur retraite : sauf trois, tous étaient présents, au nombre de 25. Ils sont repartis dans leurs postes pour permettre à nos confrères de venir à leur tour, le 12 novembre, se retremper dans les exercices spirituels.

    Birmanie Septentrionale

    On a enfin osé larrêter et le condamner, le bonze bolcheviste U-Ottama ! Lair frais et humide de la prison de Rangoon ne pourra que rafraîchir ce petit cerveau surchauffé de théories malsaines. En égrenant les 108 grains de son chapelet bouddhique, il aura le temps de réfléchir sur les 108 différentes espèces danimaux vivants il doit être du nombre, sujets à la loi éternelle énoncée par son Gaudama.

    Le P. Accarion a, comme Cincinnatus, laissé la charrue, non pas pour être fait dictateur, mais pour prendre la plume. Son Histoire de Notre-Dame de Lourdes en birman un fort volume de 400 pages, est sous presse. Quantum mutatus ab illo ! Il possédait autrefois à Bhamo, la plus considérable écurie de buffles de tout le district, et, à lépoque des labours, enfoncé dans la boue jusquaux genoux, la main à la solide charrue venue de France, à chaque concours agricole elle emportait le premier prix, défrichait les plaines du Taping. Il est devenu aujourdhui le distingué et apprécié aumônier des Surs de la Léproserie, des novices, des postulantes, des nombreux enfants de létablissement. Sermons, conférences, instructions, retraites, catéchismes, composition de cantiques (on laide un peu pour la musique), rien ne larrête et, comme jadis, il trace de larges sillons, semant chez tous le bon grain. Et il trouve encore-le temps décrire un beau livre. Espérons que ce ne sera pas lenfant unique de son fécond cerveau !

    Le manque de missionnaires oblige Mgr Foulquier à faire lui-même la visite des postes du regretté P. Remandet : pour la deuxième fois S. G. rentre de ce voyage.

    Laos

    Cest par erreur que, dans son numéro dOctobre, le Bulletin a compris le Vicariat du Laos parmi les Missions dIndochine qui doivent prendre désormais le nom de la ville où réside le Vicaire Apostolique. Il ne change pas de nom et reste toujours Mission du Laos.

    Coïmbatour

    Parlons un peu de Gandhi puisque tous les journaux de lInde en parlent. M. Gandhi, qui a lu lEvangile, dit : Cherchez dabord lunion entre Hindous et Mahométans, et tout le reste vous sera donné par surcroît. Pas dautonomie possible sans union. Dans le but de mériter par la pénitence et la prière cette union sacrée quil na pu obtenir par ses discours, ce patriote idéaliste sest imposé un jeûne rigoureux de 21 jours. Du 18 septembre au 9 octobre il a donc jeûné à leau et filé du coton une demi-heure par jour. Les journaux indiens ont fait beaucoup de bruit autour de ce jeûne, qui na rien dévangélique. Le Métropolitain anglican, pensant que M. Gandhi filait du mauvais coton, na pas dédaigné de lui écrire pour lui conseiller de ménager sa santé et de rompre son jeûne. Rien ny a fait. Gandhi, assisté de deux médecins, a tenu bon ce qui na pas empêché les rixes sanglantes de continuer en plusieurs endroits entre Hindous et Mahométans.

    Le 10 octobre, le Gouverneur de Madras fit une courte visite à Coïmbatore et posa la première pierre du réservoir qui, dans cinq ou six ans, donnera à la ville leau pure et la santé. Les water works coûteront 41 lakhs de rupees ; ce nest pas trop cher si, grâce à cette bonne eau, la ville est enfin délivrée des germes de choléra, de typhoïde, de dysenterie et autres microbes malfaisants.

    Le même jour, Son Excellence le Gouverneur inaugurait lécole de médecine, qui a été transférée de Calicut à Coïmbatore. Ainsi notre vieille ville se modernise peu à peu ; il ne lui manque plus guère que la lumière électrique qui, elle aussi, lui sera bientôt donnée. Puisse, avant tout, la lumière de la Foi léclairer et projeter ses rayons salutaires dans le palais du riche comme dans la chaumière du pauvre.

    Le P. Tournier a quitté les Nilgiris pour les Anamalais, où il va fonder un nouveau district. Il sest fixé à Valparai, centre et chef-lieu de ces montagnes. De là il a à visiter au moins 30 plantations de thé, de café et de cardamôme, situées à de grandes distances les unes des autres. Il y a aux Anamalais 22000 habitants, dont 2000 chrétiens environ. Jusquici le prêtre en résidence à Pollachi visitait de temps en temps ces montagnes lointaines. Le nombre des chrétiens ayant augmenté beaucoup dans ces dernières années, il a été nécessaire dy fonder un nouveau district. A part un presbytère chapelle, bâti il y a quelques années par le Père Tignous à Valparai, tout est à faite. Les planteurs soucieux de la santé de leurs coolies dans ces régions en défrichement et exposées à la malaria, ont fondé 5 hôpitaux et 8 dispensaires. Le zèle du Père Tournier y pourvoira aux besoins des âmes.

    Les PP. Guibal et Critenat sont revenus de France en meilleure santé. Le Père Beyls, dont les forces ne répondaient plus au dévouement, a quitté, bien à regret, lécole industrielle pour aller demander au pays natal le repos et la santé.

    Rome

    A la Procure les agrandissements et constructions sont en progression lente, mais sûre. A cause de ces réparations, le P. Garnier na pu quitter Rouie cette année.

    Au 1er octobre 600 caisses étaient déjà arrivées de nos Missions pour lExposition Vaticane. Linstallation a commence à cette-époque.

    Montbeton

    Le P. Vey, missionnaire de Malacca, a rendu sa belle âme à Dieu. Cétait le second séjour quil faisait au Sanatorium, où déjà il avait été soigné, il y a 15 ans, pour la même maladie (sprout). Le jour de la fête de N.-D. des Sept-Douleurs, il demanda lui-même les derniers sacrements ; tous les confrères, réunis autour de lui, furent profondément édifiés de lentendre répondre aux prières. Dès ce moment ce ne fut chez lui, nuit et jour, que des aspirations ardentes vers la mort et vers le ciel. Il eut la consolation de voir à son chevet sa vieille mère et ses deux frères : les adieux furent touchants. Il mourut le 24 septembre à 1h. ½ de laprès-midi. Le P. Auriol, de la même Mission de Malacca, présida les funérailles.

    Dormans

    Le 26 septembre, clôture de la retraite au Noviciat, le Fr. Jean Banet a fait ses premières promesses. Ce fut loccasion dune charmante fête tout intime. Mgr le Supérieur, après avoir dit la messe de communauté, adressa la parole aux assistants. Le départ du Fr. Banet a réduit la communauté à 6 novices, dont le dernier envoyé par le P. Faivre, est arrivé le jour même de la clôture de la retraite.

    Séminaire de Paris

    La retraite de rentrée sest clôturée le 20 septembre par la cérémonie de lordination. Mgr le Supérieur a conféré la prêtrise à un diacre dArras ; quatre de nos aspirants ont reçu le sous-diaconat, neuf les ordres mineurs, un autre la tonsure.

    Le 22, cérémonie traditionnelle au jardin et à la chapelle à loccasion du départ des 7 nouveaux missionnaires. Le P. Gérard a fait un commentaire éloquent du texte de S. Paul : Dominus autem dirigat corda vestra in canritate Dei et patientia Christi (II Thess., III, 5). Parmi lassistance nombreuse, émue, sympathique, se trouvait Mgr Ajnti, Minutante de la Propagande, bien connu à notre Procure de Rome et qui avait été une quinzaine de jours lhôte du Séminaire. Le lendemain, eut lieu le pèlerinage à N.-D. des Victoires et la reprise des cours. Nos partants se trouvaient heureusement à Marseille quand la ligne fut coupée par linondation dans le département de Vaucluse. Le départ de Marseille a eu lieu le jeudi 25.

    Sur linvitation de Mgr Lecomte, Monseigneur et le Père Chambon, bénéficiant de lexcellente hospitalité de la famille de Mme Prévost, présidente locale de luvre des Partants, ont assisté, les 23 et 24, au 44e Congrès annuel de lUnion des uvres Ouvrières Catholiques à Amiens.

    Mgr Chapuis est allé à St-Didier (Vaucluse) suivre un traitement spécial.

    Le P. Mollat est reparti pour Rome. Les PP. Riouffreyt et Flachère lui prêtent un utile concours pour les préparatifs de lExposition.

    Deux nouvelles admissions : MM. Hougard (Cambrai) et Perrin (Vannes).

    Le Fr. Pierre, atteint de hernie crurale étranglée, a été transporté durgence à lHôpital St-Joseph le 3 octobre et opéré le soir même. Le 12, il rentrait à la rue du Bac, heureusement guéri.

    Mgr Quinton est décédé à Bièvres le 4 octobre, vers 6 h. ½ du soir, après une très courte agonie et gardant sa connaissance jusquau dernier moment.

    Ce même samedi, jour consacré à Marie, Sa Grandeur avait elle-même demandé les prières de la recommandation de lâme ; elles furent dites vers deux heures en présence de sa nièce, Sur Fernande Quinton, de la Charité dEvron, de tous les Pères du Séminaire et de plusieurs aspirants. Le pieux malade répondait aux prières avec ferveur. Le lundi précédent, il avait reçu les derniers sacrements dans les dispositions les plus édifiantes.

    Le mercredi 8 octobre, les deux Séminaires se trouvaient réunis à Bièvres pour les funérailles. Mgr le Supérieur célébra la messe de Requiem, précédée de loffice des morts. La levée du corps fut faite par le P. Parmentier, et la conduite au cimetière par le P. Bernat, tous deux condisciples du vénéré défunt. Assistaient à la cérémonie : Mgr Descamps, Président du Conseil Central de Paris de la P. F., le chanoine Gaudron, supérieur des Surs de St-Paul de Chartres, tous les Pères de lAdministration Centrale et du Séminaire et plusieurs confrères de passage à Paris ou même venus spécialement. Parmi les nombreux fidèles de lassistance, nous devons citer le docteur Angier et M. Mayer, ancien maire de Saigon.

    La dépouille mortelle du Vicaire Apostolique de Saigon repose maintenant dans le cimetière du Séminaire de lImmaculée-Conception, auprès des PP. Favreau, Metge, Armbruster, Rousseille et Mollard.

    Le lendemain, tandis que la communauté prenait à Meudon le congé de la semaine, vive alerte à Paris vers 14 heures. Un incendie éclatait au 3/25, durant une courte absence du vénérable occupant. Prévenu aussitôt, lagent de police se hâte, les pompiers alertés accourent, mais déjà les PP. Boulanger et Lefèvre sont a et le feu est éteint. Ce fut si vite fait que de proches voisins du nº, où une fuite de gaz sétait produite, ne connurent le danger quen voyant repartir deux à deux et au pas les vigilants pompiers.

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    1924/793-811
    793-811
    Anonyme
    France et Asie
    1924
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