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Chronique des Missions et des Etablissements communs 10

Chronique des Missions et des Etablissements communs Tôkyô
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    Chronique des Missions et des Etablissements communs

    Tôkyô

    Le 1er septembre, lanniversaire de leffroyable désastre de lan dernier a été célébré dans les paroisses et communautés de Tôkyô et Yokohama par des messes et services à lintention des victimes de la catastrophe. A Yokohama le Consulat avait demandé une messe de Requiem pour les 21 membres de la colonie française (y compris les PP. de Noailles et Lebarbey, ainsi que les religieuses françaises) qui avaient trouvé la mort dans le cataclysme. Mgr lArchevêque de Tôkyô a tenu à donner une marque de sympathiques condoléances à la colonie française en venant célébrer lui-même cette messe. A 11 h. ½ une cérémonie réunissait au cimetière plusieurs centaines de personnes venues rendre hommage à la mémoire des résidents étrangers morts dans la catastrophe. Après les prières dites par un évêque anglican et un pasteur méthodiste pour leurs coreligionnaires Mgr Rey récita les prières liturgiques pour les victimes catholiques de la colonie étrangère, et, après un discours du Consul Général dAngleterre, fut invité à donner sa bénédiction.

    Tant à Tôkyô quà Yokohama, durant tout le cours de la journée, des services ont été célébrés dans les principaux temples bouddhiques ou shintoïstes ; 40 bonzes chinois se sont même rendus au japon pour y assister. Une cérémonie solennelle a eu lieu en particulier sur le terrain de lintendance militaire du quartier de Honjo, où 33.000 réfugiés furent dévorés par le feu. Les notabilités du Gouvernement et du Corps diplomatique, notamment M. Paul Claudel, y assistaient. Le Gouverneur de Tôkyô a remercié de nouveau les nations étrangères pour la sympathie et laide généreuse quelles ont apportées au Japon dans sa terrible épreuve.

    On peut être frappé des progrès réalisés pour la reconstruction de Tôkyô et de Yokohama et de leffort fait pour le relèvement industriel et commercial des régions dévastées. Néanmoins il y a lieu de prêcher au peuple le retour aux habitudes déconomie et de vie simple : cest ce que na pas manqué de faire le Gouvernement à loccasion du triste anniversaire.

    Le Gouvernement japonais, ému des bruits qui circulent, attribuant à des représailles contre les Etats-Unis la lourde taxe dont sont frappés les objets de luxe, particulièrement de provenance étrangère, proteste que cette loi a été portée :

    1º pour faire revenir les Japonais de leurs habitudes de luxe ;
    2º parce que la vie est devenue plus chère, largent étant plus rare ;
    3º parce que le taux du change est en baisse ;
    4º parce que les importations dépassent les exportations ;
    5º parce que la situation financière du Japon est mauvaise.

    Une sorte de maladie du sommeil sest déclarée dans certains départements. Les cas sont encore peu nombreux, mais, dans la préfecture de Yamaguchi, par exemple, sur 172 cas il y a eu 130 morts. On cite une fillette de Fukuoka, atteinte de la méningite cérébro-spinale en cause, qui aurait dormi durant 13 jours. A Tôkyô et dans les environs, il ny a encore que des cas isolés.

    Nagasaki

    Dans nos vieilles chrétientés le temps des vacances (juillet-août) est un temps de in labore requies ; car nos confrères profitent de la liberté des enfants, délivrés des exigences de lécole, pour préparer plus à laise les confessions, premières-communions et confirmations.

    Le P. Halbout vient de bâtir une petite chapelle dans lendroit même où réside le chef des trop nombreux séparés que compte encore notre Mission, cest-à-dire des descendants danciens chrétiens non encore revenus à lEglise de leurs ancêtres. Puisse la vue de cette chapelle, que Mgr Combaz a voulu bénir lui-même contribuer à leur dessiller les yeux et à les ramener au bercail du bon Pasteur.

    Au commencement daoût 22 religieuses japonaises du Saint-Enfant Jésus de Chauffailles étaient réunies à Nagasaki pour leur retraite annuelle. A la clôture de ces exercices, trois professes prononcèrent leurs vux perpétuels et deux postulantes prirent lhabit religieux.

    A la même époque le P. Lemarié, Vicaire Général, en dépit des chaleurs et des fatigues dun long voyage, allait bénir une église bâtie par le vaillant P. Bonnet sur les hauteurs de Yamano, dans le district de Hirado.

    Seoul

    Les Surs coréennes de la Congrégation de S.-Paul de Chartres ont eu leur retraite annuelle du 18 au 22 août : elle a été prêchée par le P. Antoine Gombert. Le jour de la clôture Mgr Devred a présidé la cérémonie de prise dhabit de 6 postulantes.

    Mgr Giardini, Délégué Apostolique, est arrivé à Seoul le 2 septembre au matin. Le programme de la visite de Son Excellence est le suivant : du 2 au 12, mission de Seoul ; du 12 au 19, mission de Ouen-San ; le 20, visite du Séminaire de Ryong-san ; le 21, office pontifical à la cathédrale de Seoul ; le 22, réunion des Evêques de Corée sous la présidence de Mgr le Délégué ; le 24, départ pour Taikou.

    La récolte de lannée est bien compromise, sinon totalement perdue, par suite dune sécheresse prolongée. Le prix du riz augmente de jour en jour. Aussi les Coréens émigrent-ils de plus en plus nombreux au Japon. Durant le seul mois de juillet dernier, il y a eu 19.000 émigrations contre 5.817 retours. Mais comme les affaires sont plutôt dans le marasme au Japon et que le nombre des chômeurs y croît chaque jour, ce nest guère quun dixième des Coréens émigrés qui puisse trouver un emploi : les autres reviennent déçus ou sont réduits à mendier.

    Le commerce de lopium semble se développer en Corée. En nombre dendroits le pavot est cultivé subrepticement, Dernièrement un gros scandale a éclaté à Seoul : plus de 40 Chinois entre metteurs dans la vente frauduleuse de lopium ont été arrêtés.

    Taikou

    S. E. Mgr Giardini, Délégué Apostolique, est arrivé le 1er septembre au soir à Fusan, où il a été reçu par Mgr Demange et Mgr Devred, venu exprès de Seoul. S. Exc. a pris le premier train pour Seoul et ne visitera notre Mission quà la fin du mois.

    Daprès les prévisions officielles la récolte de riz en Corée sera, cette année, de 20 millions de koku (36 millions dhectol.) inférieure à celle de lannée dernière.

    On signale depuis quelque temps une augmentation du nombre de suicides chez les Coréens, probablement par suite de la misère.

    Mandchourie Méridionale

    Le Frère Florent est revenu parmi nous avec deux auxiliaires chinois, les Frères Léon et Berchmans. Tous deux parlent bien le français. Les missionnaires, heureux de larrivée de ces nouveaux renforts depuis longtemps désirés et attendus, leur adressent les meilleurs vux de prompt et plein succès.

    Le P. Sage a transmis au Fr. Florent la direction de lEcole et a été nommé au district de Kaoshantoun, beau poste dans les montagnes de lEst, où son zèle trouvera un large champ daction. Il y succède au P. Pollet, parti pour demander à lair natal un renouveau de forces et de courage.

    Mandchourie Septentrionale

    Le 20 août Mgr Gaspais a eu la joie de bénir loratoire de Eul-chen-ou-hao, à mi-chemin entre Harbin et Changchun. Cest Monseigneur lui-même qui, il y a trois ans, avait jeté les fondements de cette jeune chrétienté, laquelle sest si bien développée quon y voit maintenant une résidence avec chapelle, écoles, etc. et que, à loccasion de la bénédiction de ces bâtiments, les païens rivalisèrent de zèle avec les chrétiens pour manifester à lEvêque leur joie de voir que le Seigneur du ciel avait enfin dans leur village un temple digne de son nom. Cela fait bien augurer de lavenir et permet despérer que les fidèles de Eul-chen-ou-hao ne cesseront de croître en nombre et en ferveur.

    Setchoan Méridional

    La cérémonie du sacre de Mgr Renault, Evêque élu dAntiphres et Coadjuteur de Mgr Fayolle, est fixée au dimanche 21 septembre, fête de saint Matthieu, Apôtre et Evangéliste.

    Thibet

    Depuis le mois de janvier le P. Nussbaum est à laffût dune occasion pour rendre visite à son voisin de Yerkalo ; mais sortir de Patang et saventurer sur les chemins sans une escorte respectable serait extrêmement dangereux.

    Le P. André a invité les confrères du voisinage à venir fêter le 25e anniversaire de la fondation par le P. Genestier du poste de Bahang. A cette époque, dans toute la vallée du Loutsekiang, on naurait pas trouvé 10 chrétiens : ils sont actuellement plus de 800. Nos plus sincères félicitations au Patriarche du Loutsekiang !

    A cause des Grands-Lamas redevenus menaçants, le P. Goré a dû renoncer à quitter Yerkalo pour se rendre à Tsekou et Bahang. Le peuple des salines, le couteau sous la gorge, sépuise à faire sortir de terre la somme exorbitante exigée par le Kiangka-Lama et consorts.

    La presse chinoise fait actuellement grand bruit autour du Panchan-Lama, qui, lhiver dernier, senfuit du Thibet et dont la présence est signalée dans le Kansiou. Le gouvernement chinois cherche à lattirer à Pékin et se prépare déjà à ly recevoir avec tous les honneurs dus à son rang. Il est probable que le Lama, en diplomate avisé et en personnage qui a conscience de sa dignité, sous le prétexte déviter les chaleurs estivales de Pékin, remettra sa visite à lautomne, ce qui lui permettra de tâter le terrain et de visiter les principaux centres lamaïstes de Konbounm, Lhabrang, Outaichan, voire même de se rendre à Ourga, quon dit être le but de son voyage.

    Le Panchan ou Tashi-Lama est, au point de vue religieux, légal du Dalai-Lama de Lhassa. Daprès les uns, il est la réincarnation dAmitâbha ; daprès les autres, il est lavatar dun des deux principaux disciples de Tsongkhaba, le réformateur du lamaïsme. Le dogme bouddhique ne soppose pas, du reste, à ce quil soit lun et lautre à la fois. Son titre chinois de Panchan caractères chinois répond exactement à son titre indo-thibétain de Panchen ou de Grand Pandita, et le terme Chan caractères chinois, qui signifie contemplation, illumination, rappelle que Amitâbha est le Bouddha de la contemplatlon (Dhyani Bouddha) du Bouddha humain Chakia-mouni. Les Mongols vénèrent le Panchan sous le nom dErdéni, qui signifie précieux, tout comme lépithète de Rinebokié que les Thibétains ajoutent à son titre de Panchan.

    Quand le Panchan-Lama est plus âgé que le Dalai, ce qui nest pas le cas actuellement, il joue envers ce dernier le rôle de tuteur ou précepteur, intronise son pupille, lordonne Guélong ou prêtre de léglise lamaïste. Le Panchan actuel, qui a près de 10 ans de moins que le Dalai, nen porte pas moins le titre de Guru, qui rappelle au Dalai quen sa qualité de réincarnation dAvalokitesvara, il est le fils spirituel dAmitâbha, dont le Panchan est la réincarnation.

    Au civil, le Panchan-Lama gouverne la province indépendante du Tsang que les Chinois appellent Heou-Tsang ou Thibet Postérieur, par opposition au Thibet Antérieur dont le Dalai est le chef. La capitale du Thibet Postérieur est Shigatsé, et le centre du gouvernement est la grande lamaserie voisine de Tashi ou Tckrackilhumbo. A loccasion de ce voyage est-il besoin de rappeler quun des prédécesseurs du Panchan fut jadis lhôte de lempereur Khien-long et mourut à Pékin en 1779. Un monument qui se dresse dans lenceinte du Sihouangse consacre sa mémoire.

    Le gouvernement chinois, qui de temps à autre est pris dun louable zèle pour la cause de lintégrité de son territoire, se propose, dit-on, de remettre en discussion la question thibétaine. Il nest pas besoin dêtre grand clerc pour en prédire linsuccès ; car, dune part, la Chine nacceptera pas les frontières telles quelles furent fixées en 1918, et, dautre part, elle nest pas en état dappuyer ses revendications par les armes,

    Le Commissaire des Marches thibétaines du Setchoan, qui avait annexé à son fief tout lancien circuit du Kientchang, est menacé de le perdre. Il est rentré à Tatsienlou dans les derniers jours de mai et se proposait daller à Pékin exposer la situation et protester contre ce quil appelle les empiètements de son compétiteur Lieou Iu-kieou. Il vient de communiquer aux étrangers la teneur dun télégramme quil adresse au Ministère des Affaires Etrangères, dans lequel il rend son rival responsable des pertes que pourraient subir les Missions.

    Kientchang

    La lutte continue entre les partisans de Tchen Hia-lin et ceux de Lion Yu-kiu. Ces derniers, à Yuehi, renforcés dun millier de Lolo, ont pillé une douzaine de caisses dargent et dopium destinées à Tchen Hia-lin ; après quoi ils se sont retirés dans les montagnes, attendant loccasion dun nouveau coup.

    Dans le Yenpien, les deux partis se sont livrés des combats acharnés pendant près dun mois : les troupes de Liou Yu-kiu, après avoir tenu jusquau bout et brûlé leurs dernières cartouches, ont dû céder au nombre et battre en retraite.

    La paix ne semble pas prochaine, hélas !...

    Yunnan

    Mgr de Gorostarzu, jugeant que le temps est venu de placer nos PP. Bétharramites dans la région qui doit être leur future Mission et sinspirant dune proposition de Mgr le Supérieur de la Société, leur a confié la ville de Tali-fu et les 6 sous-préfectures voisines. Le P. Etchart est parti déjà pour faire connaissance avec les chrétientés des districts cédés, en attendant que, vers la fin de cette année, la séparation devienne un fait accompli, lequel est subordonné cela va sans dire, à lapprobation de la S. C. de la Propagande.

    Comme il a été annoncé, le Maréchal Tang Ki-yao a dirigé sur Tali le 2e régiment de sa garde, sous le commandement du général Mo Yu-tin. Ces troupes devaient, dans le délai dun mois à dater de leur arrivée à Tali, délivrer le P. Piton des mains des brigands, Parti de Yunnansen le 2 août, le régiment devait être à Tali vers le 25 du même mois, et depuis lors aucune nouvelle de notre pauvre confrère.

    Kouytcheou

    Notre nouveau confrère, le P. Derouineau, est arrivé à Kouiyang le dimanche 3 août après un voyage très pénible dans des chemins détrempés par les pluies ; mais, grâce à sa robuste constitution, il se remit bientôt de ses fatigues et est lancé déjà dans létude de la langue chinoise.

    A Pinfa le P. Noyer a été assez gravement malade ; mais il est heureusement en voie de guérison.

    Canton

    La rentrée des écoles a eu lieu. Le Séminaire a 60 élèves. Le Collège du Sacré-Cur (Petits-Frères de Marie) en compte 600.

    La Ligue chinoise de lEnseignement vient démettre de nouveau la motion de ne négliger aucun moyen pour empêcher les étrangers douvrir des écoles en Chine. Si le gouvernement prenait en considération cette proposition et la mettait en pratique, les nations étrangères refuseraient aussi daccepter des étudiants chinois dans leurs écoles ou universités.

    Trois jeunes chrétiens de notre Vicariat ont été admis à lUniversité lAurore (cours préparatoire) à Shanghai.

    Kouangtong Occidental

    Je parlais le mois passé de lenrégimentation des bandes de pirates du Louitcheou, opération laborieuse s il en fut et qui ne semble pas avoir donné les résultats espérés. Nombre de pirates ont négligé de partir pour leurs nouvelles garnisons, et, parmi ceux qui sétaient mis en route, beaucoup ne sont pas arrivés à destination ou même ont franchement rebroussé chemin. Je ne pense pas que les populations les aient vus revenir avec joie, mais il est certain que, dans les localités où ils devaient passer ou séjourner, on ne regrettera aucunement leur absence. Déjà des enlèvements, des pillages navaient pas manqué de signaler leur passage dans les régions nouvelles explorées par eux. Ces honnêtes gens ont réussi à faire le vide et à supprimer tous moyens de transport, même avant leur arrivée, dans les localités où ils étaient annoncés. Lauteur de ces lignes en fit lui-même lexpérience lorsquil voulut trouver un palanquin pour se transporter de Shekshing à Muilok ou au village de Koling. Les porteurs de lunique chaise trouvée en ville eurent la générosité de lui demander simplement 26 piastres pour le premier parcours (15 lieues) ou 18 pour le second (9 lieues). Il eut le profond regret de décliner des propositions aussi avantageuses. Pendant ce temps tous les autres palanquins se terraient dans les villages avoisinants, afin déchapper aux réquisitions possibles. Il convient pourtant dajouter quun certain nombre de chaises avaient été louées, pour le transport de leurs précieuses personnes, par les organisateurs dune caravane qui sen allait au Yunnan chercher de lopium, lincomparable drogue qui constitue un des plus lucratifs bénéfices de tous nos manieurs de matériel humain, comme jadis sexprimaient les Allemands.

    Toujours à cause des troubles, lun de nos quatre prêtres indigènes na pu quitter son district de Lingshan, pour prendre part aux exercices de la retraite, qui sest ouverte, le 1er septembre et se clôtura le 6, suivie, le 7, de lordination à la prêtrise de notre unique diacre, Vincent Tsiu.

    Pendant ce mois, ni les missionnaires ni les chrétiens ne semblent avoir été directement molestés par les brigands ou autres, mais on conçoit assez quils vivent en de perpétuelles alarmes devant le sombre avenir qui semble se préparer.

    Kouangsi

    Mgr Ducur, revenant du Concile de Shanghai, a pu enfin rentrer à Nanning le 10 août, et cela grâce à la canonnière française Argus, qui prit Mgr à son bord de Kouyhien à Nanning et continua son raid sur le Si-kiang jusquà Longtcheou, aux confins du Tonkin. Depuis son retour, Mgr est très fatigué : une bronchite trop négligée pendant le voyage a amené de graves complications du côté du cur, et S. G. se voit pour quelque temps condamnée à un repos complet et à un régime sévère.

    La cérémonie de la bénédiction de la nouvelle église de Kouyhien, que le Bulletin a annoncée, a été aussi solennelle que possible. Lédifice, de pur style gothique, fait ladmiration de tous, Européens et Chinois chrétiens et païens. Le P. Labully a mis à contribution ses talents darchitecte pour les plans et la direction des travaux. Le P. Hoang surveilla les ouvriers avec patience et savoir-faire. Le P. Poulat sétait réservé la tâche la plus difficile, celle de trouver les fonds. Pendant 40 ans il économisa, il tendit la main. Grâce à sa ténacité, la ville de Kouyhien est maintenant dotée dune petite merveille qui fait honneur à la religion quelle représente. Après cette cérémonie, écrit le P. Poulat, il me semble que je puis considérer ma tâche comme accomplie. Et pourtant un travail important reste à faire. Une belle église est celle qui est bien remplie. Je compte sur la bénédiction de Mgr, sur laide de mes collaborateurs, sur les prières de tous pour remplir la nouvelle église de nombreux et bons chrétiens, qui me serviront dintercesseurs et mobtiendront une petite place au séjour du bonheur. Le P. Poulat est notre doyen : il compte 75 automnes ; mais il dit, comme saint Martin : Non recuso laborem, et il continuera de travailler et de se dévouer jusquau bout... le plus tard possible !

    Tonkin Maritime

    Depuis quelques années surtout nous nous appliquons à faire mieux comprendre à nos chrétiens limportance de linstruction. Jusquici on sétait contenté des nombreuses classes de caractères chinois qui souvraient un peu partout, dans les presbytères, dans les chrétientés et même chez des particuliers, et qui se fermaient aussi avec la même facilité, faute délèves, la plupart de ceux-ci nayant ordinairement pas la persévérance désirable.

    Les efforts des missionnaires pour changer cet état de choses et créer des écoles paroissiales vraiment dignes de ce nom se heurtèrent dabord à de nombreuses difficultés ; mais aujourdhui ils commencent à porter des fruits. Un peu partout sélèvent peu à peu des locaux scolaires plus spacieux, mieux aérés, bien éclairés, avec à côté de vastes cours de récréation. Citons au passage trois paroisses qui, au mois daoût, ont inauguré de nouveaux bâtiments scolaires : ce sont celle de Van-hai, de Tan-hai et de Dien-hô. Ces deux dernières, assez rapprochées lune de lautre, ont uni leurs efforts pour construire une école commune qui leur a coûté 3.000 piastres, soit 30.000 francs au change actuel.

    Quand des gens pauvres sont capables dune telle générosité pour se donner une école catholique, on peut envisager lavenir avec confiance.

    Cochinchine Occidentale

    Les courriers du mois daoût nous ont apporté des nouvelles rassurantes et des détails consolants sur létat de santé de Monseigneur Quinton. Avant et après lopération, on aurait, en deux fois, paré à la trop grande anémie du cher et vénéré malade en pratiquant la transfusion du sang. Tous les confrères de la Mission sunissent pour remercier chaleureusement le Père Riouffreyt, qui sest dévoué et a donné de son sang à notre Vicaire Apostolique. De semblables services ne peuvent être payés que par Dieu ; écoutant nos prières, il le fera, nous nen doutons pas, largement.

    Lordination de septembre sera faite par Monseigneur Perros, qui viendra exprès pour celà du Siam.

    Cochinchine Septentrionale

    Du 30 juillet au 13 août, Mgr Allys a fait la visite du district du Quang-Binh et y a donne la confirmation dans 14 paroisses. Le P. Henri de Pirey, supérieur de ce district, a accompagné Mgr presque tout le temps de la tournée pastorale. Tout sest passé au mieux, grâce surtout au précieux concours du P. de Pirey, à lattention quil a apportée à mettre de lordre partout et à la vigilance quil na cessé davoir pour que les cérémonies soient exécutées avec la plus grande ponctualité.

    Après quelques jours de repos au Petit-Séminaire dAn-Ninh, Mgr adonné la confirmation, le 19, dans léglise de la nouvelle chrétienté de Phuoc-Son, fondée par Son Excellence M. Bài non loin du monastère, et, le 20, après avoir reçu les premiers vux de quelque novices de Notre-Dame dAnnam, S. G. rentrait à Hué sans trop de fatigue.

    Du 7 au 15 août, le P. Maximilien de Pirey a prêché la retraite au noviciat des Frères de Hué. A lissue de cette retraite, six novices ont fait leurs premiers vux et 12 postulants ont pris lhabit des Frères de Saint Jean-Baptiste de la Salle : de ces derniers, cinq sont originaires de la Mission de Hué, cinq de la Mission de Saigon, un de Phnompenh (mission du Cambodge) et un de la Mission de Vinh (Tonkin Méridional).

    Le 24 août, après une retraite de huit jours, 11 Filles de Marie Immaculée (nouvelle Congrégation diocésaine de religieuses indigènes, destinée à linstruction des jeunes filles annamites et à la direction des ouvroirs et orphelinats,) ont fait leur première profession et 8 autres ont revêtu lhabit des novices. Une des meilleures prédications de la retraite a été la mort édifiante dune jeune novice que le bon Dieu a rappelée à Lui presque subitement pendant ces saints exercices.

    Le P. Laffitte, atteint dune forte bronchite, sest fait hospitaliser à Hué dans la deuxième quinzaine daoût. Grâce aux bons soins quil a reçus à lhôpital, il va beaucoup mieux maintenant.

    Le P. Roux nous est revenu de France avec une santé très florissante. Puisse-t-il la conserver longtemps pour le plus grand bien de notre chère Mission et plus spécialement de nos séminaristes, auxquels il va consacrer de nouveau son zèle ardent et son expérience déjà longue !

    Cambodge

    Les inondations étant à lordre du jour, parlons de celle du Cambodge. Elle a été relativement sage, cette année. Elle nest pas venue trop tôt, de sorte quelle a permis généralement aux cultures intercalaires, aux maïs surtout, de parvenir à maturité. Ensuite la crue na pas été subite, mais sest produite en un nombre respectable de semaines. Aussi leau, sécoulant dune part vers la mer, de lautre remplissant les grands lacs, na élevé son niveau, malgré son effroyable quantité, quun peu au-dessus de la bonne moyenne, niveau inférieur de 40 centimètres à celui de la forte crue de 1923. Dans les régions où on les cultive, les riz flottants, dont la tige sallonge jusquà 4 ou 5 mètres et parfois davantage, au fur et à mesure que le niveau de leau sélève, ont ainsi eu le temps de se maintenir à la surface et même daffermir leur tige dans les moments de répit.

    Est-ce à dire que tout soit pour le mieux ? Non, car jamais une crue na pu satisfaire à la fois toutes les régions quelle affecte. De plus, les routes, de création encore récente, ont bien subi quelques dégâts et souffert quelques coupures, mais les inconvénients en sont réduits au minimum par les moyens dont dispose notre Administration : bacs, chaloupes, etc.

    Avant les hautes eaux, Mgr Bouchut a pu confirmer à Banam, Vinhphuoc et Vinhloi.

    Malacca

    Le lundi 15 septembre, la paroisse chinoise de Bukit Timah était en tête. Cétait le 50e anniversaire de lordination sacerdotale de son digne Pasteur, le Père Belliot. Une couronne de nombreux confrères, venus pour la retraite, entourait le vénérable jubilaire et sunissait à lui et à ses paroissiens pour remercier Notre-Seigneur des grâces reçues au cours de ce demi-siècle dapostolat. Par les soins du cher voisin, vicaire doccasion, le P. H. Duvelle, église et enclos avaient été décorés avec goût. Toujours modeste, le jubilaire aurait voulu faire les choses simplement : une messe basse suivie dun déjeuner plutôt frugal. Mais des noces dor, on ne voit pas cela tous les jours en Malaisie. Liberté fut laissée au cher Doyen pour le menu du festin, mais pour la cérémonie religieuse, ou fit les gros yeux, on parla un peu fort, et le bon Père, rentrant dans la voie de lobéissance, consentit à chanter une grandmesse. A 8 heures il montait à lautel, avec diacre, sous-diacre, cérémoniaire, thuriféraire et acolytes, tous pris dans le corps déjà nombreux chez nous des jubilaires de 25 ans. Il en restait encore assez pour aider les jeunes à exécuter les chants en bon grégorien. Bien quil neût pas chanté de messe depuis tantôt 30 ans, le célébrant sen tira avec honneur, lisant ses prières sans lunettes, distribuant de nombreuses communions sans trembler, faisant les cérémonies avec aisance. Il y eut même, avant le dernier évangile, bénédiction quasi pontificale chantée : cest, sans doute, une rubrique spéciale aux messes jubilaires, que beaucoup de confrères ne connaissaient pas. Et puis le Saint-Père lui ayant envoyé la Bénédiction Apostolique, notre doyen, dans sa charité bien connue, na pas voulu la garder pour lui seul, et cela ne pouvait se donner comme la bénédiction du premier curé venu.

    Maintenant, procedat in pace vers les noces de diamant ! Notre jubilaire, âgé, mais non encore vieux, franchira aisément létape qui le sépare de ce nouveau jubilé et, soyez-en sûrs, il ne sarrêtera pas en si bon chemin.

    Messieurs les jeunes, voilà un modèle à suivre.

    Le 18 septembre était le 20e anniversaire du sacre de Mgr de Malacca. La santé du vénéré Prélat se raffermissant de jour en jour, nous espérons pouvoir faire de belles fêtes pour ses noces dargent épiscopales dans cinq ans. Dominus conservei eum !

    Le Bon Dieu vient de rappeler à Lui le P. Auvé, notre sous-doyen, après 41 années dapostolat dont plus de 20 passées en Malaisie. Les premières années il avait travaillé dans la Mission de Pondichéry. Cette mort, que plusieurs semaines de maladie faisaient prévoir, est une perte bien sensible pour les chrétiens indiens de la Province Wellesley, Kulim et Kedah. Le défunt nétait jamais rentré en Europe. R. I. P.

    Birmanie Méridionale

    Voici un nouveau Commitee ! Combien eu aurons-nous ? Celui-ci est encore un comité déducation : Comité déducation secondaire et intermédiaire (intermediate). Que nous réserve-t-il ? Rien de bon ; à moins que nous ne nous défendions. Dans sa formation, il ignore les représentants des écoles de Mission, qui forment cependant un très fort pourcentage des établissements déducation anglo-indigène. Dans son but, il tend à la sécularisation et à la centralisation de linstruction secondaire : à la sécularisation dabord, car il voudrait supprimer les écoles supérieures de Mission ; à la centralisation, car il cherche à navoir que très peu décoles supérieures, dans quelques centres et toutes entre les mains du gouvernement. Il tend aussi à étendre outre mesure les pouvoirs de lUniversité, cherchant à lui donner le contrôle de linstruction secondaire. Que de pièges nous tend ce jeune nationalisme, qui ne doute de rien et part ainsi à la conquête du monde ! A la dernière session du Conseil Législatif a été votée une résolution demandant : 1º la séparation davec linde ; 2º quil ny ait aucun sujet réservé, cest-à-dire que tous les rouages du gouvernement, excepté les Affaires Etrangères et la Défense, soient entre les mains des Birmans ; 3º que le service civil soit birmanisé. Rien que cela. Messieurs les Anglais, Indiens, Chinois, partez, nous navons plus besoin de vous ! Comme loctroi de ce home rule complet dépend du gouvernement central, cette discussion et la résolution qui a suivi sont purement académiques, mais elles révèlent la mentalité du parti nationaliste.

    Birmanie Septentrionale

    Le sang a coulé à Mandalay. Devant la marée montante de lanarchie partout déchaînée, le Gouvernement lâche pied et semble avoir peur. Il a commencé, voilà trois ans, à faire shiko aux Birmans, et ceux-ci, contents au possible de recevoir ce quils nattendaient pas si tôt, enhardis par leurs succès, en demandent un plus profond. Et plus bas, chaque jour, le Gouvernement sincline...

    Le 16 août dernier ; il permettait au fameux bonze U Ottama, le leader du parti extrémiste, déjà condamné pour sédition, de venir chez nous semer trouble et malheur. Un autre parti, All Burma Union, moins rouge, dit-on, mais tout aussi turbulent, tenait alors ses séances. Le grand coryphée était invité par ses nombreux partisans, pour, dun mot, faire rentrer sous terre tous ces monstres de la réaction. Avec la permission des autorités locales, ils organisèrent une immense procession, dans le but bien avéré (on la su depuis,) de créer un conflit. Afin de léviter, le chef de la police voulut faire dévier le cortège : alors lorage éclata et tomba non pas sur les supposés modérés, mais sur les pauvres policemen postés là pour maintenir lordre. En moins de temps quil nen faut pour le dire, moines et moinillons, Birmans de tout âge et conditions au nombre de près de 600, vexés dans leur orgueil (ces Messieurs ont lépiderme très sensible,) de voir les gardiens de lordre prétendre diriger leurs mouvements, tombèrent à bras raccourcis sur ces derniers en nombre inférieur et sans armes. Cinq morts et cinquante-et-un blessés : tel fut le bilan de cette mêlée sanglante, arrêtée à temps par larrivée de la troupe.

    Au lieu de coffrer le triste personnage, vraie cause de cette effusion de sang, deux officiers de police laccompagnèrent révérencieusement, le même soir, jusquà Rangoon dans un compartiment de première classe... Et le Gouvernement faisait, le lendemain, publier dans les journaux que lordre régnait en ville, que la police avait bien mérité du pays, quil offrait toutes ses condoléances aux parents des victimes... Nimporte ! Les bolchevistes birmans ont trempé leurs mains dans le sang de leurs frères, et bien bas est tombé lordre de la robe jaune !

    La santé de quelques-uns dentre nous laisse, pour le moment, beaucoup à désirer. Le P. Roche se voit, à son grand regret, forcé daller refaire la sienne au pays natal.

    Laos

    Deux mois de pluies torrentielles ont causé des inondations telles que, de mémoire dhomme, on nen avait vu de semblables au Laos. Les deux rives du Mékong sont ravagées ; les dégâts sont incalculables. Les églises de Vientiane, Dondon, Paksé, Bassac, ont été envahies par leau jusquà plus dun mètre de hauteur. Les chaloupes qui font le service postal du Mékong, ne pouvant plus franchir les rapides de Kemmarat à cause de la violence du courant à cet endroit, ont dû interrompre leur service, et depuis un mois nous sommes coupés de toute communication.

    Le P. Thibaud, venu pour affaires à Nong-Seng vers la fin de juillet, ne peut regagner son poste de Thare : depuis 50 jours il se morfond ici, mais il utilise ces loisirs forcés en étudiant lannamite.

    Coïmbatour

    Une calamité extraordinaire vient de frapper le sud de lInde Du 15 au 27 juillet dernier des pluies diluviennes firent déborder en même temps nos grands fleuves le Bhavani, le Caveri, le Noyel et le Ponnani. Les districts de Malabar, de Trichinopoly et de Coïmbatore ont particulièrement souffert. Daprès les rapports officiels, 62 villes ou villages furent envahis par les eaux dans le district de Coïmbatore, 5184 maisons furent détruites, 463 à Sattiamangalam, 507 à Bhavani : ce sont ces deux villes qui ont le plus souffert. On évalue à 25.000 le nombre dhabitants laissés sans abri.

    Parmi les chrétientés du diocèse, le petit village de Métur a été particulièrement éprouvé; il ne reste que léglise, le presbytère et une maison; toutes les autres habitations, au nombre de 53, ont été détruites par linondation.

    Le Gouvernement a pris des mesures immédiates pour venir en aide aux sinistrés. Un comité a été organisé, sous la présidence du Collecteur, pour recueillir des fonds et distribuer des secours.

    Kumbakônam

    Les inondations. Voici quelques détails sur les dégâts causés dans notre Mission, par les inondations du mois de juillet. Les chrétientés que traverse le Coléron ont été les plus éprouvées et les villages ont été complètement anéantis qui se trouvaient à proximité des points des ruptures de la digue, en aval du fleuve. Mieux que des phrases, les chiffres donnés par les missionnaires ou par les prêtres indiens feront connaître létendue des pertes qua subies la Mission.

    Le district de Peryavarsili a été le premier atteint par linondation. Il est situé non loin de la grande ville de Trichinopoly, sur la rive nord du Coléron. Le P. Depigny, curé de lendroit, donne les chiffres suivants : Villages inondés, 17 ; maisons emportées, plus de 100m chapelles détruites, 4. Sur 3.792 chrétiens, 1.326 ont souffert du fait de linondation. Toutes les récoltes, sur 10 milles de long et trois quarts de mille de large en moyenne, sont dé truites... Ce qui est le plus triste, cest lensablement des rizières, et pas un coin en friche où ne samoncelle le sable. Sur dautres points, cest le contraire : on ne trouve pas de terre pour combler les entonnoirs creusés par linondation.

    La chrétienté de Connekhoudy est, comme la précédente, située sur la rive nord du Coléron. Le P. Koulandai écrit : Sur les 17 villages dont se compose mon district, 8 ont été emportés complètement... Ne pouvant pénétrer partout à cause de leau, jai visité 5 des villages les plus éprouvés ; aucune maison ny avait été épargnée. Dans le grand village dAmbil les habitants nont pu sauver que six de leurs demeures. La ruée des eaux se produisit le 17 juillet ; sa violence alla augmentant jusquau 22 ; ensuite elle diminua pendant quelques jours, mais reprit de plus en plus forte du 25 au 28. Ce jour-là, vers 11 h, le niveau des eaux commença de baisser. Il est difficile dexprimer les souffrances que les gens endurèrent par suite du manque de nourriture : tout ce quils avaient de provisions avait été noyé on emporté avec leurs maisons. La première récolte a été détruite, il sera impossible de préparer la seconde par suite de lensablement des rizières. Villages détruits, 8. Maisons détruites, 300.

    Si de Connekhoudy nous suivons le cours du Coléron, toujours sur la rive nord, nous arrivons à Viragalour, grosse chrétienté de charge de 5.125 habitants. Le P. Peter, en charge de cette paroisse, écrit que quatre des principaux villages ont été inondés, dont trois ont subi une destruction complète : A Poudoukottah, dit-il, cinq maisons seulement sont encore debout. A lintérieur de léglise leau dépassait le maître-autel et même les gradins. A Viragalour, les vagues, après avoir renversé le mur de clôture, venaient battre les murailles du presbytère. Les rizières remplies de sable ne pourront pas, avant plusieurs années, être de nouveau livrées à la culture. Villages inondés, 4 ; villages détruits, 3 : maisons détruites, 249 : chapelles détruites, 4.

    Si maintenant, du nord du Coléron, nous passons vers le sud, nous trouvons la chrétienté de Mikelpatty. Le P. Gnanadickam, en quelques mots, rend compte des pertes subies par ses paroissiens : Poudy, Vishnampettey, Pavanamanyalam, Kouttour, Podaguery et Maharajapuram ont été enlevés. Impossible de reconnaître aujourdhui lemplacement de ces villages. Les endroits où les gens habitaient encore il y a un mois sont devenus des étangs ou forment le lit de ruisseaux et de torrents. Misère et désolation complète, cest tout ce quon peut dire. 10.000 acres de terrain couverts de sable ou dune épaisse couche de vase sont, pour un temps plus ou moins long, devenus impropres à la culture. Villages inondés, 6 ; villages détruits, 5 ; maisons détruites, 240 ; chapelles détruites, 5.

    De Tiruvadi, le P. Guyon envoie les détails suivants. Cinq villages du district ont, été inondés ; dans ces cinq villages toutes les maisons sont détruites ; seule la chapelle de Vadugakoudhi, bâtie il y a quelques années, reste debout, mais elle devra être réparée. Linondation sétant produite la nuit, les pauvres chrétiens nont pu sauver que quelques ustensiles de ménage et quelques sacs de riz. La récolte de kourouvei (1e récolte) est perdue. Les rizières pourront-elles être remises en état pour permettre despérer une récolte de semba (2e récolte) ? Cest fort douteux. Les sinistrés campent ou sur les digues des fleuves ou le long des routes sous des abris de fortune. Il est bien à désirer quils puissent relever leurs maisons avant la saison des pluies. Heureusement aucun chrétien na péri dans cette inondation.

    A Ayampettey Sud (P. Playoust) : villages détruits, 3 ; maisons détruites, 35 ; chapelles détruites, 2.
    A Manalour (P. Malfrait) : villages détruits, 2.
    A Mikelpatty Nord (P. Vachon) : une dizaine de maisons sont détruites.
    De Molathour, le P. Xavier, signale une quinzaine de maisons détruites.
    De Kumbakonam, le P. Prunier annonce que, sur 6 villages de chrétiens inondés, quatre ont été complètement détruits et un cinquième en partie. Dans cette chrétienté 19 maisons ont été renversées.

    Aucun renseignement précis nest arrivé du district de Erukkour. Une grande partie de cette paroisse se trouve dans langle que forme avec le Coléron la grande ligne de chemin de fer du South Indian. Le pays se trouve donc très exposé. On raconte quil aurait échappé à un désastre imminent de la manière suivante. Les Paliers et les Turcs de Erukkour et de Poutour, voyant leau monter toujours et arrêtée par la ligne du chemin de fer, firent tout simplement une brèche dans cette ligne à coups de pioche. On dit même quils en firent deux, lune en face dErukkour et lautre deux milles plus loin. Ils étaient cent ou deux cents hommes occupés à cette opération quand survint linspecteur des chemins de fer, qui essaya de sopposer à ce travail. Turcs et Pallers lui dirent quil ferait bien de se tenir tranquille et de les laisser faire, sil ne voulait pas être maltraité. Alors il se contenta de les engager à ne pas faire la brèche trop grande. Peine inutile : leau allait se charger de lélargir et la ligne allait être emportée sur une longueur de trois milles. Cest un détail que nont pas raconté les journaux. Comme conclusion on peut ajouter que, si nos Pallers nont pas été payés pour couper la ligne, ils sauront bien se faire payer pour refaire ce quils ont défait. Ils sont, en effet, sur ce point les cheminots attitrés du South Indian.

    Mayavaram. Sur une très longue étendue, cette chrétienté est bornée au nord par le Coléron. Sur plusieurs points de cette étendue, le fleuve ayant rompu sa digue, un tiers environ du district sest trouvé recouvert par linondation. Le nombre des villages inondés est considérable (27) et pourtant celui des maisons détruites est relativement faible (une trentaine). Cest que la masse deau qui arrivait par le lit du Coléron se trouvait déjà très amoindrie, diminuée quelle était par les ruptures produites plus à louest ; cette masse venait se précipiter sur une étendue, plus grande, mais avec une violence moindre.

    Deux villages de chrétiens, celui dElupepettey et celui de Sipatour ont été complètement détruits. Le premier de ces villages se trouvait situé à trois quarts de mille au sud du fleuve, en face de lendroit où la digue se rompit. Cette digue, mal entretenue, céda sur une longueur dun kilomètre environ. Quelques canaux creusés parallèlement au lit du fleuve, quelques collines de sable, en arrêtant les premières vagues, donnèrent aux chrétiens le temps de fuir le danger. Ils coururent chercher un refuge dans la petite église de cette chrétienté. Leau eut tôt fait de les y suivre. Au nombre dune trentaine, ils montèrent alors sur la terrasse qui forme le toit de léglise et demeurèrent une quinzaine de jours sur ce frêle îlot que venaient battre les vagues ; un chrétien de caste venait sur une fragile embarcation leur apporter un peu de riz. Parmi les hommes, les plus courageux risquaient chaque jour leur vie pour aller à la nage chercher un peu de nourriture.

    Cest ainsi que, pour le 25e anniversaire de sa fondation, a été durement éprouvée notre Mission de Kumbakonam. Dans le désastre qui vient de fondre sur nous, nous devons cependant rendre grâces à Dieu de ce quil a épargné la vie de nos chrétiens, puisque nulle part on ne signale quil y ait eu des morts.

    Rome

    La lettre de la S. C. du Concile sur lInstruction religieuse des enfants et des adolescents (A. A. S., août 1924, p. 332) est adressée non seulement aux Evêques diocésains, mais encore à tous les Ordinaires des Vicariats et Préfectures Apostoliques. Les Supérieurs de Missions qui le désireraient, ainsi que ceux qui ne sont pas abonnés aux A.A.S., recevront de la Propagande, par lentremise du Procureur de Rome, un exemplaire de cette lettre et dit questionnaire qui la suit.

    Par décision de la S. C. de la Propagande, les Vicariats Apostoliques de lIndochine doivent changer de nom et prendre celui des villes où résident les Evêques. Ainsi

    la Mission de /devient /Mission de
    Tonkin Occidental / /Hanoi
    Méridional / /Vinh
    Maritime / /Phat-Diem
    Haut Tonkin / /Hung-hoa
    Cochinchine Orientale / /Quinhon
    Occidentale / /Saigon
    Septentrionale / /Hué
    Cambodge / /Phnompenh
    Siam / /Bangkok
    Laos / /Nong-Seng

    et, pour les Missions des PP. Dominicains :

    Tonkin Oriental / /Haiphong
    Septentrional / /Bac-Ninh
    Central / /Bui-Chu

    Séminaire de Paris

    Les aspirants, en vacances à Sainte-Mesme, sont partis le 9 août pour passer quelque temps dans leur famille ; deux ou trois seulement sont restés à Bièvres avec le P. Parmentier.

    Mgr Quinton, au commencement daoût, sest rendu à Bièvres pour y reprendre des forces en vue dune seconde opération quil devait subir en septembre.

    Le P. Mercier, de Kumbakonam, pour sauver son il gauche menacé, a dû subir une opération et rester immobile au lit pendant 18 jours : le résultat paraît satisfaisant.

    Mgr le Supérieur, en se rendant avec le P. Riouffreyt au Congrès Eucharistique dAmsterdam, sest arrêté quelques heures au Scolasticat des PP. Jésuites à Enghien (Belgique) pour y ordonner un certain nombre de diacres et de minorés.

    Le 4 août, Mgr Lépicier, Visiteur Apostoliques des Indes, (où il doit arriver en octobre,) a rendu visite à Mgr le Supérieur.

    Le P. Pessein, après une visite à Mgr Lépicier à Montmorency et un court séjour à Paris, est allé revoir sa famille en Piémont. Il compte sembarquer pour les Indes le 28 août, avec les PP. Guibal et Critenat, et prendre dès son arrivée la direction du Sanatorium de Wellington.

    6 nouveaux aspirants ont été admis du 15 juillet au 15 août ; ce sont MM. Mirabel (Rodez), Knbel (Chambéry), Grasland (Rennes) ; Bulteau, Moreau et Raballand (Luçon).

    Un nouveau novice-frère, M. Lanoizelet, est entré à Dormans.

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    1924/660-681
    660-681
    Anonyme
    France et Asie
    1924
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