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Chronique des Missions et des Etablissements communs 12

Chronique des Missions et des Etablissements communs. Tôkyô La Compagnie de Radio-téléphonie a récemment invité pour la première fois un missionnaire catholique à prendre la parole au poste de radio de Tôkyô. Le dimanche 26 septembre, de 10 à 11 heures, le P. Flaujac a fait, dune voix sonore et en un langage élégant, un discours sur les points fondamentaux du Catholicisme. Ce discours put être entendu par 250.000 abonnés. Jamais le prédicateur navait eu un auditoire aussi nombreux.
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    Chronique des Missions et des Etablissements communs.
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    Tôkyô

    La Compagnie de Radio-téléphonie a récemment invité pour la première fois un missionnaire catholique à prendre la parole au poste de radio de Tôkyô. Le dimanche 26 septembre, de 10 à 11 heures, le P. Flaujac a fait, dune voix sonore et en un langage élégant, un discours sur les points fondamentaux du Catholicisme. Ce discours put être entendu par 250.000 abonnés. Jamais le prédicateur navait eu un auditoire aussi nombreux.

    Le 31 octobre, S. E. le Délégué Apostolique bénissait la nouvelle chapelle de létablissement des Dames de St-Maur à Tôkyô. Cette chapelle, construite en ciment armé, naura sans aucun doute point à redouter, comme celle quelle remplace, les effets désastreux dun tremblement de terre. Elle offre, par ailleurs, avec sa tribune et ses vastes galeries latérales, un espace suffisant pour contenir environ un millier de personnes. Bien éclairée par ses hautes fenêtres et les châssis vitrés (sky lights), qui avec leurs motifs de blasons fleuris, ornent le plafond, elle est aussi décorée avec goût. Les vitraux du chur, lautel sculpté en bois de cerisier, qui offre en bas-relief des scènes eucharistiques, donnent au sanctuaire un cachet spécial dart et de piété. Après la bénédiction et la messe qui suivit, auxquelles assistaient les ambassadeurs de France et de Belgique, les missionnaires libres à cette heure, une foule nombreuse danciennes élèves, délèves actuelles et de chrétiens, eut lieu la cérémonie dusage dans toutes les écoles de lEmpire en ce jour du 31 octobre où lon fête officiellement la naissance de lEmpereur. A cette occasion, S. E. le Délégué Apostolique reçut les compliments des élèves et des maîtresses réunies dans la grande salle des séances. A 2 heures ½ de laprès-midi, la bénédiction du St-Sacrement fut donnée à une nombreuse assistance, où figuraient plusieurs confrères de Tôkyô qui navaient pu venir assister à la cérémonie du matin.

    Le même jour, Mgr Rey bénissait à Ueda la nouvelle église, dont nous avons déjà parlé, et y donnait la Confirmation.

    Il paraîtrait que le nom de lEmpereur Chôkei (caractères chinois), qui vécut au XIVe siècle, à une époque de troubles et de rivalités entre les deux branches impériales dites du Nord et du Sud, ne figurait pas dans la liste officielle des Empereurs. A la suite de recherches historiques entreprises par un Comité chargé de ce soin par la Cour Impériale, le Conseil Privé a décidé, dans une séance tenue le 20 octobre, que les nouvelles données historiques, fournies en particulier par des recueils danciennes poésies, ne laissent subsister aucun doute sur la souveraineté authentique de cet empereur. En conséquence, le 21 octobre, le Prince Régent faisait paraître un décret ainsi conçu : Les documents historiques au sujet du règne de lEmpereur Chôkei nayant pas été jusquà ce jour suffisamment éclaircis. Nous avons ordonné quil soit procédé à ce sujet à une enquête minutieuse, doù il est résulté avec évidence que le dit Empereur appartient authentiquement à la lignée impériale et que son nom doit prendre place dans la liste des souverains après celui de lEmpereur Go Murakami. Nous en faisons ici la proclamation. Pour honorer cette reconnaissance officielle, le lendemain 22 octobre était déclaré fête nationale. Ce jour-là, au sanctuaire shintoïste de la Cour Impériale, au cours dune cérémonie dirigée par le Prince Kujo, S. A. le Prince Régent a fait part de lheureuse nouvelle aux Ancêtres Impériaux qui y sont vénérés. Des délégués de lEmpereur ont ce même jour fait des déclarations analogues au grand temple dIse, sanctuaire dAmaterasu, la déesse ancestrale de la famille impériale, et aux tombeaux de lEmpereur Meiji à Momoyama et du premier Empereur Jimmu-Tenno à Kashiwabara.

    Nous sommes heureux de noter en passant que les détails fournis par le Dictionnaire dHistoire et de Géographie, composé par un missionnaire de Tôkyô, il y a une vingtaine dannées, qui donnait lEmpereur Chôkei comme le 98e Empereur du Japon (1369-1373) et le plaçait entre les Empereurs Go Murakami et Go Kameyama, reçoivent du fait une authentique confirmation.

    Le Gouvernement va fournir à 7.200 bureaux de poste de lEmpire, y compris la Corée, des sirènes électriques pour annoncer lheure de midi.

    Nagasaki

    Les Pères Franciscains de Kagoshima ont célébré solennellement le 7e centenaire de saint François. Le P. Hayasaka, du diocèse de Hakodate, fut le prédicateur du triduum. Mgr le Délégué Apostolique présida, le 2e jour, une belle procession du Saint-Sacrement et administra la Confirmation. Le jour de la fête de saint François, S. Exc. célébra la messe pontificale.

    Le Supérieur des Salésiens, qui était venu assister à ces cérémonies, donna, dans la grande salle dun journal de la ville, une conférence sur lItalie dhier et celle daujourdhui, que le P. Hayasaka traduisit de litalien en japonais et qui fut fort goûtée dun nombreux auditoire.

    A la léproserie de Biwasaki, les religieuses Franciscaines Missionnaires de Marie célébrèrent aussi par un triduum solennel, dont le P. Raoult fut le prédicateur, le centenaire de leur Bienheureux Père.

    Hakodate

    Le 17 octobre, Mgr Berlioz procédait à la bénédiction dune chapelle érigée à Ichinoseki sous le vocable de sainte Elisabeth de Hongrie, dun superbe chemin de croix et dune statue de la sainte Patronne du nouveau sanctuaire dont le zèle du P. Doi a enrichi son poste. De nombreux chrétiens et catéchumènes, accourus de tous les points du district, assistaient à ces cérémonies et à la messe pontificale célébrée par Mgr de Hakodate.

    Le soir de ce même jour commençait la retraite annuelle des missionnaires, à laquelle prirent part les prêtres japonais.

    Seoul

    Le Général Booth, de lArmée du Salut, est arrivé à Seoul le 4 novembre et une réception triomphale lui a été faite à la gare. Depuis lors il prodigue les réunions et les discours, mais pas toujours avec succès. Un certain nombre de Coréens employés à lArmée du Salut comme prédicants, propagandistes ou agents divers, protestent contre linégalité des traitements et demandent pourquoi lon donne 10 yen aux Européens, alors que lon ne donne que 5 yen aux Japonais et 1 yen seulement aux Coréens. Il y a eu de ce chef des réunions très mouvementées, voire des collisions, et la police a dû intervenir.

    Kirin

    Le 31 octobre, la fête du Christ Roi a été célébrée partout avec le plus de solennité possible. A Kirin, Mgr Gaspais a officié pontificalement et a conféré les saints Ordres à un diacre, deux sous-diacres, et un minoré. Le soir, vêpres solennelles suivies du salut du Saint-Sacrement. Cest la première fois que notre cathédrale voit se dérouler daussi belles cérémonies, accompagnées de chants aussi bien exécutés.

    Mgr Gaspais va commencer incessamment une longue tournée pastorale dans la province du Heilongkiang et dans trois districts de la province de Kirin.

    Tchengtou

    Aux Quatre-Temps de septembre, Mgr Rouchouse a ordonné 3 prêtres, 9 diacres, 9 sous-diacres, 9 minorés et 7 tonsurés.

    Extrait du Compte-rendu de lexercice 1925-26.

    Population totale environ 25.000.000
    catholique 57.432
    Baptêmes :
    Adultes 562
    in art. mort. 2.975
    Enfants de chrétiens 2.300
    in art. mort. 10.010
    Confessions 92.092
    Communions 225.044
    1 Grand-Séminaire 26
    1 Petit-Séminaire 46
    1 Probatorium 77
    1 Ecole secondaire de garçons 98
    1 prim.-sup. 45
    1 de filles 102
    12 Ecoles primaires :
    garçons 293
    filles 194
    326 paroissiales :
    garçons 2.785
    filles 3.026
    12 Orphelinats :
    garçons 62
    filles 1.415
    3 dispensaires, 3 hospices de vieillards, 2 hôpitaux, etc.

    Tchongking

    Par décision de Mgr Jantzen, le P. Sallou est nommé professeur au grand-séminaire, le P. Aymard au petit-séminaire, le P. Dangy aumônier du Carme!.

    Le 10 octobre, à loccasion de la fête nationale, les autorités civiles et militaires ont donné une grande réception, à laquelle assistaient les consuls et de nombreux étrangers. Mgr Jantzen et le P. C. Cacauld représentaient la Mission.

    Suifu

    Le 9 octobre, à dix heures du matin, des coups de tamtam résonnent dans toutes les rues de Suifu. Bourgeois et bourgeoises, se demandant ce quil y a dextraordinaire, se précipitent sur le seuil de leurs portes ou sur les trottoirs. Bientôt des crieurs publics, de leur voix la plus aiguë, publient les réjouissances qui auront lieu, le lendemain, fête nationale, et invitent toute la population à pavoiser. En dépit de cette annonce, à part les établissements officiels, qui sont abondamment fleuris et décorés, à peine si lon peut compter cinq drapeaux par rue. La fête de la République ne dit rien aux commerçants. Ils ne désirent que la paix et la fin des contributions forcées, et cest tout A la tombée de la nuit, on entend de ci de là des clairons qui scandent des marches très lentes. Ce sont des soldats, portant chacun à la main une lanterne en papier, et qui, par compagnies ou par bataillons, processionnent dans les rues principales... Cependant des étudiants de lécole Tchong chan (école bolchevisante créée, il y a trois mois, par des élèves renvoyés des écoles secondaires officielles, à la fin du semestre dernier, pour mauvais esprit) installés aux croisements des rues, pérorent contre les étrangers et vocifèrent leurs A bas ! habituels.

    A Kiating, vide de soldats depuis deux mois, le comité des étudiants, chargé dorganiser la retraite aux flambeaux à loccasion de la proclamation de la République, insista auprès des élèves de la Mission catholique pour quils y prissent part. Comme il leur était donné lassurance formelle quil ny aurait aucune démonstration anti-étrangère ou anti-chrétienne, ils ne crurent pas devoir refuser de se joindre à leurs camarades des autres écoles de la ville. Ce fut leur fanfare, 8 tambours et 16 clairons, qui prit la tête du cortège et joua si bien quelle fut acclamée par la foule.

    Mgr Renault sest remis en route pour continuer sa visite pastorale, interrompue par le sacre de Mgr Jantzen.

    Tatsienlou

    Groupe du Setchoan. Au printemps dernier, le Laka-lama, qui, au cours des années passées, tour à tour suscita des troubles ou prêta son concours à lautorité chinoise, convoquait les chefs de villages de lancienne principauté de Batang. La plupart dentre eux, et ceux-là même qui depuis longtemps ont secoué le joug de la Chine, répondirent à son appel et, durant les mois de juillet et daoût, quelques centaines de congressistes tinrent leurs assises sous la présidence du ci-devant Lama. Durant les longues sessions il fut question de rétablir dans leurs droits et privilèges les chefs indigènes et de déléguer ad omnia Laka-lama jusquà leur accession au pouvoir.

    Les lamaseries et les chefs subalternes relèvent la tête et réparent à leur façon les injustices. On dit sous le manteau quils sont soutenus par le gouvernement de Lhassa. Sir Ch. Bell, qui fut chargé de mission au Thibet en 1920-21, ne dissimule pas que le Dalai contribuera à rendre aux chefs indigènes le contrôle sur les Marches thibétaines du Setchoan.

    Puisque restauration il y a, lAssemblée a décrété que la Chine rendra à leurs anciens maîtres maisons et terrains quelle confisqua il y a quelque vingt ans. On ne biffe pas dun trait de plume tous les actes dune administration déjà longue. A Batang et à Yentsing les discussions ont été vives et le nouveau statut na pas été accepté. Peu sen est fallu quun capitaine chinois, dans son zèle intempestif, ne déchaînât la fureur populaire contre la Mission de Yerkalo.

    Une autre question étudiée à Batang est celle de limpôt foncier. Les districts situés dans le voisinage des camps chinois ont, depuis plus de 10 ans, porté tout le poids de limpôt et de la corvée, tandis que les districts éloignés en ont, en fait, été exemptés. Aussi a-t-il été décidé quà lavenir limpôt serait notablement diminué pour les premiers et reporté sur les villages jusquici favorisés.

    Enfin les syndics communaux ont juré quà lavenir leurs administrés ne se livreraient plus au pillage, leur sport favori. Malheureusement on na pas voulu ou pas osé leur enlever les armes et munitions dont ils sont abondamment pourvus.

    Le stupide peuple nose croire à son bonheur futur : il songe que ses nouveaux seigneurs ne vivront pas de lair du temps et craint fort davoir à lavenir deux maîtres au lieu dun.

    Et puis il y a un point noir à lhorizon : la Chine na pas approuvé la nouvelle Constitution et dispose de 400 hommes darmes sur le territoire de Batang. On voudrait bien prier le Colonel Ma de séloigner ou tout au moins déloigner une partie de sa troupe, mais personne nose lui présenter la requête. Donc, en attendant des circonstances plus favorables, le peuple assurera aux soldats chinois la portion congrue jusquau jour, prochain peut-être, où ces derniers trouveront quelle ne suffit pas à calmer leur appétit.

    Groupe du Yunnan. Le 3 juin dernier le P. Ouvrard se mettait en route pour le Loutsekiang, et, après avoir patiné plus quà son goût sur la neige encore très considérable au sommet des montagnes, il arrivait à Bahang le lendemain. Le dimanche suivant il ny eut quune trentaine de confirmations, parce quun certain nombre de confirmands étaient retenus chez eux par la maladie. Profitant de la présence du délégué du Vicaire Apostolique de Tatsienlou, en ce dimanche dans lOctave du St-Sacrement, le Père André, curé de céans, voulut faire une procession, la première quaient jamais vue nos chrétiens. Une route circulaire entourant le village était faite depuis un an et, par une exception bien rare en cette saison, il faisait un temps magnifique. Aussi la procession fut-elle très bien réussie, les chrétiens, récitant ou chantant leurs prières, se tinrent aussi bien que les meilleurs chrétiens dEurope. Seul le grand vent qui survint au moment où la procession arrivait au reposoir troubla le programme. Force fut au célébrant décourter un peu la cérémonie, mais Notre-Seigneur nen dut pas moins bénir le Loutsekiang.

    Le mardi, le P. Ouvrard allait rejoindre le P. Génestier à Tchrongteu. Notre cher patriarche était là depuis le dimanche précédent, tout occupé à préparer ses néophytes à la réception du sacrement de Confirmation. Le mercredi, 14 dentre eux recevaient ce sacrement et, le jeudi, les deux missionnaires se rendaient à Kionatong, résidence ordinaire et centre daction du P. Génestier, tout près de la frontière du Thibet indépendant. Là il y eut, le dimanche suivant, une trentaine de confirmations ; puis le P. Ouvrard dut se séparer de son confrère et revenir sur les bords du Mékong.

    A Tsetchong une fièvre que le missionnaire avait cru dabord nêtre quune grippe, avait déjà couché plus de 200 chrétiens. Cest pendant une accalmie quil se rendit au Loutsekiang. La même maladie existait à Bahang. Comme à Tsetchong elle avait débuté par les enfants des écoles. Ceux-ci, en retournant chez eux, avaient transporté les germes de la fièvre dans le plus grand nombre des familles chrétiennes. Cette fièvre fut encore plus terrible chez les Loutses que chez les Thibétains. Il y eut une douzaine de décès et lon peut dire que tous les chrétiens du district ont été atteints. Peu de jours après le passage de son confrère, le P. André fut malade à son tour. Il resta une trentaine de jours sans pouvoir célébrer, et le P. Génestier, appelé à son chevet, dut rester à Bahang environ trois semaines et donner au cher malade tous les sacrements des mourants. Grâce à Dieu, il est désormais parfaitement guéri.

    Chez le P. Ouvrard, il y eut aussi des cas très graves, un bon nombre des malades reçurent également les derniers sacrements ; cependant, à lexception dune petite fillette de cinq ans, tous sont guéris. Deux cents environ, sur sept cents chrétiens, furent atteints. Les. autres jusquici ont été épargnés.

    Pendant que cette fièvre éprouvait ainsi les chrétiens, des bruits inquiétants circulaient. Des Thibétains, venus des marches setchoanaises et yunnanaises, chassés par la famine, suite des guerres que se font les grands lamas de la contrée, circulaient armés sur les deux rives du Mékong. Ils se disaient autorisés à piller les mendiants thibétains, auxquels ils faisaient effectivement une chasse en règle, et en même temps exigeaient du peuple plus que celui-ci ne pouvait leur donner. Le peuple crut à une invasion de brigands et prit des mesures en conséquence. Cest ainsi que ces Thibétains étant venus jusquà Tsekou, village entièrement chrétien dépendant de Tsetchong, ils furent reconduits manu militari par le chef indigène et le peuple. Depuis on na plus entendu parler deux.

    Des faits plus graves se passent entre Tali et notre région. Larmée chinoise de Likiang et Yongpé sest révoltée à la suite de son chef, Lo Selin, et les pirates de la région de Tali font cause commune avec elle. Rebelles et pirates tiennent ainsi sous leur contrôle six ou sept sous préfectures. Tali assiégé par eux a tenu bon jusquici ; mais des bandes se portent de notre côté. Une trentaine de ces partisans armés sont à quelques lis de la ville de Weisi. Tous les malandrins de la région les auraient rejoints et, le mandarin de Weisi voulant essayer de se défendre, on dit quil y aurait déjà eu un combat indécis. Si des villes comme Likiang, Hoking, Kientchoan, se sont déjà soumises à ce nouveau maître, comment les sous-préfectures de Weisi et Atuntse, où il ny a pas un soldat, pourront-elles lui résister ?

    En attendant nous sommes encore plus isolés du reste du monde. Les caravanes ne circulent plus depuis trois ou quatre mois ; la poste ne nous apporte plus rien depuis un mois. Le procureur de la région, touchant à ses dernières piastres, essaya, il y a un mois, denvoyer des chrétiens dévoués à Tali pour en rapporter un peu dargent. Ils allèrent jusquà Mosso-in, à deux jours de Tali, mais là, apprenant que lapproche de la ville était impitoyablement interdite et par les assiégeants et par les assiégés, ils nosèrent saventurer plus loin et revinrent sans largent attendu. Voilà donc six missionnaires sans ressources, puisque cest à la mi-septembre que nos confrères ont coutume de prendre leur viatique à Tsetchong.

    Heureusement notre confiance est en Dieu et en sa sainte Mère. Le Thibet nen est pas à ses premières épreuves. Nous sommes prêts à en endurer de nouvelles, sil plaît à Dieu. Puissent-elles servir à sa gloire et au salut des pauvres âmes de ces pays si éprouvés.

    Ningyuanfu

    Le 10 septembre, à midi, les PP. Burnichon et Audren, venant de Houili, franchissaient le col de Maganchan, 3 lis au sud de Mataotse, accompagnés de 4 hommes. Arrivés au pied de la descente, ils commençaient à réciter vêpres ; les deux hommes du P. Burnichon sattardent un instant pour boire un verre deau au ruisseau. Tout à coup lun des deux arrive en criant : lài lo ! Avant quil ait pu se rendre compte de ce qui arrivait le Père était entouré dune vingtaine de Lolos sortis dune embuscade. Il est violemment jeté à terre, tiraillé de tous côtés et dépouillé de ses vêtements. Au moment de le quitter, un Lolo lui assène sur la tête un formidable coup de matraque, qui laisse le Père assommé et sans connaissance. Quand il revint à lui, il était seul, baignant dans son sang qui coulait dune horrible blessure à la tête. Il put cependant se relever et cheminer jusquà Mataotse.

    Pendant ce temps, le P. Audren et ses deux hommes, poursuivis pendant quelque temps, avaient pu se sauver et courir jusquà Mataotse pour avertir les soldats. Le cheval du P. Burnichon sétait également sauvé et avait fui à la suite du P. Audren. Un des hommes a été emmené par les Lolos.

    A Mataotse, le P. Audren prête quelques habits au blessé et part en avant pour avertir Ningyuanfu. Cependant le P. Burnichon arrive au pas de son cheval, saignant, suant, geignant. A deux lis de la ville, il rencontre une chaise envoyée au-devant de lui. Mais la fatigue, la chaleur, la perte de sang, le mouvement de la chaise, provoquent chez le Père un transport au cerveau. Avant davoir atteint les faubourgs de la ville une attaque dapoplexie avec commencement de paralysie du bras et de la jambe gauches se déclare ; le blessé perd connaissance, et lorsque 20 minutes après on le remet entre les mains des bonnes Surs, il nest plus quune loque ; Dieu merci, il revient à lui assez vite. Cinq jours après il pouvait quitter lhôpital.

    La guérison fut rapide, puisque le P. Burnichon a pu célébrer, le 30 septembre, le service solennel pour lanniversaire de la mort de notre regretté Vicaire Apostolique Mgr Bourgain.

    Le P. Sirgue est parti pour demander au sanatorium de Hongkong le rétablissement de sa santé bien éprouvée. Pendant son absence le P. Audren prendra soin des deux districts de Houili et de Molotchaokou.

    Les nouvelles les plus invraisemblables circulent dans nos régions isolées. On dit, par exemple, que tous les soldats du Kouangtong étant partis vers le nord, les Anglais en ont profité pour semparer de la ville de Canton !

    Des affiches sont placardées de tous côtés, invitant le peuple à arracher la Chine des mains des Barbares étrangers.

    Yunnanfu

    Notre confrère le P. Durieu, dont le dernier Bulletin annonçait la capture, a réussi, après trois jours de captivité, à séchapper des mains des brigands. Dénué de tout, il se réfugia à Taly, où il apprit que sa résidence de Tapintse avait été pillée par trois fois durant sa détention. Mais il est sain et sauf : Deo gratias !

    A Yangpi, les PP. Palou et Pirmez, Bétharramites, ont passé aussi par une dure épreuve. Le 17 août, une bande de pirates envahissait la ville : les deux Pères, ramassant en hâte leurs objets les plus précieux, senfuirent dans la montagne avec la population affolée. Le sous-préfet, averti dès la veille, avait fait ses paquets durant la nuit et, à laube, était parti pour Taly avec ses soldats. Les deux Pères passèrent une semaine dans la montagne, après quoi une escorte, envoyée à la demande du P. Etchart, les ramena à Taly, exténués par les privations quils avaient endurées.

    Le P. Badie nous est revenu de Hanoi le 9 octobre, parfaitement guéri et, quelques jours après, il regagnait son poste de Yofong.

    Le 20 octobre, Mgr de Gorostarzu, se rendant au séminaire de Pelongtan pour la clôture de la retraite prêchée par le Père Provicaire, fut projeté à terre par sa mule qui prit peur. Cétait à 30 mètres du séminaire et heureusement la chute neut pas de conséquences graves : après quelques jours Mgr put reprendre son travail.

    Kouiyang

    Extrait du Compte-rendu de lexercice 1925-26.

    Population totale environ 10.000.000
    catholique 24.941
    Baptêmes :
    Adultes 237
    in art. mortis 975
    Enfants de chrétiens 861
    in art. mortis 4.474

    Confessions 56.753
    Communions 146.937
    1 Grand-Séminaire 18
    1 Petit-Séminaire 20
    1 Probatorium 40
    52 Ecoles de garçons 1.011
    39 de filles 742
    11 mixtes 82
    4 Orphelinats 138 enfants.
    1 Dispensaire, 1 Hôpital, 1 Crèche, etc.

    Un de nos grands-séminaristes, qui avait reçu les ordres mineurs en septembre et était appelé au sous-diaconat pour Noël, vient de mourir. Cest une perte sensible pour notre clergé indigène. Cette mort réduit à six le nombre de nos futurs sous-diacres.

    Le 14 octobre, dans laprès-midi, comme le P. Terrat, provicaire, venait de sortir de sa chambre, une partie du toit sest effondrée soudainement, brisant en morceaux la chaise sur laquelle le Père était assis quelques instants auparavant. Rendons grâces à Dieu, qui nous a préservés dun grand malheur !

    Les exercices du Jubilé ont eu lieu à peu près dans tous les districts et ont été suivis partout avec grande ferveur.

    Lanlong

    Extrait du Compte-rendu de lexercice 1925-26.

    La retraite des missionnaires a eu lieu à lépoque ordinaire et les. confrères sont repartis approvisionnés de courage pour une nouvelle année de travail.

    On fait encore une levée de soldats : presque tous les jeunes gens sont sous les armes et lagriculture manque de bras.

    Canton

    La retraite des missionnaires a eu lieu du 5 au 12 novembre.

    Le 28 octobre, Mgr Fourquet a béni la nouvelle chapelle du village de Wingtai, due au zèle du P. Mathias Ho. Après la messe célébrée par Mgr, 65 personnes ont reçu la Confirmation.

    Notre nouveau confrère, le P. Le Baron, est arrivé à Canton le 30 octobre, après un voyage effectué dans les meilleures conditions. Il a célébré la grandmesse solennelle à la cathédrale en la fête de la Toussaint.

    Le P. Fabre, revenu de France en bonne santé, a repris la direction de son district de Shuntak.

    Pakhoi

    Lexercice 1925-26 accuse 206 baptêmes dadultes, 834 baptêmes denfants, 29.434 confessions et 67.083 communions. Lexercice suivant sera-t-il plus fructueux ?... Sans doute, dans lensemble des événements, il y a accalmie depuis trois ou quatre mois. Cependant la résidence de Muilok est toujours occupée par la soldatesque, ce qui empêche forcément le travail apostolique du P. Baldit. A Shekshing, les étudiants agitateurs sont toujours en effervescence ; un peu partout circulent des bruits de nouveaux troubles à la veille déclater. Rien ne vient calmer les craintes de populations à qui les rapports avec nous paraissent dangereux pour longtemps encore.

    Quil y ait danger pour les catholiques et leurs amis, le P. Zimmermann vient den faire une nouvelle et bien cuisante expérience. Comme conclusion à un meeting anti-étranger, au cours duquel missionnaire et chrétiens avaient été copieusement injuriés et menacés de mort, le soir même tout le personnel de la résidence catholique était empoisonné. Le Père, ses catéchistes et serviteurs, au nombre de huit personnes, son cheval et ses animaux domestiques, toute la maisonnée y passait. Il faudrait la plume de Dante.... ou du P. Zimmermann lui-même, pour décrire les atroces souffrances endurées pendant des heures par ces pauvres condamnés Enfin grâce à Dieu, à la Bonne Mère et à la petite Sur Ste-Thérèse, dit notre confrère, personne ne succomba, sauf le cheval, qui ne put se décider à vomir. La Providence garde ses fidèles, et nous nous unissons à notre cher doyen pour len remercier du fond du cur. Mais vraiment le travail nest nullement facilité par des accidents dont la fréquence semble vouloir devenir pain quotidien. Des hommes comme le P. Zimmermann sen peuvent accommoder : leurs chrétiens ne laissent pas dy trouver un désagréable goût de cendres. Quant aux païens bien disposés, comment leur reprocher de sen tenir encore aux inoffensifs et savoureux oignons dEgypte ?

    De Haïnan, le R. P. Julliotte annonce que notre confrère le P. Savina a eu la fièvre typhoïde, corsée de paludisme et de retour de dysenterie, mais quil est maintenant hors de danger.

    Enfin un rayon de joie, pour clore cette chronique en mineur. Le jeune P. Ferrand vient de nous arriver, plein de vigueur et de zèle. Que Dieu accorde longue vie et labeur fertile au nouveau missionnaire de Pakhoi ; pour nous, les vieux, cest très fraternellement que nous lui ouvrons nos bras et nos curs.

    Hanoi

    NN. SS. Gendreau et Chaize viennent de terminer leurs tournées apostoliques dans les différentes chrétientés. Cette année les exercices de mission ont été suivis avec plus de ferveur par nos bons catholiques, désireux de gagner lindulgence du Jubilé.

    Le P. Raynaud, de retour de Nouméa, où il était allé visiter les Annamites catholiques employés dans les mines, est nommé à Nam-Dinh : il trouvera là un vaste champ pour exercer son zèle auprès des indigènes et des Européens.

    Le P. Durand, Mariste, missionnaire aux Nouvelles-Hébrides, est parmi nous pour quelques mois ; il étudie la langue, qui lui sera dun grand secours pour le ministère auprès des Annamites de plus en plus nombreux dans cette région.

    Vinh

    Le dimanche 31 octobre, en la fête du Christ-Roi, Xadoai eut lhonneur de recevoir la visite officielle de Mgr le Délégué Apostolique. A 4 heures ½ lauto qui amenait Son Excellence arrivait à la mission. Un groupe de chrétiens était allé lattendre à quelque distance ; mais le vrai cortège ne sorganisa quà lentrée du village. Une cinquantaine de jeunes filles, habillées de blanc et portant des oriflammes, ouvraient la marche ; venaient ensuite les élèves du petit et du grand-séminaire, enfin le clergé de la paroisse et les missionnaires précédant immédiatement lauto. A lentrée de la cathédrale Mgr le Délégué met pied à terre et, après les cérémonies prescrites pour la réception du Représentant du Souverain Pontife, il donne la bénédiction papale et préside au salut du Saint-Sacrement. Au cours du salut sont chantées les litanies du Sacré-Cur et la formule de Consécration au Sacré-Cur est récitée par plusieurs milliers de voix avec un accent de piété vraiment impressionnant.

    Au repas, qui suivit de près ces cérémonies, les voyageurs Son Excellence et les Pères Vandaele et Le Gourriérec, racontèrent les incidents de leur voyage de Vinh à Hué et retour, incidents qui. consistèrent surtout en pannes fréquentes et prolongées.

    Tout était à la joie ; mais en ce monde la joie et la tristesse se suivent souvent de près. Et, en effet, Mgr Eloy avait une mission bien pénible à remplir. La veille de ce jour, Sa Grandeur avait reçu un télégramme du Secrétaire dEtat du Saint-Siège annonçant la mort de la sur unique et très aimée de Mgr Aiuti. Lui-même avait reçu de la même source un autre télégramme lui disant létat grave de cette chère sur ; mais il gardait encore une lueur despoir, lueur qui allait être bientôt éteinte par la communication de Mgr Eloy, révélant la triste réalité.

    Ce coup, arrivant pendant une visite officielle, était bien dur ; néanmoins le programme arrêté fut maintenu et exécuté ponctuellement. Le jour de la Toussaint, Mgr le Délégué fut célébrant à tous les offices ; grandmesse, procession et salut du Saint-Sacrement.

    Les chrétiens avaient exhibé toutes leurs richesses en drapeaux et parasols. La fanfare annamite, tambours, gongs, cymbales et tout le reste, donnait tout ce quelle pouvait pour rehausser la solennité. Quelques clairons alternaient avec elle pour mettre un peu de variété. Mais ce qui par dessus tout donnait la note solennelle, cétait la voix forte et harmonieuse des quatre cloches de la cathédrale sonnant à toute volée.

    Le jour des Morts, Mgr Eloy célébra une messe solennelle pour le repos dune âme chère à Mgr le Délégué. La cathédrale se trouva de nouveau remplie. Elèves des séminaires, clergé indigène, missionnaires étaient là au grand complet. Les chrétiens étaient venus en foule pour prier et témoigner quils prenaient part à la douleur éprouvée par le Représentant du Saint-Père. Les deux jours suivants furent employés à la visite du grand et du petit-séminaire. Le vendredi, le travail terminé, Son Excellence quittait Xadoai, laissant à tous le souvenir dune grande bonté et dune simplicité charmante. Un catholique, M. Vinh, eut lhonneur de ramener à Hanoi le noble voyageur avec son secrétaire, le Père Vandaele.

    Quelques jours après, Mgr Eloy partait pour une tournée de confirmation dans la province de Hatinh. Sa Grandeur rentrera à temps pour faire lordination de Noël, qui comptera 27 ordinands : 4 prêtres, 1 diacre, 3 sous-diacres, 9 minorés et 10 tonsurés, sans compter deux sous-diacres actuellement à Penang, mais sur le point de rentrer et qui ne tarderont pas à recevoir le diaconat et la prêtrise.

    En passant à Vinh, Mgr le Délégué na pas ménagé ses félicitations et ses encouragements au vaillant curé, le P. Delalex, pour la grande et belle église quil a entrepris de construire malgré des difficultés de toutes sortes. Lédifice est de style ogival, à trois nefs avec transept, et mesure 50 mètres de long sur 16 de large. Les travaux de maçonnerie sont fort avancés et lon peut dès maintenant se rendre compte que ce sera la plus belle église du Nord Annam.

    Hunghoa

    Le P. Chatellier, après trois mois de séjour à Béthanie, nous est revenu en bonne santé : nous ne lattendions quen décembre ou janvier prochain, mais notre confrère ne connaît pas le repos ici-bas ; il nattend que celui du Paradis !

    Le P. Vandaele, Procureur, sest offert quelques semaines de vacances, en accompagnant S. E. le Délégué Apostolique à Hué, et, à titre dancien professeur, a fait partie de la Commission réunie au Petit-Séminaire dAnninh pour lorganisation des études dans les établissements scolaires des Missions de lIndochine.

    Le 25 octobre arrivait à Hunghoa notre nouveau confrère, leP. Doussoux. Les fêtes de la Toussaint passées, notre Benjamin, plein de santé et dardeur, sest mis de suite à létude de la langue. Il sappelle naturellement en annamite Hien, cest-à-dire le Père la Douceur; si le Bon Dieu lui prête longue vie, ce que nous lui souhaitons, les occasions de pratiquer cette belle vertu ne lui manqueront pas.

    Une bilieuse hématurie a obligé le P. de Neuville à sortir de Nghia-lo pour venir recevoir à Yenbai les bons soins du P. Blondel et des Surs de Saint-Paul. Grâces à Dieu, tout danger est conjuré, et, nous lespérons, quelques semaines de repos lui permettront de se remettre complètement.

    Le P. Savina, toujours dans lîle de Hainan, a été, lui aussi, éprouvé par la maladie ; une fièvre typhoïde violente a failli lemporter. Il est venu se refaire au Tonkin.

    Hué

    S. Exc. le Délégué Apostolique de lIndochine est venu passer huit jours dans la Mission. Arrivé le 24 octobre à Anninh pour y traiter avec le Supérieur de notre Grand-Séminaire, le Supérieur et les professeurs de notre Petit-Séminaire, le P. Le Gourriérec, Supérieur du Petit-Séminaire de Vinh et le P. Vandaele, ancien professeur du Petit-Séminaire de Hunghoa, certaines questions concernant les études, Mgr Aiuti était à Hué le 27. Les PP. Vandaele et Le Gourriérec ly ont accompagné. Le P. Maheu, de la Mission de Quinhon, mandé par lui, y arrivait le 29. Le lendemain, cétait le tour de M. labbé Pléneau, curé-doyen de Pauillac, oncle de notre confrère de la Mission de Phatdiêm, qui navait pas voulu quitter lIndochine sans faire une visite à la capitale de lAnnam, dont on lui avait dit tant de bien. Le 31, il édifiait les fidèles de la paroisse française de Hué en leur racontant ses impressions sur le Congrès Eucharistique de Chicago, auquel il avait eu le bonheur dassister.

    Enfin, le 1er novembre, nous avions le plaisir de recevoir notre nouveau confrère, le P. Viry, parti de Paris le 12 septembre. Son voyage a été proportionné à la longueur de sa personne. Le 7 novembre, il ira prendre sa place au Grand-Séminaire de Phuxuan, où, tout en apprenant lannamite, il fera quelques cours secondaires à nos séminaristes.

    Bangkok

    Il nous est vivement agréable de signaler larrivée parmi nous, le 24 octobre, du Père Ollier, puisque la joie de voir un nouveau confrère ne sest produite que trois fois en lespace de 14 ans au Siam.

    Le P. Ollier na pas vu le beau soleil sourire à son débarquement, car lannée est exceptionnellement pluvieuse, mais nous espérons que sa vie sera suffisamment longue pour que des jours heureux lensoleillent longtemps au Siam.

    Les PP. Durand et Fouillat ont solennellement célébré le 25e anniversaire de leur ordination. Nombre de Pères et de fidèles sont allés présenter leurs vux aux jubilaires et leur souhaiter datteindre le sommet quils aperçoivent dans le lointain : celui dune vie sacerdotale de cinquante ans, toute consacrée à Dieu et aux âmes.

    Des déluges deau ont quasi submergé le Siam en octobre, déluges accompagnés déclairs et de tonnerre. La récolte du riz, qui sannonçait bonne, se trouve en partie compromise et la pauvreté restera le partage de plusieurs missionnaires et de leurs chrétiens durant 1927.

    Malacca

    Manille est venu évangéliser la Malaisie. Un Père Jésuite a prêché les retraites de nos communautés de Frères et de Surs. Il vient de rentrer aux Philippines.

    Ont repris aussi le chemin de Manille deux Pères Rédemptoristes, qui ont procuré le bienfait de la mission aux paroisses de langue anglaise du diocèse. Commençant par la Cathédrale, ils sont montés au nord en passant par Malacca, Seremban, Kuala-Lumpor et Ipoh, pour terminer leur tournée apostolique par Pulo-Tikus et lAssomption. Partout ils ont fait dexcellente besogne ; les confrères sont enchantés des résultats obtenus : beaucoup de retours à Dieu. Les zélés prédicateurs nous ont quittés fatigués, mais heureux du bien quil leur a été donné de faire aux âmes. Pasteurs et fidèles ne les oublieront pas.

    Le P. Seyrès, qui avait déjà prêché le Jubilé à St-Jean de Kuala-Lumpor, est allé convertir les Eurasiens du P. Cardon à Taiping. Le P. Etienne Lee, après avoir fait gagner lindulgence de lAnnée Sainte aux Chinois chrétiens dIpoh, est remonté vers Penang et a procuré le même bienfait aux Hakkas de Balek-Pulau.

    Maintenant toutes nos chrétientés ont pu faire leur Jubilé. Que Dieu en soit loué et remercié ! Quil récompense les prédicateurs et donne à nos chrétiens la grâce de la persévérance !

    Birmanie Septentrionale

    Nos dix prêtres birmans viennent de terminer leur retraite, qui a été prêchée par Mgr Foulquier.

    Des pluies torrentielles ont brisé les lignes de chemin de fer. Depuis quinze jours nous sommes sans nouvelles du monde extérieur. Le dernier numéro du Bulletin, que les confrères réclament avec insistance, est arrêté quelque part entre Rangoon et Mandalay. De long temps on navait vu pareil déluge. Les récoltes pourrissent sur place, les bestiaux périssent, la peste a fait son apparition. Bien mal se terminera lannée.

    Laos

    Pour la première fois depuis sa fondation, la confirmation a été administrée dans le poste annamite de Savannakhet ; aussi les chrétiens ont-ils voulu recevoir leur évêque grandiosement. Fanfare, grosse caisse, oriflammes, pétards, rien ne manquait à la fête et la réception de Mgr Gouin a été un événement pour la ville. Bien que la chrétienté ne compte quune centaine de fidèles, sept ou huit cents personnes firent cortège à Monseigneur du débarcadère jusquà la mission. Après les discours dusage, la fanfare y alla de ses plus beaux morceaux, y compris la Marseillaise. 22 néophytes reçurent le sacrement de Confirmation.

    Nous sommes à 18 jours de Saigon par les chaloupes, à 8 jours de Bangkok par les chemins et moyens les plus rapides ; mais voici que, grâce à lautomobile, nous ne sommes plus quà 2 jours de Hué. Cest un rêve pour nous, pauvres broussards du Laos. Vive le progrès

    Mysore

    Les PP. Nauroy et Feuga sont revenus au milieu de nous au début doctobre. Le premier senorgueillit maintenant dêtre appelé au plus haut poste de la Mission : il sagit, en effet, de Mercara, qui est à 4.000 pieds daltitude. Quant au second, il fait à Bangalore ses derniers préparatifs pour aller fonder, en compagnie dun prêtre indigène, une nouvelle chrétienté parmi les païens de race telegou.

    Penang

    Nous avons eu le plaisir de recevoir un jeune confrère, le P. Davias. Il nous est arrivé plein dardeur et sans retard sest mis au travail pour soulager les autres professeurs.

    Notre Supérieur, le P. Pagès, a annoncé quil comptait sembarquer à Marseille vers le 5 novembre : nous lattendons donc incessamment.

    Séminaire de Paris

    Une quatrième religieuse est venue sadjoindre à la petite communauté des Surs de la Charité de Strasbourg, dont le concours nous est désormais assuré non seulement pour la cuisine, mais aussi pour la lingerie et le soin des malades.

    A Bièvres, la Supérieure, décédée au mois de juillet, a été remplacée par une des religieuses faisant partie de la communauté, dont leffectif reste diminué dune unité.

    Une Exposition des Missions a eu lieu à Notre-Dame de Liesse, lieu de pèlerinage célèbre du diocèse de Soissons. Toutes les paroisses de la région sy sont rendues à tour de rôle. Une dizaine de congrégations missionnaires participaient à cette exposition. Notre stand était présenté aux nombreux pèlerins par deux séminaristes, lun de Tôkyô, lautre de Mysore, tous deux alors en vacances à la Colonie Sainte-Croix de Belleu, près Soissons.

    A loccasion du 7e centenaire de saint François dAssise, Mgr le Supérieur a présidé une des cérémonies du triduum à Saint-Sulpice et une chez les Clarisses de la Villa de Saxe.

    Le 13 octobre, Mgr le Supérieur, dans une cérémonie tout intime à lHôtel Lutetia, a remis officiellement à Mgr Freri la croix de Chevalier de la Légion dHonneur. Mgr Baudrillart, M. Canet (des Affaires Etrangères), Mgr Descamps et plusieurs notabilités ecclésiastiques, les PP. Boulanger, Garnier, Gérard, assistaient à la cérémonie.

    Le P. Pagès, Supérieur du Collège de Penang, a fait aux aspirants une conférence sur cet important établissement.

    En préparation de la Journée des Missions qui a eu lieu à Amiens le 17 octobre, le P. Depierre a donné des conférences avec projections au grand-séminaire et dans les établissements déducation de la ville.

    Pour la fête du Bx Chastan, le P. Sibers est allé au diocèse de Digne prêcher sur nos Martyrs et sur la Propagation de la Foi.

    Mgr Morel, Archevêque de Pondichéry, sest embarqué à Marseille le 13 octobre pour regagner sa mission. Trois jours après Mgr Perroy sembarquait à son tour pour Rangoon.


    1926/760-779
    760-779
    Anonyme
    France et Asie
    1926
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