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Chronique des Missions et des Etablissements communs 9

Chronique des Missions et des Etablissements communs. Tôkyô 1er septembre: date tristement mémorable ! Il y a un an, à pareil jour, un tremblement de terre dune violence inouïe ébranlait la région de Tôkyô et, lincendie aggravant le désastre, ne laissait après lui que des ruines. Les statistiques officielles publiées depuis lors ont donné les chiffres suivants. Maisons détruites à Tôkyo365.087 à Yokokama79.000 dans toute la région sinistrée706.624
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    Chronique des Missions et des Etablissements communs.

    Tôkyô

    1er septembre: date tristement mémorable ! Il y a un an, à pareil jour, un tremblement de terre dune violence inouïe ébranlait la région de Tôkyô et, lincendie aggravant le désastre, ne laissait après lui que des ruines.

    Les statistiques officielles publiées depuis lors ont donné les chiffres suivants.

    Maisons détruites à Tôkyo 365.087
    à Yokokama 79.000
    dans toute la région sinistrée 706.624

    Quant aux victimes, elles se comptent par centaines de mille :


    Morts Blessés
    A Tokyô 141.720 102.100
    A Yokokama 29.000 20.000
    Dans la campagne 26.500 42.000

    Total 197.220 164.100

    La statistique a relevé le nombre des étrangers victimes du cataclysme à Yokohama seulement :

    Morts Blessés Disparus Total
    Chinois 1.542 2.039 596 4.177
    Anglais 81 68 105 254
    Russes. 87 62 96 245
    Américains.. 40 63 64 167
    Français... 11 22 31 64
    Allemands... 9 23 30 62
    Italiens 2 6 10 18
    Espagnols ,, ,, 4 4
    Belges. ,, ,, 1 1

    Total.. 1.772 2.283 937 4.992

    Lopinion publique soupçonne que les pertes sont plus grandes que ne lannoncent les documents officiels. Quoiquil en soit, elles sont terrifiantes.

    La part de la Mission de Tôkyô a été lourde : 2 Missionnaires, 10 Religieuses de S.-Maur, 1 Sur de St-Paul de Chartres ; plusieurs centaines de chrétiens.

    La partie européenne de Yokohama ne se relève que bien lentement. A Tôkyô, au contraire, on estime que 70% des maisons détruites ont été rebâties, au moins temporairement, car les nouveaux plans définitifs, avec larges avenues, parcs, etc., ne sont pas encore complètement dressés.

    Nos confrères sinistrés ont fait aussi du provisoire. Six églises et résidences ont été entièrement détruites, 4 à Tôkyô, 2 à Yokohama. Au milieu des décombres on a élevé des baraquements en bois avec toit en tôle : une grande salle sert déglise, et par derrière, le missionnaire sest aménagé un petit réduit où il réside en attendant mieux. Quand ce mieux sera-t-il réalisable ? Il est difficile de le prévoir, et, avec les prix exorbitants de la main-duvre et des matériaux, il est bien à craindre que ce provisoire ne dure longtemps !

    Nos chrétiens, bien que généralement pauvres et atteints eux-mêmes par le désastre, font tout leur possible pour venir en aide à la Mission dans cette dure éprouve.

    LEcole des Marianistes, lEtoile du Matin, a fait appel aux parents de ses élèves et à ses anciens élèves pour réparer les dégâts de ses établissements : en moins de 4 mois, du 18 février au 6 juin, plus de 120.000 yen ont été recueillis.

    Les Surs de S.-Paul nont pu encore relever leurs florissantes écoles ; mais, dans des maisons mises à leur disposition, elles réunissent plus de 600 élèves.

    Les Dames de S. -Maur font le voyage de Tôkyô à Yokohama pour faire la classe dans lancien Collège S.-Joseph des Marianistes, qui ont émigré à Sumiyoshi, près dOsaka.

    Que la bonne Providence vienne en aide à la Mission et à ses collaborateurs et collaboratrices, afin que tous puissent reprendre et faire prospérer leurs uvres, pour la gloire de Dieu et le salut des âmes !

    Nagasaki

    Du 2 au 7 juillet nos prêtres indigènes, réunis au nombre de 29, ont fait leur retraite annuelle, prêchée par un des leurs, le P. Urakawa. A la clôture des pieux exercices, quatre dentre eux ont célébré leurs noces dargent sacerdotales.

    A Urakami, qui fait partie maintenant de la ville de Nagasaki, se poursuit la construction du nouveau Séminaire, tout en béton armé. Quand la cage sera terminée, puissent les oiseaux venir nombreux y chercher refuge !

    Osaka

    LEcole Commerciale de lEtoile brillante, fondée à Osaka par les Marianistes en 1898, a célébré dernièrement le 25e anniversaire de sa naissance. Ouverte avec 13 élèves, elle en compte aujourdhui 850. Meisei-Gakkô banzai !

    Seoul

    Voici quelques chiffres extraits du compte-rendu de la Mission pour lexercice 1923-24.
    Population totale 8.679.120
    Population catholique 55.115
    Adultes 783
    1.267
    in art. mort. 484
    Baptêmes 5.435
    Enfants de chrétiens 2.361
    4.168
    in art. mort. 1.807
    Confessions 171.071
    Communions 384.192
    Grand-Séminaire 26
    Petit- Séminaire 61 112 élèves
    Cours préparatoire 25
    1 Ecole Commerciale Supérieure 198 élèves
    54 paroissiales de garçons 3. 340
    19 de filles 2.092
    72 de catéchismes : garçons 809
    76 de catéchismes : filles 1.028
    2 Orphelinats (SS. De S.-Paul) 206 orphelins
    2 Dispensaires Malades secours 7. 149
    Visites à domicile 588

    *
    * *

    Le 3 août, vers 6 h. du soir, la foudre est tombée sur le clocher de léglise S.-Joseph à Seoul. Le feu prit à la charpente, mais les pompiers japonais, grâce à une pompe puissante, se rendirent bientôt maîtres de lincendie et empêchèrent quil ne se communiquât à léglise.

    Le P. Poyaud est rentré le 6 août de sa tournée apostolique chez les Japonais de Mandchourie Méridionale.

    Taikou

    Après une longue sécheresse qui menaçait de devenir désastreuse, la pluie est enfin arrivée, abondante, le 22 juillet. Immédiatement on a commencé la plantation du riz.

    Mgr Demange a reçu une aimable lettre de laviateur capitaine dOisy, qui lui dit le bon souvenir quil garde de son passage parmi nous.

    Depuis quelque temps, on compte chaque jour une moyenne de 600 Coréens se rendant au Japon.

    Mandchourie Méridionale

    Mgr Blois ayant manifesté lintention de célébrer lanniversaire la mort de Mgr Choulet, les confrères se sont fait un devoir de répondre à linvitation. Tous ceux que léloignement ou le mauvais état des chemins navait pas retenus chez eux étaient réunis à Moukden, le 31 juillet, heureux de donner cette marque daffection au vénéré défunt. Mgr Gaspais, que rien narrête quand il sagit de témoigner sa sympathie pour la Mission-sur, a bien voulu célébrer la Messe. Les PP. Poyaud et Krempff, de la Mission de Seoul, et le P. Samson, de la Procure de Shanghai, ont uni leurs prières aux nôtres.

    Labsoute fut donnée par Mgr Blois, sur la tombe même du défunt, dans cette cathédrale qui fut une des grandes uvres de sa vie. Son nom retentit une fois encore sous les hautes voûtes, tandis quà la même heure, dans les autres églises et chapelles de la. Mission, toutes rebâties ou restaurées par lui, des prières ferventes montaient vers Dieu pour le repos de son âme.

    Ce souvenir était bien dû par la Mission à celui qui lui consacra 43 années de sa vie, dont 22 dépiscopat. Il nest que justice quelle noublie pas lEvêque qui, à force de travaux, de zèle et de souffrances, la relevée de ses ruines et fait, en quelque sorte, renaître de ses cendres !

    Setchoan Occidental

    Mgr Rouchouse a vu enfin le terme de son long et fatigant voyage de retour du Concile de Shanghai.

    Arrivé à Chungking le 12 juillet avec Mgr Bourgain, S. G. assista à une ordination au Grand-Séminaire le 15 ; puis les deux évêques, continuant leur route, arrivèrent le 23 à Suifu, doù, après quelques jours de repos, Mgr Rouchouse entreprit la dernière étape du voyage, celle qui, après une absence de 5 mois, devait le ramener à Tchengtou, à la grande satisfaction de ses missionnaires et des chrétiens.

    Le P. de Jonghe, directeur de lEcole de la Sagesse à Kionglai, a profité du temps des vacances pour conduire deux de ses élèves à Shanghai, où ils sont admis à continuer leurs études à lUniversité lAurore. Lécole du P. de Jonghe prospère de plus en plus et compte actuellement 150 élèves.

    Setchoan Oriental

    Bénédiction de IEglise du Sacré-Cur de Kiuhien. Depuis plus dun siècle que la sous-préfecture de Kiuhien avait entendu prêcher la Bonne Nouvelle, le chiffre de chrétiens sy était accrû chaque année dans des proportions des plus consolantes, En ces 20 dernières années même, le nombre de ses paroisses avait plus que doublé, et de 5 était passé à 11. Cependant la joie de ses apôtres nallait pas sans une ombre de tristesse, car, si larbre de la Foi avait plongé ses racines dans les marchés et les campagnes les plus reculés du district, la ville elle-même, centre de la sous-préfecture navait pas encore son église, parce que son troupeau était encore le pusillus grex et parce quaussi la mission ny possédait pas encore demplacement assez vaste. A plusieurs reprises pourtant, avec les germes de lEvangile, les curés de Litonpa avaient tenté dy établir un pied-à-terre, mais ce pied-à-terre sétait réduit en une simple pharmacie, ce qui était loin de suffire pour létablissement dune résidence avec toutes les dépendances quelle exige. Enfin, vers lannée 1907, le regretté P. Perrier, à force de longanimité et aussi grâce à laide dun de ses paroissiens, avait fini par vaincre toutes les difficultés et acquis lemplacement suffisant pour le but projeté. Puis en 1919, Mgr Chouvellon chargeait le P. Mommaton de construire une église.

    Mais le démon veillait et ne pouvait se résoudre à voir lEglise franchir les reniparts quil défendait depuis si longtemps; aussi suscita-t-il à larchitecte plus dun embarras. Il fallut entamer de longs pourparlers avec la municipalité, et cela dura une année, pendant laquelle les travaux durent être interrompus. Enfin toutes les difficultés furent aplanies et le P. Mommaton posa la première pierre de son édifice et mena luvre à bonne fin en 1923.

    Cependant la guerre civile sévissait dans la province du Setchoan et le brigandage était partout à lordre du jour ; de sorte quil fallut remettre à des temps plus tranquilles la bénédiction de la nouvelle église. Enfin une éclaircie ayant paru cette année au ciel de Chine, le P. Théodore Cacauld, premier curé de Kiuhien, sempressa de convoquer les fidèles de la sous-préfecture aux fêtes de la bénédiction, et ce fut avec joie et empressement que les délégations nombreuses de chaque paroisse répondirent à cet appel. Et cependant une peine au fond de cette joie allait encore montrer à tous que toute uvre venant de Dieu doit auparavant passer par le creuset de la douleur. La Providence venait de rappeler à Elle notre Evêque vénéré. Nous aurions été si heureux en effet de le voir au milieu de nous, nous bénir, nous encourager ! De son côté, son cur paternel aurait été si débordant dallégresse de se voir entouré, en ces jours de fête, dune belle couronne de 4 missionnaires et 14 prêtres indigènes, tous consacrés par lui, tous curés dans le district ou originaires du district. Mais le bonheur parfait nest pas de ce monde

    Le P. Claval, Administrateur de la Mission, avait délégué le P. Casimir Cacauld, frère aîné de Théodore, pour présider les têtes de la bénédiction.

    Le 24 au soir, le P. Délégué arrivait aux portes de la ville ; la chrétienté tout entière ly attendait pour lui souhaiter la bienvenue et, par les rues les plus longues, avec force pétards, le conduire à la résidence.

    Le lendemain, jour fixé pour la bénédiction du nouveau sanctuaire, les fidèles arrivaient en foule dès la première heure du jour. A 8 heures les élèves de lécole normale de Litoupa faisaient crânement leur entrée, clairons en tête, saluaient le P. T. Cacauld et se mêlaient à la foule déjà dense et bruyante. A 10 heures le P. Délégué bénissait solennellement léglise, dans le silence recueilli des chrétiens présents et aussi de païens venus en très grand nombre. La bénédiction fut suivie dune Messe chantée célébrée par le P. C. Cacauld assisté de MM. J. Yang et S. Hia comme diacre et sous-diacre. Les autorités militaires et civiles avaient tenu à assister à cette messe ou à sy faire représenter, et la municipalité, qui jadis nous avait montré peu de sympathie, sy trouvait à peu près au complet. A 1Evangile, M. Mee, curé de Litoupa chanta les louanges de lEglise de Dieu, temple matériel et temple spirituel. Puis, loffice terminé, les autorités se rendirent au salon pour offrir leurs félicitations au P. T. Cacauld, et une série de toasts, ouverte par le P. Délégué, se déroula pendant plus de deux heures, durant lesquelles chacun rivalisa de verve pour affirmer sa sympathie à légard de notre sainte Religion. Vers 3 heures un dîner chinois des mieux soignés réunissait ensemble général, mandarin, municipalité, clergé indigène et missionnaires ; puis la première journée se terminait par une bénédiction solennelle du S.-Sacrement.

    Le lendemain, 25 juin, devait être une fête plus intime, réservée aux seuls chrétiens. Dans la matinée eut lieu la bénédiction de la cloche, don dun de nos prêtres chinois décédé ; le soir érection du Chemin de la Croix, suivie de la bénédiction du S.-Sacrement.

    Le 26, fête du Sacré-Cur de Jésus, patron de la nouvelle église, fut un jour tout consacré au Seigneur. Le S.-Sacrement, expose toute la journée, reçut les prières et les adorations de nombreux fidèles se succèdent jusquau Salut.

    Le 30 novembre 1823 le Bx Thaddée Lieou mourait pour la foi dans la ville de Kiuhien. Le P. Cacauld, installé en ville au jour du centenaire aurait bien voulu le célébrer en 1923, mais létat troublé de la province ne le lui permit pas ; aussi, cette année, aux fêtes de la bénédiction de son église avait-il joint un triduum en lhonneur du Martyr. A la joie extérieure sajouta celle dentendre, matin et soir, chanter du haut de la chaire la gloire de notre cher Martyr. Dans le toast de bienvenue porté aux autorités par le P. C. Cacauld ce dernier fit ressortir que des temps nouveaux semblaient se lever pour lEglise de Chine. Cent ans auparavant, en effet, T. Lieou était martyrisé dans lenceinte même de Kiuhien, et aujourdhui la Chine officielle ne craignait pas de prendre part à nos fêtes. Puisse, en récompense de cette sympathie, le Dieu créateur et conservateur des êtres et des choses, donner avec la paix un glorieux avenir à cette Chine que nous aimons tous dun même cur !

    En cette même fête du Sacré-Cur, le P. T. Cacauld célébrait le 25e anniversaire de son ordination sacerdotale. Le matin, le cher jubilaire officia avec deux prêtres du pays, M. B. Ouan comme diacre et M. A. Tchang comme sous-diacre ; puis, autour de la table qui nous réunit tous au dîner, sa modestie dut se résigner à entendre plus dun compliment ; car cette fête, pour familiale quelle fût, ne pouvait nous empêcher de retracer les vertus de notre cher Théodore. Je ne mettrai pas encore une fois son humilité à lépreuve, toutefois quil me soit permis de noter que, si le christianisme a fait de si rapides progrès dans la sous-préfecture, les sueurs du cher Père ny sont pas étrangères. En effet, avant dêtre nommé premier curé de la ville et vicaire forain de Kiuhien et Tatchou, le P. T. Cacauld avait travaillé plus de 20 ans dans la paroisse de Tckenkiaouan au nord-est du district et, pendant cet espace de temps, sa paroisse, le nombre des chrétiens augmentant rapidement, dut être divisée en quatre nouveaux centres : nest-ce pas là une preuve du grand zèle de notre confrère et aussi, comme le disait si bien son ancien vicaire, M. Mee, nest-ce pas là une preuve que Dieu est toujours avec lui et bénit ses travaux ? Puisse-t-il longtemps encore guider le troupeau que la Providence lui a confié ! Puisse le son argentin de sa cloche rappeler à ceux qui ne la connaissent pas quil est une religion autre que celles de Bouddha, Confucius et consorts, et que cette religion est la seule vraie ! Puisse sa chère église avec ses deux clochetons dressés vers le ciel comme deux bras implorant la miséricorde divine sur cette foule de païens qui marchent encore à lombre de la mort, puisse son église, dis-je, se remplir vite de fervents chrétiens ! Nous le demandons tous au Sacré-Cur de Jésus par lentremise de son serviteur le Bx T. Lieou, qui a été associé à ces fêtes.

    Setchoan Méridional

    Mgr Fayolle, après son retour de Chungking, sest rendu de suite dans la montagne, où il se trouve bien de la fraîcheur dont on y jouit. Puisse cette cure de bon air achever son rétablissement !

    NN. SS. Rouchouse et Bourgain sont arrivés à Suifu le 23 juillet, assez fatigués de leur long voyage, retour du Concile. Après quelques jours de repos, Mgr Rouchouse a continué sa route vers Tchengtou ; mais, sur les instances de tous, évêque et missionnaires, Mgr Bourgain, dont létat de santé laisse grandement à désirer et qui a encore à faire un voyage de 30 jours sous un soleil caniculaire et par des routes infestées de brigands, sest résigné à adopter le parti le plus sage : prendre quelques semaines de repos à la montagne avec Mgr Fayolle, en attendant le sacre du Coadjuteur, dont la date sera fixée dès larrivée des Bulles.

    Des rumeurs persistantes annoncent la reprise des hostilités à lautomne, quand la récolte sera finie et les greniers remplis... Quand donc aurons-nous la paix ?...

    Kientchang

    Le mandarin de la sous-préfecture de Yen-yuen vient de recevoir son changement, à la grande joie du peuple. Il a révolutionné tout le pays et, depuis six mois, ce nétait que combats entre Chinois et Lolos, rarement à lavantage des premiers. Dans les derniers jours de son stage, voyant que les choses tournaient mal pour lui, le pauvre homme essaya de senfuir, mais la population se lança à sa poursuite et le rattrapa à quelques li. Alors lorateur du peuple lui dit : Père et mère, nous ne tavons pas demandé dagiter ton bâton dans ce nid de frelons ; maintenant les frelons, furieux, sont sortis et gare à ceux quils piqueront ! Toi, tu ten moques ; tu ten vas, nous laissant nous débrouiller comme nous pourrons. Eh bien ! Non : cela ne se passera pas comme cela. La mort est préférable à ce que nous réservent les Lolos. Périr de ta main sera pour nous un honneur : tue-nous tous ! Et le pauvre mandarin ne tua rien.

    La peur des Lolos hante les esprits et fait surgir de toutes parts des prophètes. On raconte que dernièrement, à la Porte de lOuest, un homme, qui venait dacheter une livre de viande, sentendit soudain interpeller par un chien : Jai faim ; donne-moi ta viande et je te prédirai lavenir. Lhomme passa la viande, et le chien repu lui dit : Lan passé, il y a eu la sécheresse ; cette année, cest linondation ; lan prochain, la moitié des Lolos mourront. Sur quoi il partit en aboyant, et lhomme, rentrant chez lui, ne fut pas peu étonné de retrouver la viande dans sa marmite.

    Vers le même temps, la femme du mandarin, ayant entendu dire quune jeune fille de Kokaileang prédisait lavenir, la fit venir pompeusement, linstalla au prétoire, lui fit des prières et des salamalecs pendant cinq jours darrache-pied, au bout desquels la jeune fille lui dit : Les Lolos sont si terribles parce que le grand Bouddha du temple Peta les protège : détruisez-le et ils ne pourront plus rien. La mandarine raconta la chose à son mari, qui immédiatement lança des édits pour inviter le peuple à châtier le coupable ; mais lexécution na pas encore eu lieu.

    Et pendant ce temps on signale de tous côtés des méfaits des Lolos. Une bande de quatre à cinq cents tient le mont Yao et nous coupe toute communication avec le Sud. Ils ont dévalisé 80 familles et emmené captives 200 personnes. Le mandarin et la garde nationale ont voulu les poursuivre ; résultat : 16 morts de leur côté et 3 du côté des Lolos.

    La pacification de notre région ne sannonce pas comme prochaine, hélas !...

    Yunnan

    Après de nombreuses démarches et sur les instances réitérées de M. Bodard, Consul de France à Yunnansen, notre Maréchal-Gouverneur Tang Ki-yao sest enfin décidé à agir : le 2 août, le 2e régiment de sa Garde est parti pour Tali-fu dans le but de délivrer le P. Piton des mains des brigands. Puisse cette expédition être menée à prompte et heureuse fin !

    Le 14 juillet, en présence de toute la colonie française de Yunnansen, le P. Ducloux, Provicaire, a reçu des mains de M. le Consul les palmes académiques pour services rendus aux uvres françaises denseignement en Chine. Toutes nos félicitations pour une distinction si bien méritée !

    A Yunnansen le Gouvernement a tenté de sarroger le monopole du sel ; mais, devant les protestations des Consuls, il dût renoncer à ce projet.

    Le riz augmente toujours de prix : actuellement 27 piastres le teou (boisseau). Où allons-nous ?...

    Lanlong

    Deux régiments casernés à Lanlong se sont pris de querelle et, deux jours durant, il y eut échange de coups de fusil. Peu de victimes cependant, car la population sétait hâtée dévacuer la ville, qui resta vide une semaine. Invité par le mandarin, le P. Louis Esquirol fit aux chefs des deux partis maintes visites diurnes et nocturnes et fut assez heureux pour ramener la paix. Depuis lors des ordres venus de Kouiyang ont disloqué lun des deux régiments, et les habitants ne craignent plus pour leurs économies, quils ont bien craint de perdre pour la seconde fois en deux ans, car nombre de pillards figuraient dans le régiment dissous.

    Le riz est à des prix exorbitants. Heureusement la pluie est venue ; les semailles et plantations ont pu se faire et la récolte sannonce bonne.

    Canton

    Le Bulletin na pas à parler de la grève de Shameen, qui, pendant plus dun mois a privé les résidents européens des services de tous leurs employés et domestiques chinois, et même de ceux des policemen. Elle a pris fin depuis quelques jours et lordre règne à. Shameen... au moins jusquà nouvel ordre.

    Un autre conflit, plus grave et dont les conséquences pourraient être très sérieuses, est celui du Corps des Volontaires des Marchands avec le pseudo-gouvernement de Canton. Les commerçants paraissent lassés enfin des exactions dont ils sont victimes depuis quelques années, et leur résistance à une autorité aussi tyrannique quincapable pourrait contribuer à ramener la paix dans la province. Utinam... /

    Swatow

    La ville de Swatow tient à être à la page du progrès ; être une ville civilisée, à larges avenues, avec jardins publics et squares ombragés, ne lui suffit plus, elle veut être policée ; aussi depuis quelque temps les règlements pleuvent-ils dru. La circulation des automobiles, bicyclettes, pousse-pousse, même celle des piétons, sans excepter les buffles, chiens et porcs, tout est minutieusement réglementé. Malheureusement nous sommes en Chine et, comme personne ne se soucie des règlements affichés à tous les coins de rues, la police même se fatigue vite à les faire observer et au bout de trois jours tout rentre dans lordre, comme auparavant, cest-à-dire dans le désordre.

    Lélargissement des rues et le percement des nouvelles avenues se poursuit activement : la question financière nembarrasse pas nos modernes édiles. Le règlement est bien clair : expropriation pure et simple, sans indemnité ; si, à lépoque fixée, le propriétaire na pas débarrassé le terrain, il est passible dune forte amende ; la chaussée est arrangée aux frais de ceux qui obtiennent pignon sur rue. Haussmann est bien dépassé.

    Le Bureau des Travaux Publics a fait savoir aux étrangers qui croyaient encore, en vertu des traités, avoir droit à certains égards, quon ne leur ferait pas dautres conditions quaux citoyens libres de la République de Chine. Si les plans quon a publiés étaient exécutés, le terrain de la Mission serait coupé en quatre, comme un vulgaire gâteau de Savoie, sans compter quil sera rogné sur les quatre côtés. Il nous restera la ressource daller nous installer sur la montagne den face.

    Kouangtong Occidental

    Aucun fait notoire à signaler. On sest plaint un peu de tous côtés dun ciel passablement pluvieux qui, sil favorisait les récoltes en terre, contrariait un peu trop le séchage et la rentrée de celles que étaient déjà mûres. Comme les éléments, les hommes (certains tout au moins,) ont contribué à la perturbation du pays, soit en poursuivant leurs menées dites politiques, soit plus franchement en continuant leur vie de brigandage. Jai signalé en juin le danger couru par notre confrère le P. Cellard, qui avait dû, répondant à lappel de son vicaire, le prêtre indigène Lion, aller senfermer avec lui à Tepo, asile de quelques centaines de fugitifs, afin de les réconforter par sa présence et tenter den imposer aux pirates campés aux alentours, coutumiers dinvestigations peu rassurantes jusque dans le village même.

    Déjà ils avaient enlevé 15 habitants qui purent être rachetés pour moins de $200. Ici il faut louer la magnanimité des pirates qui se contentèrent dune si faible rançon, tandis quils exigeaient près de 4.000 piastres pour la rançon dautres otages, sans parler même des services dont ils furent accablés pendant une captivité de près de 2 mois, nayant pour toute nourriture, en petite quantité et une fois par jour, que de la bouillie de patates desséchées. Le P. Cellard, qui pouvait courir des risques sérieux, neut pas à regretter son intervention. Sa présence épargna de nombreuses vexations au village et il put même parfois admonester MM. les pirates, qui acceptèrent de bonne grâce ses remontrances, se contentant den sourire, sans plus, malgré les armes redoutables dont ils étaient porteurs. Notre confrère, au bout dune quinzaine, put nous revenir avec la quasi-promesse que le village ne serait plus molesté, promesse qui a été tenue jusquà ce jour.

    Pendant que le P. Cellard faisait bonne garde à Tepo, le P. Zimmermann, redevenu parlementaire une fois de plus, sefforçait darracher à un triste sort quelques victimes des derniers événements, qui se sont déroulés dans la ville de Louitcheou. Jusquici il na réussi que partiellement dans ses efforts, mais il ne désespère pas de les voir couronnés de succès quand prendront fin les circonstances qui entravent encore la libération de tous les prisonniers. On espère que les pourparlers entrepris entre le nouveau Gouverneur de la ville et les pirates, en vue de leur soumission, aboutiront enfin. Une fois ces encombrants alliés enrégimentés et partis vers un autre front, le Gouverneur pourra relâcher les prisonniers réclamés par les pirates, avides de venger Wong Tsoihoi, leur ex-chef et dapaiser ses mânes par la mort des captifs, exécuteurs de ce chef de brigands.

    On signale, entre la frontière du Territoire et Muilok, de nombreuses bandes de pirates qui rendent dangereuse la traversée de cette zone, aussi bien par voie fluviale que par terre. Vers Pakhoi et le Tonkin la situation semble assez calme, nétaient les intrigues des différents chefs de ces régions, qui, plus soucieux dasseoir leur autorité que détablir lordre et la paix, hument le vent pour savoir de quel côté il convient de sorienter.

    Kouangsi

    Le siège de Kouylin a duré 75 jours ; la ville dut son salut à la hauteur de ses murailles et à lendurance de ses défenseurs.

    Les PP. Humbert et Rigal eurent à subir de nombreuses privation ; mais, grâce à Dieu, ils sont sains et saufs. Les assiégeants nont certes pas épargné leurs efforts : ils mettaient, dit-on, une ardeur diabolique à monter à lassaut, car on leur avait promis quen cas de réussite on les laisserait piller à discrétion pendant trois jours.

    Mgr Ducur, rentrant du Concile, a mis dix-sept jours pour parvenir de Hongkong à Kouyhien ; le voyage par le fleuve ne demande ordinairement pas plus de quatre jours ; mais le Si-kiang est capricieux et il lui avait pris la fantaisie denvahir les campagnes à plusieurs lieues à la ronde : il est vrai que son lit avait disparu sous vingt mètres deau.

    Les théories de lAbbé Moreux semblent bien trouver une confirmation dans le régime des eaux du bassin du Si-kiang : tous les onze ans environ des crues formidables dévastent la région. Les vieux Chinois parlent encore avec terreur de la fameuse crue de 1881. Nous manquons de données sur lannée 1892, mais les années 1902 et 1913 furent marquées par des catastrophes. Cette année 1924 ne fait pas exception à la règle.

    A Kouyhien, Monseigneur a eu la consolation de bénir la coquette église bâtie par les PP. Poulat et Labully.

    Tonkin Occidental

    La Paroisse de Hanoi. Le total des communions distribuées à la Cathédrale durant lexercice 1923-1924 est de 113.818, plus 104.092 données dans les chapelles des Surs, des Frères, du Carmel, de St-Antoine, de lAsile des Incurables.

    Le dimanche il y a, à léglise cathédrale, quatre messes, à des heures permettant à tous les catholiques de la ville dy assister. La première, à 4 heures ½, est suivie habituellement par 350 à 400 Annamites, surtout des ouvriers et domestiques, dont plusieurs attendent aux portes de léglise dès 4 heures pour se confesser et communier à cette messe. La 2e, à 5 heures ½ , avec 1500 assistants ; messe semi-paroissiale : on y fait les annonces et la lecture de lEvangile du jour en annamite. La 3e, à 7 heures, messe paroissiale pour les Annamites, mais aussi messe de communion pour les Français ; on y a compté, un dimanche de février dernier, 2.750 assistants. Le prône et le sermon annamite, les publications de mariages et autres annonces, se font à cette messe. La 4e enfin ; à 8 h. ½ est la messe des Français, suivie par un grand nombre de personnes : environ 1200 chaque dimanche. Au salut du St-Sacrement, le dimanche à 5 h. ou 5 h. ½ suivant la saison, il y a une moyenne de 1.200 à 1.300 assistants. En Carême plus de 800 Annamites viennent réciter leurs prières et assister à lune des trois messes-quotidiennes. Voici maintenant le bilan de ladministration des sacrements pour les Annamites : Baptêmes denfants de chrétiens, 268 ; dadultes bien portants, 147 ; dadultes mourants, 395 ; denfants de païens, mourants, 1880. Le ministère est très chargé : 2 missionnaires et 4 prêtres indigènes sont habituellement occupés par la prédication, le catéchisme, les confessions (on en compte 62.560 dans lannée, soit une moyenne de 175 par jour), la visite des malades, la surveillance et la direction des uvres paroissiales, etc.

    Reste encore le ministère de laumônier de la prison, où de nombreux détenus reçoivent avec fruit sa visite. Pendant leur détention et leurs longues heures de silence, les criminels réfléchissent et assez nombreux sont ceux qui demandent le baptême. Durant le dernier exercice laumônier à eu la consolation den baptiser 12.

    Haut Tonkin

    Après les joies de la fête de saint Pierre et des noces dargent sacerdotales du P. Vandaele, un deuil bien douloureux, que rien ne pouvait faire prévoir, est venu, attrister notre Mission. Après une maladie de quelques jours seulement, le bon Dieu appelait à Lui notre cher et vénéré doyen, le P. Girod, que nous avions vu arriver de sa lointaine brousse plein de santé et, nous semblait-il, plus jeune et plus gai que jamais.

    La mort de ce très regretté confrère est une grande perte pour notre Mission, où il a tant travaillé, tant peiné jusquau bout malgré ses 70 ans, et où il laisse partout lexemple et les traces durables de son pieux, courageux et persévérant labeur. Notre consolation est de penser que déjà le bon Maître a accordé à son intrépide serviteur de se reposer enfin auprès de Lui !

    Tonkin Maritime

    Au Tonkin, les mais de juin et de juillet sont particulièrement chauds, et on en profite volontiers pour aller se reposer un peu au bord de la mer ou aux stations daltitude nouvellement créées par le Gouvernement.

    La Mission du Tonkin Maritime, bordée à lest par la mer sur plus de 100 kilomètres, a lavantage de posséder deux magnifiques plages.

    La première, Samson, le Trouville de la province de Thanh-Hoá, située près de lembouchure du Song-Ma, est particulièrement appréciée des Européens, tant fonctionnaires que colons ; ils y ont construit des hôtels et des villes, qui attirent pendant lété de nombreux baigneurs. Il y a 15 ans toute la région était encore entièrement païenne ; mais depuis lors la grâce de Dieu est descendue abondante dans les âmes, et le P. Bourlet, à qui elles sont confiées, a pu y créer 3 chrétientés florissantes. Aujourdhui Samson possède un prêtre à demeure, un apôtre : le P. Martin, qui, depuis décembre 1923, sest donné corps et âme à ce coin intéressant.

    La deuxième plage est celle de Ba-Làng, à 40 kilomètres au sud de la précédente. Là, pas de villas européennes, mais un groupe compact de 4.000 chrétiens et une jolie maison en briques et à étage pour abriter les baigneurs, avec, à proximité, les montagnes et la grande forêt.

    Tels sont les deux endroits où, pendant les mois dété, nous allons volontiers faire un séjour réparateur. Malheureusement, tout le monde ne peut pas se loffrir, et ce sont ceux qui en auraient le plus besoin qui doivent sen priver, ceux qui évangélisent les peuplades tai et laotiennes, là-bas en avant-garde sur les marches de lOuest, dans une région particulièrement malsaine. Léloignement et le manque de moyens de communication les retiennent dans leurs montagnes, dont ils ne sortent que pour la retraite annuelle ou pour cause de maladie. Pendant que leurs confrères de la plaine saccordent un peu de repos, ils continuent à porter sans trêve le poids du jour et de la chaleur, heureux quand même de pouvoir offrir à Dieu un sacrifice de plus.

    Cochinchine Orientale

    Lordination du 1er juillet nous a donné 2 diacres, 7 sous-diacres, 1 minoré et 9 tonsurés. Hélas ! un mois plus tard, la mort nous enlevait un prêtre encore jeune, le P. Qua.

    Au soir même de lordination commença la fête des noces dor du P. Panis, à laquelle prirent part Monseigneur et 32 prêtres. Le lendemain, le vénérable jubilaire, assisté dun missionnaire et dun prêtre annamite, chanta la grandmesse. Un gai repas la suivit avec chants et toasts nombreux. Puis, après un salut solennel, on se sépara, emportant chacun comme mot dordre celui que le P. Panis une fois encore nous avait donné : Restez jeunes !

    Le 25 juillet a été posée et bénite la première pierre de notre nouveau Séminaire. Puissent les aumônes arriver assez vite et assez abondamment pour permettre de mener luvre à bien le plus rapidement possible !

    Monseigneur est parti en tournée pastorale le 28 juillet et compte confirmer les chrétiens des deux provinces de Quang-ngai et Quang-nam et bénir, vers la mi-septembre, léglise élevée à Tourane par le P. Vallet.

    Avant son départ, Sa Grandeur a organisé lenseignement primaire, en nommant directeur de cet enseignement le P. Perreaux et en formant un bureau composé de deux missionnaires et de deux prêtres indigènes.

    Cochinchine Occidentale

    Le dimanche 8 juin, on a fêté à Saigon le cinquantenaire de la fondation de lInstitution Taberd. Cette école, fondée en 1874 par le P. de Kerlan, était destinée dabord à léducation des jeunes Eurasiens. Dirigée au début par les missionnaires, elle fut plus tard confiée aux Frères des Ecoles Chrétiennes. On y compte actuellement plus de 1200 élèves et seule linsuffisance des locaux empêche den recevoir davantage ; chaque année on est obligé de refuser des demandes dadmission.

    Aussi le nombre était-il grand des anciens élèves, français, eurasiens ou indigènes, qui vinrent participer à cet anniversaire. A la place dhonneur, pendant les discours dusage, siégea le P. Joubert, premier directeur de la maison, et il nous montra que les compliments, même bien mérités, avaient toujours le don de le faire rougir.

    A cette occasion on apposa, près de la porte dentrée, une plaque de marbre commémorative des victimes de la guerre ayant appartenu à lInstitution. On peut y lire les noms du P. Boxberger, ancien aumônier, et de lAbbé dAndigier, ancien élève, qui avait été admis comme aspirant au Séminaire de Paris.

    Le clou de la journée fut la représentation dune pièce historique en français, composée par un Annamite, ancien élève, M. Jacques Ðức. Le sujet traité est la conquête du royaume dAnnam sur les révoltés par le roi Gia-long aidé de Monseigneur. dAdran. Ce fut un succès : par les beaux sentiments quelle exprime et le bon français en lequel elle est écrite, la composition dune telle pièce fait honneur et à lauteur et à ses anciens maîtres.

    Le P. Guéguend, après avoir mené de front pendant plusieurs années la direction dune grande paroisse et dun district important, lexploitation dune station agricole et la construction dune splendide église, sest trouvé fatigué, on le serait à moins ! Espérons que Dalat, où le bon air des montagnes fait des cures merveilleuses, nous le rendra en parfaite santé. Un autre confrère sy rend également, non sans besoin, cest le P. Hay junior, récemment guéri dune pneumonie ; quand on a trente ans de Cochinchine, les forces sont lentes à revenir après une maladie grave.

    Le 9 juillet, notre évêque Mgr Quinton a subi, à lhôpital S.-Michel, à Paris, une grave opération, que lon espère avoir bien réussi. Dans toute la Mission dardentes prières sélèvent vers le grand Médecin, celui qui guérit quand il lui plaît.

    Cochinchine Septentrionale

    Depuis longtemps déjà, les bonzes de Hué voyaient avec tristesse leur prestige diminuer de jour en jour. Pour le rehausser, le chef de la célèbre pagode de Tu-Hiêu a eu lingénieuse idée de solliciter du Ministère des Rites lautorisation de faire subir à certains de ses administrés un examen général, qui témoignerait de leur sincère attachement au Bouddhisme. La demande ayant été favorablement accueillie par le Ministre des Rites et approuvée par lEmpereur dAnnam, il fut décidé que lexamen aurait lieu les 16, 17 et 18 juillet. Le public, très nombreux, qui navait pas vu pareille cérémonie depuis 30 ans, sintéressa surtout à la dernière épreuve, qui consiste à brûler des boules dencens sur le crâne dénudé des candidats déclarés admissibles. Plusieurs dentre eux acceptèrent volontiers cette petite grillade, qui, paraît-il, a suffi pour redorer le blason par trop défraîchi de la corporation des moines de Bouddha. Cependant quelques profanes, ayant remarqué que lun des candidats
    navait pu supporter une goutte de bougie tombée fortuitement sur son crâne, sont portés à croire que lépreuve du feu est accompagnée de quelque supercherie et disent tout haut que les bonzes et leurs adeptes ne sont que de vulgaires farceurs. Il semble donc probable que le résultat obtenu nest pas tout à fait celui que lon voulait atteindre.

    Le R. P. Benoît, Prieur du monastère de N.-D., dAnnam, à Phước-Sơn, a été officiellement nommé zélateur de lAssociation de messes et de prières pour la conversion des peuples de lExtrême-Orient. Avec lautorisation de Mgr Allys, il vient denvoyer dans les Missions de lIndochine française une lettre invitant le clergé et les fidèles à entrer dans cette Association, que Notre Saint-Père le Pape a lui-même recommandée si chaleureusement et qui, nous lespérons, produira sûrement de nombreux fruits de salut dans les Vicariats indochinois.

    Cambodge

    Une trentaine de Frères des Ecoles Chrétiennes ont fait à Soc-trang, à la fin de juillet, leur grande retraite de trois semaines. Elle a été prêchée par notre confrère le P. Haloux, et avec grand succès, ce qui nétonnera personne, étant donné le zèle et le talent du prédicateur.

    La peste a éclaté subitement à la bonzerie cambodgienne, en face de léglise de Soctrang : 5 bonzes et 4 serviteurs furent enlevés rapidement ; mais les mesures énergiques prises par lautorité enrayèrent totalement le fléau.

    3 élèves-catéchistes de Banam ont passé avec succès lexamen du certificat détudes franço-annamite. De même 4 religieuses, dont 2 ont obtenu également le certificat détudes français.

    Siam

    La fête du Sacré-Cur de Jésus, solennisée dans la plupart des postes de la Mission, la été cette année avec un éclat plus particulier encore au Séminaire. Outre la fête patronale de cet établissement, se célébrait un double jubilé : lavant-veille était le 25e anniversaire de lordination sacerdotale du P. Carton, supérieur, et dun de ses collaborateurs, le P. Figuet. Un nombre respectable de confrères et de prêtres indigènes sétait joint à lensemble des élèves, heureux de témoigner leur reconnaissance à leurs maîtres dévoués, et les chrétiens du poste de Bangnokkuëk vinrent en foule assister aux offices dans la chapelle du séminaire, ouverte au public ce jour-là. La fête religieuse est toujours très belle (où pourrait-elle lêtre davantage en Mission ?) dans cet Etablissement consacré au Divin Cur : messe de communion le matin, puis grand-messe en chant grégorien bien exécuté, exposition du Saint-Sacrement pendant la journée, et le soir Vêpres et Bénédiction solennelle, voilà pour le côté religieux. La fête extérieure nétait pas moins réussie : compliments en latin, en français, en siamois, en prose et en vers, chants variés, rien ny manquait. La Bénédiction Apostolique obtenue par une attention délicate vint apporter aux chers jubilaires ce qui pouvait leur être le plus agréable en ce jour dactions de grâces, leur montrant la haute estime que le Vicaire de Jésus-Christ aime à. témoigner à ceux qui travaillent à luvre primordiale en Mission : la formation du clergé.

    Que le Divin Maître exauce les vux qui lui ont été adressés tout particulièrement en ce jour, et nous conserve longtemps encore nos chers jubilaires !

    Malacca

    Cette fois, meilleures nouvelles de la santé de nos Evêques ; Mgr Barillon a recommencé à dire la sainte Messe, et son Coadjuteur nous écrit que le Docteur est content de son malade et lui signera bientôt un permis dembarquer. Nous sommes donc dores et déjà sûrs davoir le cher Coadjuteur ici pour nous aider à finir la vieille année et commencer la nouvelle.

    Connaissez-vous Perak ? Cest lun des Etats fédérés de la Presquîle, ainsi appelé (Perak signifie argent) sans doute parce quon y extrait de létain et quon y plante du caoutchouc. Or nos confrères du Grand Perak auraient grand besoin dargent, qui pour agrandir son église, qui pour rebâtir une chapelle, qui pour payer les dettes de son école. Est-ce pour cela que ces trois Messieurs se sont lancés dans le vol. Mais, direz-vous, le besoin dargent nexcuse personne du vol, pas même un missionnaire. Aussi me hâté-je dajouter que les vols accomplis par nos confrères ont laissé leur réputation intacte et leur conscience sans reproche. Sils ont volé, ce nétait pas dans la poche de leur prochain, mais sur la machine de Mr Chanteloup, le célèbre aviateur, et ils sont redescendus sur terre ravis de leur voyage dans les airs, la conscience tranquille et la bourse aussi plate quà la montée. On a donc bien raison de dire que le vol nenrichit pas son homme.

    Avez-vous des voleurs, volant non dans lespace, mais dans vos tiroirs ? Personne naime cela et tout volé voudrait bien attraper son voleur. Cétait le cas du curé de Kota, à Taiping. Au lieu dun piège à tigre, moyen un peu violent, le cher Père de mettre au fond de son tiroir une assiette pleine de lencre du plus beau rouge et, le lendemain, le coupable était vendu par la teinture révélatrice. Notre confrère songe, dit-on, à prendre un brevet pour son invention. En tout cas le voleur est parti pour tenter la fortune sous dautres cieux.

    Birmanie Méridionale

    Les examens officiels pour les écoles secondaires et supérieures sont terminés et les résultats publiés. Nos écoles catholiques y font en général très bonne figure. Par une anomalie inexplicable, ces examens ont eu lieu après les grandes vacances. Par deux fois, les questions préparées par les examinateurs avaient été communiquées à un certain nombre décoles. Le bruit de ces fuites étant parvenu au Directeur de lInstruction publique, les premiers examens furent annulés. Cétait au commencement de mars ; les écoles ferment ordinairement vers le milieu ou la fin de mars. Il y avait assez de temps pour avoir de nouveaux examens avant fin mars. Mais nos amis protestants, baptistes surtout, ne voulaient à aucun prix voir leurs vacances remises de quelques jours ou écourtées, et, à cause deux, les examens pour tout le pays furent remis jusquen juin, à la fin des deux mois de grandes vacances ! Les résultats furent naturellement déplorables. De plus, il y eut encore des fuites, que constatait il y a quelques jours le Directeur de lInstruction dans son rapport sur ces examens, en disant que certains professeurs, ayant deviné à lavance ce qui serait demandé, ont fait faire à leurs élèves ces compositions, et ceux-ci, après correction, les ont apprises par cur et les ont simplement recopiées de mémoire à lexamen. On ne sait vraiment quelles notes donner à de pareils travaux. Ces fuites ne peuvent se produire sans la complicité de plusieurs et peut-être même de ceux qui préparent les questions. Le fait sest reproduit trois fois cette année. Cest du beau !

    La saison des pluies menace, encore cette année, de produire des catastrophes. LIrraouddy monte, monte ; on parle déjà dinondation en certains endroits. A tout instant les lignes de chemin de fer sont emportées, soit à un endroit, soit à un autre, et les communications interrompues. Et dire que nous ne sommes quen juillet ! Cela promet.

    Birmanie Septentrionale

    Très intéressant le chapitre sur la Religion dans le dernier Census (1921) de Birmanie. La Bible, lisez la Bible, répètent, ici comme partout ailleurs, les prédicants de toutes couleurs. Et, à force de lentendre dire, leurs adeptes lisent la Bible. Linterprétation quils en font, surtout les aborigènes, est naturellement toujours fantaisiste, souvent même amusante. Cest ainsi que, ces dernières années, un certain nombre de vieux Carians Baptistes, prenant à la lettre les paroles du texte : A moins que vous ne vous convertissiez et que vous ne deveniez comme des petits enfants, vous nentrerez pas dans de royaume des cieux, nimaginèrent rien de mieux que de sorganiser en bandes denfants, de shabiller comme eux, de jouer leurs jeux, de parler leur langage... Si, en vieillissant, il est parfois des individus qui tombent en enfance, ils y tombèrent en plein, ces pauvres vieux ! Aussi la nouvelle secte, malgré son heure de célébrité, après quelques faibles sauts et gambades, quelques parties de balle, de billes et de marelle, faute de vigueur et dénergie dans ses vieux membres, séteignit dune maladie de langueur. Par contre, celles de lArc chéri, et de lOnction dhuile, ont survécu et fait souche.

    La première fut fondée aux environs de 1907 dans le district de Toungoo, parle Carian Thomas Pellako, ministre de la S. P. G. de lEglise dAngleterre. Le sens dun mot fut la cause de la scission. Daprès le Révérend, le mot carian Kree quon avait jusque-là employé pour désigner le Christ, nétait pas le terme propre : Klee (arc à lancer des flèches) était le mot dont il fallait se servir. Lexpression Kleebo (arc chéri) devait à tout jamais remplacer celle de Kreebo (Christ bien aimé). Il séchauffa, sentêta, soutint son argument mordicus, sattira les foudres de sa mère, lEglise anglicane, et fut excommunié. Entre temps, il se fit de nombreux disciples parmi ses anciens coreligionnaires et, un beau matin, se proclama le chef de la nouvelle religion Kleebo, ou la religion de lArc chéri. Et depuis, nous avons en Birmanie, la secte des Kleeboistes. Pour se montrer conséquents avec eux-mêmes, ils adoptèrent illico larc et la flèche pour symbole de leur nouveau Credo. Leur principale cérémonie consiste, aux jours de fête, à lancer par dessus le toit de léglise, une flèche faite avec la tige dune certaine fleur. Sil réussit, le tireur est du coup assuré du pardon de ses péchés. Si non, il recommencera...

    Beaucoup moins tapageuse et plus récente (1920) est la secte des Silein. Ses adhérents découvrirent dans les Ecritures que le plongeon rituel que leur imposaient leurs ministres baptistes pour recevoir le baptême, nétait pas de mise : une onction dhuile était requise. De là, leur nom de Silein (huile-onction). Ils seraient deux ou trois mille.

    A quand de nouvelles sectes ? Avant longtemps. Le Census de 1931 se chargera de nous lapprendre ; car, comme la dit Bossuet, le caractère des hérésies est dêtre variables.

    Laos

    A loccasion et en souvenir de ses noces dor sacerdotales célébrées le 29 juin, le P. Dabin a été nommé par Mgr Gouin Provicaire honoraire.

    Le P. Dézavelle est heureusement remis de son attaque de dysenterie : les forces lui reviennent peu à peu et bientôt il ne lui restera quun souvenir plutôt désagréable.

    Kumbakônam

    Nos Missions du Sud de lInde viennent dêtre visitées par une terrible inondation.

    La mousson de lOuest semblait devoir suivre, son cours normal. Vers la fin de mai le vent commençait à souffler ; à lOuest, la pluie tombait sur les montagnes ; leau descendait dans la plaine, inondant les rizières et permettant aux cultivateurs de semer le natthou ou plant de riz. A ces débuts, qui permettaient de prévoir une bonne saison, succéda bientôt une accalmie dans la marche de la mousson : leau cesse darriver dans la plaine, les rizières se dessèchent, les plants de riz sont brûlés par le soleil. Vers le milieu de juillet la pluie se remet à tomber avec violence : elle tombe sur toutes les montagnes de lOuest. Les eaux venues des Nilgiris se réunissent dans le lit du Bavani et, aux environs dErode, rencontrent celles que le Kavéry apporte du Nord-Ouest. Bientôt démesurément grossis, les deux fleuves, en descendant des montagnes, renversent tout sur leur passage. Dès le 20 juillet, dans le Maïssour comme dans le Coïmbatour, on signale partout des routes détruites, des ponts emportés. Le Coléron a rompu sa digue non loin de Trichinopoly, la ville basse est inondée ; bientôt elle est isolée et, pour comble de détresse, le choléra se met parmi les habitants.

    A quelque distance de Kumbakônam les digues du fleuve cèdent aussi sous la pression des eaux, la ligne du chemin de fer est emportée sur plusieurs points et la ville est coupée de ses communications.

    Il en est de même dans les environs de Mayavaram. Les gens, fuyant devant linondation, sont venus en grand nombre chercher refuge en ville. Des familles de chrétiens campent sur le terrain du presbytère.

    Les victimes sont certainement nombreuses, mais le pays étant encore recouvert dune vaste nappe deau, il est impossible de se rendre compte de létendue du désastre.

    Montbeton

    Le 23 juin le P. Roucoules a célébré ses noces dargent. Un latiniste poète, que tout le monde reconnaîtra, lui envoya des vux et des félicitations que nous faisons nôtres :

    Felix sacerdos qui Deo
    Jam quinque lustris serviens,
    Dignam fideti munere
    Sibi coronam nexuit,
    Illamque plane splendidis
    Ornare curat floribus !

    Dormans

    Le 22 juin a eu lieu à Dormans une réunion de famille, présidée par Mgr le Supérieur et à laquelle participèrent les Frères de Paris, en lhonneur du Frère Pierre, dont on fêtait le 50e anniversaire dentrée dans la Société.

    Séminaire de Paris

    A Paris et à Bièvres la Fête-Dieu a été solennellement célébrée. A Paris, la barque des Partants, les armes de Lyon, lAgneau de Dieu, les colombes au calice, les reposoirs donnaient au jardin un aspect nouveau. Plus de 300 personnes ont suivi la procession.

    Les examens étaient terminés le 21 juin et laurore des vacances commençait à poindre. Le 23, M. Boulanger présentait à Mgr le Supérieur les vux de bonne fête des membres de lAdministration. Centrale et du Séminaire. Les aspirants, après sêtre acquittés du même pieux devoir, passèrent la nuit dadoration à Montmartre. Le 24, Monseigneur y célébra la sainte Messe et renouvela la consécration du Séminaire et de la Société au Sacré-Cur. A midi déjeuner des deux communautés à Meudon et, le lendemain, départ pour Sainte-Mesme.

    Le prochain départ est fixé au lundi 22 septembre. Les partants ont reçu les destinations suivantes :

    Tôkyô M. Candeau (Bayonne)
    Mandchourie Septentrionale M. Sagard (St-Dié)
    Setchoan Oriental M. Blanchard (Orléans)
    Lanlong M. Nénot (Clermont)
    Tonkin Méridional M. Lambert (Angers)
    Cochinchine Orientale M.. Lassalmonie (Anngoulême)
    Cambodge M. Béquet (Luçon)

    Le samedi 28, à léglise St-Sulpice, deux aspirants ont reçu lun la prêtrise, lautre le sous-diaconat.

    La Semaine Religieuse dArras écrit :

    Depuis le mercredi 8 juin, Mgr de Guébriant, Supérieur général de la Société des Missions-Étrangères de Paris, parcourt la région houillère, pour y administrer le sacrement de Confirmation. Plus de 7.000 enfants lui ont été présentés en dix jours, et parmi eux des centaines de Polonais.

    MM. les Directeurs et Administrateurs des Compagnies ont multiplié les marques de déférence envers Sa Grandeur, qui a fort admiré, de son côté, la rapidité et la méthode avec lesquelles sont menés leurs travaux de reconstruction.

    Partout Mgr a recueilli les témoignages de la plus respectueuse sympathie, due non seulement à son caractère épiscopal, mais à sa distinction, à sa bonté, au prestige de ses 36 ans dapostolat en Chine.

    Mais il y a quelque part un petit village où, de mémoire dhomme, on navait vu de confirmation. Et ce fut une manifestation toute spontanée et unanime. Cavalcade, décoration des rues, allocution de M. le Maire, rien ne manquait à Noyelles-lez-Vermelles... sauf un rayon de soleil.

    Les installations de fortune de certains de nos curés ne sont pas pour effrayer un évêque missionnaire. Elles lui rappellent plutôt de chers et lointains souvenirs, quil évoque avec charme et que les auditeurs écoutent avec avidité.

    Le 26, Monseigneur est reparti pour Calais et Boulogne achever cette féconde tournée de confirmation.

    Dès le 25, membres de lAdministration Centrale et directeurs entraient en retraite. Elle sest achevée le 5e jour, fête des SS. Pierre et Paul, par la rénovation du Bon Propos.

    Le 27, le P. Bernat, après un court arrêt à Marseille, est rentré de Rome.

    A la suite de lExposition de Colmar, une caisse de linge déglise a été envoyée au Séminaire pour les missionnaires alsaciens.

    La journée des Missions de Toulouse du 15 a obtenu un grand succès, Les PP. Sibers et Nassoy y représentaient les Missions-Étrangères. La Journée de Toulouse, écrit le P. Sibers, sest passée en de bonnes conditions. Grande sympathie de la part des autorités religieuses et de tout le clergé des paroisses ; affluence des fidèles, qui ont écouté attentivement les prédicateurs et semblent avoir donné généreusement. Jai prêché à la cathédrale, où lon mavait plaisamment présenté comme le Père Eternel à cause de ma barbe blanche, le P. Nassoy à St-Jérôme.

    Linfatigable Melle de la Tour-Lantorthe, présidente à Toulouse de luvre des Partants, tenait le comptoir des Missions-Etrangères, secondée par les anciennes élèves de St-Maur. St-Maur et Rue du Bac, dit le P. Sibers, sont au même comptoir.

    Le P. Nassoy, revenu de Toulouse, est allé prêcher à Boulogne et au collège dYssingeaux, où nous avons plusieurs postulants.

    Le P. Bibollet a passé avec mention très honorable ses examens de Docteur en Philosophie à lInstitut Catholique de Paris.

    Le 1er numéro de la Revue dHistoire des Missions, publiée par les Amis des Missions, vient de paraître : Editions Spes. 17, Rue Soufflot, le No 10 frs. Rédaction, 52, Avenue de Breteuil.

    Les Aspirants ont été favorisés par le beau temps durant la première partie de leurs vacances. Dès leur arrivée à Sainte-Mesme leur concours a été demandé par les paroisses voisines pour différentes cérémonies. Outre la Première Communion à Sainte-Mesme, ils ont pris part à lAdoration Perpétuelle à Dourdan et à Bainville le Gaillard, où ils ont particulièrement édifié la population par leur piété et la perfection de leurs chants.

    Durant les quelques jours de son second voyage au diocèse dArras, Monseigneur a donné plus de 3000 Confirmations à Boulogne, Calais, Le Portel et Desvres. Il a été lhôte du Pensionnat St-Pierre à Calais, de lInstitution Hoffreingue à Boulogne et a donné la Confirmation au Petit-Séminaire et à lInstitution St-Joseph de Boulogne. Les Supérieurs lont invité à parler à leurs élèves et lui ont présenté parmi ces derniers ceux qui manifestaient une vocation missionnaire plus accusée. Au Portel, pays de Mgr Bourgain et de maints bons missionnaires, laccueil a été tout particulièrement chaleureux. Mgr a tenu à rendre visite aux familles de Mgr Bourgain et du P. Coppin.

    Son impression est que, même dans la région minière si populeuse, et à plus forte raison ailleurs, malgré tout leffort de déchristianisation, la religion garde une très forte emprise sur la population .et que le clergé semploie à la maintenir et à la développer avec un entrain admirable.

    Monseigneur Quinton, arrivé à paris le 30 juin et installé le jour même à lHôpital Saint-Michel, a subi avec courage et succès une très grave opération le 9 juillet. Avant et après, pour soutenir ses forces, on lui avait transfusé du sang généreusement donné par le P. Riouffreyt. Les premières journées consécutives à lopération sétant bien passées, il est permis, despérer un bon résultat. Le Docteur Angier, à côté dautres remarquables spécialistes, a soigné Mgr avec une affection vraiment touchante.

    Le 8 juillet, réunion annuelle de lUnion Missionnaire du Clergé, présidée par S. E. le Cardinal Dubois, nommé par le Saint-Siège Directeur général pour la France. Son Eminence sest adjoint comme Secrétaire pour lUnion M. lAbbé Aubert. Neuf diocèses de France ont déjà adhéré et le Comité de Paris, sous la direction de M. Letourneau, curé de Saint-Sulpice, développera les Journées de Missions tout en renouvelant la série des conférences à lInstitut Catholique, qui ont attiré un public si nombreux.

    Le même jour mourait, après des années de souffrances, Mme la Duchesse dEstissac, fondatrice de luvre de la Chapelle de la Reconnaissance de Dornmans. Monseigneur, proche parent de la Duchesse, les PP. Gérard et Jaricot assistaient aux funérailles à Sainte-Clotilde.

    Le 12 juillet, Monseigneur, accompagné du P. Chambon et des deux séminaristes de Hakodate, MM. Shimada et Ebi, récemment arrivés et qui partent pour Rome le 16, se rendait à Dormans pour la grande fête annuelle. La crypte de la chapelle est terminée : dun art très sobre et dun bon goût remarquable, elle fait ladmiration des pèlerins.

    Cette année le temps a été admirable; laffluence de plusieurs milliers de visiteurs, le sermon du Chanoine Desgranges, la présence de NN. SS. les évêques de Châlons, St-Dié, Verdun, Langres, et des Généraux Serrigny, Féraud, Lavigne, Compagnon Martin, ont donné beaucoup déclat à la solennité.

    ADMISSIONS du 15 juin au 15 juillet : MM. Renou (Bayeux), Seznec et Merceur (Quimper), Baudouin (Canada), Coulot et Colin (Besançon), Bettendorf (Reims) Guettier (Paris), Benoît (Lille).

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    1924/588-615
    588-615
    Anonyme
    France et Asie
    1924
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