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Chronique des Missions et des Etablissements communs 11

Chronique des Missions et des Etablissements communs. Tôkyô On nous a annoncé de France que Mgr Chambon devait assister au sacre du nouvel évêque de Nagasaki, Mgr Hayasaka, qui aura lieu à Rome le 30 octobre. Le départ de Sa Grandeur pour le Japon se trouve par le fait reculé de quelques semaines.
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    Chronique des Missions et des Etablissements communs.
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    Tôkyô

    On nous a annoncé de France que Mgr Chambon devait assister au sacre du nouvel évêque de Nagasaki, Mgr Hayasaka, qui aura lieu à Rome le 30 octobre. Le départ de Sa Grandeur pour le Japon se trouve par le fait reculé de quelques semaines.

    Le Père Demangelle, qui est alité depuis six mois pour une maladie grave du foie, reçoit actuellement les soins éclairés dun bon docteur européen de Yokohama, très dévoué aux missionnaires ; et lon a lespoir de voir notre cher malade revenir peu à peu à la santé.

    Le Père Patrouilleau, qui nous est arrivé en juin dernier, a été atteint, un mois après son arrivée, de rhumatismes articulaires, et depuis la mi-août, il est hospitalisé à Omori, près de Tôkyô, où il reçoit les bons soins des Surs infirmières du Père Breton.

    Dans toute létendue de lempire japonais, les établissements publics, les maisons particulières, les tramways des villes, etc., ont pavoisé pour fêter la naissance dune seconde fille de lEmpereur, le 10 septembre, ainsi que le 16, 7ème jour après lheureux événement, jour où, suivant la coutume traditionnelle dimposer, à cette date, un nom aux enfants nouveau-nés, la jeune Princesse a reçu celui de Hisano-miya (caractères japonais) Sachi-ko (caractères japonais).

    Il paraîtrait que nombre de citoyens japonais napprécient pas, comme il conviendrait, les privilèges du suffrage universel, pour lesquels cependant les partis politiques ont mené ces dernières années une campagne des plus actives, si lon en juge par le très grand nombre des abstentions qui se sont produites parmi les nouveaux électeurs, lorsquil sest agi de voter pour les conseillers départementaux, le dimanche 26 septembre. Dans certaines grandes villes, comme Osaka, Kyoto, Sendaï, la proportion des abstentionnistes a dépassé 50 p. %, tandis quà Kobé, elle était de 45 p. % , à Nagoya, de 39 p. %, etc.. Les raisons données de ce fait regrettable sont les suivantes : Dabord les élections avaient lieu un dimanche, et beaucoup délecteurs ont préféré aller à la campagne ; 2º les règlements concernant les élections et campagnes électorales sont devenus plus sévères, et par suite les électeurs se trouvent moins intéressés à voter ; 3º la plupart des citoyens nont pas encore conscience de leurs prérogatives, et leur sens civique a besoin dêtre éduqué. On espère que lan prochain les élections parlementaires témoigneront sous ce rapport dun sensible progrès.

    Alors que les aviateurs de toutes nations rivalisent à qui se signalera par ses randonnées à travers océans et continents, le Japon ne pouvait assister purement passif à ces merveilleuses performances. Aussi, sous les auspices de lAssociation Impériale dAviation, un vol sans arrêt des rives du Japon aux rives dAmérique est en train de sorganiser pour le printemps prochain. Une fabrique daéroplanes dOsaka, lusine Kawanishi, vient de soumettre à lAssociation susdite les plans de deux de ses ingénieurs, qui ont travaillé sous la direction dun ingénieur allemand, pour la construction dun monoplan K 12, qui pourra couvrir une distance de 8.350 kilomètres, et doit être muni dun moteur de 600 chevaux, mesurer 18 mètres denvergure avec une longueur de fuselage de 11 mètres 60, et être capable de transporter à peu près 4 tonnes de fret, dont 3 tonnes et demie dessence. Nous souhaitons aux aviateurs japonais que se réalise pleinement pour eux le vieil adage : audaces fortuna juvat !

    Nagasaki

    Il y a un an, le 18 août, séteignait doucement notre vénéré Pasteur, Mgr Combaz. Son souvenir est resté trop vivant parmi nous pour que, cette année, ce jour passât inaperçu. Aussi, selon les désirs de Mgr le Vicaire Capitulaire, prêtres et chrétiens accoururent nombreux à la messe solennelle de Requiem célébrée à léglise des 26 Martyrs. Lofficiant fut le P. Heuzet. La chorale des 4 paroisses de la ville exécuta les chants liturgiques avec sa perfection habituelle, et la fanfare du Jules Michelet, mise gracieusement à notre disposition par lamiral, fit entendre plusieurs morceaux dont lexécution impeccable, en sa mélodie empreinte de mélancolie et de tristesse, provoqua ladmiration de tous les assistants.

    Le 21 août, cette même fanfare donna un concert dans les jardins de lévêché. La haute réputation qui la précédait lui avait attiré une assistance nombreuse et choisie, composée de chrétiens et de païens. Ce fut un bon moment pour les amateurs de belle musique.

    Comme les années précédentes, les vacances ont été loccasion de retraites. Dabord, à Oura, la retraite des prêtres japonais, prêchée par le P. Urbain, F. M., qui dans un style élégant sut exposer une doctrine profonde ; puis, celle des Surs du St Enfant-Jésus de Chauffailles, dont lorateur fut le P. Martin, à la voix chaude et entraînante

    Cette année, la retraite avait pour nos Surs un cachet particulier, puisquelles fêtaient le cinquantenaire de larrivée au Japon de trois dentre elles : la Mère Provinciale, la Supérieure de Kumamoto et la Supérieure de Kobé. La Mère Provinciale débarquait en sa nouvelle patrie en lannée 1877... Grâce à son zèle et à son dévouement, la congrégation possède actuellement au Japon 7 maisons florissantes en uvres : écoles supérieures, écoles professionnelles, orphelinats, hôpital, dispensaires, magnifique témoignage dune vie active et bien remplie. Malgré ses 78 ans, notre bonne Mère reste vaillante et forte, ne reculant ni devant la besogne, ni devant les cent ans quelle a bon espoir datteindre.

    Trop grande admiratrice et imitatrice de la vie privée du St Enfant-Jésus, elle a voulu que ce jour solennel se passât dans lintimité, réservant au Roi céleste le soin de publier les uvres de sa servante... Notre St-Père le Pape a voulu témoigner son affection aux premières Surs du Japon, en leur envoyant une bénédiction apostolique, bénédiction quelles ont reçue avec bonheur et reconnaissance.

    Le ville de Nagasaki a été visitée coup sur coup par un violent orage et un typhon. La chrétienté dUrakami a spécialement souffert : maisons inondées, détruites ; on a même à déplorer quelques morts. Les postes en général nont eu à subir que quelques dégâts matériels.

    Osaka

    Les Dames du Sacré-Cur, venues dans la Mission dOsaka en 1923, sont définitivement installées à Obayashi, à mi-chemin entre les deux grandes villes de Kobé et Osaka. Il a fallu un an complet pour édifier létablissement scolaire conformément au plan approuvé par les Supérieurs de la Congrégation et en accord avec les multiples exigences du Ministère de lInstruction publique japonais.

    Enfin, le 8 septembre dernier, Mgr dOsaka a procédé à la bénédiction solennelle des bâtiments scolaires. Les missionnaires et prêtres japonais, qui avaient pu se rendre à la cérémonie, avaient voulu profiter de la circonstance pour exprimer par leur présence toute leur satisfaction pour luvre excellente entreprise par ces Dames. Les élèves catholiques, accompagnées de leurs familles, entouraient les bonnes Religieuses, fières de leur témoigner publiquement leur sympathique admiration pour avoir, en peu dannées, réussi à élever ce magnifique établissement. Le nouveau groupe scolaire ne craint, en effet, la comparaison avec aucun autre des établissements publics ou privés si nombreux en cette région.

    La nouvelle école du Sacré-Cur comprend toute la longue série des cours primaires, secondaires et supérieurs pour jeunes filles. Les Religieuses sont au nombre de 16, dont une japonaise. Létablissement compte actuellement 300 élèves. Sur ce nombre, il ny a encore que 17 catholiques. Cette année, 4 pensionnaires ont reçu le baptême dans la chapelle de lécole. Parmi les externes, 5 autres, préparées par les Religieuses, ont été baptisées dans leurs paroisses respectives. En outre, lécole compte actuellement 12 catéchumènes, qui poursuivent leur instruction religieuse et à qui leurs parents ont déjà accordé la permission de recevoir le baptême. Si lon veut bien noter que toutes ces jeunes filles appartiennent à des familles riches, on comprendra sans peine combien ces résultats sont consolants pour lavenir de notre sainte religion en ce pays.

    Nous avons la joie de pouvoir enregistrer la fondation de deux nouveaux postes, centres de nouveaux districts :

    Au mois de mai dernier, le P. Jupillat a été chargé douvrir un nouveau centre dévangélisation à Takatori, extrémité ouest de la ville de Kobé. En attendant les constructions quon doit élever sur le terrain que la Mission vient dacquérir en Cet endroit, le missionnaire est installé bien à létroit dans une modeste maison louée.

    En septembre, le P. Bergès a été appelé à son tour à fonder un nouveau poste à Amagasaki, grosse agglomération de 45.000 habitants, un des faubourgs du côté ouest de la ville dOsaka. Lui aussi sinstalle comme il peut dans une maison louée.

    Ces deux fondations faciliteront la pratique religieuse aux chrétiens déjà établis dans ces parties excentriques des deux grandes villes. De là, les deux missionnaires pourront porter plus loin la lumière de lévangile, parmi les masses payennes de ces régions.

    Voici lEtat de la Mission dOsaka en ce 15 août 1927 :

    Population Totale (recensement de 1925) 10.059.937
    Catholique 5.373

    Adultes 132
    in art. mortis 52
    Baptêmes Dissidents 12 601
    Enfants de chrétiens 160
    in art. mortis 245

    Confessions : Annuelles 3.197
    Répétées 30.787 33.984

    Communions : Pascales 3.151
    De dévotion 103.233 106.385

    3 Orphelinats de filles avec orphelines 74

    1 Ecole de garçons, avec élèves catholiques 21
    non 849 870

    6 Ecoles de filles avec élèves catholiques 99
    non 1.680 1.779

    4 Ouvroirs avec élèves 177
    2 Salles dasile avec enfants 270

    Taikou

    Le Père Vermorel est bien rétabli ; il a repris, à la cathédrale, ses occupations ordinaires.

    Le séminaire, à la rentrée dernière de septembre, compte 97 élèves.
    La consécration de la chapelle des Surs, en lhonneur de Ste Thérèse de lEnfant-Jésus, a eu lieu le 30 septembre. Très belle cérémonie par un temps idéal. La veille, dans la salle du noviciat, avaient été récitées les matines et laudes des martyres romaines Stes Blanda et Lucida, dont les reliques ont été insérées dans lautel consacré. Le 3 octobre, la fête de Ste Thérèse de lE. J. a naturellement été célébrée très solennellement chez les Surs.

    Moukden

    Après une heureuse traversée, le P. Roger, retour de France, est arrivé à Moukden le 17 septembre au matin. Si ces deux années de repos et le sacrifice qua été pour lui cette longue séparation nont pas rendu au cher Père une santé à toute épreuve, au moins nont-ils rien changé à ses dispositions de bon et zélé missionnaire ; que le Bon Dieu daigne le garder longtemps encore dans sa mission et lui permettre dy faire tout le bien quil désire !

    Le même paquebot ramenait dEurope dans son pays natal le R. P. Ouang, de la congrégation de Scheut. Désigné par ses supérieurs pour aller occuper un poste de confiance auprès de Mgr Tchen dans la mission de Fenyang, le Père avait eu lheureuse idée de mettre Moukden dans son programme de voyage. Il dut même, à la suite de circonstances imprévues, passer avec nous quelques jours de plus que ne lindiquait ledit programme. Désireux datteindre au plus vite le but de son voyage, le bon père Ouang, comme on disait en Belgique, a bien éprouvé quelque ennui du fait de ce retard, mais son malheur a fait le bonheur des autres, puisquil nous a permis de jouir plus longtemps de sa présence.

    Le 29 septembre, fête de St Michel, lécole Franco-Chinoise de Moukden a célébré sa fête patronale. La partie sportive, favorisée par un temps splendide, a retenu dune manière spéciale lintérêt de tous les invités. Le succès est dû à la bonne volonté des élèves, sans doute, mais surtout au savoir-faire et à la patience des organisateurs, le frère André-Gabriel, directeur du collège, et ses collègues européens et chinois.

    Les chrétiens japonais de Mandchourie, et ceux de Dalny en particulier, ont salué avec une joie très vive lévénement quils attendaient depuis longtemps : larrivée parmi eux dun missionnaire. Cest le P. Tibesar, de Maryknoll, qui, venu dAmérique lan dernier, a dabord passé un an à Tôkyô et se voit aujourdhui désigné comme titulaire du poste de Dalny.

    Les manifestations anti-japonaises ont eu pour effet de créer de nouvelles difficultés en haut lieu. Les Japonais ne sont pas tendres envers les officiels chinois, quils accusent sinon de complicité active, au moins dune passivité trop évidente ; et les commentaires des journaux représentent le changement et le départ à Pékin du Gouverneur civil de la province comme une des conséquences de ces derniers événements.

    Il ny a eu aucun nouveau désordre de ce genre dans la capitale. Les troubles sétendent maintenant vers les autres villes, et particulièrement vers les régions où, par la construction de nouvelles lignes de chemin de fer, les Japonais étendent leur influence dune manière plus sensible quailleurs.

    Suifu

    Le 21 septembre Mgr Renault a conféré la tonsure à six nouveaux lévites.
    En récompense de leur concours dévoué et intelligent à rechercher et à choisir divers objets fort appréciés, que la mission envoya à lExposition Vaticane, la médaille bene merenti a été décernée au P. Mansuy et aux prêtres indigènes Philippe Lou et Philippe Niên.

    La décoration du P. Mansuy, de la main de Mgr Fayolle, a donné, au P. Dubois, loccasion de chanter lardent poilu quil fut durant la grande guerre, et le zélé apôtre quil est en mission.

    Tatsienlou

    Le 17 juillet dernier, le Père Genestier, notre vaillant doyen, arrivait à Tsetchong. Sa promenade à Hongkong ne peut guère être regardée comme un délassement lorsquon a 70 ans et que de sa résidence de Kionatong à Yunnanfu il faut, à pied ou à cheval, faire un voyage dune quarantaine de jours. Au retour il fut éprouvé par une indisposition tenace qui le prit à Yunnanfu et le tint jusquà son arrivée chez lui au Loutsekiang. Malgré cela, il dit quil a fait le plus heureux voyage et que la divine Providence la admirablement protégé, puisquil a pu passer sans encombre les endroits réputés les plus dangereux du Yunnan.

    Les Chinois du Setchoan, comme ceux du Yunnan, étant occupés à sentrégorger chez eux, nont guère de loisirs pour penser aux marches thibétaines des deux provinces. Aussi le désordre va-t-il augmentant, aussi bien dans la région dAtuntse que dans celle de Batang et Yerkalo. Heureusement pour les Chinois, les chefs thibétains ne peuvent réussir à sentendre entre eux. Au contraire, ils sont ennemis les uns des autres et profitent du manque dautorité chinoise pour régler entre eux des comptes interminables de vengeance et de haine. Les clans se multiplient avec, à leur tête, un chef indigène local ou le chef, bouddha vivant, dune lamaserie. Tous sont plus ou moins armés de fusils européens achetés ou volés, ou surtout enlevés dans des combats précédents aux soldats chinois. Parmi ces divers clans les uns sont pro-chinois, les autres se disent nationalistes, quelques-uns sont des deux, selon loccasion ; pratiquement tous, avant de savoir même ce quils veulent, sont de purs brigands sitôt quils ont un fusil en mains. Cest au milieu de ce beau pays ainsi occupé par ces diverses bandes ennemies que vivent nos confrères, le P. Goré à Yentsing (Yerkalo) et le Père Nussbaum à Batang. La tactique pour eux est donc de ne point se faire dennemis ni chez les uns ni chez les autres. Nempêche quils sont à la merci du premier venu qui aurait lidée de sen prendre à eux ou à leurs chrétiens. Jusquici, cependant, personne, du moins directement et ouvertement, ne sest attaqué aux missionnaires et à leurs uvres. La Mission a seulement dû contribuer, bon gré mal gré, à certaines contributions communes avec les habitants de la région, et elle a éprouvé des pertes matérielles, à Yerkalo notamment, lors des invasions des bandes hostiles. Quelques maisons furent incendiées et du bétail fut enlevé.

    Dans le territoire dAtuntse, au Yunnan, Tsetchong, étant à la limite méridionale de la sous-préfecture, se trouve être en dehors du champ daction immédiate des divers partis thibétains ; mais les soldats thibétains, invités, en janvier dernier, par le chef indigène principal dAtuntse pour laider à reprendre son autorité, ont bien su trouver les moyens de circuler partout et de mettre à contribution juste et surtout injuste le peuple de la région. On ne compte plus leurs exactions et extorsions. Jusquà ces derniers jours, il ny avait pas dautre autorité effective que celle de ces bandits, qui sattribuaient tous les pouvoirs. Le recours au chef thibétain et même au mandarin chinois était absolument inutile. Le chef indigène na pas su organiser son peuple pour assurer la solde à ces reîtres, et, pendant quelques mois, ces soldats-bandits allèrent eux-mêmes chez lhabitant exiger ce qui leur plaisait et aussi le prendre quand on faisait tant soit peu mine de le leur refuser. Aussi, depuis larrivée de ces soldats thibétains pro-chinois, les Chinois eux-mêmes avaient déserté le marché dAtuntse. A légard du missionnaire ces soldats indigènes y mirent un peu plus de forme et eux, si impératifs, si peu gênés avec le peuple, se sont faits mendiants devant lui. Il les a vus à plusieurs reprises venir chez lui demander ceci ou cela à titre daumône. Il est juste aussi de dire que, jusquici, ils ne se sont pas montrés trop exigeants.

    Espérons que larrivée récente dun délégué chinois et de quelques soldats nous vaudra quelque amélioration dans cette situation encore si trouble. Il sagit, pour ce délégué, de réconcilier les partis thibétains ennemis, ce qui ne sera pas facile. Le thibétain noublie rien dans ces comptes de vengeances.

    Pendant que nous nous en remettons à la divine Providence, nos voisins, les ministres protestants, se conformant à lordre dévacuation, essayèrent quelques-uns de gagner la Haute-Birmanie en passant par la route que suivit, le premier, le Prince dOrléans, de Tsetchong à Sadyia. Une première caravane, qui montait de Weisi, vint à Tsetchong le 8 mai et en repartait le 23 du même mois. Après mille difficultés causées par la neige dans les montagnes, par la pluie continuelle dans les plaines et aussi par, labsence de route et limpossibilité de trouver des vivres sur les bords de lIrrawaddy, elle a dû arriver enfin à Mankulong, où elle aura pu trouver peut-être quelques européens. Les quelques chrétiens, qui sont allés la conduire jusque là-bas ne sont pas encore de retour, si bien quà Tsetchong on na pas encore de renseignements bien précis sur son sort. Une seconde caravane (celle-ci descendant du Thibet) fit, avant darriver à Atuntse, la rencontre de brigands, qui lui enlevèrent tous ses bagages. A Tsetchong, la Mission catholique remonta tant bien que mal les deux familles protestantes qui en faisaient partie, afin quelles pussent continuer leur route. Ce second groupe dévacués a pris lui aussi la direction de la Haute-Birmanie.

    Ningyuanfu

    Le sacre de Mgr Baudry aura lieu à Tchengtou le 30 octobre. Mgr se mettra en route le 5 octobre, accompagné du P. Burnichon, qui vient darriver de Kiang-Tcheou, après un bon voyage.

    Vers la fin daoût; nos prêtres chinois se sont tous réunis a Kientchang ; bonne et joyeuse réunion.

    Le P. Grosjean a passé lété à Oui-tchen ; ce séjour dans la montagne la remis complètement. Il vient de rentrer à Tchang-pin.tse, où, comme par ailleurs dans la Mission, règne en ce moment la tranquillité.

    Yunnanfu

    Population catholique. 17.840
    Confessions annuelles 7.959
    répétées 32.945
    Communions annuelles 7.241
    répétées 90.535
    Baptêmes dadultes valides 466, en péril de mort 393 859
    denfants de païens en péril de mort 2.001
    de chrétiens 665
    Ecoles de doctrine et denseignement primaire pour garçons 74
    pour filles 45
    Elèves dans ces écoles : garçons 2.150, filles 1.053 3.203
    Malades soignés au dispensaire 72.230
    à domicile 840

    Nous apprenons que le P. Bergougnoux, à Louvain, a passé avec succès sa licence en philosophie. Félicitations !

    La dernière chronique a laissé le clan des Tang : Tang Kiyu et Tang Kilin, respectivement cousin et neveu de feu le maréchal Tang Kiyao, à Talifu, quils venaient de proclamer capitale de la province du Yunnan. Mais, comme ils ont dû se rendre compte quun simple coup de pinceau ne suffit pas pour déplacer un chef-lieu de province, ces deux généraux, aidés du général Gueou Yang, ont mobilisé leurs forces, mises en commun, vers Yunnanfu dans le but de sen emparer.

    Cest vers la fin daoût que Gueou Yang quitta Talifu avec ses troupes, proclamant quil partait en guerre contre les forces du Kouytcheou, dont il voulait débarrasser le Yunnan ; mais en réalité il marchait contre Long Yun, chef, jusquà nouvel ordre, du gouvernement provincial. Un peu après la mi-septembre, il arrivait à Pikikouan, à environ 3 lieues de Yunnanfu. Le gouverneur Long, désireux déviter à la population les ennuis et inconvénients de nouvelles luttes, fit informer Gueou Yang que, sil procédait à une nouvelle avance, il serait attaqué. Mais celui-ci tint cet avertissement pour non avenu, puisque le 21 septembre au matin furent entendus les premiers crépitements dune fusillade qui, coupée toutefois par des intervalles daccalmie, devait durer toute la journée. Renseignements pris, cétait le résultat dune opération de Gueou Yang, qui avait tenté, la nuit précédente, de semparer des portes du nord et de louest, pour se frayer un accès dans la ville. Mai sa tentative avait échoué.

    Pensant que laction déclenchée par Gueou Yang aurait eu pour effet de faire concentrer toutes les forces de Long Yun sur les points menacés du nord et de louest, les pirates de Ou Hiohien essayèrent de pénétrer en ville dans la nuit du 21 au 22, par la porte du sud ; mais les forces qui la gardaient furent suffisantes pour faire avorter cette nouvelle tentative.

    Le 23 septembre, Tang Kilin, qui avait quitté Talifu le 10, arrivait à son tour à Pikikouan, où lavait précédé Tang Kiyu. Dès lors on attendait tous les jours le déclenchement de loffensive qui devait rendre le trio maître de Yunnanfu. Elle ne sest pas encore produite, et chacun se demande si elle verra jamais le jour. Dailleurs lengagement du 21 a pu leur prouver que Yunnanfu était fortement gardé par les effectifs de Long, qui, du reste, passent pour être sensiblement supérieurs en nombre à ceux dont ils disposent à eux trois. De ce chef, il est possible quils renoncent, au moins pour quelque temps encore, à reconquérir par les armes la capitale provinciale.

    Comme épisodes consécutifs au coup de main tenté par Gueou Yang, on peut noter la privation deau et de lumière électrique, qui fut, pendant plusieurs jours, infligée à la ville par les assiégeants ; lexécution du fameux Ouang Kiésiou, par ordre de Long Yun, en réponse à Tang Kiyu qui venait de réclamer impérativement sa mise en liberté.

    Quant aux autres compétiteurs du pouvoir : Fou Joyu et Tchang Jouy, ils sont, daprès les dires, dans une situation fort précaire, le premier ayant été battu à plate couture à Tchangy par le général Lou Han, lieutenant de Long Yun, et le second étant cerné à Kutsin, sans autre issue possible que la reddition, par les généraux Fou In et Mong Ieououen, autres lieutenants de Long Yun ; enfin sur les six régiments du Kouytcheou, envoyés au secours de Fou Joyu, lun a été cerné et désarmé lors de laffaire de Tchangy, et un autre serait en passe dêtre capturé sous peu.

    En résumé, Long reste maître de la situation, pour le moment du moins. Toutefois, faute de navoir pas encore réduit ses rivaux à limpuissance, lavenir apparaît pour lui plein dincertitude ; dautant plus que le gouverneur du Kouytcheou, général Tcheou Sitchen, persiste dans son projet de conquérir le Yunnan par les armes.

    Kouiyang

    Le P. Darris, nommé Vicaire Forain, établira sa résidence à Chetsien, qui a été choisi comme chef-lieu de la nouvelle Mission de la province confiée aux Pères du Sacré-Cur.

    La retraite des grands Séminaristes, que prêchera le P. Noyer, souvrira le 17 septembre pour finir le 24. Ce même jour de la clôture aura lieu lordination de six nouveaux prêtres.

    Les travaux de construction de la route carrossable, qui doit relier Kouiyang à Tchechoui, se poursuivent, pour linstant, lentement ; ils seront intensifiés, assure-t-on, après la récolte.

    Le 25 août fera époque dans les Annales de la province. Cest, en effet, ce jour quavait choisi le gouverneur, M. Tcheou Sitchen, pour inaugurer solennellement le nouveau Champ de Mars et sans doute aussi pour faire admirer sa magnifique Hudson, récemment arrivée de Shanghai. La veille, Mgr Seguin avait été touché par une invitation de M. Tcheou aux fêtes de cette inauguration. S. G., empêchée de sy rendre personnellement, délégua les missionnaires présents pour le remplacer. Ils étaient trois.

    Comme de juste, écrit lun deux, nous prîmes, pour gagner le théâtre des fêtes, distant denviron une lieue, la nouvelle route carrossable qui y conduit. Sur cette route, à environ un demi-kilomètre de Kouiyang, se trouve le garage aménagé pour lauto, en lespèce une pagode quune belle chaussée, nouvellement construite, relie à la route. Arrivés là, nous eûmes lagréable surprise dy voir le fameux véhicule ; on était précisément en train de le fourbir, devant, dans quelques instants, transporter triomphalement son maître au champ de manuvre. Nous allions continuer tranquillement notre chemin, quand un officier nous invita à entrer ; nous pûmes alors contempler de près la machine et en admirer lélégance et la robustesse. Peu après, survenait M. Mà Minleang, directeur des ponts et chaussées, homme fort aimable qui fut pour nous plein dégards. Au bout dun instant, il nous proposa de nous conduire en auto au lieu de la fête. Nous nosions accepter une invitation aussi imprévue. Affaire, nous répondit-il, de 5 minutes pour aller et autant pour revenir. Allons en voiture ! Comment résister à une si pressante et si aimable invitation ? Prestement donc nous prenons place et, le moteur mis en marche, aussitôt le véhicule démarre avec la plus grande douceur, franchissant au ralenti la distance qui sépare de la route. Arrivés là, cest lélan, cest la course. Presque en moins de temps quil nen faut pour le dire, nous sommes rendus à destination. La barrière du Champ de Mars franchie, lauto sengage dans lallée qui donne accès aux tribunes. A ce moment précis, par une méprise, tout à fait inattendue pour nous, mais bien explicable en la circonstance, qui fit prendre notre arrivée pour celle de M. Tcheou, le canon se met à tonner : aussitôt les clairons sonnent aux champs et la fanfare militaire attaque le meilleur morceau de son répertoire, tandis que, sur lestrade, les autorités militaires et civiles, réunies au grand complet, sapprêtent à rendre les honneurs à M. le gouverneur.

    Plus dun sans doute, tout en pestant contre le quiproquo, dut envier ce quà part lui il estimait être notre bonne fortune dun moment.

    A peine sommes-nous descendus, que lauto fait demi-tour et repart, souple et légère, pour aller prendre le gouverneur, qui, dix minutes plus tard, faisait son entrée solennelle au son du canon et aux accents de la musique.

    Peu après commença la série des exercices, inscrits au programme, qui furent exécutés, dans lordre prévu, sous les yeux dune foule que visiblement le spectacle intéressait. Tout Kouiyang était là dans ses plus beaux atours, masse mouvante autour de la grande arène. Vue de lestrade, cette agglomération ressemblait à une immense fourmilière, et le coloris varié des habits, mis en valeur par un superbe soleil dété, donnait limpression dun vaste parterre émaillé de fleurs.

    M. Tcheou pouvait être content, et de fait il létait. Sil prenait plaisir à considérer les évolutions de ses troupes, son regard se promenait satisfait sur cette foule venue là à cause de lui : pour lui faire fête et lui témoigner sa reconnaissance pour lordre et la tranquillité quil a su instaurer.

    Canton

    Le 24 septembre a eu lieu à la cathédrale lordination de trois sous-diacres.

    es soldats de Tcheung-fat-foui sont entrés triomphalement à Canton. Ce général est dorigine cantonaise. Son retour sert de thème habituel à toutes les conversations. Mais, heureusement pour nous, la ville de Canton ne sest pas trouvée, ces derniers temps, dans la situation que laissaient supposer certains titres par trop sensationnels des journaux de Hongkong.

    Le 14 octobre, à 7 h. du soir, une dizaine de brigands sont entrés chez nos Petites-Surs des pauvres, armés de revolvers et de poignards. Ils envahirent la salle où se trouvaient réunies les Religieuses et, avec force menaces, réclamèrent leur argent. Lun deux saisit à la gorge la Rde Mère Supérieure et lobligea à le conduire lui et ses complices dans les différentes pièces de la maison. Ils ouvrirent toutes les armoires. Ils y trouvèrent et sapproprièrent, en particulier, un calice, les divers petits-dépôts dargent des vieillards, se montant à 3 ou 4 dollars par personne, le produit de la quête du jour. Des voisins sempressèrent daller prévenir la police ; mais quand elle arriva, les voleurs étaient déjà loin !

    Le lendemain, St Joseph se chargea de pourvoir aux besoins de la maison. Petit à petit, par lintermédiaire des Surs, il rendit à chaque vieillard le trésor de 3 ou 4 dollars, qui doit servir à rehausser à la mort léclat des funérailles.

    Le gouvernement a promis de faire le nécessaire afin que pareil désordre ne se reproduise pas.

    Swatow

    Lorage, qui depuis le mois daoût menaçait déclater, a foncé comme un typhon sur la région de Swatow. Depuis des mois on annonçait lapproche dune armée rouge, commandée par les généraux Ho et Yap et forte de 50.000 hommes, parmi lesquels se trouvaient 2 bataillons damazones. Vers la fin de septembre, cette armée, qui avait pendant 2 mois ravagé le Kiangsi, arrivait par marches forcées à la frontière du Kwangtong, en passant par un coin du Foukien. De Swatow on avait bien envoyé à leur rencontre des parlementaires appuyés par des troupes, mais sans réussir à les arrêter.

    Lannonce de cet échec fit sur les occupants de Swatow leffet dun pétard éclatant au milieu dune bande de moineaux : ils senfuirent dans toutes les directions ; les partisans du Tchékiang partirent vers le Foukien ; les cantonais se retirèrent vers louest, dans les montagnes derrière la ville de Kiéyang, tandis que les autorités civiles se mirent en sûreté sur des bateaux de guerre chinois.

    Le lendemain de cette débandade, les syndicats ouvriers et les soviets paysans, qui occupaient déjà la campagne depuis plusieurs jours, proclamèrent le gouvernement communiste à Swatow, Chaochowfu, et autres centres importants. Ils se mirent de suite au travail dépuration en donnant la chasse à leurs anciens adversaires, qui, depuis Pâques, les avaient harcelés et poursuivis ; tous ceux qui tombèrent entre leurs mains furent exécutés sans grandes formalités.

    Entre temps, le populo mit en pratique les théories communistes, en pillant consciencieusement les immeubles, où les services publics du Gouvernement précédent étaient installés ou qui avaient servi dhabitation aux employés.

    A la campagne surtout, les représailles des rouges furent terribles ; des villages entiers furent rasés, les habitants qui ne purent senfuir massacrés, dautres plus riches ou moins compromis, torturés et rançonnés.

    Ce régime, fidèle copie de celui de Moscou, ne dura heureusement que quelques jours. Larmée rouge, sur laquelle nos communistes avaient compté pour maintenir leur domination, était presque dépourvue de munitions ; les hommes étaient fatigués et avaient hâte darriver à Canton. Traînant après eux un grand nombre de malades et de blessés, ils continuaient leur marche vers la Rivière de lEst, dans la direction de Waichow.

    Les soldats cantonais, stationnés sur le flanc de cette armée échelonnée sur une longueur de plus de 100 kilomètres, se rendant compte de la faiblesse de ladversaire et se trouvant eux-mêmes renforcés par des troupes arrivées de Canton, profitèrent du bon moment pour lattaquer sur plusieurs points à la fois ; ils en firent un affreux carnage. A un seul endroit, près de Tonghang (P. Constancis), on a compté après la bataille plus de 2.000 cadavres. Après deux jours de lutte, les rouges, ayant épuisé leurs munitions, se dispersèrent dans les montagnes ou bien senfuirent vers la mer pour gagner Hongkong sur des jonques ; plusieurs Russes, qui se trouvaient avec cette armée depuis son exode de Hankeou, réussirent à senfuir à Amoy.

    Quand la bataille fut engagée dans les montagnes et que le gros des troupes eut quitté Swatow, la flotte cantonaise revint dans le port. On pensait que cétait pour débarquer des troupes et occuper la ville ; il nen fut rien. Il y eut bien un semblant de débarquement, mais cétait uniquement pour mettre la main sur un chargement de piastres, que la Chambre de Commerce venait de verser à larrière-garde rouge et qui allait partir vers lintérieur.

    La nouvelle de la défaite de larmée rouge fut apportée à Swatow le 29 Septembre par plusieurs centaines de blessés arrivant de Kiéyang. Dès le lendemain, les soviets disparurent de la ville et le 1er octobre, au point du jour, toute trace des rouges avait disparu. Dimanche 2 octobre, fête du Rosaire, les troupes blanches firent leur entrée.

    La seconde division de larmée rouge, commandée par le général Yap, qui suivait le général Ho à quelques journées de distance, a été battue en amont de Chaochowfu. Plus de mille cadavres, charriés par le fleuve, vinrent confirmer la nouvelle de la défaite. Les débris de cette division se sont retirés au Foukien.

    Le régime de la terreur avait duré juste 8 jours ; ce fut uniquement luvre des soviets locaux. Les troupes rouges, dont on avait redouté larrivée, se conduisirent, somme toute, assez bien. Elles sappuyaient sur les soviets, quelles laissaient faire, pour obtenir des contributions de guerre, mais ne molestèrent pas directement les habitants chez qui elles sinstallaient. Une forte discipline, imposée par les chefs, maintenait lordre, du moins depuis leur arrivée dans les régions civilisées de la côte.

    A Swatow, les étrangers nont pas été molestés ; dans lintérieur, à part loccupation passagère des écoles de Chaochowfu, Pao-Tai et 2 ou 3 autres stations se trouvant sur le passage des troupes, les confrères et les chrétiens, comme tels, nont pas eu à se plaindre des rouges. Le P. Constancis, qui se trouvait de lautre côté du front, a eu son église et son école envahies pendant plusieurs jours par les blancs, qui lui ont cependant laissé sa résidence.

    Une fois de plus nous devons remercier la divine Providence, qui a si bien dirigé les événements dans des circonstances qui auraient pu devenir tragiques, si elles avaient duré.

    Pakhoi

    Extrait du Compte-rendu, de lexercice 1926-1927.

    Nombre des chrétiens 10.900
    Baptêmes dadultes 176
    denfants de chrétiens 385
    de païens 289
    Confessions annuelles 5.170
    de dévotion 24.462
    Communions annuelles 4.607
    de dévotion 62.547
    Ecoles de garçons et de filles 43
    Elèves dans ces écoles 990
    2 dispensaires-hôpitaux : 50 hospitalisés et 11.560 consultations.

    Hanoi

    Le 24 septembre Mgr Gendreau a fait, en léglise cathédrale de Keso, lordination qui. nous a donné un nouveau prêtre, quatre diacres, deux sous-diacres et onze minorés.

    Nos Tonkinois, tranquilles par tempérament, continuent à montrer une animation qui devient inquiétante. Au début de juin, étudiants et étudiantes (la femme annamite commence à avoir conscience de ses droits !) envahissaient le palais de Justice à Hanoi pour assister au jugement dun de leurs camarades, auteur dune brochure excitant la population à la révolte. La justice dut dégager les abords encombrés. Les manifestants refoulés se vengèrent en jetant des pierres et blessèrent deux agents européens, tout en les gratifiant de jolis noms doiseaux. Plusieurs arrestations sen suivirent, dont huit jeunes demoiselles. Quant à lauteur de la brochure en question, il a simplement déclaré dun air candide quil navait jamais eu lintention de faire uvre anti-française !... Risum teneatis ! Quelques jours plus tard, plus dun millier dAnnamites, massés au cimetière de Hanoi pour commémorer le souvenir dun grand nationaliste, ont, sur un coup de sifflet, résisté à la police qui voulait les disperser et empêcher la manifestation. Quatorze arrestations furent opérées.

    Au commencement de septembre, à Haiphong, quelques bandes de voyous, sous le futile prétexte dune querelle survenue entre deux femmes annamite et chinoise, à une borne-fontaine, se ruèrent sur les chinois plusieurs furent blessés assez gravement et pillèrent les magasins. La police de la ville a dû être renforcée pour mettre les énergumènes à la raison. Les manifestations, qui se sont déroulées à Haiphong, nont pas été sans avoir un écho chez nos voisins,. et les journaux chinois ont consacré de longs articles à ces événements. Les émeutes de Haiphong ont été racontées avec une certaine fantaisie. A Hongkong, par exemple, lon écrit que 20 chinois au moins ont été tués et plus de 100 blessés. A Canton, dès réception des lettres, venues de Haiphong, annonçant la manifestation, les principales maisons de commerce décidèrent de suspendre tout départ de bateau pour le Tonkin et de ne plus entreprendre aucune affaire jusquau moment où la paix serait restaurée. Dans le même temps, à la 51ème réunion de la Section cantonaise du Conseil politique central, laffaire fut mise en discussion et lon adopta les trois. résolutions suivantes : 1) Le Ministre des Affaires Etrangères attirerait directement lattention du Consul Général de France sur les émeutes et ouvrirait avec lui des négociations ; 2) La canonnière Fei-Young et un régiment de troupes seraient envoyés à Haiphong pour protéger les résidents chinois ; 3) Le Commissaire des Affaires Etrangères à Canton se rendrait au Tonkin pour y enquêter, faire un rapport sur lémeute et prendre toutes les mesures nécessaires de concert avec les autorités locales de Haiphong.

    Peu après ce geste énergique et un peu ridicule, les communistes cantonais déclarèrent que si les autorités de Haiphong supprimaient les émeutes anti-chinoises actuelles et garantissaient quelles ne se reproduiraient plus, si ces mêmes autorités de Haiphong faisaient des excuses pour le présent incident et payaient une indemnité aux. chinois victimes, lenvoi de la canonnière et des troupes pourrait être différé pour le moment. Ils y vont fort, les communistes de Canton ! Voyez-vous le port de Haiphong bloqué par la canonnière Fei-Young et les rues de la ville gardées par les compagnies de soldats chinois ! Ils nous feront toujours rire, ces Chinois !

    Vinh

    Extrait du Compte-rendu de lexercice 19264927.

    Population catholique 139.609
    Missionnaires européens 29
    Prêtres indigènes 190
    Prêtres ordonnés pendant lexercice 6
    dadultes 792
    Baptêmes denfants de chrétiens 6.221
    de païens 2.362 9.375

    Confessions 573.154
    Communions 1.133.156
    Hôpital : 1 Malades hospitalisé : 1.530
    Ecoles de catéchisme : 608 avec 23.992 élèves
    Ecoles primaires : 32 avec 723 élèves.

    Hunghoa

    Extrait du Compte-rendu, exercice 1926-1927.

    Population catholique 42.472
    Confessions de dévotion 92.427
    Communions de dévotion 193.079
    Baptêmes dadultes (val. 1164; in art mortis 172) 1.336
    denfants de chrétiens 1.717
    de païens in art. mortis 4.723

    La rentrée du Petit-Séminaire de Hà-Thạch sest faite, comme dordinaire, à la mi-août, avec 56 élèves, répartis en trois classes. En vue de la construction prochaine des nouveaux bâtiments, il a fallu démolir plusieurs des anciennes paillotes, et le Père Quioc, Supérieur, a quitté un peu à regret la maison, qui labrita pendant 27 ans. Ce regret satténuera certainement au fur et à mesure quil verra sélever le futur Séminaire.

    Nous avons, cette année, 26 grands-séminaristes, soit : 9 théologiens au Grand-Séminaire de la Mission de Hanoi, et 17 philosophes à Hung-Hoá.

    Le Père Cornille, qui a repris des forces au pays natal, annonce son prochain retour parmi nous ; par contre, le Père De Neuville, qui la remplacé à Bản-Hẻo, est de nouveau malade, comme il le fut lan dernier, dune bilieuse hématurique, heureusement soignée à temps.

    Le Père Doussoux, notre Benjamin, est vicaire du Père Chatellier depuis un mois. Successeurs du Bienheureux Néron, qui évangélisa cette région, ils la parcourent sans trêve ni repos, visitant les chrétientés, où, comme dhabitude, le vénérable chef de district continue son rôle daimable Mentor auprès de son dixième vicaire. Celui-ci, dont le zèle ne connaît ni les distances ni les obstacles, se lance, sur son inséparable bicyclette, dans les sentiers les plus accidentés de la forêt, au grand ébahissement des habitants quadrumanes, qui, de leurs balcons aériens, se demandent quel peut bien être cet être fantastique, moitié machine moitié homme, quils ont à peine eu le temps de voir, encore moins danalyser !

    Phatdiem

    Nous venons de subir un violent typhon, accompagné dun raz de marée formidable. La digue maritime au sud de Phat-Diem sest rompue en plusieurs endroits, noyant nombre de personnes et détruisant les récoltes sur pied en inondant deau salée les rizières, qui, de ce fait, resteront incultes pendant un certain temps. Rien que dans la paroisse de Vǎn-Hài, nous avons perdu 14 chrétiens. noyés.

    Au sud de la Mission, à Cua-Bang, où lon a fêté voici quelques. mois le troisième centenaire de larrivée du Père de Rhodes, il ny a plus que dix maisons debout. Le probatorium seul a résisté, encore quun bâtiment, le parloir, ait complètement disparu. Sur toutes les diverses plages, la mer a rejeté de nombreux corps dinconnus. Les dégâts sont sans précédents.

    Lordination du 24 septembre nous a donné deux nouveaux prêtres, ce qui porte le nombre de nos prêtres indigènes à 127.

    Nous avons eu le plaisir de recevoir les visites, toujours trop courtes, du P. Tessier, du Kouangsi, et du P. de Coopman, de Saigon.

    Nous sommes au temps de lépreuve : après le P. Varengue et le P. Pléneau, voilà le P. Lambert qui vient de nous quitter pour un monde meilleur. Et, à cause de nos malades, nos rangs séclaircissent encore. Cependant le bien continue à se faire : les conversions et les autres uvres progressent, grâce autant à lénergie soutenue des confrères même âgés quà la collaboration de nos prêtres indigènes ; mais, quand même : Au secours !!!

    Saigon

    Le Père Ernest Hay, dont létat de santé sest aggravé, cédant aux pressants conseils du Docteur, a demandé à rentrer en France. Que le bon Dieu daigne nous le renvoyer bientôt bien rétabli, plein de forces !

    Le P. Delignon, Provicaire, sollicité de remplir lintérim du supériorat au Séminaire pendant labsence du P. Hay, a accepté cette charge avec sa bonne volonté et son désintéressement coutumiers.

    Le nombre des séminaristes augmentant chaque année, nous avons commencé la construction dun bâtiment annexe, à deux étages, pour mettre plus au large élèves et professeurs.

    Le P. Ferrières a été appelé au Conseil Central pour y représenter le groupe des Missions de Cochinchine-Cambodge. Il sera regretté ici ; par son amabilité et sa serviabilité, comme procureur de la Mission, il avait gagné lestime générale.

    Le P. de Coopman, qui revient de Nazareth, où il a pu célébrer dans le recueillement le 25ème anniversaire de son ordination sacerdotale, a été nommé secrétaire de Mgr et procureur de la Mission.

    Le P. Détry, le nouveau vicaire de la cathédrale, a commencé avec ardeur létude du tamoul en vue du ministère auprès des nombreux indiens catholiques de Saigon.

    Hué

    Dans la matinée du 3 septembre, le bon Dieu a rappelé à Lui une professe, une novice et une postulante du couvent indigène des Filles de Marie-Immaculée de Phu-Xuân. Due à une intoxication alimentaire, qui a provoqué une attaque de choléra, leur mort a été des plus édifiantes. Plaise à Dieu que cette épreuve soit pour la congrégation naissante une source de bénédictions célestes !

    Depuis le 25 septembre, cette épidémie de choléra, qui, non sans raison, avait tant effrayé les Européens et les Annamites, paraît définitivement enrayée. Daprès les statistiques officielles, qui. sont certainement incomplètes, elle a fait, pendant les deux mois quelle a duré, plus de 3.000 victimes à Hué même et dans la province de Thừa-Thiên. Les deux autres provinces de la Mission (Quảng-Trị et Quảng-Bình) ont dû, elles aussi, payer leur tribut à cette terrible maladie, mais pas autant que Hué et les environs. Il semble bien, par ailleurs, que, toute proportion gardée, nos chrétiens ont été moins éprouvés que les païens.

    Le 4 septembre, dans toute la Mission, on a célébré aussi solennellement que possible la fête Omnium BB. Martyrum indosinensium ; mais cest, sans doute, à Phước-Môn, chrétienté fondée par S. E. M. Nguyễn-hữu-Bài, que tous les Martyrs de lIndochine française : Espagnols, Français et Annamites, ont été le plus honorés extérieurement. Les grands séminaristes de Hué, sous la conduite de leur Supérieur, le P. Chabanon, Provicaire, et du P. Viry, avaient été invités par Son Excellence à participer à cette fête (messe et vêpres solennelles, procession), dont tous les assistants, même les non-catholiques, emportèrent un excellent souvenir.

    Le 8 septembre, à Phước-Sơn, dans léglise du monastère de N.-D. dAnnam, Monseigneur a conféré la tonsure cléricale à quatre moines, originaires de diverses Missions du Tonkin ; et le 24, à Thợ-Đúc, il donnait lhabit religieux à trois Petits-Frères du Sacré-cur.

    Nos séminaires et les diverses écoles religieuses de la Mission ont eu leur rentrée au commencement de septembre. Le grand séminaire, grâce à ses nouvelles recrues, na plus laspect squelettique quil avait depuis la grande ordination de décembre 1926. Le petit séminaire dAn-Ninh a ouvert ses portes à une trentaine de nouveaux. Cest peu ! Mais sils sont déjà ou deviennent des as en science et en vertu, il ny aura pas lieu de trop se désoler ! Les Frères de lEcole Pellerin nont pu satisfaire à toutes les demandes dentrées qui leur ont été faites, et la bonne Sur Isaac, Supérieure de lInstitution Ste Jeanne dArc, est tout heureuse de voir ses nouvelles classes bien remplies de petites Annamites catholiques et même païennes.

    Phnompenh

    Le 25 septembre dernier, la chrétienté de Sadec a fêté, dune manière solennelle et très réussie, les noces dargent sacerdotales de son missionnaire, le R. P. Charles Lozey. Trente six Pères français et indigènes assistèrent à cette fête. Cette affluence sexplique par le fait que, le P. Lozey ayant été pendant de nombreuses années professeur de théologie, il compte une quarantaine danciens élèves. parmi les soixante-dix prêtres annamites, qui travaillent actuellement dans la Mission de Phnompenh.

    Favorisée par le ciel, la journée fut ensoleillée : Ste Thérèse sen était chargée (le P. Lozey nest-il pas de Lisieux !) et les chrétiens lavaient beaucoup priée à cette intention. A 18 heures, un gros nuage noir, qui menaçait de tout submerger, nallait-il pas se déverser à 200 mètres de là, sans que la place de léglise eût une goutte deau ! Ce sont de ces sourires gracieux de la Petite Sur.

    Les offices, chantés par les Pères, rehaussés par un orchestre symphonique, furent très pieux et en même temps splendides. Les chrétiens navaient jamais rien vu daussi beau, les païens non plus. Et pendant deux soirées, très nombreuse fut lassistance aux séances de cinéma données sur la vie de N. S. et lHistoire-Sainte. Ce fut, en même temps quune distraction, une prédication utile qui portera ses fruits.

    Le Jubilaire rayonnait de joie, en voyant cette fête si bien réussie, sans lombre dun désordre. Il avait consenti à la célébrer afin de glorifier Dieu au milieu des païens ; il était heureux de voir ce but atteint.

    A 19 heures, les Français du poste, Administrateur en tête, tinrent à unir leurs félicitations sympathiques à celles des Pères et des chrétiens. En même temps quun souvenir de prix, ils offrirent à leur vénéré Pasteur leurs vux les plus cordiaux de santé, de prospérité et lui souhaitèrent un jour de noces dor plus brillant encore !

    Ainsi, cette journée fut une journée dunion cordiale sur toute la ligne, ad majorem Dei gloriam !

    Bangkok

    Deux missionnaires du Siam sont décédés en septembre, lun, le Révd Père Vandempétry, à Bangkok même, le samedi 10, et lautre, le Révd Père Buhl, en France, le dimanche 25. Le premier passa quatre ans de sa vie en Mission et mourut à 36 ans ; le second ne fit que doubler cette période bien que décédé à lâge de 61 ans.

    Le Père Vandempétry, gazé de guerre, avait une âme dacier dans un corps dargile. Très intelligent, il sétait donné la tâche dapprendre le siamois et lannamite aussi parfaitement que possible afin dexercer un fructueux ministère. Dieu sest contenté de sa bonne volonté. Strict en ses principes, sagace et fin dans la conversation, il manqua peut-être parfois de souplesse dans les discussions, mais la souffrance, qui émaciait son visage, excusait ses répliques quelque peu mordantes. Il eût voulu vivre pour travailler et préparait, la veille même de sa mort, tout un programme daction. Nous sommes portés à croire que son apostolat aurait été agissant, ferme, coordonné, surnaturel. Quil veuille bien, du haut du ciel, attirer les bénédictions divines sur le Siam tout entier !

    Le Père Buhl, que beaucoup de ses confrères du Siam nont pas connu, puisquil quitta ce pays en 1899, fut, au début de sa vie missionnaire, un travailleur acharné, trop même, puisquune rupture déquilibre intellectuel lobligea vite à gagner Hong-Kong pour y chercher une réaction climatique et de la distraction. De retour au Siam, nommé professeur au Séminaire de la Mission, il ne put longtemps continuer ses fonctions. Une anémie cérébrale persistante lobligea, contre son gré, à regagner la France, où il vécut sauf quelques années passées au Luxembourg jusquà sa mort. Que Dieu lui donne le repos éternel !

    Les Religieuses de St Paul de Chartres ont solennellement fêté le bi-centenaire de leur venue en Mission par des offices religieux, présidés par Sa Grandeur Mgr Perros, le 25 septembre, au couvent St. Joseph, et, le 29, au même endroit, par une séance récréative fort réussie, où se pressaient la Noblesse siamoise, des représentants du Corps Diplomatique, le Clergé, lélite européenne et de nombreuses anciennes élèves. Monseigneur présidait, entouré de S. A. le Prince Dhani, Ministre de lInstruction Publique et de Monsieur le Comte de Sercey, secrétaire dAmbassade, faisant fonction de Ministre de France. Si les anciennes Surs de St Paul, maintenant au ciel, méritent dêtre louées pour leurs travaux de missionnaires, travaux dont les fruits se récoltent aujourdhui, nous ne pouvons nous empêcher de mettre à lhonneur celles qui luttent encore ici-bas et dont les services rendus actuellement à lEvangélisation sont à signaler. Daigne Dieu susciter de nombreuses vocations de Religieuses de St Paul pour remplacer celles qui tombent, afin que ne séteignent ni la Flamme du Souvenir ni celle de lApostolat Missionnaire de la France en Extrême-Orient.

    Birmanie Septentrionale

    De toutes les provinces de lInde Anglaise, la Birmanie, nous dit le dernier rapport sur la criminalité, a le triste honneur de tenir le premier rang. Ce premier prix de coupeurs de têtes et de bourses ne nous surprend guère. Des bandes de brigands armés (dacoits) ne cessent, en effet, de parcourir le pays, et commettent, pour voler, des crimes nombreux et abominables. La plupart des chefs sont connus de la population des endroits où ils opèrent ; mais, soit par crainte de représailles, soit pour séviter les tracasseries policières, elle se garde bien de les dénoncer. Aussi arrive-t-il que, pendant des mois entiers, tout un district est sous la coupe dune bande de voleurs, et la faute en retombe sur lhabitant qui ne veut rien dire.

    Cest grâce à ces intelligences (tacites, il faut le croire), que le fameux San Hpé, il na quune dizaine de meurtres, de vols ou dincendies sur la conscience, a pu, toute lannée, dans le district de Meiktila, tenir tête et faire la risette à un fort détachement de policemen armés jusquaux dents et lancés à ses trousses pour larrêter. La forte somme de dix mille roupies, le prix de sa tête, na tenté personne ; car, aux yeux du naïf vulgaire, San Hpé était doué de pouvoirs surnaturels et malheur à celui qui eut osé porter la main sur lui ! Il se rendait invisible, volait dans les airs ; invulnérable, les balles saplatissaient devant lui. Aux pwès, aux cinémas, dans les réunions publiques, les marchés, son nom volait de bouche en bouche : San Hpé était devenu le héros national. Une division parmi ses partisans, le manque de vivres, la fièvre, lont enfin fait descendre de son piédestal et la semaine dernière la police le cueillait dans son nid, sous un buisson, plus mort que vif. Que diront de lui les Birmans lorsque la justice laura condamné à la potence ?...

    Ce nest pas par les armes de San Hpé, mais par les eaux du Zawgyi que le P. Mandin a failli périr tout dernièrement. Traversant en barque cette rivière récemment grossie par de fortes pluies, un brusque coup de pagaie pour éviter un dangereux tourbillon faisait chavirer la frêle embarcation et, en moins de temps quil nen faut pour lécrire, notre confrère piquait une tête dans leau. En quelques brassées, ses suivants gagnaient la rive ; mais le Père, étranger à lart de nager, restait pendant 20 minutes le corps dans leau, accroché à un vieux tronc darbre, en attendant du secours. Emportés par les eaux rapides, bicyclettes, armes et bagages partaient pour une destination inconnue...

    A lordination daoût, au Séminaire de Penang, un de nos séminaristes recevait le Sous-Diaconat et huit autres, la tonsure...

    Laos

    Ste Anne est la Patronne de la cathédrale. Mgr Gouin surtout, en bon et fidèle breton, entoure Ste Anne dun culte tout particulier. Le 26 juillet dernier, il y eut donc fête grandiose à Nong-Seng. Mgr officia pontificalement, entouré de douze confrères ; les uns sacquittaient des cérémonies avec toute la perfection désirable, les autres chantaient, et du grégorien ! Oui, du grégorien au Laos ! et vous direz encore que nous ne sommes pas à la page au Laos ! Je vous avouerai que nous-mêmes, les vieilles barbes grises ou blanches, quoique obligés de rester bouches bées, en dépit de notre amour-propre, nous étions doucement émus par ces belles mélodies. le P. Paulin, à la parole ardente, avait su préparer la fête et remuer le cur de nos braves Laotiens. Les confrères se mirent bien volontiers à leur disposition. Mgr eut ainsi le bonheur de distribuer de nombreuses communions. Belle Fête. Ste Anne a certainement été satisfaite. QuElle daigne en retour répandre ses meilleures bénédictions sur tout notre Laos, sur notre Evêque, sur tous ces confrères qui ne craignent pas de faire de longs voyages pour témoigner à leur évêque leur bien respectueuse et bien affectueuse sympathie !

    Une autre bonne nouvelle : la ville de Thakhet nous a enfin ouvert ses portes. La Mission vient, en effet, dy ériger un oratoire. Le 15 août, Mgr la inauguré en y célébrant la Ste Messe. Toute la colonie européenne, le commissaire de la province en tête, vint assister à la cérémonie. Le P. Boher y avait conduit tous ses élèves-catéchistes, et, sous sa direction, les chants donnèrent à la fête un joyeux relief. Toute la population en fut fort impressionnée.

    Thakhet a déjà un petit groupe de 30 à 40 chrétiens ; ce petit grain de sénevé deviendra un jour, nous nen doutons pas, un grand arbre.

    En terminant, permettez-moi de vous signaler aussi la fête patronale de Sien-Vang, la St Joachim. Encore une belle et bonne journée ! Mgr donna le sermon. A cette fête, nous avons eu le bonheur de voir, parmi lassistance, le Gouverneur siamois de Lakhon, qui est catholique, le Phaya-Samut, accompagné de son médecin, catholique aussi, et le chef de la police... Combien de pays pourraient envier notre Laos !

    Pondichéry

    Le 17 mai, par une chaleur tropicale, nous arrivait de France un nouveau confrère, le Père A. Hougard, 1 mètre 80 de haut. Notre grand chancelier, qui détenait le record des hautes tailles, se voit handicapé de quelques centimètres. Notre nouveau confrère, cest le cas de dire, sapplique, à la sueur de son front, à pénétrer les secrets de la belle langue tamoule.

    Le 21 mai, tous les établissements, collèges, petit et grand séminaires, pour échapper aux trop chaudes caresses de Phbus, ouvraient leurs portes et donnaient à tous, élèves et professeurs, la clef des champs.

    Le 24 juillet, Sa Grandeur Mgr lArchevêque, descendant des Shevaroys Hills, sarrêtait à Salem pour bénir la nouvelle église que le P. J. Bruyère y avait bâtie, au prix de quelles peines, Dieu seul le sait ! Hélas ! le vaillant ouvrier nest plus là. Environ un mois auparavant presque subitement, après trois ou quatre jours de maladie, dont les médecins nont pu établir un diagnostic certain, le Père Bruyère allait recevoir la récompense promise par le Père de famille au serviteur fidèle.

    Le 31 juillet, à Tindivanam, a eu lieu la bénédiction dune belle et grosse cloche, venue pour tenir compagnie à lancienne qui sennuyait seule dans une des tours de la nouvelle église.

    Le 26 juillet, rentrée des classes. Elle sest effectuée en bon ordre, et professeurs et élèves, dûment reposés, ont repris leur tâche avec un courage digne dadmiration. Le nombre des élèves clef notre séminaire-collège oscille entre 1000 et 1200.

    Mysore

    Nous venons de fêter la St Maurice, fête patronale de Mgr Despatures. Nombreux sont les confrères qui ont pu se rendre libres pour notre petite réunion de famille à la Procure.

    Le P. Vanpeene sest fait linterprète de tous en présentant à Monseigneur nos meilleurs souhaits. Ce fut une occasion pour lui de relever, non sans humour, comment lune des qualités de notre Evêque était de ne point ressembler à son saint patron. A la tête de son régiment, St Maurice devait, sans nul doute, assumer un ton de commandement. Chez nous, ce ton, trop dur, nest point connu, effacé quil est par la bienveillance paternelle. Mgr se montra très touché de ce compliment et tint à nous assurer que ce serait toujours son ambition dagir en père envers chacun de nous. Cest, en effet, avec lunion des missionnaires entre eux, lune des grandes conditions dun travail fécond.

    Le P. Baussonnie a dernièrement subi avec plein succès la délicate opération de la cataracte. Il fut opéré à lhôpital Victoria de Bangalore par le Dr. Narayan Rao et a maintenant la grande satisfaction de pouvoir se servir sans difficulté de ses deux yeux.

    Le P. Pointet sest embarqué à Marseille dans la première quinzaine de septembre ; sous peu nous aurons donc le plaisir de le revoir à Bangalore.

    Séminaire de Paris

    S. G. Mgr Thiry, évêque-élu de Fukuoka, a fait savoir quil lui était impossible de se rendre à Rome le 30 Octobre prochain pour le sacre de S. G. Mgr Hayasaka. Alors le St-Père a daigné inviter S. G. Mgr de Guébriant à remplir les fonctions dévêque-assistant à la place de Mgr Thiry. Par ailleurs, Mgr Hayasaka a, par télégramme, prié Mgr Chambon de vouloir bien assister à la cérémonie de son sacre. Mgr lArchevêque de Tokio, déférant à ce désir, a retardé son départ pour le Japon.

    Du 31 juillet au 28 août, la ville de la Rochelle a donné une importante Exposition Coloniale. Notre Société y ayant été invitée, nous avons cru devoir y prendre part. Un vaste stand, au milieu de la salle, face à la porte dentrée, nous avait été réservé. Avec son zèle accoutumé, M. Dépierre a organisé ce stand, qui a fait bonne impression, comme en témoigne léloge que le Comité de lExposition a fait paraître dans le compte-rendu.

    Durant le mois daoût, le séminaire a eu lhonneur de donner lhospitalité au Père Abbé de la Trappe de Bonne-Combes, à son retour du Canada, et à Mgr Mac Glinchey, Directeur de la Propagation de la Foi à Boston, qui, revenant de Rome, tenait à célébrer sur lautel, où reposent les reliques du B. Théophane Vénard.

    Cinq aspirants ont subi à Rome avec succès les examens de fin dannée. Mr. Fuma et Mr. Destombes, celui-ci avec la mention summâ cum laude, sont licenciés en théologie. MM. Dourisboure, Lemaire et Stutzmann sont bacheliers.

    Après sêtre acquitté de deux engagements pris depuis longtemps, lun dans la paroisse de M. Mazé où il a béni une école libre, lautre à St. Pol de Léon où il a présidé le grand pardon annuel, Mgr le Supérieur est rentré à Paris le 6 septembre.

    Le 8 septembre, Mgr Baudrillart et Mgr Lépicier honoraient de leur présence notre table de communauté. Ancien Visiteur des Indes, Mgr Lépicier revenait dAbyssinie, où son Excel. a rempli une Mission pendant le premier semestre de cette année.

    Le Séminaire a eu aussi le plaisir de donner, le 13 septembre, lhospitalité à Mgr Costa de Beauregard, Vicaire Général de Chambéry.

    Les vacances ont pris fin. Les aspirants sont rentrés au Séminaire le 9 septembre.

    Le surlendemain 11, se déroulait, suivant le rite traditionnel, la cérémonie de départ de sept nouveaux missionnaires. M. Cesselin a prononcé lallocution dusage. Le Dimanche suivant, nouvelle cérémonie de départ pour huit autres nouveaux partants.

    Le 21 septembre, 200 membres de lAmerican Légion se sont rendus à Dormans où ils ont été reçus par le Maréchal Foch et Mgr Tissier. Nous avons été représentés à cette réunion par quelques confrères parlant anglais.

    Ont été admis au nombre des aspirants : NN. Villagroux (Quimper), Froidevaux (Lausanne), Bec (Reims), Perriot-Comte (Besançon), Boiteux (Besançon), et Chauvet (Luçon).
    1927/684-712
    684-712
    Anonyme
    France et Asie
    1927
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