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Chronique des Missions et des Etablissements communs 2

Chronique des Missions et des Etablissements communs Tôkyô
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    Chronique des Missions et des Etablissements communs
    Tôkyô
    Les établissements des Marianistes au Japon ont reçu, à la fin de l’année 1924, la visite du Supérieur général de la Société de Marie, M. Emile-Joseph Sorret, accompagné de M. Michel Schleich, Inspecteur général de la Société. Ce dernier n’était pas un inconnu au Japon : il y était venu déjà comme inspecteur il y a quinze ans. Les deux visiteurs arrivaient d’Amérique, où ils avaient inspecté les établissements de la Société, qui y sont au nombre de soixante, y compris l’Université de Dayton. Débarqués à Yokohama le 13 novembre, ils en sont repartis le 26 décembre. Durant leur séjour au Japon ils ont pu constater que les écoles de la Société : l’Etoile-du-Matin à Tôkyô (1.220 élèves), l’Etoile-Brillante à Osaka (750 élèves), l’Etoile-de-la-Mer à Nagasaki (700 élèves), sont en pleine prospérité. M. le Supérieur a remarqué que généralement les écoles de la Société comptent de 400 à 600 élèves ; seuls un collège à Madrid, qui est fréquenté par un millier d’élèves, et le Collège S.-Louis à Honolulu par 1.150 élèves, se rapprochent de l’Etoile-du-Matin. Cette dernière école a donné au Supérieur général, le samedi 15 novembre, une réception digne de sa réputation. Les chants, les discours, les poésies, les exercices d’ensemble et défilés ont montré aux visiteurs qu’au pays du Soleil-Levant on sait exprimer avec cordialité et délicatesse les sentiments de vénération, de sympathie et de reconnaissance. Au banquet du soir, offert par un groupe d’anciens élèves, il fut rappelé que, parmi les Anciens de l’Ecole, 624 occupent des positions honorables dans l’armée, la marine, le gouvernement, les grandes compagnies, les banques, les professions libérales ; il y a 245 diplômés des Universités Impériales ou Ecoles Supérieures officielles, 142 diplômés des Universités ou Ecoles Supérieures libres. De plus, 361 Anciens étudient actuellement dans les Universités ou Ecoles Supérieures, et 31 à l’étranger.

    Les visiteurs purent, à Yokohama, pleurer sur les ruines du Collège S.-Joseph, qui comptait 300 élèves à l’époque du tremblement de terre ; et à Sumiyosbi, près Kôbe, où les professeurs et élèves du Collège durent s’exiler, il fut exprimé des vœux, à la belle réception qui se tint le 27 novembre, pour que “le cher Collège se lève de ses ruines, plus beau et plus prospère que jamais ”…“Et votre arrivée au milieu de nous, ajoutait-on à l’adresse du Supérieur général, nous paraît comme l’aurore annonçant la prochaine réalisation de nos espérances.”... Qu’il en soit ainsi, dirons-nous, et que se réalise aussi le vœu exprimé par le Directeur de l’Etoile-du-Matin, à savoir que la sollicitude paternelle de celui que les Marianistes appellent “le bon Père” fonde encore dans l’Empire du Soleil-Levant d’autres établissements de la Société de Marie, semblables à ceux déjà fondés !

    Le Supérieur général, accompagné de M. l’Abbé Heinrich, vice-provincial du Japon, a été présenté au Prince Régent, et, à l’occasion de cette audience, il a été décoré de la 3e classe de l’Ordre du Soleil-Levant, et son compagnon de la 4e classe du même Ordre.

    Nagasaki

    Le 5 décembre dernier, 6 missionnaires et 2 prêtres indigènes étaient réunis au cimetière catholique de Kurume pour l’érection d’une croix sur la tombe du P. Sauret. — Mort au cours de la guerre (décembre I917) après 38 ans d’apostolat, dont 30 dans la ville de Kurume, le regretté défunt n’avait jusqu’ici qu’une simple croix de bois sur sa tombe. Ce n’était pas assez au gré de ses chrétiens et au nôtre. On a voulu faire mieux et, ce jour-là, après un service solennel célébré par le P. Lemarié, vicaire général, assisté de deux prêtres indigènes, toute la chrétienté se rendait au cimetière, où une belle croix de pierre avait été érigée sur la tombe de l’ancien pasteur de la paroisse. C’est le P. Bertrand, missionnaire de Kokura et compatriote du P. Sauret, qui donna l’absoute et bénit le nouveau monument funéraire.

    Le dimanche 7 décembre, Mgr Combaz bénissait à Kagoshima, chez les PP. Franciscains Canadiens, une cloche pour l’église Saint-Francois-Xavier, bâtie, il y a quelques années, par le P. Raguet.

    Seoul

    Le P. Larribeau, rentré à Seoul le 24 décembre, a effectué son voyage de retour en Corée par l’Amérique. Le bateau qui le ramenait a franchi le 180e degré de longitude le lendemain du dimanche 7 décembre, qui, dans l’hémisphère oriental, était le mardi 9 décembre. Le 8 était donc supprimé, et avec lui la fête de l’Immaculée Conception. Qu’aurait fait, en pareil cas, un confrère à la fois liturgiste et dévot serviteur de Marie ?... Le P. Larribeau est nommé professeur au Séminaire.

    Grand changement à Seoul et en province parmi les fonctionnaires du Gouvernement : des bureaux sont supprimés, d’autres sont diminués d’importance et, pour raison d’économie, beaucoup d’employés ont été renvoyés.

    Désormais chaque province aura à sa charge l’entretien des écoles secondaires qui se trouvent sur son territoire. Actuellement on compte en Corée 26 écoles secondaires, dont 17 coréennes et 9 japonaises.

    L’électricité a été installée à la cathédrale de Seoul.

    Taikou

    La province du Kyeng-syang-to avait jusqu’ici pour capitale la ville de Tjin-tjyou. A partir du 1er avril prochain, c’est Fusan qui sera le siège du gouvernement de la province. Cette nouvelle a causé un certain émoi dans la population de Tjin-tjyou, qui a essayé mais en vain, de faire revenir le gouvernement sur sa décision.

    Les nouveaux fonctionnaires nommés récemment ont pris possession de leurs postes. Au bureau de l’Instruction Publique, c’est un Coréen, Ri Tjin-ho, ancien gouverneur du Kyeng-syang-to, qui devient directeur. C’est une innovation.

    La Cour de Cassation de Seoul vient de trancher un cas intéressant. On sait qu’à Taikou un schisme s’était produit entre des ministres protestants américains et leurs adeptes coréens. Ceux-ci revendiquaient la propriété du temple de la secte. Après décisions rendues par la Cour locale et en appel, l’affaire fut portée à Seoul et la Cour de Cassation a donné gain de cause aux missionnaires américains. Ce point de jurisprudence a un intérêt général pour toutes les Missions, en ce sens que les tribunaux japonais reconnaissent le christianisme et admettent que, chaque confession chrétienne ayant ses lois particulières pour la direction et l’administration de ses œuvres, en cas de conflit c’est d’après ces lois que la cause doit être jugée.

    Mandchourie Septentrionale

    Mgr Gaspais est rentré à Changchun pour le nouvel an, après avoir visité les districts de Hanlan, Payen et Harbin. Au Heilong-kiang, comme dans la province de Kirin, les brigands pullulent et S. G. attribue à une protection spéciale de la Providence de n’avoir pas rencontré quelque bande de ces indésirables.

    A Tchonkiatchongtse les brigands ont incendié une maison appartenant à la Mission. Avec le pillage de l’église et de la résidence de Wangkiatoun, cela constitue pour la Mission de lourdes pertes.

    Quant aux autorités chinoises, elles reconnaissent avoir le devoir de nous protéger, mais non celui de nous indemniser des dommages que nous subissons du fait de leur manque de protection. Etrange logique ! ...

    Un élève du Grand-Séminaire de Kirin, Paul Yu, a été admis au Séminaire de la Propagande et s’est embarqué pour Rome à la fin du mois de novembre.

    Setchoan Oriental

    Après de longs atermoiements, Chungking et ses environs vont être dotés d’une route nationale, dont les projets dormaient depuis longtemps dans les papiers des entrepreneurs. Pour tracer cette nouvelle route, il faudra déblayer le terrain et enlever de nombreux tombeaux. Dix ligatures d’indemnité seront attribuées aux tombeaux en pierre ou en briques, cinq à ceux qui ont une pierre tombale, et une ligature aux sépultures isolées sans aucune construction.

    La Poste de Chungking refuse les colis postaux à destination du Kouytcheou : aurions-nous de nouveau la guerre ? Les soldats du Kouytcheou actuellement sur le sol setchoanais font des préparatifs de départ ; on dit qu’ils rentreraient sans tarder dans leur province d’origine.

    A Tonglean, le P. Bétin a été blessé la nuit par un voleur qui s’était introduit dans sa chambre à coucher.

    Thibet

    Le 21 novembre l’armée setchoanaise venant de Yatcheou est entrée presque sans coup férir, à Tatsienlou. Les soldats des marches thibétaines, très inférieurs en nombre, n’auraient pu lui opposer qu’une vaine résistance. Nos nouveaux maîtres ont affiché de nombreux édits dénonçant les crimes de l’ancien Commissaire, promettant protection au peuple, etc. Ils ont également interdit à leurs soldats l’accès des établissements de la Mission ; ce qui n’a pas empêché deux d’entre eux de venir à l’hôpital et de menacer les religieuses de leurs armes si elles refusaient de leur livrer la femme d’un officier.

    Le 15 décembre, l’armée sino-thibétaine essaya de reprendre la ville, mais elle fut repoussée.

    La Mission n’a pas particulièrement souffert, mais elle est toujours dans l’impossibilité de s’approvisionner, et les nombreux réfugiés à qui elle donne asile sont pour elle un grand embarras.

    Kientchang

    Notre retraite annuelle s’ouvrira le dimanche 18 janvier.
    La récolte ayant été nulle ou à peu près dans la montagne, les Lolo descendent se ravitailler dans la plaine. Pas de jour où l’on n’entende parler de razzias, de pillages, de meurtres. Nos chrétiens de Tchangpintse notamment vivent dans des transes continuelles.

    Le P. Audren est enfin guéri de la mauvaise plaie, provoquée par une piqûre d’insecte, qui l’a immobilisé un mois entier. Le mouvement de conversions semble vouloir s’amplifier dans sa région. Il a actuellement six écoles et déplore que le manque de personnel ne lui permette d’en ouvrir que deux autres, alors qu’il en faudrait encore cinq ou six.

    Nous n’avons pas d’autres nouvelles de nos confrères. Rien d’étonnant à cela, étant donné que la plupart sont actuellement en visite des chrétiens. Cependant nous ne sommes pas sans inquiétude au sujet de ceux de la région du nord : la poste ne fonctionne plus depuis une quinzaine de jours et les renseignements qui nous parviennent, bien que contradictoires, ne sont pas rassurants. De nouveaux troubles sont à craindre.

    Yunnan

    Depuis son arrivée à Taly, le 6 décembre, le P. Salvat s’emploie de tout cœur à remplir sa mission ; il dépêche courriers sur courriers à la recherche des brigands qui détiennent prisonnier le P. Piton. Déjà, avant son arrivée, le P. Savin avait envoyé lettres et courriers aux chefs-pirates. Nos confrères pensent que le P. Piton n’est pas dans la région de Monghoa, mais plutôt au Ki-chan ( district de Houang-kia-pin ). Le 25 décembre, le P. Salvat télégraphiait à Mgr de Gorostarzu : “Pirates réunis discutent entre eux amnistie” ; puis, le 27, au Consul de France : “Réponse pirates : conditions inacceptables ; reprenons négociations.” Le 29, le P. Salvat annonçait qu’un crayon et du papier ont été envoyés au P. Piton, lui demandant d’écrire : cela afin de s’assurer que notre confrère vit encore : il ne faut pas se laisser jouer par les pirates. De jour en jour nous attendons un télégramme qui nous dira si oui ou non, le P. Piton a pu supporter une année de captivité.

    La famine se fait sentir de divers côtés. A Tchaotong, en particulier, le P. Fortin ne peut suffire à recueillir les enfants que les mères, ne pouvant plus les nourrir, déposent à sa porte. Notre confrère recueille ces pauvres petits, qui pour la plupart ne vivront pas, ayant déjà trop pâti.

    La nouvelle église de Kokoui, bâtie par le P. Guyomard et dédiée au Sacré-Cœur, sera bénite le 6 février, premier vendredi du mois.

    Le P. Badie signale les exploits des brigands dans le voisinage de sa résidence de Iwofeng : pillages, incendies, rapts, etc. Il n’a rien vu de pareil, dit-il, durant ses 35 années de séjour en Chine. Le P. Py donne, de Langnitsin, des détails aussi navrants.

    Pendant ce temps, le gouvernement du Yunnan, ayant toujours soin d’argent pour payer ses troupes, impose de nouvelles taxes sur le sel, le tabac, etc.; les commerçants augmentent leurs prix en conséquence, et la vie devient de plus en plus chère.

    Kouytcheou

    Mgr Seguin est rentré de sa visite pastorale dans les districts de Tinfan et Tsingai, pendant laquelle il a administré plus de 150 confirmations et a béni le nouvel oratoire et la résidence de Paikin.

    Les brigands ont tenté par deux fois de s’emparer de la mission de Pinfa, dans laquelle s’était réfugiée la population chrétienne et païenne de la ville, mais les bons murs en pierres résistèrent à leur fusillade et ils durent se retirer, non sans lancer les pires insultes aux assiégés et à leur courageux soutien, le P. Noyer.

    A Kianlong le brigandage est actif et les routes de la région sont de plus en plus dangereuses.

    Kouiyang regorge de soldats. La capitale et les préfectures voisines ont à subir des réquisitions énormes de riz, de toile et d’argent pour l’entretien des troupes.

    Lanlong

    Notre nouveau confrère, le Père Nénot, malgré quelques pannes dues à la fuite de ses porteurs et que, grâce à son heureux caractère, il a supportées sans s’en faire, nous est arrivé le jour de la St. François-Xavier, accompagné du Père Richard, qui était allé au-devant de lui jusqu’à Pànkiâo au Yunnan. Après quelques jours de repos bien mérité, le Père a attaqué avec ardeur l’étude de la langue chinoise. Puisse-t-il, comme nous le lui avons souhaité, batailler raide et tenir jusqu’aux noces d’or !

    Le bataillon d’indésirables dont nous parlions le mois dernier, après s’être fait détester de tous, vu son peu de tenue, a enfin reçu sa feuille de route et 2.000 piastres de viatique, au lieu de 20.000 qu’il demandait, et est reparti pour Kouiyang.

    Un grand convoi de munitions vient de passer par Hingihien pour Kouiyang : la paix est encore loin.

    Dans plusieurs parties de la Mission la famine sévit ; en un seul endroit un millier de familles ont dû s’expatrier pour trouver de quoi vivre. Si la pluie ne vient pas bientôt sauver la récolte de printemps, il est à craindre que la famine ne devienne générale.

    Canton

    Mgr Laurentius Yang nous a quittés pour un monde meilleur le 22 décembre au matin. Il souffrait depuis une quinzaine de jours, vraisemblablement atteint de pneumonie. Le dimanche 21, il s’était levé comme d’habitude et voulait se rendre à la cathédrale pour y célébrer la sainte Messe. Son neveu, le P. B. Yang, l’en empêcha et lui apporta la sainte Communion. Dans la journée son état ne paraissait pas modifié. Le soir, il prit son repas ordinaire et ne voulut personne dans sa chambre pour la nuit. Le matin, il fut trouvé mort dans son lit. Les deux personnes qui avaient couché devant la porte de sa chambre n’avaient rien entendu de toute la nuit ; la sonnette n’avait pas été agitée. — Les funérailles eurent lieu le lendemain. Mgr Fourquet chanta la messe. La chrétienté de Canton, qui avait pu apprécier les qualités de modestie, de dévouement, de zèle sacerdotal de Mgr Yang, l’a honoré à sa mort comme elle l’avait aimé de son vivant.

    Le P. Marsigny est arrivé à Canton le 26 décembre, venant travailler avec nous dans cette Mission. Mgr est heureux de voir augmenter le nombre des ouvriers disposés à procurer la gloire de Dieu et le salut des âmes.

    A l’occasion de la fête de Noël, l’“Association anti-chrétienne” a répandu des tracts hostiles au christianisme. Des jeunes gens, membres de l’Association, sont allés manifester bruyamment, à l’heure des offices, devant quelques temples protestants.

    La Direction de l’Instruction Publique de Canton vient d’adresser aux établissements d’enseignement libre une circulaire dont voici la traduction.

    “Présentement les adeptes de la religion chrétienne ont ouvert dans notre pays un très grand nombre d’écoles, depuis les écoles primaires et enfantines jusqu’aux universités inclusivement. Ces écoles servent de prétexte pour prêcher la religion ; mais, en réalité, tout en prêchant la doctrine chrétienne, elles ont établi en même temps les différentes branches de l’enseignement public. Or la religion est une chose qui regarde chaque individu personnellement ; adhérer à ses enseignements est laissé au libre arbitre de chacun. Mais, dans les choses qui ont trait à l’instruction publique, les conséquences peuvent être très graves, soit pour la culture de nos générations de citoyens, soit pour le développement de la force de la nation. En somme, les programmes établis dans ces écoles, les méthodes d’enseignement qu’on y emploie, peuvent-ils répondre aux graves desiderata de notre vie nationale et ne sont-ils pas en contradiction avec les théories de notre gouvernement sur l’éducation nationale ? Toutes ces différentes écoles n’ayant aucune relation avec notre gouvernement, nous n’avons aucun moyen d’éclaircir nos doutes au sujet de ces choses qu’il faudrait examiner en détail. A cet effet, nous déléguons les inspecteurs provinciaux (suivent 6 noms). Ils se diviseront les différents quartiers de la ville de Canton ainsi que la banlieue et iront inspecter les écoles existantes. Ils devront inspecter sérieusement, afin d’avoir des renseignements sûrs et de s’entendre en vue d’une amélioration future. Nous comptons que, cette lettre étant arrivée à votre école, vous voudrez bien recevoir nos délégués. Il importe, en effet, que toutes choses soient bien éclaircies, afin d’éviter — ce que nous souhaitons vivement, — les discussions entre le gouvernement et la religion.”

    Voilà une ingérence qui ne nous présage rien de bon.

    Swatow

    Mgr Rayssac, voulant profiter des facilités offertes à l’occasion de l’année jubilaire, s’est décidé à faire cette année sa visite ad limina ; il s’est embarqué à Hongkong le 4 janvier.

    Une ère de tracasseries et de persécution semble s’ouvrir pour notre région. Non seulement il est impossible d’obtenir justice contre les usurpateurs de terrains et d’immeubles appartenant à l’Eglise, mais de différents côtés on signale des vexations dont sont victimes nos chrétiens. Chez le P. Le Corre les autorités prennent parti pour les payens qui veulent forcer les chrétiens à contribuer aux superstitions, sous prétexte que ces rites font partie de la vie sociale. Le P. Favre signale des faits encore plus graves : la soldatesque qui opère dans le district de Pou-nen sous prétexte de purger le pays, empêchée par le Père d’installer ses campements dans une de ses chapelles, s’est vengée en pillant les maisons des chrétiens ; puis, au moment des prières, ces braves ont envahi la chapelle, frappant et maltraitant ceux qui leur tombaient sous la main et en garrottant une douzaine qu’ils ont emmenés prisonniers. Malgré l’intervention du Consul de France ces malheureux sont toujours enchaînés, bien qu’aucune accusation n’ait été portée contre eux.

    Et dire que ce sont nos “amis” qui gouvernent ! Que serait-ce si c’étaient nos ennemis ?

    Kouangtong Occidental

    Le sécheresse a encore sévi sur nos régions pendant tout le mois décembre. Peut-être doit-on à son influence la recrudescence de piraterie que l’on signale de divers côtés ? Je n’oserais cependant la rendre responsable des troubles dits civils ou militaires, au choix, quoique fortement apparentés au brigandage, qui ont repris de plus belle dans quelques parties de la Mission. Aucun de nos Maréchaux ou Généraux n’a pu obtenir encore un succès décisif et réduire son ou ses adversaires à implorer grâce. On a parlé de plusieurs batailles perdues et gagnées tour à tour par les divers belligérants. Il n’est que trop certain, hélas ! que les populations recommencent à quitter les régions hantées par les militaires, afin chercher autre part asile et protection, ce qui est bien la meilleure méthode d’éviter les sévices coutumiers aux troupes de l’un et de l’autre parti. Ainsi a-t-on fait dans la région de Onpou, ainsi encore à Pakhoi, où, dit-on, se serait produite une vraie panique. Le Consul de France a dû en référer au Tonkin et prier qu’on lui envoie un petit vapeur de la Douane pour parer à toute éventualité. Espérons que le triomphe de l’un des partis apaisera les craintes et permettra pour un temps à ceux qui vivent d’autre chose que de l’industrie de la guerre, de reprendre leurs paisibles occupations.

    Faut-il attribuer aussi aux opérations militaires l’engouement qui fait établir des routes pour automobiles, routes qui doivent réunir les principaux centres de cette région ? Il est certain que ces travaux sont sous le contrôle des militaires, qui les font exécuter avec le moins de frais possible et sans autrement s’inquiéter des droits des propriétaires qui se trouvent sur le passage des nouvelles voies. On doit regretter que ces travaux soient faits vaille que vaille, sans empierrement, sans accotements. A peine si, en certains endroits, on a gratté un peu l’herbe. Cela peut aller en cette saison d’extrême sécheresse, mais gare quand viendront les déluges estivaux ! Quoiqu’il en soit, félicitons-nous du progrès et souhaitons qu’il se développe avec les améliorations désirables. D’ores et déjà on peut aller de Fort-Bayard à Onpou en auto et sous peu peut-être à Pakhoi et à Kochow, en passant par Shekshing et Muiluk, ce qui serait réellement précieux pour les confrères de ces divers centres, à condition encore que la persévérance, qualité si rare parmi les Chinois, ne leur fasse pas défaut tout d’un coup.

    Célébrant pour la dernière fois à Fort-Bayard la fête de Noël, avant de transporter le centre de la Mission à Pakhoi, on s’est efforcé de lui donner le plus de solennité possible. Si le personnel était un peu réduit et inexpérimenté pour assurer à la Messe pontificale de Minuit toute l’ampleur désirable, par contre ni l’éclairage ni les pétards surtout n’ont manqué au rôle brillant et éclatant que l’on était en droit d’attendre d’eux. L’année prochaine Pakhoi verra à son tour une Messe de Minuit pontificale. Souhaitons que ce soit avec plus d’éclat encore et de piété.
    Et maintenant, bonne année au cher Bulletin ! Souhaitons qu’il se développe sans cesse et fasse collecte d’études et de récits toujours plus intéressants.

    Vinh

    Au 15 novembre 1924, la population catholique de la Mission était de 135.410, répartis en 622 chrétientés. Le clergé comptait 28 missionnaires et 148 prêtres annamites. Le personnel auxiliaire comprenait 202 catéchistes, 4 religieuses européennes et 138 religieuses indigènes.

    567 adultes et 2.235 enfants de païens ont été baptisés dans l’année.

    Phat-Diem

    Les mois de décembre et janvier sont ici le temps du recueillement, — je veux dire le temps des retraites. Du 11 au 18 décembre a eu lieu celle des prêtres indigènes quasi-curés, puis, du 31 décembre au 7 janvier, celle des vicaires. Ensuite, du 10 au 17, ce sera le tour des missionnaires, et, à la fin du mois, celui de nos 140 religieuses indigènes. Quant à nos 200 catéchistes, c’est au Petit-Séminaire et pendant les vacances d’été qu’ils viennent se retremper dans les exercices spirituels.

    Chaque année tout le monde prend part à ces retraites. Seuls les missionnaires du Chau-Laos n’y participent que tous les deux ans, à cause des fatigues et des difficultés d’un long voyage, et aussi, hélas ! à cause des dépenses qu’il entraîne. Cette année, c’est au tour du P. Varengue de sortir de sa forêt pour venir se renouveler dans les douceurs de l’habitare fratres in unum. Voilà deux ans que ce citoyen de Paris, cet homme des villes, est devenu homme des bois. Chargé des districts de Muong-Xoi et Muong-Pun, qui marquent l’extrême limite des conquêtes de la foi de ce côté, il est heureux de travailler là où ont combattu et se sont sacrifiés d’admirables apôtres, comme les PP. Thuet, Blanchard et Rocher, pour ne citer que les morts.

    Le 6 janvier, Phat-Diem a été honoré de la visite de M. Krautheimer, Résident supérieur au Tonkin accompagné de M. Auger, Résident de la province. Avisés un peu tard, les chrétiens ont regretté de n’avoir pu donner à la réception de ces hauts fonctionnaires tout l’éclat qu’ils auraient désiré. L’établissement des sourdes-muettes, l’hôpital, la Sainte-Enfance, les écoles, furent visités successivement. Dans les écoles, où se pressaient des centaines d’enfants, deux d’entre eux furent interrogés et répondirent de façon fort satisfaisante.

    Quinhon

    Une ordination, qui ne comprendra que des diacres, aura lieu le 11 février.

    La retraite des missionnaires, prêchée par le P. Bourlet, de la mission de Phat-Diem, s’ouvrira le 18 février et se terminera le 24. — Peu de jours après, le même dévoué confrère ira prêcher à Kontum successivement la retraite des missionnaires et celle des prêtres annamites. Mgr Grangeon se propose de l’y accompagner.

    Saigon

    La population catholique de la Mission de Saigon est de 84.425. — 1208 adultes (dont 551 in articulo mortis) et 3.351 enfants de païens ont été baptisés dans l’année.

    Le P. Gerey a repris sa place à la Procure, où reste encore cependant le P. Gauthier, qui, pris de gros accès de fièvre, a dû entrer à la Clinique Angier. Il y a rejoint le P. Gueguend, dont l’état de santé laisse toujours à désirer.

    Les PP. David et Keller, retour de France, étaient attendus au commencement de janvier.

    Le P. Abonnel, parti pour Hongkong le 21 novembre, nous est revenu le 24 janvier. Le P. Ackermann, qui l’avait rejoint à Béthanie un mois plus tard, y prolonge son séjour jusqu’à amélioration plus notable de sa santé.

    Sœur David, de S.-Paul de Chartres, a reçu la médaille d’or des épidémies en reconnaissance de ses longs services à la léproserie de Culao-Rong.

    Hué

    Le 20 décembre a eu lieu l’ordination de 4 prêtres, 2 diacres, 7 sous-diacres et 4 minorés. Cette ordination porte le nombre de nos prêtres indigènes à 86. Leurs deux doyens, qui n’exercent plus le saint ministère depuis quelques années, ont été ordonnés par Mgr Sohier, le premier en 1872, le second en 1875. Sur les 84 autres, 30 ont reçu l’onction sacerdotale de Mgr Caspar, 4 de Mgr Grangeon, Vicaire Apostolique de Quinhon, et 50 de Mgr Allys.

    Le bon Dieu vient d’envoyer une grande épreuve aux chers Frères des Ecoles chrétiennes de l’Indochine. Six religieux de cet Institut, dont quatre étaient destinés à Hué, l’un comme Directeur du Noviciat et les trois autres comme professeurs à l’Ecole Pellerin, se sont embarqués à Quinhon sur le Haiphong le 3 décembre, et depuis lors on n’a aucune nouvelle du bateau, qui, outre les six Frères portait 6 Européens et 118 indigènes. Nous nous réjouissions du sérieux renfort qui nous arrivait, et voilà que notre joie s’est changée en un deuil bien triste. Nous ne pouvons que redire la parole du saint homme Job : Dominus dedit, Dominus abstulit : sit nomen Do mini benedictum ! et nous associer à la douleur de nos chers collaborateurs.

    Phnompenh

    La fête de Noël, chez nos Annamites, est toujours préparée avec soin et célébrée avec la plus grande solennité possible, et cela non seulement dans les chrétientés où réside un prêtre, mais encore dans telles qui en sont privées. Témoin la chrétienté de Kampot. Après s’être assurés de la venue d’un prêtre pour la messe de minuit, les notables font une collecte, dont l’usage est soigneusement contrôlé. Un organiste, des chantres et même des chanteuses sont réunis et font plusieurs répétitions. Bientôt l’église est ornée avec goût, la crèche dressée avec piété, l’illumination prête à jeter ses feux. De 11 heures et demie à minuit, la chapelle retentit des plus beaux noëls exécutés à la perfection : puis, à la grand’messe, tous les morceaux sont chantés à deux chœurs et en pur grégorien ; quelques cantiques terminent la cérémonie. Il n’y avait pas, du reste, que de l’extérieur à cette fête. Malgré le petit nombre de chrétiens qui composent cette station et l’heure tardive de l’arrivée du prêtre, celui-ci put encore compter 24 communions. L’attitude des païens toujours en nombre à Noël, fut toute de respect et d’admiration. Puisse la persévérance de cette chrétienté lui mériter le bienfait de la présence d’un prêtre !

    Kampot, c’est le dernier centre avant l’ascension du mont Bockor. Cette station climatérique continue de donner satisfaction aux santés fatiguées. Plusieurs professeurs de séminaires y ont passé leurs vacances de décembre-janvier, jouissant d’une température variant de 12o à 22o C.

    Siam

    Extrait du Compte-rendu de l’exercice 1923 -24.

    Population totale environ 5.200.000
    ” catholique 28.487
    Adultes 254
    290
    ” in art. mort. 36
    Baptêmes Enfants de chrétiens 1.123 2.392
    2.102
    ” de païens. 979

    Confessions 157.436
    Communions 297.303
    40 Ecoles primaires de garçons 2.361 élèves
    40 ” ” de filles 2.217 ”

    Notre retraite annuelle a eu lieu du 17 au 22 novembre ; elle a prêchée par Monseigneur. Au salut clôture, Siam a été consacrée à la Sainte-Vierge. Cette consécration sera renouvelée chaque année, le 15 août dans toutes les églises et chapelles de la Mission. Que Notre-Dame de Siam nous obtienne des grâces abondantes de version et de sanctification !

    Le mardi après la retraite arrivaient à Bangkok quatre Religieuses Ursulines faisant partie de l’Union Romaine. Le développement des œuvres d’instruction et d’éducation exige un personnel toujours plus considérable pour faire face aux efforts des protestants et des bouddhistes sur ce terrain, et les Sœurs de St.-Paul, malgré tout leur dévouement, ne peuvent pas suffire à toutes les demandes. Espérons qu’avec ce nouveau renfort les progrès réalisés depuis une vingtaine d’années continueront d’augmenter toujours davantage.

    Sa Majesté Rama VI vient d’inaugurer solennellement un grand canal nouvellement creusés destiné à servir de réservoir pour alimenter la grande plaine qui se trouve au nord-est de Bangkok sur la rive gauche du Ménam Chao-Phraya. C’est la réalisation de la première partie d’un grand plan d’irrigation entrepris pour intensifier la culture du riz en cette contrée et prévenir un désastre en cas de sécheresse. L’exécution intégrale du plan projeté assurera (humainement parlant) au pays une récolte certaine chaque année. C’est un progrès considérable sur l’ancienne routine.

    Bonnes nouvelles de nos chers absents : le P. Chanelière va mieux et reprend de nouvelles forces, nous espérons le revoir au milieu de nous peut-être l’année prochaine. Le P. Chorin, pendant son pèlerinage en Terre-Sainte, a reçu la Croix d’or de Chevalier de l’Ordre militaire du Saint-Sépulcre des mains de Sa Béatitude Mgr Barlassina, Patriarche de Jérusalem. On sait que le P. Chorin est Officier d’Académie depuis le 10 février 1923.

    Malacca

    L’événement du mois de décembre est, après une absence de deux ans, la rentrée de Mgr Perrichon, qui a bien profité d’un congé dont il avait le plus grand besoin, et qui, grâce à Dieu, nous est revenu avec une mine superbe, tout rayonnant de santé.

    Dès le lendemain de son arrivée le Coadjuteur partait pour Malacca, où il était attendu pour célébrer pontificalement la fête de saint François-Xavier et administrer le sacrement de Confirmation aux nombreux candidats eurasiens, chinois et indiens, préparés par les PP, François et Baloche.

    Huit jours après, c’était la paroisse chinoise de Saranggong qui recevait la visite épiscopale ; enfin, le 25, les paroissiens de la Cathédrale ont vu avec bonheur reprendre la tradition des offices pontificaux à la Messe de minuit et aux Vêpres.

    Mgr Perrichon n’est pas rentré seul en Malaisie. Le Jérusalem nous ramenait également le P. Renard, bien rétabli, lui aussi ; il débarquait à Pinang et s’installait à Pulo Tikus (l’Ile aux Rats), devenant de ce fait curé du Collège général de la Société et du Noviciat des Frères.

    Notre malade, le P. Brossard, va de mieux en mieux.: il retrouve l’usage de ses jambes, sa voix revient : c’est, Dieu merci, l’acheminement vers la guérison complète.

    Birmanie Méridionale

    Nous avons été favorisés de visites de nos bon amis les PP. Jésuites Belges de Calcutta. Tout d’abord, le P. Gille, éditeur du Catholic Herald, qui a passé près d’un mois en Birmanie. C’était sa première visite ; mais combien il nous mit tous à l’aise par sa cordialité et son inaltérable gaieté ! Nous attendons ses impressions sur notre Birmanie, espérant tous revoir un jour le charmant visiteur. Le second de nos hôtes fut le P. Laenen. C’est un vieil ami de Rangoon : il y a fait plusieurs séjours et, chaque fois, beaucoup de bien. On s’arrache le Père pour le faire prêcher un peu partout. Cette fois-ci encore, en plus de la retraite des Sœurs du Bon-Pasteur, il a prêché dans toutes les églises de langue anglaise. Il nous a quittés le 30 décembre. A lui aussi, nous avons dit : Au revoir.

    Le 25 décembre a été bénite la nouvelle chapelle du Couvent. Le P. Picot en a été l’architecte, le contremaître, maçon charpentier ; tout lui est passé par les mains, et vraiment on peut dire de notre confrère :

    Ses pareils à deux fois ne se font pas connaître
    Et pour leurs coups d’essai veulent des coups de maître.

    Au déjeuner qui suivit, il fut nommé par Monseigneur , “chef de la corporation des curés bâtisseurs.”

    Birmanie Septentrionale

    La retraite annuelle finie, Mgr Foulquier partait en tournée de Confirmation dans nos vieux postes du district de Shwebo. A son grand regret il rentrait trop tard à Mandalay pour rencontrer le P. Gille, S. J., le distingué éditeur du Catholic Herald de Calcutta. Ce bon Père a réalisé à la lettre l’utile dulci du vieil Horace. Venu pour se reposer un peu de ses fatigues de journaliste, il a en partie visité les trois Missions de Birmanie et est reparti enrichi de renseignements sur le pays et sur nos œuvres, “enchanté d’avoir fait la connaissance des Pères des Missions-Étrangères de Paris.”

    Le P. Lafon a repris les travaux de construction de son église chinoise, suspendus pendant trois ans pour cause de manque de fonds. Finie, elle sera belle et solide : chaque bloc de ciment armé est moulé sur place.

    Le gouverneur de Birmanie a inauguré à Mandalay le 22 décembre dernier le vaste Agricultural College, qui n’a coûté que la modique somme de 18 lacks (1.800.000) de roupies !

    Pondichéry

    Les travaux de la nouvelle église de Tindivanam sont poussés activement sous la direction du zélé curé du district, le P. Colas. On espère qu’elle sera achevée en temps voulu pour que le P. Borey, curé de Notre-Dame des Anges (Pondichéry), qui en posa les fondations il y a quelque 30 ans, puisse aller y chanter une messe solennelle à l’occasion de ses “Noces d’or”, qu’il doit célébrer le 22 mai prochain.

    Procure de Singapore

    La Procure de Singapore a reçu, durant l’année 1924, 203 voyageurs, amenés par 63 bateaux différents. Certains de ces voyageurs ont passé seulement quelques heures à la Procure, le temps d’arrêt des bateaux ; d’autres y ont séjourné plusieurs jours, ayant à attendre un bateau pour une autre destination.

    Ces 203 passagers appartiennent aux Sociétés suivantes :
    Missions-Étrangères de Paris 49
    Missionnaires de Scheut 43
    Lazaristes 26
    Jésuites 21
    Petits-Frères de Marie 9
    Pères du Sacré-Cœur d’Issoudun 8
    Pères de Mill-Hill 6
    Missions-Étrangères de Milan 6
    Capucins 5
    Franciscains 2
    Prêtres séculiers 2
    Frères de S.-Gabriel 2
    Dominicains 1
    Pères du Verbe Divin 1
    Pères de Maryknoll 1
    Séminaristes 21

    203

    Séminaire de Paris

    La deuxième des conférence organisées à l’Institut Catholique par l’Union Missionnaire du Clergé de Paris, a été faite le 17 novembre par une religieuse, ancienne missionnaire aux Indes, Sœur Jeanne. Devant un public sympathique, elle a fait connaître par projections l’œuvre des Sœurs Catéchistes de Marie Immaculée aux Indes.

    La troisième conférence, très remarquable, a été donnée le 24, par Mgr Beaupin, sur les Congrégations missionnaires françaises et les difficultés de leur recrutement. — Les dix conférences de l’an dernier ont été éditées en volume qui vient de paraître chez Téqui, sous le titre : L’Apostolat missionnaire et la France (7 frs.). M. Olichon, le dévoué secrétaire de l’Union Miss. du Clergé de Paris, annonce ce volume par un article de la Croix du 27 novembre. Olichon avait reçu déjà la visite de Mgr le Supérieur et de plusieurs confrères. Sa vue, gravement menacée, l’oblige à suivre un traitement qui comporte l’immobilité complète dans une clinique de Lille. — Les 18 et 19, échange de visites entre Mgr le Supérieur et M. de Fleuriau, naguère ministre de France en Chine et aujourd’hui Ambassadeur en Angleterre. –– Le 20, arrivée du P. Roulland avec le jeune Frère J. Bannet. Celui-ci restera à Paris attaché à la Procure des Commissions.

    Un triduum solennel a été célébré à Notre-Dame à l’occasion du 6e centenaire de la canonisation de saint Thomas d’Aquin. La communauté a assisté à la cérémonie du mercredi 26. Le sermon, donné par le P. Lhande, S. J., avait pour sujet : St. Thomas, poète de l’Eucharistie.

    Le 23, à l’église S.-Laurent, le P. Roulland a donné un sermon et fait une quête fructueuse pour la construction de la Chapelle de la Reconnaissance de Dormans. A l’église St. Vincent de Paul, plusieurs sermons sur les missions par M. Gérard. A Nogent-sur-Marne, journée des Missions, par les PP. Fabre et Chambon.

    Le P. Depierre, reprenant la série de ses visites, est allé au Petit Séminaire de S.-Flour, au Collège S.-Eugène à Aurillac, à l’Orphelinat d’Albi, au Petit-Séminaire de Castres, où il a eu une séance de 2 heures avec “le maximum d’enthousiasme et le maximum de sympathie chez tous.” Dans son voyage de Revel à Sorèze, l’autobus a pris feu en route, mais il n’y a pas eu de grave accident.

    Le P. Nassoy, entre plusieurs prédications à Paris, a visité l’Ecole apostolique de Montmélian.

    Sur l’invitation de Mgr l’Evêque de Metz, Monseigneur, accompagné du P. Boulanger, est allé passer à Metz la fête de saint François-Xavier. Arrivé de bonne heure la veille, Mgr Pelt lui-même a bien voulu lui faire visiter la cathédrale, son trésor et plusieurs établissements de la ville, entre autres le Grand-Séminaire, où Mgr a pu parler une petite demi-heure à la communauté très sympathique. Le 3, à Inglange, près Thionville, pays de la Baronne de Gargan, Mlle de Puymaigre recevait à déjeuner les deux évêques, le P. Boulanger et plusieurs ecclésiastiques et laïques amis des Missions. Il y a là un ouvroir très vivant de l’Œuvre des Partants. A la réunion à l’église, Mgr le Supérieur a parlé à la population et aux bienfaiteurs de l’Œuvre. Après la bénédiction du S.-Sacrement on rentrait à Metz en automobile à temps pour la cérémonie du soir à la paroisse Notre-Dame, où Monseigneur le Supérieur a parlé à un nombreux auditoire réuni en l’honneur du saint Patron des Missions.

    Monseigneur et le P. Boulanger sont rentrés le 4 à Paris, où Monseigneur a présidé le soir, au Cercle du Luxembourg, le dîne mensuel des Publicistes chrétiens, dont le Président est M. G. Goyau.

    A notre paroisse de St.-François-Xavier des Missions-Étrangères la fête patronale a été célébrée très solennellement le dimanche 7. S. E. le Cardinal Dubois officiait. Mgr le Supérieur assistait au chœur et la communauté de Paris assurait les cérémonies et l’exécution du plain chant. La paroisse a fait coïncider avec cette fête le cinquantenaire de son inauguration en 1874 ; auparavant, depuis sa fondation, après la Révolution, les offices étaient célébrés dans notre chapelle.

    Le lendemain 8, toute la communauté se rendait à Bièvres pour la fête de l’Immaculée Conception. Mgr le Supérieur a chanté la messe et les vêpres.

    Le 9 décembre, Monseigneur se rencontrait à la table d’un ami commun avec plusieurs coloniaux de marque, dont M. Albert Sarraut, naguère Ministre des Colonies et, dit- on, successeur probable de M. Merlin. Bonne réunion franchement cordiale, où, dans la libre expression des sentiments de chacun, on a été d’accord pour déclarer impolitique et funeste la nouvelle campagne d’anticléricalisme.

    On s’est réuni aussi, le 10, chez Mgr Beaupin, de retour de la conférence de l’opium, où les protestants ont fait grand fracas de leur rôle dans la suppression de la maudite drogue. Les assistants tous catholiques de marque, ont appris avec étonnement que l’Eglise catholique combattait l’opium depuis son apparition en Extrême-Orient et l’interdisait formellement aux fidèles. Tant est profonde l’ignorance des questions missionnaires, même dans l’élite catholique !

    Son Excellence le Nonce Apostolique a promis de venir présider notre fête patronale de l’Epiphanie. Mgr Chaptal a bien voulu se charger de l’ordination du 20 décembre, en suppléance de Mgr le Supérieur, qui est parti pour Rome avec les PP. Fabre et Beigbeder et rentrera qu’après le 1er janvier.

    Le P. Depierre est rentré à Paris, après avoir visité Dax, Lourdes, où Mgr Schoepfer lui a fait un excellent accueil, Aire, où sa visite fut pour tous une “explosion de joie”, Bordeaux, petit et grand Séminaire, collège de Tivoli.

    Le 10, à l’église St-Germain-des-Prés, réunion mensuelle de l’Œuvre apostolique ; le P. Chambon a donné une conférence sur le Japon catholique.

    Le 13, dans sa chapelle particulière, Monseigneur a conféré à un aspirant les deux premiers ordres mineurs et, le 15, a commencé la retraite d’ordination.

    On sait que le Dr P. Schebesta est chargé d’une mission scientifique en Malaisie, où il fait des recherches ethnographiques sur certaines races autochtones fort peu connues jusqu’ici. Dans le numéro du 20 octobre des Etudes il parle des “Négrilles de la Presqu’île malaise” et, au cours de son article, il dit : Dans la presqu’île même, la Société des Missions-Étrangères de Paris m’a prêté son concours, et ceux de ses membres avec qui je me suis trouvé en relations rivalisent de bonne volonté pour me faciliter ma tâche. Quelque flatteur que ce témoignage puisse paraître, je tiens à affirmer que, si mon expédition a obtenu jusqu’ici un plein succès, c’est aux Missionnaires de cette Société que je le dois tout d’abord.

    Nous sommes heureux d’enregistrer ce témoignage, et nous félicitons nos Confrères de la Mission de Malacca de garder les traditions de charitable urbanité qui furent toujours en honneur dans notre Société.





    1925/104-124
    104-124
    Anonyme
    France et Asie
    1925
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