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Chronique des Missions et des Etablissements communs 8

Chronique des Missions et des Etablissements communs. Tôkyô
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    Chronique des Missions et des Etablissements communs.

    Tôkyô

    De nombreux fidèles des six paroisses de Tôkyô se sont réunis cette année encore pour accompagner le S.-Sacrement dans la procession qui sest déroulée dans lenclos de la cathédrale, le dimanche 22 juin. On a estimé à deux mille la pieuse assistance qui a défilé derrière les bannières de chaque paroisse, portées par des enfants, des jeunes filles et des hommes, avec les délégations des établissements scolaires catholiques de la capitale. Sur le parcours de la procession, jalonné doriflammes, un art ingénieux avait, avec de la sciure de bois de diverses couleurs, dessiné des tapis aux arabesques variées. Les deux reposoirs dressés, lun sur la pelouse du jardin, lautre à lautel de la grotte de Lourdes, fac-similé exact de celle de Massabielle, sencadraient dans une profusion de verdure et de fleurs. Mgr lArchevêque portait le S.-Sacrement, assisté des PP. Mayrand et Cherel ; huit acolytes balançaient des encensoirs, et huit antres jetaient des fleurs, tandis quun chur denfants de lécole exécutait les chants liturgiques. La procession dura près de deux heures. Des appareils photographiques et même cinématographiques ont fixé pour le public qui sy intéresse les diverses phases de la cérémonie. Sept à huit journaux de la capitale en ont donné des reproductions avec un compte-tendu sympathique.

    Le dimanche de la Pentecôte, avait eu lieu à la salle des fêtes de la même paroisse une double séance, lune à 2 h. ½ , lautre à 6 h. ½ , où les jeunes gens de la paroisse ont interprété dune manière fort réussie des scènes empruntées à lhistoire des chrétientés du Japon au XVIIe siècle ; lune ayant trait à lexil polir la foi dun daimyô chrétien, connu sous le nom de Takayama Ukon ; lautre au martyre des enfants dArima. Ces scènes reproduites par le cinéma doivent être envoyées à lexposition du Vatican.

    A la rentrée du printemps, au Japon début de lannée scolaire, lEcole de lEtoile du Matin, dirigée par les Marianistes, comptait 666 élèves au lycée et 558 à lécole primaire, soit un total de 1.224. Cest le chiffre le plus élevé depuis la fondation de lEcole.

    Nagasaki

    On sait que cest dans la Mission de Nagasaki quont été retrouvés les descendants des anciens chrétiens du XVIIe siècle. Le plus grand nombre était confiné à lextrémité occidentale du Kyûshû et surtout dans les îles voisines, où il était plus facile déchapper aux perquisitions. Par une exception quelque peu surprenante, la chrétienté dImamura se trouve plantée comme une oasis en plein pays païen, non loin de la ville de Kurume. Une tradition rapporte quun prêtre, nommé Jean, proscrit et fugitif au temps des grandes persécutions, fut arrêté et crucifié à Imamura. Des miracles eurent lieu à son tombeau, qui demeura en grande vénération. Le 20 de chaque mois, les chrétiens y venaient en pèlerinage, pieds nus, et y priaient avec ferveur.

    Les premiers missionnaires qui visitèrent Imamura après louverture du pays furent les PP. Corre et Sauret. En 1880, on y comptait 2.300 fidèles. Lémigration au Brésil surtout, a réduit ce nombre à 1900.

    Le P. Honda, qui est chargé de ce district, a bâti à Imamura avant la guerre, heureusement, une belle église sous le vocable de S. Michel, et, le 21 mai dernier, Mgr Combaz bénissait une cloche de 450 kg., don de colons japonais au Brésil, qui noublient pas leur paroisse natale.

    Osaka

    Dans les Informations diverses du numéro du 23 mai des Missions catholiques, on lit lentrefilet suivant.

    Hiroshima (Japon). Un monument à saint François-Xavier a été érigé dans un square de la ville de Yamaguchi, dans le Vicariat Apostolique de Hiroshima, créé, lan dernier, par démembrement du diocèse dOsaka et confié aux Pères Jésuites de la Province allemande. Le terrain a été donné par le gouverneur (préfet) du département de Yamaguchi. Les frais de ce monument ont été couverts par une souscription. Le Général de la Compagnie de Jésus avait envoyé 1.000 lire. Un chrétien chinois, Nicolas Tsu, avait offert 3.000 francs.. Le premier ministre japonais, général Terauchi, avait encouragé cette idée. Plusieurs ministres et hauts personnages ont participé à la souscription. Le monument est composé dune croix de granit avec un buste de saint François-Xavier placé au point dintersection des bras de la croix.

    Ce résumé est exact, mais incomplet ; ce quil dit est vrai, mais il ne dit pas tout. Et sil est un nom quil aurait dû rappeler, cest celui du missionnaire qui a travaillé et lutté pendant trente ans pour réaliser ce projet inspiré par sa dévotion fervente envers lApôtre du Japon, premier fondateur de la chrétienté de Yamaguchi (1550-51). Dans ses moments libres, dit le Bulletin de la Société des M.-E. (No 28 Avril 1924), ce missionnaire fit des recherches et parvint à réunir sur lhistoire de Yamaguchi au XVIe siècle des documents quil publia en un volume intitulé Yamaguchi no Kôkyô-shi (Histoire-du Catholicisme à Yamaguchi). Ces recherches lamenèrent à retrouver lemplacement dit temple Daidô-ji, cédé à saint François-Xavier par le seigneur Ouchi Yoskitaka en 1551. Dès lors le zélé missionnaire remua ciel et terre pour acquérir ce terrain... Malheureusement les ressources furent trop lentes à venir et, en 1895, on y éleva des casernes pour le 42e régiment. Le missionnaire fut obligé de se contenter dun terrain voisin, qui doit voir un jour un monument à la mémoire de S. François-Xavier.

    Ce jour est venu ; mais Dieu seul sait toutes les démarches, les voyages à Tôkyô, les pétitions aux autorités locales, les lettres écrites de tons côtés, touts les soucis enfin quimpliqua la réalisation du pieux projet.

    Ce fervent disciple et successeur du grand Apôtre de Yamaguchi, cest le vénéré doyen de notre Mission dOsaka, le P. Aimé Villion. Le cher Père a été assez longtemps à la peine, il nest que justice quil soit à lhonneur. Cest chose faite. Cuique suum.

    Hakodate

    Pour la première fois depuis longtemps les fêtes de la Pentecôte ont eu à Hakodate, cette année, un éclat inaccoutumé. Dans la nouvelle cathédrale toute brillante de fraîcheur, Mgr Giardini, Délégué Apostolique, célébrait la Messe pontificale, après avoir administré la Confirmation à 40 néophytes. Laprès-midi fut consacré à des réceptions, soit à la mission, soit chez les Surs de S. Paul, et un salut solennel clôtura cette journée de fête.

    Les autorités civiles, préfet, maire, tinrent à recevoir Son Excellence avec les honneurs dus à son rang, et partout laccueil fut aussi bienveillant que courtois.

    Quelques jours après, cest la chrétienté de Morioka qui avait la joie de recevoir le Représentant du Saint-Père. Le dimanche 15, Mgr le Délégué voulut bien célébrer la Messe solennelle, pendant laquelle Mgr Berlioz après avoir souhaité la bienvenue à Son Excellence, rappela que la date du 15 juin 1924 marquait le 33e anniversaire de létablissement de la hiérarchie ecclésiastique au Japon.

    Comme à Hakodate, les autorités locales montrèrent une sympathie respectueuse. On devait, du reste, sy attendre : le Préfet a confié ses filles aux Dames de S.- Maur de Tôkyô, et le Secrétaire de la Préfecture est un ancien élève des Marianistes à Tôkyô.

    Sur linvitation des journalistes de la ville, Mgr Giardini accepta de donner une conférence publique dans la plus grande salle de la ville. Plus de 1.200 personnes y assistèrent : S. Exc. prit pour sujet le courant des idées en Italie; le P. Hayasaka traduisit en japonais ce que le conférencier avait dit en français et les deux discours furent couverts dapplaudissements. Après eux le P. Dossier et le P. Doi prirent aussi la parole, ne voulant pas perdre une si belle occasion de semer la vérité.

    Bonnes journées, dont le souvenir durera.

    Seoul

    Comme nous lavions espéré, les orgues de la cathédrale ont pu être inaugurées en la fête de la Pentecôte. A 9 h. ¾ Mgr le Coadjuteur procédait à la bénédiction du nouvel instrument, qui, aussitôt après, sous les doigts dun artiste, fit retentir ses harmonies les plus sonores pendant que Mgr Mutel faisait son entrée solennelle pour la messe pontificale.

    Le samedi des Quatre-Temps, Mgr Devred a ordonné 2 prêtres, 4 diacres et 3 sous-diacres.

    Le 25 juin, le Gouvernement général invita NN. SS. les Evêques et les missionnaires de Seoul à venir voir les films qui ont été pris lors du passage de M. Merlin et qui témoignent hautement de lhabileté des photographes japonais. Ces films doivent être envoyés au Gouverneur général de lIndochine en souvenir de sa visite à Seoul.

    Le P. Poyaud qui est, comme chacun le sait, missionnaire honoraire de Mandchourie en qualité de visiteur de tous les Japonais catholiques de cette Mission, est parti le 6 juillet pour Moukden. Il compte rester un mois environ, allant de tous côtés porter le secours de son ministère à ses intéressantes ouailles. Mais pendant ce temps, hélas ! Les orgues de Seoul vont rester muettes.

    Taikou

    Le 14 juin, à la cathédrale, Mgr Demange a ordonné 11 sous-diacres.

    La Compagnie du chemin de fer se plaint dune baisse considérable dans les recettes de cette année. Dans lespoir dy remédier, elle a décidé que, du 15 juin au 30 septembre, des éventails seraient loués aux voyageurs de 1e et de 2e classe.

    Mandchourie Méridionale

    Le cher Frère Florent est arrivé récemment pour prendre, au nom des Frères Maristes, la direction de lEcole secondaire franco-chinoise de Moukden. Sa venue, attendue depuis près de dix ans, comble enfin les vux de notre Evêque et des missionnaires ; tous désiraient des éducateurs et instituteurs de choix pour former notre jeunesse ; nos souhaits sont réalisés.

    Les succès obtenus, dans dautres Missions, par les écoles des Frères Maristes sont la garantie de ceux qui les attendent chez nous. Leur tâche, du reste, sera facilitée : lEcole est déjà ouverte et mise sur un bon pied ; elle compte une centaine délèves et ce nombre paraît devoir saccroître rapidement. La grande maison avec les vastes cours que leur cède la Mission font de cette école un établissement des plus sains et des mieux aménagés. Quand les derniers travaux dagrandissement, actuellement en cours, seront terminés, lensemble aura fort belle apparence.

    Dieu bénisse maîtres et élèves !

    Mandchourie Septentrionale

    Le dimanche matin 22 juin, Mgr Gaspais, venant directement du Synode de Shanghai, est rentré à Changchun juste à temps pour assister à la procession du T. S.-Sacrement. Notons-en passant que, cette année comme les précédentes, de belles processions ont eu lieu à Kirin, Harbin, Changchun, Siaopakiatze, Houlan, etc... Le jeudi suivant, S. G. se rendit à Kirin et présida le lendemain la fête du Sacré-Cur à la cathédrale. Une des raisons pour lesquelles S. G. avait tenu à accélérer son retour était le jubilé sacerdotal du P. Lacquois, directeur du Grand-Séminaire. Le samedi arrivèrent à lEvêché les PP. Samson (de la Procure de Shanghai), Guérin, Dassier et Astoul. Tous accompagnèrent Monseigneur au Séminaire pour offrir au jubilaire, avec un modeste souvenir, leurs félicitations et leurs vux. Une séance des plus réussies, où trouva place, avec force discours, une charmante pièce, le Départ du Missionnaire pour la Chine, fut, de la part des élèves et des chrétiens, une manière délicate de montrer leur reconnaissance au héros dit jour. Le dimanche, fête des SS. Pierre et Paul, 25e anniversaire de son ordination sacerdotale, le P. Lacquois chanta la messe, S. G. assistant au trône. A midi vint se joindre à nous un prêtre chinois le P. Meng. Inutile de dire que le dîner fut empreint de la plus franche gaîté. Puis eut lieu le salut du S. Sacrement et dans la soirée tout le monde se rendit à lEvêché. Une séance récréative (cinéma, comédie) fut donnée à la salle des Conférences et clôtura cette belle fête de famille. Il va de soi que lheure des toasts ne fut pas oubliée et que tout le monde forma le vu de pouvoir célébrer un jour les noces dor du cher P. Lacquois.

    Le P. Peignont, dont la réputation sportive nest plus à faire, en entraînant ses écoliers dans un match de foot-ball, sétait fait une malencontreuse entorse ; mais il eut vite fait de réagir et, le troisième jour dans loctave de la fête, vint nous apporter un regain de gaîté.

    Le P. Astoul, dont le zèle fait trop facilement fi de la fatigue, a dû finalement se résigner à prendre un repos prolongé devenu nécessaire. Espérons quil sera vite rétabli.

    Le P. Gérard, membre de lAdministration centrale au Séminaire de Paris, célébrait, lui aussi, cette année ses noces dargent sacerdotales. Il a travaillé trop longtemps en Mandchourie Septentrionale pour que nous layons oublié en cette circonstance : nous avons présenté au bon Dieu les vux que nous formons pour lui et nous lui offrons le témoignage de notre plus fraternel souvenir.

    Setchoan Oriental

    Le 25 juin a eu lieu, avec les cérémonies dusage et grand concours de peuple, la bénédiction de la nouvelle église bâtie par le P. Mommaton dans la ville de Kushien.

    LAmiral Frochot, en tournée dinspection sur le Fleuve Bleu, est arrivé à Chungking le 18 juin. Trois jours après il convoquait au Consulat de France tous les résidents français. Avant de redescendre à Shanghai, lAmiral avait tenu, dit-il, à voir, féliciter et encourager les pionniers de la civilisation française dans cette partie reculée de lAsie.

    La distribution des prix au Collège S.-Paul a eu lieu le 2 juillet sous la présidence du P. Clavai, Supérieur de la Mission. M. le Consul et toute la colonie française y assistaient. Grâce à la générosité des invités, les prix ont été magnifiques, à la grande fierté des lauréats. Durant le semestre écoulé, 13 élèves ont subi avec succès les examens réglementaires et obtenu le diplôme de fin détudes primaires.

    Le bruit court que la guerre va reprendre entre les roitelets du Sechoan ; les hostilités auraient même recommencé en certains points de la province. Quoi quil en soit, les militaires continuent de réquisitionner : cest un métier qui leur plaît, et lorsque, nayant plus de bagages à faire porter, ils ne peuvent réquisitionner les hommes, ils réquisitionnent les dollars ou les sapèques des gentlemen qui flânent sur les routes.

    Setchoan Méridional

    Mgr Fayolle, qui sétait rendu à Chungking pour consulter le Dr Pâris, une autorité médicale, est rentré à Suifu le 3 juillet. Le Docteur na pu que constater létat précaire de la santé de S. G. et le peu despoir dune guérison complète. Cependant moyennant un régime strict, des soins continus et labstention de toute fatigue, le malade éprouvera du soulagement et pourra encore servir la Mission pendant de longues années, sil plaît à Dieu.

    La solennité du S.-Sacrement a été célébrée cette année dans la paroisse suburbaine de lOuest (Si-men). La procession, partie de léglise des Martyrs, sest déroulée à travers le jardin de la cure, les cours ombragées de lhôpital et lenclos des religieuses. Temps à souhait : ni pluie, ni soleil ; assistance nombreuse et recueillie : école des catéchistes, écoles paroissiales, pensionnats de garçons et de filles, en groupes avec chacun sa bannière ; chants liturgiques exécutés religieusement par les élèves du Grand-Séminaire ; en un mot, grande et belle manifestation de la piété de nos chrétiens envers la sainte Eucharistie.

    Puissent de telles cérémonies affermir la dévotion de nos fidèles et attirer à Notre-Seigneur les païens qui les regardent et les admirent !

    Thibet

    La route de Yatcheou (Setchoan) est toujours fermée aux voyageurs et aux marchandises, colis-postaux non exceptés ; aussi les articles destinés à lExposition missionnaire de 1925 sont encore tous à Tatsienlou, attendant louverture de la route pour prendre la direction de Shanghai.

    Lécole du P. Charrier à Monkong continue de prospérer : elle compte actuellement 69 élèves.

    A Patang un nouveau contingent de pasteurs américains est arrive récemment, ce qui porte à plus de 20 le chiffre des membres actifs de la communauté des Disciples of the Christ.

    Une épidémie de rougeole a obligé le P. Ouvrard à licencier temporairement ses écoles paroissiales de Tsekou.

    Dans le Loutsekiang lhiver a été exceptionnellement sec et bénin. A la rigueur nos confrères, les PP. Genestier et André, auraient pu communiquer tout lhiver avec Tsekou.

    Yunnan

    Le P. Piton est, toujours prisonnier des brigands : voilà 7 mois que sa captivité se prolonge, et malheureusement nous ne recevons plus aucune nouvelle à son sujet, ni directement, ni indirectement. On ne peut sempêcher de penser que si ceux qui doivent travailler à sa délivrance avaient fait tout leur devoir, notre confrère serait en liberté depuis longtemps.

    Lan dernier, le P. Salvat fut accusé de donner refuge à un chef brigand ; malgré les dénégations formelles du Père, le mandarin fit une perquisition à la résidence de Machang et naturellement ne trouva rien. Laffaire, portée à Yunnanfu, vient enfin de recevoir une solution : le mandarin a écrit une lettre dexcuses, et un édit affiché sur les murs de la ville proclame linnocence du missionnaire ; de plus, le notable qui calomnia notre confrère a été puni.

    Le 28 Juin, 4 Surs de S.-Paul et 24 enfants arrivaient du Tonkin à Yunnanfu pour respirer pendant deux mois lair frais et pur du Yunnan.

    Kouytcheou

    Pour la troisième fois les brigands ont fait leur apparition à Touanpo. Cette fois léglise et la résidence du P. Harostéguy nont pas échappé au pillage : tout a été saccagé.

    Dautre part, la ville de Tchen-yuen a été pillée de nouveau le 2 juin. Le gardien de la mission catholique fut pris, dépouillé de tout et nobtint sa liberté quaprès avoir livré aux bandits une vingtaine de piastres. Heureusement les caisses de France, déposées là en attendant leur expédition à Kouiyang, étaient bien cachées et ont échappé aux recherches des pillards.

    En somme, Kouiyang est à peu prés tranquille, mais la province est toujours dans le même état de désordre.

    Canton

    Le 29 juin, Mgr Fourquet a ordonné quatre prêtres et un sous-diacre.

    A cause de lattentat du 19 juin, la fête nationale du 14 juillet na pas revêtu le caractère joyeux des années précédentes. A 9 h. Mgr a célébré, dans léglise de Shameen, une messe à lintention des victimes de linqualifiable forfait, et le soir, à 6 h., une bonne partie de la colonie française sest rendue au cimetière pour prier sur leur tombe.

    Kouangtong Occidental

    Dans ce coin de Chine méridionale, juin a été relativement calme, ce qui certes ne signifie pas que la bienheureuse Paix soit revenue inopinément et surtout sans conteste. Je veux dire simplement quil ny a pas eu de ces soubresauts violents qui épouvantent limagination la plus rassise, à moins que laccoutumance... Les pirates refoulés un moment dans le sud de la presquîle de Louitcheou ont pu remonter vers le nord, grâce à la sympathie, sinon à la connivence du nouveau gouverneur de cette région, cet héroïque personnage dont le dernier Bulletin racontait lexploit qui lui permit de supprimer non pas ses rivaux, mais ses compagnons darmes. Que ne montre-t-il la même habileté contre les brigands qui, depuis plusieurs semaines, sillonnent impunément les abords de notre Territoire, y pénètrent même parfois et opèrent des rafles qui leur procurent jusquà 60 otages. Le malheureux village chrétien de Tepo, placé en plein centre de leurs opérations, reçoit journellement des délégations de ces honnêtes gens, qui viennent réclamer tantôt du riz tantôt des porcs, un buf, des volailles, quelquefois de largent. Tout récemment ils exigeaient 300 piastres, quon ne put leur fournir et pour cause ! Ils se retirèrent en maugréant et menaçant. Ils revinrent en nombre le Jour de la fête de saint Pierre et tranquillement emmenèrent une quinzaine dhabitants, qui demeurent leurs otages. Je nai pas à exprimer les transes du pauvre P. Liou, obligé de parlementer avec de tels envoyés ! Le P. Zimmermann, qui demeure dans le voisinage, lui prête volontiers tout le réconfort et lappui possibles et le P. Cellard vient à son tour de partir là-bas pour tenter de faire entendre raison aux pirates et rattraper les otages. Réussira-t-il et lui-même sera-t-il à labri de tout danger ?...

    Notre Territoire vient dêtre doté d un avion qui journellement raye notre ciel, mais qui se heurte aux infranchissables lois internationales dès quil atteint la frontière. Et pourtant quels éloges il mériterait et aussi quelle reconnaissance de la part des populations terrorisées, sil par venait à découvrir les nids de pirates et à y pincer opportunément quelques bombes ! Même pour MM. les pirates une crainte salutaire serait le commencement de la sagesse ! Encore ne faudrait-il pas atteindre les victimes en même temps que les bourreaux, et cest là surtout que lopération se complique. Souhaitons quune favorable occasion soffre à nos excellents et dévoués aviateurs de mériter la gratitude de tant de pauvres gens impuissants à se libérer du joug qui les écrase !

    Au début du mois le cher P. Marqué, retour de France, fêtait dans lîle de Waichow le 25e anniversaire de son ordination sacerdotale, préludant ainsi, souhaitons-le, à une nouvelle période dapostolat plus longue encore que celle quil vient de clore.

    Kouangsi

    Nous avons encore une fois de nouveaux maîtres. Pendant que le gros des armées du Kouangsi suivait le vieux Maréchal Louk au nord-est de la province pour essayer de dégager la ville de Kouylin cernée par les révolutionnaires, Nanning, la capitale, ne restait plus défendue que par quelques centaines de soldats.

    La victoire de Louk tardant trop à venir, les généraux du bas Kouangsi, plus ou moins inféodés à Sun Yatsen, reçurent de celui-ci lordre de semparer de Nanning.

    Cest ainsi que, le 25 juin, 4.000 hommes arrivaient sous nos murs sans coup férir. Il va sans dire que la peur fut intense en ville. Quallaient faire les soldats défenseurs ? Allaient-ils sopposer à lentrée des nouveaux venus ? Pilleraient-ils avant de senfuir ? Y aurait-il des combats, des incendies, des actes de brigandage ? On pouvait sattendre à tout. Les habitants étaient affolés et ce fut une débandade éperdue, chacun cherchant à se caser en lieu sûr,

    Somme toute, il y eut plus de peur que de mal. En vertu du principe cher à nos braves : Si tu avances, je recule, les Kouangsinais légitimistes se retirèrent à louest pendant que les révolutionnaires faisaient leur entrée triomphale par lest.

    Le nouveau gouvernement essaie de se montrer gentil, mais la population se méfie : Ce bloc enfariné ne lui dit rien qui vaille. 50.000 piastres de contribution de guerre ont déjà été exigées ; aujourdhui on réquisitionne 1.000 coolies pour transports militaires.

    Les rumeurs pessimistes prévalent, et à bon droit, car le gouvernement de Sun Yatsen a fait ses preuves.

    Que nous réserve lavenir ? Le vieux Louk, trahi de toutes parts, se retirera-t-il définitivement de la lutte ? Il lui reste environ 10.000 hommes fidèles : essaiera-t-il avec des secours envoyés par Pékin de reprendre sa capitale ?... Nous restons sur ces points dinterrogation.

    Tonkin Occidental

    Le soir de la solennité du Saint-Sacrement, le gardien de la cathédrale de Keso avait eu limprudence de laisser des charbons allumés dans un réchaud près dune armoire à linge : vers les 10 heures du soir lincendie se déclara dans la sacristie. Lalarme fut donnée aussitôt et les chrétiens vinrent nombreux pour éteindre le feu, mais il était déjà trop tard : les flammes avaient gagné la toiture. Il fut impossible de rien sauver : ornements sacrés, ciboires, ostensoirs, chandeliers, nappes dautel, tout fut la proie des flammes. Heureusement léglise elle-même na pas souffert.

    En la fête des SS. Pierre et Paul, le plus grand nombre des confrères de la Mission étaient réunis à Keso pour fêter Mgr Gendreau. A cette occasion S. G. a annoncé quelques mutations : le P. Tardy, supérieur du Collège de Hoang-nguyen, retourne à son ancien district de Dong-chuoi ; le P. Villebonnet, curé de Nam-Dinh, devient supérieur du Collège ; le P. Pédebidau est nommé curé de Nam-Dinh avec le P. Brun pour vicaire ; enfin notre Benjamin, le P. Binet, est nommé professeur à Hoang-nguyen.

    A Keso, 7 religieuses, dont 3 Françaises et 4 indigènes, dirigent un hôpital gratuit, subventionné seulement par la Mission, un atelier de dentelles fréquenté chaque jour par 240 fillettes pauvres ; de plus une vingtaine dorphelines habitent la maison. Dans ce milieu germent des vocations : beaucoup de jeunes filles entrent au noviciat ou au juvénat pour se dévouer un jour au service de leurs compagnes.

    Haut Tonkin

    A loccasion de la fête des SS. Apôtres Pierre et Paul, presque tous les confrères se trouvaient réunis à Hung-Hoa pour présenter à Mgr Ramond leurs souhaits, éloquemment exprimés par notre doyen, le P. Girod. Qui eût pensé, ce jour-là, que cette voix qui nous charmait serait bientôt éteinte à jamais ?...

    Le lendemain nous étions tous unis de cur pour fêter le 25e anniversaire de lordination du P. Vandaele. Après la grandmesse chantée par le jubilaire et à laquelle assistaient les nombreux nouveaux chrétiens dont il est chargé, chacun le complimenta et lui exprima ses vux. Le soir, un salut solennel, où le Te Deum fut chanté de tout cur, clôtura cette journée de fête. Dieu donne à notre cher confrère de célébrer un jour ses noces dor... et amplius !

    Tonkin Maritime

    Lan dernier, le Bulletin a annoncé louverture à Hữ-Lễ dune école de catéchistes pour les districts Châu-Lào habités par des Thay. Ces populations, qui vivent dans la forêt et les montagnes, loin des centres, ne se plient pas facilement aux lois du travail et de la discipline. Aussi, en ouvrant cette école, nous demandions-nous sil ne faudrait pas bientôt en fermer les portes, faute délèves, ceux-ci préférant la liberté des grands bois au règlement astreignant dune maison détude.

    Aujourdhui, Dieu merci, nos inquiétudes font place à la joie et à la plus ferme espérance, car nous constatons que cette école réussit très bien. Des 24 élèves qui y sont entrés en 1923, aucun na quitté son poste. Tous travaillent de leur mieux et donnent entière satisfaction à leur Supérieur, le P. Rey. Deux ou trois même, chose à laquelle nous étions loin de nous attendre, demandent à entrer au Probatorium afin de continuer ensuite leurs études au Petit- Séminaire.

    Comme les mois de juillet et daoût sont des mois de repos pour les écoliers tonkinois, nos petits étudiants laotiens en ont profité pour descendre à Phát-Diệm. Inutile de dire que tout les a émerveillés : et le chemin de fer, et les automobiles, et les chaloupes fluviales, et les églises, et les grandioses processions de la Fête-Dieu, sans compter les mille attractions que renfermaient pour eux les magasins et les simples boutiques du Delta, tout à fait inconnus dans leurs forêts laotiennes. Ignoti nulla cupido ; mais que de convoitises suscitées par la vision ! Les lettres écrites à leurs familles en disent long sur ce point...

    Le dimanche, 29 juin, missionnaires, prêtres indigènes, catéchistes et chrétiens se sont réunis nombreux, comme de coutume, pour offrir à Mgr Marcou leurs vux et souhaits de bonne fête. Parmi les compliments qui furent adressés à S. G., lun deux, exécuté en annamite avec accompagnement dorchestre, sur lair du Juravit, attira particulièrement lattention à cause de la somme de difficultés vaincues quil représentait : cest un progrès pour notre schola cantorum.

    Ajoutons encore, pour les étrangers, que notre centre de Phát-Diệm souvre de plus en plus à la civilisation. Un service quotidien de chaloupe le relie à Nam-Dinh, et actuellement 4 automobiles font pérpétuellement la navette entre lui et Ninh-Bình. Rien donc de plus facile pour les touristes que dy faire une apparition. En ce moment les Travaux Publics construisent un pont en ciment armé sur le Vac-Giang, fleuve quil faut nécessairement traverser en arrivant à Phát-Diệm. Cest un gros et difficile travail, dont lexécution ne demandera pas moins dun an et demi ; mais quel service signalé rendu à cette population si dense du Kim-Sơn, obligée de traverser ce fleuve à chaque instant !

    Cochinchine Orientale

    Le 19 juin, Monseigneur et 26 prêtres fêtaient à Kim-châu le cinquantenaire du P. Mathey. La messe fut célébrée par Monseigneur, et, au repas qui nous réunit ensuite, répondant aux vux de Sa Grandeur, notre cher jubilaire fut aussi bref quexpressif et traduisit très bien lacceptation douloureuse mais complète de la volonté de Dieu à son égard. Un salut solennel termina la fête.

    Nouvelle fête de famille le 23 juin avec le 25e anniversaire du P. Solvignon. Gò-thị est au milieu des rizières et si, à cette saison les chemins sont à peu près praticables, la chaleur par contre est intense. Néanmoins nous étions nombreux, prêtres et fidèles, à assister à là grandmesse que le Père célébra avec diacre et sous-diacre. Un prêtre annamite y rappela éloquemment aux chrétiens le pourquoi de la venue du missionnaire en ce pays. Au repas de midi, un autre prêtre montra comment, travaillant tous à la même uvre, nous navions, européens et indigènes, quun seul cur ... Mais nous nen finirions pas sil nous fallait conter toute la fête, rappeler les chants et les compliments, la réception au Noviciat, etc..., disons seulement quon se croyait vraiment en famille, comme on sy croit toujours quand on est chez le bon P. Solvignon.

    Cochinchine Septentrionale

    Les PP. Maunier et Montagnon sont allés au monastère de Phuoc-Son faire une retraite préparatoire au 25e anniversaire de leur ordination sacerdotale, quils ont célébré le 25 juin, entourés de nos bons moines et du P. Cadière.

    Depuis quelque temps, plusieurs confrères ont été assez sérieusement éprouvés par toutes sortes dinfirmités : le P. Chabanon, Provicaire, à la suite dune opération jugée nécessaire par le Directeur de lInstitut ophtalmologique de Hué, a perdu complètement lil gauche ; le P. Kaichinger souffre dun rhumatisme aigu qui, depuis le 8 juin, loblige à garder une complète immobilité ; le P. Stoeffler a ressenti plus fort que jamais les effets dune vieille bronchite qui la empêché de faire tout travail sérieux pendant quelque temps ; le P. Chaiget, souffrant dune vilaine petite plaie au pied, est condamné à garder la chambre ; le P. Lemasle, fatigué par une congestion hépatique, est obligé de fuir momentanément les grosses chaleurs de la capitale pour aller prendre le frais à Dalat, dans la Mission de Saigon ; enfin lon dit quun autre confrère serait sur le point daller en France refaire sa santé ébranlée par de nombreuses années de mission.

    Nos confrères indigènes ont commencé leur retraite annuelle le 2 juillet au petit séminaire dAnninh, sous la présidence de Mgr Allys. Cette retraite a été prêchée par le P. Mi, directeur au Grand-Séminaire de Hué.

    Cambodge

    Le mercredi, 25 juin, missionnaires, prêtres indigènes et fidèles sunissaient pour fêter le 50e anniversaire de lordination sacerdotale de notre vénéré doyen, le P. Vauzelle.

    Ce sont les premières noces dor célébrées dans notre Mission ; aussi ont-elles revêtu un éclat exceptionnel.

    Dès le dimanche précédent, les Anciens Elèves des Pères et des Frères allaient réjouir de leur ardente jeunesse la verte vieillesse de lheureux jubilaire. Le cher Père chanta la Messe à laquelle répondit lAssociation. Un banquet, offert par elle, occupa le milieu de la journée. Le président, M. Jeanneau, présenta au jubilaire les souhaits de lAssociation, auxquels succédèrent de nombreux chants joyeux. Le soir, nouvelle réunion à léglise pour le salut ; puis lon se sépara sur ce souhait de lancien aux jeunes : Faites comme moi, vivez longtemps !

    Le mardi 24 était la fête de saint Jean-Baptiste, patron de notre-vénéré doyen, à laquelle purent prendre part les confrères des environs. Le P. Vauzelle chanta la Messe. Ensuite, arrivèrent les confrères plus éloignés. Tous alors présentèrent leurs souhaits de bonne fête et de longue vie.

    Le lendemain, mercredi, le jubilaire chanta encore une fois la Messe, assisté des PP. Bernard et Blondet comme diacre et sous-diacre. Mgr Bouchut présidait au chur, entouré dune quarantaine de prêtres. Le P. Herrgott, provicaire, monta en chaire et montra comment le P. Vauzelle avait été le bon Pasteur de lEvangile. Si tous les religieux sortis du district avaient pu assister à cette fête, quelle belle couronne spirituelle ils lui auraient formée ! Les chantres de la paroisse montrèrent que le chant grégorien leur était familier.

    Avant et après la cérémonie, comme la veille et toute la journée, la fanfare royale, venue de Phnom-Penh, fit entendre les plus beaux morceaux de son répertoire, et la musique indigène cambodgienne alterna avec elle de sa mélodie aux clairs accents.

    Les chrétiens vinrent fort nombreux de toutes les stations du district de Meatcresar et du voisinage. Ils voulurent être de la fête : ne sont-ils pas tous les enfants et les petits-enfants du grand aïeul ? En effet, le Père dirige le district depuis 42 ans (sauf une courte interruption), de sorte que presque tons les chrétiens du district ont été baptisés, mariés, guidés par lui, ce dont ils étaient fiers en cette circonstance. Aussi lui manifestèrent-ils leur reconnaissance en sapprochant très nombreux de la Sainte-Table et en donnant un éclat exceptionnel à cette fête.

    Au dessert, Monseigneur prit la parole et retraça, en quelques mots bien sentis, la vie du cher doyen. Après avoir fait ses premières armes à Caiquanh, dirigé quelque temps la chrétienté de Cù laotây, et fondé le poste de Vinhloi, le P. Vauzelle, après 8 années de mission, était définitivement attaché au district de Meatcresar. S. G. fit ressortir sa fidélité à tous ses devoirs de pasteur et le calme prudent qui fut la note dominante de sa vie, quoiquil eût été obligé parfois de faire le coup de fusil, comme au temps de la révolte de 1885.

    Le P. Bernard se leva ensuite et, au nom de Sa Majesté le Roi du Cambodge, épingla sur la poitrine du vénéré jubilaire la croix d Officier de lOrdre royal du Cambodge, en lut et traduisit le diplôme magnifiquement encadré ; puis il demanda la permission de parler en patois de lAuvergne, et, à en juger par laction, lonction et la conviction quy mit lorateur, il nest pas douteux que le discours ne contînt de fort belles choses ; au reste, les larmes qui perlèrent aux yeux de son compatriote, suffiraient à changer le doute en certitude.

    Le plus ancien des prêtres indigènes exprima ensuite ses sentiments et ceux de ses confrères, sentiments dadmiration et de reconnaissance pour une vie si longue et si bien remplie, digne de servir de modèle à tous les prêtres.

    Enfin le P. Bousseau, dans un chant imité du Gai Bonjour, sut nous rappeler les expressions particulières au bon Père : soignez Cadet, on en a bien vu dautres, etc : et le P. Collot jeta les dernières notes joyeuses.

    Au soir de cette belle fête, en fixant un dernier regard sur le vénéré jubilaire, encore droit et vigoureux comme les pins de son Auvergne, on se ralliait aisément à la parole dun confrère, qui, exprimant son vif regret de ne pouvoir être présent, ajoutait : Mais nous serons là à vos noces de diamant !

    Malacca

    La paroisse indienne de Pinang a fêté très-solennellement en juin les noces dargent de son Pasteur. On nous écrit : Les fêtes jubilaires se sont déroulées avec éclat ; les Indiens ont fait grand; 18 confrères étaient présents. Ad multos encore annos, cher Père Sausseau !

    Joies et tristesses, cest la vie. A Pinang encore, nos bonnes Religieuses pleurent leur vénérée Mère Ste-Herminie, Supérieure du Couvent de Pinang et Visitatrice des établissements des Surs du Saint-Enfant Jésus en Malaisie. Venue il y a une vingtaine dannées, Mère Ste-Herminie a tracé un profond sillon et sa mémoire ne périra pas de si tôt, non seulement chez ses filles, mais encore chez les missionnaires et chez les chrétiens. Femme de foi, de bon semis, dénergie, elle a beaucoup travaillé, beaucoup mérité. Le Bon Dieu lui aura accordé la couronne quIl réserve à ses bons et fidèles serviteurs.

    Les processions du Saint-Sacrement se sont faites à lordinaire dans la Mission avec toute la solennité voulue ; ici le jeudi de la Fête, là le dimanche de la solennité ; dans telle église, le jour du Sacré-Cur, dans telle autre, le dimanche suivant. Ici le célébrant était assisté dun diacre et dun sous-diacre, les autres confrères précédant le dais avec des cierges allumés ; là la moitié du clergé présent portait le Saint-Sacrement, lautre moitié dirigeant la marche de la procession... Mais je viens de mal mexprimer. Tel confrère rubriciste va certainement dire : Mais nos Malais de confrères en prennent à leur aise avec les rubriques ; on ne doit avoir quun seul célébrant, qui doit porter le Bon Dieu tout le temps de la procession. Vous avez raison, cher confrère ! Et nous aussi, car cest ainsi que nous faisons. Jaurais dû dire, je voulais dire que, là où ne peuvent se réunir que deux missionnaires pour le corpus christi, lun officie, tandis que le second muet de lordre dans le cortège.

    Monseigneur va un peu mieux et pense recommencer à dire la sainte Messe. Meilleures nouvelles également du cher Coadjuteur. Deo gratias !

    Birmanie Méridionale

    Le commencement de la saison des pluies a ramené de Moulmein le vénérable Mgr Cardot. Sa santé est bonne ; le changement dair lui a fait beaucoup de bien ; malheureusement il reste privé de la vue. Les docteurs jugent que lopération nest pas encore possible et Sa Grandeur attend avec résignation que la Faculté se prononce sur le moment favorable pour la faire.

    Le Comité de vernacular education a enfin clos ses travaux. Mgr Perroy y a, pour le plus grand bien de nos écoles, pris une part très importante. Il était un des rares Européens appelés à y siéger. Le parti nationaliste birman y était fortement représenté et la lutte fut vive, surtout au sujet des Ecoles normales. Ces MM. voulaient simplement abolir les Ecoles normales des Missions. Nos Ecoles normales de Thonze pour les jeunes gens et de Bassein pour religieuses et jeunes filles, étaient en danger. Grâce aux efforts de Sa Grandeur, aidé de quelques amis de la Mission, membres du Comité, le danger a été écarté. A la dernière session, lorsque eut lieu le vote final, le leader des nationalistes était absent, et, grâce à ce coup de la bonne Providence, la motion contre les Ecoles normales des Missions fut repoussée. Mais nous ne devons pas nous faire illusion, ce nest quune trêve ; nos Birmans nationalistes reprendront la lutte à la première occasion. Soyons sur nos gardes.

    Le 21 juin, Gyobingauk était en fête ; son nouveau titulaire, le P. Mamy, avait invité lancien curé, le P. Pavageau, à bénir la belle école de filles que celui-ci avait juste achevée avant son transfert à lécole normale de Thonze. La bénédiction eut lieu après une grandmesse dactions de grâces. Le soir, une séance très réussie avait été organisée en lhonneur du P. Pavageau, et les adresses qui lui furent présentées, tant par les chrétiens que par les bouddhistes, redirent tout ce quil avait fait pour la Mission et la ville de Gyobingauk pendant ses 30 années de travail dans ce poste : érection, puis agrandissement des écoles de garçons birmane et anglo-birmane ; érection dune belle église en briques, dun presbytère et enfin de la belle et vaste école de filles qui vient dêtre bénite. Ses deux écoles de garçons et de filles sont maintenant des High Schools.

    Si on en juge par tous les Pierre qui en sont membres, notre Mission sappuie sur de solides bases. Ces jours, de quelque côté que lon se tourne, ce ne sont que fêtes à souhaiter à des Pierre et des Paul : Paul St.Guily, Pierre de Chirac, Pierre Rien, Paul Loizeau, Pierre Cathebras, Pierre Charbonnel, Pierre Roy. Bonne fête donc à tous !

    Birmanie Septentrionale

    Pour répondre aux pressantes sollicitations du St.-Siège et poursuivre, autant que faire se peut, le but principal de notre chère Société : la formation dun clergé indigène, les missionnaires cueillent avec amour parmi leurs enfants tous les jeunes plants quils jugent bons pour le sanctuaire ou la vie religieuse. Sur une population de 11.000 catholiques seulement, de toutes races et conditions, le nombre de vocations religieuses est, à ce jour, plein de promesses. Nous sommes représentés au Collège de Penang par 21 séminaristes, dont 4 vont sous peu recevoir les Ordres sacrés. Malgré ses rangs momentanément un peu dégarnis, le Petit-Séminaire de Maymyo compte encore 12 élèves, y compris un jeune Shan le premier, tout pétillant de vie et dintelligence.

    Il arrive aussi aux aumôniers de nos établissements religieux de la ville de découvrir parmi leurs dirigés quelques vocations à létat religieux. Durant ces dernières années, 16 jeunes gens sont entrés au noviciat des Frères des Ecoles chrétiennes à Penang, et 7 jeunes filles, à Moulmein, à celui des Surs de St.-Joseph de lApparition. En général, les Frères ne reviennent pas dans leur pays dorigine ; par contre, toutes les Surs rejoignent la communauté qui les a envoyées.

    Enfin, à la Léproserie St.-Jean, les Surs Franciscaines Missionnaires de Marie forment à la vie religieuse nos 12 postulantes ou novices de Surs birmanes : depuis 4 ou 5 ans, 18 ont fait leurs vux, et rendent, soit à la maison-mère, soit en district, de précieux services à la Mission.

    Laos

    Le 29 juin, le P. Dabin a célébré son cinquantenaire de prêtrise. A cette occasion, le Saint-Père a daigné lui envoyer une bénédiction toute spéciale, et S. E. le Cardinal Van Rossum une lettre de félicitations. Les confrères de la région dOubon se sont réunis pour lui former couronne en ce grand jour ; quant aux autres missionnaires du Laos, qui, par anticipation, avaient fêté cet anniversaire au moment de la retraite annuelle, ils se sont unis de cur aux confrères présents pour renouveler au cher jubilaire leurs félicitations et leurs vux.

    Le P. Dézavelle, malade de la dysenterie, a dû être transporté de Sésong à Oubon, où il pourra recevoir les soins nécessaires et, nous lespérons tous, obtenir une prompte guérison.

    Kumbakônam

    Le vent de louest est venu, qui balaye nos rizières, courbe la tête de nos cocotiers et jette par terre ceux qui ne plient pas. Avec beaucoup de poussière il nous apporte aussi toute une série de nouvelles.

    Cest, dabord, le départ de Mgr Chapuis. S. G. sest embarquée le 22 juin à Colombo sur lAmboise. Dieu nous le ramène bientôt !

    Le départ des PP. Palluel et Mercier, lordination de nouveaux prêtres indiens, larrivée dun jeune confrère venu de France : tout cela a causé un peu de remue-ménage dans la Mission.

    Le P. Ligeon remplace le P. Palluel à Koneripatty. Le P. Hourdmant, après un an à Mayavaram, succède au P. Mercier à Kottapaleyam. Le P. Deltour est nommé à Paleyam ; il est remplacé à Pillavadandey par le P. Michel, un de nos plus anciens prêtres indiens.

    A Kumbakônam même, le P. Prunier vient sinstaller comme curé de la cathédrale : le cher confrère va consacrer à la construction dune nouvelle église lardeur de ses jeunes aunées et lexpérience acquise au cours de ses nombreux voyages sur les varapous dans le district de Manalour.

    Le nouveau curé de la cathédrale est remplacé à Manalour par le P. Malfrayt, qui, après un stage de trois ans à lEcole Industrielle, se retire des affaires pour reprendre la vie de missionnaire en district.

    A Mayavaram enfin, ainsi que dans un noviciat arrive le P Michel, récemment venu de France. Daprès certains auteurs, Mayavaram signifierait le pays des rêves et des illusions. Cest là que, sous la direction dun ancien, notre jeune confrère sefforcera dacquérir les premiers éléments de la langue tamoule ; entre temps il pourra prendre contact avec les réalités de la vie, reconnaître que la vie de missionnaire se passe tout dabord sur la terre avant dêtre couronnée dans le ciel et que, si Madeleine a choisi la meilleure part, le rôle de Marthe nest pas à dédaigner.

    Procure de Shanghai

    La fête du Sacré-Cur a failli se terminer pour nous par un deuil affreux. Dans laprès-midi de ce jour, les PP. Sallou et Souvey, appelés pour affaires sur lautre rive, traversaient le Whampoo sur une petite chaloupe, en compagnie de 4 autres Français et de 2 Chinois. Arrivée au milieu du fleuve et entraînée par le courant, lembarcation vint heurter contre un chaland, sinclina brusquement et tous les passagers furent précipités dans leau bourbeuse. Le P. Souvey, bon nageur, remonte bientôt à la surface et se porte au secours du P. Sallou, quil peut ramener aussi ; mais un remous se produit et cause une nouvelle plongée, plus longue que la première. Heureusement des barques arrivaient : le P. Souvey put mettre la main sur une delles ; il vit alors le P. Sallou réapparaître près de lui, mais absolument à bout de forces. Il laida à monter sur une des barques et se hissa lui-même sur une autre : ils étaient sauvés, ainsi, du reste, que tous les autres passagers, recueillis avant eux par des barquiers chinois.

    Une grande fatigue, quelques écorchures ou contusions : cest tout ce qui résulta dun accident qui aurait pu avoir des suites terribles. Il est certain, en effet, que si le P. Sallou avait coulé une troisième fois, cen était fait de lui dans létat dépuisement où il était déjà Dun autre côté, il est plutôt rare que le Whampoo, avec ses courants et ses remous, rende vivantes les victimes quil a happées au passage.

    Il nest donc pas douteux que nos deux confrères ne laient échappé belle, et avec eux nous remercions la bonne Providence qui les a presque miraculeusement arrachés à un péril imminent de mort.

    Rome

    Le dernier numéro des Acta Aposiolic Sedis publie le décret suivant de la S. C. de la Propagande.

    DECRETUM. Revocatur privilegium præcedenti titulo Missionarii Apostolici adnexum.

    Sacra Congregatio de Propaganda Fide, ob mutata temporum adiuncta, præ oculis habens auctum in Missionibus Sacerdotum sive exterorum sive indigenarum numerum, ad mutuam inter eos caritatem magis fovendam, finis manentibus cæteris privilegiis titulo Missionarii Apostolici adnexis, illud quod respicit præcedentiam eorumdem Missionaniorum Apostolicorum relate ad eos qui hoc titulo non sunt insigniti, omnibus rite perpensis, revocandum esse censuit ac per præsens Decretum revocat.

    Igitur unicuique Sacerdoti, sive extero, sive indigenæ, cæteris paribus, in posterum secundum prioritatem sacr presbyteralis ordinationis locus competet, ad normam can. 106 Codicis Juris Canonici.

    Datum Romæ ex Aedibus S. C. de Propaganda Fide, die 16 januarii 1924.

    G. M. Card. VAN ROSSUM, Præfectus.
    F. MARCHETTI-SELVAGGIANI, Archiep. Seleucien.,
    Secretarius.

    Les dispositions de ce Décret étaient déjà prudemment appliquées dans beaucoup de nos Missions.

    Séminaire de Paris

    Le 4 mai, à St-Eugène, le P. Nassoy a prêché une Journée de Missions aux six messes paroissiales ; le 25, il se trouvait à lEcole Apostolique de Montmélian pour prédication, confessions, etc. Le 24, Monseigneur, accompagné de son secrétaire, a fait une visite à la même Ecole, à la grande joie de nos six jeunes postulants qui y commencent leurs études sous la direction du zélé M. Chagny.

    Après une rapide tournée à Châteaugiron, Viviers, Nîmes, Toulouse, Montbeton, Bordeaux, le P. Depierre est rentré à Paris poursuivre ses relations épistolaires avec ses nombreux correspondants.

    Le P. Albert de Cooman, nommé le 23 mai 1923 membre de la Société Entomologique, sest spécialisé dans létude des histérides du Tonkin. Il en a préparé de minuscules spécimens, qui par leur beauté, absolument cachée aux profanes, font ladmiration étonnée des entomologistes parisiens. Le P. J. Marius Maunier, missionnaire à Cua-Tung (Annam), a été nommé, lui aussi, le 26 décembre 1923, membre de la même Société.

    Le P. Mollat est membre du Conseil central de luvre Franciscaine internationale Pro Leprosis, dont le siège est à Rome, via dei Serpenti, 64. Cette uvre destinée au soulagement des lépreux, fondée par le professeur Vincenzo dAmato, a envoyé à Mgr le Supérieur un diplôme de sociétaire fondateur. Elle fait paraître un Bulletin trimestriel, Charitas Scientia, dont le premier Nº porte la date du 1er mars 1924.

    Le P. Bernat est parti pour Rome le 18 mai, rejoignant à Marseille Mgr Perrichon. Les agrandissements projetés à la Procure de Rome, sous son impulsion autorisée, vont sans doute recevoir une prompte réalisation. Il avait auparavant, après avoir assuré la rédaction du Compte-Rendu, fini la correction des épreuves. Limprimeur seul est responsable du léger retard apporté à la publication du Compte-Rendu des travaux de 1923, qui est complété par dix-sept notices nécrologiques, inégalement longues, mais pareillement édifiantes. Lenvoi est activement poussé.

    Lordination de la Trinité, anticipée cette année au dimanche 25 mai en raison de lincidence tardive de la fête de Pâques, a été faite par Mgr le Supérieur. Elle comprenait 4 prêtres, 4 diacres, 10 sous-diacres, 11 minorés et 13 tonsurés, auxquels se joignaient 1 diacre, 1 sous-diacre et trois minorés de la Congrégation de lOratoire.

    La veille, fête de N.-D. Auxiliatrice, les offices solennels, clôturés par la procession au jardin, nont pas uni au recueillement de la retraite dordination.

    Le lundi des Rogations, notre chapelle et notre jardin ont accueilli la Société des Amis de lArt liturgique. La messe a été chantée à 9 h. par M. le Chanoine Pisani et la procession présidée par Mgr Batiffol ; plusieurs centaines damis de lart liturgique ont pieusement participé à ces fonctions liturgiques.

    Monseigneur a donné la confirmation à lEcole Jeanne-dArc à Colombes le 17 ; dans une paroisse de Paris le 22 ; assisté à la réunion pour les églises dévastées le 23 et, après lordination du 25, Sa Grandeur, est partie pour le diocèse de Chartres. En trois jours, à Maintenon, Nogent, Dreux, elle a donné onze cents confirmations. Après un rapide retour à Paris le 31, elle est repartie le 1er juin continuer la tournée du diocèse de Chartres.

    La seconde quinzaine de mai nous a apporté neuf demandes suivies dadmission : MM. Mercier (Lille), Molimard (Nîmes), Lagrave (Bayonne), Bouchut et Donjon (Lyon), Boju, Engel, Bousquet, Peter Marcel, déjà de la famille comme postulants.

    Une trentaine de membres de luvre des Partants se sont réunis à la crypte le 2 juin. Le P. Roux a célébré la messe et prononcé lallocution.

    Monseigneur le Supérieur est rentré à Paris le 5 après avoir achevé la tournée de confirmation au diocèse de Chartres. Le 7, il partait pour Colmar, accompagné de son secrétaire. Luvre des Missions du diocèse de Strasbourg avait, le 1er juin, ouvert à Colmar une exposition et inauguré des Journées de Missions qui devaient se clôturer le 8, jour de la Pentecôte. A 9 h. ¼, messe pontificale, sermon en français à cette messe et aux vêpres par Monseigneur ; sermon en français par son secrétaire à la messe de 11h. ¼. Le soir surtout, un public nombreux se pressait à la salle des uvres ou avait lieu lExposition. Des affiches en français guidaient les visiteurs. Des explications en alsacien leur permettaient de prendre une plus ample connaissance des pays de mission et des sociétés de missionnaires qui avaient pu déléguer quelques-uns de leurs membres alsaciens. Une répétition de ces Journées et de cette exposition a eu lieu à Haguenau du 15 au 22.

    De retour à Paris le lundi matin, Monseigneur accompagné du P. Depierre est allé à Longpont célébrer les offices pontificaux au pèlerinage annuel. La communauté de Bièvres et la moitié environ de celle de Paris y assistaient. Le 11, dès 7 h. du matin, Monseigneur repartait remplacer Mgr Julien, parti en Pologne avec S. E. le cardinal Dubois, pour les confirmations dans le diocèse dArras. La tournée commencée à Lens se continua par Meurchin, Carvins, Harnes, Courrières, Hénin, Liétard, Billy, Montigny, Avion. Matin et soir, nombreuses confirmations, rencontres de nombreux Polonais employés dans ces régions industrielles.

    Le P. Launay, après un séjour à Montbeton et une saison à Royat, est rentré à Paris. Il est secondé par le P. Guéneau, que nous sommes heureux davoir au milieu de nous.

    Admissions : Durant la quinzaine ont été admis : MM. Piffaut Pierre (Autun), Plantard (Nantes) et Bormemin (Besançon).

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    1924/522-547
    522-547
    Anonyme
    France et Asie
    1924
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