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Chronique des Missions et des Etablissements communs 9

Chronique des Missions et des Etablissements communs. Nagasaki Par décision du St Père, le diocèse de Nagasaki a été divisé et forme deux diocèses, Fukuoka et Nagasaki. Le P. Thiry est nommé évêque de Fukuoka et le P. J. Hayasaka, prêtre du diocèse de Hakodaté, est nommé évêque de Nagasaki. Mgr Hayasaka sera sacré à Rome par le Pape le 30 octobre prochain.
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    Chronique des Missions et des Etablissements communs.
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    Nagasaki

    Par décision du St Père, le diocèse de Nagasaki a été divisé et forme deux diocèses, Fukuoka et Nagasaki.

    Le P. Thiry est nommé évêque de Fukuoka et le P. J. Hayasaka, prêtre du diocèse de Hakodaté, est nommé évêque de Nagasaki. Mgr Hayasaka sera sacré à Rome par le Pape le 30 octobre prochain.

    Le diocèse de Nagasaki comprend seulement le département du même nom. Le diocèse de Fukuoka est formé par les départements de Saga, de Kumamoto et de Fukuoka.

    Comme étendue et population païenne, le diocèse de Fukuoka lemporte de beaucoup sur celui de Nagasaki. Mais à celui-ci revient presque toute la population chrétienne de lancien diocèse de Nagasaki.

    Hakodaté

    M. Montagu a été appelé au Conseil Central, pour y représenter les Missions du Japon. Il prendra la place laissée vacante par Mgr Chambon, le nouvel archevêque de Tôkyô.

    Le 5 juillet a eu lieu la bénédiction de la nouvelle chapelle du monastère des Trappistines de Hakodaté, lequel avait disparu dans les flammes le 15 octobre 1925, et qui, à lheure présente, se trouve reconstruit plus beau et plus vaste quauparavant. Il abrite une communauté de 72 religieuses, novices ou postulantes, parmi lesquelles se rangent des personnes qui tenaient une situation élevée dans le monde.

    La messe pontificale fut célébrée par S. G. Mgr Berlioz, assisté de ses missionnaires les plus voisins. Les Préfets apostoliques de Sapporo et de Niigata avaient aussi tenu à honorer la cérémonie de leur présence. Les principales autorités de la ville répondirent à linvitation qui leur avait été adressée. A la fin du repas, le maire de la ville fit à ladresse de nos religieuses un compliment gracieux auquel Mgr répondit plus gracieusement encore.

    Les journaux ayant annoncé pour ce jour la possibilité de visiter le monastère aux murs toujours clos, une foule de vingt-cinq mille personnes, peut-être davantage, demanda à pénétrer dans lintérieur de létablissement qui leur paraissait si mystérieux. Ces parages, toujours silencieux et presque déserts, furent pendant quelques heures le théâtre dune animation à laquelle nos bonnes religieuses sont loin dêtre habituées.

    A la dernière heure, encore une bonne nouvelle ; le premier évêque japonais est de notre mission. Mgr Janvier Hayasaka Kyunosuke est né à Sendai le 19 septembre 1883. Après avoir terminé ses études secondaires à Tôkyô, il revint dans sa ville natale pour y accomplir le stage du lycée supérieur. Envoyé ensuite au séminaire de le Propagande, il y fut ordonné prêtre et revint à Hakodaté en 1911.

    Depuis lors, le P. Hayasaka travailla, au milieu de nous, dans les divers postes qui lui furent confiés. Puis, il alla à Tôkyô, où il remplit les fonctions de secrétaire auprès de Mgr Giardini, Délégué du St. Siège au Japon. Après le grand tremblement de terre du 1er septembre 1923, le Père revint à Hakodaté et il nen sortit plus, si ce nest par occasion, lorsque son Excellence le Délégué le demandait à Tôkyô. Dernièrement encore, le P. Hayasaka fut délégué pour représenter le catholicisme dans les réunions tenues par les membres des différentes religions, réunions demandées par le Gouvernement, dans le but détablir un statut religieux, qui devait avoir force de loi.

    Moukden

    La solennité de sainte Anne a réuni, comme chaque année, à Lien-Chan plusieurs missionnaires et un grand nombre de chrétiens. La bonne Ste Anne, nous écrit le P. Rigal, titulaire du district et organisateur de la fête, nous a envoyé une ondée, excellente pour les terres qui nattendaient que cela, mais peu favorable à lassistance aux offices. Le cher Père ne peut cependant que se féliciter du résultat, qui, à en juger par la piété des fidèles et le nombre de communions, ne le cède en rien à celui des années précédentes.

    Les derniers courriers de France nous apportent confirmation de la bonne nouvelle, reçue par les Surs de la Providence de Portieux, concernant la cause de béatification de leur fondateur, le Vénérable Jean-Martin Moye. Le 21 juin sest tenue à Rome une congrégation préparatoire des Rites pour la discussion et le vote sur lhéroïcité de ses vertus. Cest de tout cur que nous partageons la joie et la fierté de nos bonnes religieuses, car le Vén. Moye fut membre de notre Société et missionnaire au Se-Tchoan de 1772 à 1782. Nous lui devons, outre laide si appréciée de ses religieuses de la Providence, le texte dun grand nombre de prières que récitent chaque jour nos chrétiens chinois, et une organisation des vierges indigènes, qui leur a permis de rendre de si grands services à nos Missions de Chine.

    Les territoires Nord-Ouest de la Mission se sont vus, à plusieurs reprises, attaqués et menacés dinvasion par des bandes de Mongols, brigands de grands chemins, et, sans doute aussi, vengeurs de leurs roitelets nationaux dépouillés naguère par les Chinois. Cette zone, qui forme à peu près le tiers de la province de Moukden, était, en effet, presque entièrement mongole il y a seulement quelques dizaines dannées, et, jusquà ces derniers temps, lenregistrement des contrats et la perception de limpôt foncier étaient réservés à ladministration mongole. Ne serait-il pas permis de voir aussi dans ce mouvement de révolte la main de Moscou, qui, par ses agents de Sibérie et dOurga, chercherait à soulever contre lImpérialisme chinois ces populations injustement dépouillées ? Des troupes ont été envoyées en assez grand nombre pour garder la frontière et les villes principales. Il en résultera plus de sécurité pour les missions des P. P. Canadiens, qui se trouvaient directement menacées.

    Dans la même contrée, le gouvernement de Moukden sest assuré à bon compte une source de revenus considérables. Au même titre que les propriétés, appartenant jadis aux membres de la famille impériale mandchoue, ces territoires mongols ont été entièrement soustraits à ladministration ancienne et déclarés domaines nationaux. Etrange manifestation dimpérialisme de la part de ceux qui le combattent si violemment chez les autres ! Bien que payés aux anciens propriétaires et dûment enregistrés dans les offices des rois mongols, ces biens sont à nouveau cadastrés par lautorité chinoise et mis en vente. Sous peine de perdre tous ses droits, le propriétaire doit donc les racheter à un taux qui représente à peu près la moitié de leur valeur actuelle, moyennant quoi il reçoit un contrat qui seul est reconnu valable.

    Les propriétés de la Mission subissent le sort commun ; mais, à la difficulté de trouver les fonds nécessaires à cette seconde acquisition en bloc vient sajouter lopposition systématique du Bureau des Domaines, qui refuse de reconnaître notre droit de posséder en Chine. On déclara dabord que la Mission ne pouvait rien posséder : on admettait seulement quune personne interposée prêtât son nom. Mais, outre que cette personne intermédiaire naurait pas eu plus de titre à faire enregistrer ainsi nos anciennes propriétés que nimporte quel païen de la contrée, cette méthode rendait nos droits de propriétaires bien aléatoires. Une intervention officielle nous fit enfin reconnaître le droit de posséder au nom de la Mission.

    Une concession, arrachée contre le gré des autorités, ne saurait cependant être nette et entière. On nous chercha alors une mauvaise querelle, qui se renouvelle, du reste, chaque fois que se présente pour la mission loccasion dacquérir un bien foncier. Malgré les traités et spécialement la convention Gérard du 14 avril 1895 qui reconnaît aux missionnaires le droit dacheter (caractères chinois), on se refuse à nous enregistrer tout contrat portant cette expression ; on exige la rubrique location perpétuelle (caractères chinois). Nous avons toujours refusé daccepter ce changement qui peut être gros de conséquences ; et la question reste encore litigieuse, jusquau jour où un peu de calme dans le pays et de stabilité dans le gouvernement nous permettront darriver à une solution définitive.

    Suifu

    Extrait du Compte rendu, exercice 1926-1927.

    Population catholique 42.149
    Confessions annuelles 25.825
    répétées 98.161
    Communions annuelles 20.132
    répétées 232.482
    Baptêmes dadultes (val. 1006, in art. m. 714) 1.720
    denfants de payens in art mortis 8.921
    Ecoles de catéchisme et de prières 173
    Nombre délèves dans ces écoles 4.368
    Ecoles primaires de garçons et de filles 6
    Nombre délèves dans ces écoles 816
    des grands séminaristes 32
    des petits séminaristes 64
    Journées passées par les malades à lhôpital 8.371
    Malades soignés au dispensaire de Suifu. 68.379
    soignés au dispensaire de Kiatingfu 64.384

    Linstitut des Vierges de la Doctrine Chrétienne, fondé à Kiating, en 1913, par notre zélé provicaire, le P. Pierrel, et dirigé par lui jusquen juillet dernier, vient dessaimer à Suifu. Ce qui fait que la mission possède maintenant deux établissements : celui de Suifu pour les vierges de la partie basse sous la direction du P. Couvet, et celui de Kiating pour celles de la partie haute avec le P. J. B. Tchên comme directeur. Nous faisons des vux pour que ces deux maisons, qui comptent déjà une vingtaine de sujets chacune, fournissent à la mission de bonnes maîtresses décole.

    La caisse de nos militaristes setchouanais, cest un nouveau tonneau des Danaïdes ; on a beau y jeter de largent à pleines mains, elle est toujours vide. Ainsi, les contribuables de la sous-préfecture de Suifu, en moins de cinq mois, ont dû payer au fisc militaire des impôts anticipés de cinq ans.... Et les coffres du trésor ne se remplissent toujours pas !

    Il se colporte sous le manteau que nos quatre grands chefs, qui se sont partagé la province, commenceront à sentre-dévorer dès après la récolte du riz ; on dit que le fameux Ou-pei-fou est accouru à Wanhsien avec les débris de sa grande armée pour prêter main-forte à son protégé, le général Yang-sen.

    Ningyuanfu

    Quelques jours après son arrivée à Ningyuanfu, le P. Sirgue a éprouvé une très grave rechute de dysenterie amibienne. Dans la nuit du 15 au 16 juillet, Mgr lui administrait le Saint Viatique et lExtrême-Onction. Depuis est survenue une amélioration, et le cher Père espère que sainte Thérèse de lEnfant Jésus, dont il se plaît à énumérer les bienfaits à son égard, le rendra à la santé.

    Une lettre de Paris annonce que les Acta Ap. Sedis mentionnent la nomination de Mgr Baudry sous le titre épiscopal dévêque dIsauropolis (actuellement Semba, ancienne province dIsaurie, en Asie Mineure). Les Bulles, expédiées de Rome le 2 avril, ne sont pas encore arrivées.

    Monseigneur a reçu le Diplôme et la Médaille Bene merenti pour sa contribution à lExposition Vaticane.

    Le 14 juin, à Ningyuanfu, inauguration officielle de la Nouvelle République. Grand défilé silencieux à travers la ville, obligation aux commerçants de fermer boutique, discours au Tong-kong-tse. Le thème en a été de se délivrer dabord de ses propres défauts pour pouvoir mettre mieux à profit les principes de Sen-Ouen.

    A Salien, quelques énergumènes sont allés brailler à la résidence de la mission catholique, dont ils ont brisé la porte dentrée. Le P. Audren averti a fait envoyer par le Général Sou et le grand chef de la garde nationale, Leao Hing-fang, des ordres sévères contre les perturbateurs.

    Tous les soldats du Si-Tchang et du Yen-Yuen-hien sont partis en toute hâte dans la direction de Yachowfu, ville occupée par le général Lieou Yukieou, doù voudrait le chasser le général Lieou Tsekien ; mais on dit que nos militaires se sont arrêtés à Fulin, attendant les événements.

    Grand émoi ces jours derniers à Loukou, Mienchan et Kansienin : la garde du colonel Ten Sieoutin, composée de Lolos, sest révoltée. Le colonel a pu réprimer la mutinerie, mais sa femme a été tuée et sa mère blessée, et tous les Lolos des alentours, au courant de laffaire, sétaient rassemblés pour exterminer tous les Chinois.

    Yunnanfu

    Ôte-toi de là que je my remette ! 2me Acte. Comme on la vu par la chronique du mois dernier, vers la mi-juin, le général Fou Joyu, aidé de son collègue Tchang Jouy, renversait par surprise le Directoire dont il faisait prisonnier le chef, Long Yun. Après un règne de seulement une quarantaine de jours, au cours desquels sa soldatesque a partout fait régner la crainte, il vient dêtre renversé à son tour et chassé de la capitale par les troupes de Long Yun. Fou Joyu a entraîné son prisonnier dans sa fuite ; mais, harcelé par les troupes de ce dernier, il lui a rendu sa liberté dans lespoir de voir se relâcher lacharnement de ceux qui le poursuivent. Mais, comme il a emporté, dit-on, des sommes considérables dargent et a des quantités énormes darmes et de munitions, les troupes à sa poursuite ont lordre de le capturer et de le ramener à la capitale pour lui faire rendre des comptes et le traiter suivant ses actes.

    Puisse ce beau zèle à poursuivre Fou Joyu ne pas se ralentir ! cest le vu de chacun qui verrait avec satisfaction le nettoyage se faire à fond.

    Pour sassurer les honneurs, Fou Joyu na pas reculé devant les actes les moins nobles, suggérés par ses acolytes, qui dailleurs lont trahi ; aussi la population applaudit à sa déconfiture et exalte le retour de Long Yun.

    Les affaires sont gérées par intérim par le général Fou In en attendant le rétablissement du Directoire, qui sera, dit-on, composé de personnages influents et capables, uniquement soucieux de la chose publique. Fiat !

    Divers. Mgr dAïla, qui sétait rendu à Bien-hoa, près Saigon, télégraphia quil était indisposé, mais un second télégramme annonça la guérison de S. G. et son embarquement à Saigon le 25 juillet sur lAmboise. le P. Duffau donne des nouvelles de sa santé : Le bras et la main vont mieux, dit-il, mais restent très faibles. Le fameux chef pirate Tchang Kiépa, celui qui depuis plus dun an terrorise la région de Taly, qui dévore, dit la légende, un cur dhomme à chacun de ses repas, vient, avec ses hommes, de faire sa soumission Entre Posi et Amitcheou, rien ne passe : la circulation des trains est interceptée depuis une quinzaine par les bandits de Ly Chaotsong. On assure toutefois que cette situation va prendre fin, grâce à des négociations dont laboutissement serait de donner aux pirates, avec une certaine somme dargent, la police de plusieurs routes, moyennant quoi ils laisseraient libre la voie ferrée.

    Kouiyangfu

    Extrait du Compte rendu, exercice 1926-1927.

    Nombre des baptisés 25.826
    Confessions annuelles 9.308
    de dévotion 48.607
    Communions annuelles 8.611
    de dévotion 148.716
    Baptêmes dadultes (val. 237. in art. m. 841). 1.078
    denfants de païens in art. mort 6.901
    Ecoles de garçons et de filles 108
    Nombre des élèves dans ces écoles 2.054
    Nombre des malades soignés au dispensaire 35.146
    à lhôpital. 317

    Lanlong

    Pendant tout ce mois, la partie de notre mission, située sur la province du Kouangsi, a eu à souffrir des pirates, surtout dans la sous-préfecture de Silin, dont le mandarin a payé de sa vie limprudence de se risquer loin des remparts de sa bonne ville. Daprès les dernières nouvelles, des soldats seraient montés de Poseh pour combattre ces bandits, mais, sil faut en croire dautres rumeurs qui circulent ici, ils seraient loin davoir le dernier mot.

    Depuis quelques mois, la vue du P. Epalle baisse dune façon constante, à tel point que le pauvre Père envisage la nécessité daller consulter les hommes de lart.

    Canton

    Dans le courant de juillet, la santé du P. Thomas, provicaire, laissait à désirer. A la suite dune attaque de la malaria, il se décida à se rendre à Béthanie. Là, tout allait pour le mieux. Le Père espérait. pouvoir rentrer à Canton pour lAssomption, lorsque, dans la nuit du 9 au 10 août, il fut pris dun nouvel accès, plus fort que le premier. Sur les conseils du docteur, notre confrère fut durgence transporté à lhôpital des Surs de St-Paul. Les dernières nouvelles reçues sont bonnes ; létat de notre confrère saméliore peu à peu.

    Le P. Nicouleau nous écrit que la religieuse Maria Leong, arrivée à Vounay le 16 juin, sest endormie dans le Seigneur le 12 juillet, dans les plus admirables dispositions.

    A Canton la situation est toujours bien trouble. Des bombes éclatent ici et là ; en ces derniers temps on a compté quatre attentats communistes. En dehors de la ville, ce nest guère plus rassurant. A peu près tous les jours, des bateaux rencontrent des mines sur leur passage.

    Vinh

    Le dernier dimanche de mai, dans laprès-midi, a été bénite, dans léglise du P. Victor Barbier, à Cua-Lo, une statue de sainte Thérèse de lEnfant-Jésus. Les chrétiens des environs qui pour la plupart vivent de la pêche vinrent très nombreux assister à cette cérémonie, à lissue de laquelle le P. Barbier leur distribua des médailles de la Sainte.

    Dans la nuit du 21 au 22 juin, vers dix heures, un incendie, dont les causes nont pu être précisées, sest déclaré à Van-Lộc, dans la résidence du P. Guignard. Grâce au dévouement des chrétiens du village, accourus au premier signal, beaucoup dobjets ont pu être sauvés, mais la maison dhabitation du Père et celle des catéchistes ont été détruites par les flammes.

    Une nouvelle paroisse, entièrement composée de nouveaux chrétiens, vient dêtre fondée à Cát-Ngàn, sur la rive droite du Sông-Cả, dans le district de Bột-Đà. Cette fondation marque une conquête de la foi dans une région qui demeura longtemps réfractaire à lévangélisation. Lhonneur en revient au P. Olmer qui, titulaire de ce district avant dêtre appelé au grand Séminaire, installa la première chrétienté, celle-là même où se trouvent à présent léglise paroissiale et la cure et, après lui, au P. Louis Gautier, son successeur, qui continue avec un grand zèle à mener à bien cette uvre des nouveaux chrétiens.

    Le P. Lambert, précédemment professeur au petit Séminaire, a été nommé vicaire du P. Massardier dans le grand et important district de Đông-Tháp. A notre jeune confrère qui reçoit son premier poste dans la brousse, nous souhaitons cordialement bon succès.

    Nos deux jeunes prêtres, formés à Pinang, qui, depuis leur ordination, étaient employés comme auxiliaires ici et là, viennent de recevoir leur destination définitive : le P. Đức est nommé professeur au petit Séminaire, le P. Nhiên, vicaire du P. Tri à Làng-Truông, dans le district du P. Bayle.

    La rentrée des élèves de nos deux Séminaires sest faite quelques jours avant la mi-août. Seuls quelques malades nont pu encore rentrer. Le P. Le Gourriérec, Supérieur du petit Séminaire, qui, très fatigué, avait dû entrer à lhôpital dans le courant du mois de juillet, a pu, bien que nétant pas encore complètement rétabli, revenir pour la rentrée. Puisse-t-il guérir complètement et le plus vite possible, pour le plus grand bien de nos petits séminaristes !

    Hunghoa

    Le recensement de la population catholique de la Mission, en 1927, donne un résultat inattendu, plus de 42.000 chrétiens ; jusquici, nous nen comptions que 35.000 environ. Cest là un effet de lexode, chaque jour plus nombreux, des chrétiens du Delta vers la Haute-Région ; par suite de laccroissement de la population et de la facilité des moyens de communication, ce mouvement nira quen saccentuant très probablement.

    Le Père Méchet est toujours dans les constructions ; après avoir construit léglise de Xuân-Duong, près de Hunghoa, il termine actuellement celle, plus considérable, de Tru-Mât, dans les environs de Phu-Tho. Entre temps, notre cher doyen, qui veut rester jeune et que narrêtent pas les fatigues de cette période caniculaire, élabore dautres plans : plans dautels, plan dune nouvelle maison pour les Surs de lhospice de Yên-Bai, plan du futur Petit-Séminaire qui remplacera bientôt, sans doute, les paillotes actuelles du Séminaire de Hà-Thach.

    Cette année, il y a un cours de Philosophie ; cest le Père Vandaele qui en sera chargé. Le Père Mazé laidera pour le travail de la Procure et ladministration des nouvelles chrétientés des environs de Hunghoa.

    Hué

    Au commencement de juillet, nous avons eu lhonneur et le plaisir de posséder Mgr de Gorostarzu. Il est tellement rare de voir ici des évêques de Chine, que le fait mérite dêtre signalé. Durant son séjour à Hué, Sa Grandeur sest occupée de la future fondation dun Carmel à Yunnanfu. La Révde Mère Prieure de notre Carmel lui a promis des religieuses pour létablissement projeté.

    Le 16 juillet, une Française, professeur au collège Đồng Khánh (école publique des jeunes filles de Hué), est entrée comme postulante au Carmel de la Mission, sous le nom de sur Thérèse de Jésus. Elle y a trouvé une autre Française, sur Marguerite du Sacré-Cur, qui, comme elle, a fait son postulat au Carmel de Hué et est aujourdhui professe temporaire.

    Dans la dernière semaine de juillet, une violente épidémie de choléra a éclaté à Hué. Cest une excellente prédication pour nos catholiques, qui assiègent les confessionnaux et redoublent de ferveur dans leur dévotion à la Ste Vierge. Quant aux pauvres païens, ils mettent toute leur confiance dans larbuste appelé caryota urens par Génibrel (cf. Dictionnaire annamite-français, 2ème éd.) et đồng-đình en annamite. Une sorcière de la capitale a prétendu que ses branches et ses feuilles avaient la vertu de protéger contre le ma (esprit ou génie malfaisant) du choléra. Loracle de la sorcière sest propagé avec une rapidité remarquable, et on y a cru fermement, aussi bien la classe des intellectuels que celle des nhàqués.

    A chaque pas, vous en trouvez qui tiennent à la main une ou plusieurs branches de cet arbuste merveilleux. Dautres en mettent à leur chapeau, quelques-uns en tapissent lentrée de leur maison, les tireurs de pousse-pousse en fixent à leur véhicule. Pour chasser ce malin esprit qui a amené le choléra, on fait aussi brûler beaucoup de pétards, à la nuit tombante jusque vers 11h du soir, et parfois plus longtemps encore. On crie, on frappe du tam-tam, on tape sur les boîtes de pétrole, bref, on fait le plus de tapage possible et, malgré đồng-đình et sabbat, ce vilain ma ne veut pas sen aller, mais continue à faire de très nombreuses victimes parmi ceux qui sacharnent ainsi à léloigner.

    Grâces à Dieu, on peut dire que, jusquà présent, nos catholiques ont été épargnés par ce terrible fléau quest le choléra. On a seulement signalé trois morts à Phù Cam, chrétienté de plus de 2000 âmes. Ailleurs, quelques malades qui, heureusement, ont pu être sauvés. Que la Ste Vierge et son divin Fils continuent à nous protéger !

    Phnompenh

    Le Père Jules Duquet, nouvellement rentré en France, donne de bonnes nouvelles de sa santé.

    Mgr Bouchut a fait une longue tournée de Confirmation à Soctrang, Baclieu et Camau. Sa Grandeur sest ensuite rendue à Culaogien pour la retraite des prêtres indigènes. Le prédicateur, le Père Thoi, a su faire profiter ses confrères de sa vieille expérience de plus de trente années de ministère.

    Le P. Raballand vient dêtre nommé professeur au grand Séminaire. Le 21 juillet, il a eu la joie dinviter le Père Bernard à bénir une jolie chapelle à Giồng-Thanh.

    Le même jour, au milieu dune affluence considérable, le Père Mennetrier était intronisé comme curé à Meât-Krasa. Après cinq années, passées au grand Séminaire, il est heureux de se livrer de nouveau au ministère paroissial.

    Siam

    Le Père Carrié vient de célébrer ses noces dargent. Vingt-cinq ans de prêtrise sont une longue période de vie au Siam et en Mission et il est bon de remercier solennellement le Seigneur des dons accordés durant ce temps. Aussi une belle couronne de prêtres entourait le jubilaire, heureux également de voir son troupeau si nombreux et si empressé autour de lui. La paroisse de Petriu doit à la vigilance et au labeur de son Pasteur actuel, le Père Carrié, la prospérité dun collège dirigé par les Frères de St Gabriel et dun couvent tenu par les Surs de St Paul de Chartres ; la construction toute récente dun presbytère parfaitement conçu et aménagé ; le soutien matériel et spirituel dun poste annexe, Nakhonnuang Khet. Si les soucis et les épreuves nont point fait défaut au Père Carné durant sa vie apostolique, cest que le bien des âmes ne sobtient que par la souffrance. Nous souhaitons à notre Confrère une vaillance continue devant les nouveaux cinq lustres qui savancent vers lui et, si Dieu le veut, nous nous retrouverons tous volontiers près de lui à ses noces dor.

    Une loi sur limmigration au Siam vient de paraître au Journal Officiel. Il serait trop long dentrer ici dans des détails. Disons simplement, quelle soppose modérément au flot continu dimmigrants chinois qui, non contrarié, menacerait de submerger le Siam. Il est, de plus, des indésirables contre lesquels tout gouvernement a droit de se défendre. Par ces temps de rage communiste, mieux vaut briser lélan de lennemi que de se laisser mordre par lui. La santé publique réclame de son côté une protection légale contre certaines maladies contagieuses peu intéressantes. Enfin, de nombreux immigrants sans le sou ne peuvent être très utiles pour le pays, dont le développement a besoin de capitaux et de valeurs et non de bouches inutiles et trop souvent de bras croisés. Disons que la loi néanmoins ne limite pas son emprise sur les chinois, quelle atteint toute personne, de quelque nationalité soit-elle, venant au Siam pour y demeurer dune façon permanente. Un passeport, tout au moins une feuille didentité, sera requis et un droit dentrée perçu de chacun. Des amendes et des emprisonnements sont prévus pour tout contrevenant. Enfin notification officielle de cette loi est donnée à tous les Gouvernements et sa mise en vigueur, pour leurs ressortissants respectifs, sera obligatoire après leurs accusés de réception.

    Dans un autre ordre didée et pour se défendre contre un ennemi intérieur nullement inoffensif, le Gouvernement siamois prépare une loi dextinction de la Java weed ou jacinthe deau. Cette plante aquatique a envahi les canaux et rivières à tel point quelle gêne considérablement la navigation. Certains postes chrétiens seront heureux de la promulgation de cette loi, tant ils se trouvent atteints par ce fléau vivace. Il est malheureusement à craindre que lextirpation de ce végétal ne soit lente, difficile et décourageante, par suite de sa multiplication et de sa croissance illimitées. Nos voisins du Cambodge ou de Malaisie sont-ils aux prises également avec cette jacinthe deau ? nous aimerions, le cas échéant, à connaître leurs moyens de destruction.

    Envahi par les Chinois sur terre, et, sur eau, par la jacinthe, le Siam est et sera, par les airs dit-on pris dassaut par une nuée de pasteurs protestants qui désertent la Chine. Une dizaine ont déjà traversé la frontière nord du Siam, et une cinquantaine dautres sont attendus. Si cest là un renfort inespéré pour les pasteurs et colporteurs américains-siamois, cest un effort nouveau à donner par les missionnaires et prêtres catholiques et un barrage à dresser. En temps normal, la Chine et les pays adjacents comptent environ 8.000 pasteurs protestants. Près de 7.500 les ont quittés en congé spécial et illimité ; il en reste encore trop pour le calme pays de lEléphant blanc, supposé quils sy donnent tous rendez-vous. Pour contrebalancer leur influence, nous espérons que les missionnaires catholiques de Chine débarrassés voudront bien au moins se souvenir dans leurs prières de ceux qui luttent au Siam pour Dieu et les âmes.

    Malacca

    Présidée par Mgr Perrichon, notre retraite avait lieu, cette année, à Pinang, du 25 au 29 juillet. Elle a été attristée par la mort subite du P. Coppin à lHôpital de Batu-Gajah, le 26 au matin, où il était entré le dimanche sur le conseil du médecin, qui ne trouvait rien dalarmant dans son état, mais jugeait nécessaire de lui imposer un repos complet de plusieurs mois. Cest lheure du repos de léternité qui avait sonné pour notre confrère. Le P. Coppin nétait pas fort, mais les médecines, de petits congés pris à propos, deux retours en Europe et surtout une volonté de fer lui avaient permis de fournir une somme considérable de travail. Il laisse une église nouvellement agrandie, un couvent et une Ecole de Frères très prospères. Avec lui disparaît une personnalité importante de la ville dIpoh, à la fois missionnaire pieux et zélé et homme daffaires très entendu.

    A Ipoh encore, le P. Bérédec, curé des Indiens, achève lagrandissement de son église. Le terrain, où elle sélève, est plutôt bas et, chaque année, linondation montait de plusieurs pieds dans léglise. Le Père vient de remédier à cet état de choses en relevant de cinq pieds le sol de sa basilique. Dorénavant, quand viendra le flot, sil doit encore se rendre en barque ou à la nage pour célébrer sa messe, il ne verra plus ses bancs flotter ni le marchepied de son autel recouvert deau.

    Le Père Cardon, après un séjour de six mois à Béthanie, vient de rentrer à Taiping. Sans être tout à fait remis à neuf, son moteur semble assez bien réparé et, moyennant des précautions, pourra encore faire du bon service.

    Birmanie Méridionale

    Le Père Casseaux a été envoyé à Theinzeik pour faire ses débuts en Birman, sous la direction du Père Stephens. Il paraît quil avance très vite. Bon maître et bon élève.

    Le Père Riouffreyt, ayant fini son travail de formation de nos futurs prêtres Carians, vient dêtre nommé Aumônier de lEcole des Frères de Rangoon.

    Le Père Philippe a pris charge du poste de Kyauktan pendant labsence du Père Chave.

    Depuis plusieurs jours, Rangoon subit un vrai déluge. Il pleut le jour, il pleut la nuit, certaines rues sont inondées. Lannée dernière on se plaignait de ne pas avoir de pluie, mais cette année nous sommes comblés.

    Birmanie Septentrionale

    Depuis quelque temps, la vue de notre vénéré Vicaire Apostolique baissait dune manière inquiétante. Consulté dans un cas si grave, un spécialiste de Maymyo a déclaré, après un sérieux examen, que Mgr Foulquier est atteint de la cataracte et a jugé que, dans quelques mois, une opération serait absolument nécessaire.

    Le Père Ruppin se remet trop lentement, à son gré, il lui tarde tant de reprendre sa vie active de missionnaire ! dun long épuisement des forces. Il est, depuis deux mois, à Maymyo, lhôte de notre toujours si dévoué Père Jarre.

    La santé de nos vaillants Kachins, les PP. Gilhodes et Juéry, laisse aussi beaucoup à désirer pour le moment.

    Laos

    Le P. Combourieu, chargé depuis plus de 40 ans du beau district de Tharë, qui comprend plus de 3.000 chrétiens, demandait du secours à cor et à cri. Mgr a enfin fait droit à sa demande et lui a envoyé le P. Bayet, notre Benjamin, pour le soulager. Mais le départ de ce dernier laisse le poste de Kham-kom sans titulaire. Cest Mgr lui-même qui en prend la charge ; et voilà comment un Vicaire Apostolique redevient simple missionnaire faute de sujets. Aucun autre confrère ne se trouve dans les environs et le plus rapproché est chargé de travail jusquà la limite de ses forces.

    Le P. Chatenet écrit que sa jambe est enfin guérie et que ce nest pas trop tôt. Le poste dOubone, 1.300 chrétiens, le second après Tharë, est donc desservi par deux missionnaires, mais dont lun, âgé de 78 ans, ne peut plus célébrer la sainte messe, cest le P. Dabin, et lautre beaucoup plus jeune, il est vrai, mais quune plaie affreuse à la jambe obligeait de garder limmobilité, cest le P. Chatenet ; deux Georges ni à pied ni à cheval mais sur le flanc. A deux ils nen valaient pas même un. Le P. Chatenet écrit encore : La vieille maison est toujours debout, mais la nouvelle nest pas encore achevée. Je ne crois pas que le grand-père (Père Dabin) lhabite jamais.

    Il y a 7 ans, le P. Delalex, alors à Paksan, avait envoyé deux jeunes gens : un laotien et un annamite, au collège de Xadoai (Vinh). Les deux séminaristes viennent den sortir pour faire leurs deux années de probation ; Mgr vient de les confier à leur premier Père pour quil en prenne soin. Cette année-ci, de même, cinq séminaristes laotiens doivent revenir de Bangxang (Siam) pour subir la même épreuve, ce qui nous donnera 7 séminaristes en probation. Daigne le Bon Dieu les faire parvenir tous au sacerdoce ! Depuis la guerre, au Laos, nous avons eu trois décès et un départ quont remplacés 4 recrues. Au total, le même nombre, mais, pour tous, les années sallongent et les forces diminuent.

    Mysore

    Bangalore est en grand branle-bas, car nous allons recevoir la visite du Vice-Roi, qui doit passer ici trois jours.

    Séclipsant sans bruit dans la cohue générale, le P. Aucouturier vient de se rendre à Madras, où il sembarquera pour la France.

    Nous avons de bonnes nouvelles de nos autres Français, dont lair natal répare les forces.

    Kumbakônam

    Pendant le mois de juillet, la mort est venue, par trois fois, visiter la mission de Kumbakônam. Une nécrologie doit donc aujourdhui tenir lieu de chronique.

    Des trois sociétés, qui travaillent dans notre diocèse, tour à tour chacune a été éprouvée. Les Surs Catéchistes Missionnaires de Marie Immaculée ont été frappées les premières dans la personne de Sr Solange du St Esprit. Les Surs indiennes du Cur Immaculé de Marie ont perdu ensuite Mère Gnanapragassam Marie, enfin les prêtres européens des Missions-Étrangères leur confrère le Père Guyon.

    La première appelée a donc été Sr Solange du St Esprit. Elle était née dans la Lozère, aux environs de 1862. Voulant se consacrer au service des Missions, elle entra chez les Filles de St François de Sales, dans la branche des Catéchistes missionnaires. Celles-ci possédaient alors une maison en Chine, dans la mission du Kouang-Tong. Cest là que fut envoyée Sr Solange. Quand cette maison fut fermée, Sr Solange fut affectée à la mission de Nagpur (Inde centrale), puis à celle de Kumbakônam (Inde méridionale).

    Ces voyages, mais surtout les travaux de lapostolat avaient fini par user les forces de la robuste Lozérienne. Sa bouillotte (cest ainsi que Sr Solange désignait sa tête) était, depuis quelques mois, devenue incapable de fonctionner. Le bon Dieu prit son épouse en pitié ; il lappela vers lui le 8 juillet.

    Mère Gnanapragassam était née à Molalhour. Entrée à Pondichéry dans la Congrégation des Surs Indiennes du Cur Immaculé de Marie, elle y faisait profession vers lannée 1885. Depuis lors, dans les différents postes, où lenvoya lobéissance, elle se consacra toute entière, avec un zèle infatigable, à léducation des jeunes filles indiennes. A partir de 1900, elle fut successivement chargée des écoles importantes de Tirouvadi, de Kumbakônam, de Cuddalore, de Mayavaram. Cest dans ce dernier centre quelle séteignit doucement, le 19 juillet, après une douloureuse maladie, qui avait duré cinq semaines.

    Paul-Antoine Guyon naît, en 1868, au diocèse de Cambrai. Il entre aux Missions-Étrangères et est affecté à la Mission de Tôkyô. Il sy rend en 1891, mais rentre en France au bout de quelques années. En 1903, il demande et obtient dêtre agrégé à la Mission de Kumbakônam.

    Dans ce nouveau champ dapostolat, il occupe successivement différents postes, dans lesquels il ne fait que passer. En 1908, il est mis à la tête du district de Tirouvodi ; il y restera 19 ans. Seule la mort len fera sortir. Elle se fit annoncer le 1er juillet ; ce jour-là, au cours dun voyage quil faisait à Trichinopoly, le Père se sentit indisposé et fut pris de vomissements. Rentré chez lui le soir même, il se trouva, le lendemain, incapable de célébrer la Ste Messe. Il ne devait plus monter au St Autel.

    Des confrères allèrent le visiter. Le malade ne pouvait pas demeurer couché, la position un peu renversée du fauteuil lui était insupportable. Cest sur une chaise, les mains appuyées sur une table, la tête penchée sur sa poitrine haletante, que le trouvèrent les visiteurs.

    Ceux-ci conseillent au malade de consulter un docteur ; il sy refuse. Il se contente de suivre les prescriptions dun brahme, un de ces médecins doccasion, qui pullulent dans lInde. Le brahme fait naturellement les promesses les plus belles, prescrit les ordonnances les plus bizarres. Rien ny fait ; la maladie progresse très rapidement. Le Père se décide alors. De Tanjore il fait venir un docteur européen. Cest le samedi 16 juillet.

    Le médecin se rendit compte immédiatement de la gravité de la maladie, dans laquelle il reconnaissait une myocardite arrivée à la dernière période de son évolution. Le soir du même jour, il faisait transporter le malade à son hôpital de Tanjore.

    Le P. Guyon ny devait passer que six jours. Le cas est hopeless, avait dit le docteur. Tous les soins, qui furent prodigués au malade, devaient être inutiles. Lui seul semblait ne pas se rendre compte de son état. Aux confrères, qui venaient le voir, il faisait part de ses projets davenir, regardant comme un malaise passager le mal dont il allait mourir.

    Ce fut le P. Méderlet, Supérieur des Salésiens de Tanjore, qui prit sur lui davertir le malade. Avec toute la délicatesse dun père, mais en même temps avec toute la fermeté dun prêtre, il fait comprendre au P. Guyon que la mort nest peut-être pas loin, quil serait prudent de sy préparer. Le malade accepte avec reconnaissance lavis qui lui est donné. Le 22, il reçoit les derniers Sacrements. Au P. Laplace, procureur de la Mission, accouru de Kumbakônam, il fait part de ses dernières volontés. Le soir du même jour, vers 10 h., sous les yeux du P. Laplace qui le veillait, le P. Guyon rendait son âme à Dieu.

    Séminaire de Paris

    Grâce à une double générosité, dont les bénéficiaires ont été très touchés, le Séminaire des Missions-Étrangères a pu prendre une large part aux belles fêtes mariales, qui se sont déroulées à Chartres. Toute la communauté de Paris, toute celle de Bel-Air et même celle de Dormans : professeurs, aspirants et frères, ont eu le bonheur de faire ce pèlerinage, qui, cette année, revêtait un intérêt tout spécial, en raison des fêtes grandioses qui sy sont déroulées. De son côté, M. Mollat y avait conduit, en camion automobile, une trentaine de jeunes gens Japonais, Chinois ou Annamites.

    S. G. Mgr de Guébriant y était présent dès la veille, 31 mai. Cest le matin du 1er juin, par le même train que les aspirants, que sy rendit S. G. Mgr Chambon. A sa messe assistèrent et communièrent les deux communautés. Puis ce fut la splendide procession de laprès-midi, durant laquelle linsigne relique du Voile de la Ste Vierge, promené à travers les rues de la ville, put être contemplé et vénéré de tous. Il est à noter que, tout récemment, un examen approfondi de ce Voile de la Ste Vierge a été fait par un des premiers experts en étoffes. La conclusion de cette expertise a été que le tissu en soie est évidemment de facture orientale, sinon même extrême-orientale, apporté sans doute de Chine par les caravanes plus fréquentes à cette époque quon ne le croit généralement.

    Le soir du 1er juin, S. G. Mgr Chambon partit pour Rome, où il a eu le bonheur dêtre reçu en audience par le St Père.

    A la Pentecôte, les offices de notre chapelle ont été célébrés par Monseigneur le Supérieur.

    Le lendemain, selon lusage, la communauté de Bièvres et quelques aspirants de la communauté de Paris sont allés à Longpont, prêter le concours de leurs chants aux offices du pèlerinage annuel. La Messe Pontificale y a été célébrée par Son Exc. le Nonce Apostolique, qui avait obligeamment offert une place dans son automobile à Mgr de Guébriant, pour lui faciliter le voyage. Favorisée par un beau temps, la procession du soir a été fort belle.

    Après une visite de 4 jours (aller et retour) au superbe village sanatorium, qui sest ouvert lannée dernière en Haute-Savoie (vallée de Chamende), à 1.300 mètres daltitude, Mgr le Supérieur a présidé à Bourg-la-Reine, au Foyer des Etudiants dExtrême-Orient, une petite fête intime organisée par M. Mollat, à loccasion de la confirmation reçue par un nouveau converti du Kiang-Sou.

    La Fête-Dieu a été favorisée par un temps magnifique ; aussi laffluence des fidèles à notre procession du Saint-Sacrement a été, cette année, plus considérable que de coutume ; environ 4 à 500 personnes ont pris part à cette pieuse cérémonie.

    Le matin du même jour, Mgr le Supérieur avait administré le sacrement de la Confirmation à un Polonais converti.

    Le dimanche suivant, M. Delbos, aspirant sous-diacre, recevait privatim le diaconat des mains de Mgr de Guébriant à la chapelle Ste Claire.

    Les 20 et 21 juin, les philosophes de notre communauté de Bel-Air subissaient leurs examens de baccalauréat. Neuf candidats étaient présentés ; sept ont été reçus ; un deux a même obtenu la mention cum magna laude.

    Le 22 juin, Mgr le Supérieur et M. Robert, se rendant à un rendez-vous de lEvêque de Soissons à St-Michel (près de Hirson), avaient pris un train rapide qui, au sortir de la gare de Laon, dérailla par suite de laffaissement de la voie à un embranchement. La locomotive, avec un tender et un wagon furent couchés sur le flanc, mais il ny eut pas daccidents de personnes. La Compagnie offrit gracieusement à nos voyageurs une auto qui leur permit darriver auprès de Mgr Binet, quoique avec une heure et demie de retard.

    A St-Michel, les Frères des Ecoles Chrétiennes (sécularisés) célébraient une fête en lhonneur du Frère Salomon, martyr, récemment béatifié, de la grande Révolution.

    Après le salut du St-Sacrement, compliments, chants, etc., il resta juste assez de temps à Monseigneur et à son Assistant pour aller visiter à Origny en Thiérache le musée où, dans la maison natale de Mgr Pigneau de Béhaine, la Société de Géographie a réuni, de la manière la plus complète et la plus intéressante, les souvenirs du grand évêque dAdran et les documents de grande valeur, relatifs à son uvre en Cochinchine. M. Salles, de la Société de Géographie, était venu exprès de Paris pour faire aux deux visiteurs les honneurs du musée.

    Afin de ne pas abréger la retraite dordination, limitée par lordination de la St Pierre, cette année, la fête de notre Supérieur a été célébrée à la vigile de St Jean-Baptiste. La nuit du 22 au 23, les aspirants des deux communautés ont fait la veillée à Montmartre. A laube, la Sainte-Messe a été célébrée par Mgr de Guébriant, qui, selon la coutume, a renouvelé la consécration du Séminaire et de la Société au Sacré-Cur.

    On sest rendu ensuite à Meudon où M. Robert, avec une éloquence et une profondeur de sentiments qui nous ont tous émus, a exprimé à Mgr le Supérieur les vux de tous. Puis, cétait le déjeuner sous les beaux marronniers par un temps idéal.

    A la St Pierre, la cérémonie de lordination a été faite par S. G. Mgr Chambon, qui a conféré les saints ordres à 12 prêtres, 2 diacres, 21 sous-diacres, 8 acolytes et exorcistes, 7 ostiaires et lecteurs, et 12 tonsurés.

    Le soir du même jour, Mgr le Supérieur donnait aux partants les destinations suivantes :

    A Tôkyô M. Delbos ; à Taikou M. Bulteau ; à Kirin M. Perrin (Y.) ; à Swatow M. Le Page ; à Lanlong M. Guiraudet ; à Tatsienlou M. Pasteur ; au Thibet Indien M. Gratuze ; à Hanoï M. Fournier ; à Phatdiem M. Donjon ; à Malacca M. Sy ; au Laos M. Cavaillier ; à Rangoon M. Chevallier ; à Kumbakônam M. Jusseau et à Coïmbatore M. Chervier.

    Invité au Congrès Eucharistique de Lyon, Mgr le Supérieur sy est rendu le 6 Juin et a pris part aux cérémonies des deux premières journées, celles du 7 et du 8. Il a parlé et présidé à louverture du triduum à St Martin dAinay, où Mgr Marnas la remplacé pour les soirées suivantes. Un grand discours, prononcé à la cathédrale St Jean par un P. Jésuite, orateur de renom, a été le clou dune cérémonie organisée le soir du jeudi 7 par luvre de la Propagation de la Foi.

    La fête annuelle, mi-religieuse et mi-patriotique, de Dormans, a eu lieu le dimanche 10, favorisée par un temps admirable. Présidée par le cardinal Luçon et le général Gouraud, gouverneur de Paris, elle avait attiré une affluence plus grande que jamais. Un magnifique sermon du P. Lhandes, les allocutions du Cardinal, des Généraux, de Mgr Tissier, etc., ont fait de la journée, selon lexpression dun pèlerin, une véritable cure de santé morale, intellectuelle et patriotique. Le produit dune simple quête y a dépassé 3.000 francs. Les travaux de la chapelle progressent dune manière très encourageante.

    Le Séminaire a donné lhospitalité au jeune Père annamite Chanh, de Saigon, et au P. Evariste Djang, du Vicariat Apost. de Jehol (Mongolie), professeur de chinois au Collège de la Propagande. Ce dernier va suivre pendant quelques semaines les cours de lAlliance française. Avec un jeune homme, envoyé dHaïnan par les Pères de Picpus, les deux Pères, conduits par Mgr le Supérieur, sont allés passer quelques bons moments à Bourg-la-Reine avec les étudiants du P. Mollat : chinois, annamites, japonais.

    Nous avons la joie dannoncer que les missions du groupe du Japon nous envoient M. Montagu, comme représentant de leur groupe au Conseil Central, en remplacement de Mgr Chambon. Un télégramme nous annonce que M. Montagu prendra la mer vers la fin de juillet.

    Mgr Chambon a fait une courte absence en Auvergne. Il se dispose maintenant à aller vers les Pyrénées, où il saluera quelques parents de ses missionnaires, et fera ensuite ses adieux à la Roche de Massabielle.

    Ont été admis comme aspirants : MM. Emmanuel Souvignet (Le Puy), Léon Caillard (Lyon), Paul Anouilh (Pamiers), Pierre Lioger (Le Puy), Marcel Douchet (Arras), Cyprien Huc (Albi), Jean Pacchiodo (St Jean-de-Maurienne), Pierre Bouttaz (St Jean-de-Maurienne), Paul Fournel (Le Puy), Lucien Le Flohic (St Brieuc), Jean Caset (Bayonne), Célestin Coyos (Bayonne), Louis Mainier (Besançon), Janvier Dezest (Aire), Jean Hodot (St-Dié).
    1927/562-583
    562-583
    Anonyme
    France et Asie
    1927
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