Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Chronique des Missions et des Etablissements communs 7

Chronique des Missions et des Etablissements communs Tôkyô
Add this
    Chronique des Missions et des Etablissements communs
    _____

    Tôkyô

    Le travail de reconstruction de la Mission de Tôkyô et de ses uvres se poursuit tant à Yokohama quà Tôkyô. Le lundi 28 mai, les Frères Marianistes de Yokohama fêtaient linauguration des bâtiments définitifs, qui doivent servir au logement des professeurs et des élèves pensionnaires, et de la vaste cour destinée aux récréations et aux sports de tous genres, pour laquelle on avait dû niveler une grande partie de la colline sur laquelle lécole est bâtie. Mgr lArchevêque de Tôkyô était venu, le 24, bénir la nouvelle chapelle, et recevoir les félicitations de bienvenue des élèves et des maîtres, après avoir fait sa première visite officielle à lécole voisine des Dames de St-Maur. S. G. Mgr Chambon na pu venir assister, le 27, à linauguration. Ce jour-là, S. E. le Délégué Apostolique, Mgr Giardini, S. E. lAmbassadeur de France, M. de Billy, le maire de Yokohama, M. Ariyoshi, figuraient parmi les invités de marque, et ont prononcé tour à tour des discours de félicitations, après ladresse de bienvenue faite en français et en anglais par M. Gaschy, le dévoué et sympathique directeur du collège St Joseph. Les invités ont ensuite visité lexposition des dessins et uvres dart des élèves et le nouvel établissement, et ont pris part au thé servi par les Dames patronnesses.

    Le nouvel établissement a coûté un peu plus de 200.000. yen ; le nivellement de la cour, 32.900 yen. Désormais de collège naura plus besoin demprunter de terrains de sports pour ses concours athlétiques.

    La preuve en a été faite le lendemain, 29 mai ; car la nouvelle cour a servi aux diverses courses et aux concours qui, commencés le matin à 8 h. 1/2, se sont achevés le soir à 4 h. 1/2, remplissant un programme de 55 numéros où lendurance, lagilité, ladresse et la gaîté se sont tour à tour déployées à lhonneur des élèves de St Joseph et pour le plaisir de lassistance. Le Consul de France, M. Méric de Bellefon, a distribué finalement les récompenses aux vainqueurs.

    Le P. Lissarague a obtenu un congé de quelques mois tant pour se reposer que pour répondre à lappel de son père octogénaire qui veut revoir une dernière fois son Benjamin.

    Le P. Demangelle qui, depuis plus dun an, est alité, a, sur le conseil de son médecin, résolu daller demander à Vichy et au climat de France la guérison de sa maladie de foie jusquici rebelle aux traitements. Il part par la malle française le Gal Metzinger, accompagné par MM. Heinrich, vice-provincial des Marianistes au Japon, et Gaschy, directeur du Collège St Joseph de Yokohama, qui se rendent en France pour assister à un Chapitre de leur Société.

    Le 1er juin.

    Fukuoka

    Le 31 mai dernier, la plupart des missionnaires du nouveau diocèse se trouvaient réunis à Fukuoka même pour une fête intime, la saint Ferdinand, fête de Mgr Thiry.

    Les agapes eurent lieu dans une maison de louage, ce qui rappela aux anciens leurs débuts dans le ministère apostolique.

    Inutile de dire que la joie fut la note caractéristique de la réunion. Quand les abeilles essaiment, cest la mère abeille qui part, laissant à la jeune reine tous les trésors amassés ; mais, bien quelle aille, avec ses ouvrières, vers de nouveaux travaux cyolopéens, comme dit Virgile, lessaimage se fait néanmoins très joyeusement. Cest limage de ce qui sest passé ici lors de la division, division qui nempêche pas lunion des curs.

    Quelques jours auparavant les chrétiens de Fukuoka, empruntant la maison du P. Joly, avaient voulu fêter, eux aussi, par un banquet à la japonaise, larrivée de leur Evêque ; tout se passa parfaitement, conformément, du reste, au programme.

    Le mot Fukuoka veut dire en japonais plage du bonheur ; nous espérons bien que, Dieu aidant, le sens de ce nom se réalisera plus que jamais pour nous.

    Le 10 juin.

    Osaka

    Le P. Rey, aide-procureur du P. Fage à Kobé, est depuis fin janvier arrêté par la maladie. Il souffre dune phlébite (leucomia lymphatica). Loin de saméliorer, son état donne les plus graves inquiétudes. Il a reçu les derniers sacrements le 5 juin.

    A Osaka, la Société des anciennes élèves du lycée Shin-Ai (Foi et Charité) a fêté, le 21 mai, le cinquantième anniversaire de larrivée, au Japon, de sa fondatrice et directrice, la Révérende Mère Bernardine, de la Congrégation du St Enfant Jésus de Chauffailles.

    La cérémonie rassemblait la majorité des anciennes élèves de létablissement, les élèves actuelles et leurs familles.

    Après le chant de lhymne national japonais, Son Excellence Monsieur Tanabe, Préfet dOsaka, a chaudement félicité la vénérable Supérieure. Après lui, le Directeur général de lInstruction publique pour la préfecture dOsaka, Monsieur Shimada, offrit, ses compliments de félicitation.

    Monsieur K. Inabata, président de la Chambre de commerce dOsaka, membre de la Chambre des Pairs et catholique, se fit ensuite linterprète des sentiments de lassistance en présentant ses compliments à la Révérende Mère. Il profita de loccasion pour redire les avantages de léducation donnée dans nos écoles catholiques. Enfin, le P. A. Nagata, au nom des catholiques japonais, remercia la vénérable Supérieure pour tout ce quelle avait fait, pendant 50 ans, pour les enfants japonais.

    La cérémonie se termina par la présentation de magnifiques bouquets et lon se sépara aux cris de Banzai ! ad multos annos.

    Durant le mois de mai, le R. P. Cimatti, Supérieur des Pères Salésiens de la Mission de Myazaki, avec deux de ses confrères, ont bien voulu nous prêter le concours de leur remarquable talent musical. Partout où la chose a été possible les missionnaires du diocèse dOsaka ont organisé des réunions, et, partout, ces zélés Religieux, sans nul souci de la fatigue, se sont dévoués pour répondre à leur appel. Ils ont donné pas moins de 17 concerts religieux. Partout ils ont eu un succès inouï et des centaines, parfois des milliers, dauditeurs les ont applaudis. Lhabit des artistes était par lui-même une prédication catholique. Là où les circonstances le permettaient, les missionnaires y ont ajouté des conférences religieuses. Partout on a distribué un tract apologétique composé tout exprès pour la circonstance.

    Que ces vénérés Religieux reçoivent ici le merci fraternel de tous ceux quils ont grandement obligés !

    Le 8 juin.

    Taikou

    Sans attendre un complet rétablissement, aussitôt que son état na plus réclamé la proximité immédiate du médecin, Monseigneur est rentré à lévêché, où des précautions spéciales et une accoutumance progressive ont permis à Sa Grandeur, le jour même de la Pentecôte, de célébrer la messe dans son oratoire, après une interruption de 40 jours, et de reprendre le cours extérieur de la vie commune. Sans doute le mieux saccentue, quoique insensiblement ; pourtant, puisquil nest pas possible dajouter foi aux analyses du laboratoire de Taikou, pour savoir exactement à quoi sen tenir présentement et être en mesure de parer à de nouvelles difficultés, Sa Grandeur sest rendue à Shanghai le 5 juin.

    A la grande fête annuelle de gymnastique, les deux écoles catholiques de Taikou ont, avec le succès habituel, en une journée fort remplie, montré à un public, chaque année plus nombreux, que les études très sérieusement faîtes ne nuisent nullement à la culture physique de leurs 600 élèves.

    Le samedi de la Trinité, Monseigneur, à la messe de communauté et sans solennité, a pu ordonner 9 sous diacres, bel espoir pour lan. prochain.

    En provinces, les églises de Masampo et de Waikoan sortent de terre.
    Le Père Cornier, de la Mission de Hakodaté, en route pour France via Siberia, nous a fait le plaisir de sarrêter quelques heures parmi nous.

    Le 9 juin.

    Chungking

    Le jeudi 19 avril, à 3 heures après-midi, un incendie se déclarait dans une maison de thé, au faubourg de Tsien se men. En quelques instants, activé par un vent violent, il prenait des proportions tragiques, transformant en un immense brasier tout le quartier si populeux qui sétend de Tsien se men à Lin kiang men. Vers 4 heures, il pénétrait en ville, trouvant une proie facile dans le quartier de Hiang choui kiao, et atteignait le Che pan kai. Bientôt, les immeubles, attenant au mur denceinte de lévêché, étaient enveloppés et détruits par les flammes ; et le corps de bâtiment, situé dans lenceinte même, était à son tour gravement atteint, quand arriva sur les lieux une première section de pompiers. Non sans peine, on put, grâce à un renfort de 5 pompes, localiser le désastre en cet endroit et lempêcher de sétendre, par le Kiang kia hang, jusquau centre de la ville. Tout danger paraissait enfin conjuré de ce côté, quand soudain, vers 7 heures, le feu éclatait dans la partie supérieure du clocher du Tsemoutang : rapidement, dôme et beffroi seffondraient Mais, pendant que de ce côté encore, on parvenait à entraver lavance du sinistre, par le Lin kiang men, il pénétrait derechef en ville, détruisant entièrement lhôpital protestant Kouan jên et la plus grande partie de lécole normale de filles.

    Cet incendie, qui de mémoire dhomme est un désastre sans précédent, a brûlé, selon les dernières nouvelles, plus de dix mille familles. Evidemment on en recherche la cause. Sur le moment même on admettait que lincendie était dû à une imprudence ; en effet cétait lheure de préparer le dîner. A présent on entend dire couramment, avec preuves à lappui, que ce sont les communistes qui ont délibérément mis le feu à la ville.

    Un comité de secours a été établi pour venir en aide aux sinistrés. On a fait appel au public pour envoyer argent et riz.

    Cet appel a été entendu. Le comité a déjà réuni près de $ 100.000. Les différents chefs militaires de la Province ont tenu à contribuer à luvre de reconstruction. Le général Yang sen a pour sa part souscrit dix mille dollars.

    Nous sommes toujours sans nouvelles des Pères Ouang et Tchang emmenés le 8 avril par les bandits dans les montagnes de Kouifou. Toutes les tentatives faites pour entrer en relations avec eux sont restées sans résultat. Ils doivent errer misérablement à la suite des pirates, qui, traqués par deux régiments venus de Kouifou, ont dû quitter Miao yu tsao, puis Tai ki, pour se réfugier dans les montagnes de la frontière du Houpé. Lun des chefs de la bande, Heou sin tchen, jadis commandant de milice à Tai ki, fut bien pris par les réguliers et emmené à Kouifou pour y être exécuté : mais une rançon de quatre mille dollars lui valut dêtre remis en liberté.

    Suifu

    Par leurs exactions continuelles, les autorités militaires et leurs suppôts, les chefs de villages, ont fait des campagnes setchouanaises un immense champ tout préparé à recevoir, le virus bolchevique. De ci de là, prélude dune insurrection générale, on assiste à des soulèvements populaires, comme ceux qui eurent lieu, lannée dernière, à Iun bien, et, tout récemment, à Nanki. Personne nignore, en effet, quen Chine les contributions, faisant boule de neige, vont augmentant à mesure quelles séloignent de lautorité qui les a primitivement imposées ; et, quand elles arrivent au contribuable, elles ont, pour le moins, triplé, le plus souvent, quadruplé ou même quintuplé. Ainsi, pour dix mille piastres exigées en haut lieu, le peuple devra en payer trente à quarante mille. La différence est partagée par les autorités départementales, les collecteurs dimpôts et les chefs de villages. Aussi, tout le monde ne sappauvrit pas dans notre province : témoin les palais que se bâtissent les hauts mandarins et les belles propriétés que sachètent les tyranneaux des campagnes.

    Dans le milieu davril dernier, Mgr Renault a nommé le P. Mathieu Li, procureur à Kiating, vicaire forain de toute la région nord-ouest de notre Mission qui est appelée à devenir, à bref délai, Vicariat purement indigène. On prépare cette division méthodiquement. Aussi a-t-on bon espoir que tout sera prêt, lorsque Rome jugera le moment venu de détacher de Suifu, pour en former la novelle Mission de Kiating, les 14 beaux et florissants districts de vieux chrétiens du Chang Tchouan lan (caractères chinois).

    Par eux fois, nous avons essayé dobtenir lenregistrement officiel de notre école normale de filles ; par deux fois, on nous a fait répondre, par linspecteur des écoles de la sous-préfecture de Suifu, quon ne pouvait confier à des étrangers la formation de futures institutrices. Mais le bureau de léducation, à Chengtu, nous ayant laissé entendre quil était disposé à la reconnaître comme école secondaire (caractères chinois), nous avons fait de nouvelles démarches dans ce sens.

    Du compte-rendu de lannée 1927, nous extrayons les quelques chiffres suivants :


    Baptêmes dadultes : 1539, dont 584 in art, mort.
    Baptêmes denf. de fid. : 1234
    dinfid. : 7998
    Confess. annuel. : 24.853
    répét. : 90.550
    Commun. annuel. : 19.405
    de dévot. : 224.859
    Ecoles de garçons : 55 élèves : 1507
    Ecoles de filles : 45 élèves: 1264
    Ecoles de prières : 74, fréquentées par 560 garçons et 670 filles.

    Extr.-Onct. : 614

    Le 1er juin.

    Ningyuanfu

    Le Père Audren, provicaire et vicaire délégué, accompagné des PP. Tong, I, et du diacre Simon Tcheou, est arrivé à Ningyuanfu le 24 avril. Le surmenage de ces derniers mois lavait fatigué, mais les bons soins reçus ici lont complètement remis. Pendant son absence, le P. Burnichon avec sa bonne grâce habituelle, a bien voulu soccuper des constructions de léglise et de la maison dhabitation de Houili.

    Deux jours après arrivaient aussi les PP. Damien Tchen, Joseph et Marc Ou, Joseph Yang pour la retraite annuelle. Celle-ci a eu lieu du 29 avril au 5 mai et sest terminée par lordination de deux nouveaux prêtres, Simon Tcheou et Grégoire Li. Le premier est placé comme vicaire chez le Père long et le second chez le Père Bocat.

    Le jour de lordination et le lendemain pour les premières messes, toute la chrétienté a montré par sa présence combien elle apprécie cette grande grâce accordée par le bon Maître à notre Mission, grâce qui, hélas ! ne se renouvellera que dans 4 ou 5 ans.

    Le Kientchang compte actuellement, en dehors du Vicaire Apostolique, 9 missionnaires français et 9 prêtres chinois.

    Le Père Bettendorff, malgré quelques accès de fièvre, a pu continuer la visite de ses chrétiens, agrémentée, dit-on, par de belles séances de projections.

    La guerre à mort, entreprise par Ten Siou Tin contre les Lolos, continue. Vingt de ces derniers ont été exécutés près de la ville de Ningyuanfu ; mais, ne pouvant empêcher les gens darracher le cur des victimes pour le manger, le général a donné lordre de faire les exécutions sur place.

    La région de Hosi, terrorisée depuis quelques mois par les Lolos, semble plus tranquille, grâce à la présence dun chef militaire, Lolo lui-même.

    Le 10 mai.

    Kouiyang

    Les confrères, venus pour la retraite annuelle, ont tous regagné leur poste. Seuls manquaient les PP. Noyer, A. Solvignac et Darris. Le P. Solvignac termine la construction de son église. Le P. Darris est à Tongjen, où il a fait venir le P. Vinkelman ; il se propose de partir bientôt pour Songtao, où il fondera une nouvelle chrétienté. Le P. Zehetbauer est nommé curé de Chetsien.

    Les trois nouveaux Pères du Sacré-Cur sont arrivés à Kouiyang le 3 mai. Leur voyage sest effectué sans incident. Dans quelques jours ils seront envoyés à Chetsien pour y apprendre la langue chinoise.

    Le Père Xavier Kao est décédé vers la fin de la retraite ; tous les confrères présents ont assisté à ses obsèques. Quoique de faible santé, il tenait le poste de curé de la paroisse St Etienne, à Kouiyang. Sa mort prive la Mission dun bon prêtre. Actuellement, le P. Guettier, supérieur du Probatorium, prend soin de la paroisse.

    Le mercredi 2 mai, a eu lieu la bénédiction de la nouvelle chapelle St Joseph. Il y eut messe pontificale. Malheureusement la belle statue, don de Mgr Seguin, nest arrivée à Kouiyang que quelques jours après.

    Un délégué du Gouvernement de Nankin est arrivé à Kouiyang ; il a été reçu avec les plus grands honneurs. On dit que notre Gouverneur partirait bientôt pour Canton, où lappelle Tsiang Kiai Che ; le général Mao ferait lintérim. Mais cet on dit doit être entendu sous toutes réserves...

    Le 15 mai.

    Canton

    Malgré un séjour prolongé à lhôpital et au sanatorium, sa santé ne saméliorant pas, Mgr Deswazières, obéissant aux ordres du Docteur, a du renoncer à recevoir la consécration épiscopale le 24 juin prochain. Il sest embarqué pour France le 5 juin, espérant que le climat du pays natal lui rendra une santé meilleure.

    Il remercie de tout cur les personnes qui lui ont donné des témoignages dintérêt à loccasion de sa nomination et se recommande instamment à leurs bonnes prières.

    La quête faite à la cathédrale a produit $ 72,45. A Sha Ho Po elle a rapporté $ 12,70. Ces deux sommes seront transmises sans retard à Rome, au Comité dorganisation des noces dor de Sa Sainteté Pie XI.

    Le jour de la Pentecôte, Sa Grandeur a conféré le sacrement de la Confirmation à 86 personnes, à lissue de la messe pontificale.

    Fort belle et bien réussie a été la procession qui sest déroulée dimanche dernier dans les jardins de lEvêché. Les décorations, de fort bon goût, avaient attiré de nombreux païens, qui sétaient mêlés à lassemblée des fidèles venus de toutes les paroisses des environs.

    Le calme règne en ville grâce à lénergie de la police.

    Le 17 juin.

    Swatow

    Au Loukfoung les Rouges continuent leurs exploits. Dernièrement une bande de 2.000 hommes environ, pour la plupart danciens soldats rouges retirés dans les montagnes situées sur les confins du Loukfoung et du Hoifoung, a fait une incursion dans les districts des PP. Waguette et Tsai, pillant et brûlant les villages, massacrant ceux qui osaient leur résister ; le P. Tsai a eu une chapelle incendiée, trois chrétiens tués et dautres emmenés en captivité.

    Quand les soldats, quon envoie contre ces brigands, arriveront sur les lieux, ceux-ci seront loin, et le chef de lexpédition pourra lancer son bulletin de victoire et annoncer la pacification de la région. Mais quand les brigands auront encore faim, leur campagne recommencera.

    Le 16 juin.

    Hanoi

    La dernière chronique de Hanoi, écrite pendant le Carême, débutait par des lamentations de circonstance. On y montrait nos compatriotes de la capitale tonkinoise plus empressés aux attractions mondaines quaux offices religieux et quà la pénitence. Rendons-leur aujourdhui justice. Ils ont suivi nombreux les exercices de la Grande Semaine et, le seul jour de Pâques, plus de 600 se sont approchés de la Table Sainte. Ceci console de cela.

    Sainte Jeanne dArc a été dignement fêtée. Les journaux de la colonie, comme ceux de France, ont fait ressortir le calme religieux de cette fête nationale. A notre avis, cest le ton qui convient.

    Ces jours-ci, notre vaillant curé, le P. Dronet, dirige et active les préparatifs pour la Fête-Dieu. Le lait, dont il se nourrit par ordonnance du médecin , ne ralentit ni son zèle ni son ardeur. Il est dailleurs admirablement secondé par ses paroissiens et ses paroissiennes. Le ciel, après avoir déversé sur Hanoi dabondantes ondées, sest remis au beau fixe. Tout fait présager que la procession de demain sera un nouveau triomphe pour Jésus-Hostie, Roi des nations et des cités.

    Voilà pour la ville dHanoi. Dans les districts et paroisses de lintérieur, la vie religieuse se déroule à lordinaire, sans événements bien saillants. Les ouvriers évangéliques y poursuivent leur labeur, lequel, sil ne va pas sans fatigues, ne demeure pas non plus sans fruits de salut pour les âmes. Ils seraient sans doute plus abondants, si linsuffisance numérique des missionnaires ne limitait étroitement leur action. Cest le point noir pour le présent et surtout pour lavenir. Nos cadres vieillissent, séclaircissent, hélas ! et ne sont quincomplètement reconstitués. Aussi est-ce avec une certaine envie que nous avons vu passer ici, ces temps derniers, de jeunes et fraîches recrues destinées à la Chine et aux Missions tonkinoises voisines de la nôtre. Espérons que notre tour viendra.

    Létat de santé de notre cher et vénéré Vicaire Apostolique, Mgr Gendreau, nous a inspiré, quelques jours durant, de sérieuses inquiétudes. Une affection douloureuse et susceptible, vu le grand âge du malade, damener des complications, a obligé Sa Grandeur à se faire hospitaliser, le 29 mai, à la clinique St-Paul. Par la protection de la bonne Mère du ciel et de Ste Thérèse de lEnfant Jésus fervemment implorées, grâce aussi aux soins dévoués du docteur et des Religieuses infirmières, il y a aujourdhui une amélioration très sensible et un espoir fondé de prompte guérison.

    Le 9 juin.

    Hunghoa

    Le Père Laubie, notre nouveau confrère, est arrivé à Hung-Hoa le 24 mai, après un bon voyage. Il a bien apporté de France un rhume assez tenace, mais, avec les chaleurs dont nous jouissons au Tonkin à cette époque de lannée, aucune complication nest à craindre. En souvenir du Père Jaricot, dont il fut le fils spirituel à Paris, le Père Laubie sappelle, comme lui, en annamite : Cố Trọng (Père noble, excellent). Et maintenant, auprès des Pères Vandaele et Mazé, comme lui commensaux de Mgr Ramond, il va sinitier peu à peu aux beautés de la langue annamite, voire à lexécution. du chant grégorien.

    Le Père Blondel nous a donné quelques inquiétudes ces derniers temps ; une maladie dyeux, peu définie, la obligé à recourir au Docteur spécialiste de Hanoi ; il craignait de devenir aveugle. Grâces à Dieu, tout danger paraît conjuré, pour la plus grande joie des confrères, en particulier des habitués de lHôtel du Nord, comme nous appelons, entre nous, son hospitalière demeure de Yên-Bái. Comme il avait reconstruit et aménagé, dune manière pratique, sa résidence, il y a deux ou trois ans, cette année il a donné tous ses soins à la construction de la nouvelle maison des Surs de St-Paul, à lhospice de Yên-Bái ; ces bonnes Religieuses, si dévouées à leurs vieillards et aux enfants de la Ste-Enfance, y seront plus au large que dans leur ancienne maison.

    La léproserie de Hương-Phong, à 5 km. de Hưng-Hoá, compte actuellement environ 330 malades ; sur ce nombre, 290 sont chrétiens et sont confiés aux bons soins des deux prêtres annamites de la paroisse voisine. Le jeudi 7 juin, ce fut fête dans cet asile de la douleur : 18 lépreux reçurent le Baptême, et Mgr Ramond confirma 51 néophytes. Inutile de dire avec quelle joie ces pauvres gens reçurent la visite de leur Pasteur : tambours, drapeaux et pétards, rien ne manqua ; et la petite aumône, distribuée à chacun à la fin de la cérémonie, fut bien appréciée de tous, chrétiens et païens.

    Le 12 juin.

    Quinhon

    Parmi les récentes nominations, notons celle du P. Bober, qui vient de Kontum pour aider le P. Maheu à limprimerie ; et celle dun nouveau curé de la Nhà-da, de façon que le P. Sion, complètement déchargé de son district, puisse se consacrer uniquement à son uvre des Petits Frères de S. Joseph, religieux-catéchistes.

    La réglementation des écoles devenant de plus en plus draconienne, nous avons dû en réduire le nombre. Aujourdhui, officiellement, nous navons plus que 36 écoles, mais toutes ont un maître diplômé et sont fréquentées par 1.531 élèves : 1.038 garçons et 493 filles. Il va sans dire que toutes nos écoles de catéchisme demeurent et que, tout en y apprenant la lettre du catéchisme, les petits enfants ne négligent pas les lettres de lalphabet.

    Nous ignorons encore les résultats complets des examens, mais nous savons déjà quune centaine délèves ont été reçus au certificat élémentaire dans la seule province de Binh-dinh.

    Le P. Robert, 1er Assistant de notre Société, a passé quelques jours dans notre Mission. Arrivé le 6 mai, il est monté le 8 à Kontum, où il est arrivé juste à temps pour la réunion mensuelle de nos confrères. Revenu par ladmirable plateau Djaraï, il est rentré à lEvêché le 10, pour repartir le 12 pour Hué et le Laos.

    Nous avons eu la douleur de perdre un prêtre annamite, le P. Từ, mort subitement le 11 mai à lHôpital de Quinhon, où il était en traitement depuis trois semaines. Huit jours plus tôt, le 3 mai, mourait à lHôpital de Binh-dinh le diacre Ngữ, âgé de 85 ans. Malgré son grand âge, il enseignait encore les caractères chinois au Petit Séminaire quelques semaines avant sa mort.

    Le 26 mai,

    Saigon

    Le Père Pierre Cần est décédé à linfirmerie du Séminaire de Saigon, le 5 mai ; il avait 48 ans. Sa dépouille mortelle a été déposée au cimetière des Pères annamites à Chi-hoa, à proximité du tombeau dAdran. Le nombreux cortège, qui la accompagné à sa dernière demeure, montre combien on lestimait et on laffectionnait : 37 Pères français ou annamites, et un bon nombre de ses parents et de ses chrétiens sont venus prier pour lui.

    Le Père Artif, ancien Procureur des Missions-Etrangères à Saigon, sest embarqué pour la France le 8 mai, sur le Cap Saint-Jacques, Nous lavons vu partir avec peine. Le vénéré Père était à Saigon depuis 25 ans, il rendait, à loccasion, des services discrets à notre Mission, quoique nen faisant pas partie ; aussi les Confrères de Saigon et des environs sétaient-ils unis à lui de tout cur le 21 décembre dernier pour fêter, dans lintimité, le 60e anniversaire de son sacerdoce. Mais un asile hospitalier, quil avait fondé autrefois dans son diocèse dorigine (Angers), lattirait et, malgré ses 84 arts, il a affronté les incommodités dune longue traversée pour sy rendre. Il a écrit de Colombo au Père Gauthier que son voyage seffectuait dans de bonnes conditions.

    Le cher Père Ferrières écrit de Paris que le 26 mars il a été intronisé dans sa nouvelle charge, avec discours, procès-verbal et cérémonies dusage. Il a déjà trouvé le temps de faire toutes les commissions qui lui avaient été confiées.

    Monseigneur Bouchut, qui semblait mourant à son arrivée à la Clinique Angier le 22 mai dernier, na pas tardé à reprendre des forces grâce à lhabileté du Docteur Vielle ; il pourra bientôt retourner dans sa Mission, à Cù-lao-gieng, où les Surs de la Providence lui continueront les bons soins que lui ont prodigués ici les Surs de St-Paul.

    Le 8 juin.

    Hué

    Mgr Gouin, de retour du sacre de Mgr Herrgott, est arrivé à Hué le 12 mai. Invité par Mgr Allys à le remplacer pour présider la cérémonie religieuse officielle, qui devait avoir lieu le lendemain dans léglise de la paroisse française à loccasion de la fête de sainte Jeanne dArc, Mgr le Vicaire Apostolique du Laos a célébré la messe de notre Sainte nationale en présence des autorités françaises et annamites et devant une foule nombreuse de nos compatriotes. Mgr notre évêque assistait au chur. Cest le Révérend Chanoine Poncet qui a chanté les louanges de la vaillante Pucelle dOrléans. Pendant la cérémonie est arrivé le Père Robert, notre Premier Assistant, accompagné du Père Maheu, de la Mission de Quinhon. Le séjour de ces deux confrères à Hué na pas été bien long : dès le lundi soir le P. Maheu reprenait le chemin de Quinhon et, deux jours après, le P. Robert partait pour le Laos avec Mgr Gouin, quil retrouvait, à Quang-Tri où Sa Grandeur lavait précédé de deux jours.

    Le 15 mai ont eu lieu, en Annam, les examens du Certificat détudes élémentaires indigènes. Comme rédaction, on avait cru bon de donner le sujet suivant : Décrivez le pagodon de votre village et énumérez les circonstances dans lesquelles a été élevé ce pagodon. Cétait une violation publique et officielle de cette fameuse neutralité quon vante tant et quon nobserve guère. Dans un centre dexamen de notre Mission, un catholique, quelque peu dérouté davoir un pareil sujet, a dit tout simplement au président annamite de la commission dexamen : Maître, dans mon village tout catholique, il ny a pas un seul pagodon et je nen ai jamais vu un bien comme il faut. Si vous le permettez, je ferai la description de léglise de ma chrétienté. Le président a eu lesprit assez large pour laisser cet enfant libre de faire la description demandée et la déclaré admis quand même. En dautres endroits, des petits catholiques ont également décrit leur église et eux aussi ont été reçus. Les examinateurs, tous annamites, méritent certainement un bon point pour avoir ainsi, fait preuve dune grande libéralité. Mais, comment se fait-il quà la Direction du Service local de lEnseignement de Hué, on ait choisi un pareil sujet, susceptible dembarrasser sérieusement les candidats catholiques qui se présentaient à cet examen en nombre respectable ?

    Quoi quil en soit de cet incident qui a causé un peu démoi parmi nous, les élèves de nos établissements ont été presque tous reçus. Pour la première fois, le petit séminaire dAn-Ninh présentait 63 élèves, 62 ont réussi ; un a échoué à lécrit. 58 ont obtenu la mention français. Deux ont été classés numéro un ex quo sur 700 candidats. A Hué, les élèves de lEcole St-Denis des Petits-Frères du Sacré-Cur ont été reçus au nombre de 10 ; 2 ont été éliminés. 41 élèves de lEcole Pellerin, tenue par les Frères de St-Jean-Baptiste de la Salle, se sont présentés ; un seul na pas été reçu. Enfin, lInstitution Ste-Jeanne dArc, dirigée par les Surs de St-Paul de Chartres, na pas eu une seule élève éliminée.

    Le 3 juin.

    Bangkok.

    Le 25 avril 1928 est arrivé à Bangkok, venant de Keng Tung, via Chiengrai et Lampang, le T. R. P. Manna, Supérieur Général de lInstitut Pontifical des Missions-Etrangères (anciennement Missions-Etrangères de Milan), accompagné de Mgr Bonetta, Préfet Apostolique de Keng Tung et du R. P. Portaluppi. La traversée des Etats Shans leur fut particulièrement pénible. Après un voyage de douze jours, ils furent reçus à la gare de Bangkok par le R. P. Chorin, Procureur, à dix heures du matin, qui les conduisit immédiatement à lEvêché où ils purent causer quelques instants avec Mgr Perros, partant lui-même à onze heures ce même jour pour Phnompenh afin dassister au sacre de Mgr Herrgott.

    Le T. R. P. Manna, voyageant vers Hongkong, avait voulu se rendre compte de la possibilité de gagner ce port via Bangkok, de préférence à via Rangoon. Son expérience la pleinement satisfait, car il pouvait prendre le surlendemain un bateau direct Bangkok-Hongkong, ce qui lui faisait gagner du temps et de largent. Les routes automobilables se développent beaucoup dans le Nord du Siam et dici deux ou trois ans, quatre jours environ suffiront au lieu de douze, pour venir de Keng Tung à la capitale du Siam.

    Signalons larrivée au Siam du R. P. Antoine (Moun), de la Mission du Laos. Très fatigué, il vient se reposer durant quelque temps et visiter quelques districts, où il retrouve plusieurs de ses anciens condisciples de Séminaire.

    Messieurs Alexandre Terpin, de Trieste, et Paul Stacul, de Goritz, Salésiens, ont été ordonnés prêtres, le 1er Juin, par Monseigneur Perros. Nous leur souhaitons un long et fructueux apostolat au Siam.


    Malacca

    Le, 12 mai dernier, nous avons eu la joie de recevoir un nouveau confrère, le P. Michel Bonamy, un Breton du pays de Nantes. Il a été mis de suite à létude de langlais et donné comme vicaire au curé de la Cathédrale. Quand il sera devenu maître en anglais, ses études ne seront pas terminées. Comme tous les missionnaires de Malacca, il aura à apprendre 4 ou 5 dialectes chinois ou bien le tamoul.

    Larrivée du P. Bonamy a rendu libre le P. Arcand. Après un ministère très fécond comme vicaire à la Cathédrale, il a été confié au P. Dérédec, qui linitie aux beautés de la langue tamoule. Il est probablement le premier Canadien à apprendre cette belle langue.

    Le P. Becmeur, de la Mission de Swatow, est arrivé à Singapore le 31 mai. Il a trouvé ici un certain nombre des pauvres réfugiés de Péné. Il est parti pour Malacca, où il y en a encore bien plus. Le total de ces pauvres réfugiés dans la Mission de Malacca dépasse certainement un millier.

    Le 5 juin.

    Birmanie Méridionale

    Le mois de mai, à partir du 20, est lépoque de la réouverture de nos écoles catholiques. Le petit Séminaire a reçu 11 élèves. Cest bien peu pour répondre au besoin que notre Mission a de prêtres. Mitte, Domine, operarios !

    Le Père Dessalle a été plusieurs fois malade ; tantôt cest son asthme, tantôt ce sont des calculs, qui lont fait beaucoup souffrir. Il va mieux, mais ce nest pas encore létat normal.

    Le Père Meyrieux est encore affligé de furoncles, sur, tout le corps. En ce moment, il est de nouveau à lhôpital, ne sachant sur quel côté se reposer. Ce confrère sest épuisé dans sa Mission tamoule, mangeant comme il pouvait et ce quil pouvait, toujours sur les chemins pour visiter ses chrétiens cultivateurs. Il paie maintenant tout cela ; le sang appauvri doit être refait et fortifié, et alors la floraison cessera comme par enchantement.

    Le Père Fargeton, lui aussi, sest épuisé dans ses deux hôpitaux, dans lAsile des lépreux quil a commencé de doter de pavillons nouveaux en briques et quil espère reconstruire en entier dans 2 à 3 ans ; puis dans le Bishop Bigandet Home pour Incurables, quil a ouvert et maintenant organise. Le cur lui cause des ennuis, les jambes enflent, la respiration est difficile. Il est allé demander un peu de repos et dallègement à St Théodore. Cest juste à ce moment que le Gouvernement Anglais, reconnaissant ses services et son dévouement, lui décerne la médaille dor du K.I.H. Cest la première fois quun missionnaire obtient cette distinction en Birmanie. Ordinairement on donne la médaille dargent. Notre confrère a bien mérité cette belle distinction par son dévouement dans les deux institutions de charité quil dirige avec tant de zèle. Dès la première nouvelle, Son Excellence le Gouverneur a télégraphié ses félicitations au récipiendaire, témoignant ainsi la haute estime quil a pour lui. Daigne le Bon Maître lui accorder aussi une santé dor ! Il en a bien besoin pour continuer ce quil a si bien commencé.

    Le 31 mai, Monseigneur a célébré sa fête dans lintimité, dans son vieux poste de Thonze. Tous se sont unis (par la prière), aux quelques privilégiés qui avaient le bonheur de se trouver près de Sa Grandeur. Mgr se ressent toujours (par la faiblesse du cur) des suites de sa double pneumonie. A notre Evêque vénéré, que le Bon Dieu daigne aussi accorder une santé florissante et de longues années au milieu de nous !

    Le 6 juin.

    Laos

    Continuons la relation de la visite de S. E. Mgr Aiuti. Nous étions arrivés à Vientiane. S. E. y passa deux jours seulement, en compagnie de Mgr Gouin et des PP. Delalex et Thibaud. Puis, par un temps idéal, S. E. prit le chemin du retour. Lauto sarrêta à Xang-Ming ; S. E. y fut reçue par le P. Lacombe, entouré de sa nombreuse chrétienté. Le temps pressait ; on ny passa quune nuit. Ce fut assez pour permettre à Mgr Aiuti de conserver un bon souvenir de ce beau district.

    Le lendemain, NN. SS. arrivaient à Tharë et y passaient la nuit. S. E. a pu admirer à son aise ce beau poste, la perle du Laos, où le Père Provicaire exerce son zèle depuis 43 ans sans interruption. Elle a pu voir, pendant la messe, cette belle assemblée de fidèles qui remplissaient léglise.

    De Tharë S. E. se rendit à Thung-Mon, où le P. Marchi lui présenta ce beau district de 500 chrétiens. Puis Mgr Aiuti rentra à Nongseng, où lattendait un télégramme de Mgr Bouchut, invitant S. E. au sacre de Mgr Herrgott comme prélat consécrateur, et Mgr Gouin comme représentant du Laos.

    Ce télégramme, non prévu, a dérangé un peu les plans déjà arrêtés. Mgr Aiuti sétait proposé de passer encore une semaine au Laos pour visiter les postes autour de Nongseng, mais ce nétait plus possible dy songer. Cependant S. E. ne voulut pas partir sans tenir sa promesse daller visiter le poste de Sien-Vang, où le P. Excoffon lattendait avec toute sa chrétienté Laotienne et Annamite. Le P. Jouve se trouvait là aussi, ayant fait 25 kilom. à pied pour venir offrir ses respectueux hommages au Délégué du St-Siège. S. E. arriva à Sien-Vang à 10 h. 1/2, au son des cloches, des tambours et des pétards. Conduit directement à léglise, Mgr accorda 200 jours dindulgences aux chrétiens, puis alla à la Mission, où il reçut les hommages des chrétiens, des Religieuses Laotiennes et des payens. Après une modeste collation, S. E. visita le Couvent, la sacristie, où elle admira un beau nid dabeilles dans le meuble des cierges, A 4 h. Mgr Aiuti descendait en canot et arrivait à Nongseng à 8 h.

    Le lendemain, mardi 18 avril, Mgr le Délégué faisait ses adieux à la chrétienté de Nongseng et reprenait le chemin de lAnnam, accompagné par Mgr Gouin et le P. Jouve. Chemin faisant, il sarrêta à Dongettakba, un des rares postes du Laos situés sur une grande route. Là, le P. Jouve lui présenta sa belle colonie de Sồ. Enfin, en route pour Savannakhet, le premier poste chrétien que S. E. rencontra en entrant au Laos. Le lendemain Mgr le Délégué prenait la route de Hué.

    Le 11 mai.

    Pondichéry

    La grande nouvelle du jour, officielle aujourdhui, cest la cession dune partie de la Mission, le district civil du North-Arcot, aux Pères Salésiens de Dom Bosco, soit 12 districts ecclésiastiques avec un total de 35.372 chrétiens. Trois Pères, déjà dans lInde et connaissant la langue du pays, vont incessamment sinstaller à Vellore, grande ville de plus de 50.000 habitants en grande partie musulmans. Le Père Trideau, curé de lendroit, fait ses préparatifs de départ. En octobre, les Pères Salésiens recevront de nouvelles recrues dEurope, et prendront petit à petit, à mesure de leur formation, la place de nos missionnaires. Le district de North-Arcot est peuplé presque exclusivement de nouveaux chrétiens. Ce sont nos missionnaires qui, il y a 50 ans, ont ouvert cette contrée à lévangélisation, missionnaires dune belle envergure apostolique, tels les Darras, les Millard, les Verchery, pour ne parler que des morts et ne pas blesser la modestie des vivants.

    Le vendredi 18 mai, mourait, à lhôpital de Pondichéry le cher Frère Claudien, supérieur des Frères de St Gabriel dans lInde. Il était en résidence à Tindivanam, où aux nombreuses préoccupations dun supériorat il joignait la charge de directeur et de professeur à lEcole Normale des instituteurs chrétiens. Un simple petit furoncle au-dessus de larcade sourcilière droite occasionna une forte fièvre. Transporté en automobile à Pondichéry la veille de lAscension mercredi 15 mai, malgré les soins les plus dévoués du Docteur, il expirait vendredi 18 à 8 h. 50 du soir. Le lendemain, à 5 h. du soir, les obsèques eurent lieu à la Cathédrale. Sa mort si inopinée et dans la force de lâge, 44 ans, est une grande perte pour les Frères de St Gabriel, qui perdent en lui un supérieur vigilant et pratique, et aussi pour la Mission, qui perd en lui la cheville ouvrière de lEcole Normale. R. I. P.

    A linstar des hirondelles, nos chers confrères, supérieurs et professeurs de nos établissements, ont fui les chaleurs de la plaine et sont allés jouir des frais sommets des montagnes bleues. Le grand Séminaire a fermé ses portes le 18 mai, le petit Séminaire le 21 mai. Jusquà la mi-juillet nos braves professeurs vont jouir dun repos bien mérité.

    Le 29 mai.

    Séminaire de Paris

    Le Jeudi-Saint, la messe solennelle fut chantée par Mgr le Supérieur ; au reposoir, une foule pieuse ne cessa de défiler pour adorer le St Sacrement. Le dernier adorateur, qui quitta la crypte le jeudi soir, fut le général Gouraud, gouverneur militaire de Paris.

    Le Jeudi-Saint au matin, est arrivé, assez tôt pour célébrer la messe au Séminaire, Mgr Gaspais, Vie. Apost. de Ghirin, venant de Mandchourie en moins de dix jours. Il na eu quà se louer des procédés des Soviets. Sa Grandeur a officié pontificalement le jour de Pâques aux différents offices de la journée. Son frère, M. le chanoine Gaspais, Directeur au Gd Sém, de Vannes, la rejoint à Paris le lundi de Pâques et la emmené, deux jours après, pour une courte visite en Bretagne.

    Lundi de Pâques, sortie traditionnelle des aspirants laprès-midi. Le mardi, ils partaient joyeusement pour Meudon, pour jouir du congé que leur avait accordé S. Exc. le Nonce Apostolique, lors de sa visite à lEpiphanie.

    Le 10 avril, selon lusage établi, Mgr le Supérieur a présenté nos quatre Partants de Pâques aux Dames de luvre des Partants, réunies à lOuvroir rue de Babylone. Le salut du St Sacrement, donné par le chef de départ, clôtura cette réunion.

    M. labbé Trochu, de Nantes, auteur de la vie si appréciée du St Curé dArs, a entrepris une nouvelle vie du Bx Th. Vénard. Il est en ce moment lhôte du Séminaire de Paris, trop intéressé à lexécution de son projet, pour ne pas lui ouvrir toutes grandes ses portes et ses archives.

    Les vacances de Pâques nous ont valu le plaisir de recevoir au Séminaire M. le Chanoine Lutz, supérieur des Religieuses de la Charité de Strasbourg, venu pour visiter ses Religieuses attachées au Séminaire ; M. Chanvilard, de la Propagation de la Foi, et M. le Chanoine Michelet, supérieur du Petit Séminaire de Toulouse.

    Le lundi 16 avril, nos quatre jeunes missionnaires, M. M. Boyer Germain, Bonamy Michel, Colin Jean et Laubie Yves, sont partis pour Marseille après les cérémonies dusage, légèrement contrariées par le mauvais temps. A cause des vacances de Pâques, laffluence était considérable ; beaucoup de billets dentrée ont dû être refusés. M. Montagu a prononcé lallocution. Cest le vendredi 19 que le Général Metzinger les emportait vers lExtrême-Orient.

    Monsieur le professeur Balthazar, de Louvain, retour de vacances passées dans le midi, a tenu à aller à Bièvres pour faire une conférence à nos jeunes philosophes et encourager leurs maîtres, dont il apprécie la compétence.

    Aux élections des dimanches 22 et 29, personne aux M.-E. na manqué à ses devoirs de citoyen tant à Paris quà Bièvres, heureux davoir contribué au succès des candidats du parti de lordre.

    Le 22, la fête lazariste de la translation des reliques de St Vincent-de-Paul, que présidait S. E. le Cardinal Dubois, réunit à la table de ces Messieurs de la Mission un nombreux clergé. Mgr le Supérieur et le P. Gérard représentaient les M.-E..

    Le 23, Mgr le Supérieur a passé presque toute la journée à labbaye de Jouarre. On lavait invité à donner la vêture à une jeune novice polonaise. Touchante cérémonie rehaussée par le cadre majestueux de la vieille abbaye et par la splendeur des cérémonies bénédictines.

    Le 24, la table du Séminaire avait pour hôtes le Père Pintai, provincial des Rédemptoristes du Canada, et son compagnon, de voyage, le P. Lévêque, recteur de Ste Anne de Beaupré près Québec. Cest cette province qui a fourni à la Cochinchine sa petite colonie rédemptoriste, et le P. Pintal est allé lui-même linstaller. Leffectif actuel de ses membres est de 7 prêtres et deux frères. Chacun sait les précieux services que ces bons Religieux ont déjà rendus dans nos Missions dIndo-Chine.

    Le samedi 28, Mgr Gaspais a bien voulu faire la lecture spirituelle à nos aspirants. Le vendredi de la semaine précédente M. Ferrières les avait entretenus de ses Missions de Cochinchine ; ces deux conférences les ont vivement intéressés.

    Le 29 avril, à St Jean-Baptiste de Grenelle, paroisse des Surs de St Paul de Chartres de la rue Violet, Mgr le Supérieur officiait pontificalement à la messe. On fêtait le deuxième centenaire de lenvoi des Religieuses de St Paul dans les pays de Mission. Mgr lévêque de Chartres et son Vicaire général, retenus à Chartres par le ballotage, sont arrivés pour le dîner et ont présidé la table.

    Après une fatigante et fructueuse tournée en Belgique, le Père Depierre, à peine reposé par quelques journées à Paris, recommence un voyage dans les diocèses de Nevers, Autun, etc.. Le résultat se fait déjà sentir. Cest à lactivité de ce bon recruteur que la Société doit actuellement au moins la moitié des vocations qui sorientent vers notre Séminaire. Puisse-t-il avoir des imitateurs !

    Mgr Gaspais, après un court séjour en Bretagne, a repassé par Paris et sest mis en route pour Rome où il doit arriver ce matin, premier mai.

    Monseigneur le Supérieur a appelé aux ordres pour lordination du 29 juin prochain 19 prêtres, quatre diacres, 17 sous-diacres, 12 minorés, 4 tonsurés. Leffectif des partants à lautomne prochain sera donc de 22 nouveaux missionnaires.

    Douze aspirants de Bièvres prendront également part à lordination, 7 minorés et 6 tonsurés. Le départ pour la caserne de 15 aspirants a enlevé à la communauté de Bièvres le quart de son effectif.

    Le P. Robert a fait savoir aux Indes quil débarquerait à Colombo le 15 octobre, à son retour dAustralie. Il prendra part au Congrès Eucharistique de Sydney. Le P. Ouillon a promis de laccompagner ; ils y représenteront les Missions-Etrangères.

    Mgr Gaspais est encore à Rome ; il a pu y régler, selon ses désirs, les questions qui avaient motivé son voyage. Après laudience de congé du St-Père, il ira passer deux jours à la Chartreuse de Lucques et de là rentrera en France via Marseille et Lourdes. Il compte être à Paris le 1er juin.

    Accompagné du P. Montagu, Mgr le Supérieur sest rendu le 2 mai à Louvain. Reçu dabord par les jeunes gens de lassociation chinoise, Monseigeur sest rendu au Séminaire Léon XIII et a donné une conférence à la communauté. Le lendemain, Sa Grandeur est revenue à Bruxelles et a passé la journée au couvent des Dames du Sacré-Cur de Jette. Sympathique réception des Religieuses et des élèves et conférence très applaudie sur les Missions. Entre temps, le P. Charles, S. J., et le P. Rutten, supérieur de Scheutt, sont venus sentretenir avec Monseigneur.

    Le 4, après avoir dit la messe sur lautel où repose le corps de Ste Madeleine Sophie Barat, Sa Grandeur rentrait à Paris et dès le 5 se rendait à St-Brieuc au rendez-vous de Mgr Serrand. Il sagissait de présider, pendant la journée du 6 mai, la fête patronale de St-Brieuc.

    La saison des confirmations est ouverte dans tous les diocèses de France. A Paris, Mgr le Supérieur a confirmé, le 10 mai, les enfants de la paroisse Ste Elisabeth, et, le 13 mai, il confirmait privation un étudiant chinois converti, à la veille de se rembarquer pour le Foukien, son pays dorigine.

    DIndo-Chine nous arrive lheureuse nouvelle que les chanoines suisses de St Augustin, après avoir parcouru plusieurs de nos Missions, ont fixé leur choix sur Hué, pour y fonder une uvre importante déducation.

    Après quelques jours passés à Paris, le P. Depierre a entrepris une nouvelle tournée dans le midi, Aix, Beaucaire et Tarascon.

    Ont été admis comme aspirants : nº 4, M. Mary Cressonnier (Beauvais) ; nº 5, M. Pierre Carré (Sens) ; nº 6, M. Massot (Lyon) ; nº 7, M. Baleton (Soissons) ; nº 8, M. Richard (Paris), et nº 9, M. Cossard (Evreux).

    1928/426-448
    426-448
    Anonyme
    France et Asie
    1928
    Aucune image