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Chronique des Missions et des Etablissements communs 1

Chronique des Missions et des Etablissements communs. Tôkyô Le dimanche 7 novembre, le poste dAsakusa à Tôkyô célébrait le 50e anniversaire de sa fondation en même temps que les noces dargent du titulaire, le Père Lissarrague, qui détient le rare privilège davoir été attaché vingt-cinq ans à ce même poste, dabord comme vicaire du regretté P. Brotelande, puis comme son successeur en 1908. Ainsi donc quon le chanta : Aux cinquante ans dAsakusa, Pour moitié sa vie se mêla ; Il convient, dans un même honneur,
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    Chronique des Missions et des Etablissements communs.

    Tôkyô

    Le dimanche 7 novembre, le poste dAsakusa à Tôkyô célébrait le 50e anniversaire de sa fondation en même temps que les noces dargent du titulaire, le Père Lissarrague, qui détient le rare privilège davoir été attaché vingt-cinq ans à ce même poste, dabord comme vicaire du regretté P. Brotelande, puis comme son successeur en 1908. Ainsi donc quon le chanta :

    Aux cinquante ans dAsakusa,
    Pour moitié sa vie se mêla ;
    Il convient, dans un même honneur,
    Dunir le poste et le pasteur...

    De fait, la florissante chrétienté dAsakusa sut, en cette circonstance doublement solennelle, organiser une fête digne du poste et du pasteur. Arc-de-triomphe, guirlandes, oriflammes ornaient la cour et la nouvelle église. A la messe, le P. Lissarrague était assisté par le P. Dossier, son confrère au séminaire de Paris, qui avait, lui aussi, récemment fêté à Morioka ses vingt-cinq ans dordination et représentait à Asakusa son évêque, Mgr Berlioz, lun des fondateurs du poste. Le P. Tulpin représentant en personne lun des pionniers de la première heure, assistait Mgr Rey au trône pontifical. Du haut du ciel prenaient certes aussi part à la fête et le P. Langlais, qui usa ses forces au défrichement des débuts, et le P. Brotelande, qui consuma une grande partie de sa carrière à former les néophytes de cette chrétienté et à lui inculquer lesprit et les traditions, dont son ex-vicaire le P. Lissarrague fut le continuateur fidèle. Le pays basque, patrie du P. Lissarrague, comme de S. François Xavier et dune lignée nombreuse de missionnaires, se trouva aussi représenté à la fête, grâce au P. Candau, qui donna un éloquent sermon, et au chur quil avait formé, par de superbes cantiques en cette langue harmonieuse et sonore descualduna, qui ravirent lassistance. Après la messe, les chrétiens adressèrent à leur pasteur leurs remerciements et leurs compliments pour la double fête.

    Laprès-midi fut agrémentée par une série de jeux et dexercices, gracieusement exécutés par les enfants de lécole maternelle du poste, et par des séances très réussies, fournies par des jongleurs, prestidigitateurs et des comédiens. Le salut fut donné par Mgr Rey et la journée se clôtura par un souper où les confrères mirent en commun leur joyeux entrain et leur bon esprit de famille.

    Et maintenant, en route pour les noces de diamant du poste et les noces dor du pasteur !

    Le 8 novembre, le Chambord amenait à Yokohama le P. Roland, destiné à la mission de Hakodate, qui nous apporta, avec sa jeunesse et sa chanson de la tour Eiffel créée par lui limpression dune jeune génération pleine de vigueur et de promesses.

    Le 11, avait lieu à léglise du Sacré-Cur de Yokohama le service que fait célébrer chaque année S. E. lAmbassadeur de France, M. Paul Claudel, pour les soldats et marins morts pendant la guerre. Le P. Caloin célébra la messe et Mgr Rey donna labsoute ; les frères Marianistes formaient la maîtrise.

    Le 14, le Dr Krebs, professeur de lUniversité de Fribourg, donnait chez les RR. PP. Jésuites de Tôkyô une conférence sur le regain des idées spiritualistes et catholiques dans les milieux intellectuels dEurope, spécialement en Allemagne et en France.

    Le 20, débarquaient du Paul Lecat quatre nouvelles Surs de lInstitut des Dames de St-Maur, parmi lesquelles la R. M. Supérieure de la nouvelle fondation qui doit se faire à Kameda (Hakodate).

    A la fin du mois de novembre, S. E. Mgr Giardini a pris possession de la nouvelle résidence récemment acquise par la Délégation Apostolique du Japon, et qui est située à Tôkyô, quartier dAzabu, 12, Shinryudô-chô.

    Le P. Breton, dOmori, a installé, à laide de ses Surs indigènes, un sanatorium pour poitrinaires à Kamakura.

    A Kamakura également, le P. Houtin vient dachever une gentille petite église, dont la façade est flanquée de deux clochers et attend une horloge de Besançon, qui doit être offerte par le P. Demangelle, ancien titulaire du poste. Linauguration aura lieu prochainement.

    Nagasaki

    Bénédiction de léglise du Sacré-Cur à Kurume. Je sens que mon voyage ici-bas, déjà bien long, approche de son terme. Je voudrais donc élever une modeste chapelle pour mes chrétiens de Kurume, ou à tout le moins en réunir les matériaux, avant dentonner mon Nunc dimittis. Cest en ces termes que sexprimait dès 1912 le P. Sauret, qui devait mourir à la tâche en 1917 sans avoir pu réaliser son pieux désir. Récoltant ce que le zélé missionnaire avait semé, son successeur le P. Raoult a pu enfin dédier au Sacré-Cur non pas une simple chapelle, mais une véritable église, de dimensions modestes, mais pouvant aisément contenir 300 personnes. En forme de croix, à une seule nef, elle est construite en briques avec des colonnes en ciment armé pour le clocher. Lautel, bien en évidence, est entouré dune belle balustrade en bois de keyaki sculpté.

    Le 8 décembre dernier avait lieu linauguration du nouveau sanctuaire. A 9 h. du matin, malgré la neige, 500 personnes stationnaient autour de léglise. Le P. Lemarié, entouré de dix missionnaires ou prêtres japonais, accomplit solennellement les rites de la bénédiction. Pendant la messe, les chants furent merveilleusement exécutés ; le P. Bertrand donna un beau sermon, à la fois intéressant et instructif, dont le journal de la localité fit grand éloge le lendemain.

    Le repas qui suivit la cérémonie réunit nos dix confrères, quelques chrétiens, et aussi les autorités locales et les directeurs de lenseignement. Cest le P. Joly, de Fukuoka, qui fut chargé de la réception des invités et il sacquitta de cette fonction avec lhabileté et le tact dun directeur du protocole.

    Puisse la cloche de la nouvelle église appeler aux pieds de Notre-Seigneur non seulement nos chrétiens, mais aussi beaucoup de païens !

    Hakodate

    La Mission de Hakodate goûtait ces temps derniers la joie, dautant plus appréciée quelle est plus rare, de recevoir un nouveau confrère débordant de vie et de santé. Arrivé depuis quelques semaines, le P. Roland se dispose à rejoindre le poste dAomori, où, sous la direction du P. Anchen, il pourra sinitier aux charmes de la langue japonaise.

    La chrétienté de Tôbetsu, privée de titulaire depuis le départ du P. Cesselin, se voit confiée au P. Cornier.

    Un revirement semble se produire dans lopinion publique au sujet de la question religieuse. On commence à discuter dans la presse lintroduction de la religion à lécole, comme moyen dendiguer le flot montant de limmoralité. Le directeur dune école primaire a demandé au P. Anchen dy venir donner des cours réguliers de religion. Dieu veuille que cet exemple se généralise !

    Séoul

    Notre nouveau confrère le P. Lagarde est arrivé à Séoul le 10 novembre, après un excellent voyage, durant lequel il na pas même eu loccasion de faire connaissance avec le mal de mer. 23 ans, le teint un peu pâlot, il a lair tout jeunet. Cela lui passera. Mais ce qui restera, il faut lespérer, cest sa bonne santé, sa belle humeur et son habile doigté sur le clavier des grandes orgues.

    Daprès le dernier recensement, la population totale de la Corée à la fin de lannée 1925 sélevait à 19.015.706 habitants, dont 18.543.326 Coréens, 424.740 Japonais et 47.640 étrangers ; soit une augmentation de 923.786 sur lannée précédente.

    Les ouvriers coréens et japonais commencent à sinquiéter du grand nombre de Chinois qui viennent dans la Péninsule. Peut-être saperçoivent-ils quon préfère dhabitude employer ceux qui donnent le meilleur travail et à meilleur marché.

    Taikou

    Mgr Demange et les écoles de la Mission ayant été invités à participer aux prières faites dans tout lEmpire pour obtenir la guérison de lEmpereur dangereusement malade, un salut du Saint-Sacrement a eu lieu à cette intention le 4 décembre, présidé par Mgr en présence de nombreux chrétiens et de tous les élèves de nos écoles.

    Les réclamations des officiers coréens de lArmée du Salut contre linégalité des salaires nont pas été admises et plusieurs des plaignants ont été révoqués.

    Moukden

    Pour la deuxième fois le Séminaire des Missions Etrangères de Pont-Viau (Montréal) vient denvoyer un groupe de missionnaires en Mandchourie. Le 10 septembre dernier, sept partants faisaient leurs adieux en la basilique de Montréal sous la présidence de Mgr Gauthier, archevêque. Ils sont arrivés à bon port dans leur lointaine mission et se sont mis courageusement à létude de la langue.

    Kirin

    Pendant le mois de décembre, Mgr Gaspais a visité les chrétientés de la région de Tsitsikar, où se trouvent déjà 6 missionnaires du Séminaire suisse de Bethléem. Grâce aux services dautomobiles qui fonctionnent presque partout, S. G. a pu accomplir son long voyage sans trop de difficultés et, grâce à Dieu, sans courir trop de dangers. Dans la région de Tchaotcheou, en effet, les brigands sont généralement très nombreux. Par un heureux hasard, les troupes envoyées contre eux venaient précisément de leur infliger une sérieuse défaite. Mgr a rencontré les vainqueurs, qui revenaient avec 12 brigands capturés vivants, plus trois sacs remplis de têtes coupées.

    Si les soldats voulaient sérieusement combattre les brigands, au lieu de se faire trop souvent leurs complices, le brigandage disparaîtrait promptement.

    En revenant vers le sud, Mgr a donné la confirmation à Choangtcheng, chrétienté du district de Harbin.

    Tchongking

    Mgr Jantzen est parti le 25 novembre pour une tournée pastorale denviron trois semaines.

    Le 13 novembre, quelques dizaines de brigands, armés de mausers, ont pillé le marché de Miaoyutsao et emmené plus de 20 otages. La résidence et les écoles de la mission ne furent pas épargnées : cinq hommes de la résidence furent capturés, entre autres le latiniste André Tchang. Les bandits demanderaient une somme de 5.000 piastres pour relâcher les otages de la mission.

    Des bruits contradictoires circulent sur lattitude de notre fameux général Yang Sen. Les uns disent quil sest rangé du côté des Cantonais et a accepté deux le titre de commandant de la 20e armée ; les autres soutiennent quil demeure fidèle au parti dOu Peifou. Lavenir nous dira ce quil en est.

    Suifu

    Coup de théâtre ! Le général Lieou Ouenhoui, sous-gouverneur de la province, qui sétait rangé, le mois dernier, du côté du généralissime cantonais Tsiang Kiaiche, vient de changer brusquement son fusil dépaule, et le voici lennemi le plus acharné du général rouge et de son parti. Il imprime des livres, écrit dans les journaux, parle et fait parler le tout assaisonné de virulentes invectives, contre celui quil saluait naguère du titre ronflant de sauveur de la grande nation chinoise. Pourquoi cette volte-face inattendue ? Cest quil craint, dit-on, que son ennemi personnel, le général Yang Sen, qui combattait dabord dans le Houpé sous le drapeau dOu Peifou, mais qui semble sêtre rapproché du parti du Sud, ne vienne, aidé de largent et des canons russes, des orateurs et agitateurs rouges, le chasser du magnifique fief quil sest taillé dans la province. Néanmoins, nosant pas se mettre ouvertement avec Tchang Tsolin et Ou Peifou, quil traînait aux gémonies il ny a pas si longtemps et que surtout il ne juge pas en très bonne posture, il sefforce de rallier autour de lui les nombreux généraux setchoanais se jalousent les uns les autres, en se faisant le promoteur de lautonomie du Setchoan.

    Bref, tous ces sournois agissements des autorités provinciales ont eu pour effet de troubler, voire dindigner le Dragon du Setchoan, qui se reposait paisiblement dans je ne sais quel antre. Il sensuivit un tremblement de terre qui a réveillé en sursaut les citadins de Suifu, le 23 novembre vers deux heures ½ du matin. Et les pronostics daller bon train ; mais tous saccordent à nous annoncer de grands malheurs tout proches.

    Le P. Pierrel, Provicaire et curé de Kiating, a reçu la lettre suivante.

    Le Commandant du Doudart de Lagrée ma rendu compte du chaleureux accueil que la Mission de Kiating et vous-même avez réservé à ses marins. Grâce à vous, des distractions ont été données à nos hommes et en particulier la libéralité avec laquelle vous leur avez ouvert la bibliothèque de la Mission leur a été très sensible. Je suis heureux de vous en remercier au nom de tous. Je sais quil est de tradition dans votre Mission de recevoir les marins français avec une cordialité affectueuse qui leur est sensible. Je suis heureux davoir pu reprendre, cette année, les visites de nos canonnières à Kiating et jespère pouvoir les renouveler à lavenir.

    Veuillez agréer, mon Père, avec mes remerciements, lassurance de ma considération la plus distinguée.

    CONTRE-AMIRAL BASIRE,
    Commandant les Forces navales en Extrême-Orient.

    Ningyuanfu

    A peu près tous les jours se tiennent de grands conseils de guerre pour discuter la question dune campagne contre les Lolos, mais on narrive pas à sentendre. Les militaires demandent dabord le versement dune somme de 50.000 piastres pour couvrir les frais de lexpédition. Les élèves des différentes écoles avec lautorité que leur donnent lâge et lexpérience ! envoient des délégués à ces conseils et demandent que, avant de verser la somme demandée, on leur rende compte du montant et de lemploi des fonds perçus sur les impôts, lopium, etc. Or les explications fournies sont loin de donner satisfaction à MM. les étudiants et au peuple.

    En attendant la conclusion des pourparlers, les Lolos, près du lac de Tachepan, ont raflé 20 fusils, tué 5 soldats et blessé grièvement 5 autres, qui ont été transportés à notre hôpital catholique. A Tsinchantsoui, près de Houanglienpo, ils ont également pris 10 fusils et capturé 10 militaires. Situation inchangée....

    Yunnanfu

    Les brigands sont toujours les maîtres de la région au nord et à louest de Taly. Le P. Salvat vit au milieu deux ; il ne dort que dun il, dit-il, et demeure sans cesse sur le qui-vive. Il a réussi jusquà présent à préserver ses oratoires et ses chrétiens : il est le paratonnerre de toute la région.

    A Peyentsin, le P. Ten, dans son zèle à préserver la ville des injustices et des atrocités des pirates qui loccupèrent du 24 septembre au 18 octobre, a joué, à la demande des notables, le rôle de conciliateur. En récompense de ce service, il sest vu lobjet de graves calomnies de la part du mandarin Ly et de quelques autres. Une accusation ayant été portée, le 31 octobre, devant le Maréchal Tang, le fait fut signalé à Mgr le Vicaire apostolique, qui protesta énergiquement de lhonorabilité du P. Ten et demanda quaucune mesure ne fût prise à son sujet avant quune sérieuse enquête nait eu lieu. Cependant le sous-préfet Kao, nouvellement en charge, a cité le P. Ten et reconnu le peu de fondement de laccusation ; toutefois, par crainte du commandant de place, le colonel Ngeou Yang, qui soutient les accusateurs, il a retenu le Père en prison. Dès le début, Mgr a délégué le P. Salvat pour procéder à une enquête. Le P. Ten, fort de son innocence, a confiance dans lissue de laffaire et supporte cette pénible épreuve avec un esprit de foi et un courage tout apostoliques.

    Kouiyang

    Mgr Seguin continue sa tournée pastorale, non parfois sans quelques incommodités. A Touyun, les porteurs faisant défaut, il dut abandonner sa chaise et faire le reste du trajet à mule sous une pluie battante. A Touchan, le 31 octobre, une centaine de chrétiens recevaient la confirmation. Le dimanche suivant avait lieu la bénédiction de la nouvelle cloche, don des chrétiens de la station. De là Mgr sest rendu à Pinfa.

    Notre gouverneur soccupe sérieusement de la construction des routes. Outre les ouvriers employés par le Comité de la Famine, plus dun millier de soldats y travaillent actuellement. Un ingénieur a été envoyé de Pékin pour inspecter les travaux.

    Canton

    Mgr Fourquet a obtenu du gouvernement de Canton quil accorderait aux prêtres indigènes qui en feraient la demande un passeport analogue à celui qui quil octroie aux missionnaires européens.

    Des Surs Canossiennes de la Mission de Hongkong se sont rendues à Waichow pour y préparer linstallation dun dispensaire, puis dun hôpital.

    Un groupe de Surs de Maryknoll, sous la conduite du P. Fletcher, se rendait, vers le 20 novembre, de Kongmoon à Yeungkong ; le bateau qui les portait tomba entre les mains des pirates et ce nest quaprès 60 heures de souffrances physiques et morales que les voyageuses, dépouillées de tout, purent prendre la route de Hongkong.

    Swatow

    Depuis les victoires remportées par les armées nationalistes dans leur expédition contre le Nord, les partis extrémistes deviennent de plus en plus provocants. Ce sont surtout les Unions de Lysans qui se signalent par leurs violences contre les riches et contre ceux qui refusent de se joindre à eux.

    Au mois de novembre dernier, à loccasion de lanniversaire de la révolution russe, puis du jour de naissance de Sun Yatsen, leur comité de Tonghang, résidence principale du P. Constancis, qui sen trouvait absent depuis deux mois pour raison de santé, avait demandé à lécole de la Mission de contribuer aux frais de la fête et de prendre part au défilé. Ces manifestations ne servant que de prétexte à lagitation contre les étrangers, la propriété et la religion, et étant du reste très mal vues de la population paisible de la campagne, nos écoles nont pas lhabitude dy prendre part. Le 12 novembre donc, au moment du défilé, les manifestants, pour la plupart des Paysans, entrèrent dans la cour de lécole, vociférant et insultant les quelques chrétiens qui se trouvaient là, puis cherchèrent à pénétrer dans lécole ; les portes ayant été fermées, ils se mirent à lancer des pierres et des briques sur la maison et à tirer des coups de fusil sur les portes et les fenêtres. Nayant pu forcer lentrée, ils se rendirent à la nouvelle église, située en face et pas encore complètement terminée, saccagèrent lautel et les sacristies, brisèrent les statues, portes et fenêtres, et pillèrent tout ce qui put être emporté.

    Non contents de ces hauts faits, les meneurs profitèrent de cette occasion pour rallumer la campagne antichrétienne. Ils commencèrent par accuser les chrétiens davoir tiré des coups de fusil sur le défilé, blessant des manifestants qui passaient paisiblement, les mains vides et les poings fermés. En même temps, ils lancèrent des appels de secours à toutes les Unions révolutionnaires de la région de Swatow ; de tous côtés des meetings furent tenus, des pamphlets distribués, dans le but dameuter la population contre les chrétiens. Le gouvernement, intimidé par ces énergumènes ou de connivence avec eux, emboîte le pas. Le Délégué des Affaires Etrangères sest lui-même rendu sur les lieux et a fait une perquisition minutieuse dans les immeubles de la Mission. Il a trouvé une cartouche de fusil de chasse vide et quelques balles de plomb fondues par le Père ; cela lui a suffi pour conclure, dans son rapport adressé au Consul de France, quen temps ordinaire la Mission sert de dépôt darmes.

    Si les autorités provinciales ne mettent pas une sourdine aux clameurs des agitateurs, on peut sattendre à des incidents sérieux à la fête de Noël, jour fixé pour la revanche contre les chrétiens, chiens courants de limpérialisme étranger.

    En attendant le P. Constancis est rentré précipitamment pour tâcher de calmer un peu les esprits. Les médecins de Hongkong et de Shanghai lui avaient ordonné du repos physique et moral ; pour le moment il na que fatigues et tracas. A la grâce de Dieu !

    Pakhoi

    Le 11 novembre, anniversaire de larmistice, Mgr Gauthier a célébré un service solennel pour les morts de la grande guerre. Ce fut la partie religieuse de ce jour commémoratif, dont la partie civile eut lieu au Consulat de France, où M. le Dr Gouillon avait voulu recevoir à sa table le chef et les membres de la Mission.

    Quelques jours plus tard, le P. Grégoire, surmené par un labeur intensif au séminaire et très éprouvé par le climat, dut se rendre aux conseils de Monseigneur et prendre le chemin de la patrie. Après un court séjour à Béthanie, il sembarquait pour France le 7 décembre. Tous nos vux accompagnent le cher confrère et nos prières demandent à Dieu sa guérison prompte et complète.

    Ce départ oblige notre Evêque, malgré ses autres devoirs, à soccuper personnellement des séminaristes : il leur consacre chaque jour trois heures de classe effective et plusieurs autres pour la préparation des cours. Cette situation anormale fait vivement sentir à Sa Grandeur et à nous les inconvénients de notre petit nombre. Forcément le P. Ferrand a dû être lancé dans la mêlée un peu plus tôt quon ne leût souhaité pour lui. Tout en étudiant la langue, il a été chargé de la surveillance des enfants, de lenseignement du chant et de la direction des cérémonies.

    Par ailleurs, aucun événement saillant nest à signaler. A Pakhoi, à Shekshing, à Louitcheou, continuent comme par le passé les meetings, cortèges, menaces et appels au peuple contre les étrangers et les missionnaires. La populace y prend tellement goût quelle en vient à gêner les rares efforts de lautorité pour rétablir un fantôme dordre. Cest ainsi quà Pakhoi étudiants et ouvriers se sont permis une petite émeute dirigée contre le directeur de la police, qui sest vu contraint de faire usage de la force armée pour les disperser. Chose trop naturelle en ces temps où toutes les cervelles sont désaxées, cest aux perturbateurs que Canton donna raison et le représentant de lautorité, désavoué par ses supérieurs, a dû donner sa démission. Et nunc.... erudimini !

    Nanning

    Le 28 novembre, 4 Surs Canadiennes de la Congrégation de Sherbrooke sont arrivées à Nanning après un heureux voyage. Leur installation terminée, elles se sont mises à létude de la langue, tout en sinitiant graduellement aux uvres dont elles auront la charge.

    Dans les environs de Kouyshien, une bande dune centaine de pirates sest établie dans la montagne, doù elle descend de temps en temps pour opérer des razzias. Le mandarin de la ville a tenté, avec laide de la garde nationale, de les chasser ; mais il a été battu et sa troupe a eu 40 tués ou blessés. Depuis lors les pillages ont repris avec plus daudace encore quauparavant.

    A lécole secondaire de Kouyshien, une trentaine délèves, déjà bolchevistes, ont mené une campagne contre le directeur et ont réussi à le faire partir. Depuis deux mois les cours sont suspendus. Des pourparlers ont eu lieu : le mandarin, les lettrée de la mairie ont cherché un terrain dentente, mais en vain : trente jeunes énergumènes tiennent en échec toutes les autorités.

    Hanoi

    On commence à sapercevoir, dans les hautes sphères intellectuelles de lIndochine, que, en matière denseignement, on a fait fausse route et que, eu égard au nombre de professeurs et aux sommes englouties, les résultats sont assez peu satisfaisants. M. le Gouverneur Varenne, dans un discours au Conseil du Gouvernement en a fait laveu.

    A légard dun peuple qui considère le culte du savoir comme un héritage sacré, nous devons distribuer linstruction dans toutes les classes, à tous les degrés, greffant notre culture française sur ses traditions nationales.... Grande est aujourdhui notre déception de constater linsuffisance de nos méthodes et de nos moyens déducation.... A quoi limputer et quels reproches nous faire ? Est-ce de navoir pas su avec assez de force et de clarté tracer les programmes pédagogiques ? Est-ce, au contraire, davoir vu trop grand et visé trop haut ? Interrogeons-nous sur les causes de nos tâtonnements et de nos mécomptes.... A quoi bon nous leurrer ? Le plus grand nombre des enfants sont encore privés dinstruction : toutes les filles dabord, ou presque toutes, que des murs millénaires tiennent éloignées des écoles, et, parmi les garçons, combien peu y puisent les notions rudimentaires ! ... Nous rappelons notre programme : dans chaque village ou groupe de villages une école élémentaire, installée au besoin dans des locaux de fortune, les communes ou groupes de communes prenant à leur charge le traitement de linstituteur indigène et lentretien des locaux....

    Vis-à-vis de lenseignement privé, je veux définir ici mon attitude. Jai ressenti, je lavoue, quelques inquiétudes dans la laïcité de mon cur le jour où jai eu connaissance des arrêtés dapplication du décret de 1924 sur lenseignement libre. Heureusement javais auprès de moi M. le Directeur général Thalamas, à qui je confiai aussitôt les inquiétudes de ma conscience. Je reçus de lui les apaisements. Il me persuada que jétais lobjet de fausses visions. Il massura que lenseignement public avait dans lenseignement privé un utile collaborateur, quil fallait encourager et non pas inquiéter ni suspecter. Dans mon âme rassérénée je nai plus songé dès lors quà me féliciter de lentente cordiale qui rapproche et unit sous ce ciel dOrient, pour une uvre commune dans lintérêt de linfluence française, les éducateurs de toutes origines et de toutes confessions....

    Peu réconfortantes, hélas ! sont les constatations qui nous restent à faire sur les progrès de lenseignement supérieur. En ces matières ce ne sont plus seulement les résultats qui nous déçoivent, cest lorganisation même qui est en cause.... Ce quil importe de mettre en chantier résolument et sans plus de retard, cest la réorganisation complète, dans leurs programmes, dans leurs méthodes, dans la composition de leur personnel enseignant, dune part de lenseignement primaire supérieur, dautre part de lenseignement secondaire local....

    En matière denseignement, nous navons donc aucun résultat intéressant à inscrire à notre actif....

    Voilà bien, semble-t-il, la contrition. Attendons le ferme propos !

    Vinh

    Le 17 novembre, a eu lieu à Cualo une cérémonie fort rare en Indochine, la première peut-être dans nos Missions annamites : la bénédiction dun calvaire, érigé par le P. Victor Barbier à loccasion de lannée jubilaire 1926. La cérémonie commença à lintérieur de léglise de Cualo, où un christ de grandeur naturelle, en belle fonte bronzée, avait été déposé sur un brancard tendu de rouge et couvert de fleurs. De là il fut porté processionnellement jusquau village de Yentrach, à environ 500 mètres sur la route de Vinh. 23 prêtres, tant européens quindigènes, et une foule estimée à 5.000 personnes, escortèrent le crucifix jusquà lemplacement où était dressée une grande croix de 6 m. de hauteur à laquelle il fut attaché. Avant la bénédiction, le P. Barbier, en un émouvant discours, expliqua aux assistants, chrétiens et païens, pourquoi Notre-Seigneur avait été autrefois crucifié au Calvaire et pourquoi cette croix était érigée en ce jour ; il les exhorta à venir tous chercher, à lombre des bras étendus du divin Crucifié, le vrai bonheur qui ne finit pas et que Lui seul peut donner.

    Après la bénédiction, tous les prêtres présents montèrent baiser le pied de la croix, et après eux la foule des fidèles, dont le défilé dura toute laprès-midi. La nuit venue, les chrétiens, agenouillés autour du calvaire, récitaient encore à haute voix les prières du chemin de la Croix, si chères à nos Annamites.

    Situé non loin dune plage très fréquentée en été par les Européens, le calvaire de Cualo domine une plaine immense. Puisse, pour tous ceux qui passeront sur la route près de laquelle il se dresse, se réaliser le vu de la formule de bénédiction : Hoc signum crucis... sit remedium salutare generi humano ; sit soliditas fidei, profectus bonorum operum, redemptio animarum !

    Quinhon

    Le Mémorial indochinois annonce à ses lecteurs quil suspend sa publication, afin de ne pas nuire à une grande revue ecclésiastique qui doit paraître prochainement.

    Quoiquil en soit de la revue annoncée, la disparition du Mémorial sera regrettée par ses nombreux abonnés, à qui il apportait chaque mois dintéressantes nouvelles et dutiles renseignements sur les choses dIndochine.

    Saigon

    Au commencement de novembre nous avons conduit à sa dernière demeure le Très Cher Frère Christophe-Léon, Visiteur pour lIndochine des Frères des Ecoles chrétiennes.

    Arrivé à Saigon à lâge de vingt ans, en 1898, on la vu successivement professeur à lEcole Taberd, puis à lEcole Puginier de Hanoi. A partir de 1909 il prend les fonctions de Directeur : à Battambang dabord, à Phnompenh ensuite, puis à Hué, à Saigon, à Mytho et, en 1925, il est nommé Visiteur.

    Les nombreux confrères qui lont vu à luvre ne tarissent pas déloges sur le cher Frère Christophe-Léon, et sa mort est une perte pour les missions dIndochine.

    Aussi Mgr Dumortier a-t-il voulu donner un témoignage destime particulière, tant à lInstitut des Frères quà la personne du défunt, en célébrant lui-même la messe des funérailles et labsoute. De nombreux missionnaires et prêtres indigènes assistaient à la cérémonie.

    Malgré la pénurie de personnel, Monseigneur songe à porter la bonne nouvelle aux sauvages qui sont disséminés dans les forêts du de la Mission. Le P. Cassaigne, le dernier arrivé, est désigné pour aller sinstaller à Djiring et tenter de pénétrer les tribus moïs. Sa nomination nest pas sans faire des jaloux ; car, parmi les confrères dâge moyen, il en est qui espéraient encore pouvoir réaliser rêves apostoliques et chevaleresques daspirants.

    Le Père Simon a dû entrer à la clinique Angier : cest commencer trop tôt à faire connaissance avec le bistouri. Son cas heureusement nest pas très grave, mais il allait faire son premier sermon annamite ; quelle déception !

    Aux Quatre-Temps de Noël 4 sous-diacres ont été ordonnés diacres.

    Notre confrère le P. Lefebvre est désigné pour aller représenter à Paris le groupe des Missions de Cochinchine et Cambodge. Si ce nétait pour le bien commun de notre petit groupe, et même de toute la Société, de par les fonctions qui lui sont réservées, paraît-il, quels regrets naurions-nous pas de perdre un si bon confrère et un si vaillant missionnaire !

    Hué

    Le P. Lanh, ancien élève du Collège de la Propagande, est rentré à Hué le 7 novembre. Il a été nommé vicaire du P. Stffler à Phucam. Son condisciple le P. Thuc, avec lequel il était allé à Rome il y a sept ans, est resté dans la Ville éternelle pour y poursuivre ses études de droit canonique.

    Le 12 novembre, nos Pères Rédemptoristes recevaient de nouvelles recrues du Canada français : les PP. Dionne et Lavoie et le Fr. Eloi Claveau. Leur Provincial, le R. P. Pintal, les a accompagnés. Pendant son séjour ici il doit régler la question de linstallation de leur premier couvent, probablement dans la banlieue de Hué.

    Phnompenh

    Le P. Poisnel, du diocèse de Coutances, nous est arrivé le 25 octobre. En sa qualité dancien combattant, il fut invité, le 2 novembre, à célébrer la messe pour le repos de lâme des soldats du Cambodge morts pour la France, au nombre desquels nous comptons le regretté P. Lansard. La cérémonie, à laquelle assistaient M. le Résident supérieur, un prince de la famille royale représentant S.M. Sisowath, les ministres et toutes les autorités civiles et militaires, se déploya à la cathédrale avec une ampleur inaccoutumée : toute la population européenne et de nombreux Cambodgiens sy étaient donné rendez-vous. La messe fut suivie de la bénédiction des tombes au cimetière européen.

    Après quelques jours employés à visiter les confrères de Phnompenh et des environs, le P. Poisnel est parti pour Tralong, où, sous la sage direction du P. Quimbrot, il apprendra lannamite et se formera à la pratique du saint ministère.

    Nous étions tout à la joie de la venue du P. Poisnel, quand arriva le télégramme annonçant la mort du P. Constant Duquet, Supérieur du Grand-Séminaire, décédé à Marseille. Ce cher confrère, dont la santé était gravement atteinte, était parti au début de juillet. Obligé de sarrêter plusieurs semaines à Colombo, il avait pu repartir et était arrivé en France bien fatigué, mais avec bon espoir de guérison. Le docteur avait confirmé ces espérances ; mais de nouvelles complications survinrent, qui amenèrent le dénouement fatal. Cette mort est une perte douloureuse pour la Mission : tous regrettent cet aimable confrère, plein de zèle et de dévouement, qui, après avoir fait prospérer pendant 18 ans le beau district de Cantho, était depuis près de 10 ans à la tête du Grand-Séminaire.

    Le P. Bousseau, missionnaire à Sadec, est nommé Supérieur du Grand-Séminaire de Phnompenh, en remplacement du P. Duquet décédé.

    A peine étions-nous remis de lémotion causée par la mort du P. Duquet quune nouvelle épreuve était imposée à notre Mission. La santé du P. Hion, notre doyen, donnait de graves inquiétudes et, le 27 novembre, il séteignait à Culaogien.

    Limpression du Catéchisme en Images de la Bonne Presse, avec texte annamite (quốc ngữ), est terminée. En vente à lImprimerie de Tandinh (Saigon) : broché, $ 1,25 ; cartonné, $1,70 ; relié, $ 1,80. Port en sus.

    Malacca

    Le P. Le Mahec était à peine sorti de lhôpital et rentré dans son poste de Kuala-Lumpur que le P. Cardon prenait sa place sur la liste des malades. Mauvais cur, dit le docteur. Qui leût cru ? En tout cas, le cher curé de Taiping a dû passer quelques à lhôpital de cette ville, suivis dun court séjour à la montagne. Mais il lui faudra prendre un grand congé de six mois pour réparer son moteur : ainsi la décidé la Faculté.

    Notre nouveau confrère, le P. Olçomendy, nous est arrivé plein dardeur. Après quelques jours à Singapore, il a été donné comme vicaire au P. Le Mahec à Kuala-Lumpur, où, tout en bûchant le tamoul, il sera bientôt en état de venir en aide à son brave curé débordé de travail.

    Birmanie Méridionale

    Un nouveau confrère, le P. Casseaux, nous est arrivé. Que nétaient-ils deux ou trois ? ... Reçu à bras ouverts, il est appliqué déjà à létude de langlais, en attendant quil soit lancé dans le birman ou le tamoul.

    Nous avons possédé pendant quelques jours le P. Godec, de Pondichéry, venu se reposer quelque peu en Birmanie, et ce nous a été un grand plaisir de faire la connaissance de ce charmant confrère. Chaque fois, du reste, que nous recevons la visite dun missionnaire de lInde, lenvie nous prend de le retenir parmi nous, car nos confrères en charge des Tamouls, vu le nombre toujours croissant des tiens de cette race, ne peuvent plus suffire à la besogne qui leur incombe.

    Mgr Perroy est revenu de sa visite ad limna le 8 novembre, en excellente santé, nous rapportant les bénédictions et les encouragements du Saint-Père. Au repas qui nous réunit autour de Monseigneur le soir même de son retour, le Père Provicaire nous donna un bon certificat, reconnaissant que, durant labsence de S. G., nous avons tous été de good boys.

    Le ferme espoir que nous avions dêtre tous réunis pour notre retraite ne sest pas réalisé complètement. Dabord, notre vénérable doyen, le P. de Chirac, souffrant, ne put venir que le dernier jour. Puis, au milieu de la retraite, le P. Fargeton dut nous quitter pour entrer à lhôpital et sy débarrasser dune fièvre persistante, dont les docteurs cherchent encore la cause.

    Le P. Riouffreyt, rentré de France il y a quelques mois seulement, nous est arrivé à la retraite ayant perdu déjà un tiers de son poids : ce court stage dans la montagne a suffi pour lui infuser la terrible malaria. Après une forte crise, il est allé chercher la guérison à Moulmein, où les soins dévoués des Surs de Saint-Joseph lont remis sur pied. Mais la bonne mine rapportée du pays natal nexiste plus et ses soutanes font cloche sur son corps amaigri.

    Neuf Surs Franciscaines sont arrivées pour prendre charge du nouvel hospice des incurables qui va être ouvert près de lasile des lépreux.

    Un premier pas a été fait vers la fondation dun couvent chinois. Deux Surs de Saint-Joseph viennent tous les jours à la mission chinoise pour y étudier la langue. Dès quune troisième religieuse pourra leur être adjointe, le couvent sera inauguré.

    Birmanie Septentrionale

    Noces dor du P. Laurent. A lissue de la retraite annuelle, avec un cur débordant de joie et de reconnaissance, tous les missionnaires disponibles leur évêque en tête, se dirigèrent vers Nabet pour célébrer les noces dor de leur cher et vénéré doyen, le P. Laurent. Cinquante ans de prêtrise sans quitter son poste de combat, fait assez rare même dans les autres missions, est pour la Haute-Birmanie un événement sans précédent. En cela, comme en toutes choses, notre vaillant confrère nous donne le bon exemple ; espérons quil sera suivi par beaucoup dautres.

    Un demi-siècle de brousse, comportant la débâcle de 1885 (la conquête du pays par lAngleterre), où le Père, traqué par les brigands, dut, pour sauver sa vie, se réfugier dans la forêt ; deux ans passés chez les sauvages Chins, chassé, cette fois, par la fièvre et la dysenterie ; cinquante ans dapostolat parmi nos vieux chrétiens birmans, méritaient, certes, les honneurs que, le 24 novembre en la fête de nos bienheureux Martyrs, missionnaires et chrétiens vinrent rendre à ce brave des braves.

    Notre jubilaire à lautel, entouré et servi par ses confrères, une belle assistance, de nombreuses communions, des chants bien exécutés, un beau sermon donné par le P. Herr, firent de la cérémonie du matin une fête du ciel. Le soir nous retrouva aux pieds de Jésus pour, en un Te Deum enthousiaste, lui redire nos remerciements et recevoir sa bénédiction.

    Notre bon P. Laurent a gardé sa belle voix dantan. Il est certaine chansonnette, lErmite et le Chevalier, qui, dans nos petites réunions de famille, on ne pleure jamais aux Missions-Étrangères a toujours charmé nos oreilles et égayé nos curs. Il voulut bien, au repas de la fête, nous la chanter encore. Mais, ô surprise ! il y a des artistes partout, nous lui fîmes écho sur le même air par une autre dont le jubilaire était cette fois le héros. Belle et touchante fête de famille, dont longtemps nous garderons le souvenir. Ad multos et felicissimos annos !

    Nous avons été heureux de recevoir la visite du bon P. Godec, de la Mission de Pondichéry, qui a gagné tous nos curs par sa simplicité, sa modestie et sa bonhomie. Le P. Gagnon S. J., a aussi passé par la Birmanie pour se rendre, viâ Bhamo, dans sa lointaine Mission de Taming-fu. Long et périlleux voyage, que seul un missionnaire de sa trempe pouvait entreprendre. Quil puisse arriver à destination sain et sauf est le vif souhait que nous formons pour lui.

    Laos

    Notre retraite a été une bonne retraite. Tous les confrères étaient présents, sauf notre doyen, le P. Dabin, que lâge, la maladie, les difficultés du voyage retiennent à Oubone, et notre Benjamin, le P. Thomine, que le travail et limportance du poste ont empêché de quitter Tharë. La joie a été la note dominante de la retraite ; la tristesse, on la réserve pour le jour de la séparation et du retour dans la brousse.

    A la clôture des pieux exercices, quelques changements ont été annoncés. Le P. Thibaud, vicaire de Tharë, est nommé à Chanphen et Napho : cest plus dun millier de chrétiens qui lui sont confiés, et les deux postes sont à 45 km. lun de lautre.

    Le P. Bayet, récemment arrivé de France, est placé à Khamkom, où il aura toute facilité pour apprendre la belle langue laotienne.

    Après la retraite des missionnaires eut lieu celle des religieuses indigènes, qui fut prêchée par le P. Thibaud.

    Mysore

    Les PP. Feuga et Lobo ont pris possession de leur nouveau champ daction parmi les païens Telegous. Ils ont pris pour résidence un bungalow depuis longtemps abandonné pour avoir été le théâtre dun double assassinat. Cette installation a déjà attiré lattention sur eux ; mais que sera-ce lorsque leur petite Matthis aura exploré tous les recoins de leur vaste district?

    A Bangalore, le Collège Saint-Joseph se réjouit davoir enfin à la chapelle un harmonium perfectionné, un Mustel, pour lequel élèves et anciens avaient depuis longtemps ouvert une souscription et qui est tout récemment arrivé de France.

    Nazareth

    Par décision de Mgr le Supérieur de la Société et du consentement de Mgr Rayssac, le P. Le Corre, Provicaire de la Mission de Swatow est nommé Supérieur de la Maison de Nazareth.

    Rome

    Les lecteurs du Bulletin ont pu lire dans les journaux, particulièrement dans la Croix de Paris, le compte-rendu de la grandiose cérémonie du sacre de six évêques chinois par S. S. Pie XI le 28 octobre dernier.

    Quelques jours après, le 4 novembre, lUniversité grégorienne qui compte plus de 1.400 élèves de diverses nations, recevait solennellement les nouveaux prélats, qui furent salués en 29 langues.

    Cest à Lyon quils ont célébré la fête de lImmaculée Conception : ils ont pu assister à un magnifique office pontifical selon le rite lyonnais et admirer, le soir, les traditionnelles illuminations de la ville de Marie.

    Séminaire de Paris

    Les évêques chinois nouvellement sacrés sont attendus à Paris vers la mi-décembre. Lun deux, Mgr Philippe Tchao, le seul qui nappartienne à aucune congrégation religieuse, a fait savoir quil acceptait volontiers, pour lui et son frère prêtre, lhospitalité du Séminaire pendant son séjour à la capitale. Ce séjour sera coupé par un voyage en Belgique et en Hollande. Dans la 2e quinzaine de janvier, les six évêques iront en pèlerinage à Lourdes, doù ils regagneront Marseille pour se rembarquer avec S. E. Mgr Costantini avant le 1er février.

    LAmicale Missionnaire a repris, le lundi 25 octobre, ses séances mensuelles, et le nouveau curé de S.-Sulpice, M. labbé Constantin continuant la tradition, a mis à la disposition de la réunion le salon de son presbytère. Mgr Le Hunsec, successeur de Mgr Le Roy à la tête de la Congrégation du S.-Esprit, était présent.

    La nuit du 27 au 28 octobre, 263e anniversaire de la prise de possession du Séminaire de la rue du Bac, sest passée, comme les années précédentes, en adoration devant le Saint-Sacrement en union avec Montmartre.

    Le 17 octobre, grande Journée des Missions à Amiens. Le P. Gérard à S.-Jacques et le P. Chambon à S.-Acheul y ont participé.

    5 aspirants de Bièvres sont appelés à participer à la prochaine ordination : un pour les deux premiers ordres mineurs et quatre pour la tonsure.

    9 aspirants ont été libérés du service militaire : 6 dentre eux sont rentrés à Paris et 3 à Bièvres.

    Le 3 novembre, à Dormans, Mgr le Supérieur a admis dans la Société deux nouveaux Frères coadjuteurs : Henri Curty (Besançon) Edouard Hayoz (Lausanne).

    Le dimanche 7 novembre, Journée de Missions à Cognac. Mgr le Supérieur sy rendit, accompagné de son secrétaire. On a gardé à Cognac excellent souvenir danciens vicaires de la paroisse S.-Léger devenus missionnaires des M.-E., tout spécialement du P. Gire, de Suifu, et du P. Bouffanais, ancien vicaire de S.-Jacques. Le soir, Mgr et son secrétaire furent conduits au Petit-Séminaire de Richemont, où est resté vivant le souvenir du Vénérable Aumaître, martyr de Corée, ancien élève de la maison. Le P. Chambon y donna une séance de projections tout à lhonneur du Japon.

    De Rome on annonce officieusement, mais de source sûre, la nomination du P. Valentin comme Coadjuteur de Mgr Giraudeau (Tatsienlou).

    Le P. Bouchet a visité les Annamites catholiques de Compiègne et, avec le P. Mollat, a représenté le Séminaire à la cérémonie du Souvenir Indochinois à Nogent-sur-Marne.

    1927/42-61
    42-61
    anonyme
    France et Asie
    1927
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