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Chronique des Missions et des Etablissements communs 12

Chronique des Missions et des Etablissements communs Tôkyô
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    Chronique des Missions et des Etablissements communs
    Tôkyô
    Deux concerts pour des œuvres catholiques ont été donnés successivement à Tôkyô durant le mois d’octobre. Le premier, organisé par la Société de St-Jean, qui a pour président le Dr. N. Nagai, avait pour but de recueillir des fonds pour venir en aide à l’hôpital Saint-Jean, dont le P. Vincent Totsuka, gradué de l’Université Impériale, est le directeur. Le concert a eu lieu le 10 octobre, avec le concours d’un orchestre dirigé par le Vicomte Konoe, et de plusieurs artistes japonaises. Un bazar de charité, dont les articles avaient été fournis surtout par les Dames de la Société de St-Jean, se tenait le même jour dans les salles de l’Aoyama Kwaikwan. Concert et bazar ont eu, paraît-il, un joli succès.

    Une semaine plus tard, le samedi 17 et le dimanche 18, un concert symphonique était donné, au théâtre Hogakuza, au centre de Tôkyô, en faveur de la Société Ste-Marguerite du S.-Cœur, pour développer l’Œuvre de Vieillards qui est à la charge de cette Société et dont Mme l’Amirale Yamamoto est Présidente. La dite Société vise à recueillir les fonds nécessaires pour faire venir à Tôkyô les Petites-Sœurs des Pauvres. Le concert était annoncé comme le premier des “Concerts de musique sacrée”, par lesquels on se propose de faire mieux connaître dans les milieux japonais les chefs-d’œuvre musicaux d’inspiration catholique. Au témoignage des connaisseurs, le programme, où figuraient des symphonies de Beethoven, de Mendelssohn, de César Frank, la paraphrase du Dies irae de Liszt, etc., a été rendu d’une manière on ne peut plus satisfaisante, témoignant des progrès réalisés dans l’art musical européen par les Japonais en ces dernières années.

    A côté des joies et des espérances que font goûter ces concerts destinés à donner un nouvel essor à des œuvres encore à leurs débuts, nous avons le regret d’avoir à signaler la perte douloureuse éprouvée par les Sœurs de St-Paul de Chartres en la personne de Sœur Amanda, Assistante de la Supérieure. Cette bonne religieuse, dont tout le monde appréciait le savoir-faire et l’aimable vertu, avait supporté vaillamment durant de longs mois les progrès d’un cancer auquel elle a fini par succomber le 14 octobre, à l’âge de 52 ans, dont 30 passés au Japon.

    Le Père Wassereau, qui avait dû se résigner à entrer à l’hôpital Saint-Luc dans le courant d’octobre pour faire soigner une maladie d’estomac assez grave, est heureusement en bonne voie de guérison. Les ulcères dont il souffrait n’ont pas, comme on le craignait tout d’abord, nécessité d’opération.

    Le recensement du 1er octobre dans tout l’Empire japonais marque un accroissement de population de 743.574 habitants sur les chiffres de l’an dernier. Parmi les grandes villes, c’est Osaka qui tient le premier rang avec 2.107.000 habitants ; Tôkyô ne vient qu’en second lieu avec 1.986.000 ; puis se rangent successivement : Kyôto, 675.000 ; Kôbe, 640.100 ; Yokohama, 406.920. En 1920, Tôkyô avait 2.173.000 habitants et Osaka 1.252.972. Il faut dire qu’Osaka a englobé, ces dernières années, plusieurs bourgades et villages de sa banlieue. Quand Tôkyô, qui, éprouvé par le tremblement de terre, regagne peu à peu ses pertes, aura réalisé ses plans d’un “plus grand Tôkyô”, la capitale, aussi bien que la Garonne, ne craindra plus de rivale...

    Nagasaki

    Pour la troisième fois cette année le clergé japonais de Nagasaki est dans le deuil. Le P. Kataoka est décédé le 24 octobre, à l’âge de 65 ans, après une longue et douloureuse maladie. La cérémonie des funérailles a eu lieu le lendemain dans l’église de N.-D. des Martyrs. Après la messe, célébrée par un professeur du Séminaire, et l’absoute donnée par Mgr Combaz, le corps a été porté au cimetière de la Mission, accompagné par dix prêtres et plusieurs centaines de chrétiens.

    Le jeune P. Matsushita vient de rentrer de Rome et a pris du ministère dans la grande paroisse d’Urakami. Il semble être arrivé à point pour combler le vide causé par la mort du P. Kataoka.

    Osaka

    La retraite des missionnaires d’Osaka a eu lieu du 20 au 26 septembre. Tous les confrères y ont pris part.

    Jusqu’à ces derniers temps, la retraite était pour beaucoup de nos confrères l’unique occasion de se voir durant le cours de toute une année. Maintenant que la division de la Mission nous a groupés sur un territoire restreint, sillonné de multiples lignes de chemin de fer et de tramways, nous pouvons nous rendre visite les uns aux autres en peu de temps et à peu de frais. L’isolement et les longs voyages d’autrefois sont devenus chez nous choses du passé, dont les jeunes ne pourront plus se faire une idée.

    Le 24, pendant la retraite, nous avons eu la joie de fêter les 25 ans de sacerdoce de notre aimable confrère, le P. Marmonier. Dans son poste de Maizuru, ses chrétiens avaient déjà célébré dignement ce joyeux anniversaire. Nombre de payens, amis du missionnaire, s’étaient unis aux fidèles pour offrir leurs félicitations à l’heureux jubilaire. La fête avait été à la fois une fête de la chrétienté de Maizuru et une prédication auprès des infidèles. A la retraite, tout se passa dans l’intimité ; chacun des confrères pria plus spécialement pour le cher P. Marmonier et lui offrit ses souhaits fraternels.

    Mgr Castanier est parti pour Rome, faire sa visite ad limina. Il s’est embarqué le 23 octobre à Yokohama et compte être de retour en mars de l’année prochaine. Que le divin Maître protège l’auguste voyageur et bénisse ses efforts pour promouvoir le plus grand bien de notre Mission !

    Hakodate

    Encore une épreuve pour la Mission de Hakodate. Le 16 octobre, dans la matinée, un incendie a détruit la plus grande partie du monastère des Trappistines de N.-D. des Anges à Yunogawa. Le feu avait couvé sous le toit, où étaient remisées des couvertures, des provisions, etc. Il éclata tout d’un coup, tandis que la Communauté, réunie dans la salle du chapitre, écoutait une instruction du P. Mayrand, qui prêchait la retraite. On ne put maîtriser le foyer et, à l’arrivée des pompiers, on dut faire la part du feu. On réussit cependant à sauver une bonne partie du mobilier. La maison du Père Aumônier, l’ancien petit monastère provisoire et une aile de bâtiment actuellement en construction ont été épargnés, mais l’église et le corps principal du monastère sont complètement détruits. La Rde Mère Prieure et ses Sœurs ont accepté cette épreuve avec une très édifiante résignation. Les autorités et les habitants des villages voisins ont témoigné aux religieuses une grande sympathie. Daigne la Providence apporter son concours à la réparation des dégâts, qui sont énormes, et abréger la période de gêne pénible qui en résulte pour une communauté de 68 personnes !

    Seoul

    Le P. Poisnel, Provicaire, a été gravement malade (emphysème pulmonaire) ; le 24 octobre, on jugea même prudent, lors d’une crise plus forte, de lui administrer l’Extrême-Onction. En même temps on commençait, à son intention, une neuvaine à nos Bienheureux Martyrs, et depuis lors l’état du cher malade s’est amélioré. Nous espérons que la guérison sera bientôt complète.

    Le 15 octobre, un temple national shintoïste (caractères chinois, Chôsenjinja) a été solennellement inauguré à Seoul. Un délégué impérial, le Vicomte Sonoike (caractères chinois), apporta de Tôkyô les “trésors sacrés” destinés au nouveau temple : un miroir reproduction de celui d’Amaterasu (caractères chinois) à Ise ; un autre, semblable à celui du temple de Meiji à Tôkyô ; enfin un des sabres de l’empereur Meiji. Ces trésors ont été transportés par un train spécial, le premier qui pénétra dans la nouvelle gare de Seoul. Une foule immense assista à l’inauguration du nouveau temple et pendant six jours toute la ville fut illuminée de façon vraiment féerique.

    Le 21 octobre, trois nouveaux Pères de Maryknoll sont arrivés : dès le lendemain ils partaient pour Yeng-you, où ils apprendront la langue.

    Trois autres, arrivés deux jours plus tard avec 6 religieuses, se sont dirigés sur Antung (Mandchourie).

    Le Gouvernement général de Corée a décidé de consacrer une somme de 300 millions de yen pour augmenter la production du riz dans la Péninsule.

    A la fin de 1924 la population de la Corée était de 18.066.116 habitants, dont environ 400.000 Japonais.

    Taikou

    Le journal japonais de Taikou, d’après les instructions du Préfet et sans aucune malveillance, a cru devoir expliquer pourquoi les écoles catholiques de la ville ne sont pas allées vénérer les “trésors sacrés” qui, le 13 octobre, passaient par Taikou en route pour Seoul.

    Des lettres de Mgr Demange nous apprennent que, du 9 au 14 septembre, S. G. a présidé les fêtes du 13e centenaire de saint Amé, qui fut, avec saint Romaric, le fondateur des monastères de Remiremont ; qu’Elle a assisté, avec Mgr Mutel, aux splendides cérémonies de la première fête de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus à Lisieux, le 30 septembre. Mgr prodigue les sermons et conférences, à Chartres, à Cognac, à la Rochelle, à Saint-Dié. — “Ma santé parfaitement rétablie, ajoute S. G., me permet cette activité sans fatigue”.

    Kirin

    Mgr Gaspais a fait la visite pastorale des districts de Fouyuhien, Soukiawopou, Oukiatchang et Yuchouhien. Dans cette dernière région surtout, les brigands sont nombreux ; mais, grâce à Dieu, S. G. n’a fait aucune mauvaise rencontre. Après quelques jours de repos à Kirin, Mgr se propose d’entreprendre la visite des districts les plus septentrionaux du Heilongkiang.

    A Siaopakiatse la foudre est tombée sur l’une des flèches de l’église. Un commencement d’incendie s’est déclaré, qui a été promptement arrêté grâce à la présence d’esprit du P. Graber ; mais la flèche frappée par la foudre a été assez gravement endommagée et devra subir de sérieuses réparations.

    Dans les deux dispensaires tenus par les Franciscaines Missionnaires de Marie à Harbin et à Changehun, le nombre de consultations données pendant l’année a été de 35.600. De plus, 115 adultes ont été baptisés in articulo mortis. Ces chiffres disent le zèle des religieuses et aussi les bénédictions que Dieu se plaît à répandre sur leurs œuvres.

    Tchongking

    Extrait du compte-rendu de l’exercice 1924-25.

    Population totale environ 15.000.000
    “ catholique 58.852
    Adultes 628
    Baptêmes “ in art. mort 2.521 3.149
    Enfants de chrétiens 2401 11.632
    “ in art. mortis 6.082 8.483
    Confirmations 2.505
    Confessions 146.803
    Communions 307.360
    Grand-Séminaire 44 élèves
    Petit-Séminaire 58 “
    Probatorium 39 “
    1 Ecole secondaire de garçons 93 “
    1 “ “ de filles 15 “
    3 Ecoles primaires supérieures de garçons 445 “
    2 “ “ “ de filles 227 “
    3 “ “ de garçons 80 “
    4 “ “ de filles 292 “
    212 “ paroissiales 5.354 “
    4 Orphelinats 607 enfants
    Journées d’hospitalisation 34.614
    4 Hôpitaux Malades soignés à domicile 1.320
    3 Dispensaires. — Malades soignés 108.187
    3 Hospices 157 vieil.

    Par décision du R. P. Claval, Supérieur de la Mission, le P. César Thomas est nommé aumônier de l’hôpital catholique (caractères chinois) et est remplacé à Pichan par le P. Paul Aymard.

    Suifu

    La guerre a cessé au Setchoan. Pour combien de temps ? Déjà on parle de futures hostilités. Le gâteau, paraît-il, n’a pas été partagé équitablement entre les vainqueurs du général Yang Sen. Quoiqu’il en soit, nos soldats de Suifu se sont mis, disent-ils, en devoir de purger les campagnes environnantes des nombreuses bandes de brigands qui les désolent. Terreur des paysans ! Nous sommes fin d’octobre, l’hiver approche. Le troupier, comme tout humain, craint le froid. Et les pessimistes de dire que nos preux sont allés faire la chasse non pas aux bandits, mais aux couvertures et aux piastres des villageois. Voici, entre mille, un fait qui montre comment se conduisent nos prétendus “nettoyeurs de brigands”. Fatigués des violences d’une bande de pirates qui les terrorisait depuis plusieurs mois, les notables de Taotchang (caractères chinois), d’accord avec la population, se décident à la résistance et appellent à leur aide le général de Suifu, qui leur envoie un bataillon choisi. Commandant et chef des gardes nationaux élaborent péniblement un plan de campagne, car c’était à qui mettrait ses hommes en deuxième ligne. Bref, les gardes nationaux se résignèrent à marcher en tête. Mais à peine étaient-ils déployés en ligne de bataille que plusieurs d’entre eux tombaient, frappés par des balles qui leur venaient de l’arrière. C’étaient les soldats qui, au lieu de diriger leur feu contre les bandits, tiraient sur leurs alliés, les gardes nationaux. Ceux-ci, furieux, ripostèrent. Résultat : une vingtaine de blessés dans chaque camp... Quant à MM. les brigands, ils ne furent pas inquiétés.

    Le catéchiste de Laimongpou déplore la perte de tout son argent, qu’il avait cependant bien caché.

    Des soldats viennent prendre logement chez lui. Selon leur habitude, avant même de déposer leurs équipements, ils se mettent à faire la chasse aux porcs, aux poules et aux canards. Un canard, qui tenait à la vie, se sauve dans une rizière très profonde : les soldats le poursuivent ; il plonge : les soldats se courbent pour le saisir à deux mains, et, au lieu d’un canard, ils retirent…un paquet d’argent. Immédiatement la rizière est mise à sec, fouillée, refouillée ; les champs et les jardins qui entourent la maison sont piochés ; toutes les cachettes sont découvertes. Et voilà comment un canard a causé, sans le vouloir, un désastre financier à son propriétaire.

    Yunnanfu

    Débarqués à Haiphong le 21 octobre, les trois nouveaux confrères destinés respectivement à Yunnanfu, Kouiyang et Ningyuanfu, sont arrivés ici le 30 après un excellent voyage. Le P. Hamon nous reste. Les PP. Guettier et Bettendorff nous ont quittés, ainsi que les 4 religieuses Canadiennes, et, sous la conduite du P. Lanco, sont partis pour Kouiyang.

    Les 4 Pères Betharramites ont pu enfin se mettre en route pour Taly le 3 novembre.

    Yunnanfu regorge de soldats, et il ne se passe pas de jour sans qu’ils fassent quelque mauvais coup. La caisse du gouvernement étant vide, ils ne reçoivent pas de solde et cherchent à se la procurer en dévalisant les passants, même en pleine ville.

    Le Bas-Yunnan souffre beaucoup des pirates et des soldats venus du Setchoan ; nos confrères sont fort inquiets pour leurs districts.

    La soumission du fameux brigand Yang Itien n’était qu’une ruse pour pénétrer dans la ville de Taly ; elle fut heureusement éventée à temps : poursuivi par les réguliers, il se réfugia de nouveau au Kichan.

    Grâce à Dieu la récolte est magnifique et, n’étaient les réquisitions continuelles et la piraterie, le peuple serait heureux.

    Lanlong

    Extrait du compte-rendu de l’exercice 1924-25.

    Population totale approximative 2.000.000
    “ catholique 9.007
    Adultes 202
    Baptêmes “ in art. mort. 241 443
    Enfants de chrétiens 379 1.390
    “ in art. mort. 568 947
    Confessions 12.835
    Communions 27.993
    Séminaire de Philosophie 9
    Petit-Séminaire 12 41 élèves
    Probatorium 20
    40 Ecoles paroissiales de garçons 698 “
    12 “ “ de filles 147 “

    Après la retraite, les PP. Epalle et Doutreligne, assez gravement fatigués, étaient restés à Lanlong pour se refaire. Ils ont depuis regagné leurs districts.

    Le P. Nénot, descendu à Tàyên avec le P. Larregain prendre contact avec les pays dioï, est revenu à Lanlong apprendre les éléments de la langue, en attendant que la fin des grandes fièvres lui permette un séjour prolongé dans la région.

    Canton

    Notre nouveau confrère, le P. Herbreteau, est arrivé à Canton le 30 octobre. Pour prendre une première connaissance de la situation, il a été témoin, en débarquant, de la capture par les grévistes d’un Français, M. Albert. Le délit commis par notre compatriote était de porter, pour le faire entrer à Shameen, un petit paquet contenant des bâtonnets d’encens “chasse-moustiques”. M. Albert a été entraîné jusqu’à Tong-yuen, quartier général des grévistes, puis conduit à la police, et ce n’est qu’à 9 heures du soir qu’il a été enfin remis au Consulat de France, non sans avoir été quelque peu maltraité. Voilà quelle est la situation des Européens — sauf les Russes et les Allemands, — à Canton.

    Les missionnaires de Maryknoll, qui, à cause des troubles, avaient cru devoir, pour le plus grand nombre, émigrer à Hongkong, puis à Manille, ont à peu près tous regagné leurs postes.

    Nanning

    Depuis le mois de septembre le gouvernement du Kouangsi a adopté l’étiquette bolcheviste : le drapeau rouge a remplacé l’étendard aux cinq couleurs. Il y eut alors des cortèges d’étudiants, des défilés de grévistes, mais la majorité de la population ne manifesta que fort peu d’enthousiasme.

    50 étudiants vont partir pour la Russie, où ils seront formés selon le moule bolcheviste à l’Université Sun Yatsen à Moscou.

    Mgr Ducœur est parti pour Kouyhien, où il présidera la retraite des missionnaires de la région. De là, si l’état troublé du pays le lui permet, il se propose de visiter le nord-est de la Mission.

    Malgré la difficulté des temps, notre compte-rendu annuel enregistre 209 baptêmes d’adultes et une augmentation appréciable dans le nombre des confessions et des communions annuelles. Nos confrères n’ayant guère pu, pendant cette année si troublée, travailler en étendue, se sont appliqués à travailler en profondeur.

    Hunghoa

    La retraite des élèves du Collège de Hà-Thạch a eu lieu, comme chaque année, à la fin de septembre. Pour la première fois, le prédicateur fut un de nos prêtres annamites, ancien professeur. Ses instructions, favorisées par une élocution aisée, auront, espérons-le, une heureuse influence sur l’esprit et le cœur de nos jeunes séminaristes.

    Le P. Méchet, toujours en France, nous donne souvent de ses bonnes nouvelles et a eu le plaisir de nous annoncer la promotion de son frère au grade de Général de Brigade.

    Quelques jours avant la Toussaint, arrivait à Hunghoa, après une excellente traversée, notre nouveau confrère, le P. Mazé, du diocèse de Quimper Il s’est mis avec ardeur à l’étude de la langue annamite, et il pourra nous initier aux beautés du chant grégorien et à sa bonne exécution. La température clémente de la saison va lui permettre de s’acclimater et de s’habituer aisément à sa nouvelle vie. Plusieurs belles citations nous ont dit son courage sur terre et sur mer, aussi bien que dans les airs ; nous lui souhaitons d’être bientôt à même d’en mériter ici d’autres, plus belles encore, au service de Dieu.

    Le P. Gautier, revenu récemment d’une longue tournée dans la Haute-Région, tournée aussi intéressante qu’instructive, est désormais chargé des chrétientés de la région de Phu-Yên-Binh. Il succède en ce poste au regretté P. Girod, dont le Bulletin retraçait récemment la vie ; la tâche est laborieuse, mais il a espoir que, du haut du ciel, son vaillant et saint prédécesseur l’aidera à poursuivre son œuvre et à la diriger sagement. Du reste, le P. Hue, Provicaire, qui, durant plus d’un an, a administré ce district avec un zèle au-dessus de tout éloge, lui a préparé la voie.

    Le centre urbain de Hunghoa, grâce à l’activité de son Administrateur-Délégué, s’embellit peu à peu. Des noms ont été donnés aux sept ou huit principales rues, et l’on y lit avec plaisir ceux de trois Bienheureux des M.-E. : Charles Cornay, François Néron et Augustin Schœffler. C’est sans doute le seul hommage public rendu en ce pays à nos glorieux devanciers. Ils ont travaillé et souffert dans notre région ; qu’ils daignent nous aider à la convertir !

    Quinhon

    Extrait du compte-rendu de l’exercice 1924-25.

    Population totale environ 1.500.000
    “ catholique 67.306
    Adultes 1.837
    Baptêmes “ in art. mort. 142 1.979
    Enfants de chrétiens 2.405 5.838
    “ in art. mort. 1.454 3.859
    Confessions 313.845
    Communions 647.025
    Grand-Séminaire 35 élèves
    Petit “ 115 “
    110 Ecoles paroissiales 3.365 “
    18 Orphelinats, crèches, ouvroirs 381 enfants
    3 Pharmacies-dispensaires : malades soignés 41.150
    1 Hôpital. 67 lits 727

    Notre nouveau confrère, le P. Rohmer, est arrivé à Quinhon le 23 octobre et, après quelques visites aux environs, a pris la route des plateaux Djarai le 3 novembre, en compagnie du P. Bober, qui était venu au-devant de son “pays”.

    Le 7 octobre, vers les 5 heures du matin, à Phu-hoa, un dignitaire, en allumant les cierges sur l’autel, a mis par mégarde le feu aux tentures. La flamme, comme une traînée de poudre, s’est communiquée aussitôt à la paillote, et, vers les 7 h., l’église était tout en cendres. Grâce au vent contraire et à une pluie abondante. le P. Poyet a pu mettre la sainte Réserve en sûreté, protéger sa maison et ses dépendances et sauver ses ornements et ses vases sacrés. C’est une dure épreuve pour notre confrère, qui, à 63 ans, va devoir redevenir quêteur et bâtisseur.

    Hué

    Le 9 octobre, Mgr Allys, assisté de 24 missionnaires et prêtres indigènes, a béni solennellement la chapelle et le nouvel établissement de l’Institut des Petits-Frères du Sacré-Cœur. 25 élèves ont été admis, qui recevront la formation religieuse et l’instruction requise pour se préparer aux examens officiels et devenir plus tard les instituteurs religieux de nos enfants et jeunes gens annamites. S. E. M. Nguyen Huu Bai, Président du Conseil, qui s’intéresse vivement aux questions d’éducation et qui désire que ses compatriotes catholiques ne soient pas inférieurs aux païens instruits, avait bien voulu, par sa présence, donner un précieux témoignage de sa sympathie à l’œuvre naissante.

    Cette cérémonie a été comme le prélude des solennités jubilaires dont nous donnons plus haut le compte-rendu.

    Notre nouveau confrère, le P. Urrutia, arrivé le 22 octobre, a été nommé professeur au Petit-Séminaire d’Anninh.

    Le 13 novembre, en l’église française de Hué, un service funèbre a été célébré pour le repos de l’âme du P. Léculier, qui, avant d’être appelé à Paris comme membre du Conseil central et Représentant des Missions de Cochinchine et Cambodge, était curé de cette paroisse. Après la grand’messe, Mgr Allys donna l’absoute.

    Phnompenh

    Le grand événement du mois est l’arrivée d’un nouveau missionnaire, le P. Raballand, un Vendéen. Il est placé à Sadec, chez son compatriote le P. Bousseau, qui a déjà formé d’autres jeunes recrues. La liste des anciens combattants est close et, avec le jeune Père, s’ouvre la série de ceux qui n’ont pas participé à la grande guerre. Puisse-t-elle être longue et bien fournie !

    Après l’achèvement par le P. Girodet d’une modeste, mais convenable église à Vinhloi, le P. Haloux, son prédécesseur, qui en avait préparé les matériaux, est allé la bénir solennellement.

    L’Association des anciens combattants a demandé, comme d’habitude, de 2 novembre, un service pour le repos de l’âme des camarades tombés au champ d’honneur. Les autorités y assistaient officiellement au complet. Après le service, station au monument des morts de la grande guerre, devant lequel deux magnifiques croix de fleurs furent déposées avant le discours d’usage. Mai pourquoi la présence des bonzes et leur courte prière ?… Le cortège s’est ensuite rendu au cimetière.

    Bangkok

    Il convenait que sainte Thérèse de l’Enfant Jésus fût honorée dans la province même de Juthia, où vinrent s’établir d’abord les premiers Evêques et missionnaires apostoliques de la Société des Missions-Étrangères. L’église de Bannakhok, construite par le P. Besrest, a été solennellement mise sous le vocable de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus le 27 août dernier. Parti de Bangkok par bateau spécial, Mgr Perros a procédé lui-même à la bénédiction. Outre le P. Besrest, curé de Banplaina (dont Bannakhok est une filiale), étaient également présents les PP. Figuet (du Laos), David, Carrié, Perroy, Broizat, Vandempétry, Raymond, Antoine et Alexis. La nombreuse affluence de chrétiens manifestait visiblement sa dévotion envers la nouvelle Sainte, qui, souhaitons-le, saura faire tomber sur ce pays du Siam, comme elle le fait dans l’univers entier, une abondante pluie de roses symboliques d’amour de Dieu.

    Signalons d’un mot les noces d’argent sacerdotales des PP. Chanelière et David. C’est à Vichy, en France, que le P. Chanelière fêta ses vingt-cinq ans de prêtrise. Quelques confrères présents, entre autres les PP. Malaval et Béchet, souhaitèrent au jubilaire un prompt rétablissement, suivi de son retour au Siam le plus tôt possible. Quant au P. David, ce fut dans le cadre tranquille et touchant du Séminaire de la Mission, à Bangxang, où il est professeur, qu’il fut fêté par un contingent respectable de confrères, heureux de lui témoigner par leur présence leur respectueuse sympathie. Valeant in pace Christi !

    Après avoir travaillé plusieurs années à l’instruction des petits-séminaristes siamois et laotiens, le P. Figuet a fait ses adieux à la Mission de Bangkok et a regagné le Laos.

    Malacca

    Nos deux confrères, les Pères L. Duvelle et Devals, sont rentrés de leur voyage aux Indes en prenant le chemin des écoliers. Ils ont fait un crochet du côté de la Birmanie. Ce congé leur a fait le plus grand bien.

    Le retour du Père Devals à l’Assomption a rendu la liberté à Mgr Perrichon, qui est aussitôt descendu de Pinang sur Singapore pour faire au Séminaire de Sarangong l’ordination de deux diacres. Profitant de son séjour dans le Nord, il a visité les différents postes de Perak et de la Province Wellesley. Sa Grandeur a parcouru également Kedah et poussé une pointe jusqu’à Kelantan, sur la côte est de la Péninsule allez coucher à Alor Star, la Capitale de Kedak et vous en aurez pour toute votre journée du lendemain, montant au nord sur la ligne de Bongkok, pour redescendre au sud est.

    Birmanie Méridionale

    Monseigneur Cardot n’est plus ! Nul de nous ne peut encore s’imaginer que ce puisse être vrai, tant le vénéré défunt était identifié avec la Mission et avec la Birmanie elle-même. Un des hommes les plus en vue de Rangoon disait, il y a deux jours, à un de nos confrères : “C’était quelqu’un ; c’est une des personnalités les plus marquantes du pays qui disparaît”. Depuis qu’il était devenu aveugle, la santé de Monseigneur n’avait cesse de décliner. Homme de livres, il souffrait plus que tout autre de cette terrible infirmité, et les jours lui semblaient interminables. Quand il pouvait trouver un lecteur bénévole, il était en joie. Autrement, les visiteurs le trouvaient avec son chapelet ; il priait pour nos œuvres, il priait pour la Mission. Il allait ordinairement deux fois par an à Moulmein passer quelques jours à la “Ferme”, maison de campagne des Sœurs de St-Joseph. Il y était entouré de calme et de soins. Il y allait vers Pâques et Noël. Cette année, par extraordinaire, il y alla vers le milieu de septembre. Il s’y trouvait très heureux et rien ne faisait prévoir ce qui allait arriver. Le jeudi soir 15, après dîner, il se sentit indisposé. C’était quelque chose comme une indigestion ; il vomit plusieurs fois pendant la nuit. Dans des circonstances ordinaires, ce n’eût été qu’un petit accident ; malheureusement le diabète avait affaibli le cœur, et les vomissements répétés eurent un effet désastreux. Le Docteur fut appelé : il dit que Sa Grandeur pouvait bien se remettre, mais aussi que dans cinq minutes tout pouvait être fini. Il prescrivit quelque médicament pour rendre un peu plus de force et de stabilité au cœur. Il y eut alors une légère amélioration. A sa visite du samedi matin, le Docteur n’était pas satisfait. Dans l’après-midi Monseigneur fut averti qu’il serait prudent de recevoir les derniers sacrements. Il accepta avec une grande résignation, fit une confession générale et reçut l’Extrême-Onction et le Saint Viatique. Il était en pleine connaissance. Pendant la nuit, il commença à délirer et alla s’affaiblissant peu à peu, apparemment sans souffrance. Vers le matin, le P. Boulanger lui donna une dernière absolution et récita les prières des agonisants. A huit heures vingt, Monseigneur expirait dans une paix profonde, sans aucune secousse ; ses yeux étaient déjà fermés ; on aurait cru qu’il venait de s’endormir. Du reste, sa figure reflétait le calme et la paix de ses derniers moments.

    A Rangoon et partout en Birmanie, quel moment de stupeur à l’annonce de cette mort si inattendue ! Les prêtres indigènes étaient en retraite ; elle fut close aussitôt et 22 d’entre eux partirent le soir même pour Moulmein en compagnie de Mgr Perroy et d’un certain nombre de confrères. Le désir de Monseigneur était, s’il mourait à Moulmein, d’être enterré dans l’église dont il avait été le curé pendant 11 ans. Son désir put être exaucé. Les funérailles furent fixées au mardi matin de façon à permettre au plus grand nombre possible de confrères d’y être présents. Malheureusement Moulmein est à une des extrémités de la Mission et un certain nombre ne purent venir. Néanmoins étaient présents : Mgr Foulquier de Mandalay, Mgr Sagrada de Toungoo avec son Provicaire et un de ses missionnaires ; de notre Mission, 15 prêtres européens et 22 prêtres indigènes. Le Gouverneur avait envoyé un télégramme de condoléances émues à la nouvelle de la mort de “son vieil ami” et se fit représenter officiellement aux obsèques. Des quatre congrégations religieuses travaillant avec nous à Rangoon, trois avaient envoyé des délégations, ainsi que les confréries. Quant à la ville de Moulmein elle-même, elle a montré le souvenir qu’elle gardait de son ancien curé devenu évêque : une foule énorme emplissait et entourait l’église Saint-Patrick.

    Notre vénéré Monseigneur Cardot a vu ses désirs secrets exaucés : il avait toujours gardé un coin bien tendre dans son cœur pour son ancienne paroisse ; le bon Dieu lui a accordé d’y mourir et d’être enterré dans son église, “devant la table de communion, pour y avoir les prières des Sœurs et des paroissiens”. Il a fondé le séminaire de Moulmein, d’où, sauf deux, sont sortis tous nos prêtres indigènes. Par la coïncidence de leur retraite, presque tous étaient là, autour du cercueil de celui à qui ils devaient d’être prêtres et qui leur avait conféré le sacerdoce. Du haut du ciel, ce dut lui être une grande joie. Qu’il se repose en paix de ses labeurs, le chef vénéré qui, succédant au pionnier que fut Mgr Bigandet, remplit si bien la tâche de développement et d’organisation de la Mission qui lui incombait dans le plan de Providence !

    Monseigneur Cardot, sentant ses forces décliner, demanda au Saint-Père un Coadjuteur. La Providence lui a donné le temps de l’initier à la tâche délicate du gouvernement d’une Eglise. Il y a quelques jours un païen des plus en vue de Rangoon, après avoir parlé du vénéré défunt, fit cette réflexion : “Père, votre nouvel Evêque, nous le connaissons assez pour dire combien il va être populaire et aimé de tous !”

    La Mission a été confiée à notre Société en 1856. Or, depuis ce temps, nous n’avons eu que deux Evêques : Mgr Bigandet de 1856 à 1894 et Mgr Cardot de 1894 à 1925. Nous prions la divine Bonté d’accorder à notre nouveau Vicaire Apostolique le long et fructueux épiscopat de ses prédécesseurs. Ad multos annos!

    Birmanie Septentrionale

    Le pèlerinage annuel de Notre-Dame du Rosaire à Chanthagon devient de plus en plus connu dans la Mission : celui d’octobre dernier l’emporta sur les autres par le nombre de pèlerins accourus de toute part pour honorer la Mère de Dieu. Le clou de la fête est, la veille, à la nuit tombante, la brillante procession aux flambeaux et, le lendemain, la Grand’Messe en plein air. Une succursale du paradis, ce poste de Chanthagon, la “colline du bonheur”!

    La Mission est privilégiée de posséder à Maymyo le P. Jarre, toujours heureux de donner l’hospitalité — et quelle hospitalité ! — à ses confrères éclopés de la plaine. En septembre et octobre, il recevait Mgr Foulquier, les PP. Falière et Mandin, dont les santés chancelantes réclamaient ses bons soins. A la grande satisfaction de tous, il les a remis sur pied.

    Lors de leur passage en septembre, les PP. L. Duvelle et Devals ont tenu à faire aussi l’ascension de la montagne accueillante. Ils avaient raison : tout visiteur doit inscrire Maymyo dans son itinéraire.

    Coimbatore

    Le 10 septembre dernier, mourait à Madras, à l’âge de 60 ans, Dewan Bahadur L. D. Swamikannu Pillai, Président du Conseil législatif. L’Eglise catholique perd en lui un grand et fidèle serviteur, et l’Inde un de ses fils les plus distingués.

    Il était originaire de Somanur, diocèse de Coimbatore. Doué d’une grande intelligence, d’une rare érudition et d’un jugement droit, il gagna de bonne heure l’estime de ses compatriotes et fut, pour les catholiques en particulier, un guide sûr aux heures de troubles politico-religieux, un modèle en tout temps. Le Gouvernement lui confia des postes élevés et parfois difficiles, et, en reconnaissance de ses services, lui décerna les titres les plus distingués ; mais toujours simple et modeste, les honneurs et les succès ne l’ont jamais grisé. Daigne le Bon Dieu donner à son Eglise beaucoup de chrétiens comme lui !

    M. Rathinasawmi, bon catholique lui aussi, vient d’être élu pour lui succéder comme Président du Conseil législatif de Madras. C’est un honneur de plus pour les catholiques de l’Inde.

    Le 12 septembre, Mgr Roy bénissait la nouvelle église de Naglur ; on la dit très jolie. Le P. Dominique, au prix de grands sacrifices et d’efforts admirables, a réussi, malgré les difficultés des temps présents, à mener à bonne fin ce projet de vieille date. Ses chrétiens, quoique pauvres, l’ont aidé généreusement de leurs deniers et de leurs mains, tandis que le P. Gaucher lui apportait le concours de ses conseils autorisés.

    Le même jour, au milieu d’une grande affluence de fidèles et de prêtres, Mgr administrait la Confirmation à 120 enfants dans la nouvelle église.

    Metur et quelques autres petites chrétientés vont disparaître pour faire place à la digue que le Gouvernement a décidé de construire à cet endroit sur le Caveri au profit des rizières du Tanjore. C’est un travail gigantesque ; le réservoir mesurera, dit-on, 20 milles sur 12.

    Kumbakônam

    Notre nouveau confrère, le P. Blons, est arrivé à Kumbakônam le 8 octobre. Déjà il a pu entendre bourdonner à ses oreilles les mélodies de la langue tamoule ; il a pu se rendre compte aussi que cette langue n’a rien de commun avec celle de saint Thomas d’Aquin. Après avoir été à même, pendant une dizaine de jours, de faire cette constatation, notre jeune confrère a été envoyé à Yercaud pour y apprendre l’anglais. Chose curieuse, en effet, dans ce pays, plus les gens deviennent “nationalistes”, plus ils délaissent leur langue “nationale”. D’où nécessité pour tous les missionnaires d’apprendre l’anglais.

    Penang

    L’arrivée de nos deux nouveaux confrères, les PP. Rouhan et Piffaut, impatiemment attendus, a été une grande joie pour le Collège. Pleins d’ardeur, ils se sont mis de suite au travail. Dieu bénisse leur ministère !

    Le 10 novembre, Mgr Aiuti, Délégué Apostolique en Indochine, et Mgr Eloy, Vicaire Apostolique de Vinh, nous ont fait l’honneur de leur visite pendant la courte relâche de leur paquebot dans notre port. Les élèves vinrent saluer les nobles hôtes et furent heureux de recevoir, transmise par le Délégué, la bénédiction du Saint Père. Après le repas, auquel prirent part les Directeurs du Collège et plusieurs Pères de la Mission, le Délégué voulut bien nous exprimer toute sa satisfaction d’avoir pu prendre une première connaissance d’un établissement auquel sa charge lui fait un devoir de s’intéresser.

    Notre Supérieur, le P. Pagès, prend un court congé de convalescence à Hongkong. Puisse t-il nous revenir entièrement rétabli, avec une ample provision de forces pour continuer l’œuvre à laquelle il est attaché depuis 35 ans !

    Hongkong

    Par décision de S. G. Mgr le Supérieur du Séminaire et de la Société :

    Le P. Biotteau, Procureur de Londres, est nommé Procureur Général à Hongkong. Il s’embarquera pour l’Extrême-Orient au commencement de janvier prochain.

    Le P. Milliet, ancien Procureur de Marseille, est nommé Procureur à Londres.

    Le P. Souvey est nommé Procureur de Shanghai.

    Rome

    Le Directeur de la Bibliothèque de l’Exposition Missionnaire au Vatican serait très reconnaissant envers les confrères de la Société des M.-E. s’ils voulaient bien lui faire parvenir régulièrement les revues ou périodiques de toutes langues dont ils sont les rédacteurs ou les éditeurs.

    L’Exposition Missionnaire n’est que temporaire, mais la Bibliothèque des Missions restera permanente et sera comme le centre de la littérature missionnaire mondiale. Pour la réalisation de ce projet on demande très instamment la coopération des membres de notre Société.

    En conséquence, Mgr le Supérieur serait reconnaissant aux Missions de servir à Mgr le Bibliothécaire, à titre gracieux, un abonnement à toutes leurs publications, adressé à :
    Biblioteca
    Exposizione Missionaria Vaticana
    Roma
    (Italia)


    Séminaire de Paris

    Au 1er octobre la communauté de Paris comptait 80 élèves ; celle de Bièvres 50. Le service militaire en retient 26. Ils appartiennent à 54 diocèses différents. Parmi les diocèses qui nous ont fourni un plus grand nombre d’aspirants, on peut citer : Besançon (14), Lyon (12), Bayonne (9), Lille (8), Strasbourg (7), Paris et Quimper (6), Angers, Arras, Bayeux, Rennes et Vannes (5).

    Le second départ a eu lieu le 21 septembre, fête de l’Apôtre saint Matthieu. Le temps était celui d’une belle journée d’automne et l’assistance celle des grands jours. Mgr Demange, Vic. Ap. de Taikou, a prononcé une allocution pieusement écoutée. Sa Grandeur a très heureusement rappelé que, le même jour, 21 sept. 1839, trois anciens de la Rue du Bac avaient versé leur sang en Corée et que l’Eglise venait de les proclamer Bienheureux le 5 juillet : les Bx Imbert, Maubant et Chastan. Il a encouragé les partants à les prendre comme modèles et comme protecteurs dans leur renoncement d’apôtres. A la cérémonie du baisement des pieds, qui a duré plus d’une heure et demie, on a vu cinq évêques de la Société et Mgr Malan, évêque de Petrolina (Brésil), Mgr Descamps, trois autres prélats et des parents de plusieurs partants.

    La retraite de rentrée a eu lieu du 22 au 27 septembre. C’est le R. P. Folghera, O. P., de la maison de Paris, qui l’a prêchée. Elle a été clôturée par l’ordination du 27, faite par Mgr le Supérieur. Trois prêtres, dont deux du diocèse de Paris, trois sous-diacres et quatre minorés y ont pris part. L’ouverture des cours a eu lieu le 28.

    Mgr le Supérieur, le 20 septembre, est allé présider les offices de la journée à Nanterre, qui célébrait la fête de sainte Geneviève : grand’messe, vêpres, procession au puits de sainte Geneviève, allocution, sermon, salut.

    Mgr Rayssac et Mgr Eloy nous ont quittés pour gagner leur pays natal et préparer leur départ.

    Mgr Mutel, Mgr Demange se sont rendus aux fêtes de sainte Thérèse de Lisieux. Le P. Gérard et plusieurs Frères ont eu la joie d’assister à ces inoubliables cérémonies.

    Le P. Fluchaire a subi une grave opération et tout fait espérer que la convalescence suivra son cours.

    Le P. Bouffanais a quitté Paris le 22 pour se rendre à son poste de Directeur des aspirants à Rome.

    Les PP. Bouchet (Laos) et Adeux ont visité les 150 Annamites de la place de Versailles.

    Admission : M. Didier, du diocèse de St-Dié

    La Semaine religieuse de Digne a donné le récit de la fête célébrée le 12 juillet à Marcoux (Basses-Alpes) en l’honneur du Bx Chastan. Trente-cinq parents du Bienheureux y assistaient. Le panégyrique a été prononcé par M. l’abbé Chailan.

    Le 4 octobre, après avoir célébré chez les Pauvres Clarisses de l’Impasse de Saxe la messe de saint François d’Assise et parlé à la communauté, Mgr le Supérieur, accompagné du P. Cransac, s’est rendu à Bièvres, où il a célébré le lendemain une messe solennelle pour l’anniversaire de la mort de Mgr Quinton.

    Le 5, les PP. Gérard et Chambon représentaient le Séminaire aux obsèques de M. de Cabanoux, curé de St-Thomas d’Aquin. Le 8, avaient lieu les funérailles d’un autre curé de Paris, M. Courbe, curé de St-Jacqnes du Haut-Pas. Le deuil était conduit par les deux abbés Courbe, fils du défunt. Le même jour, à Nogent-sur-Marne, les PP. Méchet, Cransac et Bouchet représentaient la Société aux cérémonies que le “Souvenir Indochinois” fait célébrer chaque année en l’honneur des Annamites morts pour la France. M. Varenne, Gouverneur Général de l’Indochine ; M. Hesse, Ministre des Colonies, le Général Gouraud, Gouverneur de Paris, étaient présents.

    Le 9, Mgr le Supérieur se rendait dans la Nièvre, où il avait promis de présider avec NN. SS. de Nevers et de Moulins, le pèlerinage annuel très fréquenté de St.Pierre-le-Moûtier. Il est rentré à Paris le 13, après avoir vénéré à Nevers les reliques de la Bse Bernadette.

    Mgr Eloy a vivement intéressé les aspirants en leur donnant le 11 une conférence sur sa Mission. Mgr a quitté ensuite Paris pour se rendre à Marseille, via Lyon et Montbeton.

    Mgr Demange, qui avait présidé le 4 les solennités du St-Rosaire à l’église de la Ste-Trinité à Paris, a fait à Chartres deux conférences sur la Corée : l’une à la Communauté de St-Paul, l’autre dans l’une des paroisses de la ville. Le 11, il présidait une “Journée des Missions” à Cognac, paroisse St-Léger, dont l’archiprêtre, M. Chaumet, est un condisciple du vénérable Aumaître, et, le 13, invité par S. G. Mgr Curien, son compatriote, il donnait à La Rochelle une grande conférence sur les missions de Corée.

    Mgr Gauthier, Vic. Apost. de Pakhoi, est arrivé au Séminaire le 8 octobre.

    Le Séminaire a eu pour hôte pendant deux jours le P. Wang, Chinois, de la Congrégation de Scheut, qui enseigne à Scheut le chinois aux jeunes missionnaires destinés à la Mongolie et qui désirait prendre contact avec le P. Mollat au sujet des étudiants chinois. A passé également à Paris le P. Ignace, le premier prêtre indien de nos Missions qui vienne en France : il appartient au diocèse de Pondichéry.

    Le P. Biotteau, nommé Procureur Général, est arrivé à Paris le 14 octobre.

    Le P. Bouchet s’occupe avec zèle des Annamites soldats en France. D’après les renseignements qu’il a obtenus, il y a 55 villes en France qui ont plus de 10 Indochinois ; le Train des Equipages en a 2.942 ; les Sections d’Infirmiers 1.340. Le P. Bouchet croit qu’il y a parmi eux de nombreux catholiques (un sur dix, au moins), mais comment pouvoir les visiter tous ? Les aumôniers de certaines garnisons sont loin de les délaisser. Ainsi M. Marabeuf, aumônier militaire à Versailles, a fait élever pour eux un pavillon spécial dans son terrain de la Maison du Soldat. L’inauguration, à laquelle le P. Bouchet a été heureux de se rendre, a eu lieu le dimanche 11 octobre. Six généraux étaient présents : discours du Général Peltier, nombreuse et sympathique assistance, séance récréative.


    1925/767-787
    767-787
    Anonyme
    France et Asie
    1925
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