Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Chronique des Missions et des Etablissements communs 8

Chronique des Missions et des Etablissements communs. Tôkyô
Add this
    Chronique des Missions et des Etablissements communs.
    ____

    Tôkyô

    Le 23 juin, le Porthos nous amenait le renfort de deux nouveaux confrères : le Père Larrieu, dont le départ avait été retardé lan dernier par la maladie, et le Père Patrouilleau. Nous espérons que la nomination de notre nouvel Archevêque, impatiemment attendu, nous vaudra encore de bonnes recrues comme celles qui viennent de nous arriver ; car, parmi les confrères qui figurent sur la liste de notre mission, plusieurs sont en France, retenus par des maladies incurables, et nombreux sont parmi nous ceux dont les forces déclinent. Il est donc urgent pour le reboisement de notre montagne quil nous soit envoyé des plants nouveaux.

    Pour encourager lagriculture, le nouvel Empereur du Japon a donné dernièrement un exemple, qui serait, paraît-il, le premier dans lhistoire. Le 14 juin, malgré la chaleur exceptionnelle de la journée, il est descendu lui-même, en bottes de caoutchouc, dans les rizières aménagées dans le jardin du palais dAkasaka, et de 1 h. ½ à 4 heures, il a, de sa propre main, procédé à la plantation de cinq variétés de riz. De nombreux chambellans et attachés militaires laccompagnaient et partageaient son travail, qui était dirigé par un docteur en sciences naturelles.

    Pour inculquer au peuple la notion de lheure et la pratique de la ponctualité, qui tendent à être un peu mieux observées pourtant quil y a 30 ou 40 ans, il a été décidé, sur linitiative de la Ligue des réformes sociales, que le 10 juin serait pour certains grands centres, comme Tôkyô et Yokohama, la Journée de lHeure. Lhabitude ainsi se répand davoir au Japon, comme en Amérique, des journées spécialement affectées à certaines pratiques particulièrement recommandables pour lamélioration de la vie sociale. Cest ainsi quon a eu la journée des précautions contre lincendie, contre la tuberculose, contre la rage, la journée de la bonne circulation, pour lobservation des règlements qui la concernent, etc., etc., avec affiches illustrées à lappui.

    Le 10 juin a été choisi comme journée de lheure, parce quil y a 1257 ans, lEmpereur Tenchi Tenno (caractères chinois) fit adopter lusage de la clepsydre ou horloge à eau, et ainsi commença à inculquer au peuple japonais la notion du temps. Des circulaires officielles invitaient les temples bouddhiques, shintoïstes et les églises chrétiennes qui possédaient des cloches, à les sonner ce jour-là à midi précis, au signal du canon. Au même moment, les navires en rade, les usines et manufactures devaient faire entendre leurs sirènes. On engageait aussi les directeurs décoles à faire aux élèves des conférences sur lobservation de lheure ; et les commerçants et industriels étaient conviés à faire régner la ponctualité dans les magasins, les ateliers et les bureaux.

    De simples invitations ne suffisent pas à faire observer les règles dhygiène, de sécurité publique et de morale ; et la police doit, là comme ailleurs, prêter main forte à lobservation des lois et règlements en la matière. On la bien vu ces temps derniers, quand de nombreuses arrestations ont été faites à propos de la vente de lait, provenant de vaches tuberculeuses, qui se pratiquait sur une grande échelle dans la capitale. La population a été fort émue en face du nombre des délits et du rapprochement, qui a été fait des chiffres excessifs de mortalité infantile ; et la presse a vivement attaqué les vétérinaires des Bureaux dhygiène et les fonctionnaires chargés de veiller à la salubrité publique,

    Nagasaki

    Le gouvernement japonais, par lorgane de la préfecture de Kumamoto, a fait savoir que lécole des Surs de St Paul de Chartres, à Yatsuhiro, était très bien tenue et ferait bien de sagrandir dans de vastes proportions ; il lui faudrait, par exemple, une salle des exercices (Kôdo) pouvant contenir 600 élèves.

    Fort bien ! Grand merci pour le conseil et lencouragement ! Mais aucune aide pécuniaire na été promise. Néanmoins le P. Lemarié et les Religieuses, comptant sur la Providence et voyant lavenir sannoncer plutôt brillant, se sont mis courageusement à luvre. Vu lexiguïté du terrain, il a fallu démolir pour rebâtir au même endroit, mais plus large et avec étage. On espère que tout sera achevé dans le courant de juillet.

    Le dimanche, 19 juin, les chrétiens de Nagasaki ont vécu une heure inoubliable, qui restera gravée dans les curs comme une heure de joie, de réconfort et de paix. Pour la première fois, en effet, depuis 300 ans, sest déroulée, de léglise dUrakami au Séminaire, une majestueuse, une grandiose procession du T. S. Sacrement. A la voix de leurs pasteurs, les chrétiens avaient répondu par une bonne volonté et une générosité qui leur font honneur. Près de 11.000 fidèles vinrent acclamer leur Divin Roi ! Le parcours, environ 1.500 mètres, avait été splendidement décoré. Ce fut, sous un soleil radieux, au milieu des fleurs, de la verdure et des oriflammes que savança le Roi-Sauveur, porté par le P. Heuzet, escorté dune vingtaine de prêtres et des Frères Marianistes. La police et une foule de païens faisaient la haie, regardant dun il sympathique.

    En tête de la procession marchaient les enfants de lasile, recueillis et gracieux.

    La piété
    Sur ces fronts ingénus étend ses blanches ailes ;
    A travers les parfums des fleurs et de lencens
    Sen vont pieusement les groupes blondissants.

    Les enfants du catéchisme suivaient, au nombre dun millier. Puis, venaient les jeunes gens, groupés sous leurs bannières et drapeaux. Les enfants de chur jetaient des fleurs devant le S. Sacrement. Les femmes et les jeunes filles avaient pris place à la suite du dais, priant avec ferveur, la tête recouverte de leur voile blanc.

    Sous lhabile et infatigable direction du P. Thiry, la maîtrise chanta, avec une perfection qui nest plus à louer, les louanges du Sauveur, soutenue par les accords mélodieux de la fanfare dUrakami :

    Et des voix de cristal comme celles des anges
    Sélèvent vers le ciel et chantent ses louanges.

    Au séminaire avait été dressé un reposoir en plein air. Quand tout le monde fut groupé, la fanfare et la maîtrise exécutèrent avec ampleur un Benedictus, un Adoro te et un Tantum (de Perosi), dont la délicieuse suavité fit courir dans les rangs un frisson de sainte émotion. Puis, la cloche retentit et Jésus bénit limmense foule assemblée.

    Lon vit trembler lHostie aux mains du prêtre.
    Dans le vertigineux nuage de lencens.

    La cérémonie finie, la foule se dispersa, tout à la joie davoir vu ce triomphe de Jésus-Eucharistie !

    Osaka

    Le 20 mai dernier, la Révérende Mère Bernardine, Supérieure de létablissement scolaire des Surs du Saint-Enfant Jésus de Chauffailles à Osaka, a fêté ses 50 années de mission. En 1877, ce jour-là, Mère Bernardine sembarquait à Marseille sous la protection de son saint Patron, Débarquée le 9 juillet suivant, elle devait consacrer sa vie au bien des Japonais. Ce quont été ces 50 ans de labeurs, de soucis et de privations, le bon Dieu en a pris bonne note. Ses anciennes élèves, non plus, nont pas été sans le reconnaître : il ny avait quà les voir sempresser nombreuses autour de leur vénérable Mère pour lui offrir leurs félicitations et les témoignages de leur reconnaissance. La journée, inaugurée par une messe daction de grâces, fut clôturée par un salut solennel, donné par Mgr dOsaka.

    Voici encore un autre bon point pour cette même Congrégation du Saint-Enfant Jésus de Chauffailles.

    A Kobé, dans le quartier japonais, la Mère Antonine dirige un orphelinat et une école professionnelle pour jeunes filles, sous le vocable de la Sainte Famille. A la fin de mai dernier, cette Religieuse a eu le grand honneur de se voir décerner par le Keifukukwai une pension annuelle et à vie de 600 yen, en reconnaissance de ses 41 ans de dévouement aux enfants japonais.

    Le Gouvernement japonais se fait un honneur dencourager toutes les organisations privées de charité, en leur allouant des subsides. Pour cela a été établie, entre autres, la Société appelée Keifukukwai, qui fonctionne sous la direction du Ministère de lIntérieur. En 1924, à loccasion du mariage de leurs Majestés, lEmpereur et limpératrice actuels, la Maison Impériale fit don de la somme dun million de yen aux uvres de bienfaisance. On résolut donc de gérer pour le mieux cette somme daprès les augustes volontés des donateurs. Pour cela une Société, appelée Keifukukwai, fut organisée. Elle a pour président dhonneur le Prince Kanin et pour président effectif le vicomte Kiyoura, ancien président du Conseil.

    Cette année, 13 personnes ont été lobjet des récompenses décernées par cette Société. Nous avons été fiers dy compter Mère Antonine. Félicitations !

    Pour terminer, un fait divers : Au nord de Tôkyô, dans le temple bouddhique dun modeste village, est honorée une divinité au nom bizarre de Kateki. Les chercheurs nont pas manqué de découvrir assez vite que ce nétait ni plus ni moins quune statue en bois représentant Erasme ! ! ! ! !

    Le Ministre Hollandais au Japon, Général J. G. Pabst, sest intéressé à cette curieuse découverte et les Directeurs de Musées à Rotterdam se sont émus. Ils voudraient bien mettre cette statue dans leurs collections. Le gouvernement japonais a offert ses services pour cela ; le bonze en exercice dans le susdit temple a réuni ses principaux adeptes et on sest mis daccord pour céder la statue.

    Oui ! mais les villageois, fervents adorateurs de lidole, se soucient fort peu dErasme ; ils ne veulent pas laisser aliéner leur divinité, et, dit-on, lorage gronde autour de ce pauvre Erasme, égaré dans les régions du Nirvâna bouddhique.

    Tout le monde sait que du 17e au 19e siècle les Hollandais furent les seuls étrangers autorisés à faire du commerce au Japon. Cette statue doit être une des épaves perdues sur leur passage.

    Nimporte ! Ce pauvre Erasme, à titre de chanoine de St-Augustin, vaut bien que le Bulletin prenne note de ses curieuses tribulations.

    Moukden

    Le 29 mai, a eu lieu linauguration solennelle de loratoire de Kai-Ping et la bénédiction de la statue de sa nouvelle Patronne, Ste Thérèse de lEnfant-Jésus. Le P. Lecouflet, titulaire du district, na pas trouvé de meilleur moyen pour accentuer le mouvement de conversions qui se dessine dans cette partie de son district, que de le confier à la sollicitude de la petite sur des missionnaires, dont il est tout fier de se dire le compatriote. Il avait invité, à cette occasion, Mgr Blois, qui bénit la statue de la nouvelle patronne avant dadministrer le Sacrement de Confirmation à une soixantaine de fidèles. Puissent les roses de Ste Thérèse pleuvoir abondantes en fruits de conversions parmi les païens, de bénédictions sur les nouveaux chrétiens et de consolations pour leur dévoué pasteur !

    Le C. Frère Antonin, Provincial des Frères Maristes, fit, à la même époque, une visite à la communauté des Frères du Collège franco-chinois de Moukden. Son séjour parmi nous fut malheureusement abrégé par les nouvelles alarmantes venues de Pékin : il craignit en effet, de se voir dans limpossibilité de rentrer à la capitale, où se trouvent la maison et les uvres principales des Frères Maristes en Chine. Dieu a permis que ses craintes ne se soient pas encore réalisées ; mais sa présence là-bas nen nest pas moins nécessaire pour consoler ceux de ses Frères, qui ont été brutalement séparés de leurs écoles de lintérieur et pour parer aux éventualités qui restent toujours menaçantes.

    La partie extrême-nord de la mission, qui pendant de longues années ne reçut quà de trop rares intervalles la visite du missionnaire, va désormais se trouver moins délaissée, grâce au zèle des missionnaires Canadiens. Le P. Lapierre, qui fut au Canada lun des fondateurs de la nouvelle société, et qui, le premier dentre eux, prit contact avec ce nouveau terrain dapostolat, vient dêtre désigné comme supérieur de la petite communauté canadienne en Mandchourie. Il se livre en ce moment avec activité à la construction dune résidence à Tao-Nan, lun des centres de cette future mission.

    De son côté, à lautre extrémité de la province, le P. Lane, supérieur des missionnaires de Maryknoll en Mandchourie, pose les bases dune nouvelle mission. Fou-Souen, centre de ce nouveau champ daction, va se trouver doté dune église et dune résidence, et la belle ville de Dalny aura, avant la fin de lannée, une église digne delle.

    Une réunion des résidents japonais de Mandchourie sest tenue tout récemment à Dalny. Les membres de cette réunion ont voté un manifeste, appuyé de résolutions qui laissent entendre combien le Japon est décidé à veiller sur ses intérêts en Mandchourie et à les défendre sil les voit menacés.

    La présente guerre civile, dit-il, marque un tournant de la politique des Puissances en Chine. En ce moment de crise, conformément à notre principe fondamental pour la consolidation de la paix en Orient, nous devons établir une politique positive, permanente, concernant la Mandchourie et la Mongolie, en vue de la poursuivre énergiquement.

    1. La Mandchourie et la Mongolie, étant une zone spéciale pour le Japon, doivent être tenues hors du tourbillon de la guerre civile dans une paix absolue.

    2. Le sol, les chemins de fer, les forêts et autres ressources de la Mandchourie doivent être ouverts entièrement à la sécurité des placements et des entreprises.

    3. En vue de pouvoir poursuivre cette politique positive, il faudrait établir un ministère des Colonies.

    Cest donc dans lintérêt de cette zone spéciale que le gouvernement Japonais aurait envoyé à Pékin le général Yamanashi, avec mission de donner à Tchang-Tsouo-Lin le conseil de venir se retrancher derrière la grande muraille : ce faisant, le maréchal resterait une force avec laquelle il faudrait compter, et le Sud perdrait une chance de plus denvahir la Mandchourie.

    Quoi quil en soit de ces bons conseils, plus sages, peut-être, que désintéressés, Tchang-Tsouo-Lin vient de se faire nommer dictateur et lance une proclamation, dans laquelle il dit sa volonté de rester à Pékin et dy tenir jusquau bout contre le bolchevisme.

    Cet événement na pas été sans retentissement dans la ville de Moukden. Dès le lendemain, écoles, établissements publics et administratifs offraient à leur personnel, en signe de réjouissance, un ou plusieurs jours de repos, tandis que les grandes artères de la ville sornaient partout du drapeau aux cinq couleurs. Le gouverneur civil de la province invita même les résidents étrangers à une réunion spéciale, où furent offerts, avec les félicitations de tous, les vux les plus chaleureux pour le succès du nouveau généralissime.

    Kirin

    Cette année, notre retraite annuelle et celle des prêtres chinois ont eu lieu au mois de mai. Lune et lautre ont été prêchées par le P. Cubizolles, Provicaire. Le cher Père, qui venait de prêcher déjà deux retraites en Corée, na pas hésité à simposer pour nous un surcroît de fatigue, et je tiens à lui exprimer, au nom de tous, notre reconnaissance.

    Comme chaque année, les processions de la Fête-Dieu ont pu se dérouler dans beaucoup de chrétientés. A Harbin, la procession a eu lieu tant dans la ville russe que dans la ville chinoise, avec la solennité accoutumée.

    La tranquillité, dont nous jouissons, nous apparaît dautant plus précieuse, quil est loin den être ainsi dans beaucoup de Missions de lintérieur. Dieu fasse que cette paix soit de longue durée !

    Suifu

    Le général de la 24e armée kémingtang, Lieou Ouenhoui, naguère encore simple divisionnaire à Suifu, est devenu lun des puissants chefs militaires de la province. Grâce à ses intrigues, il a réussi à abattre ou à soumettre, les uns après les autres, tous les petits généraux indépendants, qui étaient autour de lui. En ce moment, il est en train de refouler dans les marches thibétaines son vieil ami et compatriote, le général Lieou Iukiou ; et le jour où il se sera emparé de la ville de Yachow, il commandera en maître à tout le Setchouan Méridional, et il pourra se proclamer roi dune population de 15 millions dâmes. Enivré de ses récents succès, il se croit maintenant assez fort pour lutter contre la Religion chrétienne. Ne vient-il pas, en effet, de lancer une circulaire ordonnant aux écoles catholiques davoir à se conformer au programme scolaire rédigé par le gouvernement sudiste ou à fermer leurs portes. Et plusieurs de ses fonctionnaires, xénophobes haineux et anti-chrétiens, enragés, tel linspecteur de la sous-préfecture de Kaohien, vont jusquà vouloir appliquer le même règlement aux écoles de catéchisme et aux catéchuménats.

    Mgr Renault, se rendant au sacre de Mgr Valentin, coadjuteur de Mgr Giraudeau, a quitté Suifu le 26 juin. Il compte être à Tatsienlu pour la fin de juillet, si la route de Kiating à Yachow ne reste pas trop longtemps interceptée par les hostilités en cours autour de Yachow.

    Ningyuanfu

    Le P. Sirgue, parti de Yunnanfu le 22 mai, est arrivé à Houili le 1er juin. Voyage excellent. Il compte profiter de la première caravane qui montera à Ningyuanfu pour nous faire une visite. Vers le 20 mai à Foulin, bonne et joyeuse réunion de nos confrères du nord. Malgré les racontars de tout acabit, ça va. Le P. Burnichon, toujours alerte et plein de gaieté, est parti en tournée dans les gorges profondes de Pé-hiang-gai. Le P. Grosjean a réussi à récupérer une partie des objets que les Lolos lui avaient enlevés en février dernier. A Tchang-pin-tse, situation normale. Le P. Arnaud, en tournée dans le Chan-heou, annonce sa prochaine arrivée à Ningyuanfu viâ Salien et Tétchang.

    Yunnanfu

    Coup détat ou ôte-toi de là que je my mette. Soudain dans la nuit du 13 au 14 juin vers les 2 h. du matin, crépitait une vive fusillade, réveillant tout le monde en sursaut. Que se passait-il ?

    A 8 h. nous apprenions que le général Fou Joyu, mettant à exécution un plan sans doute médité depuis longtemps, avait fait cerner la maison dhabitation de son collègue, le général Long Yuin, et désarmer 200 de ses hommes casernés en ville, et cela pendant, que les troupes du général Tchang Jouy, compère du général Fou, se portaient sur les casernements du camp nord, occupés par le gros des forces du général Long. Mais celles-ci, alertées, furent vite sur pied, et, par leurs mitrailleuses braquées au bon endroit, elles décimèrent les rangs des assaillants et y jetèrent la panique. Profitant du désarroi causé, elles prirent aussitôt la clef des champs.

    Quant à Long Yuin, qui avec une garde de seulement une quinzaine dhommes tenait en échec tout un régiment, il réussit à faire négocier les conditions de sa reddition. Daprès ces conditions il avait, ainsi que les siens, la vie sauve, mais il devait renoncer au pouvoir et quitter la ville dans les 48 heures. En fait il fut retenu prisonnier.

    On estime que leur coup détat a coûté aux généraux Fou et Tchang la bagatelle de plusieurs centaines de soldats tués ou blessés, sans parler des civils, une centaine, qui trouvèrent la mort ou récoltèrent des blessures dans la bagarre. Lopinion publique saccorde à dire quun tel nombre de tués ou de blessés parmi les troupes exécutant le coup détat est dû au fait que, travaillant dans la nuit par groupes, leurs détachements se livrèrent mutuellement bataille, chaque détachement croyant tirer sur un détachement ennemi.

    Le nouveau gouvernement, rejetant le drapeau aux cinq couleurs, vient darborer le pavillon dit de Canton : fond rouge avec, à la partie supérieure près de la hampe, un carré bleu dans lequel sépanouit un soleil blanc émettant des rayons.

    La plaine de Tonghai est sous la domination des brigands. On les signale çà et là sur la voie ferrée ; le 27 juin ils tirèrent sur un train en marche.

    Du 27 au 30 mai la ville de Péyentsin fut occupée par les pirates qui firent à toutes les familles des visites intéressées. La ville de Tayao eut le même sort.

    Kouiyang

    Le P. Terrat est décédé le 23 juin à 11 heures ½ du soir. Depuis plusieurs mois il souffrait de douleurs intestinales à peu près continues, qui lui enlevaient lappétit et le privaient de sommeil. Environ trois semaines avant la mort, ces maux de ventre disparurent, mais par contre survinrent de violentes douleurs à la tête et au côté gauche, que le cher malade supporta avec une grande patience. Il put néanmoins célébrer tous les jours la sainte messe jusquau jeudi 16 juin, fête du Très Saint Sacrement. Jusquau dimanche 19 le patient passa son temps tantôt dans son lit tantôt sur sa chaise ; mais les forces déclinaient rapidement ; et, à partir du 19, il lui fut impossible de quitter le lit. Le lundi 20, ayant toute sa connaissance, il reçut avec piété les sacrements des mourants. Dans laprès-midi du mercredi 22, son état saggrava subitement et ne cessa dempirer jusquau moment où survint la mort.

    Les funérailles furent célébrées le lundi 27 juin.

    Dans le courant du mois de juillet, le P. Darris doit faire une tournée dans les régions de lest de la province, où lattendent de nombreux nouveaux chrétiens, fruits de la semence quil jeta lors du voyage quil fit pour distribuer des secours aux affamés. Les trois Pères allemands, missionnaires du Sacré-Cur, destinés à lévangélisation de cette partie du Kouy-Tcheou, laccompagneront et prendront ainsi un premier contact avec leurs futures ouailles.

    Les PP. Passionnistes, que lattitude persécutrice des armées rouges avait forcés de fuir et qui sétaient réfugiés à Kouiyang, viennent ou sont sur le point de regagner, par des voies diverses, leur mission du Hounan.

    Lanlong

    Le P. Epalle écrit que les délégués rouges envoyés par Nanning sen sont retournés. Ils avaient obtenu des éléments avancés de lendroit que fussent dénichées les idoles de tous les temples de la ville ; léglise catholique, que le fanatisme imbécilement égalisateur de ces gens-là assimilait à une vulgaire pagode, ne devait pas faire exception à leur vandalisme, si le missionnaire voulait être reconnu officiellement comme chef. Mais des proclamations protectrices étant arrivées sur ces entrefaites, les choses sont restées dans le statu quo et les iconoclastes ont regagné Nanning. Aucune nouvelle inquiétante à enregistrer au cour du mois écoulé, sauf de ci de là quelques pillages.

    Canton

    Le dimanche, 19 juin, le P. Thomas a célébré le 25ème anniversaire de son ordination sacerdotale. Léglise cathédrale était magnifiquement ornée. A la grandmesse, le jubilaire était assisté par les Pères Le Tallandier et Lesaint, remplissant respectivement loffice de diacre et de sous-diacre.

    Interrogé au sujet du renouvellement des passeports, le Délégué des Affaires Etrangères a répondu que seul son Département pourrait lopérer, à lexclusion des Autorités locales de lintérieur.

    Mgr Walsh a eu à se plaindre du Préfet de Chek-kai, qui excitait le peuple à piller la Mission Catholique.

    Les armées rouges du Fou-Nan prépareraient, pour une date, dit-on, assez rapprochée, une attaque contre Canton.

    Swatow

    Laccalmie, produite par la chasse donnée aux Rouges par les Nationalistes, a permis aux chrétiens du P. Werner de fêter joyeusement les 25 ans de leur Pasteur. Des coins les plus reculés de son vaste district, et même des districts voisins, des délégations nombreuses étaient venues avec pancartes et panneaux brodés ou peints pour dire à lheureux jubilaire, quentouraient plusieurs Confrères et Prêtres chinois, leur affection et leur reconnaissance pour son infatigable dévouement et les innombrables services rendus aux riches et aux pauvres pendant les 20 ans de son fructueux apostolat au Tchaoyang,

    Tous, Missionnaires et Chrétiens, après le souhait traditionnel : Ad multos annos ! se sont donné rendez-vous pour les Noces dor. Fiat !

    Pakhoi

    Nous avons reçu des nouvelles de nos deux confrères actuellement en France. Le P. Grégoire est allé faire une saison à Vichy et écrit quil va beaucoup mieux. Le P. Hermann demande les prières de ses amis pour lâme de son père, mort entre ses bras huit jours après son arrivée au pays natal. Toute la mission de Pakhoi compatit au deuil de notre confrère et de sa famille.

    Les Pères Baldit et Ferrand sont revenus de Béthanie ; puisse le premier pouvoir rentrer bientôt dans sa résidence, doù, jusquici, nont pas voulu déguerpir les soldats, qui sy sont installés depuis 16 mois déjà !

    Un autre revenant à signaler encore. La Bretagne nous a enfin rendu un Père Poulhazan entièrement remis à neuf, si les apparences ne sont pas trompeuses. Les trompettes de la Renommée nous font entendre que les forces, dont il a fait provision, vont être mises à lépreuve au Séminaire. Dieu veuille les y garder longtemps intactes !

    Ces trois retours mettent au présent tableau un rayon de joyeuse lumière. Nous avons quelques ombres à y ajouter. Le 7 juin, un groupe de soldats a pénétré de force dans une chapelle, déchiré les tableaux et images pieuses, arraché la porte du tabernacle, heureusement vide, et ne sest retiré quaprès avoir tout souillé et mis dans le plus grand désordre. Ce fait et dautres , se produisant après les ordres affichés pour le respect et la protection des biens et des personnes des Etrangers, montre quel fond nous pouvons faire sur les belles promesses du gouvernement modéré, tant quil naura pas plus dautorité effective.

    Terminons en signalant que, pour la septième fois en deux ans, le cimetière français de Pakhoi a été profané, les croix arrachées et une pierre tombale descellée. Chaque fois quon le répare, les malfaiteurs recommencent leur petit jeu, et aux réclamations du Consul les autorités chinoises répondent : Nous vous permettons de placer là un gardien, pourvu quil ne soit pas armé !. Respectons-nous assez pour ne faire aucun commentaire.

    Nanning

    Depuis plus dun mois, une épidémie de choléra sévit à Nanning, à Longtcheou et à Kouihien. Pour Nanning seulement, les derniers journaux annonçaient 79 décès sur 200 malades atteints de cette terrible maladie. Il y aurait eu aussi quelques cas de peste bubonique. Pour enrayer ces terribles fléaux, le bureau sanitaire de la cité de Nanning a promis une prime aux destructeurs des animaux ou insectes, qui sont censés les convoyer :

    Pour une once de mouches détruites, 3 dollars.
    Pour un gros rat de plus de 8 onces, 12 sous.
    Pour un rat moyen de plus de 4 onces, 8 sous.
    Pour un rat de moins de 4 onces, 4 sous.

    Pendant ce temps, les gens simples, que toutes les palabres ne sont point parvenues à convaincre de linexistence du diable, font superstitions sur superstitions et brûlent force pétards pour tâcher dapaiser ou deffrayer les esprits malfaisants, qui viennent semer ces germes dépidémies.... La vieille Chine nest pas encore morte...

    Quinhon

    Le P. Priou nous est revenu de France le 1er juillet et va reprendre dans quelques jours son ancien poste au Kontum ou un poste voisin.

    Monseigneur, le 27 juin, a conféré les ordres mineurs à 7 tonsurés, et, le 28, il a ordonné neuf prêtres et un diacre.

    Dans le compte rendu de la Société qui vient de nous parvenir, une erreur au tableau nous supprime 87 écoles et 2.605 élèves. Avis aux amateurs de statistiques !

    La brousse disparaît ! Lélectricité est apparue à notre imprimerie le 15 juin, et, dans quelques jours, les presses à bras auront vécu. Remercions-en le P. Rey (Mission de Phat-diêm), qui a bien, voulu employer ses vacances à nous rendre ce grand service,

    Hué

    Le Père Chaiget vient davoir une hémorragie cérébrale. Il a été transporté durgence à lhôpital. Etat très grave. Voilà ce que, dans laprès-midi du 8 juin, les confrères des différents postes de la capitale apprenaient à leur grande surprise.

    Descendu de ses hauteurs de St. Joseph-des-Monts, le P. Chaiget était arrivé à Hué le matin, avec lintention dy passer deux jours, pour remplir ses fonctions de confesseur extraordinaire de plusieurs communautés religieuses. Après quelques courses en ville, il se rendit à la Procure pour le dîner. Durant le repas, il causa comme de coutume, sans faire paraître aucun signe de lassitude ou de malaise. Vers une heure, il saffaissa. De suite on alla chercher un docteur, qui, après avoir diagnostiqué une hémorragie cérébrale avec hémiplégie du côté droit, pratiqua une saignée abondante.

    Le malade fut, dès lors, privé de lusage de la parole, mais il avait encore sa connaissance. A 7 h. il reçut lExtrême-Onction. A la petite exhortation que lui fit laumônier de lhôpital, il répondit par un signe de la main gauche, qui semblait vouloir dire : Merci. A minuit il entra dans le coma, et douze heures après il rendit son âme à Dieu. Ce départ si brusque du bon P. Chaiget pour son éternité nous a grandement surpris et attristés. Ce qui allège notre douleur, cest que le cher disparu était un homme à la foi vive, un prêtre pieux et régulier.

    Sa vie de missionnaire comprend deux parties bien distinctes. Quelques mois après son arrivée à Hué (juin 1885 ), il fut nommé par Mgr Caspar procureur de la mission. Il remplit cette charge, à la grande satisfaction des confrères, près de douze ans. En janvier 1897, il prit la direction du nouvel orphelinat agricole, réorganisé à Thanh-Tân, et des chrétientés de Son Quả et Son Công. Avec les jeunes gens et jeunes filles, qui sortaient de la ferme, il fonda un village entièrement chrétien. Consolations et déboires ne lui manquèrent pas dans ce poste, mais il nen laissait jamais rien paraître. Confiant, malgré tout, en la bonne Providence, quil tâchait dimiter dans ses relations avec les orphelins, dont il avait la charge, il continuait tranquillement son uvre, sans être rebuté par les difficultés dun ministère parfois bien ingrat. Les enfants prodigues, qui le quittaient, étaient toujours lobjet de ses sollicitudes, et grande était sa joie quand il apprenait que lun ou lautre avait fini sa vie daventures sur un lit dhôpital ou près dune famille chrétienne, où il avait eu la chance de trouver les secours de notre sainte Religion. Plaise à Dieu que le bon missionnaire, que fut le Père Chaiget, devienne rapidement un puissant intercesseur pour ses chers enfants de St-Joseph de Thanh-Tân et pour nous tous !

    Le P. Delvaux nous est revenu de France le 30 juin. Il paraît tout à fait rajeuni et plein de santé. Quà ses 25 ans de prêtrise, dont il a célébré lanniversaire durant la traversée, il puisse en ajouter 25 autres, remplis de mérites devant Dieu et devant les hommes !

    Malacca

    Singapore vient de célébrer un double jubilé : le Supérieur du Séminaire St-François-Xavier et le Procureur de la Société ont heureusement accompli leurs vingt-cinq ans de sacerdoce. Trois Evêques et seize Confrères faisaient une couronne dhonneur aux chers Jubilaires. Agapes fraternelles suivaient une séance dramatique bien réussie donnée par les Séminaristes du Père Auriol. Rendez-vous donné aux héros de la fête pour les noces dor dans vingt-cinq ans.

    Notre nouveau Gouverneur, catholique, est arrivé et, le lendemain de son débarquement, assistait officiellement et en grand costume aux offices de la Cathédrale. Il vient dobtenir de Rome la permission davoir une chapelle privée au Palais du Gouvernement et dy garder la sainte Réserve. Les fidèles nétaient pas peu édifiés de voir son Excellence recevoir la sainte Communion pendant la GrandMesse le jour de la Confirmation et de la Communion solennelle de leurs enfants, humblement mêlée à ceux-ci à la sainte Table.

    Birmanie Méridionale

    Mgr Perroy a ordonné deux nouveaux Prêtres indigènes. Cela nous donne en tout, pour cette année, un renfort de trois nouveaux prêtres. Puisse ce nombre se maintenir chaque année ! Autrefois, nous recevions des nouveaux Confrères, à raison de 2 et 3 par an aussi. Et maintenant !!! Ces beaux jours reviendront-ils ?

    Le Père Chave a reçu lordre de rentrer immédiatement en France. Depuis plus dun an, sa santé laissait bien à désirer. Il lui faut maintenant le climat du pays pour le remettre. Bon voyage, prompte guérison et heureux retour !

    Le Père Boulanger nous a causé une peur sérieuse. Fièvre typhoïde disait-on. Vu lâge du cher malade, que de difficultés pour le tirer de cette longue maladie ! Enfin au bout de quelques jours est arrivée la bonne nouvelle : ce nest pas la fièvre typhoïde ; le malade est hors de danger. Il doit sûrement cela aux ferventes prières offertes pour lui partout, et surtout aux prières des Religieuses de St-Joseph, quil dirige depuis environ 34 ans.

    Le Père Fargeton, Supérieur de lAsile des lépreux de Rangoon, a célébré, le 22 juin dernier, son 25e anniversaire dordination. Mgr et 23 Confrères entouraient le cher Jubilaire. Ce fut une fête très réussie, depuis la Messe solennelle quil célébra pour ses chers lépreux jusquau dîner, où fut rappelé ce que fit le Père dans les nombreux postes qui bénéficièrent de son zèle et de son activité. Le voilà maintenant Supérieur des deux principales uvres de charité de la Mission : lAsile des lépreux, qui compte 186 malades et que le Père est en train de rebâtir entièrement, et la nouvelle uvre des incurables (Bishop Bigandet Home for Incurables). Celle-ci, plus officielle que la première, ajoute une bien grosse charge au travail ordinaire de lAsile. Ce nest pas ce qui effraie le zèle du jubilaire, si la santé se maintient. Espérons-le et : ad multos annos !

    Figurez-vous qua germé dans quelques cerveaux lidée dabolir tous les rickshaws de Rangoon. Mon Dieu ! comment allons-nous véhiculer, nous, pauvres diables, qui ne pouvons nous payer de motor cars !

    Birmanie Septentrionale

    La Birmanie joue ; ainsi le veut le Gouvernement ! Dame ! cest quil lui faut de largent pour bâtir sa fameuse Université de Rangoon ; et de largent, il veut bien en donner un peu, ce bon gouvernement, mais il est si pauvre ! Et puis, que les futurs bacheliers, licenciés, docteurs souscrivent donc, nest-ce pas pour eux que la plus célèbre Université du monde va être fondée ?

    Et cest ainsi que le Gouvernement, pour ramasser le plus dargent possible, a, dans sa sagesse, trouvé le vrai filon : le jeu, le jeu que les Birmans adorent et auquel ils se ruinent. Depuis un mois, lon dirait que Monte-Carlo sest transporté en Birmanie, et, si les roublards du jeu ignorent la roulette ou le trente-et-quarante, ils connaissent fort bien, par contre, celui des 36 animaux, et longue queue fait la foule devant la table fatidique, qui doit les enrichir ou les ruiner. Le banquier (le gouvernement) empoche sur la mise et les gains. Que voulez-vous ? Il lui faut son Université !

    Ignore-t-il les crimes, les cas de folie, les vols que ces jeux occasionnent et que signale la presse locale, en faisant une critique plutôt acerbe de linitiative gouvernementale ?

    Laos

    Si jamais on a vu un évêque courir par monts et par vaux, sans trêve ni repos, cest bien Mgr Gouin. Il revient à peine du sud, où, trois mois durant, il a visité cette partie de la Mission, que déjà il est sur le point de se rendre dans la partie nord. Cest à croire quil nest jamais fatigatus ex itinere. La nouvelle expédition se fera, il est vrai, principalement en chaloupe, cependant les chevauchées nen seront pas absentes. Mgr se propose de visiter le vaste district de Phonphivai, confié à notre unique mais très zélé prêtre laotien ; le P. Antoine Mun. Les centres principaux de ce district, qui auront lhonneur de recevoir Monseigneur, sont Phon-Sung et Muang-Khuk, distants lun de lautre dune journée et demie de marche. MuangKhuk est le poste le plus avancé dans le nord de la partie siamoise de la Mission. Il fut fondé, il y a 32 ans, par le P. Rondel, il sest développé sous la direction du P. Contet et sest maintenu sous la paternelle tutelle du P. Jantet.

    De Muang-Khuk, Mgr montera à Ventiane, capitale du Laos, où il doit, de toute nécessité, régler avec le P. Delalex, curé de la paroisse, linstallation des religieuses du Cur Immaculé de Marie.. Après quoi, Mgr gagnera Song-Khon, où le P. Figuet se propose de lui présenter bon nombre de confirmands tant adultes quenfants. Et enfin ce sera le retour à Nong-Seng où, entre les séances de travail de bureau, Mgr pourra, en manière de délassement, rêver de nouvelles chevauchées dans ses courses futures.

    Hongkong

    Procures. Par décision de Mgr le Supérieur du Séminaire et de la Société, le P. Gerey, actuellement Titulaire de la Procure de Saigon, a été nommé Titulaire de la Procure de Shanghai en remplacement du P. Souvey décédé, et le P. Gauthier-Drapier, actuellement Assistant-procureur à Hongkong, a été nommé Titulaire de la Procure de Saigon.

    Le P. Samson, actuellement Assistant-procureur à Shanghai, remplacera le P. Gauthier-Drapier à Hongkong.

    Mysore

    Nous apprenons avec plaisir que le P. Mathevet se remet rapidement en respirant lair natal. Une lettre, reçue récemment de lui, le confirme avec enthousiasme. Nos autres malades vont aussi beaucoup mieux. Personne ne parle plus de la maladie du P. Cochet, et le P. Bozon, grâce au repos quil prend à la montagne, est aussi en voie de guérison.

    Par décision de lInspecteur des Ecoles, les trois sections du Collège devront maintenant sappeler respectivement : St-Josephs College, St-Josephs European High School, St-Josephs Indian High School. Beaucoup regretteront que notre école européenne, celle qui a fait le renom du Collège, parce que la plus ancienne de toutes, perde maintenant droit à son nom primitif.

    Séminaire de Paris

    Le dimanche 15 mai, invités par Mgr Marnas, Mgr le Supérieur et Mgr Chambon ont présidé à Clermont la grande fête annuelle de N.-D. du Port. Mgr Binet, évêque de Soissons, y était aussi présent.

    Le 21 mai, Mgr Boucher, Directeur Général de la Propagation de la Foi, et Mgr Olichon, Directeur de luvre de St-Pierre Apôtre ont déjeuné au Séminaire, et, le soir, à N.-D. des Victoires, Mgr le Supérieur a présidé et pris la parole à la clôture de la journée de prières pour les missions la première du genre organisée par zèle de Mgr Boucher.

    Le 24 mai, M. Robert a donné au Comité de lAsie Française, une conférence sur la Chine.

    Le jour de lAscension, à la prière de labbé Glantenay, le directeur de lEcole St-François de Sales à Dijon, Mgr le Supérieur y donnait la confirmation à une trentaine délèves et profitait de loccasion pour visiter pieusement les souvenirs du Vén. Just de Bretenières, dont le précieux dépôt est soigneusement gardé tant au collège lui-même, qui est lancien hôtel Bretenières (avec la chambrette du martyr conservée telle quelle), quau château de Bretenières, à 10 kilomètres de Dijon. Une croix y marque lemplacement de lépisode très authentique de la vie du Vénérable, appelant à lâge de 5 ans son frère plus jeune pour écouter avec lui, loreille contre terre, les petits Chinois qui lappelaient.

    M. Boulanger, retour dAngleterre, est arrivé le 27 mai. Avec le procureur de Londres M. Milliet, et M. Couvreur, il a pu assister aux obsèques de M. Lesgourgues.

    Le 29 mai, Mgr le Supérieur, après avoir donné la confirmation aux élèves de lExternat de la rue de Madrid, présida laprès-midi, à St-François-Xavier, la cérémonie solennelle de la clôture du triduum célébré en lhonneur du Bienheureux Salomon, Frère des Ecoles Chrétiennes, martyr de la Révolution.

    Le même jour, Mgr Chambon présidait les vêpres à léglise St-Germain-des-Prés, où se célébrait la fête locale.

    Aux aspirants de Paris, mentionnés dans le dernier numéro comme devant prendre part à lordination du 29 juin, il y a lieu dajouter ceux de Bièvres : 1 minoré et 6 tonsurés.

    Le 31 mai, Mgr Chambon administra le sacrement de confirmation à lInstitution Sévigné, à St-Mandé, et Mgr le Supérieur partit pour Chartres pour y prendre part aux fêtes mariales.

    Ont été admis comme aspirants : MM. Jean Duvernay (Autun). Jean Moro (Rodez), Edmond Dechaux (Besançon).
    1927/502-520
    502-520
    Anonyme
    France et Asie
    1927
    Aucune image