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Chronique des Missions et des Etablissements communs 6

Chronique des Missions et des Etablissements communs 6 Tôkyô Le dimanche 15 avril, les chrétiens de Tôkyô fêtaient le premier évêque japonais, Mgr Hayasaka, évêque de Nagasaki, revenu récemment dEurope et dAmérique.
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    Chronique des Missions et des Etablissements communs 6
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    Tôkyô

    Le dimanche 15 avril, les chrétiens de Tôkyô fêtaient le premier évêque japonais, Mgr Hayasaka, évêque de Nagasaki, revenu récemment dEurope et dAmérique.

    Mgr Hayasaka a célébré le matin, à Sekiguchi, une grandmesse pontificale, à laquelle assistaient de nombreux groupes de toutes les paroisses de Tôkiô. Au cours de la cérémonie, Mgr Chambon lui présenta ses vux. A lissue de la messe, des représentants de chacune des paroisses de Tôkyô lui adressèrent des compliments. Une première réunion avait lieu à 1 heure et demie de laprès-midi dans la grande salle des séances du journal Hochi. Après que lamiral Yamamoto eut souhaité la bienvenue à Sa Grandeur et exprimé les souhaits des chrétiens, divers orateurs prirent la parole. M. Matsuoka Shinichiro, du ministère des Affaires étrangères, entretint lauditoire de la situation de lEglise Catholique dans le monde, et le P. Candau traita le sujet apologétique : lEglise Catholique dans lEvangile. Puis Mgr Hayasaka, dans une conférence qui dura près de deux heures, raconta ses principales impressions dans la tournée quil venait de faire en Europe et en Amérique. Il dit, en particulier, combien il avait été touché des témoignages de foi et de générosité donnés par les catholiques de France, de la vitalité des uvres catholiques en divers pays, de la sympathie et de lesprit de fraternité que favorise entre citoyens des divers pays, ainsi quil lavait personnellement constaté, la profession de foi catholique. Le soir, un banquet réunissait 250 convives au Club Josui, dans les dépendances de lEcole Supérieure de Commerce. Avant le repas, une croix pectorale fut offerte au nouvel évêque, au nom des chrétiens de Tôkyô. Durant le banquet, S. E. le Délégué Apostolique porta un toast à Leurs Majestés lEmpereur et lImpératrice du Japon ; Mgr Chambon, archevêque de Tôkyô, au Souverain Pontife, qui avait voulu consacrer lui-même le premier évêque japonais, et lamiral Yamamoto à Mgr Hayasaka.

    Les jours suivants, il y eut en lhonneur du nouvel évêque des réceptions à la Délégation Apostolique, au ministère des Affaires étrangères, chez le baron Fujita, le donateur dont nous avons parlé dans le dernier Bulletin, et aux ambassades de France et de Belgique. Puis, à la fin de la semaine, Mgr Hayasaka prit le chemin de Nagasaki, son siège épiscopal, devant sarrêter en cours de route à Osaka, où on lui avait préparé également des réceptions.

    Mgr lArchevêque de Tôkyô est allé lui-même à Nagasaki pour introniser le nouvel évêque dans sa cathédrale, la vieille église où eut lieu la découverte des anciens chrétiens par Mgr Petitjean, en 1865.

    Pasteurs et fidèles de lEglise du Japon sunissent pour adresser à son premier évêque le souhait traditionnel : Ad multos annos !

    Une série de représentations et de concerts ont été donnés récemment à Tôkyô, Yokohama et Shizuoka au profit des uvres catholiques.

    Les 18 et 19 avril, avait lieu à Tôkyô, au Nihon Seinenkwan (Salle de la Jeunesse Japonaise), une représentation de charité pour contribuer à létablissement dun futur hôpital à Tôkyô, organisée par les Dames catholiques et comprenant musique et danses japonaises. Puis les RR. PP. Salésiens dItalie, qui, depuis deux ans, sont établis dans la partie Est du Kyûshû, ont cordialement prêté le concours des artistes quils comptent parmi eux : les PP. Cimatti, supérieur, Margiaria et Liviabella, pour venir en aide à nos confrères. Les 28 et 29 avril, ils ont exécuté un programme varié de morceaux dopéra, de musique religieuse ancienne, de chants populaires italiens et de chants japonais, dans la Salle de Gymnase de lEcole des Surs de Yokohama, au profit de la future église que le Père Lemoine se propose de bâtir.

    Le 1er mai, en deux séances, les RR. PP. donnaient le même programme à Tôkyô, au Seinenkwan déjà mentionné, pour les uvres du Père Breton. Enfin, le 3 mai, à Shizuoka, dans une grande salle de la ville, les artistes, comme à Tôkyô et Yokohama, émerveillaient leur auditoire, peu accoutumé à entendre des missionnaires exécuter avec un pareil talent des uvres italiennes de premier choix, ainsi que des chants japonais, dont les uns étaient donnés avec la musique déjà connue, et les autres, grâce au talent de composition du Père Cimatti, revêtaient une forme toute nouvelle, les uns et les autres soulevant lenthousiasme des auditoires. Les bons Pères, dont le dévoûment est inlassable, ont continué dans la Mission dOsaka leur tournée de concerts.

    Le samedi 28 et le dimanche 29 avril, le Père Flaujac faisait donner par ses Jeunes Gens, à la Salle des uvres de Sekiguchi, une séance récréative, et, le dimanche, faisait tenir un bazar dans les jardins de la Mission. Le produit de ce bazar ainsi que de la quête faite à la séance était destiné à la construction du grand séminaire catholique pour tout le Japon, le terrain destiné à cette uvre étant déjà acheté à Musashi no Seki, à 20 minutes de tramway dans la banlieue nord-est de Tôkyô.

    Le dimanche 29 avril, on fêtait au poste de Tsukiji les noces dor du poste en même temps que les noces dargent du pasteur actuel, le Père Giraudias. Mgr Chambon se trouvant retenu à Shizuoka ce jour-là, Mgr Rey a présidé la fête et donné la Confirmation. Le Père Bonnet, prêtre de la même ordination et du même départ que le Père Giraudias, était venu jusque des îles éloignées du Hirado, pour donner à son confrère un témoignage de fraternelle sympathie. Les confrères, retenus dans leur poste, sont venus le lendemain fêter dans un repas gai et cordial les noces dargent du bon Joseph. auquel tous souhaitent encore de longues années avec les succès que mérite son dévoûment.

    Le 4 mai.

    Notes sur les débuts du poste de Tsukiji à Tôkyô
    (A loccasion des noces dor de son église).

    Le 9 juin 1874, le P. Marin acheta le terrain de Tsukiji (2 lots). En août, on commença les constructions : maison et chapelle provisoire. Le 8 septembre, Mgr Petitjean inaugura la chapelle et la maison du P. Marin à Tsukiji. En avril 1875, le P. Midon, alors interprète de la Légation de France, sinstalle à Tsukiji. Le 11 octobre, le P. Marin est envoyé à Hakodaté, et le P. Lemaréchal le remplace à Tsukiji.

    Le 11 mars 1877, le P. Lemaréchal baptise solennellement une cloche, quil avait commandée en France et pour laquelle il avait fait construire un clocher. Le parrain fut M. Thibaudier, ingénieur de la marine à Yokosuka ; la marraine fut Mme Dubousquet, femme de lattaché militaire à la Légation de France. Plus tard, une cloche plus grosse fut donnée par M. Boissonade, léminent légiste qui aida les Japonais à la compilation de leurs nouveaux Codes.

    Le 2 juillet 1877, Mgr Osouf, sacré à Paris le 11 février par Mgr Forcade, 1er évêque du Japon, depuis évêque de Nevers et archev. dAix, débarquait à Yokohama avec le P. Pettier, missionnaire au Japon depuis 1868, et trois nouveaux missionnaires : les PP. Tulpin, Ballanche et Balette. Mgr Osouf, qui donna la Confirmation le 15 août dans la chapelle de Tsukiji, décida de consacrer, à bâtir sa cathédrale, les 20.000 francs, donnés par le Comte Daru en souvenir de son fils mort dans un accident à Yokohama. Le 3 décembre, fête de St François-Xavier, Mgr Osouf, dont le goût très sûr sétait développé dans létude de Viollet-Leduc, sétait fait larchitecte de sa cathédrale. Lentrepreneur était un Japonais, Murakami Yoshibei, qui, après avoir suivi avec une docilité aveugle les directions qui lui étaient données, sextasiait, une fois lédifice achevé, devant la petite merveille quil avait réalisée sans le savoir.

    En mai 1878, Mgr Osouf se rendit à Osaka pour inviter Mgr Petitjean, Mgr Laucaigne et le P. Cousin, alors provicaire, à linauguration de la nouvelle cathédrale. Le 15 août 1878, eut lieu la bénédiction solennelle de la cathédrale St Joseph par Mgr Petitjean. Le P. Cousin y assistait ; Mgr Laucaigne navait pu sy rendre. Léglise était comble, les chrétiens des autres postes de Tôkyô étant venus grossir les rangs des ouailles de la paroisse. Le Gouvernement japonais, sur la demande de M. Dubousquet, avait prêté sa musique militaire. Après les Vêpres, eut lieu une procession autour de léglise. La statue de la Sainte Vierge était portée par les enfants de lécole des Dames de St Maur, installées à Tsukiji depuis le mois daoût 1875. Le maître-autel et la lampe du St-Sacrement avaient été donnés par Mgr Forcade ; la statue de la Sainte Vierge, par le comte Daru. M. Boissonade avait fait don du lustre de son salon.

    Du 1er septembre 1877 au 31 août 1878, 209 baptêmes furent administrés dans la paroisse de Tsukiji.

    A la fin de novembre 1878, le P. Lemaréchal, nommé à Morioka, était remplacé à Tsukiji par le P. Evrard.

    Depuis cette date, se sont succédés à Tsukiji, comme pasteurs de la paroisse : P. Evrard, de 1879 à 1890 ; P. Vigroux, de 1890 à 1897 ; P. Evrard, de 1897 à octobre 1909 ; P. Harnois, doctobre 1909 à novembre 1910 ; P. Evrard, de novembre 1910 à août 1912 ; P. Beuve, de décembre 1912 à octobre 1913 ; P. Tonooka, doctobre 1913 à octobre 1917 ; P. Steichen, de novembre 1917 à août 1921 ; enfin le P. Giraudias, le curé actuel, depuis cette date.

    Comme nous lavons mentionné dans le Bulletin de juin 1927, lancienne cathédrale bâtie par Mgr Osouf, détruite dans le tremblement de terre du 1er septembre 1923, a été remplacée par une nouvelle église construite sur le même emplacement, et dont linauguration a eu lieu le 10 avril 1927.


    Hakodaté

    Extrait du Kô-myô (Revue hebd, des Franciscains de Sapporo, 29 Avril 1928).

    Après avoir donné les renseignements déjà publiés dans le Bulletin, le Kô-myô ajoute les intéressants détails ci-après touchant la part prise, à loccasion de lélévation de Mgr Hayasaka à lépiscopat, par des autorités et par le public en général de la ville de Hakodaté.

    Le 8 avril, à 5 h. 30 P. M., eut lieu dans la grande salle des Réunions Populaires un meeting, dû à la gracieuse initiative de MM. Satô, maire de Hakodaté, Saïtô, Directeur du Bureau de lEnseignement, Matsushita, Président du Conseil Municipal, et Chiba, dévoué catholique, Rédacteur du Maïnichi. Toutes les classes de la haute société y étaient représentées. Au premier rang, les autorités civiles ; puis, les notables de la cité, les délégués de tous les journaux de la ville, les représentants du Bouddhisme et du Shintoïsme (une vingtaine, environ). Trente catholiques avaient été désignés pour veiller au bon ordre et faire les honneurs de la réunion.

    Vers 7 h. du soir, Mgr Hayasaka, en tenue dEvêque, se leva, pour remercier là noble assistance de lhonorable accueil dont il était lobjet. Il parla ensuite pendant deux heures sur les points ci-après : état du catholicisme en Europe ; devoirs et responsabilité des ministres de la religion. Puis il aborda franchement la question religieuse au Japon dans le moment présent, en face de ces 600 auditeurs de mentalités si différentes, mais unis du moins dans le sentiment des convenances imposées par la nature de cette réunion. De son côté, Mgr Hayasaka sut employer les habiletés dune délicatesse respectant toujours les personnes pour les orienter plus facilement vers la vérité, tellement quil réussit à subjuguer son auditoire sous le charme de son éloquence.

    Au moment de sa péroraison, ladmiration se traduisit de la part de tous par de longs applaudissements.

    Cette conférence, conclut le Kômyô, prononcée en présence de la classe élevée de la ville, aura dheureux résultats pour la propagation du catholicisme.


    Taikou

    Le mois davril, dordinaire égayé par la perspective de la retraite prochaine, a été, cette année, rempli des inquiétudes qua données la santé de Mgr Demange. Quoique indisposée, Sa Grandeur a voulu faire face à toutes ses occupations. Mais la Faculté consultée a décidé le repos absolu et par conséquent un séjour à lhôpital.

    Monseigneur est donc entré à lhôpital, où quelque temps auparavant lavaient précédé les Pères Mialon et Bulteau. Ceux-ci vont beaucoup mieux et nous reviendront bientôt.

    La retraite nayant pas pu être contremandée à temps, les confrères sont arrivés et se sont trouvés presque au complet ; seul le Père Lacrouts na pas pu affronter la fatigue du voyage. Pendant une semaine ils ont renouvelé leurs provisions de surnaturel et même de belle humeur, car, grâce à Dieu, la santé de Monseigneur allait chaque jour saméliorant.

    Le P. Bulteau a savouré la légitime joie de sa première destination ; il a été nommé au poste de Fusan, où il remplace le P. Deslandes, appelé à seconder le P. Mousset à la procure.

    De plus, une fête intime a clôturé la retraite : le P. Tourneux a célébré, entouré de tous ses confrères, ses noces dargent sacerdotales. Il passe donc au nombre des anciens, comme le lui a dit lorateur du jour. Mais cela ne le fait pas songer au repos, puisque, à peine achevées une jolie église et une agréable résidence à Kasil, il se remet à bâtir à Oakoan, où grandissent les sérieux espoirs dun nouveau centre important.

    Quelques mutations parmi les prêtres coréens ont déterminé la création de deux nouveaux postes ; ce qui porte à 31 le nombre des districts de la Mission.

    En faisant plus ou moins de crochets.... tous les confrères ont regagné leurs postes, excepté pourtant le P. Mialon qui attend lachèvement de sa résidence, et le P. Bulteau qui a dû subir une nouvelle légère opération.

    Vu les circonstances, ne pouvant pas faire en commun à Taikou leur retraite annuelle, les prêtres indigènes la feront par provinces.

    La maladie visite maintenant le clergé indigène, obligeant deux prêtres et un séminariste à entrer, eux aussi, à lhôpital. Il faut croire que la Providence, qui depuis 1923 a daigné épargner les vies de ses ouvriers dans la Mission, veut leur rappeler leur fragilité !

    En ce qui concerne Monseigneur, la création toute récente dun laboratoire de bactériologie à Taikou a permis les analyses, qui ont révélé la présence dans le sang dune notable quantité durée ; elle explique les fréquentes et violentes céphalalgies dont souffre Sa Grandeur et fait entrevoir un rétablissement qui pourra être total, mais sera très lent.

    Le 9 mai.

    Moukden

    Avec le printemps recommence, plus grande encore que lan dernier, limmigration des Chantonnais en Mandchourie. De nouveau des services de transport spéciaux ont dû être établis. La misère, le manque de confort et dhygiène rendent ces longs voyages extrêmement pénibles, et la maladie fait souvent, chez les enfants surtout, daffreux ravages.

    Sur Félicie, de la Providence de Portieux, qui sadonnait depuis quelque temps avec beaucoup de zèle à luvre des baptêmes denfants in articulo mortis, eut lidée de se rendre plusieurs jours de suite à la gare japonaise au moment de larrivée du train des réfugiés. Le nombre des petits moribonds quelle y trouva, abandonnés pour la plupart, fut si grand quelle put administrer jusquà quarante et cinquante baptêmes par jour.

    Cest en se livrant à cette pieuse et consolante besogne que la Sur contracta une maladie qui lemporta en quelques jours, victime de sa charité. Elle séteignit le 19 avril au matin, parfaitement résignée, heureuse même daller rejoindre, plus tôt quelle ne lavait espéré, les nombreuses âmes à qui elle avait ouvert les portes du ciel. Sur Félicie, la plus jeune des Religieuses de la Providence de Mandchourie, nétait en Mission que depuis un an et demi.

    Au cours du mois dernier, le Bureau de lInstruction publique de Moukden a fait procéder à une inspection minutieuse des écoles privées de la ville. Comme suite à cette démarche, et sappuyant sur le rapport qui lui a été fait par les inspecteurs sur chaque école visitée, M. le commissaire de linstruction publique a fait paraître une note officielle dont voici le résumé.

    Sur 21 écoles privées établies à Moukden, six seulement ont obtenu une mention favorable et reçu des éloges ou des encouragements. La première nommée est lécole Toung-Tsai, (caractères chinois), école fondée et soutenue par le général Tchang-Siue-Leang, fils du Maréchal Tchang-Tsouo-Lin. Viennent ensuite les deux écoles secondaires de la Mission catholique : lEcole Franco-Chinoise, (caractères chinois), dirigée par les Frères Maristes, et lécole secondaire de filles Etoile de la Mer, (caractères chinois), confiée aux Surs de la Providence.

    Les quinze autres écoles privées, pour une raison ou pour une autre, ont été jugées plus sévèrement ; plusieurs ont même reçu lordre de ne plus accepter délèves et de fermer leur porte.

    Cette note, publiée au journal officiel et affichée dans les écoles de la ville, fait donc savoir à tous que le Gouvernement tient en assez grande estime les écoles de la Mission. Nous sommes loin de rester indifférents à ce geste qui, tout à la fois, confirme les efforts faits jusquà ce jour, récompense le zèle et le dévouement des Religieux et Religieuses consacrés à léducation de la jeunesse, et peut, en influant sur le recrutement, assurer à nos écoles un avenir plus prospère.

    Le 6 mai.

    Chungking

    La fondation dun monastère bénédictin dans le Vicariat de Chungking est chose décidée. Cest lheureux aboutissement des pourparlers, engagés autrefois par Mgr Chouvellon, avec la congrégation bénédictine de France ; interrompus pendant la guerre et les années qui suivirent, ils furent repris dès 1926. Mais la Province Française de lOrdre, nayant pu seule assurer cette fondation, cest la Province Belge qui en assume en grande partie la charge. Deux Bénédictins de St André-les-Bruges, arrivés depuis plusieurs mois à Pékin, sapprêtent en conséquence à venir dès ce printemps ; il prendront immédiatement possession de la propriété que le Vicariat leur concède dans la région de Leangchan, à mi-route entre Ouanhien et Sutin. Il sagit, en lespèce, dun monastère à recrutement essentiellement chinois, les deux Religieux annoncés ne devant être là que pour en effectuer lorganisation première. Implanter dans la province la vie monastique chrétienne, et en réaliser strictement lidéal par la prière et létude, tel est le but proposé. Nul doute que cette uvre ne devienne un foyer très intense doù rayonneront lumière et chaleur sur le Vicariat.

    Le Père Jean Ouang, en résidence à Miaoyutsao, et le P. J. B. Tchang, en résidence à Sankiopa, sous-préfecture de Ouchan, ont été enlevés par les brigands le Dimanche 8 avril, et emmenés à Tai ki. Depuis deux mois les Pères avaient réussi à se maintenir dans le pays malgré la présence des pirates, rendant de très précieux et nombreux services aux populations opprimées. Larrivée subite de plusieurs centaines de réguliers, envoyés pour pacifier la contrée, décida les rebelles à semparer des deux Pères à titre dotages. Des négociations ont été immédiatement engagées pour obtenir leur prompte libération.


    Suifu

    Le 9 avril, on fêtait le 25e anniversaire de larrivée à Suifu des Religieuses Franciscaines Missionnaires de Marie. A cette occasion, exposition du Saint-Sacrement toute la journée : comme de juste, les actions de grâces devant dabord aller à Celui sans qui on ne peut rien. Et la fête se termina par un salut solennel en la chapelle de lhôpital. Entre temps, il y eut des discours : en chinois, par le P. Hiông ; en français, par le P. Mansuy. Ce dernier, dans un beau langage, où lon sentait vibrer un cur sincèrement ému, fit, en raccourci, lhistorique des uvres créées ou menées à bien par nos dévouées Franciscaines ; puis, il leur dit, au nom de la Mission, des missionnaires, des prêtres indigènes, des chrétiens, et en son propre nom, le plus cordial merci. Ce merci, elles le méritent. Voici le bilan de leur dévouement. En 25 ans, elles ont soigné 1 460 922 malades, administré 9 697 baptêmes, et, de 1913 à 1928, éduqué 1058 jeunes filles. A toutes les félicitations qui lui vinrent dun peu partout, la Rde Mère Supérieure répondit très humblement que, si elles avaient fait quelque bien, cétait quelles avaient été aidées, dabord par Dieu, puis par la Mission et les missionnaires.

    Oui, Rde Mère Supérieure, vous avez raison : le bien ne sopère quavec le secours de Dieu et laidez-vous les uns les autres.

    Voici une nouvelle manière déteindre les incendies qui intéressera beaucoup les lecteurs du Bulletin.

    Tout dernièrement, à Suifu, faubourg du Nord, se déclarait un incendie qui, bien nourri dès le début, menaçait de prendre des proportions de catastrophe. Vite, le Général quitte sa partie déchecs, court à son vestiaire, endosse son plus beau pardessus, et, suivi de sa garde, se rend, en toute hâte, sur le lieu du sinistre. Que va-t-il faire ? Ordonnera-t-il à ses soldats de faire la chaîne et daider au transport de leau du fleuve aux deux mauvaises pompes mises en batterie qui, par moment, devaient cesser leur travail, faute dêtre suffisamment ravitaillées ? Nenni. Deux heures durant, tout en fumant sa pipe à eau, il contemple tranquillement les flammes qui montent en se tordant, et ses yeux suivent les flammèches qui sen vont là-bas, au loin. Puis, soudain, il se dépouille de son pardessus quil jette dans le brasier ; et, comme lincendie continuait toujours à sétendre, il y lance son couvre-chef, un beau chapeau en feutre. Bien entendu, le feu ne séteignit pas sur le coup ; il fit encore bien des ravages. Nempêche que le peuple de Suifu attribue le peu détendue relative du sinistre à la vertu du pardessus et du chapeau de son Général.

    Le 1er mai.

    Ningyuanfu

    Le bon Dieu vient de nous éprouver une fois de plus en nous enlevant le cher Père Grosjean, décédé le 31 mars à 6 heures du soir. Le Père nous était arrivé le 7 février, se plaignant des reins, du foie et de lestomac. Quelques jours plus tard il entrait à lhôpital. Nous espérions avec lui quun traitement dune quinzaine de jours améliorerait beaucoup son état de santé. De fait, le 15 mars, il revenait à la Mission content ; lui-même se disait guéri et faisait des projets pour rejoindre son nouveau poste. Malheureusement ce mieux ne fut que passager : deux jours après, la maladie lobligeait de nouveau à garder le lit. Les jours suivants, le mal ne fit quempirer malgré les soins dévoués de nos Religieuses. Le 21, en voulant se lever, le Père eut une syncope ; le lendemain, il eut une légère congestion cérébrale qui laffaiblit encore beaucoup. Le 23. Mgr lui administrait lExtrême-Onction. Dans la suite, il y eut des alternatives de mieux qui permirent au Père de se préparer à la mort, en se soumettant généreusement à la volonté et à la miséricorde de Dieu. Le 29, profitant dun moment de lucidité, le Père Lemercier donna le Saint Viatique au malade ; quelques instants après, celui-ci rentrait dans le coma qui dura jusquà la mort. Le corps fut exposé au grand salon, où les séminaristes et les chrétiens vinrent à tour de rôle réciter les prières des morts. Le 2 avril eut lieu lenterrement. Les écoles et les chrétiens conduisirent le Père à sa dernière demeure ; il repose près du Père Sirgue.

    Les PP. Tchên et Tsiao, après un séjour dun mois à Eul-se-in, en revinrent accompagnés de 18 élèves pour étudier à Mienning. Le passage de ces enfants au Mao-meou-chan donna quelques velléités aux Lolos de sen emparer (trois enfants=un fusil). Mais, grâce à Dieu, il ny eut aucun incident. Près de Mienling, un gros village habité par des Tsiao, en tout 8 familles, reconnut le Père Tsiao comme parent, linvita à dîner et donna des espoirs de conversion.

    Des délibérations de lAssemblée Régionale, il semble résulter une nouvelle activité à vouloir soumettre les Lolos. Actuellement les militaires et la garde nationale, sous le commandement de Ten-siou-tin, combattent la tribu Itikia, la plus grande et la plus terrible, qui depuis plusieurs années terrorisait la contrée entre Ko-kai-leang et Kan-siang-in. On parle déjà de nombreuses exécutions, dont 8 furent faites avant-hier à Ningyuanfou.

    Dans la dernière expédition contre Mamongchan, à Tsang-pou-tang, toutes les familles chrétiennes de la région ont été pillées.


    Tatsienlu

    Durant les mois de juin et de juillet (1927), le Commandant de la 24e Armée Révolutionnaire, Lieou Ouen Houï, enlevait à son voisin et homonyme, Lieou Iu Kiou, la Lolotie et les Marches thibétaines pour les rattacher à son fief déjà trop étendu, au sentiment de ses rivaux Setchoanais. Il a récemment élaboré un plan de campagne et organisé, sur le papier, son nouveau domaine. Bien quil sen défende, le Commissaire Général ne fait que rééditer le plan que préconisait et réalisait en partie, il y a quelque vingt ans, un Commissaire Impérial dans les Marches du Setchouan. Il sagit de ramener lordre et la paix à la frontière orientale du Thibet, de créer des écoles, douvrir à lagriculture les terrains abandonnés, de développer le commerce et lindustrie, de sillonner la région de routes et de voies ferrées, de relier les principaux centres par le télégraphe, avec ou sans fil. Si le but à atteindre est le même quil y a vingt ans, la méthode à employer doit différer quelque peu. Au lieu de la force il faut employer la persuasion, former les indigènes aux vertus civiques, collaborer avec eux et briser avec leur appui lImpérialisme Britannique.

    Une des nombreuses caricatures, qui sétalent sur les murs des principaux centres, montre le Dalai Lama étranglé par les Anglais, par les chrétiens, dit le texte qui sadresse spécialement aux Lamas pour qui la religion tient lieu de patriotisme. Dans le chapitre spécial consacré à la colonisation, les doctrines communistes sont exposées en détail et il résulte que tout les terrains ou mines font partie du domaine de lEtat et que les colons ou ouvriers ne pourront aliéner le lot qui leur sera dévolu. Pour exécuter ce programme, le Commissaire Général a créé de nombreux bureaux et nommé une telle quantité de délégués que les faibles revenus de la région ne pourront pas même suffire à payer le zèle de ces Messieurs.

    Les Thibétains, qui nignorent rien de ce qui se passe dans le camp voisin, ont renforcé leur cordon de troupes à la frontière pour parer à toutes éventualités. Il ne semble pas cependant que la Chine se dispose dès maintenant à réoccuper le Thibet indépendant (depuis 1912) ; elle aura assez à faire durant quelques années pour réoccuper le territoire des Marches Sino-Thibétaines, où son autorité est partout battue en brèche. On comptait sur les débris de lancienne armée des Marches pour désarmer les bandes qui désolent la contrée et préparer la voie aux colons chinois, mais nous apprenons que les officiers supérieurs de cette troupe ont envoyé leur démission au nouveau Gouverneur et quun régiment, qui avait pris la direction de Batang, a tourné casaque. Une nouvelle brigade est arrivée sur ces entrefaites à Tatsienlou et les mutins ont, en grande partie, été enrôlés dans dautres bataillons. Une autre question épineuse est celle de la solde, que les autorités provinciales ont cru résoudre en mettant en circulation des pièces de monnaie qui nont que le tiers de la valeur des anciennes ; mais les soldats obligent les marchands à les accepter au pair, ce qui donne lieu a bien des contestations, même entre Chinois.

    Le 15 mars.

    Swatow

    On continue à purger le pays. La ville du Loukfoung avait été peinte en rouge sang-de-buf. On est en train de la blanchir à la chaux ; opération plus facile que la suppression des Rouges, dont les grands chefs sont loin, tandis que les partisans sabritent dans les montagnes doù ils sortent pour faire des razzias et se ravitailler.

    Le P. Becmeur, à qui pèse trop linactivité à laquelle il a été réduit par suite de la ruine de son district et la dispersion de son troupeau, part pour Malacca où sest réfugiée une grande partie de ses ouailles, en attendant que des temps plus tranquilles permettent au pasteur et au troupeau de revenir de lexil et de restaurer les foyers détruits. Nous espérons que cet exil sera moins long que celui des Juifs à Babylone et que Peh-né sera rebâti plus vite que Jérusalem.

    Le 18 mai.

    Pakhoi

    Les grandes joies étant muettes, la Mission de Pakhoi serait en droit de garder le silence et de savourer dans la plus stricte intimité le bonheur qui lui échoit. Mais cest une fille du Sud et, comme tous les méridionaux, elle ne déteste pas de mettre les voisins au courant de ses petites affaires. Droit à lhumble recueillement de la violette ; attrait pour les innocentes, mais claironnantes vanteries qui fleurissent à Tarascon : il y avait conflit. Et voilà pourquoi, cher Bulletin, votre fille était muette.

    La consigne du silence étant levée (in verbo two est notre nouvelle devise), en avant les tambourins ! Jouez, hautbois ; résonnez, musettes ! Le Ciel a eu pitié de nous et sest enfin ouvert. Nous avons un Evêque.

    Et, vous savez,... cest un Evêque. Vous pouvez vous armer de toutes les exigences énumérées dans lépître à Timothée ; vous aurez de la chance si vous découvrez un point où exercer votre critique ! Vous ferez dailleurs bien de ne pas tenter laventure : les lépreux de Sheklung vous arracheraient la langue.

    Le nouveau Vicaire Apostolique de Pakhoi est Mgr Gustave Deswazières, depuis 15 ou 16 ans Directeur de la léproserie de Sheklung, au pays de Canton, nommé évêque in partibus de Maximianensis le 18 février. Son sacre aura lieu chez lui, au milieu des infortunés auxquels il sétait sacrifié et pensait dévouer sa vie jusquau dernier soupir. Cest à nous maintenant que se vouent son cur et son activité. Tous, nous souhaitons que ce soit ad multos annos.

    Le 9 mai.

    Nanning

    Le Père Séosse nous écrit de Kouishien que la terreur règne dans toute cette région, à la suite de lattaque et du pillage du petit marché de Long-San, situé à proximité de la ville. Voici comment les faits se sont passés.

    Laprès-midi du 23 avril, jour de marché, trois cents bandits bien armés entourent la susdite localité ; des pelotons de sentinelles sont postés à toutes les issues. Une fois ces dispositions prises, un détachement pénètre dans le marché et se dirige vers la mairie, où il massacre tous les individus qui lui tombent sous la main. Après avoir ainsi jeté la panique, les brigands se livrent à un pillage en règle, tout en continuant à immoler sans pitié ceux qui esquissent le moindre geste de résistance ou de protestation. On évalue à 300 le nombre des personnes qui furent tuées. Lorsque le sac fut terminé, les bandits mirent le feu aux habitations ; plus de soixante maisons furent la proie des flammes. Une soixantaine de femmes, qui sétaient, sous le coup de laffolement, réfugiées dans deux boutiques différentes, ont été brûlées vives.

    Après avoir rassemblé otages et butin : cent soixante-dix otages et quatre-vingt-seize charges de butin, les brigands reprirent le chemin de la montagne. Chemin faisant, suivant le récit dun rescapé, engagé de force comme porteur, trois portefaix, qui ne pouvaient plus avancer, las de fatigue, furent égorgés comme des moutons. Le même individu ajoute que, une fois arrivé dans le repaire des bandits, il a vu tuer soixante-seize individus porteurs de charges ou autres. Quant aux femmes prises comme otages, elles sont lobjet dune surveillance et de soins tout spéciaux. Cest que, en Chine, les personnes du sexe encore jeunes constituent une marchandise de valeur. On dit que cette bande de brigands est composée en partie de communistes : cela explique la cruauté inouïe avec laquelle ils opèrent.

    Le soir même du pillage, les soldats en garnison à Kouishien sont allés soi-disant donner la chasse aux bandits, mais en réalité leur sortie na été quune promenade militaire, car ils sont rentrés en ville sans avoir aperçu un seul brigand, même de loin ?!!!

    Le 7 mai.

    Hunghoa

    Mgr Ramond a pris part au Congrès Eucharistique de Phát-Diệm et en est revenu émerveillé ; quand sera-t-il donné à la Mission de Hưng-Hoá de voir pareilles fêtes ?

    Les travaux du Petit-Séminaire marchent bien ; le rez-de-chaussée est presque terminé. Récemment, Sa Grandeur est montée à Hà-Thạch, pour se rendre compte des nouvelles constructions, et le Père Pierchon, peu habitué aux compliments, en a reçu de bien mérités. Les chrétiens de la Mission sy intéressent également, et répondent peu à peu, dans la mesure de leurs moyens, à lappel de leur Evêque, en faveur de cette uvre si nécessaire.

    Nouvelle sensationnelle : le Père Jaricot, de lAdministration centrale, va entrer à la Chartreuse. Il voit réalisé un désir de toujours. Avant quil ne se retire dans sa solitude, nous tenons à lui exprimer, dans ce Bulletin des M.-E., les remerciements de tous, et pour les bons exemples quil nous donna pendant plus de vingt ans, et pour les services que, Procureur de la Mission, il rendit à tous.

    Il restera toujours pour nous le bon Père Jaricot, et nous sommes assurés que, dans sa retraite, la Mission de Hung-Hoa, à laquelle il fut si attaché, aura un souvenir spécial dans ses ferventes prières, et que, si nous navons plus lespoir de le revoir parmi nous, il nous aidera ainsi à continuer luvre de Dieu.


    Phatdiem
    CONGRÈS EUCHARISTIQUE.
    ____

    Le 25 avril partait de Rome le télégramme ci-dessous transmis par Son Excellence Mgr Aiuti, Délégué Apostolique :

    Reçois télégramme suivant : Saint-Père heureux apprendre premier congrès eucharistique Indochine forme vux nombreux fruits, bénit de cur membres, travaux. Cardinal Gasparri. Agréez encore félicitations personnelles, vux réussite congrès auquel ne buvant assister prends part en union prières.

    AIUTI

    Le Saint-Père avait été informé par le Délégué Apostolique que, dans une réunion tenue en septembre 1926 par les Vicaires et Préfets Apostoliques, sous la présidence du Délégué Apostolique, il avait été convenu que chaque Vicariat tiendrait son Congrès Eucharistique à lépoque convenant le mieux à chaque Vicariat, dans le courant de 1927 ou 1928 au plus tard. Après ces Congrès particuliers viendrait un Congrès régional, pour aboutir à un Congrès national, afin dintensifier la vie chrétienne et de développer la dévotion envers la Ste Eucharistie.

    Cest la première partie de ce programme qua suivi la Mission de Phát Diệm, en fixant à la fin davril 1928 le Congrès particulier de ce Vicariat.

    Le 26 avril, quelques heures seulement avant la première cérémonie douverture du Congrès, le télégramme du Saint-Père arrivait à Phát Diệm. Communiqué dabord à NN. SS. Gendreau, Ramond et Munagorri, qui avaient bien voulu accepter de rehausser de leur présence notre grande fête eucharistique, ce télégramme fut lu, du haut de la chaire, à limmense foule des congressistes ; ce fut dans tous les curs un sentiment de joie et de gratitude sans bornes envers Notre Saint-Père le Pape, qui au milieu de ses sollicitudes et de ses travaux trouvait le temps de donner ce témoignage de paternelle affection à un petit coin de terre de la brousse du Tonkin. Ouvert sous de tels auspices, le Congrès Eucharistique ne pouvait que réussir, et il a réussi au delà de tout ce quon pouvait espérer.

    Avant les retraites annuelles de décembre 1927, une commission avait fait un premier travail dorganisation et de préparation de ce congrès. Dans une circulaire du 6 février 1928, adressée au clergé, et dans une seconde circulaire du 11 mars 1928, adressée à tous les fidèles du Vicariat, le Vicaire Apostolique avait déterminé dans tous ses détails lordre et lhoraire de toutes les cérémonies du Congrès, et de toutes les réunions particulières de chaque groupe de congressistes : prêtres, hommes, femmes et jeunes filles, jeunesse catholique, petits garçons, petites filles. Les divers sujets, qui seraient traités dans les sermons et les conférences, étaient tous indiqués. En plus des cérémonies faites à Phát-Diệm, dans toutes les paroisses éloignées de ce centre de la Mission le St Sacrement devait être exposé et les fidèles, qui ne pouvaient pas venir à Phát-Diệm, étaient invites à adorer le St Sacrement chez eux et à prier, en union avec les congressistes, à toutes les intentions indiquées dans la circulaire épiscopale.

    Ce programme a été suivi avec dautant plus de fidélité et de joie que, depuis 1905, les fidèles de ce Vicariat, dociles aux directions du St-Siège, ont fait de grands progrès dans la dévotion envers la Ste Eucharistie : chaque paroisse a, chaque année, son triduum eucharistique, la communion quotidienne est en grand honneur partout et la grande majorité des enfants commencent à communier dès lâge de raison.

    Si, dans lensemble de la Mission, la dévotion à la Ste Eucharistie a fait des progrès, cest à Phát-Diệm même que ces progrès sont le plus remarquables. Aussi est-ce avec enthousiasme que fut reçue la nouvelle quil y aurait en avril 1928 un Congrès Eucharistique. Cet enthousiasme augmenta encore quand on apprit que S. E. le Délégué Apostolique viendrait présider cette grande cérémonie, si les hautes fonctions de son ministère le lui permettaient.

    Deux mois avant la date du Congrès, la paroisse de Phát-Diệm et les douze paroisses des environs commencèrent les préparatifs matériels : les chemins furent réparés, empierrés ; les diverses églises nettoyées, embellies, aménagées pour les diverses cérémonies quon devait y faire.

    Une semaine au moins avant louverture du Congrès, une foule détrangers, chrétiens et payens, commençaient à venir à Phát-Diệm. Entre chrétiens lhospitalité est aimable et généreuse, aussi toute maison était convertie en hôtel-restaurant, et encore il manquait de la place. Les chapelles externes, tapissées de nattes, sont envahies, et pas seulement par les pénitents, mais aussi par des gens qui y passeront la nuit.

    Le 26 avril, à 17 heures, le Congrès débuta par un sermon, précédé de la lecture du télégramme du Pape et suivi dun salut solennel.

    Le lendemain, à 9 h. ½ , messe pontificale avec sermon sur lassistance à la messe. Le soir, vers 17 h., sermon sur la nécessité de la communion fréquente.

    Samedi, à 9 h. 1/2, messe pontificale avec un sermon sur lassistance aux saluts du T. S. Sacrement. Le soir, sermon sur les avantages de lassistance à la messe.

    Le dimanche, messe pontificale avec sermon de Mgr Gendreau sur le Christ-Roi.
    Tel fut lordre des exercices religieux dans la grande église de Phát-Diệm.

    Quant aux réunions particulières des diverses catégories citées plus haut, elles furent tenues dans les églises de chrétientés, relevant de la paroisse de Phát-Diệm. Les sujets à traiter dans ces conférences ayant été distribués longtemps à lavance, on nous assure quil y a des rapports tout à fait intéressants. Lauteur de ces lignes na pu assister quà une seule série de conférences, toutes les autres conférences étant données à la même heure en différents endroits désignés. Il lui est donc impossible de donner un résumé même succinct de tous les sujets traités et de la manière dont ils ont été traités.

    Nous croyons savoir que les différents comptes-rendus de chaque séance seront réunis en un petit volume, qui aura le plus grand intérêt.

    Le Congrès se clôtura par une procession qui, par sa piété, sa splendeur, lordre parfait qui y a régné, a dépassé tout ce quon aurait pu imaginer. Elle parcourut 3 kilomètres et dura 2 heures. On estime à 100.000 le nombre des assistants, en grande majorité chrétiens. Pas la moindre cohue, chacun à sa place. Des deux côtés, sur tout le parcours, des milliers de chrétiens formaient la haie. Lordre était assuré par les notables de chaque paroisse avec leurs hommes ; de plus, M. le Résident de la province avait envoyé 20 miliciens pour renforcer le poste, déjà composé de 20 hommes, sous le commandement dun garde principal français.

    En tête du cortège, un homme spécialement chargé de régler la vitesse de la marche. Suivaient un nombre incalculable de drapeaux, puis les garçons des écoles, une fanfare, des notables en grandes robes bleues à larges manches, une autre fanfare, les élèves catéchistes, les petits et grands séminaristes.

    Puis venait le dais, soutenu par des notables et entouré par danciens mandarins en retraite. Les Evêques se remplaçaient lun lautre pour porter le St Sacrement, au milieu dune foule silencieuse et prosternée.

    Après le dais venaient la maîtrise de Phát-Diệm, les Surs de N.-D. des Missions et leurs élèves tout de blanc vêtues et portant chacune une oriflamme, enfin les jeunes filles et les matrones en robes de soie rouge et un photophore décoré à la main. Et, après le cortège officiel, suivait une foule énorme de femmes, qui tenaient elles aussi à faire partie de la procession.

    On ne saurait dire quel était le plus beau, le plus ingénieux et de meilleur goût de tous les reposoirs, des décorations des maisons, des innombrables arcs de triomphe, ni à quel endroit de la procession le spectacle était le plus ravissant. Etait-ce sur le parcours qui longeait le fleuve, couvert de barques qui glissaient silencieuses en suivant lentement la procession, et remplies dadorateurs à genoux, les mains jointes ?

    Etait-ce la bénédiction donnée, devant chacun des reposoirs, à des milliers de fronts prosternés jusquà terre ? Etait-ce en passant le grand pont jeté sur le fleuve, dont leau disparaissait sous dinnombrables barques de tout tonnage, remplies de chrétiens à genoux et priant ? Etait-ce au dernier reposoir, édifié magnifiquement dans une île au milieu dun grand étang et reliée à la terre par un pont superbe ; et cet étang lui-même, où flottaient des corbeilles de verdure aux nuances variées, retenues par des bambous flottants, qui leur conservaient leur figures géométriques ?

    Nous ne pouvons pas tout décrire ; cependant il est impossible domettre une immense tour dont M. Eiffel eût signé le plan, si elle navait pas été composée seulement de bambous, et qui portait à 32 mètres un immense étendard aux couleurs pontificales et un drapeau français, sembrassant tous deux et flottant au vent dans la même direction.

    Dailleurs, cest par milliers et milliers quon compterait le nombre des mâts décorés, au sommet desquels flottaient ensemble les couleurs du Saint-Père et celles de France.

    Résumons-nous : amour et zèle envers lEucharistie, manifestation grandiose, magnifique, qui fera beaucoup de bien à tous en augmentant la piété des fervents et en excitant les tièdes. Disons encore : grande prédication pour les payens.

    Le soir, le télégramme suivant partait de Phát-Diệm :

    Monseigneur Aiuti
    Culaogien.

    Evêques Hanoi, Hunghoa, Buichu, Phatdiêm, clergé, environ 60.000 fidèles réunis Congrès Eucharistique, très touchés des sentiments de sympathie de Votre Excellence, regrettant vivement que circonstances les aient privés de la joie, honneur et fruits de votre présence, vous prient déposer aux Pieds du Saint-Père hommage, filiale vénération et assurance Parfaite fidélité directions Saint-Siège.

    Cinq évêques et 60 prêtres assistaient au Congrès. Dans léglise même de Phát-Diệm elle seule, il a été distribué 45.000 communions dans les trois jours. A ces communions il faut ajouter toutes celles qui, en union avec Phát-Diệm, ont été distribuées dans toutes les paroisses de la Mission. Le total exact ne sera connu que plus tard.

    Le 24 mars nous avons eu une ordination de 5 tonsurés, 7 ordres mineurs, 5 sous-diacres, 2 diacres, et 4 prêtres qui ont fait monter le chiffre de nos prêtres à 127.


    Saigon

    Le mercredi, 18 avril, dans la Cathédrale de Saigon, Mgr Dumortier a célébré un Service solennel pour les chers Pères Henri Barré et Charles Thạnh, tous deux professeurs au Séminaire, morts à Phanthiêt, le 9 avril.

    Le Père Barré sétait rendu avec le Père Thạnh à Phanthiêt, le lundi de Pâques, pour aller prêcher le lendemain, à Kim Ngọc, à la première Messe du nouveau Prêtre, quil avait envoyé au petit Séminaire lorsquil était chargé de cette chrétienté. Il sest noyé en se remettant à la mer pour aller aider les Pères Thạnh et Nhơn qui appelaient au secours. Le Père Nhơn survivant a dit que le charitable Père lavait alors porté pendant quelques instants.

    Les corps des deux noyés furent bientôt rejetés sur le rivage. On commença aussitôt les soins quon donne habituellement aux noyés ; on courut chercher le médecin de Phanthiêt, qui arriva sans tarder et fit continuer les tractions rythmées de la langue et les mouvements des bras, mais ce fut sans succès. Au bout de deux heures, la moindre réaction ne sétant pas produite, le Docteur déclara que la mort avait fait son uvre.

    Le Père Barré avait 44 ans, et le Père Thạnh, 28. Les funérailles des deux Pères eurent lieu, à Phanthiêt, le mardi soir.

    Monsieur le Médecin-Chef du Service de Santé à lHôpital Grall, Monsieur le Président de lAmicale Cochinchinoise des Anciens Combattants de la Grande Guerre et Monsieur le Secrétaire général de la Société des Etudes Indochinoises ont envoyé à Monseigneur lexpression de leur profonde affliction et de leurs respectueuses condoléances. Ils avaient beaucoup connu, apprécié et aimé le Père Barré, ancien combattant, aumônier de lHôpital et membre du Comité de la Société des Etudes Indochinoises. Ils se sont fait un devoir dassister au Service célébré pour le cher Père, avec un bon nombre de leurs subordonnés ou de leurs amis.

    Le 5 mai.

    Hué

    Les Pères Cadière et Laurence nous ont quittés le 12 avril. Espérons que leur séjour en France leur donnera de nouvelles forces pour vivre encore de longues années en Mission.

    Monseigneur vient de faire une tournée pastorale au Quảng-Bình (16 avril-2 mai). Grâce aux facilités que lui a procurées le P. Henri de Pirey, chef de ce district, Sa Grandeur a pu parcourir sans trop de fatigue les chrétientés les plus importantes.

    Durant cette tournée, Mgr Gouin et le Père Gagnaire, Provicaire honoraire de Qui-Nhơn, sont venus à Hué. Lun et lautre ont bien regretté de ne pas rencontrer notre évêque. A son retour du Cambodge où il est allé assister au sacre de Mgr Herrgott, Mgr dOrciste rejoindra sans doute le Laos via Hué et aura ainsi le plaisir de revoir son vénéré compatriote de Rennes.

    Le Docteur Legendre, lillustre explorateur de Chine, a passé une journée à Hué. Un missionnaire de la capitale a eu lavantage de le voir un petit moment et dapprécier sa conversation tout à la fois simple et intéressante.

    Dans plusieurs contrées de la Mission, la moisson du 3ème mois a été très mauvaise. Le riz a déjà sérieusement augmenté de prix. Une forte gêne est à prévoir. Des pauvres païens commencent à se débarrasser de leurs enfants pour les confier aux divers établissements de la Sainte-Enfance.

    Le 6 mai.

    Bangkok.

    La période étouffante mars-avril et les fonctions de la Semaine Sainte ont fatigué plusieurs confrères. Signalons, en particulier, le Père Houille, dont le séjour à lHôpital St Louis se prolonge depuis plusieurs semaines pour sy faire soigner dune crise cardiaque compliquée datonie.

    Les Pères Salésiens commencent à sinitier à la vie apostolique au Siam. Le Père Pasotti, Provincial, et les Pères Martin et Casetta ont rendu service à différents postes durant les fêtes de Pâques. Si leur connaissance de la langue siamoise est encore sommaire, du moins font-ils preuve de bonne volonté et de zèle, que le bon Dieu récompensera.

    Le Révérend Père Ferlay, Directeur de lEcole Normale St Tharcisius, le Cher Frère Hilaire, Directeur des Etudes Siamoises au Collège de lAssomption et la Révérende Mère Françoise de St Michel ont été nommés Officiers dAcadémie. La Mission de Siam est heureuse de leur offrir ses plus, vives félicitations.

    Les communications entre Bangkok et Oubone (Laos), Bangkok et Phnompenh (Cambodge) deviennent de plus en plus faciles. Le rail atteindra Oubone en fin dannée 1928 ; il ne reste qu un tronçon de 60 kilomètres à terminer. On peut actuellement faire le voyage Bangkok-Oubone en deux jours. En deux jours également on peut atteindre Battambang, par le rail de Bangkok à Phnompenh, via maritime Réam. Cest cette voie que vient de prendre Mgr Perros, pour se rendre au sacre de Mgr Herrgott, Coadjuteur de Phnompenh.

    On annonce officiellement la nomination de Monsieur Charles Arsène Henry comme Ministre de France au Siam. Son Excellence quitte ainsi le poste de Conseiller dAmbassade au Vatican.

    Malacca

    En remplacement du regretté P. Mariette, S. G. Mgr Barillon a nommé Vicaire Général le Père Ruaudel, curé de la Cathédrale de Singapore depuis 1913. Tous les missionnaires de Malacca disent ad multos annos au nouveau Vicaire Général.

    Le prix du caoutchouc a subi une baisse formidable. Que nous réserve la fin de lannée, lorsque la restriction sera enlevée ?

    La police continue à arrêter des bolchevistes-communistes. Ce sont surtout les Hainam qui semblent lancés dans cette mauvaise voie.

    Le 2 mai.

    Birmanie Méridionale

    Le jour de la fête de Saint Joseph, Monseigneur a ordonné deux Prêtres Carians.

    Le Père Chevalier a été nommé vicaire du P. Mignot. Il est en ce moment en pleine étude du birman.

    Létat général de la santé du P. Meyrieux laisse à désirer. Ce cher confrère a besoin de repos et de soins.

    Quelle terrible nouvelle que celle de la mort de notre bon Père Mariette ! Sa mort nous affecte autant que sil sagissait dun confrère de notre propre Mission. Il était connu de la plupart dentre nous ; tous nous laimions et nous lestimions. En novembre dernier, il était parmi nous à loccasion de la bénédiction de léglise Chinoise. Cest du ciel quil verra la bénédiction de la belle église quil construisait.

    Nos deux nouveaux prêtres étaient à peine ordonnés que le Bon Dieu en rappelait un autre à lui et un de nos meilleurs, le Père Pascal Baylon, professeur au petit séminaire. Le choléra la emporté en six heures. Il put cependant recevoir les derniers sacrements des mains du P. de Chirac.

    Les Surs Indiennes des Sept-Douleurs ont ouvert un couvent chez le Père Meyrieux, à Kyaiklat. Quels services elles vont rendre à ce grand poste Indien !

    Le 20 avril.

    Birmanie Septentrionale

    Le 15 avril, accompagné des PP. Falière et Pâquet, Mgr Foulquier donnait la Confirmation à 31 candidats, en pays Kachin, chez le P. Gilhodes. Cétait aussi le jour de la Grande Réunion que, chaque année, ces rudes montagnards tiennent, tantôt chez un missionnaire, tantôt chez un autre, pour parler de religion. 2500 se trouvaient là, entourant lévêque et ses assistants. Ce fut beau, ce fut grandiose ! Le dimanche suivant, cétait dans la plaine de Nanh-laing, en pays Shan cette fois, que Mgr administrait le sacrement qui fait les forts. Malade, le P. Roche avait dû, à son grand regret, abandonner la visite dautres postes et, par conséquent, la préparation dautres fidèles.

    Après avoir cherché longtemps et jeté la sonde un peu partout, le P. Moindret vient enfin de trouver le filon. Non seulement il obtient un terrain pour sa nouvelle église des Mines de Namtu, mais un des fondateurs et des gros actionnaires de la Compagnie, dont la femme est une excellente catholique irlandaise, se charge personnellement de la construction et de toutes les dépenses. Le veinard ! lui crie le P. Pelletier qui, lui, sue et trime, pour renouveler, à ses frais, son église de Chanthaywa, devenue trop petite pour sa belle paroisse qui augmente toujours.

    Le 1er mai.

    Laos

    Le grand événement du mois est larrivée à Nongseng de S. E. Mgr Aiuti, Délégué Apost. de lIndochine. Parti de Hué en automobile avec le P. Morineau, le mardi-saint, Mgr Aiuti arrivait à Savannakhet le jour même à 5 h. du soir. Là, le P. Figuet lui souhaita la bienvenue au nom de Mgr Gouin. Toute la chrétienté était sous les armes pour recevoir dignement le Représentant du St-Siège. Quand je dis sous les armes, je veux dire quil y avait pétards, tambours et oriflammes de toutes couleurs. M. Détry, Commissaire du Gouvernement français, tint à honneur de recevoir Son Excellence au Commissariat. Mgr le Délégué fut très touché de cette réception. Le lendemain, de bon matin, M. et Mme Détry lattendaient sur le perron du Commissariat et lui demandèrent sa bénédiction. Cette respectueuse déférence toucha beaucoup le Délégué du St-Siège ; elle fit aussi très bon effet sur la population et releva dautant le prestige de la Religion. Après avoir célébré la sainte Messe sur un autel rustique, S. Excellence partait pour Nongseng, accompagnée par le P. Figuet.

    Il y a 120 km, entre Savannakhet et Thakhek, le chef-lieu de province, en face de Nongseng. Lauto arrivait à Thakhek vers les 11 h. Mgr Aiuti y fut reçu par les PP. Malaval et Boher. Ils partirent aussitôt en canot automobile pour Nongseng, où S. G. Mgr Gouin, entouré de cinq missionnaires, attendait Son Excellence au débarcadère. Les cloches, sonnant à toute volée, annoncèrent bientôt larrivée du canot. Une foule intense de chrétiens grouillait sur le quai. Il était midi sonnant. Après les souhaits de bienvenue et les présentations, Mgr Gouin conduisit le Représentant du St-Père à la cathédrale, pour recevoir sa première bénédiction.

    Le Jeudi-Saint, Mgr Aiuti consacra les Stes Huiles. Le jour de Pâques, après-midi, il partit pour Vientiane avec Mgr Gouin. Le soir, NN. SS. sarrêtaient à Tharë pour y passer la nuit. Tharë est le premier poste de la Mission du Laos par le nombre des chrétiens. Mgr le Délégué et Mgr Gouin y furent reçus par le P. Combourieu, recteur du poste depuis plus de 40 ans, et son vicaire le P. Bayet. Les cloches et les tambours, les chevaux et les pétards, les autos et les camions, tout fut de la fête.

    Le lendemain, Mgr le Délégué arrivait à Vientiane, la capitale du Laos, où le P. Delalex, assisté de son nouveau vicaire, le P. Thibaud, lui souhaita la bienvenue. Son Excellence reconnut le vicaire, quElle avait vu autrefois à Rome, lorsquil était socius du P. Garnier.

    A lheure où jécris ces lignes, Mgr le Délégué doit être de retour à Nongseng.

    Le 14 avril.

    Séminaire de Paris

    Le samedi 3 mars, dans la chapelle du Séminaire, Monseigneur a conféré les Saints Ordres à 1 diacre et à 8 minorés. Le lendemain, dans léglise St François-Xavier, Sa Grandeur présidait louverture de la Semaine de la Grâce et, le 6 mars, donnait le salut au couvent des Clarisses de la Villa de Saxe, en la fête de Ste Colette.

    Mgr le Supérieur a assisté aux obsèques dun grand ami des M.-E., M. labbé Nunc, curé de St Ambroise. Quelques semaines avant sa mort, ce discret bienfaiteur avait fait pour luvre du Clergé Indigène dans nos Missions une généreuse offrande.

    M. Misson, sorti de lhôpital le 29 février, achève sa convalescence au Séminaire et peut déjà se permettre quelques sorties.

    Le P. Ferrières, nouveau représentant du Groupe de Cochinchine à lAdministration Centrale, est arrivé le 6 mars à Paris. Après trois jours passés au milieu de nous, il est allé visiter sa famille. Il était de retour le 26 mars et a commencé aussitôt ses fonctions de procureur. De port-Saïd à Marseille, Le P. Ferrières a voyagé avec M. Thomas, provicaire de la Mission de Canton et M. Pierrat, de la même Mission. Ce sont les premiers qui débarquent en France après la tourmente qui si longtemps a sévi sur leur Mission. Tandis que le P. Pierrat se rendait directement en Lorraine, M. Thomas est passé par Paris et a fait une visite aux Dames de luvre des Partants, quil a beaucoup intéressées par ses récits sur la révolution cantonaise.

    Le 10 mars, au Centre Catholique du Boulevard Montmartre, avait lieu linauguration dune mission polonaise. Mgr le Supérieur y assistait avec le P. Gérard. Le même jour arrivait au Séminaire le P. Schmitt, de la Société du Verbe Divin, directeur du nouveau Musée des Missions au palais du Latran et fondateur de lAnthropos. Il a passé trois jours à Paris pour prendre part à des conférences internationales dethnologie et de linguistique.

    Les Dominicains Canadiens, qui prennent charge de la Mission de Hakodaté, annoncent que leur premier contingent (3 missionnaires) va partir incessamment du OOo. Par contre, les Dames de St Maur, qui avaient esquissé la fondation dune uvre nouvelle à Hakodaté même, y renoncent et se retirent pour grossir le contingent de leurs Religieuses qui travaillent à Tôkyô.

    Sur une invitation très délicate du R. P. Chabert, Supérieur de la Société des Missions Africaines de Lyon, Mgr le Supérieur est allé passer à Lyon la soirée du 19 mars et la journée du 20. A la Primatiale et à la Basilique de Fourvière on donnait de grandes fêtes en souvenir de Mgr de Marion Brésillac, fondateur de ladite Société et du P. Planque qui en fut le premier Supérieur Général. Chacun sait que Mgr de Marion Brésillac était membre de la Société des Missions-Etrangères, quil quitta seulement deux ans avant sa mort pour fonder la Société des Missions Africaines et en devenir le premier Vicaire Apostolique.

    Une vente de charité a eu lieu pendant deux jours, les 23 et 25 mars, au profit de la Chapelle de Dormans, dans les locaux de lHôtel des Invalides. Le Général Gouraud, Gouverneur de Paris, avait prêté ses propres appartements. La Maréchale Foch tenait un comptoir. La recette semble avoir été fructueuse. Grâce à ces nouvelles ressources et à toutes celles que linfatigable Mgr Tissier a recueillies (parmi lesquelles un don de 25,000 fr. du St-Père), le superbe monument avance rapidement, et on espère quà la grande fête annuelle de juillet, la flèche sera en voie de construction.

    Profitent en ce moment de lhospitalité du P. Roulland, à Dormans, outre les PP. Chassain et Bréas, les PP. Michel, Aucouturier et Mathevet. Ces deux derniers, en simple villégiature de Pâques. Le P. Boulanger y a passé aussi la semaine dernière pour se reposer et guérir une grippe tenace.

    Le 25 mars, M. Gérard est allé faire à Nancy une conférence avec projections, au centre local de luvre des partants, et a fait connaître nos Missions de Corée et Mandchourie à une nombreuse et sympathique assistance.

    Le P. Durand a commencé une série de cours dEthnologie Indo-chinoise à lInstitut Catholique. Déjà les 22 et 29 mars, ses deux premières leçons ont été très goûtées de ses auditeurs.

    Mgr Gaspais, Vicaire Apostolique de Kirin, ayant des affaires à traiter à Paris et à Rome, sest mis en route le dimanche 25 par le Transsibérien ; il est attendu à Paris vers le milieu de la semaine.

    Le P. Robert, 1er assistant et visiteur, a été saisi par la grippe au cours de son voyage. La Mer Rouge a de ces traîtrises. Jusquà Colombo il a dû garder sa cabine.

    Mgr Hayasaka, au cours de son voyage en Amérique, a écrit plusieurs fois très aimablement soit à Mgr de Guébriant, soit aux PP. Chabagno et Montagu. Il a été bien et généreusement accueilli partout, surtout à Los Angeles et à San Francisco, centres de Missions japonaises assez florissantes, fondées par un confrère de la Société, le P. Breton, de la mission de Tôkyô.

    Ont été admis comme aspirants : MM. Louis Magnin (Annecy) et Marc Lefèvre (Cambrai).

    1928/357-383
    357-383
    Anonyme
    France et Asie
    1928
    Aucune image