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Chronique des Missions et des Etablissements communs 11

Chronique des Missions et des Etablissements communs Tôkyô
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    Chronique des Missions et des Etablissements communs
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    Tôkyô

    Le 19 septembre, un nouveau séminariste de Tôkyô, Luc Arai, partait pour continuer ses études au Séminaire de St-Sulpice d’Issy. Il retrouvera là-bas un autre séminariste, Joachim Ideguchi, qui y commence sa troisième année. Un troisième, Joseph Okoshi, envoyé aussi à Issy, il y a un an, est allé, à cause de sa santé, continuer ses études à Clermont, dans le diocèse de Mgr Marnas, qui reste toujours attaché par ses anciennes relations aux Missions du Japon. Au Séminaire de la Propagande à Rome, la Mission de Tôkyô compte aussi depuis deux ans deux étudiants, Paul Taguchi et Laurent Toda.

    Nous avons annoncé l’acquisition d’un terrain dans la banlieue de Tôkyô, près de Nakano, qui doit servir pour l’installation de l’ancien orphelinat de Yokohama et pour un nouveau poste. Au centre même de la capitale, Mgr l’Archevêque vient d’acquérir un terrain de 1500 m2 dans le quartier de Shiba, non loin du parc fameux de ce nom, pour y aménager dans un avenir prochain une paroisse qui occupera une position intermédiaire entre les paroisses fort distantes de Tsukiji et d’Azabu. Il convient de noter ici que cette dernière, dirigée par le P. Tulpin, qui doit célébrer son jubilé sacerdotal l’année prochaine, s’est développée d’une façon extraordinaire dans le cours de ces dernières années.

    La rentrée du Collège St-Joseph à la mi-septembre est un succès pour l’établissement, étant donné le nombre encore peu considérable de familles étrangères qui se sont réinstallées à Yokohama. L’école compte actuellement 124 élèves, dont 40 pensionnaires. Il y a tout espoir que ce nombre augmentera sensiblement, surtout lorsque les Frères pourront réaliser leurs plans pour de nouvelles constructions, qui permettront de recevoir plus d’internes et de répondre aux nombreuses demandes des familles qui vivent loin de Yokohama.

    Le nouvel établissement des Dames de Saint.Maur à Yokohama a compté à la rentrée de septembre 400 élèves, dont une cinquantaine d’étrangères. Pour les cours destinés à ces dernières, les Sœurs doivent prochainement recevoir du renfort de leurs maisons d’Europe.

    La Délégation du Travail, arrivée du pays des Soviets à Shimonoseki le 20 septembre, pour étudier les conditions du travail au Japon, a, pendant son séjour à Tôkyô, été l’objet d’ovations de la part des syndicats ouvriers de la capitale. Mais, d’autre part, elle s’est vue tellement gênée dans ses mouvements, même durant son séjour à l’Imperial Hotel, par la vigilance de la police métropolitaine, qui craignait sans doute la propagande communiste et des troubles, qu’elle a jugé bon de quitter brusquement Tôkyô par un train du soir, le vendredi 24. Le chef du groupe, M. Lepse, a déclaré, au nom des quatre membres de la délégation, que puisqu’on les considérait comme des citoyens dangereux, ils n’avaient qu’à s’en aller.... C’est ce qu’ils ont fait, et ils ne pouvaient mieux faire.

    Nagasaki

    La retraite annuelle des missionnaires a eu lieu du 16 au 22 septembre et a été marquée par les noces d’argent sacerdotales du P. Joseph Bois, lequel, au jour de son jubilé, fut assisté à l’autel par son frère Frédéric, venu en mission 12 ans après lui. Les deux frères, du reste, sont d’anciens “poilus”.

    La Mission de Nagasaki a la joie de recevoir, cette année, deux nouveaux confrères. Qu’ils soient les bienvenus !

    Hakodate

    Le Bulletin, fidèle à sa mission d’associer tous les confrères aux joies comme aux tristesses de chacun, ne mangue pas de relater les événements heureux ou néfastes au milieu desquels se déroule notre existence.

    Parmi les jours que leur rareté fait marquer d’un caillou blanc, les noces sacerdotales — d’argent, d’or surtout, — apparaissent au premier plan. Or par deux fois l’année jubilaire 1925 aura donné à la Mission de Hakodate l’occasion de célébrer de telles fêtes.

    C’est d’abord le P. Cornier, qui, à la fin du mois de juin, célébrait dans l’intimité le 25e anniversaire de son sacerdoce : de celui-là nous ne dirons rien, pour nous tenir dans la note d’humilité qu’a voulu lui garder le modeste jubilaire.

    Mais voici qu’à son tour Mgr Berlioz double heureusement le cap de la cinquantaine, et cette date, que chacun attendait avec une légitime impatience, devait être marquée par de belles solennités.

    La retraite annuelle des missionnaires eut lieu quelques jours auparavant, et, relevée du désastre de 1923, la Procure mettait à la disposition des confrères des bâtiments neufs et spacieux, qui viennent de surgir à Kameda, dans la banlieue de Hakodate. A l’issue de ces exercices, le nouveau Procureur, le P. Deffrennes, exprimait, au nom de tous, nos sentiments de gratitude et de respectueuse affection au Pasteur vénéré qui depuis 34 ans dirige la Mission suaviter et fortiter.

    Le samedi 10 octobre, jour anniversaire de son ordination, Monseigneur officia pontificalement en présence de Mgr Rey, archevêque de Tôkyô, et de Mgr Kinold, préfet apostolique de Sapporo : fête tout intime, qui réunissait les membres de la famille autour d’un chef aimé et vénéré.

    Pendant ce temps les fidèles des deux paroisses de Hakodate et Kameda ne restaient pas inactifs. Leur tour devait venir le lendemain, et ils entendaient bien témoigner à leur Père spirituel leur attachement et leur fidélité vraiment sincères. Les uns donc mettent la main aux derniers préparatifs ; les autres purifient leur conscience et chaque messe du lendemain verra des communions aussi nombreuses qu’aux jours de grande fête.

    Le dimanche 11, Monseigneur célébrait solennellement la messe paroissiale et, une fois de plus, implorait les grâces d’en-haut sur son peuple accouru de toutes parts.

    Aux agapes qui suivirent le retour à Kameda, Mgr l’Archevêque de Tôkyô prit la parole : représentant de la métropole du Japon, il salua une fille qui a grandi et s’est développée au point de former deux autres nouvelles Missions sans rien perdre de sa vitalité et de sa vigueur. Mgr Kinold, insistant sur le même sujet, s’attacha à faire ressortir les liens de parenté qui existent entre le diocèse de Hakodate et les préfectures de Sapporo et de Niigata. Au nom des deux monastères de Trappistes et Trappistines, Dom Robert, aumônier de N-D. des Anges, salua en Mgr Berlioz le fondateur des deux communautés, qui, établies dans des parages jusque là incultes, sont maintenant connues jusqu’aux extrémités de l’Empire. Les prêtres japonais, par l’organe du P. Hayasaka, offrirent à leur tour leurs hommages de reconnaissance à celui qui leur procura l’insigne bienfait du sacerdoce. Enfin un ami de Virgile et d’Horace, le P. Corgier, puis un disciple de Boileau, le P. Deffrennes, présentèrent à Monseigneur leur bouquet de strophes ioniques et saphiques pour le premier, de solennels alexandrins pour le second.

    Cette petite séance terminée, il fallut se rendre à la grande salle paroissiale, où étaient réunis les chrétiens, ainsi que les orphelines et le personnel de l’école des Sœurs de S.-Paul de Chartres. Là encore, compliments, bouquets, présents, redirent une fois de plus à Monseigneur la joie commune et l’attachement de tous. Les absents même, retenus par la maladie ou empêchés par la distance, avaient tenu à s’unir à la fête et une nuée de télégrammes vint s’abattre sur la mission.

    Au salut qui clôtura cette glorieuse journée, tous les cœurs vibraient à l’unisson pour demander au souverain Maître de réaliser le vœu que chacun formulait avec ferveur : Dominus conservet eum, et vivificet eum, et beatum faciat eum in terra !

    Seoul

    Le P. Bodin est nommé assistant du P. Krempff à l’Ecole Commerciale, où il est chargé des cours d’anglais.

    Une lettre de Mgr Mutel, datée de Paris, 14 août, annonce que Mgr Merio, Directeur général de l’Œuvre de la Sainte-Enfance, a affecté une somme de 10.000 fr. comme secours aux inondés coréens de juillet dernier.

    Le triduum en l’honneur de nos Bienheureux Martyrs a eu lieu à la cathédrale de Seoul les 19, 20 et 21 septembre. Le premier jour les offices ont été présidés par Mgr Devred ; le 2e jour, par Mgr Sauer; le 3e jour, par Mgr Blois. Chaque jour, grand’messe et vêpres pontificales, suivies de la vénération des reliques ; cette dernière cérémonie fut des plus impressionnantes : beaucoup ont pleuré en entendant le “Chant des Martyrs”; les paroles coréennes ont été composées par le P. Le Merre, la musique est celle que Gounod, alors organiste aux M.-E., adapta au cantique du P. Dallet en l’honneur de 9 Martyrs coréens de 1866. — Ces trois journées demeureront inoubliables dans la mémoire de ceux qui ont eu le bonheur d’assister à ces belles fêtes.

    Taikou

    La rentrée du Séminaire a eu lieu le 15 septembre. Il y a 10 élèves nouveaux pour la section préparatoire, ce qui porte à 86 le nombre total des séminaristes.

    Le triduum en l’honneur des Bienheureux Martyrs, terminé le 27 septembre par un salut solennel du Saint-Sacrement, a été très suivi ; il y a eu près de 1.000 communions chaque jour.

    Moukden

    La rentrée d’automne au Collège franco-chinois de Moukden, dirigé par les Frères Maristes, fut aussi brillant que possible. Faute de places, on dut refuser des élèves.

    Et pourtant l’effervescence des esprits, dans le monde scolaire surtout, à la suite des événements de Shanghai, est à peine calmée. Des tracts révolutionnaires continuent à circuler en cachette, et plusieurs ont pris directement à partie le Collège de la Mission. Certains élèves se sont laissés effrayer par ces menaces et, croyant à la fin prochaine de leur école, ont demandé leur admission ailleurs ; mais la plupart lui sont restés fidèles, et les demandes nouvelles d’admission furent plus nombreuses que le local ne permettait d’en recevoir.

    Les Frères, après une année seulement de direction, ont donc su faire apprécier leurs excellentes méthodes pédagogiques et s’assurer la confiance et des élèves et des parents. Ils ont pu traverser la crise actuelle sans défaillance. C’est de bon augure pour l’avenir.

    Le P. Roger, Supérieur du Petit-Séminaire, rentre en France pour refaire sa santé. Il est remplace par le P. Darles, précédemment curé de N.-D. des Neiges.

    Kirin

    Du compte-rendu de l’exercice 1924-25 nous extrayons les chiffres suivants.

    Population totale environ 10.000.000
    “ catholique 22.369
    Adultes 308
    Baptêmes “ in art. mort 304 612
    Enfants de chrétiens 1.042 4.026
    “ de païens 2.372 3.414
    Confessions 80.097
    Communions 184.669

    Tchengtou

    Le P. Roux aîné, curé de Tienlintchang, est nommé curé de la paroisse du Tongmen à Tchengtou ; il est remplacé à Tienlintchang par le P. Chrétien. Le P. Montel est nommé professeur de liturgie et de français au Grand-Séminaire.

    Après une année de repos et de traitement médical, le P. Viret a pu reprendre ses fonctions de procureur.

    Une ordination de six nouveaux prêtres a eu lieu aux Quatre-Temps de septembre.

    L’état de guerre continue dans la province, et les bandits en profitent largement : partout des vexations et des pillages.

    Suifu

    Nous jouissons depuis quelque temps d’une paix relative. L’ancien gouverneur de la province, Yang Sen, battu et abandonné par presque tous ses généraux, s’est retiré sur les frontières du Yunnan, à quelque 70 km. de Suifu. Mais la guerre n’éclatera-t-elle pas entre les vainqueurs, qui se disputent sa succession ?

    Kiating, où la Mission a l’Institut des “vierges de la doctrine chrétienne” et des écoles primaires et primaires supérieures de garçons et de filles très florissantes, a beaucoup souffert du siège qui a duré du 2 au 11 septembre. 7 brigades du parti de Yang Sen, qui s’y étaient enfermées, ont été cernées par l’armée des alliés. Pour empêcher l’ennemi d’approcher, elles brûlèrent toutes les maisons des faubourgs attenantes aux remparts. Puis les soldats ayant l’habitude de vivre sur l’habitant et de se reposer sur lui seul du service des approvisionnements, au bout de trois ou quatre jours, tout le riz de la ville et les autres provisions de bouche étaient réquisitionnés et consommés ; habitants et militaires, réduits à mourir de faim, ne demandaient qu’à se rendre. Les pourparlers, commencés, rompus, puis repris, finirent enfin par aboutir : les défenseurs se rendaient avec armes et bagages.... Durant le siège, à la famine s’ajoutaient les exactions des troupiers, qui volaient, pillaient, etc. Dieu aidant, et grâce à l’énergie du P. Pierrel, chef du district en même temps que directeur des écoles, les établissements de la Mission ne furent pas envahis par la soldatesque ; les quelques piculs de riz tenus en réserve échappèrent aux réquisitions et suffirent à fournir aux élèves deux repas de bouillie de riz par jour.

    Cependant la population de Kiating, habituée depuis 8 ans à être bien traitée par son ancien général Tchen Hongfan, cherchait à se venger des sévices dont elle avait été l’objet de la part des soldats de Tchengtou ; ne pouvant rien contre eux, même vaincus, elle s’en prit au sous-préfet, qui fut assommé le jour même de la capitulation.

    Tatsienlou

    Nous avions eu la joie de recevoir à Tatsienlou Mgr Bourgain, le premier évêque étranger qui soit venu visiter notre Mission depuis sa fondation ; nous espérions garder pendant une bonne partie de l’été notre noble hôte, dont la santé réclamait des soins, mais son temps était limité et, après avoir bien voulu nous donner l’instruction d’ouverture de notre retraite annuelle, S. G. nous quittait. A regret nous lui disions “au revoir”, et nous ne nous doutions pas alors que cet “au revoir” était un adieu définitif et que, quelques semaines plus tard, le vaillant évêque du Kientchang serait frappé par la mort !

    On s’est longuement battu au Setchoan. Nos militaires des Marches thibétaines, qui avaient embrassé le parti de Yang Sen, ont partagé sa défaite. En quelque 15 jours ils perdaient toutes leurs conquêtes du printemps dernier et se retiraient à Yatcheou, d’où une bousculade peut les rejeter chez nous et causer de grands maux au pays, qui a dû déjà les entretenir pendant l’hiver et qui a vu sa récolte de l’année ruinée par la sécheresse.

    Dans l’ouest, les chefs des bandes thibétaines ne prennent jamais de repos. Le plus malfaisant d’entre eux, le trop fameux Nangkha-lama, tentait, au mois d’août, de prendre Patang, dans le but de s’emparer des 200 ou 300 fusils de la garnison, qu’il convoite depuis longtemps. Mais les Chinois se préparèrent à la défense, ce qu’apprenant, le Nangkha se retira vers le sud. Depuis lors les principaux chefs thibétains de la région se sont ligués contre ce néfaste Bouddha vivant : puissent-ils ne pas se brouiller entre eux et nous délivrer de cet indésirable personnage !

    Du côté du nord, des soldats thibétains au nombre de 2.500 se sont avancés jusqu’à la frontière. On se demande pourquoi. D’aucuns pensent que les Anglais pressent les Thibétains de profiter du moment où les Marches sont dépourvues de soldats pour s’en emparer. Il paraîtrait, par ailleurs, que le Grand-Lama de Lhassa serait invité à faire prochainement un voyage aux Indes, ce pendant que son rival, le sinophile Panchan-lama, est à Pékin, où il cherche à obtenir la protection de la Chine. Les deux partis, pro-anglais et pro-chinois, se dessinent de plus en plus nettement.

    Ningyuanfu

    La Mission de Ningyuanfu est dans le deuil : notre Vicaire Apostolique, Mgr Bourgain, est mort à Yunnanfu le 30 septembre. Après un voyage à Tatsienlou pour y conférer avec Mgr Giraudeau, Monseigneur nous avait quittés le 27 août, se rendant en Europe et pour y refaire sa santé et pour y traiter des intérêts de sa Mission. La première partie du trajet lui fut très pénible ; il dut s’arrêter à Yunnanfu, et c’est là que, malgré tous les soins dont il fut entouré, notre cher évêque a rendu son âme au Maître souverain pour lequel il a tant travaillé pendant ses 29 ans de vie apostolique, dont 7 d’épiscopat. Pie Jesu Domine, dona ei requiem sempiternam !

    Un nouveau confrère, le P. Bettendorff, du diocèse de Reims, s’est embarqué à Marseille à la mi-septembre à destination du Kientchang : il sera le bienvenu dans notre pusillus grex et son arrivée apportera un peu de consolation au cœur des orphelins de Ningyuanfu.

    Dans la Mission, toujours les mêmes misères : la famine, les incursions des Lolo, le brigandage ; et, pour comble, voici qu’une épidémie de fièvre pernicieuse suivie de dysenterie sévit depuis deux mois au Séminaire, chez les catéchistes et dans nos écoles catholiques. A peste, fame et bello, libera nos, Domine !

    Yunnanfu

    Le 19 septembre, Mgr Bourgain nous arrivait, bien fatigué déjà par trois semaines de voyage depuis Ningyuanfu. Nous espérions que quelque temps de repos le remettrait ; il n’en fut rien, hélas ! Tous les soins furent inutiles, le mal alla s’aggravant et, le 30 septembre, à 6 heures du soir, Mgr s’endormait doucement dans le Seigneur. Il n’a pas eu la consolation de mourir dans sa chère Mission : mais il repose auprès de Mgr Fenouil, au milieu des missionnaires du Yunnan, et, au nom des confrères du Kientchang, nous veillerons sur sa tombe.

    Le P. Etchart s’est rendu au Tonkin pour y recevoir trois nouveaux PP. Bétharramites destinés à la Mission de Taly : ils attendent à Yunnanfu qu’une caravane se dirige vers leur future résidence.

    Kouiyang

    Un nouveau confrère, le P. Guettier, du diocèse de Paris, s’est embarqué à Marseille le 18 septembre à destination de Kouiyang. Déjà 4 religieuses Canadiennes sont arrivées à Yunnanfu le 26 septembre. Elles attendent là l’arrivée du jeune missionnaire. Puis le P. Lanco, désigné par Monseigneur, est parti pour Yunnanfu au devant des arrivants et se chargera de nous les amener à bon port.

    Le P. Harosteguy est nommé curé de Kianlong ; le P. Lanco, de Tchenlin.

    Nos religieuses Canadiennes continuent de se dévouer avec un zèle admirable au secours des affamés. Le nombre des enfants recueillis à la crèche a atteint 70 ; beaucoup de ces petits, régénérés par le baptême, sont allés rejoindre les anges du Paradis.

    Une soixantaine de femmes, venues de divers côtés pour échapper à la famine, ont été confiées aux soins des Sœurs, qui, dans une pagode voisine de l’évêché, vont leur prodiguer leurs services et leur distribuer le bol de riz qui leur rendra des forces. Quant à celles qui, épuisées par les privations, ne peuvent être arrachées à la mort, la plupart reçoivent le baptême et échangent ainsi les misères d’ici-bas contre le bonheur de l’éternité.

    La retraite annuelle de notre clergé indigène a eu lieu au mois de septembre : 23 prêtres ont pu y assister. Le prédicateur était le P. Noyer.

    Cette réunion coïncidait avec le 25e anniversaire de l’ordination sacerdotale des PP. Paul Tchen et Aloys Yang. Le premier, retenu par l’âge et les infirmités, n’avait pu se rendre à la retraite ; le second fut donc le seul héros de la fête et ses confrères voulurent faire dignement les choses. Le dimanche 20 septembre, au repas de midi. le P. Léon Tchang lut un discours latin fort bien tourné, qui retraçait la carrière du jubilaire.

    Le P. Aloys Yang est un lettré de la vieille école : dans son enfance il se nourrit de la belle littérature de Confucius et ses études furent couronnées par le diplôme de bachelier. Il devint alors professeur aux écoles Saint-Louis de Kouiyang : c’est là qu’il entendit l’appel de la grâce. Renonçant au monde, il vint très simplement, lui, grand jeune homme et réputé savant, s’asseoir sur les bancs du Petit-Séminaire, à côté de tout jeunes écoliers. Il mit toute son ardeur à l’étude et fit de rapides progrès. Quelques années après il était prêtre et devenait professeur de chinois dans ce même Séminaire où il avait appris les rudiments du latin.

    Plus tard il fut envoyé comme vicaire à Tsin-y, où il fit son apprentissage du ministère actif, puis il redevint professeur au Petit-Séminaire. Successivement vicaire à la cathédrale, puis curé du district d’Otchouan, et comme tel lointain successeur du Vénérable Père Moye, il est depuis un an curé de Kaitcheou, terre des Martyrs arrosée par le sang des Bienheureux Jean-Pierre Néel et Lucie Y.

    Le discours du P. Tchang fut suivi d’une cantate composée et exécutée par le P. Albert Ten ; après quoi les prêtres chinois offrirent à leur confrère de beaux cadeaux, témoignages de leur respectueuse affection.

    Très ému, le P. Yang remercia en quelques mots partis du cœur, et il sut donner à ses confrères des conseils sages et pratiques : il pouvait se le permettre, lui, le prêtre digne, pieux, aimé et respecté de tous.

    Mgr Seguin prit ensuite la parole et offrit à son tour ses félicitations à l’heureux jubilaire. Et ce fut, pour finir, un tonnerre de pétards, couronnement indispensable de toute fête en Chine.

    Depuis lors les réunions ont pris fin ; les retraitants sont partis, regagnant, au pas lent de leurs mules, leurs districts abandonnés pour un temps. Ils emportent le meilleur souvenir de leur séjour à Kouiyang : puisse ce souvenir leur être un réconfort au milieu des épreuves que leur réserve sans doute l’état troublé de leur pauvre pays !

    Lanlong

    Les troupes yunnanaises ont enfin passé la frontière et nous ont délivrés de leur présence, ce qui a permis à nos confrères de se réunir tous (sauf les deux malades en France) pour la retraite annuelle.

    Les nouvelles apportées de l’intérieur ne sont pas toutes consolantes. Dans le district de Lofou, l’oratoire et le village de Nioutchay ont été incendiés. A Ouangmou, le P. Doutreligne s’en est tiré en achetant aux environs et en revendant aux soldats les vivres nécessaires, puis en soignant leurs malades et leurs blessés. A Loyang, le P. Yuen a vu piller son église et sa maison : il s’est vengé en hébergeant les blessés et il a eu la joie d’en baptiser une bonne douzaine à l’article de la mort.

    Nous jouissons maintenant de la paix, mais est-ce pour un long temps ?…

    Canton

    La situation est toujours des plus précaires. Il semble cependant que l’opposition au gouvernement actuel de Canton se développe de plus en plus et que, attaqué de plusieurs côtés à la fois, il aura peine à se maintenir.

    Après un mois de repos à Hongkong, le P. Laurent est rentré à Shameen. Les PP. Lévêque et Favreau, bien que rétablis, ne peuvent encore, à cause des troubles, regagner leur poste et prolongent leur séjour à Béthanie.

    L’air natal n’a pas encore remis le P. Fabre en parfaite santé. Il demeure encore en France et remplacera temporairement au Séminaire de Bièvres le P. Bouffanais, chargé des aspirants étudiants à Rome.

    Les écoles des Frères et des Sœurs ont repris leurs cours : le nombre d’élèves est demeuré à peu près le même.

    Swatow

    Extrait du compte-rendu de l’exercice 1924.25.

    Population totale environ 6.000.000
    “ catholique 33.592
    Adultes 202
    “ in art. mort 124 326
    Baptêmes Enfants de chrétiens 1.148 3.614
    “ in art. mort 2.140 3.288
    Confessions 88.693
    Communions 144.939
    72 Ecoles paroissiales de garçons 2.401 élèves
    15 “ “ de filles 403 “
    5 Orphelinats 84 enfants

    Depuis la fin de septembre le territoire de notre Mission est libéré de la domination des “rouges”; les troupes de Tchan Kouinmin ont réoccupé le terrain abandonné, mais le calme n’est pas encore rétabli.

    Après un stage d’un mois à Béthanie, le P. Favre nous est revenu guéri de ses blessures et prêt à affronter de nouveaux dangers.

    Deux missionnaires de Maryknoll sont arrivés pour travailler dans notre Vicariat et préparer la création d’une nouvelle mission. qui leur serait confiée dans un avenir plus au moins prochain.

    Pakhoi

    Extrait du compte-rendu de l’exercice 1924-25.

    Population totale environ 4.000.000
    “ catholique 10.833
    Adultes 211
    Baptêmes “ in art. mort. 57 268
    Enfants de chrétiens 333 1.032
    “ in art. mort. 431 764
    Confessions 27.752
    Communions 64.794
    24 Ecoles paroissiales de garçons 734 élèves
    18 “ “ de filles 353 “
    7 Orphelinats 220 enfants
    2 Dispensaires 13.430 consult.

    L’Orphelinat de Pakhoi perd sa dévouée Supérieure, Sœur Marie-Edwige, rappelée à Chartres pour y refaire une santé trop ébranlée.

    Notre doyen, le P. Zimmermann, toujours jeune, toujours infatigable, vient de terminer un abri pour son vicaire indigène et s’attaque sans désemparer à la construction d’une chapelle. Malheureusement les matériaux manquent, sous forme de piastres surtout.

    Pendant qu’il fait le maçon, presque tous ses confrères sont en sentinelle sur leurs remparts respectifs et scrutent l’horizon. Pakhoi deviendra-t-il bolchevique ? Aurons-nous enfin la paix ?... Ce ne sont pas les chefs actuels qui nous la donneront. On livre bataille sur bataille dans toute la région située entre Onpô et Kôchow. Les généraux se font mutuellement un autre genre de guerre et le maréchal Tang Poun-yen a dernièrement fait assassiner l’un de ses subordonnés, fameux autant par l’exiguïté de sa politesse que par la longueur de sa pipe à opium. Il en est résulté un conflit nouveau. La ville de Shekshing, prise et reprise, a té pillée de fond en comble et le P. Genty, qui habite à l’ombre de ses murs, a été bousculé et sérieusement molesté par des soldats en maraude. Heureusement notre confrère n’a pas été blessé.

    Hanoi

    Le sacre de Mgr Chaize, Coadjuteur du vénéré Mgr Gendreau, aura lieu dans l’église de Keso le dimanche 22 novembre. Son Excellence le Délégué Apostolique, Mgr Aiuti, rehaussera par sa présence l’éclat des fêtes, qui promettent d’être des plus solennelles.

    Depuis la mi-septembre Mgr Gendreau est en tournée pastorale dans les paroisses du grand district du P. Chalve. Partout les exercices de la mission sont suivis par une foule de chrétiens, heureux d’entendre la parole de leur vénéré Pasteur, toujours plein de vie et d’entrain malgré son grand âge. Mgr a eu la joie de bénir une belle église, œuvre du P. Chalve, et trois cloches venues de France, qui ont reçu les noms de Jean-Baptiste, Thérèse et Marguerite, en l’honneur du saint Curé d’Ars, de la petite Fleur du Carmel de Lisieux et de la Confidente du Sacré-Cœur. Les chrétiens étaient venus de toutes les paroisses voisines pour assister à ces belles cérémonies, nouvelles pour eux. 75 catéchumènes reçurent le baptême et des centaines d’enfants furent confirmés. Mgr Chaize, qui accompagnait Mgr Gendreau, a trouvé que ce ministère — le sien désormais, — diffère essentiellement de celui de professeur, qu’il a exercé depuis 20 ans.

    Le P. Brisson, depuis 43 ans missionnaire chez les Muong, est descendu de ses montagnes pour venir soigner ses jambes, qui menacent de lui refuser leurs services. — “C’est la base qui faiblit, dit-il avec bonne humeur, et quand la base manque, l’édifice n’est pas loin de crouler”. Mais nous espérons bien que sa robuste constitution et les soins dévoués des bonnes Sœurs auront bientôt raison de cette faiblesse passagère.

    Phatdiem

    A Tondao le P. Pléneau achève son église, du style roman le plus pur et qui sera la plus belle de la Mission. C’est plaisir de voir tous les chrétiens, riches et pauvres, y travailler chacun selon ses moyens.

    Le P. Degeorge, dont la santé inspirait des inquiétudes, semble se remettre ; toujours souriant, il prend son mal en patience et en toute soumission à la volonté de Dieu.

    Noces d’or. — Les Sœurs de S.-Paul de Chartres sont établies à Thanh-hoa depuis 1898. Elles dirigèrent d’abord l’hôpital indigène de la province, puis, lors des laïcisations, la Sainte-Enfance de la Mission, à laquelle le P. Bourlet adjoignit plus tard un hospice, où nombre d’incurables sont venus trouver le chemin du ciel. Presque en même temps furent créés un ouvroir et une école française, complétée depuis l’an dernier par une section franco-annamite.

    La directrice de l’école, Sœur Arsène de Jésus, est la cheville ouvrière de l’œuvre et de nombreuses enfants viennent, même des provinces voisines, chercher auprès d’elle une instruction solide en même temps qu’une sérieuse éducation chrétienne. Sœur Arsène ne recula jamais devant le travail et rien ne lui pèse autant que l’inaction. L’année dernière, ses Supérieures, la voyant fatiguée, pensèrent l’envoyer prendre quelque repos en France ; mais, devant la peine de la vaillante religieuse et le préjudice que son départ aurait causé à son œuvre, on renonça à ce projet. Sœur Arsène est de celles qui tiennent jusqu’au bout et meurent au champ d’honneur.

    Le 9 octobre dernier, nous célébrions le 50e anniversaire de son entrée en religion. Ce fut une fête tout intime, de prière et de recueillement. Mgr Marcou vint exprès de Phatdiem pour la présider, montrant par là combien il apprécie les services rendus par la vénérable jubilaire. Avant la messe, Mgr parla en termes émus du malheur des pauvres enfants qui fréquentent les écoles sans Dieu et de l’obligation grave qu’ont les parents chrétiens d’envoyer leurs enfants aux écoles catholiques, dans lesquelles on trouve, avec l’enseignement religieux, le dévouement d’institutrices comme Sœur Arsène. Puis Mgr célébra la sainte Messe, pendant laquelle les élèves, sous la direction de Sœur Berchmans, chantèrent, en latin en français, des cantiques à rendre envieux les anges du ciel. Le salut suivit immédiatement la Messe et fut chanté avec la même ardeur et la même perfection,

    Puisse la vénérée jubilaire continuer longtemps encore au milieu de nous son œuvre d’instruction et d’édification !

    Les Filles de N.-D. des Missions sont maintenant au nombre de 9. Toutes s’appliquent à l’étude de la langue annamite, et trois d’entre elles sont déjà à même d’enseigner. Le nombre de leurs élèves dépasse actuellement 200. Nos Sœurs indigènes “Amant de la Croix” les aident temporairement dans leur tâche et apprennent d’elles en même temps les bonnes méthodes d’enseignement.

    Quant aux écoles de garçons, on doit constater à regret que les parents chrétiens n’ont pas encore tous compris leur devoir d’envoyer leurs enfants étudier dans les écoles de la Mission, où leurs âmes sont à l’abri de bien des dangers. Pour les petits, aucune difficulté ; mais, dès que s’esquisse la perspective d’un examen, les parents croient que seuls seront reçus les élèves des écoles laïques, et malheureusement, s’il y a quelque exagération dans cette conviction, elle n’est pas complètement erronée.

    Quinhon

    Mgr Grangeon vient de faire dans les six districts nord du Binhdinh une tournée pastorale de deux semaines, durant laquelle il a administré 1.133 confirmations.

    La rentrée du Petit-Séminaire a eu lieu le 1er septembre : 51 nouveaux élèves ont été reçus. Du 3 au 6, le P. Sion a prêché retraite, tandis qu’à Dai-an le P. Labiausse prêchait celle du Grand-Séminaire.

    Hué

    Le 6 septembre, la fête de tous les Martyrs Indochinois, nouvellement concédée par le Saint-Siège, a été célébrée avec la plus grande solennité dans toute la Mission, mais surtout à Phước-Môn, chrétienté fondée par S. E. Nguyễn Hữu Bài en l’honneur des BB. Martyrs Annamites. Mgr Allys présidait la cérémonie. Une messe-solennelle avec diacre et sous-diacre fut chantée par le P. Morineau, chef de district du Dinh-Cát. Le soir eut lieu une procession à laquelle vinrent assister plusieurs prêtres et de nombreux chrétiens des paroisses environnantes. Le salut du Saint-Sacrement, donné par Monseigneur, clôtura cette belle journée.

    L’Empereur d’Annam, malade depuis plusieurs mois, continue cependant d’administrer son royaume, de concert avec les autorités du Protectorat. On espère qu’il pourra vivre encore assez longtemps, malgré les sombres pronostics de certains personnages peut-être intéressés à sa prochaine disparition. Le correspondant indochinois de la Croix (Nº du 25 août 1825) se demandait qui pourrait bien être nommé régent de l’Empire après la mort de S. M. Khởi-Định : “On pense tout naturellement, disait-il, au premier ministre actuel, que le roi a en singulière estime ; mais il se pourrait que le gouvernement français en réclamât un autre. Songez que M. Bài. est catholique et ne le cache pas. Un roi païen peut se payer un ministre catholique : des Français baptisés auraient trop peur de se compromettre”. Cette insinuation tendancieuse a fait mauvaise impression dans divers milieux de la capitale. Une personne très avisée la caractérisait ainsi : “C’est un propos que tout le monde désavoue ici comme inexact, incorrect et nuisible”.

    Le prince Bửu Trắc, dont nous avons parlé dans notre dernière chronique, a été condamné à la strangulation avec sursis. D’ici peu il doit aller méditer dans un exil sévère sur les conséquences de son ingratitude envers un Souverain qui n’avait cessé de lui prodiguer des bienfaits.

    Phnompenh

    Le samedi des Quatre-Temps de septembre, Mgr Bouchut a ordonné 4 sous-diacres et plusieurs minorés.

    La rentrée, au 1er septembre, de l’Ecole Miche et de l’Ecole S.-Pierre, tenues par les Frères des Ecoles chrétiennes, a donné respectivement 254 et 97 élèves, soit une augmentation de 33 sur le chiffre de l’année dernière.

    Le lundi 21, un essaim de 14 Carmélites s’envolait de Phnompenh pour gagner Bangkok et fonder une nouvelle ruche dans la capitale siamoise. C’est le 7 août 1919 que la Mère Prieure Anne de Jésus arrivait de Saigon avec plusieurs Sœurs. Tout était à faire ; elle se mit à l’œuvre et aujourd’hui, après 6 années de peines, le monastère de Phnompenh étant achevée et prospère, elle va recommencer les mêmes travaux au Siam. Que sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, sous le patronage de laquelle est placée, dit-on la nouvelle fondation, accorde à Mère Anne santé, force et courage !

    Bien que tenue secrète pendant longtemps, la date du 25e anniversaire de l’ordination sacerdotale du P. Merdrignac finit par transpirer parmi les fidèles de la paroisse du Sacré-Cœur. Aussitôt un comité est constitué et la célébration de la fête fixée au 5 octobre. La grand’Messe fut chantée avec diacre et sous-diacre ; Mgr Bouchut présidait au chœur ; le P. Haloux fit entendre sa parole toujours chaude et goûtée, et la chorale, ses plus beaux morceaux. Malgré l’installation récente du P. Merdrignac au Sacré-Cœur, on a pu voir quel attachement réciproque unit déjà curé et paroissiens.

    Bangkok

    Le P. Chorin, rentré de France le 10 septembre, est nommé Procureur de la Mission, tout en conservant ses fonctions de Directeur de l’Imprimerie.

    Le jeudi 24 septembre sont arrivées quatorze Religieuses Carmélites, dont 4 Européennes, venant de Phnompenh. Le 30 suivant, Mgr Perros a célébré la première messe dans leur chapelle, en présence des PP. Rondel, Broizat, Gastal, Chorin, de nombreuses Religieuses et d’une assistance laïque fort convenable. Les Carmélites reçoivent provisoirement l’hospitalité chez les Sœurs de S.-P de Chartres, Pensionnat S.-Joseph, en attendant l’achèvement prochain de leur couvent.

    La nombreuse colonie chinoise établie au Siam ne semble pas fort intéressée par les mouvements bolchevistes chinois. Quelques pamphlets ont cependant été saisis par la police siamoise et quelques “indésirables” déportés. A part cela, le calme règne : puisse-t-il durer !

    Malacca

    Extrait du compte-rendu de l’exercice 1924-25.

    Population totale environ 3.500.000
    “ catholique 49.432
    Adultes 465
    “ in art. mort. 718 1.183
    Baptêmes Enfants de chrétiens 2.044 4.810
    “ in art. mort. 1.583 3.627

    Confessions 220.929
    Communions 566.041
    40 Ecoles de garçons 6.931
    24 “ de filles 5.267 12.198 élèves
    37 Orphelinats 1.385 enfants.

    Birmanie Méridionale

    Un confrère fureteur a découvert le nom du P. Riouffreyt sur la liste des passagers d’un des paquebots de la Cie Bioby : il en a conclu que le cher Père nous revenait ; il sera accueilli à bras ouverts. Après son retour il ne restera plus hors de la Mission que le P. Mazoyer : puisse-t-il, lui aussi, nous revenir bientôt !

    Nous avons eu le plaisir de recevoir la visite de deux de nos confrères de Malaisie, les PP. Louis Duvelle et Devais, venus pour se guérir d’une insomnie persistante. Cette visite, pendant laquelle ont été resserrées de vieilles amitiés et en ont été nouées de nouvelles, a contribué à renforcer les liens qui unissent la Birmanie à la Malaisie. Malacca, Mission-mère, nous envoya nos premiers missionnaires, à la tête desquels Mgr Bigandet, ancien curé de l’église de l’Assomption de Penang et notre premier Vicaire Apostolique. Aussi les visites des confrères de la Mission qui a fondé la nôtre seront toujours les bienvenues.

    Birmanie Septentrionale

    Une belle figure de prêtre indigène vient de disparaître en la personne du Père Tobie, mort le 5 septembre dans sa 77e année, après une vie remplie d’œuvres et de mérites. L’âge avait respecté chez lui la vigueur et le zèle : il est tombé sur la brèche, les armes à la main. Deux mois avant son décès il prêchait une retraite de trois jours aux lépreux de l’Asile et, le 15 août, de toute son âme, il chantait les gloires de Marie dans son beau poste de Payan.

    Il avait le don de la parole, notre vénéré doyen d’âge : prêcher, catéchiser, était toute sa joie. Aussi, pas de fête patronale, pas de retraite, pas de triduum, auxquels, une fois ou l’autre, il n’eût prêté son concours. Simples et pratiques, ses sermons faisaient délices de ses auditeurs ; un organe puissant le servait à souhait. Avec le même empressement il passait de la chaire au confessionnal, qu’il ne quittait que lorsque le dernier pénitent était sorti l’église.

    Humble et modeste, il ne parlait jamais de lui. Il n’aimait pas à rappeler les déboires et les fatigues qu’il avait eu à subir au déclin de l’empire birman. Il les résumait en une phrase lapidaire : Habui maximas miserias. Misères, nous le savons, supportées avec un grand esprit de foi et de pénitence pour la conversion de ses compatriotes, les Birmans.

    Le 25 août, à Payan, une attaque de paralysie venait l’avertir que l’heure du grand départ allait sonner. Accouru à son chevet, le P. Herr lui donnait les derniers sacrements et le faisait transporter à la Léproserie de Mandalay, dans l’espoir que les soins dévoués du P. Collard, du docteur et des Sœurs arrêteraient peut-être les progrès de la maladie ; mais son heure était venue et, le samedi suivant, il rendait paisiblement sa belle âme à Dieu.

    Laos

    Extrait du compte-rendu de l’exercice 1924-25.

    Population totale environ 3.500.000
    “ catholique 16.534
    Baptêmes 1.227
    Confessions 75.538
    Communions 169.653
    42 Ecoles paroissiales 1.739 élèves

    Le P. Malaval annonce son prochain retour au Laos ; il devait s’embarquer à Marseille le 14 octobre.

    Dans la région d’Oubon, au sud de la Mission, toutes les rizières sont inondées et ne produiront rien. Par contre, dans le nord, la récolte s’annonce bonne.

    Pondichéry

    A la rentrée des classes, notre Petit-Séminaire-Collège a vu affluer plus de 1.200 élèves, qui sont répartis en 3 sections : section. française, section anglaise et section des humanités.

    A la fin de juillet, un croiseur français, le Jules Michelet, jetait l’ancre — chose rare ! — dans le port de Pondichéry. Pendant trois jours, officiers et matelots, descendus à terre, parcoururent la ville en tous sens. Leur tenue correcte a fait impression sur la population. Une vieille Indienne, son gros chapelet à la main, sortant de l’église en même temps que plusieurs marins, ne put s’empêcher de s’écrier : “Comme ils sont pieux ! Ils prennent de l’eau bénite, s’agenouillent et prient”. Preuve que la France n’est pas encore la nation athée que disent d’aucuns.

    La pluie, que tout le monde réclamait à cor et à cri, est enfin arrivée, abondante, providentielle. Le labourage a pu se faire et les craintes de famine sont écartées.

    Kumbakônam

    Le P. Sovignet, en l’absence de Mgr Chapuis, vient de faire une tournée de confirmation au cours de laquelle il a visité quatre districts du nord-ouest de la Mission. Ces chrétientés sont très étendues, mais la population s’y trouve très clairsemée. Par suite de la sécheresse qui depuis trois années consécutives sévit dans cette partie du diocèse, les habitants émigrent de plus en plus à Ceylan, en Birmanie ou dans la Malaisie, et tel village qui, il y a quelques années, comptait 75 familles chrétiennes, n’en a plus aujourd’hui qu’une vingtaine.

    Durant cette visite, le Vicaire général a béni, dans la petite ville d’Ayour, le nouveau dispensaire des Sœurs Catéchistes de Marie Immaculée. Dans cet endroit, illustré jadis par les exploits évangéliques du P. Pierre, le P. Ligeon a travaillé pendant dix ans à l’édification de cette œuvre, et c’est là que désormais les religieuses pourront donner libre cours à leur zèle et à leur dévoûment.

    La retraite annuelle des missionnaires a eu lieu du 9 au 15 septembre ; elle a été prêchée par le P. Colas, de la Mission de Pondichéry.

    Sanatorium de Béthanie

    Le dimanche 4 octobre, tous les membres de la Société présents à Hongkong célébraient dans l’intimité le 50e anniversaire de la fondation du Sanatorium. Le P. Robert évoqua le souvenir du bon P. Patriat, le premier Supérieur, du P. Osouf, alors Procureur général, qui aida puissamment à l’installation, des PP. Holhann et Fillastre, qui tour à tour dirigèrent la maison ; mais surtout il présenta au cher P. Marie, qui depuis 25 ans se dévoue avec un zèle inlassable au soin de nos confrères malades ou infirmes, les félicitations et les remerciements de toute la Société des M.-E. dont il a si mérité !

    Marseille

    Deux départs, de 13 et 10 jeunes missionnaires, ont eu lieu le mois dernier. Se sont embarqués le 18 septembre :

    MM. ROU HAN (Aix) Collège Général de Penang ;
    PIFFAUT (Autun) id
    MAZÉ (Quimper) Mission de Hunghoa ;
    ROHMER (Strasbourg) “ Quinhon;
    BLONS (Quimper) “ Kumbakônam;
    AUDRAIN (Vannes) “ Birmanie Sept.;
    LESCURE (Tulle) “ Birmanie Mérid. ;
    HAMON (Quimper) “ Yunnanfu ;
    CAPPELLE (Bruges) “ Mysore ;
    URRUTIA (Bayonne) “ Hué ;
    BETTENDORFF (Reims) “ Ningyuanfu ;
    GUETTIER (Paris) “ Kouiyang ;
    FRANCHETEAU (Nantes) “ Phatdiem.

    Se sont embarqués le 25 septembre :

    MM. ARVIN (Annecy) Mission de Nagasaki ;
    MOLLMARD (Nîmes) “ Seoul ;
    HERBRETEAU (Luçon) “ Canton ;
    PEZOUS (Albi) “ Tatsienlou ;
    BERTRAND (Coutances) “ Taikou ;
    BUHOT (Coutances) “ Suifu ;
    SIMON (Rennes) “ Saigon ;
    BOSCHET (Vannes) “ Moukden ;
    RONDEAU (Reims) “ Swatow ;
    RABALLAND (Luçon) “ Phnompenh.

    Séminaire de Paris

    Le 16 juillet, à Notre-Dame, consécration épiscopale de Mgr Audollent, évêque de Blois. La chorale du Séminaire a été invitée à prêter son concours pour les chants.

    La fête de saint Vincent de Paul a été célébrée cette année à la rue de Sèvres avec un éclat particulier : c’était, en même temps que le 3e centenaire de la fondation de l’Institut des Lazaristes, le 50e anniversaire de l’entrée dans la Congrégation de la Mission du vénéré Supérieur Général M. Verdier. Mgr de Guébriant, Mgr Mutel et le P. Boulanger étaient du nombre des invités à la cérémonie du 22 juillet, présidée par S. E. le Cardinal Dubois.

    Le 25, Mgr le Supérieur a quitté Paris pour se rendre aux fêtes de Sainte-Anne d’Auray et de là prendre ses vacances à S.-Pol-de-Léon.

    Durant la seconde quinzaine de juillet, le Séminaire a donné l’hospitalité à S. G. Mgr Kandathil, archevêque d’Ernakulam (Inde), à Mgr Cercone, minutante à la S. C. de la Progapande, au P. Coleman des M.-E. de Maryknoll, au P. Matsushita de Nagasaki.

    De Rome M. Arvin nous revient avec le titre de Docteur en Droit Canon, M. Rouhan avec celui de Docteur en Théologie, M. Vignaud avec celui de Licencié en Théologie. Nos sincères félicitations !

    Après un court séjour à l’hôpital Saint-Joseph, le P. Tabard, de Mysore, a pu se rendre à Montbeton, où l’a accompagné le P. Schmitt.

    Deux nominations très honorables pour notre Société. Mgr Berlioz, évêque de Hakodate, est nommé Assistant au Trône Pontifical. Le vénérable évêque doit célébrer ses noces d’or sacerdotales le 10 octobre : nous lui offrons nos félicitations respectueuses pour sa nomination et pour ses 50 années de labeur apostolique, dont 34 d’épiscopat.

    L’autre nomination est celle de Mgr Mutel comme Chevalier de la Légion d’Honneur, qui a vivement réjoui tous ceux qui connaissent le vaillant Prélat. En l’absence de Mgr de Guébriant, Mgr Mutel a demandé à M. Berteaux, ancien Consul à Seoul et à Moukden ; actuellement Directeur du Personnel au Ministère des Affaires-Étrangères, de procéder à la remise de la décoration. La cérémonie a eu lieu le 23 août en présence de NN. SS. Morel et Rayssac et des Directeurs. M. Berteaux s’est déclaré très fier de l’honneur qui lui était fait, puis, après avoir fait avec beaucoup de délicatesse l’éloge de l’apôtre, de l’érudit et du grand Français qu’est le Vicaire Apostolique de Seoul, il a épinglé sur sa poitrine la décoration si bien méritée. Au repas qui suivit, Mgr Morel, au nom de la Société, félicita le nouveau Chevalier, lequel à son tour, avec son esprit et son à-propos habituels, remercia tout le monde se déclarant heureux de cette distinction parce qu’elle honore la Société tout entière.

    Mgr Morel, archevêque de Pondichéry, revenant d’Amérique, a passé quelques jours au Séminaire, qu’il a quitté le 24 août pour se rendre à Rome.

    S. Exc. Mgr Fumasoni-Biondi, Délégué Apostolique aux Etats-Unis, a passé quelques jours au Séminaire avant de regagner Washington.


    S. B. Mgr Rahmani, Patriarche d’Antioche (rite Syrien) et le R. P. Gérard, Prieur de la Trappe de N.-D. du Phare (Hakodate), ont été aussi les hôtes de la maison.

    Mgr le Supérieur est rentré le 5 septembre.

    Le P. Bouffanais se dispose à se rendre à Rome. Il sera remplacé temporairement à Bièvres par le P. Fabre, de la Mission de Canton, que son état de santé retient encore en France.

    Le P. Mollat est toujours très occupé par les travaux d’aménagement de la Maison de Famille des étudiants asiatiques à Bourg-la-Reine.

    La cérémonie du départ de 13 nouveaux missionnaires a eu lieu le lundi 14 septembre. L’allocution, prononcée par Mgr le Supérieur, fut un commentaire très approprié des paroles le l’Apôtre : Traditi gratiœ Dei in opus. Le second départ, comprenant les 10 partants qui doivent dépasser Haiphong, a eu lieu le lundi 21 septembre.

    Mgr Fréri, évêque de Constance, membre honoraire de la Société, est l’hôte du Séminaire.

    Ont été admis comme Aspirants : MM. Lobez (Arras), Pourchet (Besançon), Etcheverry (Bayonne), Châtelain (Besançon), Tambourin (Bayonne), Duverger (Cambrai), Girardet (Besançon), Ogent (Bayeux), Josset, de Caters (Malines ?), Guillerm (Quimper), Harmandon (Nîmes), Meunier (Lyon) et Eb (Beauvais).

    Dormans

    Indulgences accordées à la Chapelle de la Reconnaissance nationale.

    Par un Indult en date du 16 juin 1925, l’autel de la crypte de la Chapelle de la Reconnaissance nationale à Dormans a été déclaré enrichi pour 7 ans du Privilège quotidien en faveur de l’âme du défunt pour lequel le Saint-Sacrifice de la Messe sera célébré par quelque prêtre que ce soit.

    Par un autre Induit de la même date sont accordées pour 7 ans les Indulgences suivantes, applicables seulement aux fidèles défunts :

    1º Une indulgence plénière aux conditions ordinaires, une fois par an, en quelque jour que ce soit, aux fidèles qui visiteront la crypte de la Chapelle et prieront aux intentions du Souverain-Pontife ;

    2º Une indulgence partielle de 7 ans et 7 quarantaines, une fois par jour, à tout fidèle qui, avec un cœur contrit, visitera la crypte et y priera dévotement.




    1925/692-715
    692-715
    Anonyme
    France et Asie
    1925
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