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Chronique des Missions et des Etablissements communs 6

Chronique des Missions et des Etablissements communs. Tôkyô
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    Chronique des Missions et des Etablissements communs.
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    Tôkyô

    Le 10 avril, avait lieu à Tsukiji linauguration de la nouvelle église que le Père Giraudias a fait bâtir sur les fondements de lancienne, démolie et brûlée lors du tremblement de terre de 1923. Mgr Rey a béni le nouveau sanctuaire au milieu de laffluence des chrétiens de la paroisse et des paroisses voisines. Lédifice, qui, grâce à son sanctuaire plus restreint et à sa plus vaste tribune, peut contenir une plus nombreuse assistance que lancienne petite cathédrale, (vrai bijou darchitecture gothique dû au goût très sûr du regretté Mgr Ozouf), na pu prétendre rivaliser, à cause des ressources modiques dont disposent les missionnaires actuels, ni pour la hauteur, ni pour les détails, avec celui quil remplace. Néanmoins il pourrait dire aussi : Non sum adeo informis, tel quil se présente avec son fronton de temple grec et les colonnes cannelées, qui ornent son portique et, à lintérieur, séparent les nefs. Lorsque le sanctuaire aura reçu son grand autel et ses statues, et que les larges panneaux de la grande nef auront été décorés de peintures, il offrira, comme lancien, en son genre, un modèle dont on pourra pour le moins sinspirer.

    Le 1er mai, dimanche du Bon-Pasteur, la paroisse dAzabu à Tôkyô célébrait le Jubilé sacerdotal de son pasteur, le R. Père E. A. Tulpin. Il fut ordonné prêtre le 24 février 1877 par Mgr Ozouf, qui venait lui-même dêtre sacré évêque le 11 du même mois. Premier vicaire apostolique du Japon Septentrional, qui avait été détaché du Japon Méridional et sétendait sur tout le territoire actuel des diocèses et préfectures apostoliques de Tôkyô, Hakodaté, Akita, Sapporo et Nagoya, le nouvel évêque emmena avec lui les deux nouveaux missionnaires quil venait dordonner, les PP. Tulpin et Ballanche et le P. Balette, qui avait été ordonné quelque temps auparavant. Partis de Paris le 4 mai, ils débarquèrent à Yokohama le 2 juillet 1877. Le Père Tulpin fut un des pionniers de la première heure qui ouvrirent et développèrent un grand nombre des chrétientés du vicariat, déployant son zèle tour à tour à Niigata, Asakusa de Tôkyô, Morioka, Akita, Yamakata, Nagoya, où il demeura quinze ans, Gifu, Kanazawa, Toyama, etc. et enfin Azabu, où il arriva il y a 20 ans, le 1er janvier 1907. Notons, en passant, que la paroisse dAzabu est actuellement des plus florissantes ; le plus récent compte-rendu accuse 1460 fidèles et 408 baptêmes, dont 144 dadultes, pour lan dernier.

    Léglise, que le Père a agrandie il y a quelques années, ne put contenir que la moitié à peine des nombreux fidèles, qui étaient venus de tous les points de la capitale et des environs témoigner leur sympathie et leur reconnaissance au vénéré jubilaire. Mgr Rey, appelé par dépêche le jeudi précédent à Sendai au chevet de son vieil ami mourant, le Père Jacquet, ne put malheureusement pas assister aux cérémonies du jour. Elles furent rehaussées, dautre part, par la présence de S. E. le Délégué Apostolique Mgr Giardini. Le R. Père Tulpin célébra lui-même la messe solennelle à 9 heures et demie, avec les PP. Roussel et Mayet, comme diacre et sous-diacre, en présence de Son Excellence assistant au trône pontifical. Mgr Giardini adressa au jubilaire et à lassemblée, dans laquelle figuraient de nombreux représentants du corps diplomatique, un discours en français, et le P. Steichen, cérémoniaire du jour, fit en japonais le sermon de circonstance. Après la messe, peu à peu arrivèrent des postes de Tôkyô et Yokohama les confrères, que les services du matin avaient retenus dans leurs paroisses.

    On présenta au jubilaire les compliments dusage. La chorale de la paroisse, dirigée par M. Willy Nagai, le fils dun ex-professeur de chimie à lUniversité, paroissien de longue date dAzabu, fit entendre, avec la maîtrise quelle a su acquérir, diverses cantates en langues latine et japonaise. Tour à tour les représentants de la jeunesse Catholique, des pieuses Associations et de la chrétienté en général, ainsi que lamiral Yamamoto lurent des adresses au R. Père Tulpin, qui remercia en termes émus. On exécuta finalement un chant japonais, composé pour la circonstance par Mme Torii, femme de larchéologue japonais, M. Torii Ryuzo, qui est aussi un des bons paroissiens dAzabu. Une photographie fut prise ensuite pour commémorer le souvenir de la fête. Puis, à une heure, on se mit à table pour le repas, offert gracieusement par des membres du corps diplomatique, et qui fut agrémenté par les discours de S.E. le Délégué Apostolique et du R. P. Tulpin, et quelques chansons de circonstance composées par des confrères.

    Laprès-midi eut lieu une petite séance de danses et de chants exécutés et mimés par les enfants. La cérémonie fut clôturée par la bénédiction du St-Sacrement donnée par Son Excellence, assistée par le P. Michael Honjo, un des premiers néophytes à Asakusa du P. Tulpin, qui le baptisa à la Noël de 1882. et du P. Lemoine, curé de la paroisse du S. C. à Yokohama, qui fut pendant trois ans vicaire du Père à Nagoya.

    Le P. Demangelle, qui fut aussi à Nagoya un des vicaires du P. Tulpin, navait pu prendre part à la fête. Depuis le lundi de Pâques, il est en effet en traitement à lhôpital de lUniversité du Keio pour une maladie dentrailles et du foie qui, sans inspirer des inquiétudes, demandera des soins prolongés.

    Ainsi que le vu en a été exprimé au vénéré jubilaire, nous espérons bien, dans dix ans, fêter ses noces de diamant. Cest sur cette résolution que nous nous sommes séparés ; et maintenant. Dieu aidant, il sagit de la tenir.

    Nagasaki

    Les malheureuses victimes de la lèpre trouvent aussi, parmi nos frères séparés, des curs généreux, qui ne ménagent ni leur argent ni leur dévouement pour soulager leur profonde misère. Il y a même de ces bons samaritains, qui semblent poursuivre dans laccomplissement de leur tâche un idéal surnaturel. Tel est le cas de Miss Riddel, de léglise épiscopalienne dAngleterre, qui a eu le mérite et a pris linitiative détablir à Kumamoto, devançant de 18 ans la fondation du P. Corre, une léproserie. Les pavillons entourent une chapelle, dont la construction et laménagement nont pas coûté moins de 30.000 yen. La fondatrice aime la montrer aux visiteurs et leur faire admirer les objets du culte, parmi lesquels un beau calice en vermeil.

    La maison de Miss Riddel est réglée à linstar dun couvent, disait une jeune Américaine, qui avait pris un engagement chez elle, mais qui dut le rompre se sentant incapable de se plier à un règlement de vie aussi strict.

    Plus que nous, Miss Riddel demande à la réclame les subsides qui assureront la pérennité de son uvre. Peut-on lui en faire un grief ? Certes non. Outre quelle na pas fait vu de pauvreté, ni surtout son personnel, doù nécessité de ressources pécuniaires numériquement supérieures aux nôtres, le surplus de ces subsides assurera aux lépreux un ordinaire plus abondant sinon plus succulent.

    De leur côté, dhonnêtes païens, les Ken de Kyushu, stimulés par les fondations de Miss Riddel et du P. Corre, se sont cotisés pour fonder à Kueoishi un établissement qui peut recevoir 500 lépreux.

    Mais au point de vue assistance médicale, le Japon reste fort en retard. Un exemple entre mille autres. Le mari dune chrétienne, à qui une intervention chirurgicale était nécessaire pour sauver la vie ne put obtenir, après de longues formalités, que la gratuité de lopération, tous les autres frais dhospitalisation restant à sa charge.

    Hakodaté

    Le 28 avril, une dépêche, venue de Sendai, nous annonçait que le P. jacquet, vicaire général, était in extremis et avait reçu les derniers Sacrements. Mgr Berlioz partit le jour même, mais ne put arriver à temps, le cher malade était mort vers les 9 h. du matin. Mgr Rey,
    ami denfance du défunt, était arrivé avant le décès, mais déjà le malade navait plus que de rares moments de connaissance.

    En juillet, lors de la retraite, le P. Jacquet nous avait paru bien changé. Mais, de retour chez lui, malgré des alternatives de haut et de bas, sa santé lui permettait de faire face à ses occupations, dont, pour rien au monde, il ne voulait se décharger. A la fin de janvier, nous eûmes une alerte, mais la forte constitution du malade reprit le dessus.

    Dès la nouvelle du décès, les confrères se rendirent à Sendai, pour assister aux obsèques, qui eurent lieu le 2 Mai. La vaste église était remplie comme aux jours de grande solennité. Mgr Rey célébra la Messe pontificale, et Mgr Berlioz donna labsoute. Un cortège dun millier de personnes accompagna notre cher vicaire général à sa dernière demeure. Aux chrétiens, dont la piété et la tristesse témoignaient hautement leur affection à celui qui, pendant plus de 35 ans, avait été leur pasteur, sétaient jointes une délégation du personnel de lUniversité et les autorités locales.

    Le deuil était conduit par Mgr Berlioz et ses missionnaires. Mgr lArchevêque présida la conduite au cimetière. Lattitude silencieuse et recueillie du cortège ne manqua pas dimpressionner vivement la foule païenne, qui en fut témoin.

    Du haut du ciel, où un long et fécond ministère lui a assuré une place de choix, notre cher défunt dut contempler avec une joie profonde cette nombreuse assistance dont la majeure partie lui devait le bienfait de la Foi.

    Le P. Maugenre, à Kaméda, sera chargé de la paroisse et de la procure.

    Le 20 avril, arrivait à Hakodaté un premier essaim de Dames de St Maur. Conduit par la Rde Mère Ste Thérèse pour y fonder un hôpital, il comprend avec la Rde Mère St Etienne (supérieure) deux religieuses de chur et deux converses.

    Taikou

    Notre retraite annuelle sest terminée le 8 mai par la grandMesse pontificale à la Cathédrale. Favorisée dun temps splendide, elle sest écoulée dans une atmosphère de fraternelle gaîté. Mgr Demange, notre bien-aimé Evêque, par des instructions substantielles et pratiques, nous a montré, en se basant sur lEvangile, quels étaient à notre égard les sentiments du Dieu fait Homme, et quels devraient être les nôtres à son égard.

    Les Pères Mialon et Peschel se trouvant en France, quinze missionnaires prenaient part à la retraite.

    Le 9 mai, a eu lieu la bénédiction solennelle de la première pierre de léglise, que Mgr fait construire pour les Surs, les novices et les orphelines. Ste Thérèse de lEnfant-Jésus en sera la patronne, car cest grâce à elle que Mgr a pu ouvrir le noviciat et bâtir léglise.

    Ce même jour, 9 mai, à midi, tous les confrères se trouvaient réunis à la villa St Nicolas, maison de campagne du Séminaire, à 4 kilomètres environ de la ville ; bien douce petite partie de plaisir préludant aux douleurs de la séparation.

    Tchengtou

    Depuis les événements de Tchongking, 31 mars, les étudiants de Tchengtou sont plus calmes.

    Six chefs militaires du Sze-tchwan ont fait savoir quils se détachaient du parti extrémiste et quils ne recevraient des ordres que de Tsiang kiai che.

    Dans la région de Pihien, les gardes-nationaux se battent avec les troupes du général Houang, parce que le peuple est par trop mécontent de ce quon lui réclame limpôt foncier anticipé jusquà lannée 1940.

    Les confrères sont tous restés à leur poste, ainsi que les 25 Surs Franciscaines.

    Tchongking

    Une grave collision a eu lieu, le 31 mars, à Tchongking, entre modérés et extrémistes. Loccasion fut la manifestation projetée à cause des affaires de Nankin. Lagitation, entretenue par les chefs du parti communiste, devenait tous les jours plus menaçante, et on pouvait craindre des troubles, sil ne sélevait pas une forte réaction. Cest ce qui a eu lieu lors de leur dernier meeting. La réunion se tint près du Tong-uen-men. Les dirigeants du parti communiste devaient sattendre à rencontrer de lopposition, car beaucoup sétaient abstenus, et des écoles, dont les élèves étaient auparavant de toutes les manifestations, se contentèrent cette fois dy envoyer une délégation.

    Néanmoins plus de dix mille étudiants, étudiantes, et ouvriers sétaient rendus à la convocation. Des coups de feu, tirés des rangs de lassistance, causèrent un désordre indescriptible. Plus de cinquante manifestants (des étudiantes et des enfants) furent piétinés ou étouffés dans la panique ; un plus grand nombre se tuèrent ou se blessèrent grièvement en sautant en bas des murs de la ville pour essayer de fuir. Les chefs du communisme furent particulièrement visés par des adversaires posés un peu partout.

    Les divers sièges des comités ont été visités, trois écoles bolchevistes ont été fermées à la suite de cette échauffourée.

    Daprès les dernières estimations, on compte 200 morts et plusieurs centaines de blessés.

    Ce mouvement de réaction contre le communisme sest étendu. Le 4 avril, à Pi-Chan, le personnel bolcheviste des écoles a été chassé. Le 6, à Juin-tchouan, les étudiants des écoles supérieures, sans attendre quon vienne les rappeler à lordre, ont fait précipitamment leurs malles et sont rentrés dans leurs familles. Leur défilé dans les rues eut même un grand succès, mais pas précisément à leur avantage.

    A Wanhsien dans un meeting tenu le 9 avril, on a aussi décidé de sopposer aux communistes ; les chefs rouges, craignant dêtre arrêtés, ont pris la fuite.

    Malgré tout, la population de Tchongking reste toujours sous le coup dune profonde émotion.

    Tous les confrères sont demeurés à leur poste.

    Le 9 avril, dans la chapelle du Grand-Séminaire, Mgr a ordonné deux prêtres, un diacre et un sous-diacre.

    Suifu

    Ce mois davril a été fertile en incidents de toutes sortes.

    Le 4, pendant que tous les citadins fêtaient bruyamment un poussah doré, quon promenait à travers les rues de la ville de Suifu, un groupe de paysans armés, agissant sous limpulsion des chefs bolchevistes, entourait le tribunal de première instance, en désarmait la garde et arrêtait deux juges, quils emmenèrent, sous escorte, au siège du comité rouge.

    Le 6, leurs Grandeurs recevaient des autorités maritimes françaises à Chungking un message télégraphique, les priant de notifier à leurs missionnaires lordre dévacuation. Mis au courant de la gravité de la situation, et laissés libres de partir ou de rester, tous les missionnaires et toutes les religieuses franciscaines missionnaires de Marie ont manifesté leur volonté de rester à leurs postes, quelle que puisse être lissue des événements en cours. Toutefois lhéroïsme, nexcluant pas la prudence, et la bonne marche présente et future de la mission devant être assurée avant tout, sur ordre de NN. SS. Fayolle et Renault, le 13 courant, se sont embarqués à Suifu pour Shanghai nos trois plus jeunes confrères : les PP. Masson, Buhot et Couvet, qui sont lespoir de lavenir. Mais, à lheure même où ils nous quittaient, une guerre éclatait entre les généraux setchouanais, ralliés au programme du généralissime Tsiang kiai che, et les trois généraux en garnison à Luchow, restés fidèles au parti extrémiste. La voie inférieure du fleuve était donc barrée. Nos trois graines dévêque (cest ainsi que nous les appelons entre nous) ont du sarrêter à quelque 200 lis en aval de Suifu, à Nachi, chez le P. Jouve, doù ils ne pourront se remettre en route quaprès la cessation des hostilités. Mais, à cette époque-là, la canonnière française, qui doit convoyer les évacués, sera-t-elle encore à Chungking ?

    Le 7, à 6 h. p.m., les portes de la ville étaient subitement fermées. Bientôt on nous annonçait que les élèves bolchevistes avaient été chassés de leurs écoles et que le siège du comité rouge avait été mis sous scellés. Pourquoi ce revirement imprévu ? Hier encore, les étudiants bolchevisants pouvaient se croire tout permis. Une proclamation du sous-préfet, affichée le lendemain, nous en donna les raisons, dont la principale laquelle, il faut en convenir, nest guère relevée était que les propagandistes communistes sopposaient au prélèvement des impôts fonciers anticipés et des autres contributions militaires. Quoi quil en soit, missionnaires et chrétiens sont heureux de ce répit inattendu et en remercient Dieu, qui, dans sa Bonté, le leur a ménagé.

    Kientchang

    Le 10 mars, le P. Arnaud était allé rendre visite au P. Grosjean, à Tchang-pin-tse. Bon voyage et heureux séjour. Mais le retour fut moins monotone. Le P. Arnaud écrit : A Mé-ti-keou, jai trouvé une caravane, qui se dirigeait vers Oui-Tchen, et, malgré plus dun mètre de neige sur la montagne, nous nous sommes mis en route le lendemain. Mais, un peu au-dessus de Tong-tchang-keou, des Lolos se dressèrent en face de nous à un détour de la route, et, à coups de boules de neige, chassèrent les membres de la caravane et les cavaliers, qui dégringolèrent en vitesse de leurs chevaux. Je suis resté en selle, attendant les événements. Je pus alors admirer avec quelle dextérité les Lolos savent délier une charge de bagages, emporter un paquet, sauter sur un bon cheval et le lancer à fond de train dans ces montagnes, où il y a des pentes de 450. Je ne fus pas inquiété. Mais, une fois le danger passé, jeus toutes les peines du monde pour ramener les chevaux épargnés, qui couraient à laventure. Cavaliers et caravane avaient gagné le large tout affolés !

    Le 31 mars, à Ningyuanfu, il y eut grande réunion des chefs de la garde nationale. On y décida que chaque famille devait préparer un homme et un fusil, pour aller combattre les Anglais, qui venaient semparer de la Chine, en passant par le Thibet. Ce même jour, on commença une attaque générale contre les Lolos, viâ Cha-ko-ma. Fiasco complet, et depuis, grand silence sur cette expédition. Mais le peuple vit dans des transes continuelles.

    Même dans nos montagnes circulent les bruits les plus extravagants, et cela, parce quon a rapporté que, dans la région de Kiatin, les prêtres chinois remplaçaient les prêtres européens : Les Protestants sont partis, les missionnaires catholiques déménagent !... Tous les diables détrangers à la porte ! etc....

    Mais le Kientchang a aussi ses joies. A Ningyuanfu, les offices de la Semaine-Ste ont été très bien suivis et se sont terminés par une très belle fête de Pâques. Les communions furent très nombreuses. Et voici que, juste le jour de Pâque, à lissue de la Messe, nous avons reçu un télégramme de Mgr de Guébriant, daté du 15 mars, qui nous annonçait la nomination de notre cher P. Baudry comme Vicaire Apostolique de Ningyuanfu. Tous les chrétiens se réunirent aussitôt à léglise, pour chanter un Te Deum dactions de grâces à la Bonne Providence, qui confie notre chère Mission du Kientchang à un Supérieur, dont nous apprécions la compétence et lamabilité depuis deux ans déjà.

    Depuis deux mois, les visites de malades, faites par nos Religieuses dans les villages voisins de la ville, ont donné dexcellents résultats. Elles ont eu le bonheur, tout en faisant connaître davantage notre belle Religion, de baptiser un bon nombre de petits moribonds païens.

    Tatsienlou

    Yerkalo. Dans les derniers mois de lannée passée, les indigènes se disposaient à entrer en campagne pour chasser les troupes chinoises du territoire de Batang. Grâce à lopposition de deux lamas, dévoués, au moins temporairement, aux intérêts chinois, et grâce aussi aux divisions qui existent parmi les clans thibétains, leur plan, jusquà ce jour, na pu être exécuté quen partie.

    A Batang même, le colonel Ma a réuni ses dernières troupes, (2 à 300 hommes) et il oblige la population locale à subvenir à tous leurs besoins. Sil ne reçoit pas promptement du secours, il se verra dans la nécessité dentrer en composition avec les révoltés.

    A Yentsing, le peuple du district a fait appel à une bande de brigands pour désarmer les soldats chinois, cantonnés dans les deux vallées de la sous-préfecture. Forte de 300 à 400 hommes, la bande se présenta à Pétines, centre du district, le 18 février, au point du jour, pilla le marché chinois de fond en comble ; les jours suivants elle désarma la garnison, démolit le camp, brûla le prétoire du sous-préfet et, malgré ses promesses et ses serments, mit tous les villages de la région en coupe réglée. La Mission et le village chrétien de Yerkalo, sur lordre des chefs de brigands, ont été respectés, mais il leur a fallu payer cher leur protection. Après deux semaines de pillage et de ripaille les brigands ont repassé la montagne, pour continuer dans la vallée voisine leurs exploits et faire le siège dune lamaserie quoccupent 150 soldats chinois et leurs partisans. Le 13 mars, à la nouvelle quune troupe de secours arrivait, les bandes se sont dispersées, emmenant dans leur fuite un groupe dotages et le produit de leur rapine.

    Langle N. O. de la sous-préfecture voisine dAtentze, au Yunnan, a été razziée durant les mois de décembre et janvier, quelques villages ont été brûlés. Le 29 janvier, par ordre du Gouverneur provincial quelques petits chefs locaux, qui avaient usurpé le pouvoir et sétaient déclarés en faveur du Gal Lo révolté, ont été lynchés en sortant du prétoire, où le sous-préfet les avait convoqués, et leurs maisons livrées au pillage.

    Le plus intrigant de ces petits chefs locaux dAtuntse, ayant réussi à séchapper, est allé recruter des partisans ailleurs, pendant que ses adversaires, nouvellement réinstallés dans leurs fiefs, semblent faire tout leur possible pour saliéner la population. On dit que le fugitif aurait réussi à sentendre avec un autre échappé, chef de brigands thibétains, et quensemble ils vont attaquer Atuntse par trois routes à la fois. Cest pourquoi la population a été prise de panique à plusieurs reprises ces derniers temps. A Tsetchong, le P. Ouvrard, qui a été prévenu plusieurs fois de dangers sérieux pour la Mission, nest pas sans inquiétude, et, comme son confrère de Yerkalo, il met sa confiance en Dieu. Non est Domino difficile salvare, vel in multis vel in paucis.

    Yunnan

    Le 16 avril, de graves incidents sont survenus soudainement dans la région au nord dAmitcheou. Des bandes de brigands, venues de la région de Lin-gan, organisées par un nommé Kiang-tsan-pè et son lieutenant Ly-chao-tchong, ont coupé la voie, sur une longueur de 27 kilomètres, entre La-li-hé et Siao-long-tan et ont occupé ce pays. De Mong-tse, Fou-jo-iu dépêcha des troupes, le jour même, sur les lieux ; de Yunnanfu, Long juin envoya 1500 hommes le 17. Dès lors toute communication devint impossible entre Amitcheou et Posi.

    Le but de ces brigands était-il de renverser le Gouvernement du 6 février et rétablir Tang-ki-iao ? Cest possible. La frontière du Kwangsi était tranquille ; cela nous permettait de croire quil ny aurait pas dintervention des troupes sudistes.

    Mais deux Français, de la Cie du chemin de fer, ont été enlevés par les pirates : M. Paoli, chef de district de la région de Po-Si, le 16 avril, et, le 18, M. Patoux, qui venait dHanoi. Tous les deux allaient enquêter sur place.

    Enfin le 21, ces bandes furent mises en déroute et regagnèrent leurs montagnes. Dès lors, les trains purent reprendre leur service. Ensuite, des pourparlers ont été engagés entre le Gouvernement de Yunnanfu et les chefs pirates pour échanges de captifs ; on espérait obtenir ainsi la libération de MM. Paoli et Patoux. Mais jusquà présent aucun résultat na été obtenu.

    Le P. Ten a été remis en liberté sous caution, le 9 avril ; il reste à lévêché en attendant le jugement.

    Le 24 avril, à Yunnanfu, il y a eu grande réunion détudiants, de militaires et de commerçants. On a hissé le drapeau nationaliste, bleu ciel avec beau soleil blanc. Mais, en réalité, cela améliorera-t-il la situation ?... En attendant, tous les confrères restent à leurs postes, et les Surs de Saint-Paul ont, elles aussi, refusé dévacuer !

    Kouiyang

    Presque tous les confrères ont pu arriver à Kouiyang pour suivre les exercices de la retraite annuelle.

    Malgré les graves événements qui se déroulent actuellement en Chine, la tranquillité règne dans la province du Kweichow, grâce à lénergie et aux bonnes dispositions de notre gouverneur M. Tcheou. Il vient de publier un édit, qui dit en substance : Déjà, par un édit, jai donné des ordres, afin que dans toute la province on protège les étrangers, les missionnaires, leurs maisons et leurs biens, quon ne répande pas de faux rapports et quon ne suscite pas des affaires. Je renouvelle ces ordres, et quiconque y contreviendra sera sévèrement puni. Par ailleurs, il nous a dit lui-même que nous navions rien à craindre et quil se faisait fort de nous protéger. De fait, on peut se promener sans être insulté ni par les soldats ni par les étudiants.

    Malgré les ordres dévacuation, tous les missionnaires du Kweichow restent à leurs postes.

    Lanlong

    Le P. Williatte, parti de Hwang-tsao-pa le 3 avril, a été arrêté quelques jours à Lo-pin, à cause de linsécurité des routes. Il y a retrouvé le ministre protestant de Gan-chouen, arrêté pour la même raison avec toute sa famille. Partis ensemble de Lo-pin sous la garde de 100 soldats, ils ont été attaqués à un endroit appelé Siao-che-kiao par une bande de 250 bandits. Les soldats ont pris la fuite laissant 20 des leurs sur le terrain. Le ministre protestant a été tué et sa femme enlevée avec un de ses enfants. Le P. Williatte a pu prendre la fuite et échapper indemne à deux coups de fusil tirés presque à bout portant sur lui. Il a couru jusquà épuisement de ses forces et est tombé de fatigue. En fin de compte, soit porté à dos par ses porteurs soit à pied, il a pu atteindre Se-tsong le soir même ; il y fut lhôte du mandarin, qui lui promit de lui faire atteindre la ligne du chemin de fer par une route moins dangereuse que celle de Ma-kai. La carte, écrite de Se-tsong, est datée du 9 avril. Depuis, nous avons appris que notre cher Père a pu arriver à Yunnanfu et continuer tranquillement son voyage vers Hongkong.

    Au Kwangsi, dans la ville de Si-lin, les délégués sudistes montrent une grande activité et ne cachent pas leur animosité contre lEglise et le P. Epalle, qui sest rendu sur les lieux. Mais le Père ne se laisse pas intimider et défend crânement ses droits.

    Le feu a détruit la résidence de Ouang-mou le mardi des Rameaux, dans la matinée. Lincendie était déjà bien avancé quand le P. Doutreligne sen aperçût et très peu dobjets purent être sauvés. Les confrères auront pour le P. Doutreligne si éprouvé un souvenir dans leurs prières.

    Canton

    Depuis le Vendredi-Saint, la situation continue à être bonne dans la ville de Canton.

    Du 1er au 6 mai, nos Pères indigènes ont fait leur retraite annuelle, sous la direction du P. de Cooman, de la maison de Nazareth. Trois seulement nont pas pu y prendre part.

    La lutte se poursuit entre communistes et non-communistes dans le bassin de la rivière du Nord. Les Cantonais représentent maintenant le parti modéré. A en croire les journaux, ils auraient repoussé les rouges au-delà de Shiuchow.

    Swatow

    Comme dans le reste de la province, la lutte ouverte entre modérés et extrémistes, alias blancs et rouges, commença peu avant Pâques. Les rouges, surpris par cette attaque brusquée, se dispersèrent dabord ; mais constatant le peu de moyens dont disposaient les blancs, ils se ressaisirent vite et, après avoir réorganisé leurs cadres et sêtre adjoint les brigands et soldats dispersés, qui rôdaient dans le pays, ils prirent loffensive, occupant la campagne dégarnie de troupes, pillant et rançonnant les riches et paisibles campagnards. Ceux-ci organisèrent la résistance et, sur certains points, la lutte ne cesse dêtre assez vive.

    Le P. Etienne, pris entre deux feux et exposé aux incursions des rouges, crut prudent dévacuer sur Swatow une partie de ses séminaristes, les plus petits. Le P. Constancis, qui heureusement se trouvait absent au moment de larrivée de la vague rouge, eut son église (la vieille), sa résidence et son école pillées une fois de lus. Ailleurs des oratoires et écoles furent occupés ; on essaya même de faire apostasier les Chrétiens.

    Les premiers jours de mai furent des jours dinquiétude pour le gouvernement de Swatow, qui navait pas de troupes à opposer à la vague montante ; il avait déjà pris toutes ses précautions pour se mettre à labri ailleurs.

    Le 8 mai enfin arriva un régiment dAmoy avec armes et munitions, qui se mit de suite en campagne et refoula les pillards. Les PP. Becmeur et Coiffard, assiégés depuis dix jours à Peh-né et Kweitham, ont été débloqués, Les autres confrères aussi sont en sûreté pour le moment, en attendant la prochaine bourrasque, car la lutte continue et nest pas près de finir ; le programme du gouvernement ne comporte pas lextermination des rouges, mais seulement leur conversion ; la population reste méfiante.

    Pakhoi

    Sola in animo dilectione pinguescit ; mentem semper ad patientiam prparat, et, erectus pro justitia, de perceptis contumeliis exultat ; afflictis corde compatitur de bonorum prosperitatibus quasi de propriis lutatur, sacri verbi pabula in mente sollicitus ruminat, et, inquisitus, quodlibet eloqui dupliciter ignorat. Nest-ce pas de Mgr Gauthier que S. Grégoire parlait ainsi par avance ? Et voilà que nous ne reverrons plus ici-bas cette flamme de charité, ce praticien de la patience, ce champion de la justice. Nous ne pourrons plus verser en son cur accueillant nos afflictions et nos joies. Ses prêtres et ses chrétiens ne pourront plus trouver les paroles de la sûre doctrine sur ses lèvres toujours prêtes, infatigables et droites. Le bon évêque de Dobero nest plus !

    Peu après son arrivée à Béthanie, il devint évident que Mgr, atteint dun cancer à lestomac, ne pourrait, à moins dun miracle, échapper aux conséquences de son terrible mal. Ce miracle, que de personnes dans sa mission et au dehors ont ardemment supplié Dieu de laccorder ! Ses fidèles, ses prêtres, les évêques ses voisins et amis, tout un monde dâmes ferventes étaient en prières à cette intention. Sainte Thérèse de lEnfant-Jésus fut mise en demeure de montrer la puissance de son intercession sur le Cur divin.... Hélas ! rien ny fit et le 12 mai, un peu avant minuit, sonna lheure irrévocablement marquée par la Providence, où le premier Vicaire Apostolique de Pakhoi, entouré de cinq de ses missionnaires et de tous les hôtes de Béthanie, assisté de leur affection et de leurs prières, les édifiant jusquà la dernière minute par la confiante simplicité de son sacrifice, pensant à tous et à chacun des siens, franchit avec la plus admirable sérénité le seuil, si redouté de tant dautres, de la véritable et éternelle vie. Pas un des témoins dune telle mort qui ne pensât voir à travers ses larmes lentrée dun juste au séjour de sa récompense.

    Dès le 28 avril Monseigneur avait reçu lExtrême-Onction des mains du P. Baldit, son ami depuis lenfance, son fidèle compagnon à Fort-Bayard, et le saint viatique de celles du P. Marie, qui le soignait avec le plus admirable dévouement depuis les débuts de sa maladie. Malgré son extrême faiblesse, il voulut, à cette occasion, dire un mot aimable à tous ceux qui lentouraient et rappeler le souvenir, cher à son cur, de tous ses prêtres, de ses religieuses, de ses séminaristes, de ses chrétiens, se recommandant aux prières de tous, demandant pardon à tous des peines quil aurait pu involontairement leur causer ; affirmant quil navait jamais eu dans le cur aucun autre sentiment quune sincère affection pour tous et chacun ; ajoutant enfin avec une simplicité admirable que jusqualors il navait pas soupçonné la gravité de son état, mais quil se soumettait en toute confiance à la volonté de Dieu et était prêt à répondre à son appel.

    Tous les yeux étaient humides, tous les curs émus, seul le vénéré malade, toujours simple, calme et doux, semblait impassible et regardait dun il amical la mort qui approchait. Puissions-nous tous, à lheure marquée, aller aussi sereinement à Dieu !

    Les Missionnaires de Pakhoi tiennent à exprimer ici leurs remerciements et leur vive reconnaissance à tous ceux qui ont adouci à leur cher évêque les souffrances de sa dernière maladie, tout particulièrement aux PP. Marie et Baldit, qui lont soigné et veillé jour et nuit, aux Confrères qui ont fait un voyage, toujours pénible en cette saison, pour le voir une dernière fois, à Sa Grandeur Mgr Valtorta qui, malade lui-même, a cependant tenu à le visiter plusieurs fois et à présider ses funérailles.

    Cher Monseigneur, dormez en paix dans le sein de Dieu, qui fit les délices de votre jeunesse et de toute votre vie. Lheure du repos et de la récompense a sonné pour vous. Votre devise navait dapplication que sur la terre des douloureuses pérégrinations et des labeurs apostoliques.

    Nanning

    Le Dimanche 13 février, à 6 h. ½ du soir, nous arrivait un télégramme de Kouishien, annonçant la mort du P. Etienne Ou. Le cher défunt, ordonné prêtre en 1901 par Mgr Lavest, avait célébré, quelques mois auparavant, son jubilé dargent sacerdotal. Il jouissait alors dune excellente santé, et rien ne laissait prévoir quil allait bientôt terminer sa carrière. Atteint, au début de janvier, dune forte jaunisse, il fit appeler tour à tour tous les médecins renommés du pays, mais aucun ne put enrayer la maladie. Dès quil vit que tout espoir de guérison était perdu, le cher malade fit généreusement le sacrifice de sa vie et reçut les derniers Sacrements avec les meilleures dispositions.

    Le lundi 14 février, un service solennel, avec Messe chantée par le P. Martin Kiang, fut célébré dans notre modeste cathédrale de Nanning

    Notre dispensaire est ouvert officiellement depuis deux mois. Confié à la direction de nos dévouées Religieuses de N. D. des Anges, aidées par nos Surs indigènes de la Ste Famille, il semble, dores et déjà, assuré dun plein succès. Chaque jour, une moyenne de 150 à 200 malades se présentent pour demander des soins.

    Vinh

    La moisson de la 5ème lune sannonce comme devant être assez bonne dans notre région ; mais elle sera plus tardive que dhabitude, parce que le froid de lhiver sest prolongé davantage cette année, froid pas très rigoureux sans doute sous ce ciel tropical, mais assez toutefois pour empêcher le riz de mûrir.

    Actuellement, nous sommes entrés dans la période des fortes chaleurs, souvent si lourdes, si pénibles à supporter. Au Petit et surtout au Grand Séminaire beaucoup délèves sont fatigués ; heureusement le temps des vacances approche.

    Voici encore le choléra ! Dans notre région, cest à Vinh même quil y a eu jusquà présent le plus grand nombre de décès parmi les Annamites. Déjà lan dernier, la province du Nghê-An avait payé son tribut à la terrible épidémie ; il est bien à craindre que cette année il en soit encore de même. Dans quelques endroits, nos chrétiens ont déjà ajouté eux-mêmes à leurs prières la triple invocation à St Roch contre les épidémies.

    Le 2ème dimanche de mai, Mgr Eloy à célébré, dans la paroisse française de Vinh, la messe en lhonneur de Ste Jeanne dArc. Les autorités provinciales assistèrent à cette cérémonie religieuse. Après lEvangile, la P. Dalaine prononça le panégyrique de la Sainte ; après midi, Mgr présida le Salut du S. Sacrement.

    Le P. Delalex, curé de Vinh, avait eu lheureuse idée de fixer à cette fête le tirage dune tombola de 3000 billets, organisée pour la construction de léglise de Vinh ; le soir, à lheure du tirage il y eut grande affluence de curieux dans lenclos de la Mission. Espérons que le P. Delalex sera récompensé de tout le mal quil se donne pour son église, en trouvant les ressources, qui lui manquent encore même, hélas ! Après cette tombola , pour mener à bonne fin une uvre si importante.

    Hunghoa

    Mgr Ramond, accompagné dun de nos prêtres indigènes, sest rendu à Ba-Làng, Mission de Phát-Diệm, pour les fêtes qui y eurent lieu le 4 mai à loccasion du troisième anniversaire de larrivée dAlexandre de Rhodes au Tonkin.

    Le Père Hue, Provicaire, a été délégué pour une tournée de confirmations dans la région montagneuse de Nghĩa-Lộ, province de Yên-Bái, où travaillent actuellement les Pères Tissot et de Neuville. Durant cette visite, qui durera plusieurs semaines, il pourra se rendre compte des moyens dévangélisation à employer, et des espoirs que donne lapostolat dans ces régions. Depuis plus de 20 ans, sept de nos confrères sy sont dévoués ; le résultat na pas couronné leurs efforts !

    Avant son départ, le Père Hue a reçu le brevet et la médaille. Bene merenti, récompense de son labeur pour la représentation de notre Mission à lExposition Vaticane ; tous se réjouissent de cette distinction accordée à notre dévoué Provicaire.

    Les élèves du Petit-Séminaire de Hà-Thạch ont pris part en plus grand nombre que lan passé aux examens du Certificat détudes indigènes ; sur 39, qui sétaient présentés, 35 ont été reçus. Cest un encouragement pour tous, en même temps quun stimulant à lamour de létude pour nos jeunes séminaristes.

    Cette année, la misère est grande un peu partout, par suite de la mauvaise récolte de lan dernier ; le riz mûrit peu à peu, mais, en attendant, beaucoup sont sans ressources. Ici et là le choléra fait aussi des victimes. Quelques confrères sont fatigués : les Pères Pichaud et Chatellier, hôtes de Béthanie en 1925, voient tous deux quà leur âge il faut prendre soin de sa santé pour tenir et continuer longtemps le labeur ordinaire. Les Pères Mazé et Doussoux payent leur tribut au climat et trouvent pénibles ces premières chaleurs de lété, les anciens leur disent que ça passera !

    Le Père dAbrigeon a fait bon voyage de retour en France ; malheureusement, le jour même de son arrivée à Marseille, un télégramme lui annonçait la mort de sa mère !

    Saigon

    Au mois dAvril, Saigon a vu son premier Salon de lAutomobile, prélude de la foire, qui sy tiendra à la fin de lannée.

    Il est un fait à noter : le produit des cartes dentrées, donnant droit de participer à une tombola, a couvert largement les frais de lExposition, et le surplus fut distribué aux uvres de bienfaisance. Les membres du comité firent la part la plus large aux uvres privées, et, de fait, les uvres catholiques furent favorisées. Plusieurs milliers de piastres pour les malades, les orphelins, les vieillards, furent ainsi fort bien employées.

    Hué

    Le grand événement du mois, à Hué, a été la grève scolaire. Elle a commencé par le collège des garçons. Le lendemain, les demoiselles du collège Đông-Khánh, ou plutôt un groupe dentre elles, prenaient fait et cause pour leurs frères opprimés et allaient soumettre leurs revendications au Résident Supérieur. Le surlendemain, les grévistes empêchaient les élèves des autres écoles officielles daller en classe, et lEcole Pellerin elle-même entrait dans le mouvement : une trentaine délèves, dont un seul catholique récemment baptisé, allaient se joindre aux grévistes, malgré les avis tout à fait paternels du cher Frère Directeur. Ce mouvement ne paraissait pas être spécifiquement anti-européen, mais plutôt subversif de toute autorité aussi bien annamite que française. Des sanctions sévères, mais justes, ont été prises contre les principaux coupables et maintenant on ne remarque plus aucun symptôme de cette agitation, qui avait sérieusement troublé les esprits, et contre laquelle par-ci par-là on avait cru bon de se protéger, si jamais les fauteurs de troubles avaient essayé de mettre leurs menaces à exécution.

    Le Père Laffitte nous est revenu le 2 mai après un séjour de 18 mois à Béthanie dont il semble avoir bien profité.

    Deux prêtres indigènes, les Pères Tuyến et Ðẳng, ont dû passer quelques semaines à lhôpital de Hué. Lun et lautre ont pu regagner leur poste respectif dans un état de santé satisfaisant.

    Le R. P. Larouche, C. SS. R., a quitté sa communauté pour aller dans un milieu strictement indigène se perfectionner dans létude de lannamite. Son plus jeune confrère, R. P. Lavoie a donné son premier sermon en cette langue aux orphelins de la Sainte-Enfance de Kimlong. Pendant les fêtes de la Semaine-Sainte et de Pâques, il a exercé son zèle auprès de nos compatriotes de Hué qui, cette année, sont venus remplir leur devoir pascal plus nombreux que de coutume.

    Siam

    Le Tr. R. P. Ricaldone, Vicaire Général de linstitut Salésien ; Mgr Mathias, Préfet Apostolique dAssam, le R. P. Canazei, Provincial des Salésiens en Extrême-Orient, sont arrivés de Penang à Bangkok le mardi 19 Avril. Ils viennent visiter la partie de la Mission du Siam que leur a confiée la S. C. de la Propagande. Selon toute probabilité, le premier contingent Salésien arrivera au Siam vers Novembre 1927.

    Des pluies diluviennes, accompagnées de bourrasques de vent, ont inondé le Siam durant Avril. Elles ont causé divers dégâts et interrompu momentanément la voie ferrée Penang-Bangkok. Par ailleurs, ces pluies ont eu lheureux effet de tempérer les ardeurs du soleil dAvril toujours torride à cette époque.

    Bien que proche voisin de la Chine, le Siam est présentement calme grâce aux nombreuses perquisitions de la police. On ne signale aucune effervescence bolcheviste sérieuse. Quelques immigrants chinois ont été mis en prison cependant pour avoir importé plusieurs ballots de littérature rouge. On signale aussi une légère agitation dans les écoles chinoises du Siam, mais la propagande semble diminuer dintensité.

    53 Cadets de la Marine siamoise, à bord du Chao Phraja, viennent dentreprendre une longue croisière. Ces futurs officiers partent pour le Japon-Nagazaki, où ils étudieront diverses questions navales utiles à leur instruction.

    Une très intéressante exposition des différents services de la Croix Rouge Siamoise, sest tenue à Bangkok durant plusieurs jours. La pluie a malheureusement contrarié beaucoup de cérémonies. Des nurses en élégant uniforme enrôlaient tous les visiteurs et les décoraient de la Croix Rouge moyennant une légère rétribution. Luvre de la Croix Rouge cherche surtout à donner des principes dhygiène au peuple et à lutter contre les épidémies endémiques en ce pays.

    Malacca

    Léglise de lAssomption était devenue trop étroite pour la population eurasienne catholique de Pinang. Aussi le P. Devals sest vu dans la nécessité dentreprendre un agrandissement considérable de lédifice. Les travaux sont commencés et vont bon train.

    A Klang, en Selangor, le P. Souhait va construire une vaste église. Il a dû prendre la bourse de quêteur et mène dans la Presquîle le métier plutôt ingrat de mendiant. Bonne chance, cher confrère !

    Léglise Ste Thérèse, à Singapore, est en voie dérection. Les fondations étaient terminées à Pâques et, le lundi 18 Avril, Mgr Perrichon bénissait la première pierre sous une pluie battante, qui na fait reculer ni le Célébrant, ni les Missionnaires présents, ni la nombreuse assistance. Les païens du voisinage ont vu dans cette averse un signe de prospérité future pour la nouvelle paroisse. Ils ont raison ; la Petite Fleur réserve à ses paroissiens de Bukit Purmei la pluie bienfaisante de ses roses les plus parfumées. Elle leur doit bien cela en compensation de larrosage copieux subi sans broncher le Lundi de Pâques sur lemplacement de sa future basilique.

    Une bonne nouvelle : le nouveau Gouverneur des Straits Settlements, attendu le mois prochain, est catholique et catholique pratiquant.

    Birmanie Méridionale

    Ce mois des joies pascales a été un mois de douleurs bien plus que de joies.

    Deux jours après son voyage de convalescence, Mgr a eu une rechute. Il était à Rangoon et les Docteurs ont pris aussitôt toutes les mesures pour en arrêter le progrès. Elle na donc pas eu de conséquences graves, mais elle a encore affaibli le vénéré malade, dont les forces revenaient déjà bien lentement. Le voici de nouveau en convalescence. Il se remet plus vite que la première fois et a pu ordonner un prêtre le dimanche de Quasimodo. Il lui faudrait encore du repos et une température bénigne. Hélas ! Dès quil se sent un peu mieux, Mgr ne peut sempêcher de reprendre son plein fardeau de travail, et, quant à la température. la saison chaude bat son plein et ce nest pas peu dire. Dominus conservet eum et viviflcet eum!

    Un épouvantable crime, commis dans la nuit du Dimanche des Rameaux au Lundi-Saint, a plongé la Mission dans une bien douloureuse stupeur. Le Père Chagnot a été assassiné dans des conditions qui font de ce crime un des plus horribles que le pays ait vu depuis des années. Lauteur est un orphelin élevé par le Père, envoyé par lui à lécole normale et dont il avait fait le maître décole de sa Mission. Ce jeune monstre a 19 ans. Il savait que le Père avait justement dans son coffre-fort une assez forte somme quil devait emporter le lundi matin à Rangoon pour la remettre aux propriétaires. Il écrivit une lettre simulant un appel aux malades. Cette lettre ayant été remise au Père Chagnot par un tiers, le vicaire indigène partit, en effet, en barque pour un village assez éloigné. La victime restait donc seule au presbytère pour cette nuit. Le meurtrier prépare tout pour le crime et à 11h. et demie, lorsquil pense que le Père dort profondément, il pénètre dans sa chambre par une fenêtre ouverte. Il ne laisse rien au hasard, il sest muni de trois armes ; un poignard, acheté et aiguisé par lui, la hache et le coutelas birman du Père Chagnot. Le Père dort sur le côté gauche. Le misérable prend dabord la hache des deux mains et, après avoir bien visé son coup, il fend le crâne, le cerveau est touché ; un autre coup à la tête. Puis, la victime gémissant, il lui fend la mâchoire avec le coutelas birman. Les gémissements continuant, il prend le poignard et coupe le cou en partie. Le pauvre Père est immobile et silencieux. La brute cherche dans larmoire la clé du coffre ; il la trouve et ouvre. A ce moment, un gémissement, sans doute le dernier râle du mourant, séchappe du lit. Etonné, le misérable revient vers sa victime et, pour être sûr den finir, il le larde de 16 coups de poignard dans la poitrine et le ventre. Cette fois, cest bien fini, il peut en toute tranquillité piller la chambre. Il prend dans le coffre-fort Rs 2400, des pièces dor et de la petite monnaie ; ailleurs il sempare du fusil, des cartouches et du portefeuille. Il ny a plus rien à prendre, et il se prépare à redescendre lorsquil pense que le Père porte une médaille dor. Il revient vers le cadavre et en arrache cette médaille et sa chaîne ; puis il descend, enterre tout ce quil a pris dans divers endroits de lenclos de la Mission et sen va bien dormir, a-t-il dit à linterrogatoire. Le lundi matin, cest lui qui fait le rapport à la police ; lui qui lamène sur les lieux pour les premières constatations ; lui qui télégraphie à lévêché pour annoncer le crime ; lui qui reçoit le Père Provicaire et les confrères accourus à la triste nouvelle ; lui qui aide à chanter la Messe des funérailles presente corpore ; lui, enfin qui, froid et cynique, va et vient dans cette maison, devant ce lit couvert de sang où tout lui crie son horrible crime.

    Heureusement le Surintendant de Police de ce district est un des meilleurs policiers du pays. Rappelé aussitôt de permission par le Gouvernement, il a conduit son enquête avec un grande habileté. Lécriture de la lettre dappel aux malades a trahi son auteur et peu à peu tout a été découvert, jusquau moment où le criminel a été réduit à faire laveu complet de son crime, tel quil est décrit plus haut. Cest le pire criminel que jaie vu dans toute ma carrière de policier, me disait, il y a quelques jours, le Surintendant. Le vol du fusil et des cartouches montre quil allait se lancer dans le brigandage en grand, tout en restant dans la position honorée que sa victime lui avait donnée.

    Pauvre Père, nous lattendions à Rangoon, comme tous les ans, venant faire ses Pâques. Il les a faites là-Haut. Assez vif de caractère, il pouvait quelquefois blesser, mais comme il compensait et vite et bien ! Il était en charge du poste de Maubin depuis 1898. Ses chrétiens lui étaient bien attachés, car ils savaient que, sil les tarabustait quelque peu, il se dépensait entièrement pour eux, toujours à leur disposition pour les aider, les protéger, au besoin les défendre. Il avait beaucoup de cur et était toujours prêt à rendre service. Pour nous, nous pleurons un bien bon et zélé confrère et qui aurait pu fournir encore de longues années de travail. R. I. P.

    Birmanie Septentrionale

    Lexpédition, que vient dorganiser le Gouvernement dans le but den finir, si possible, avec le trafic desclaves, que font encore les Kachins, ou plutôt les Marus, qui habitent le Triangle, a, dès le début, essuyé un sérieux revers. Gardez votre belle civilisation, mais laissez-moi la mienne, qui la vaut bien, sest dit un de ces vieux chefs de la montagne. Pris de remords, en effet, davoir, peu de jours auparavant, promis appui et protection au Gouverneur de la Birmanie, notre vieux brigand rentrait chez lui, faisait creuser des tranchées à lentrée de son village, et, cest à coups de fusil que, le 24 mars au matin, il recevait le malheureux avant-poste, qui allait franchir son territoire. Un officier anglais et dix sepoys tombèrent sous ses balles. Résultat : renfort de troupes, occupation probable du pays. Quos vult Jupiter perdere...

    La Mère Pierre, du couvent de Htung, est nommée Supérieure des Surs de la Léproserie. Cest la Mère Ireen qui la remplace sur les montagnes Kachins.

    Laos

    Mgr a visité tout le sud de son Vicariat, même les peuplades Khas, qui habitent sur le plateau des Bolovens. Ces braves montagnards nen revenaient pas, tant ils étaient surpris de voir un Evêque et un missionnaire (le P. Jantet) arriver chez eux, par ces chemins si escarpés, où le pied le plus affermi a de la peine à tenir bon ! Mais la joie, de part et dautre, nen fut que plus grande. S. G. visita un grand nombre de villages et se rendit compte des bonnes dispositions de ces néophytes. De cette excursion, pourtant si pénible, Mgr a emporté une bien douce satisfaction.

    Puis, au retour, ce fût la grande galopade, à travers plaines et forêts, vers la région de Oubone. En passant par Ban-Uet, BanBua, Sithan, Ban-Dun, Se-song, Song-Nhé et Nong-khu, S. G. eut le bonheur de visiter les PP. Courrier, Dabin, Châtenet, Burguière, Alazard et Dezavelle. Le P. Dabin allait bien mieux. Le P. Châtenet, par suite de son accident, était encore couché sur sa chaise longue. Mais le P. Burguière, malgré ses cheveux blancs, est toujours alerte. Dans ces différents postes, les Confirmations se comptèrent par centaines. Ces visites pastorales étaient des jours de joie pour les confrères, mais plus encore pour le cur de lEvêque, si heureux dencourager ses missionnaires et de bénir leurs travaux !

    Malheureusement, ces longs voyages ne se font pas sans payer un tribut à la fièvre, la reine des bois. On lattend, on tient prêt sulfate de magnésie ! Grâce à ces précautions Mgr se tira rapidement daffaire, le P. Dézavelle aussi.

    Le P. Delalex, qui était allé voir son frère, est revenu enchanté de son séjour dans le Tonkin Méridional.

    Nous allons faire appel à la générosité de nos Laotiens pour la Propagation de la Foi. Jusquà présent, cette quête navait encore jamais eu lieu. Nous la devons à linspiration de Mgr le Délégué. Pourquoi ne réussirait-elle pas ? Jai fait un essai à Savannakhet, et il a produit la somme de 23 dollars 50. Pour une population de 100 chrétiens, je mattendais à bien plus mal ! Homme de peu de foi !!

    Mysore

    Mgr vient de nommer un nouveau Vicaire Général, pour remplacer le regretté P. Sigean : cest le P. Vanpeene, curé de la cathédrale. Tous, nous lui offrons nos meilleures félicitations.

    Deux confrères viennent de nous causer de sérieuses inquiétudes. Le P. Bozon, pris dune forte fièvre, a dû partir pour lhôpital Ste Marthe. Presque en même temps, à Mysore, le P. Cochet recevait les derniers Sacrements. Ils ne sont pas encore pleinement remis, mais ils sont maintenant hors de danger.

    Séminaire de Paris

    Invité par les PP. Jésuites de la maison de Florennes (Belgique), Mgr le Supérieur est allé y présider la fête patronale de lEcole Apostolique St Joseph et y donner la confirmation. Mgr Chambon avait bien voulu laccompagner à lordinaire et prendre sa part des conférences avec projections, et ce nest quau dernier moment que sa nouvelle dignité dArchevêque de Tokio a été connue de ses hôtes surpris et édifiés. Louvain nétant quà 1 h. ½ de Florennes, Mgr le Supérieur et Mgr Chambon sont allés y passer les journées du dimanche 20 et du lundi 21. Reçus chaleureusement au Séminaire Léon XIII, où Mgr de Guébriant a donné à la fervente communauté les instructions de sa retraite du mois, ils ont de plus bénéficié de lobligeance du Prince Henri de France (Guise), étudiant à la célèbre université, qui leur prêta sa voiture le lundi 21, pour une belle tournée en Brabant Wallon : Tervuiren, Bruxelles, Waterloo et enfin Nivelles, où Mgr Chambon a pu visiter le Supérieur Général des Marianistes et son 1er Assistant, à la Maison-Mère de lInstitut.

    Le 25 Mars, Mgr le Supérieur assistait au sacre de Mgr Grimault, nouveau Vic. Apost. du Sénégal. La cérémonie, à léglise des Orphelins dAuteuil, était présidée par le Cardinal Dubois. Le consécrateur était Mgr Le Hunsec, prédécesseur du nouvel évêque au Sénégal et successeur de Mgr Leroy à la tête de la Congrégation du Saint-Esprit.

    Notre confrère, le P. Flachère, est venu passer quelques jours à Paris sur invitation du Ministère de la Marine. Si sa santé, comme tout le fait espérer, se maintient, il partira de Marseille vers la mi-mai pour rejoindre la division navale dExtrême-Orient et y exercer le rôle daumônier.

    Le P. Dubos, de Mandchourie, est parti de Paris samedi soir par le Transsibérien.

    Les nouvelles que nous avons de Rome confirment linformation donnée par la Croix du 31, au sujet de diocèse indigène à ériger prochainement au Japon.

    Les Partants sont revenus de leur voyage dadieux à leur famille. Lun deux, atteint dune fièvre éruptive, probablement la rougeole, vient dentrer à lhôpital St Joseph. On espère quil sera guéri avant le départ.

    Le 18, à Abbeville, devant un nombreux et sympathique auditoire, le P. Chabagno a donné une conférence avec projections sur le Japon.

    La Dépêche Coloniale a demandé au P. Robert une conférence sur les missions de Chine. Elle a eu lieu le 24 mars, à 7 h. 30, par Radio.

    A St Pierre de Chaillot, le 31 mars, à une très nombreuse réunion paroissiale, conférence sur les missions par le P. Gérard.
    1927/367-391
    367-391
    Anonyme
    France et Asie
    1927
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