Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Chronique des Missions et des Etablissements communs 10

Chronique des Missions et des Etablissements communs Nagasaki
Add this
    Chronique des Missions et des Etablissements communs
    _____

    Nagasaki

    On sait que la base du code moral de la nation japonaise, la règle suprême de son éducation morale est le fameux Rescrit impérial sur lEducation, promulgué en 1890. La lecture en est obligatoire dans les écoles à toutes les distributions de diplômes, séances scolaires, etc. Cette lecture se fait toujours avec une grande solennité : les élèves lécoutent debout, dans lattitude la plus respectueuse ; le directeur de lécole commence et finit en portant jusquà son front, en signe dhommage, le rouleau où sont tracés les caractères, puis, tenant à bras étendus et à la hauteur de sa tête le rouleau déployé, il déclame lentement, sur ce ton élevé, presque chantant, particulier aux Japonais lorsquils lisent leur langue écrite.

    Ce Rescrit rappelle, en résumé, les préceptes de la loi naturelle. Depuis plus de 30 ans, dans tout le pays, la jeunesse reçoit cet enseignement uniforme, émanant de lautorité suprême de lEmpereur, dont personne naurait osé la moindre critique.

    Or, tout récemment, dans un grand journal du Kyûshû, on pouvait lire les lignes suivantes, sous la signature du professeur Tanimoto Tomi : Le Rescrit impérial de Meiji sur lEducation est incomplet parce quil ne mentionne pas la divinité. Il aurait gagné à la mentionner, ne fût-ce que par le caractère (caractère chinois) (ciel).... Le système déducation de lère de Meiji est comparable à un beau corps avec bras et jambes, mais duquel il manque la tête .

    Les intellectuels japonais commenceraient-ils à comprendre la nécessité de la religion pour la bonne formation de la jeunesse, espoir de lavenir du pays ?.

    Hakodate

    Le Bulletin a annoncé le transfert du siège épiscopal de Sendai à Hakodate. La Procure de la Mission sy est transportée également, et cest le P. Deffrennes qui en est devenu le titulaire. Il a été remplacé dans son poste de Fukushima par le P. Pouget.

    Les Acta Apostolic Sedis du 3 août 1925 annoncent que Mgr Berlioz, évêque de Hakodate, est nommé Assistant au Trône pontifical.

    Seoul

    Du 11 au 13 août, Seoul a eu lhonneur de recevoir S. E. Mgr Costantini, Délégué Apostolique en Chine, qui se rendait au Japon.

    Le 13 août, clôture de la retraite des Surs de S.-Paul, Mgr le Coadjuteur a présidé la cérémonie de profession religieuse de 13 Surs coréennes.

    S. E. le Cardinal Gasparri a écrit une lettre pour remercier de ladresse envoyée par les prêtres coréens au Souverain Pontife à loccasion de la Béatification de nos Martyrs.

    Le triduum solennel en lhonneur de nos nouveaux Bienheureux a été célébré, à la cathédrale de Seoul, les 19, 20 et 21 septembre ; dans les autres églises de la Mission, les 25, 26 et 27 septembre.

    Un nouveau confrère, entré prêtre au Séminaire de Paris, est destiné à la Mission de Seoul ; il devait sembarquer à Marseille le 21 septembre.

    La Cour impériale de Tôkyô a envoyé un messager spécial porteur de 50.000 yen pour secourir les victimes de linondation du mois de juillet.

    Les statistiques officielles des dommages causés par les inondations donnent les chiffres suivants : 447 morts, 111 disparus, 5289 maisons emportées, 9.714 détruites et 45.000 inondées. Environ 100.000 hectares de champs ou rizières ont été dévastés.

    Moukden

    Les Missions Franciscaines du Canada (Mai-Juin 1925) ont annoncé lenvoi prochain, dans la Mission de Moukden, de plusieurs Missionnaires venant du Séminaire des Missions-Étrangères de Montréal, sans indiquer quelle partie du Vicariat leur serait confiée. Cette nouvelle, donnée à titre dinformation et sous toutes réserves dans le Bulletin du mois daoût, est exacte.

    Il est même juste de la compléter en disant que les Missionnaires Américains de Maryknoll sont également envoyés dans la Mission de Moukden par la Propagande.

    Toutefois il na été assigné encore, aux uns ni aux autres, aucun territoire. Ils resteront placés sous la juridiction du Vicaire Apostolique de Moukden, jusquà ce quils aient acquis une connaissance suffisante de la langue et des coutumes du pays et soient devenus assez nombreux pour se voir confier un territoire déterminé.

    Le 22 juillet, vers deux heures du matin, la plupart des habitants de Moukden étaient réveillés par une explosion formidable : un dépôt de bombes incendiaires pour avions venait déclater à lArsenal. On a évalué en chiffres la valeur des dégâts. Mais les sommes indiquées par les journaux coïncident si peu quil vaut mieux rester dans limprécision.

    Comme résultat certain, on peut signaler la démolition de plusieurs immeubles des environs, et surtout des pertes de vies assez nombreuses (ici encore ne donnons pas de chiffres). A part les sentinelles, qui furent volatilisées, les personnes habitant lArsenal eurent relativement moins à souffrir que les habitants du voisinage, chez qui les éclats de bombe vinrent sabattre après avoir décrit une assez longue trajectoire.

    Le lieu de lexplosion est à quatre kilomètres environ de la Mission. Nos vitres neurent pas à souffrir, mais le curé de la cathédrale, qui avait poussé ses fenêtres sans les accrocher, fut très étonné de les voir souvrir delles-mêmes assez violemment. Nous sommes tout-à-fait dans le progrès !

    Cette année 1925 amène pour nous le 25e anniversaire des divers événements de la persécution des Boxeurs, qui furent particulièrement tragiques dans cette Mission.

    Le 2 juillet, cétait, à Moukden, lanniversaire des massacres, incendie et destruction totale de nos établissements.

    Quelques semaines plus tard, à Lienchan, le P. Rigal et ses hôtes, réunis pour la fête patronale de Ste-Anne, commémoraient, avec une nombreuse délégation de chrétiens, le massacre des PP. Bourgeois et Le Guével et de leurs néophytes, sur la montagne même où eut lieu cette tuerie.

    Le 8 septembre, le village de Santaitse fêtait bruyamment (on a parlé de 200 dollars de pétards !) le souvenir de la délivrance de la Mission, qui fut assiégée par plus de 2000 soldats réguliers et boxeurs du 21 juillet au 14 août. Le P. Caubrière avait réuni, à cette occasion, la plupart de ses anciens vicaires. Les païens des environs vinrent en foule assister à ces manifestations qui ne les choquèrent pas le moins du monde, et lon neut à déplorer aucun de ces incidents fâcheux, disputes, batailles, etc., qui naissent si facilement de ces attroupements nombreux : on compta plus de dix mille spectateurs lors de la procession solennelle qui clôtura la fête. Nouvelle preuve des dispositions pacifiques et même bienveillantes de nos populations rurales, lorsquelles sont laissées à elles-mêmes.

    Suifu

    Depuis que les partisans du général Yang Sen sont maîtres de Suifu, les propriétés de la Mission ont subi plusieurs assauts, qui, malgré les réclamations du Consul de France, nont pas été repoussés sans pertes pour elle. Ce brigandage légal se passe alors que la Mission et les missionnaires jouissent du privilège dexterritorialité ; mais si celui-ci leur était retiré, ils ne tarderaient pas à être dépouillés de tous leurs biens.

    Dailleurs tout le monde souffre de la soldatesque, qui ne se gêne pas pour enlever, en plein jour et en pleine ville, des citadins un peu aisés, quils ne remettent en liberté que contre une forte rançon. Ce qui fait que quelques loustics ont dénommé plusieurs rues de la ville rue au marché de cochons (caractères chinois), allusion au parler populaire, qui appelle cochon gras(caractères chinois) tout otage pris par les brigands.

    Depuis le 20 juillet, nous avons à Suifu une canonnière anglaise et deux vapeurs battant pavillon anglais. On dit quils attendent le Consul britannique et ses nationaux, qui quitteraient Tchengtou, si les incidents de Shanghai ne sarrangeaient pas. La gent écolière, qui soccupe de tout ce qui ne la regarde pas, a défendu de vendre quoi que ce soit aux marins ; un pauvre malheureux, qui a osé enfreindre la consigne en leur vendant un peu de riz, a été saisi et promené dans toutes les rues de la ville, portant ficelée sur le dos une grande pancarte, sur laquelle étaient inscrits les trois caractères à la mode : (caractères chinois), traître à la patrie .

    Notre Mission reste toujours le théâtre préféré des belligérants et continue à en souffrir... Tout dernièrement, un de nos prêtres chinois fut arrêté dans la principale rue de son chef-lieu de district par une bande de soldats et enfermé dans une auberge au milieu dune centaine de pauvres diables, réquisitionnés, eux aussi, comme coolies pour servir de bêtes de somme à larmée. Ce nest quaprès bien des démarches auprès des officiers que ses chrétiens obtinrent sa délivrance.

    Enfin ! pour nous faire oublier les malheurs qui ne cessent de nous frapper depuis le commencement des hostilités : oratoires pillés ou servant de caserne aux soldats, chrétiens enlevés par les brigands, prêtre chinois réquisitionné comme coolie, etc., une bonne nouvelle : une lettre de Paris nous annonce un nouveau confrère, M. Buhot, du diocèse de Coutances, qui doit sembarquer dans la première quinzaine de septembre. Les missionnaires de Suifu lui souhaitent un prompt et heureux voyage.

    Le 25 juillet, Dieu a rappelé à lui le bon Père Augustin Yang, né en 1874, prêtre en 1908, après plusieurs années de souffrances supportées toujours avec résignation et esprit de foi. Nous ne doutons pas que Dieu ne lait déjà reçu dans son paradis, où il continuera. dintercéder pour la Mission de Suifu.

    Ningyuanfu

    Extrait du compte-rendu de lexercice 1924-25.

    Population totale environ 2.000.000
    catholique 8.683
    Adultes 357
    Baptêmes Enfants de chrétiens 317 1.124
    Enfants in art. mortis 450 767
    Confessions 32.956
    Communions 68.046
    1 Ecole Normale de Catéchistes 20 élèves
    1 de Vierges enseignantes 14
    65 Ecoles paroissiales 1.939
    1 Dispensaire (SS. Francisc. de Marie) : 56.871 malades soignés.

    Yunnanfu

    Trois nouveaux missionnaires Bétharramites se sont embarqués à Marseille sur le Ceylan le 6 août à destination de la future Mission de Talyfu.

    Un Comité de secours aux affamés du Yunnan, composé de catholiques, de protestants et de païens, a été constitué à Yunnanfu ; Mgr de Gorostarzu en a été élu Président. Ce Comité a été formé sur la proposition du Comité International de Shanghai, qui lui enverra des secours.

    Le 27 août, des pirates ont déboulonné les rails et placé des blocs sur deux points de la voie ferrée dans la région de Namti ; ils occupent encore plusieurs gares. On a envoyé quelques centaines de soldats pour les chasser, mais ils restent maîtres de la voie sur plus de 60 km. et toute circulation est interrompue entre Amitcheou et Laokay.

    Le 25 juillet, Houang Fou, catéchiste du P. Deschamps, qui conduisait à la gare de Keoukaitse une charge de pommes, a été tué par les brigands ; la mule du Père et les objets furent volés.

    Dans lest surtout la famine continue à décimer la population. Le P. Badie fait un tableau lamentable de sa région et souffre de se voir impuissant à soulager tant de maux.

    Lex-chef pirate Yang Itien, celui qui captura le P. Piton, vient de faire sa soumission avec 200 de ses bandits, et maintenant il chasse les brigands dans la région de Taly.

    Kouiyang

    Après être restés deux ans et demi en souffrance à Hongkiang nos colis de France ont fini par arriver à Houangpin : le P. Harosteguy sy est rendu et, après de nombreuses difficultés, a réussi à tout expédier à destination finale.

    Quatre religieuses Canadiennes se sont embarquées le 15 juillet pour le Kouytcheou : elles viennent par lEurope, visitent Paris, Rome, Jérusalem, et doivent arriver à Haiphong le 27 septembre.

    La famine sévit de plus en plus durement sur notre malheureuse province. A Kouiyang même, malgré les efforts du Comité de secours, les morts se multiplient. La route de Kouiyang à Ganchouen est jalonnée de cadavres que les chiens se disputent. A Tchenlin, durant la nuit, on entend le lugubre hurlement des loups qui viennent jusque sous les murs de la ville déterrer les cadavres enfouis à la hâte sous quelques pieds de terre.

    Partout on rencontre des familles démigrants cherchant à fuir la mort dans leur pays désolé. Ils vont droit devant eux ; un jour, épuisés, ils se couchent sur le bord de la route et ne se relèvent plus !

    La Mission catholique, son évêque en tête, se dépense pour secourir le plus grand nombre possible de ces malheureux. Elle a établi une crèche où elle recueille les tout-petits abandonnés ou ceux que leurs parents ne peuvent nourrir : leur nombre atteint 80 et augmente tous les jours. Plus de 40 sont déjà partis pour le ciel. Notre hôpital est aussi en plein rendement.

    Dans la ville on distribue chaque jour plus de 3.000 livres de riz en bouillie à environ 15.000 affamés ; mais il en faudrait au moins le double.

    A peste, fame et bello, libera nos, Domine !

    Lanlong

    Notre pauvre Mission, déjà si cruellement éprouvée par la famine a vu passer sur son territoire différentes bandes de larmée yunnanaise battue au Setchoan et regagnant sa province. La ville de Lanlong a dû payer une forte contribution de guerre. Dans la campagne, ces troupes réquisitionnent hommes et chevaux, tuent le bétail, pillent et dévalisent les maisons. Pour nourrir leurs chevaux, les soldats coupent le maïs à peine mûr et le riz à peine formé en épi : il en résultera peut-être une deuxième année de disette.

    Les aumônes distribuées par les missionnaires ont bien disposé la population ; il y a beaucoup de demandes pour le catéchuménat. Puisse cette terrible famine avoir comme conséquence le salut dun grand nombre dâmes !

    Canton

    La situation dans toute la province est toujours des plus troublées. Le 31 août et le 2 septembre, des grévistes ont pénétré dans lenclos de la cathédrale et ont provoqué quelque désordre, mais leurs chefs, prévenus, les ont obligés à se retirer et ont puni les plus coupables,

    Les bolchevistes sont toujours les maîtres à Canton. Il semble cependant que la désaffection se propage : les cadets eux-mêmes, sortis de lEcole militaire et formés selon les principes de larmée rouge, commencent à dire quils consentent à obéir à des officiers chinois, mais non à des généraux russes. Dun autre côté, le parti anti-rouge semble se préparer à une action sérieuse contre le pseudo-gouvernement actuel de Canton.

    Nous attendons les événements en nous confiant sans réserve à la bonne Providence.

    Swatow

    Il y a lieu de distinguer entre larmée rouge, comme on la nomme communément, et les communistes purs. Ces derniers ne font pas partie de larmée, mais se montrent plus rouges que les rouges. Leurs chefs semblent avoir pour but dexpérimenter le communisme, et ils ont pris pour champ dexpérience la sous-préfecture de Hoifong. Lannée 1924 a été pour la population une année de terreur. Tous les riches, en commençant par ceux qui étaient soupçonnés de quelque accointance avec le parti anti-rouge, ont été capturés et cruellement torturés : nombreux sont ceux qui ont succombé aux supplices avant de pouvoir payer leur rançon.

    Cette année, ils ont renoncé aux tortures, mais non aux rançons. La population terrorisée ne fit aucune résistance. Les propriétaires furent lourdement taxés : ils ne perçurent plus que les 6/10 du produit de leurs rizières.

    Au point de vue religieux, laction des communistes est des plus néfastes. Hostiles à toute religion, ils se sont emparés de tous les oratoires de la région, les transformant en bureaux de recrutement. Les soldats agissent de même et sinstallent partout où ils trouvent une chapelle. A Hotien ils ont menacé de tout briser si on ne leur ouvrait pas les appartements du missionnaire, alors absent. Ils ont brûlé tous les livres de religion, brisé les croix et les statues, remplaçant le crucifix de lautel par limage du trop fameux Sun Yatsen, leur nouveau dieu.

    Le 30 août, le P. Favre, missionnaire à Mienfu, à 120 km. environ de Swatow, a été victime, dans son église même, dune sauvage agression de la part des soldats rouges cantonnés dans la localité. 5 ou 6 dentre eux, entrant au moment de loffice de laprès-midi vers 4 heures, se mirent à parler à haute voix et à dévisager femmes qui se trouvaient là. Le Père les pria poliment de sasseoir et de garder le silence. Ils sortirent alors en criant, puis revinrent bientôt, au nombre dune trentaine, et se mirent à crier : A bas limpérialisme ! Tuons le diable détranger ! Et les forcenés se ruèrent sur le Père, debout au milieu de léglise, poussant des hurlements sauvages, les uns lançant sur lui des bancs et des chaises, les autres le frappant avec ce qui leur tombait sous la main. Tout en cherchant à se protéger contre les coups, le missionnaire réussit à sortir de léglise ; mais, quand il fut dehors, un coup asséné sur la tête avec un banc le renversa à terre : les brutes allaient lassommer, lorsque survint un officier qui dispersa les agresseurs à coups de cravache et sauva ainsi notre confrère. Outre des contusions plus ou moins graves à la tête et aux bras, le P. Favre a eu une côte enfoncée. Depuis lors il a craché le sang à plusieurs reprises et a dû se rendre au sanatorium de Béthanie pour sy remettre de ses blessures et de ses émotions.

    On nous annonce que notre Vicaire Apostolique, Mgr Rayssac, pense sembarquer à Marseille le 8 octobre et être de retour dans sa Mission vers le milieu de novembre.

    Vinh

    Le 17 août, à 9 heures du soir, le Petit-Séminaire de Xadoai a été en grande partie détruit par un incendie. Le feu a pris accidentellement par une lampe de dortoir, croit-on. Cétait après des journées dextrême sécheresse et par un fort vent du sud-ouest : en quelques minutes quatre bâtiments, occupés par les dortoirs et les salles détude, furent la proie des flammes, proie facile, car cétaient des constructions en bois de lim et torchis, couvertes en paillote et qui dataient de 40 ans.

    Les élèves étaient rentrés depuis 4 jours seulement. On a dû en renvoyer plus des deux tiers et ne garder que les deux classes supérieures.

    Mgr Eloy écrit quil compte sembarquer à Marseille vers la mi-octobre avec Mgr Aiuti, Délégué Apostolique en Indochine.

    Hunghoa

    Au milieu daoût a eu lieu la rentrée du Petit-Séminaire de Hathach : les élèves sont au nombre de 63, dont 33 nouveaux. Depuis longtemps pareil chiffre navait été atteint. 5 élèves de philosophie sont entrés au Grand-Séminaire de Keso (Hanoi), ce qui porte à 7 le nombre de nos élèves en théologie. Que le bon Dieu nous les garde : spes messis in semine !

    Le P. Chatellier, souffrant de la gorge, a dû faire le voyage de Hanoi pour y consulter un spécialiste, lequel la reconnu atteint de pharyngite chronique, peu grave heureusement. Dans le même temps, son vicaire, le P. de Neuville, subit aussi un traitement à Hanoi pour surdité partielle ; les inquiétudes furent grandes, car on craignait une perforation du tympan. Il nen était rien : les bons soins du médecin et des Surs ont rendu à notre confrère lusage de son oreille gauche. Après un repos dun mois environ à Hung-hoa, curé et vicaire ont regagné, frais et dispos, leur district. Souhaitons au premier de bien suivre les ordonnances de la Faculté, et au second de sacclimater doucement, tout en prenant un peu de poids, au physique sentend.

    Quinhon

    Le dimanche 30 août, Mgr Grangeon a béni le premier bâtiment de notre nouveau Petit-Séminaire. Larchitecte, le P. Dorgeville mérite la reconnaissance et les félicitations de tous pour cette belle uvre, solidement construite et rapidement élevée.

    Quelques jours après, le 8 septembre, Mgr partait en visite pastorale dans la partie nord de la province de Binhdinh.

    Le P. Labiausse est nommé Directeur diocésain de luvre des Prêtres adorateurs. Le P. Lassalmonie est nommé vicaire à Gothi.

    Saigon

    Le 17 juillet, veille de la retraite annuelle des prêtres indigènes a eu lieu, au Séminaire de Saigon, une belle fête de famille.

    Presque tous les prêtres annamites et un bon nombre de missionnaires étaient réunis pour célébrer les noces dor des PP. André Bửu et Pierre Triệu. Tous deux avaient des titres à voir fêter leur jubilé au Séminaire même : le premier y a longtemps été professeur ; lautre a contribué par son travail à lédifice matériel au temps où, jeune séminariste, il était doué dune force peu commune et ne craignait pas sa peine. Dailleurs, maintenant encore, quand il voyage en barque, bien souvent, la nuit venue, il envoie se reposer les jeunes gens et cest lui qui rame seul. A quatre-vingt deux ans, cest plutôt rare !

    La fête fut tout intime ; deux messes basses avec chants et musique, séparées par un sermon de circonstance. Enfin, aux agapes traditionnelles qui suivirent, parmi les toasts, celui du Père Abonnel, notre doyen, eut le mérite dêtre bref et de trouver le mot qui suffisait à les louer dignement tous les deux : Fidelis in omnibus. A dix heures tout était terminé.

    Hué

    Le 2 août, une joyeuse nouvelle nous arrivait de Paris : un nouveau confrère, le P. Urrutia, vient renforcer nos rangs, que la mort la maladie ont si rudement éclaircis depuis quelques années. Soyez le bienvenu parmi nous, cher confrère, et tâchez dattirer dautres nouveaux après vous !...

    Le P. Fasseaux a fini son apprentissage de la vie apostolique à Phu-Cam auprès du P. Stoeffler. Il est nommé curé de Nước-Ngọt, où il pourra donner libre cours à son zèle auprès des 1600 chrétiens, presque tous néophytes, dont il aura la charge et des nombreux païens qui restent à convertir dans cette région.

    Jamais il ny avait eu autant de demandes dadmission au Petit-Séminaire que cette année : 64 nouveaux élèves ont été présentés ; mais, par suite du manque de personnel et à cause des dépenses que la Mission est incapable de supporter pour entretenir tout ce petit monde, on a dû en éliminer une vingtaine et les ajourner jusquà la rentrée de 1927.

    Dans le courant du mois daoût, plusieurs communautés religieuses de la Mission ont fait leur retraite annuelle : le monastère de Notre-Dame dAnnam, le noviciat des Frères des Ecoles Chrétiennes, les Filles de Marie-Immaculée. A la fin des exercices, il y a eu, dans ces diverses communautés, des professions et des prises dhabit. A Phước-Sơn, un Indien, de larchidiocèse de Pondichéry, a pris lhabit religieux des moines de N.-D. dAnnam.

    Tout récemment, on a arrêté un petit-fils de Hiep-Hoà, qui fut roi dAnnam du 30 juillet au 29 novembre 1883, et plusieurs autres mandarins, coupables du crime de lèse-majesté envers S. M. Empereur Khởi-Định et Son Altesse Impériale le Prince Héritier. Voici quels seraient, paraît-il, les desiderata des conspirateurs : abolition du Protectorat en Annam et au Tonkin, déchéance de 1Empereur, création dun Parlement indigène, chargé de préparer en Indochine une République autonome, plus ou moins teintée de bolchevisme. Les autorités du Protectorat nont pas cru devoir prendre en considération ces beaux projets, et ceux qui les ont formulés, en cherchant à se créer des partisans un peu de tous côtés, ont été simplement mis sous les verrous, en attendant leur jugement.

    Phnompenh

    Encore une bénédiction déglise. Cette fois, cest à Kompongthom, chef-lieu de la province de même nom et point darrêt dans le long trajet de Phnompenh à Angkor. Le P. Guesdon y a bâti une assez grande chapelle, qui servira aussi de pied-à-terre. Le 23 septembre, le P. Bernard, délégué à cet effet, a procédé à la bénédiction solennelle.

    On nous annonce un nouveau confrère pour le mois prochain : il sera le bienvenu.

    Le Carmel de Phnompenh, bien que de fondation récente, se dispose à essaimer bientôt pour établir un monastère au Siam.

    Malacca

    Nos deux séminaristes eurasiens ont été ordonnés sous-diacres le 15 Août par Mgr Perrichon.

    Le Père Auriol, rentré de France, a été nommé Supérieur du Petit-Séminaire St-François-Xavier de Saranggong.

    Actuellement la Mission na plus personne en Europe ; à la fin de septembre. lorsque les Pères L. Duvelle et Devals seront rentrés des Indes, nos cadres seront au complet ; ce qui ne veut pas dire que nous naurions pas de place pour les nouveaux missionnaires que Paris pourrait nous envoyer : Messis multa, operarii pauci, nest nulle part plus vrai quen Malaisie.

    Birmanie Septentrionale

    Au retour de sa tournée pastorale dun mois chez le P. Falière, Mgr Foulquier conférait, le 15 août, le sacrement de Confirmation à la cathédrale, et le lendemain, à la Léproserie St-Jean.

    De sa visite aux rives de lIraouaddy, Mgr a rapporté les meilleures impressions. Au reste, ce lui est toujours un plaisir nouveau de revoir les postes qui furent le théâtre de ses premières armes en mission.

    Sans doute, en lespace de 30 ans, bien des changements sont survenus dans ces districts pétrolifères ; les mines se sont agrandies, le pays sest développé. Grâce au zèle vraiment admirable du P. Falière, la religion aussi y fait bonne figure. Le Bulletin a déjà dit un mot de la nouvelle église de Yénangyaung.

    Après de nombreuses confirmations administrées à Chauk et à Myingyan, Mgr bénissait, dans ce dernier poste, une belle grotte de Notre-Dame de Lourdes, la sixième dans la Mission, don dun généreux chrétien de lendroit, qui en dirigea lui-même les travaux.

    Nabek, le dernier poste que desservit le P. Foulquier avant dêtre appelé à lépiscopat, retint Mgr une semaine. Il retrouvait là un vieil ami, le vaillant P. Laurent, dont nous nous apprêtons à célébrer, lan prochain, le jubilé dor et à chanter quelques-uns de ses hauts faits... Mais nanticipons pas !

    Laos

    Vientiane est lancienne capitale du Laos. Le premier missionnaire qui y prêcha lEvangile fut un Jésuite lombard, le P. Leria, qui y résida de 1643 à 1648. Quels furent les résultats de son zèle ? Lhistoire ne le dit pas. De même elle demeure muette sur les deux siècles qui suivirent cette première évangélisation.

    En 1827, une guerre entre le Siam et le Laos causa la destruction complète de Vientiane et la dispersion de ses habitants.

    Lorsque, en 1881, les PP. Prodhomme et X. Guégo furent envoyés au Laos par Mgr Vey, Vicaire Apostolique du Siam, le but de leur mission était dimplanter la foi à Oubone et dans les environs, cest-à-dire dans le sud du Laos. Il nétait pas question alors de Vientiane ; mais, dès leur arrivée, les deux missionnaires entendirent fréquemment les Laotiens parler de cette ancienne capitale.

    En 1883, les PP. Prodhomme et Rondel y firent un rapide voyage, mais ne trouvèrent guère que des ruines, de pagodes surtout, envahies par la brousse.

    Dix ans plus tard, le traité franco-siamois fixait le fleuve Mekong comme limite entre lIndochine française et le royaume de Siam. Un des premiers soins du Protectorat fut de relever Vientiane de ses ruines ; il y travaille depuis 30 ans et avec plein succès : 1ancienne capitale est devenue une belle ville.

    Ce nest quen 1910 quun missionnaire sy installa à demeure ; il y construisit une gracieuse petite église, qui ne tarda pas à devenir insuffisante pour la population chrétienne toujours croissante.

    Son successeur éleva une grande église, et le P. Delalex, curé actuel de Vientiane, y ajouta le presbytère. Le nombre des chrétiens sélève à un millier et chaque dimanche léglise est comble.

    Rome

    Dernier écho des fêtes de la Béatification des Martyrs Coréens Le Bulletin a mentionné le triduum du Gesu les 7, 8 et 9 juillet ; mais ce quil na pas assez dit, cest que ce triduum a été un succès un triomphe. Le Recteur de léglise lui-même en était étonné et après tant de cérémonies semblables, en labsence des communautés déjà en vacances, alors quaucun pèlerinage nétait à Rome, il était loin de sattendre à une telle affluence de fidèles à toutes les cérémonies. Pendant les trois jours où la messe des nouveaux Bienheureux était permise, environ cent messes ont été célébrées chaque jour au Gesu par des évêques, des prélats et autres ecclésiastiques. Les Romains ont montré un véritable enthousiasme pour ces Martyrs dun pays nouveau, dont les acta les ont vivement impressionnés.

    Le texte des trois panégyriques (ceux des PP. Galloni et Venturini traduits en français,) sera donné avec celui des panégyriques du triduum de Paris (4-6 décembre) et envoyé à tous les confrères à la fin de lannée.

    La fête de saint Pierre Canisius, Confesseur non Pontife et Docteur de lEglise, sera célébrée dans lEglise universelle le 27 avril de chaque année ; celle de sainte Thérèse de lEnfant Jésus, le 3 octobre (A. A. S., August. 1925). Le rite nest pas mentionné.

    Séminaire de Paris

    Professeurs et élèves sont en vacances. La correspondance chôme, et les lecteurs du Bulletin devront attendre le mois prochain pour avoir des nouvelles de la rue du Bac.



    1925/634-647
    634-647
    Anonyme
    France et Asie
    1925
    Aucune image