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Chronique des Missions et des Etablissements communs 2

Chronique des Missions et des Etablissements communs. Tôkyô Extrait du compte-rendu de lexercice 1924-25. Population totale (recensement de 1925)15.611.200 catholique10.801 Baptêmes : Adultes269 in art. mort 307 Enfants de chrétiens 274 in art. mort 329 ECOLES : Marianistes ( Tôkyô)1.228 (Yokohama)125 Jésuites (Tôkyô) 149 Dames de S.-Maur (Tôkyô) 1.400 (Yokohama)406 (Shizuoka)782 Surs de S.-Paul (Tôkyô) 869
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    Chronique des Missions et des Etablissements communs.

    Tôkyô

    Extrait du compte-rendu de lexercice 1924-25.

    Population totale (recensement de 1925) 15.611.200
    catholique 10.801
    Baptêmes :
    Adultes 269
    in art. mort 307
    Enfants de chrétiens 274
    in art. mort 329
    ECOLES :
    Marianistes ( Tôkyô) 1.228
    (Yokohama) 125
    Jésuites (Tôkyô) 149
    Dames de S.-Maur (Tôkyô) 1.400
    (Yokohama) 406
    (Shizuoka) 782
    Surs de S.-Paul (Tôkyô) 869
    Dames du 5.-Cur ( ) 633

    Ainsi que nous lavions annoncé, linauguration de la nouvelle église dAsakusa (Tôkyô), bâtie sur les fondations de lancienne, a eu le dimanche 20 décembre. S. G. Monseigneur Rey a béni léglise, donné la confirmation et célébré la messe devant une assistance de 650 fidèles ; le P. Steichen, directeur de la Presse catholique et principal prédicateur des retraites et des cérémonies religieuses, a donné le sermon. Nos félicitations aux chrétiens de la paroisse, qui ont contribué pour 8.000 yen à lédification de la nouvelle église, et au pasteur, le P. Lissarrague, qui a pu aussi vite relever le poste de ses ruines.

    Le 24 décembre, arrivait à Yokohama par lEmpress of Russia le P. François-Xavier Iwashita Sôichi, qui, gradué de lUniversité Impériale de Tôkyô pour la littérature et la philosophie, avait été envoyé en Europe par le Gouvernement pour y faire un stage détudes. Il trouva là-bas la vocation sacerdotale ; après avoir suivi les cours de philosophie et de théologie à lUniversité de Louvain et au Collège Angélique à Rome, il a été ordonné prêtre par le Patriarche de Venise, en juin dernier. Le soir même de son arrivée, il célébrait la messe de minuit à lEcole de lEtoile-du-Matin, dont il fut un des meilleurs élèves. Sans rien présumer de lavenir, non plus que des fonctions auxquelles il pourra être appelé, on peut espérer que la Jeunesse Catholique trouvera dans ce précieux auxiliaire une direction pour sa conduite et pour ses uvres de propagande et de zèle.

    On annonce que S. E. Mgr Giardini, Délégué Apostolique, doit quitter Rome vers la mi-janvier pour revenir au Japon.

    Osaka

    Les Japonais sintéressent de plus en plus à lhistoire du christianisme dans leur pays et recherchent activement les ouvrages qui traitent de la question, soit pour en donner une nouvelle édition, soit pour les traduire en japonais sils sont en langue étrangère, comme les Relations portugaises, espagnoles, hollandaises, des XVIe et XVIIe siècles. LAssociation de la Jeunesse Catholique fait réimprimer les 3 volumes des Lettres de S. François-Xavier, traduites par le P. Villion il y a quelque 35 ans, ainsi que lHistoire des Martyrs japonais, du même auteur.

    Notre vénéré doyen ne peut que se réjouir de ce renouveau de ses publications dantan ; mais une autre joie, plus grande encore, lui est réservée très prochainement. Une uvre à laquelle il a travaillé pendant plus de 20 années va recevoir son couronnement : le monument de saint François-Xavier à Yamaguchi sera inauguré en mars prochain. On sait que le préfet et le maire de la ville ont pris laffaire en mains ; 30.000 yen ont été consacrés déjà à une belle croix en marbre de 27 pieds de hauteur, élevée au centre dun grand square qui sera un jardin public. La cérémonie dinauguration, très solennelle, coïncidera à quelques jours près, avec le 60e anniversaire du départ de notre cher Père Villion pour les missions : aucune fête ne pourrait lui être plus agréable que celle-là.

    Seoul

    Le 8 décembre, fête patronale de la cathédrale et de la Corée, après la messe pontificale célébrée par Mgr Devred, un Te Deum dactions de grâces a été chanté à loccasion de la naissance de la princesse impériale, premier enfant du Prince Régent du Japon. Le lendemain le Journal de Seoul (Keijô Nippô) publiait un article et une photographie de la cérémonie.

    Le P. Paul Han est arrivé le 10 décembre, très content de son voyage en Europe, mais heureux de se retrouver dans son pays.

    P. Poisnel, Provicaire, est mort le 26 décembre. Depuis le printemps dernier il sétait senti fatigué, mais sétait remis et avait pu, durant lété, soccuper activement de la construction de son nouveau presbytère et dun orphelinat pour les Surs de S.-Paul de Chartres. Vers le milieu de septembre le mal revint, les crises doppression devinrent de plus en plus fréquentes, et, après quelques courtes périodes damélioration, tout espoir de guérison dut être abandonné. Le 24 décembre, le malade recevait en pleine connaissance les derniers sacrements et le 26, à 7 heures du matin, après trois heures dagonie, il expirait doucement. Le P. Poisnel avait 70 ans dâge et 44 ans de mission.

    Mgr Mutel pense sembarquer à Marseille le 15 janvier : nous pouvons donc espérer le revoir au milieu de nous vers la fin de février.

    Le dernier recensement (1925) accuse pour la Corée une population de 19.519.903 habitants.

    Taikou

    Le P. Vermorel, Provicaire, et le P. Mousset sont allés à Seoul pour représenter la Mission de Taikou aux funérailles du P. Poisnel qui ont eu lieu le 29 décembre et ont été des plus imposantes.

    Des adhérents de quatre églises protestantes ont organisé à Taikou une manifestation dans le but damener le peuple à adopter le régime sec en Corée, à linstar de lAmérique. Ils nont pas recruté beaucoup dadeptes.

    Le Gouvernement général aurait lintention de concéder aux cultivateurs, à titre gratuit, dimmenses terrains non encore cultivés.

    Kirin

    Au début de novembre, Mgr Gaspais sest mis en route pour visiter les districts de lextrême-nord du vicariat, dans la province du Heilongkiang. Au delà de Harbin, il ny a plus de voie ferrée ; aussi ce voyage de plus de mille lys aller et retour, en chariot chinois, par un froid denviron 30º, était jadis des plus fatigants. Depuis quelques années, des services dautos ont été créés un peu partout et fonctionnent entre les principales villes. Il est donc facile de franchir en quelques heures des distances qui demandaient autrefois plusieurs jours de voyage.

    Cette année donc, Monseigneur a pu faire toute sa tournée en auto. Vive le progrès ! Certes, le voyage comporte encore pas mal daléas. Il y a dabord linévitable panne, qui vous laisse pendant plusieurs heures en pleine campagne déserte sous le vent et la neige. Il y a aussi les brigands, qui arrêtent les autos et dévalisent complètement les voyageurs, ne leur laissant, malgré le froid, quune chemise et un pantalon. Deux fois Monseigneur faillit rencontrer ces indésirables, mais les bons Anges de Mandchourie ne permirent pas ce malheur.

    Les chrétientés visitées par Sa Grandeur appartiennent aux districts de Honlan, Souihoa et Tongken. Il a déjà été fait plusieurs fois mentien ici de la Colonie S.-Joseph de Tongken, gros bourg chrétien de 6.000 habitants. Il faut avoir assisté à la réception de lévêque dans cette chrétienté pour sen faire une idée. A plusieurs lys en dehors du village se forme un long cortège avec fanfare, bannières et drapeaux : ce sont les élèves des écoles, la milice locale, les représentants des principales associations, qui viennent présenter leurs cartes à lévêque et lui souhaiter la bienvenue, Le cortège se met en marche et bientôt lon entre dans le bourg. De la porte lil embrasse la grande rue, qui offre aux regards un spectacle des plus pittoresques. Bien que très large, elle est noire de monde et cest avec les plus grandes précautions que lauto savance aussi lentement que possible. Toutes les maisons sont pavoisées, les centaines denfants qui marchent en tête du cortège ont tous en main un drapeau. Là-bas, tout au fond, devant léglise, sélèvent de gracieux arcs de triomphe. De chaque côté de la rue, au seuil de toutes les boutiques, le crépitement des pétards sunit aux salves de mousqueterie. Cest le jee nao chinois dans toute son ampleur.

    Après une halte à la Chambre de Commerce, où le thé est servi, le cortège se remet en marche et bientôt pénètre dans la vaste cour de la résidence, elle-même gracieusement décorée. Aussitôt la foule sengouffre dans léglise, où Monseigneur est reçu avec le cérémonial prescrit en pareil cas. Certes léglise de S.-Joseph est vaste, mais elle ne suffit pas à contenir la multitude des fidèles accourus pour recevoir la bénédiction de leur évêque. Il ny a pas de bancs dans léglise et la foule est tellement nombreuse que le catafalque préparé pour labsoute menace dêtre renversé.

    Monseigneur est resté deux semaines à Tongken et a donné plus de 800 confirmations. Sa Grandeur a visité également le village de Haisingtoun, situé à 35 lys plus au nord et dont il était question dans la chronique du mois précédent. Avant de repartir, Monseigneur a procédé à la bénédiction solennelle de léglise S.-Joseph, qui est de construction toute récente.

    Il y a aussi à S.-Joseph une école préparatoire au Petit-Séminaire. Le P. Roubin a comme auxiliaire un prêtre chinois, le P. François Tchang. Il va dans dire que les deux Pères sont surchargés de travail : cest, au minimum, trois ou quatre prêtres quil faudrait pour assurer le ministère paroissial et développer les uvres de cette intéressante chrétienté. Monseigneur appelle de ses vux le jour où ses ressources en personnel étant suffisantes, il pourra donner au P. Ronbin les auxiliaires dont le besoin se fait si impérieusement sentir.

    Tchongking

    Nous venons davoir une belle ordination, comme nous nen avions pas vu depuis deux ans. Notre Mission attend la nomination dun nouveau Pasteur et son Supérieur ; constatant les vides faits par la mort ou la maladie, a dû avoir recours à lobligeance de Mgr Renault, Coadjuteur de Suifu, pour combler tous ces vides. Sa Grandeur na pas reculé devant la fatigue et les dangers dun long voyage pour venir nous rendre ce service, et nous lui adressons nos plus sincères remerciements.

    La cérémonie a eu lieu au Grand-Séminaire les 6 et 7 décembre : il a fallu, en effet, avant de procéder à lordination générale, faire une ordination partielle, dans laquelle trois lecteurs furent ordonnés exorcistes et acolytes, et quatre sous-diacres furent faits diacres. Dans lordination générale, il y a eu 10 tonsurés ; 7 ont reçu les ordres de portier et de lecteur ; 6 les ordres dexorciste et dacolyte ; 5 ont été élevés au sous-diaconat et 5 ont reçu la prêtrise.

    Par décision du P. Claval, Supérieur de la Mission, le P. Palafre est nommé curé de Lantchoan ; le P. Lamonnerie le remplace à la direction de lImprimerie.

    A Tchongking le mouvement xénophobe saccentue. A loccasion de affaire du Meijen les étudiants ont organisé une formidable protestation contre lAmérique. Celle-ci a beau faire les yeux doux à la Chine et prendre son parti contre les Européens, les Chinois ne veulent à aucun prix des étrangers, même de ceux qui viennent de lOrient.

    Suifu

    Notre nouveau confrère, le Père Buhot, a débarqué à Suifu, le 19 décembre, en très bonne santé. Déjà il sest mis à létude de la langue de Confucius. Son compagnon de départ, le Père Pezous, sest embarque, le 28, pour Kiating sur barque chinoise, pour de là gagner Yatcheou, puis Tatsienlou.

    Le 6 décembre, Mgr Fayolle a ordonné quatre nouveaux sous-diacres qui seront élevés à la prêtrise dans le courant de février 1926.

    A Suifu, comme dans tout le reste de la Chine, les étudiants montrent plus dardeur pour la politique que pour létude. Tout dernièrement, linspecteur provincial, venu de Tchengtou pour présider aux examens à lécole secondaire, a dû, malgré son extrême indulgence, refuser le diplôme de fins détudes aux trois quarts des élèves. Ceux-ci, furieux, se sont jetés sur le malheureux inspecteur, quils ont roué de coups et laissé à demi-mort. Et, bien entendu, ni le sous-préfet, ni le général commandant la place, nosent sévir contre eux. Messieurs les étudiants sont actuellement les vrais maîtres de la Chine !

    Ningyuanfu

    Après un long voyage, effectué heureusement sans incident fâcheux, notre nouveau confrère le P. Bettendorff est arrivé à Ningyuanfu le 29 novembre.

    Dans la région de Yen-yuen la paix na pas été de longue durée. Le parti de Sou Toantchang, après sa victoire, exigea du mandarin Tcheou la remise de toutes ses armes. Ce dernier, après avoir rempli les conditions, fut fusillé et coupé en quatre, ainsi quune bonne partie de ses soldats ; doù soulèvement du peuple qui estimait grandement le mandarin.

    A Ouitchen, les Lolos ont pillé la ville ; toutes les maisons où pouvaient se trouver de largent, des objets de prix, de la toile, des vivres, furent dévalisées. Les habitants furent suspendus, battus, assommés ; tous les chevaux furent volés.

    Kouiyang

    Notre nouveau confrère, avec les 4 Surs Canadiennes, est enfin arrivé à Kouiyang le 7 décembre. Le voyage sest effectué sans encombre et tous les voyageurs sont en bonne santé. Le P. Lanco, qui a conduit la caravane, a regagné son poste.

    Létat de la province est toujours des plus précaires. Les employés du télégraphe se sont mis en grève au commencement de décembre : non payés depuis plusieurs mois, ils ont dû mettre leurs habits au mont-de-piété et se voient obligés de chercher un autre emploi. Le télégraphe, du reste, est de plus en plus accaparé par les chefs militaires, et les télégrammes des particuliers subissent de longs retards. Ainsi il nest pas rare quune dépêche de Pékin ou de Shanghai narrive quau bout dun mois, bien après une lettre qui aurait été expédiée en même temps. Aussi les commerçants préfèrent-ils se contenter des services de la poste.

    Et pourtant ceux-là aussi laissent grandement à désirer. Des colis destinés à la Mission sont restés plus dun an en panne à Pouyan, sans que la poste trouve le moyen de nous les faire parvenir. Le nouveau Directeur, homme actif et intelligent, avait réussi cependant à organiser un service postal rapide sur la route de Kouiyang à Tchongking ; mais voilà quun chef militaire émet la prétention darrêter les colis postaux à Souikan, où actuellement plus de 200 colis attendent la fin des négociations engagées entre le Directeur de la poste et ce militaire exigeant.

    Lanlong

    Un fort contingent de pirates du Kouangsi a passé le fleuve et le marché de Pelong, au Kouytcheou ; de là les bandits savancèrent dans lintérieur jusquà Pepi, mais la garde nationale fit bonne contenance, et ils durent battre en retraite et rentrer au Kouangsi. La Providence nous a gardés, car les villes de Tsehen et de Lanlong, alors complètement dépourvues de soldats, étaient à la merci dun coup de main.

    Aux environs de Lanlong, quelque pillage vient de temps en temps réveiller lapathie des autorités ; mais les brigands, bien armés, échappent toujours à la poursuite des soldats.

    Canton

    Les fêtes de Noël nont pas revêtu, cette année, le caractère solennel des années précédentes. La messe de minuit na été célébrée ni à la cathédrale, ni dans les chapelles des communautés de la ville. Cependant la messe du jour a été célébrée par Monseigneur et, le soir à 5 heures, il y a eu salut du Saint-Sacrement, pendant lequel a été renouvelé lacte de consécration de la Chine à la Sainte-Vierge.

    Mais le lendemain lordre a été troublé. Deux mariages devaient avoir lieu à la cathédrale, à 9 heures et à 10 heures. La porte principale fut ouverte pour donner passage aux automobiles. Pendant la messe plusieurs centaines de mauvais sujets, rassemblés dans les rues voisines, se mirent à pousser des vociférations. Ce fut à grandpeine que les nouveaux mariés et leurs invités purent sortir de lenceinte de la mission, au milieu dun vacarme épouvantable ; des pierres furent même lancées. Debout dans son automobile, la jeune mariée apostropha les assaillants : Frères du même sang, que prétendez-vous ? Ne suis-je pas libre ? Pourquoi agir ainsi envers mes parents et envers moi ?. Et les automobiles purent partir.

    On téléphona alors au Bureau de Police et au Gouvernement. Le chef de la police et des officiers du gouvernement militaire arrivèrent bientôt et pénétrèrent dans la mission par une maison contiguë ; ils haranguèrent la foule, linvitant, au nom de la liberté de conscience, à se retirer, ce quelle fit peu à peu.

    Le cortège du second mariage, apercevant la foule encore massée devant la porte dentrée de la cathédrale, jugea plus prudent de rebrousser chemin, et un Père chinois se rendit à la chapelle de Saikwan, où eut lieu la cérémonie, et, pour sortir, les invités se faufilèrent par une boutique ayant des fenêtres ouvertes sur notre enclos.

    Le dimanche 27 décembre, les mêmes manifestations se renouvelèrent contre les chrétiens sortant de la cathédrale après la grandmesse. Des pierres, de la chaux vive même, furent lancées, surtout contre les femmes. Nos chrétiens ne répondirent rien à ces odieuses provocations ; mais ils se mirent en garde pour le cas dune nouvelle attaque dans la soirée. Les manifestants en furent-ils avertis ? Toujours est-il que laprès-midi se passa sans incident. Heureusement, car on aurait pu craindre de regrettables bagarres.

    Les pourparlers entre grévistes et délégués des commerçants de Hongkong nont abouti à aucun résultat. Les commerçants de Hongkong offraient, paraît-il, aux grévistes une somme de 12 millions de piastres (180.000.000 fr.) en dommages-intérêts : cette proposition na pas été acceptée, et, ont ajouté les grévistes, tout arrangement basé seulement sur un versement dindemnité sera rejeté, parce que la grève actuelle nest pas économique, mais politique.

    La presse cantonaise annonce même comme prochaine une nouvelle grève à Hongkong, celle des ouvriers et commerçants qui sont restés jusquici dans la colonie ou qui y sont rentrés en cachette depuis la proclamation de la grève.

    Swatow

    Malgré lagitation des ultra-rouges notre nouveau gouvernement se défend dêtre bolcheviste. Il laisse les soviets des paysans sorganiser à la campagne, mais ne leur permet pas de se livrer à des excès envers les riches propriétaires ; dans les manifestations officielles il nest pas question jusquici de mesures antichrétiennes. Le point délicat est en ce moment la question scolaire : pourrons-nous garder la direction de nos écoles ? La réponse viendra sans doute de Canton, où les partis extrémistes cherchent à lemporter sur les modérés.

    Pour la fête de Noël lassociation antichrétienne nous avait annoncé beaucoup de bruit et de manifestations. Le gouvernement a jugé prudent de modérer un peu cette ardeur combative et presque partout on sest contenté de meetings, discours et défilés.

    Cependant à Tenghai, chez le P. Etienne, où se trouvent actuellement de fortes garnisons militaires, une bande de manifestants, composée de soldats et détudiants, et même de quelques étudiantes, et conduite par les cadets, a envahi, léglise ; ils ont ouvert les portes toutes grandes et ont convoqué la population et les curieux accourus en grand nombre. Les orateurs sinstallèrent sur le marchepied de lautel et prononcèrent des discours blasphématoires. Le Père dut se contenter de protester et denlever le S. Sacrement.

    Après le départ de cette première bande, dautres manifestants arrivèrent et renouvelèrent les mêmes scènes.

    Jusquici nos ennemis nosent pas mettre à exécution les menaces quils profèrent dans leurs discours ; le mot dordre des chefs est de respecter les personnes et les édifices sacrés ; mais partout lopinion est excitée par la parole et par la presse contre le nom chrétien ; nous sommes à la merci dun changement de gouvernement ; mais nous avons confiance en la divine Providence, qui saura ramener la paix et la tranquillité.

    Pakhoi

    Au point de vue politique, notre Mission est en période de changements. Seront-ils heureux ?... Le parti anti-rouge, battu en plusieurs combats assez rudes, a finalement été refoulé dans lîle de Hainan, où il semble bien quil ne se maintiendra quavec peine. Toute la région, sauf Kouangtcheouwan, est entre les mains des rouges, dont une troupe de 600 à 700 hommes a occupé Pakhoi le 1er décembre. Mais, tous leurs adversaires ayant déguerpi sans les attendre, nous navons eu à déplorer ni bataille, ni pillage. Le curé de la paroisse a même reçu la visite dun membre du parti rouge, personnage très bien vêtu, se disant catholique du Kiangsi, saluant à deux genoux à lancienne mode de nos chrétiens, parlant avec une douceur et une politesse exquises, un véritable agneau sous létiquette dun loup !

    Cependant la résidence du P. Sonnefraud ayant été envahie, à une cinquantaine de kilomètres dici, nos protestations, présentées par le Consul de France, nont reçu que cette réponse, peut-être un peu goguenarde : Pas possible ! Nos troupes sont tranquilles et ont du savoir-vivre. Ce doit être le fait de quelques pillards, et nous ne sommes pas responsables de ce que font nos adversaires.

    Il est de fait que sentant le besoin de se gagner les sympathies de la population, nos nouveaux maîtres ont jusquici veillé à maintenir lordre et la discipline. Cela durera-t-il ?

    Scire volunt secreta domus atque inde timeri ! Mais de 1914 à 1919 nous avons appris à connaître dame Anastasie ; nous veillerons à ce que notre langue, ni notre plume, ne donnent prise à ses humeurs noires.

    Nous ne sommes ici ni en bolchevisme, ni en communisme, ni en quelque régime patronné par une certaine nation. Cest entendu, et personne na le droit den douter. Croyez donc, si vous le pouvez, que nous jouissons de la plus complète, de la plus bienfaisante liberté. Seule lîle de Hainan na pas encore ce bonheur.

    Et dire que des esprits mal tournés trouvent encore pour de pauvres petites clameurs, des portes enfoncées et des vitres brisées, lère nouvelle manque de charmes ! ...

    Pour nous, qu aurions-nous à désirer de plus ou de mieux ? Avec de grands coups de chapeaux et de très aimables sourires, nous inscrirons nos noms et qualités sur de beaux registres rouges ; nous paierons cinq dollars un joli papier portant en caractères élégants le signalement de nos fusils de chasse et le diamètre de chaque plomb de nos cartouches ; nous inviterons à nos cérémonies du dimanche les hauts représentants du pouvoir et, sils ne font pas fi de notre modeste pain bénit, nous aurons lhonneur de leur en offrir ; nous mettrons sous leur égide nos déplacements. Vous voyez bien que la Liberté est une belle et bonne personne !

    A Muilok, Shekshing, ailleurs encore, nos confrères ont eu quelques difficultés : nous en parlerons sous le manteau.

    A Yamchow, le P. Richard cherche un logement. Il voudrait bâtir Les moyens dont il dispose seront-ils suffisants ? Les circonstances le lui permettront-elles ? En attendant, les étudiants de la ville lui demandent de les inscrire à son école et soffrent à trouver et payer le corps professoral. Notre confrère fera bien de méditer un peu le timeos Danaos.

    Mais taisons-nous. A parler des Grecs, nous renouvellerions les douleurs de notre pauvre Procureur, qui voudrait bien voir le fils de Danaé pénétrer dans son coffre... faible !

    Taisez-vous. Méfiez-vous. Les oreilles ennemies vous écoutent !

    Hanoi

    Le 22 décembre, jour de la clôture de la retraite de nos prêtres indigènes, S. Exc. Mgr Aiuti a procédé, en léglise de Keso, à lordination dun prêtre, 6 diacres, 2 sous-diacres, 6 minorés et 3 tonsurés. Après avoir visité le Grand-Séminaire de Keso, Mgr sest rendu au Petit-Séminaire de Hoang-Nguyen : on a pu lire plus haut le compte-rendu de cette visite.

    La retraite annuelle des missionnaires commencera le 29 janvier : elle sera prêchée par un des PP. Rédemptoristes récemment arrivés à Hué.

    Le P. Marchand, après deux ans de séjour en France pour refaire sa santé chancelante, vient de nous revenir avec une mine superbe, prêt à reprendre le travail dans son grand district. Puissent se conserver longtemps les fruits de son stage au pays natal !

    Hunghoa

    Nos rangs séclaircissent ; après le P. Girod, le bon Dieu vient de rappeler à lui le P. Robert. Titulaire du poste de Lao-Kay, à la frontière du Yunnan depuis 1908, il était très anémié et ne venait que rarement aux réunions annuelles des confrères. Après 43 ans de mission, il est mort paisiblement à Yenbai, où ses funérailles ont été célébrées le 17 décembre ; toute la population européenne, ainsi que de nombreux catholiques de la région, se joignirent aux neuf missionnaires qui étaient venus rendre leurs derniers devoirs au regretté défunt.

    Le P. Robert na pas été longtemps le doyen dâge des missionnaires de Hunghoa ; au Père Méchet, qui lui succède à ce titre et qui en ce moment achève sa cure de bon air en France, nous souhaitons de rester longtemps notre aîné ; quil continue, de nombreuses années encore, à nous aider de ses conseils paternels, comme à rendre service à tous ceux que préoccupent les constructions déglises ou autres maisons !

    Mgr Ramond a célébré les fêtes de Noël à Tuyên-Quang ; cétait en même temps la visite pastorale. Comme dhabitude, tout avait été réglé avec soin par le P. Gauja, et le programme des fêtes fut réalisé dans tous ses détails. Le voyage daller et retour sest effectué aisément, grâce à lautomobile dun Européen de Tuyên-Quang ; la réception de Sa Grandeur, à son arrivée en ville, a été solennelle ; les chrétiens de lendroit et les nombreux pêcheurs catholiques, qui travaillent sur la Rivière Claire, sont venus en foule assister aux offices et remplir leurs devoirs religieux : semaine de joie et de piété pour tous.

    Phatdiem

    Nous avons eu récemment la visite du P. Pagès, Supérieur du Collège général de Penang. Cétait précisément pendant la retraite dune partie de nos prêtres indigènes, et nous avons pu constater combien ses anciens élèves même ceux qui, nétant pas en retraite, vinrent de loin tout exprès, se sont empressés pour lui offrir leurs hommages reconnaissants. Leur joie navait dégale que celle du bon Supérieur lui-même.

    Quinhon

    Le P. Labiausse, dans le poste quil a fondé à Huynhkim, a baptisé récemment 94 catéchumènes. Chez les Moïs le P. Hutinet annonce aussi la conversion dun petit village de 150 habitants.

    Saigon

    Son Excellence Mgr Aiuti, Délégué Apostolique en Indochine, a fait à Saigon la première escale sur le territoire de sa juridiction le dimanche 15 novembre dernier. Le jour même devait avoir lieu, dans laprès-midi, la bénédiction de la nouvelle église de Tanqui, à 18 km. de Saigon. Son Excellence voulut bien accepter dassister à la cérémonie, dadministrer la confirmation à 170 enfants et de donner la bénédiction du Saint-Sacrement. Au repas qui suivit, Mgr le Délégué se trouva présider une belle réunion dune trentaine de missionnaires et prêtres indigènes, venus pour témoigner leur sympathie au P. Tu, chargé du poste de Tanqui depuis 15 ans. Chacun sen fut charmé de laffabilité et de la simplicité de Mgr le Délégué.

    Le lendemain, cérémonie tout intime au Séminaire. Dans la salle de récréation des théologiens, parée pour la circonstance de sa décoration des grands jours, grands et petits vinrent saluer le Représentant du Saint-Père et lui présenter leurs vux avec la promesse dune entière et filiale soumission. Une adresse en français, composée et lue par un diacre, exprima les sentiments de tous. Mgr Eloy accompagnait le Délégué et les deux prélats daignèrent partager le dîner des professeurs ; si bien que lun deux, enhardi par la cordialité régnante, osa décorer le gâteau final dun distique de sa composition :

    Unum cor tecum jam nosmet habere volentes,
    Nomen et optamus participare Pater,
    CONSTANTER ADJUTI.

    Le mercredi 18 décembre, Son Excellence sembarquait pour le Tonkin.

    Hué

    Le 19 décembre, dans la cathédrale de Phucam, Mgr Allys a ordonné 7 diacres, 2 sous-diacres et 2 minorés, dont lun, originaire du Vicariat Apostolique de Saigon, est postulant au monastère de N-D. dAnnam, à Phuocson.

    Le doyen de nos prêtres indigènes, le P. Joseph Tinh, est mort le 30 décembre au Petit-Séminaire dAnninh. Né en 1835, il avait été ordonné prêtre en 1875 par Mgr Sohier. Cétait le dernier de nos prêtres qui eût reçu lonction sacerdotale des mains de lévêque de Gadare. Tous les autres ont été ordonnés, de 1884 à 1925, par Mgr Caspar et Mgr Allys, et le Benjamin, le P. Thục, élève de la Propagande, par le Cardinal Vicaire ou par S. Em. le Cardinal Van Rossum, le 24 décembre dernier.

    Phnompenh

    Le 30 novembre, Mgr Bouchut a donné la confirmation à 344 personnes en léglise de Culaogieng, et le même soir les missionnaires commençaient leur retraite annuelle au Séminaire.

    A lissue de la retraite, plusieurs confrères se sont rendus au mont Bockor, pour jouir pendant quelques jours des douceurs de cette station daltitude. Sauf quatre mois de pluie, le reste de lannée la température y est délicieuse. Telle personne, dont la santé réclamait un voyage en France, se rendit au Bockor sur les conseils de son médecin, et après un mois de séjour, se trouva complètement rétablie. Les missionnaires feront bien de profiter de ce sanatorium ménagé par la Providence sous le ciel brûlant du Cambodge.

    Bangkok.

    Le Père Béchet, après un assez long séjour en France, est rentré au Siam au début de décembre.

    LExposition nationale des produits agricoles et industriels du Siam, qui devait souvrir en février 1926, est ajournée sine die par suite de la mort du roi Rama VI. Un des premiers actes du nouveau souverain a été de décorer ses anciens professeurs de lEcole de Guerre et ses camarades dEtat-Major de la place de Nancy.

    De nombreux tracts adventistes circulent en ce moment au Siam. Des pages suggestives annoncent la seconde venue du Christ. Le baptême par immersion se pratique, et la croyance au Christ seul, et non à Pierre et à lEglise, est réclamée. Cette nouvelle secte, disposant de capitaux sérieux, pourra peut-être faire quelques adeptes, mais nullement dangereux par ailleurs.

    Malacca

    Grand-Perak, le P. Maury, curé de Batu-Gajah, vient de bénir la nouvelle église du Sacré-Cur à Kampar. Les chrétiens de ce gros centre minier navaient jusquici quune chapelle en planches, bâtie par le regretté P. Chevauché sur une petite colline, dans un terrain concédé par la Société des Etains de Kinta, difficile daccès. Le P. Maury obtint de la Compagnie française, toujours bienveillante, un autre emplacement en plaine, sur lequel il a élevé une jolie église en briques, dont les chrétiens de Kompar sont justement fiers.

    Le P. Fourgs, curé à la fois de limportante paroisse de Seremban et des sauvages de Labu, a pu sarracher pour quelques jours à son très absorbant ministère et descendre à Singapore pour y prêcher en malais la retraite des orphelines du Couvent des Dames de S.-Maur. Ses instructions, claires et pratiques, ont été très appréciées.

    Le dernier dimanche de lannée, Mgr le Coadjuteur ordonnait dans la Cathédrale du Bon Pasteur deux nouveaux prêtres, tous deux Eurasiens, et appartenant, lun à la paroisse du Bon Pasteur, lautre à St-Jean de Kuala Lumpour. Pareille cérémonie navait jamais encore eu lieu à la Cathédrale, qui avait vu cependant deux consécrations dévêques, celles de Mgr Fée et de Mgr Perrichon. Le soir même de lordination, les nouveaux prêtres recevaient leur destination : le P. Cordeiro, pour le Séminaire de Saranggong, le P. de Silva, pour Bagan Serai.

    Depuis plusieurs années, le P. Mariette, curé de St-Pierre de Singapore, songeait à lachat dun emplacement pour y bâtir une troisième église pour les Chinois. Il cherchait un terrain suffisamment vaste, bien placé et pas trop cher. Cétait là un problème plutôt difficile à résoudre. Pour lui, oui, tout Normand quil est, mais pas pour la Petite Fleur, Normande elle aussi, à qui il avait confié laffaire. Sainte Thérèse a fait réussir, malgré toutes sortes de difficultés, lachat dun beau terrain, de 100.000. pieds carrés, dans le quartier désiré, et pour une somme relativement modérée.

    Maintenant, la chère Petite Sainte, qui veut certainement son église, saura bien faire venir leau au moulin. La souscription est ouverte.

    Birmanie Méridionale

    La mort de notre vénéré Mgr Cardot a absorbé entièrement notre dernière chronique et larrivée de notre jeune confrère, le P. Lescure a été passée sous silence. Et cependant, quel événement est dans notre Mission maintenant la venue si rare dun nouveau missionnaire ! Quil soit le bienvenu parmi nous ! Le bon Dieu nous la envoyé juste à la mort de Mgr Cardot, quil na pas eu le bonheur de connaître. Il a été placé à lévêché pour ses études danglais.

    Les exercices de la retraite ont été suivis par tous les confrères, sauf deux : notre cher doyen, le P. de Chirac, qui a demandé permission de la faire chez lui, craignant, dans son excessive délicatesse, que ses infirmités ne soient pour ses confrères une cause de dérangement. Comme il nous a manqué ! Le second est le P. Mourier, atteint de la grave maladie de la pierre, ou plutôt de la brique. Il construit un couvent et, dans son coin perdu, une bâtisse commencée ne peut-être abandonnée au caprice des maçons ou charpentiers, sous peine de ne plus trouver personne au retour ou bien de constater que le travail a été complètement gâché. Lui aussi nous a bien manqué. Espérons quil sera guéri lannée prochaine.

    Nous avons été bien éprouvés ces temps-ci sous le rapport de la santé. Notre bon P. Bonnet a dû nous quitter encore vine fois pour demander au pays natal la guérison dun mal opiniâtre. Il lui en a bien coûté de quitter encore une rois sa Birmanie. Le P. J.-B. Mourlanne nous a donné de sérieuses inquiétudes. Il a dû partir pour lhôpital Sainte-Marthe de Bangalore. Les dernières nouvelles sont bonnes. Le mal dont il souffre nest pas celui, beaucoup plus grave, que nous craignions, et, avec les soins si dévoués des Surs du Bon-Pasteur, tout permet despérer que notre cher confrère sera bientôt sur pied.

    Le P. Riouffreyt est de nouveau parmi nous. Quelle mine de santé ! Que ne peut-il en céder un peu à certains dentre nous ! Il se prépare à partir pour son poste de Papun : un long voyage de 6 jours au moins, en bateau et en char à bufs. Ce nouveau poste est, de toute la Mission, celui qui donne en ce moment le plus despérances. Aussi le cher Père est-il tout à la joie dêtre affecté à ce beau champ dévangélisation.

    Birmanie Septentrionale

    La seconde campagne électorale du jeune Parlement birman il date de novembre 1923, vient de se terminer. Le parti nationaliste, qui réclame le Home Rule within the Empire, a triomphé. Un nouveau groupe assez puissant, dont on ne peut dire encore sil appuiera à droite à gauche, sest formé : le groupe des Indépendants. Malgré leurs fulgurantes fusées dappel lancées aux quatre coins du pays, les extrémistes ont fait naufrage.

    Grande cependant est la déception des nationalistes, terrible le tapage quils mènent autour de la nomination dun de leurs leaders au portefeuille de lInstruction Publique. En effet, élu député sous létiquette nationaliste, nommé ministre par le Gouverneur, le Docteur Ba Yin a, son but atteint, fait risette à ses anciens amis et sest déclaré Indépendant. Renégat ! Déserteur ! Sont les jolis qualificatifs que lui jettent à la face tous les journaux du parti.

    Une douleur non moins cuisante est celle que leur cause la nomination au Ministère des Forêts dun Chinois, né et élevé à Rangoon, il est vrai, mais Chinois tout de même ! Le Gouvernement ne pouvait agir plus mal. Il a mis, disent-ils, des round men in square holes ; çà ne peut marcher ! Et toutes les guitares birmanes raclent leurs vieilles cordes sur la tête du Gouverneur et de son ministre Ah Yain.

    Une nouvelle expédition sorganise pour abolir chez les sauvages habitants de la vallée du Hukawng, les Nagas, lesclavage et les sacrifices humains, dont ils sont par trop coutumiers. Nous lui souhaitons meilleur succès quà la première.

    Mysore

    Mgr Despatures et le P. Tabard se sont embarqués à Marseille le 19 décembre pour regagner le Mysore.

    Lannée 1925 a été marquée par des événements importants dans lhistoire du Collège Saint-Joseph de Bangalore. Le Collège proprement dit est devenu complètement autonome, grâce à ladjonction dune section des Sciences, qui a été entièrement organisée dans le cours de lannée ; un beau bâtiment, réservé aux Intermediate students a été achevé ; les laboratoires de physique et de chimie ont profité des derniers progrès de la science et sont absolument up-to-date.

    Les résultats des divers examens ont été des plus encourageants et pour les étudiants et pour les maîtres.

    Mais un événement plus heureux encore a été lordination sacerdotale de deux anciens élèves du Collège, lun au diocèse même de Mysore, lautre au diocèse de Poona. De plus, deux élèves ont quitté le Collège pour entrer au Séminaire dIssy, en France, et y faire les études philosophiques et théologiques préparatoires à la prêtrise. Ces vocations sont la plus belle récompense que puissent ambitionner ici-bas les dévoués professeurs de cette florissante Institution.

    Des journaux américains, entre autres le Brooklyn Eagle, annoncent que Mgr Edouard Mooney, de Cleveland (Ohio), Directeur du Collège Nord-Américain à Rome, est nommé Délégué Apostolique aux Indes. Cest, disent-ils, le poste le plus important que le Saint-Siège ait jamais confié à un Américain en dehors des Etats-Unis. Ils ajoutent que Mgr Mooney sera le prochain Cardinal américain Sous toutes réserves jusquà plus ample informé.

    Nazareth

    1925 a été pour Nazareth une année dépreuves. Plusieurs de nos confrères-collaborateurs se sont vus obligés par leur santé, qui ne saccommodait pas du climat de Hongkong, ou de regagner leur mission, ou daller demander au pays natal un renouveau de forces. De ce fait notre personnel sest trouvé considérablement réduit et, par contre, considérablement augmentée la somme de travail imposée à ceux qui restaient.

    De plus, la grève déclenchée à Hongkong par le bolchevisme cantonais na pas épargné notre Imprimerie : une quinzaine de nos ouvriers, surtout parmi les compositeurs en chinois, ont quitté le travail, et ce nest que peu à peu que nous avons pu les remplacer, mais par des commençants qui sont encore loin dêtre des maîtres-ouvriers.

    Malgré ces difficultés notre uvre a continué de fonctionner, et les résultats ne sont pas sensiblement inférieurs à ceux des années précédentes. Des presses de lImprimerie sont sortis : en français : outre le Bulletin mensuel de la Société des M.-E., une nouvelle édition la 6e de lExplication des Evangiles des Dimanches et Fêtes, en 4 volumes, par le P. Thiriet ; le Catholicisme en Corée, la Mission du Kouangsi, etc. ; en latin : la Revue mensuelle Tabella SS. Cordis Jesu, destinée surtout aux prêtres indigènes de nos Missions, une réédition des Elementa Litteratur ; lOrdo annuel, qui comporte trois éditions différentes : celle de notre Société, celle des Missions de Milan et celle de lEglise universelle ; en chinois, quantité de Livres de Prières et de Catéchismes, des Lettres apologétiques, etc.; en annamite, le Livre de Prières de la Mission de Hué, le Catéchisme du Cambodge, des Sermons pour les Dimanches de lannée, etc.; en thay, lHistoire Sainte, le Paroissien, diverses brochures ; en japonais (romanisé ), le Catéchisme ; en chamorro (Guam), plusieurs livres de piété, etc., etc.

    Mais le gros travail de lannée a été la continuation de limpression du grand Dictionnaire hakka-français du P. Rey, de la Mission de Swatow. Louvrage formera un volume in-40 denviron 1800 pages ; les trois quarts déjà sont sortis des presses, et, grâce au concours de lauteur, qui a bien voulu venir surveiller sur place lexécution de son uvre vraiment monumentale, on peut espérer quelle sera achevée dici à deux mois. Point nest besoin de faire ressortir quels précieux services cet ouvrage rendra à ceux de nos confrères qui ont à évangéliser des Hakka : cest dans ce seul but, du reste, que lauteur sest imposé lécrasant travail quil aura bientôt la joie de voir arriver à bonne fin.

    Tels ont été les travaux de lImprimerie de Nazareth pendant lannée écoulée. Pour en donner une idée plus complète, nous livrons aux amateurs de statistique les chiffres suivants, qui représentent le nombre de pages in-12 imprimées en chaque langue.

    Latin 967.140 pages
    Français 7.825.880
    Anglais 816.000
    Portugais 204.800
    Japonais 136.800
    Chinois 9.466.400
    Annamite 2.936.400
    Thay 211.200
    Chamorro 332.500
    ___________
    soit une total de 22.897.120 pages dans lannée, ou, à 300 journées de travail par an, 76.320 pages par jour.

    Et nous ne comptons pas le menu fretin des quelque 100.000 cartes de visite, cartes-correspondance, en-têtes de lettres, etc.

    Qui ne sinclinerait devant de tels chiffres ?.

    Séminaire de Paris

    Les Frères coadjuteurs ont fait, comme dordinaire, leur retraite annuelle du 18 au 21 novembre. Le Frère Alfred étant désormais attaché à la Procure de Rome, ils ne sont plus que six à Paris. Il y a encore cinq novices à Dormans.

    Mgr Castanier, évêque dOsaka, parti de Yokohama le 24 octobre, est arrivé à Paris, via Vancouver, le 22 novembre, après avoir passé plusieurs jours à New-York. Il est parti presque aussitôt pour Rome, où il désirait rencontrer Mgr Giardini, Délégué Apostolique du Japon.

    Le 24 novembre, au grand amphithéâtre de la Sorbonne, sous la présidence de M. Jules Cambon, conférence de M. Louis Bertrand, le nouvel académicien, sur le Cardinal Lavigerie. Mgr le Supérieur, Mgr Castanier et plusieurs directeurs ont pu assister à cette belle manifestation en lhonneur du grand Cardinal.

    Le lendemain, à loccasion du cinquantenaire de la fondation de lInstitut Catholique de Paris, nouvelle manifestation au Trocadéro, à laquelle Mgr le Supérieur était convoqué, ainsi quau banquet qui clôtura ces fêtes sous la présidence du Maréchal Foch.

    Les 26, 27 et 28, congrès du Recrutement sacerdotal, qui autorise bien des espérances. Mgr le Supérieur sest fait un devoir dassister aux séances du matin, car, ainsi que la dit Mgr Roland. Gosselin, le recrutement des missionnaires dépend intimement du recrutement sacerdotal.

    Linstallation du P. Mollat à Bourg-la-Reine est à peu près terminée. Chambres, salles de jeux, parc, tout concourt à en faire un séjour agréable. Linauguration, au commencement de lannée, donnera lieu à une petite fête intime. 15 étudiants chinois et un japonais y sont réunis actuellement.

    Après la solennelle béatification du 5 juillet, Rome avait fêté nos Martyrs en léglise du Gesu les 7, 8 et 9 du même mois. A son tour Paris leur a fait un beau triomphe les 4, 5 et 6 décembre.

    Saint-François-Xavier est tout naturellement léglise qui nous accueille quand il nous faut sortir du modeste cadre de la chapelle de la rue du Bac. Ceux qui ont assisté aux fêtes de 1900 et de 1909 reconnaîtront volontiers que Saint-François-Xavier sest surpassé cette fois, et nous étions heureux dentendre le distingué curé, M. le Chanoine Pierret, dire quil navait jamais rien vu de si beau dans son église. Rien na laissé à désirer dans lorganisation, confiée aux PP. Gérard et Sy. Lordre a été parfait. A lune des cérémonies du soir, de nombreux fidèles nont pu trouver place dans église, qui contenait 3.000 personnes. La piété qui na cessé de régner pendant ces trois jours était le plus bel hommage que nous pouvions souhaiter pour les nouvelles gloires de notre Martyrologe.

    Que le triomphe de nos Martyrs et tout le bien qui en résulte pour notre Société soient la récompense de Mgr Mutel et du P. Garnier, à qui nous devons laboutissement de cette admirable cause, si bien exposée par le P. Launay dans son récent ouvrage : Martyrs français et coréens (1838.1846) béatifiés en 1925.

    Nos lecteurs trouveront plus loin, emprunté à la Semaine Religieuse de Paris, le compte-rendu de ces grandioses cérémonies.

    Dès le 3 décembre au matin la communauté de Bièvres venait se joindre à celle de Paris pour la célébration de la fête de saint François-Xavier et des solennités du Triduum. Notre chapelle garda son ornementation de première classe et chaque jour la messe de communauté fut dite par un de NN. SS. les Evêques : Mgr le Supérieur, Mgr Mutel, Mgr Demange. Le dimanche, avant le repas de midi, S. E. le Cardinal Cerretti voulut bien, à la salle des exercices, adresser la parole aux aspirants et, se réjouissant de voir leur nombre doublé depuis sa dernière visite, a promis de leur en rendre dautres, puisquelles ont de si heureux résultats.

    Le 8 décembre, les deux communautés se réunissaient à Bièvres pour la fête de lImmaculée Conception. Mgr Demange officia solennellement à la messe et aux vêpres.

    Le P. Bibollet est nommé Assistant du Supérieur de Bièvres, en remplacement du P. Bouffanais, fixé à Rome.

    Une bonne nouvelle arrivée à Paris pendant le Triduum a mis fin aux inquiétudes que nous avions lieu de concevoir pour lavenir du Sanatorium de Montbeton : Procès complètement gagné, disait un télégramme de Castelsarrasin, signé de notre avoué.

    Le dimanche 13 décembre, à Saint-Pol-de-Léon, Mgr le Supérieur a prêché sur la Propagation de la Foi devant une nombreuse assistance.

    Le R. P. Walsh, Supérieur de Maryknoll, accompagné du P. Crane, curé à Boston, en route pour Rome et lExtrême-Orient, a été lhôte du Séminaire durant son passage à Paris.



    1926/107-131
    107-131
    Anonyme
    France et Asie
    1926
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