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Chronique des Missions et des Etablissements communs 8

Chronique des Missions et des Etablissements communs Tôkyô
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    Chronique des Missions et des Etablissements communs
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    Tôkyô

    S. E. le Délégué Apostolique, Mgr Giardini, s’est embarqué le 30 juin sur le President Lincoln, de la Dollar Line, pour se rendre à Rome par l’Amérique. Mgr l’Archevêque, les missionnaires, plusieurs représentants du monde officiel japonais et du corps diplomatique, des églises et des établissements scolaires, étaient venus le saluer à son départ de Tôkyô. Mgr Giardini se propose de séjourner un mois en Amérique, d’où il doit gagner Naples par un bateau italien. Son Excellence espère être de retour à Tôkyô pour la fin de l’année et ramener un prêtre secrétaire au nouveau siège de la Délégation, située dans le quartier d’Azabu, à l’ancienne résidence du ministre tchéco-slovaque. Les missions du Japon, qui ont pu apprécier les éminentes qualités d’esprit et de cœur, notamment le tact, la cordialité et l’aimable simplicité de Son Excellence, font des vœux pour son heureux voyage et son retour pour de longues années dans ce pays.

    Le même jour que Son Excellence, le nouvel ambassadeur japonais auprès du gouvernement des Soviets de Russie, M. Tanaka Tôkichi, quittait Tôkyô pour se rendre à son poste ; ce qui pouvait suggérer la réflexion que le Gouvernement Impérial, qui, d’une part, désirerait nouer des relations diplomatiques avec le Saint-Siège, et, d’autre part, a hésité longtemps à engager de nouvelles relations avec le gouvernement communiste de Moscou, ne peut pas toujours, dans sa politique, suivre l’idéal qui répond à ses aspirations.

    Le dimanche 14 juin, à la paroisse de Sekiguchi, siège, de l’archevêché, a eu lieu la procession du Saint-Sacrement, qui est passée en usage. Son Excellence le Délégué Apostolique portait l’ostensoir, assisté par les PP. Giraudias et Honjo. Des délégations des paroisses de Tôkyô et des écoles catholiques formaient un imposant cortège. La procession s’est déroulée pendant une heure un quart ; deux reposoirs avaient été dressés : l’un à la bordure d’une vaste esplanade, l’autre à la grotte de N.-D. de Lourdes.

    Le Père Lissarrague, chargé à Tôkyô de l’importante paroisse d’Asakusa, dont l’église et les bâtiments avaient été, avec ceux de plusieurs autres postes, ruinés par le tremblement de terre, a pu déjà recueillir les fonds nécessaires pour commencer la construction d’une nouvelle église, qui remplacera la chapelle provisoire aménagée après le cataclysme.

    Le poste dit “de la Montagne” à Yokohama, au Nº 44 du Bluff, s’est enrichi dernièrement d’une nouvelle construction destinée servir de parloir aux chrétiens, de classe de catéchisme, de salle de réunion pour les conférences et les séances qui pourront y être données.

    Les FF. Marianistes du Collège S.-Joseph de Yokohama, “exilés” depuis deux ans près de Kôbe à la suite du grand tremblement de terre, nous sont revenus et reprendront leurs classes au mois septembre. A côté du bâtiment scolaire échappé au désastre, ils construisent des abris provisoires, qui plus tard serviront de préaux, de remises, etc.

    Hakodate

    Depuis une quinzaine d’années, à maintes reprises fut agitée la question de fonder un poste à Taira, ville importante au sud-est du Fukushima-ken. On avait cependant dû battre en retraite devant les difficultés de se procurer terrain et maison d’habitation, si modestes fussent-ils.

    Vers la fin de l’année dernière, des chrétiens du Kyûshû, engagés comme ouvriers aux mines de charbon des environs, vinrent s’y installer avec leurs familles.

    Ne connaissant point d’église dans ces parages, les nouveaux venus avaient négligé de faire connaître leur présence. Pour la révéler, il ne fallut rien moins que la maladie grave d’une personne de leur groupe.

    Averti, le P. Montagu, dont la résidence est à Sendai, prit aussitôt contact avec eux et éprouva l’agréable surprise de se trouver en présence d’un sérieux noyau de fidèles.

    D’un autre côté, la conduite et la bonne tenue de ces gens offraient un tel contraste avec ce que l’on voit habituellement dans le monde ouvrier, que les directeurs de la mine, engagèrent un de leurs employés, chrétien lui-même, à faire venir d’autres catholiques. Ils atteignent aujourd’hui la centaine, et tout fait prévoir que ce chiffre augmentera rapidement.

    Dans ces conditions une fondation s’imposait sans retard. Le P. Montagu mena les choses avec habileté et rondeur, si bien qu’après quelques semaines, le nouveau titulaire du poste, le P. Hayasaka, pouvait en prendre possession.

    Quant à la chrétienté d’Ogawara, elle voit son service assuré par le P. Maugenre, qui y fera ses premières armes sous la direction du P. Jacquet,

    Seoul

    Le 15 juin, Mgr le Coadjuteur a béni à Chemulpo la nouvelle école de garçons due au zèle du P. Deneux : c’est une construction de très belle apparence, qui fait honneur à la fois et à celui qui en a conçu l’idée et dirigé les travaux, et à l’Eglise catholique, dont elle sera un bon instrument de propagande.

    Le 18, nous arrivait le P. Bodin. tout heureux de retrouver sa chère Corée. Puisse sa santé s’améliorer de plus en plus et lui permettre de réaliser tout le bien que lui inspirera son zèle !

    En la fête du Sacré-Cœur, Mgr Devred a présidé, dans la chapelle des Sœurs de S.-Paul de Chartres, la cérémonie de prise d’habit de six novices coréennes.

    Le 24 juin, trois de nos confrères, les PP. Rouvelet, A. Gombert et J. Gombert, ont célébré le 25e anniversaire de leur ordination sacerdotale : à tous nos vœux les meilleurs !

    D’après le dernier recensement, on compte à Seoul 68.884 familles, dont 45.939 coréennes, 21.821 japonaises. 900 chinoises et 224 étrangères.

    Taikou

    Le 24 juin, le P. Mousset, procureur de la Mission, a célébré le 25e anniversaire de son ordination sacerdotale. L’évêché, l’orphelinat, l’école des filles sont en fête. Plusieurs confrères et six prêtres coréens sont réunis pour la circonstance. Assisté des PP. Peynet et Taquet, le jubilaire célèbre la messe solennelle. A midi le P. Julien, en quelques mots brefs, mais substantiels, se fait l’interprète de nos sentiments. Puis, dans la cour de l’orphelinat gracieusement décorée, nous assistons à une suite de petites scènes, délicatement rendues par les fillettes. Ensuite a lieu une distribution générale de gâteaux, images, etc. et la fête se termine par le salut du Saint-Sacrement donné à la chapelle des Sœurs.

    Un triduum a eu lieu à Rome, en l’église du Gesu, les 7-9 juillet, en l’honneur de nos Bienheureux Martyrs coréens. Mgr Demange a été invité à prêcher le panégyrique le 3e jour, les deux premiers étant donnés en italien.

    Mgr a présidé à Domremy les offices de la fête de sainte Jeanne d’Arc.

    Moukden

    Nous avons eu, le mois dernier, le regret de perdre le doyen de nos prêtres chinois, le P. Thaddée Tchao. C’était un prêtre pieux, zélé et digne d’être donné en exemple. Sa mort a été simple et édifiante, comme sa vie. On lui reprochait parfois d’admettre trop facilement au baptême des gens qui n’en semblaient pas dignes ; mais si l’on ne se décidait à baptiser les néophytes que moyennant la certitude de leur persévérance finale, on risquerait fort de n’en pas baptiser beaucoup. Quoi qu’il en soit, Dieu nous donne des prêtres comme notre bon P. Tchao !

    (Le “Bulletin des Missions franciscaines” du Canada annonce l’envoi prochain en Mandchourie Méridionale de plusieurs missionnaires venant du nouveau Séminaire des M.-E. de Montréal. Il n’indique pas quelle partie du Vicariat de Moukden leur serait confiée. — Nous donnons la nouvelle à titre d’information et sous toutes réserves jusqu’à confirmation officielle.— N. D. L. R.).

    Kirin

    Vers la mi-juin tous les missionnaires se sont réunis pour la retraite annuelle, dont les exercices ont été prêchés par le R. P. Debeauvais, S. J., supérieur régulier de la Mission de Sienhsien (Tchely).

    La semaine précédente avait eu lieu la retraite des prêtres chinois : les instructions leur ont été données par leur vénérable doyen, le P. Augustin Gen, missionnaire apostolique.

    Dans nos régions, comme partout ailleurs, des manifestations ont eu lieu à l’occasion des événements de Shanghai : cortèges, meetings, quêtes en faveur des grévistes. Tout cela organisé uniquement par les étudiants. Et, comme des désordres commençaient à se produire, le gouverneur de Kirin a pris la sage mesure de renvoyer les manifestants dans leurs foyers. Maintenant tout est calme.

    Tchengtou

    Grande sécheresse dans les parages de Tchengtou. Le riz atteint des prix exorbitants.

    Le général Yang-sen semble aller de victoire et ceux qui devraient lui résister ne se mettent même pas en peine de se tenir sur la défensive. Si les choses continuent de la sorte, il sera bientôt maître de tout le Setchoan.

    Tatsienlou

    Groupe du Yunnan.— Nous sommes décidément privilégiés. Pendant que la guerre civile sévit de nouveau du côté de Tatsienlou, ici nous jouissons de la paix. Cependant nous sommes pratiquement isolés du reste de l’univers, puisque la guerre civile du côté de Tatsienlou et la piraterie intense du côté du Yunnan rendent les communications par correspondance bien difficiles et les autres impossibles. Ainsi nous avons reçu nos Ordos au mois de mars et les Saintes-Huiles en décembre. Les convois venant de Yunnanfu sont très rares et les prix dé transport inabordables. La charge d’un animal de Yunnanfu à Taly (qui n’est qu’aux deux cinquièmes de la route de Yunnanfu à Tsetchong, ) revenait, il y a cinq ans, à $12, 50. Il faut maintenant 60 piastres pour le même parcours.

    Le P. Goré annonce que les soldats chinois, ainsi que les officiels s’organisent entre eux pour gouverner le pays en dehors des autorités de Tatsienlou, qui se changent et rechangent si souvent qu’on sait plus à qui obéir. C’est une petite “Soviétie” sino-thibétaine en règle. Heureusement le Père sait manœuvrer de façon à être au mieux avec tous.

    Le P. Nussbaum a pu profiter d’une occasion favorable et aller visiter son confrère de Yerkalo, le P. Goré. Sept mois durant les brigandages quotidiens autour de Batang avaient empêché le P. Nussbaum de sortir de sa “Bastille.” Inutile de dire qu’il s’est attrapé pendant les quelques jours qu’il a passés à côté du curé et au milieu de la population chrétienne de Yerkalo.

    Les deux missionnaires du Loutsekiang, les PP. Génestier et André, sont de nouveau en contact avec le monde civilisé, c'est-à-dire avec Tsetchong. L’hiver dernier a donné énormément de neige ; cependant de vigoureux jeunes gens de Tsetchong profitèrent de quelques beaux jours de fin d’avril et, en passant par dessus la neige à peine durcie, ils purent aller aux nouvelles. Les Thibétains du Tsarong, voisins du Loutsekiang et dépendants de Lhassa, sont venus effectivement réclamer le tribut au nom de Lhassa, comme ils l’avaient annoncé, avant que la neige n’eût fermé les routes de montagnes qui vont du Mékong à la Salouen. Nos confrères furent assez inquiets un moment. Avec le mandarin incapable qui réside au Loutsekiang, à cette époque surtout où il était impossible aux Chinois de faire venir des secours, n’y aurait-il pas des troubles dans ce petit pays perdu, isolé du reste de la Chine par les neiges ? Et s’il devait y avoir des troubles causés par ces Thibétains au Tsarong, nos premiers persécuteurs, ces troubles n’allaient-ils pas être tout d’abord une grave épreuve pour nos chrétiens ? Grâce à Dieu, il n’en a rien été. La question du tribut, question de Chine à Thibet, a été traitée entre le mandarin thibétain de Menkong, au Tsarong, et le mandarin chinois local. Ce dernier a accepté les cadeaux des Thibétains, cadeaux qui impliquent l’obligation de payer tribut ; mais il a prétexté que le peuple, non prévenu à temps, ne pouvait immédiatement payer ce tribut ; il le priait donc d’attendre la sixième lune. A cette époque, le mandarin thibétain n’aurait même pas à se déranger : lui, mandarin chinois, lui ferait porter. Le jeu du mandarin saute aux yeux ; il espère qu’à la sixième lune il pourra avoir des soldats pour le défendre contre les Thibétains. Comment finira cette chinoiserie ?

    Le P. Ouvrard et son voisin, le P. Ly, viennent de passer trois mois à se défendre contre les affamés. Sur les bords du Mékong, comme en beaucoup d’autres endroits du Yunnan, la récolte fut plutôt piètre l’année dernière, et les quelque trois mois qui précédèrent la récolte du printemps de cette année furent de vrais mois de famine. Chrétiens et païens ont assiégé journellement les résidences de Tsetchong et de Siao-Weisi, qui pour avoir des céréales, qui pour demander de l’argent afin d’en acheter ailleurs. Heureusement, à Tsetchong du moins, la récolte spirituelle fait meilleure figure, puisque la population chrétienne de cette localité se voit augmentée de 34 personnes baptisées.

    Yunnanfu

    Depuis que le Yunnan est sous le régime de la piraterie, nous avons eu huit missionnaires pris par les brigands, et l’un d’eux, le pauvre P. Piton, périt entre leurs mains. La dernière capture, heureusement de courte durée, fut celle des PP. Salvat et Etchart, que le Bulletin a signalée dans son dernier numéro. Voici quelques détails à ce sujet.

    Les deux missionnaires étaient allés visiter la station chrétienne de Yangpy. Le voyage d’aller se fit sans incident ; il n’en fut pas de même au retour. Le lundi de la Pentecôte, nos deux confrères reprenaient le chemin de Taly sous la garde d’une escorte de 8 soldats. Ils passèrent la nuit à Hokiang. Le lendemain matin ils se mettent en route ; mais les soldats ne sont pas prêts : il faut encore fumer une pipe d’opium, puis déjeuner. Comme les Pères les pressent, ils répondent : “Partez en avant ; nous vous rejoindrons tout à l’heure.” Pendant une dizaine de kilomètres tout alla bien ; mais, à un détour de la route, ils entendent soudain des cris : “Halte là !” Trois ou quatre fusils apparaissent entre les rochers ; deux individus s’élancent sur les voyageurs en brandissant un poignard : “A mort ! A mort !” En un clin d’œil nos confrères sont dévalisés : montres, argent, effets, montures, tout est entre les mains des bandits ; puis l’ordre est donné d’escalader la montagne. L’ascension est pénible, car la côte est raide et l’on ne peut utiliser les montures. Quand les Pères veulent s’asseoir un instant pour reprendre haleine, les brigands les menacent de leurs poignards. Soudain des coups de feu se font entendre, les balles sifflent : ce ont les soldats de l’escorte qui arrivent ; ils tirent au hasard, risquant de tuer ceux qu’ils ont mission de protéger. Ceux-ci leur rient de ne pas tirer, et les brigands ajoutent : “Si vous tirez, nous tuons les étrangers.” Le feu cesse. Les bandits — ils sont six et n’ont que quatre fusils et un revolver, — consentent à relâcher leurs captifs, auxquels ils demandent deux fusils. Les Pères leur objectant qu’ils n’en ont pas, ils exigent 1000 piastres. — “Où voulez-vous que nous les prenions ? Vous nous avez tout enlevé ; vous savez bien que nous n’avons plus rien.”— Bref, on les remet en liberté. Le P. Salvat réclame sa mule : elle est déjà loin dans la montagne, il lui faut se résigner à en faire le sacrifice. Toutefois on leur laisse le cheval du P. Etchart et les brigands poussent même la délicatesse jusqu’à leur rendre 5 piastres pour leurs menus frais de voyage. Ne se sentant pas de joie, les deux Pères prennent congé des aimables bandits et redescendent allègrement la montagne. Sur la route l’escorte les attend et, enfourchant à tour de rôle leur unique monture, ils arrivèrent à Hinkouan, bénissant Dieu d’une délivrance aussi inespérée.

    Devant l’inertie des autorités pour chasser les pirates du Kichan, où l’on pense que le P. Piton a été inhumé, le P. Salvat a demandé à être déchargé de la délégation qu’il avait reçue pour sauver le P. Piton ou retrouver sa trace. Le 20 juin, il a quitté Taly pour revenir à Yunnanfu.

    Dernièrement, dans la ville d’Amitcheou, un régiment en partance pour le Kouangsi s’est révolté : la moitié put être désarmée, le reste s’enfuit à la montagne pour grossir le nombre des brigands.

    10.000 soldats de Lieou Yukieou, battus au Setchoan par l’armée de Yang-sen, ont pillé Houenkiang, puis, passant au Yunnan, ont mis à sac Foukouantien et Taipintien. Il est à prévoir que leurs exploits ne s’arrêteront pas là.

    Depuis longtemps une bande de 400 brigands se tient en face de la station de Ouantang : c’est un danger continuel pour les Européen de la ligne du chemin de fer.

    Les étudiants de Yunnanfu ont voulu, à l’instar de ceux de Shanghai, de Canton et d’ailleurs, manifester leurs sentiments xénophobes et, pour ce, fixèrent le 5e jour de la 5e lune ; mais Tang Ki-yao interdit toute manifestation et fit placer une garde à la porte des Consulats. On leur permet cependant de faire des discours (iencho) ; aussi on les rencontre, par petits groupes de 3 ou 4, installés aux carrefours des rues, devant les postes de police et dans les auberges. Ils distribuent à profusion des proclamations dont le résumé est : défense de servir les Anglais et les Japonais et d’étudier dans leurs écoles, boycottage de leurs marchandises ; suppression des concessions étrangères, de l’extraterritorialité et des traités humiliants pour la Chine, etc. Moyennant quoi ils sont persuadés qu’ils ont sauvé la République.

    Dernièrement on rencontrait en ville de Yunnansen des Russes portant sur l’épaule des couvertures ou des étoffes à vendre : ils ont disparu, mais évidemment ils faisaient autre chose que du commerce et, ici comme ailleurs, répandaient les idées que les étudiants mettent en pratique.

    Kouiyang

    Enfin il pleut : Deo gratias ! Nos chrétiens, avec toute la ferveur dont ils sont capables, demandaient la pluie et leurs prières sont heureusement exaucées. Les paysans vont se hâter de repiquer le riz dans les rizières qui manquaient d’eau, et l’avenir devient moins sombre.

    Mais que de misère ! Des pays entiers sont dépeuplés par l’émigration et les régions moins éprouvées sont envahies par des bandes d’affamés se traînant le long des routes et semant les morts sur leur passage.

    Et comment mettre un terme au terrible fléau ? Où prendre le riz qui sauverait de nombreuses vies humaines ? Les provinces voisines ne sont pas plus heureuses que la nôtre ; le fertile Setchoan lui-même est terriblement éprouvé.

    Pauvres gens ! Bientôt la dernière fougère, ressource suprême des faméliques, aura été arrachée. Les denrées les plus nécessaires à la vie sont introuvables et la mort fait des ravages.

    Et pourtant quelle insouciance ! On voit encore des paysans occupés à recueillir précieusement les dernières gouttes qui coulent de pavots anémiés. Les malheureux, ils ont laissé passer les dernières pluies sans aucun profit pour leurs champs. L’opium d’abord, le riz ensuite. Mais, la récolte de l’opium terminée, il est bien tard pour le labourage des rizières et la plantation du riz. Quand donc la culture du pavot sera-t-elle enfin prohibée ? Hélas ! que d’obstacles à cette prohibition ! Ne faut-il pas pourvoir à la paye des troupes ? Et au Kouytcheou, province si pauvre, nous avons 50 000 soldats....

    S. E. le Délégué Apostolique, prenant en pitié notre malheureuse région, a promis de faire son possible pour lui procurer des secours et lui-même s’est inscrit pour 100 piastres. Nous lui en sommes profondément reconnaissants. Le Ministre de France à Pékin s’emploie aussi activement à intéresser à nos affamés les Ministres des autres nations. Puissent ces louables efforts être couronnés de succès : il y va de la vie de toute une population !

    Lanlong

    La famine sévit de plus en plus terrible. Le blé à peine recueilli a été consommé ; le sarrazin se récolte, mais sera promptement épuisé : trop de bouches l’attendent. Et voici que les autorités militaires, après avoir imposé les riches, imposent maintenant les pauvres. Des malheureux, qui vont mendier un bol de riz, sont obligés d’en fournir deux boisseaux à l’armée, sous peine de la prison. Il est vrai que les soldats eux-mêmes sont rationnés, et s’ils n’étaient originaires du pays, ils auraient depuis longtemps pillé villes et campagnes. N’en viendront-ils pas là ?...

    Le mandarin civil parcourt les districts les moins éprouvés et envoie, soit à la troupe, soit aux affamés de Lanlong, le peu qu’il trouve à acheter. Deux mois encore avant la récolte du maïs : d’ici là combien de pauvres mourront de faim !

    A la fin de mai le P. Richard est tombé gravement malade : la tristesse de voir les épreuves de ses chrétiens n’y a pas peu contribué. Mgr Carlo est allé le soigner lui-même, et, après des alternatives répétées de mieux et de rechutes, a eu enfin la consolation de le voir entrer en convalescence.

    Canton

    Les journaux ont donné le détail des graves événements qui ont eu lieu à Canton le 23 juin dernier : nous n’y reviendrons pas. Depuis lors le calme est revenu, calme relatif, qui n’enlève pas toute inquiétude pour l’avenir.

    Jusqu’à présent nos confrères n’ont pas été molestés, mais la prudence la plus élémentaire les contraint à demeurer confinés dans l’enclos de la cathédrale. Le P. Laurent est isolé à Shameen, sans communication avec l’extérieur.

    Dans la province, les missionnaires sont demeurés à leur poste ; ce n’est qu’à la dernière extrémité, et si l’obéissance leur en faisait un devoir, qu’ils se résigneraient à se séparer de leurs chrétiens.

    Pakhoi

    Pacemne huc fertis an arma ? Tel est le gros point d’interrogation que se pose tout Pakhoi, depuis que le souci de notre sauvegarde a amené inopinément la canonnière française Inconstant juste face de la vaste cible que forme le port. Il était temps, d’ailleurs ; car nos braves Chinois, que la crainte de nos canons et mitrailleuses rend maintenant plus sages, semblaient depuis les événements de Shanghai bien disposés à essayer sur nos personnes la qualité de leurs fusils modernes. Ils mettaient même un peu d’exagération, dans leurs propos tout au moins, et je n’ai jamais cru leurs intentions formelles aussi noires. Cependant mieux valait écraser l’œuf avant que la vipère n’en sorte. (Hum ! un œuf de vipère ?...)

    L’Inconstant a donc été le bienvenu.
    Malgré sa présence, les Anglais, Américains et Allemands nous ont donné le spectacle d’une panique peu ordinaire : fuite en pleine nuit ; refuge pendant trois jours à bord de la canonnière ; enfin, évacuation sur Haïphong de toutes les femmes, des enfants, et même de cinq ou six Révérends. Le Consul de France et le personnel de la Mission catholique, eux, n’ont pas bougé.

    Actuellement le calme semble vouloir revenir progressivement, à part une grève et un boycottage des Anglais et des Japonais. On peut espérer qu’il n’y aura rien de grave. Mais tout dépend de ce qui se passera dans le Nord et à Canton. Nous continuons donc à veiller.

    Les rares nouvelles reçues des confrères de l’intérieur restent assez bonnes.

    Nanning

    Les soldats yunnanais ont quitté précipitamment Nanning dans la nuit du 7 au 8 juillet : ils ont passé le fleuve à l’aide de deux ponts de bateaux et ont pris la direction du sud. Les troupes du Kouangsi qui avaient fait cause commune avec eux sont parties en même temps. Les autres sont entrées en ville dans l’après-midi du 8 juillet.

    Les événements de Shanghai et de Canton ont une répercussion évitable dans nos parages. Le mouvement anti-étranger est partout en fermentation. Les journaux locaux publient les nouvelles les plus invraisemblables, dont les lecteurs sont friands, et, même s’ils ne leur accordent pas créance absolue, du moins il en reste toujours quelque chose.

    Hanoi

    Le Bulletin a annoncé la nomination de Mgr Chaize comme Coadjuteur du vénéré Mgr Gendreau. Les Acta Apostolicœ Sedis du 1er juin nous apprennent le titre épiscopal du nouvel évêque : Titulari episcopali Ecclesiœ Alabandensi, R. P. Franciscum Chaize… Alabanda est une ancienne ville épiscopale de la province de Carie, en Turquie d’Asie, sur le fleuve Marsyas ; on en voit les ruines près de la ville actuelle d’Arab-Hissar. L’évêché d’Alabanda était suffragant de la métropole de Stauropolis (l’ancienne Aphrodisias, auj. Ghéra).

    La nouvelle réglementation de l’enseignement libre exige que, sous peu, non seulement le directeur d’une école, mais aussi les professeurs et moniteurs soient munis de titres officiels, de certificats, de diplômes. Dès à présent les Missions prennent dispositions pour être en règle avec la Direction de l’Enseignement. Au mois de juin, le P. Villebonnet, Supérieur du Petit-Séminaire, a présenté au certificat d’études élémentaires la plupart de ses élèves. Cinquante-six d’entre eux ont été reçus ; c’est un beau succès et un encouragement pour ceux qui se dévouent à l’enseignement.

    Le 24 juin, le P. Lebourdais, Directeur du journal Trung-hoà, célébrait en la chapelle du Pensionnat des Sœurs de St.-Paul de Chartres ses noces d’argent de prêtrise, entouré d’une nombreuse assistance. Le lendemain, c’était le Père Hébrard qui célébrait les siennes dans son district, au milieu de ses nouveaux chrétiens, dont environ 300 firent la sainte communion. A la messe solennelle, 17 prêtres lui faisaient couronne. Belles fêtes pour les heureux jubilaires et pour les assistants ! Et maintenant, en route pour les noces d’or !...

    Hunghoa

    Il y a quelques mois nous avons eu le regret de perdre M. Sơn, vice-doyen de notre clergé indigène. Ce digne prêtre, dont la maladie fut longtemps le partage, exerça le saint ministère durant une trentaine d’années dans les deux paroisses de Hoàng-Xá et Yên-tập, et, malgré la fatigue, resta à son poste jusqu’à la fin.

    L’ascendant qu’il avait pris sur ses confrères était remarquable ; chacun appréhendait un avertissement de sa part ; sa façon de le donner inspirait la crainte à ses subordonnés, en même temps que chacun d’eux évitait ce qui eût pu le contrarier.

    Une chose surtout lui attira cette confiance de tous et l’estime de ses supérieurs, ce fut son zèle pour le recrutement des vocations sacerdotales. Soit à Hoàng-Xá, soit à Yên-tập, il eut toujours à cœur de choisir parmi les enfants ceux d’entre eux qui donnaient quelque espoir de persévérance dans la “Maison de Dieu.” Il s’occupait d’eux au point de vue matériel, s’intéressait à leurs études, à leur conduite. Dieu l’en récompensa dès ici-bas en lui donnant la joie de compter parmi eux plusieurs prêtres, et il y a lieu d’espérer que d’autres arriveront dans la suite au sacerdoce et lui devront d’avoir correspondu à la grâce de leur vocation. Puisse ce bon prêtre prier pour ses confrères et leur obtenir de Dieu ce même zèle pour le recrutement de notre clergé indigène !

    Le 7 juin dernier a eu lieu, avec la simplicité accoutumée, la distribution des prix aux élèves du Collège de Hà-Thạch. Le lendemain les élèves partaient en vacances pour deux mois. Avant de se séparer, ils se souvinrent que le Père Quioc, leur Supérieur, terminait sa 25e année de ministère au Collège ; un des professeurs annamites lui adressa, à la fin de la distribution des prix, les remerciements de tous et lui offrit un modeste souvenir, qui redira chaque jour au cher jubilaire la reconnaissance de ses élèves. Que Dieu lui donne de les voir tous répondre à ses soins et à ses sollicitudes de chaque jour !

    Quinhon

    Nos chrétiens comprennent de mieux en mieux la nécessité des écoles catholiques ; aussi on peut constater une heureuse efflorescence de nouveaux établissements scolaires dans la Mission. Le P. Porcher a créé une école à Hoavong et 22 enfants ont commencé à la fréquenter. A Tinhson, à Vangia, à Gomuong, fondations analogues pleines d’espérances. A Chomoi, le P. Dung veut faire de son école une école modèle, et il réussira. Le P. Garrigues à
    trouvé des ressources pour établir une très belle école à Binhcang ; les travaux seront terminés pour la rentrée des classes.

    A tous nos meilleurs vœux pour le succès d’une œuvre de si grande importance !

    Hué

    Le 6 juin, un nouveau prêtre a été ordonné dans la chapelle du Grand-Séminaire de Phu-Xuân. Et maintenant, il ne nous reste plus que 16 grands-séminaristes : c’est bien peu ! Heureusement prochaine rentrée s’annonce bonne.

    C’est au 2e jour du 5e mois lunaire qu’est fixée la fête nationale annamite. Cette année, elle tombait le 22 juin. Comme d’habitude, Sa Majesté Khởi-Định a demandé une messe pour Mgr d’Adran et pour nos compatriotes qui étaient au service de l’Empereur Gia-Long. Mgr Allys a célébré cette messe dans la cathédrale de Phủ Cam. Les notabilités françaises et annamites sont venues y assister en grand nombre.

    Le 24 juin était le 25e anniversaire de l’ordination sacerdotale du P. Boillot. Les divers établissements où notre confrère exerce son apostolat : Sainte-Enfance, Institut des Filles de Marie Immaculée, Grand-Séminaire, se sont ingéniés à le fêter de leur mieux. Missionnaires et prêtres indigènes de la capitale étaient venus nombreux lui offrir aussi leurs félicitations et leurs vœux. Charmante fête de famille, que nous renouvellerons en 1950, sinon ici-bas, du moins au ciel !

    Le soir de ce même jour, le Frère Emile, depuis 30 ans directeur des Novices des Frères des Ecoles chrétiennes de l’Indochine, s’est éteint doucement à Hué, assisté de son confesseur et de tout le Noviciat, profondément édifiés d’une mort aussi sainte.

    Malacca

    Après avoir présidé les processions du Saint-Sacrement dans les quatre églises de Singapore et administré la Confirmation à la paroisse chinoise Saint-Pierre, Mgr le Coadjuteur est parti pour les Negri Sembilan, où les PP. Fourgs et Baloche lui avaient préparé du travail à Seremban, Mantin, Titi et autres lieux de leur vaste district.

    Sa Grandeur ne redescendra pas de si tôt à Singapore. Le P. Devals, curé de l’Assomption (Penang), a besoin d’un congé de deux ou trois mois, qu’il ira prendre au Sanatorium de Wellington et Mgr le Coadjuteur veut bien le remplacer pendant son absence. Puisse la fraîcheur des Nilgiris rendre à notre confrère le bienfaisant sommeil que les chaleurs de Penang ont chassé de ses paupières !

    Le P. François, curé de Malacca, court tous les jours à de nouvelles conquêtes. C’est Sagamat qui a vu sa dernière fondation de poste. Sagamat est une jolie petite ville de l’Etat de Johore, sur la ligne du chemin de fer de Singapore à Penang, à une centaine de kilomètres de Malacca. Le P. François y a fait l’acquisition d’un petit terrain et y a bâti une chapelle-résidence.

    Mandalay

    Un décret de la S. C. de la Propagande détache de notre Mission les Etats Shans du sud et les rattache au Vicariat Apostolique de Birmanie Orientale (Toungoo). D’un commun accord, Mgr Foulquier et Mgr Segrada avaient demandé à Rome le transfert de ce territoire. Le manque de personnel et de ressources, la difficulté des communications nous avaient toujours empêchés d’ouvrir ce vaste pays à l’Evangile. Mieux outillés et beaucoup plus rapprochés, les Pères Italiens des M.-E. de Milan pourront y pénétrer à fond et le relier par étapes successives à leur récente Mission de Kientung, isolée entre la Salouen et le Mekong.— De ce fait nous perdons dans la plaine la subdivision de Pyinmana, dans les hauts plateaux Kalaw et Taungyi, soit environ 300 chrétiens.

    Le P. Pâquet, pour son école de Bhamo, a fait appel au dévouement des Sœurs Franciscaines Missionnaires de Marie à Mandalay, qui lui ont obligeamment promis leur concours. Quatre d’entre elles iront, en janvier prochain, prendre la charge de cet établissement. En les attendant, le Père utilise ses connaissances techniques et pratiques en préparant les bâtiments nécessaires à leur installation.

    Laos

    Le 10 mai dernier la chrétienté de Tharë célébrait solennellement la fête de saint Michel, son Patron. Tharë est le poste le plus important de la Mission du Laos. Son fondateur est le P. Xavier Guégo, dont le Bulletin a rappelé le zèle et l’esprit surnaturel, En mai 1885, la nouvelle chrétienté passait aux mains du P. Combourieu, récemment arrivé de France, qui l’administre depuis 40 ans. Lorsqu’il en prit la charge, il y trouvait une vingtaine de familles néophytes ou catéchumènes ; aujourd’hui, grâce à son zèle, c’est une belle paroisse chrétienne : le jour de la fête, il y eut plus de 1.000 communions. Précédée d’un triduum prêché par le P. Stocker, la solennité fut présidée par Mgr Gouin et les missionnaires de la région s’étaient fait un devoir d’y assister. C’est dire que la fête fut aussi complète que possible. Le cher P. Combourieu, actuellement en France pour sa santé, peut être tranquille sur son poste de Tharë : le P. Thibaud, son ancien vicaire, en prend grand soin. Ce qui n’empêche que tous, missionnaires et chrétiens, ne demandent instamment à Dieu de ramener bientôt au milieu de ses confrères et de ses ouailles le vénéré et aimé curé de Tharë.

    Pondichéry

    L’ordination du mois de mai a eu lieu à Bangalore, où se trouvait en traitement Mgr Roy, de Coïmbatore, seul évêque de notre Société actuellement présent dans l’Inde. A cette ordination participèrent 4 prêtres — 2 de Pondichéry, 2 de Kumbakonam, — et 4 diacres, tous de Mysore.

    Les résultats des examens du Cambridge ont été, comme toujours, très brillants pour l’Ecole Montfort que dirigent à Yercaud les Frères de Saint-Gabriel. 12 élèves se présentaient, 6 au Senior 6 au Junior : tous ont été reçus. L’Ecole compte actuellement 116 élèves, dont 88 internes. Aux examens du High School et du Middle School, 10 élèves sur 14 ont réussi. Soit un total de 22 diplômes sur 26 candidats.

    Les examinateurs français sont plus difficiles. Une vingtaine de candidats se présentaient en mai à la 1re partie du baccalauréat latin-langues vivantes : aucun n’a été reçu. Décidément n’a pas qui veut sa “peau d’âne”!

    Mgr Morel est arrivé à Marseille en bonne santé : son frère, M. le Chanoine Morel l’y attendait. Inutile de dire la joie de se retrouver après 38 ans de séparation !… S. G. cependant ne resta que 4 ou 5 jours à Marseille et s’embarqua aussitôt sur le Colon Munro à destination de l’Amérique.

    Le P. Blaise, souffrant de malaria — souvenir de la campagne de Salonique, — et de l’anémie qui en est la conséquence, s’est embarqué pour la France le 19 juin. Il a eu pour compagnon de voyage, à bord du Chantilly, le P. Tabard, de Bangalore, qui, lui aussi, va demander au pays natal le rétablissement d’une santé fortement ébranlée par 39 ans de labeurs apostoliques.

    Le P. Renoux, curé de la paroisse du Sacré-Cœur à Pondichéry, est nommé, à la place du P. Fahrer, décédé, spiritual father des élèves de notre Collège de Cuddalore. Il est remplacé au Sacré-Cœur par le P. Planat, curé de Panikancuppam, lequel a pour successeur.... Chut ! La suite au prochain numéro.

    Hongkong

    Le bolchevisme cantonais a franchi le détroit et pénétré dans notre île. Une grève générale, dite “de sympathie pour les grévistes de Shanghai”, a été décrétée et, depuis un mois, toute l’activité de la ville est suspendue : les bateaux, les tramways, le service postal même, plus rien ne fonctionne. Toutes les transactions sont arrêtées, et l’on estime à plus d’un million de dollars par jour les pertes subies de ce fait par la colonie de Hongkong.

    A notre imprimerie de Nazareth, bien plus par crainte des menaces des agitateurs que par mauvais esprit, une vingtaine d’ouvriers — les compositeurs chinois en tête, — ont abandonné le travail, ce qui ne laisse pas de mettre nos confrères dans l’embarras.

    Quand et comment prendra fin cette pénible situation ? Il est difficile de le prévoir. Ce qu’on peut dire cependant, c’est que tout mal vient de Canton, actuellement démoralisé par une poignée de bolchevistes russes, qui se sont arrogé toute l’autorité et ne reculent devant aucun méfait : les tristes événements de Shameen, le 23 juin dernier, ne l’ont que trop prouvé.

    Le dimanche 5 juillet, les confrères de la Société présents à Hongkong ont tenu à s’unir de loin aux fêtes de la béatification de nos Martyrs de Corée. Un salut solennel a été présidé par le P. Robert ns la chapelle du Sanatorium de Béthanie, et c’est de tout cœur que nous avons fait monter vers le ciel le Te Deum de l’action de grâces : Te Martyrum candidatus laudat exercitus ! — Une délégation des Sœurs de Saint-Paul de Chartres, qui ont plusieurs maisons en Corée, était venue unir ses prières aux nôtres.

    Rome

    Le journal la Croix annonce que, par décret de la S. C. de la Propagande, le Souverain Pontife a créé une Délégation Apostolique en Indochine et nommé Délégué Apostolique Mgr Costantino Aiuti, official de la S. C. de la Propagande. — Mgr Aiuti, minutante de la Propagande depuis 1917, camérier secret en 1921, a été nommé préfet de l’église Sainte-Marie de la Paix, à Rome, en février 1923.

    Séminaire de Paris

    Le dimanche 17 mai, Monseigneur le Supérieur a conféré le diaconat à six aspirants et à deux séminaristes du diocèse de Chartres.

    Les trois jours suivants, — de 5 h. ½ à 6 h.., — dans le calme du matin, procession des Rogations, avec les stations traditionnelles.

    Le 24 mai, fête de N-D. Auxiliatrice. Un peu plus de solennité a marqué la célébration des offices liturgiques du dimanche. Le soir, procession en l’honneur de la Sainte-Vierge, suivie par deux cents personnes, durant une très favorable éclaircie. La veille, jeûne et abstinence, en exécution du vœu de 1871.

    Le lundi 25, Monseigneur Mutel, revenu depuis quelques jours d’une visite au pays natal, a bien voulu adresser la parole à nos aspirants. Le lendemain, Sa Grandeur faisait une visite à l’ouvroir de la rue de Babylone, et, le mercredi, se rendait au Séminaire de Bièvres.

    Monseigneur le Supérieur est rentré à Paris le jeudi 28, après une tournée de confirmation de dix jours dans le diocèse de Chartres. Plus de 3.500 confirmations ont été administrées dans le Perche et la Beauce (arrondts de Nogent-le-Rotrou et de Châteaudun). Parmi les paroisses visitées, se trouvent celle du vénéré P. Ligneul, dont le souvenir est singulièrement vivant dans le diocèse, et celle de Mgr Barillon. Malgré les progrès de l’indifférence religieuse parmi ces populations, il est évident que la religion y a toujours de profondes racines. Plus d’un maire, aux dernières élections, a mordu la poussière pour avoir rendu la vie impossible au curé.

    Le P. Bouffanais, assistant du supérieur de la communauté de Bièvres, ira à Rome en automne. Il est chargé des aspirants qui y sont envoyés en conformité avec l’art. 92 du Règlement.

    Un nouveau volume sorti de nos archives vient de paraître chez Téqui. Il a pour titre : Documents sur le Clergé tonkinois aux XVIIe et XVIIIe siècles ; 273 pages du plus haut intérêt.

    Le chroniqueur parisien d’un journal de Montpellier écrivait à la date du 4 mai : “Il y a trois semaines, Mgr de Guébriant (sic) bénissait dans l’intimité le mariage de M. et Mme Caillaux “. Mgr le Supérieur, à son retour de Chartres, a publié dans la Croix le démenti de cette information fantaisiste.

    Le P. Maurand, de la Mission de Lanlong, est entré le 26 à l’Institut Pasteur, pour subir l’examen de spécialistes. Le cas de notre confrère les intéresse.

    Le 27, à l’occasion de la réunion des anciens élèves du Petit-Séminaire de Flers, le P. Gérard a donné une conférence et des projections sur l’apostolat missionnaire de la France.

    Ont été admis comme aspirants : MM. Edouard Deléglise (Arras), Michel Olçomendy (Bayonne), J-B. Desongnis (Arras), Gabriel Buisson (Dijon).


    1925/490-511
    490-511
    Anonyme
    France et Asie
    1925
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